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Full text of "Bulletin historique trimestriel"

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BULLETIN HISTORIQUE 



SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE LA MORINIE 



BULLETIN HISTORIQUE 



TRIMESTRIEL 



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NEUVIÈME VOLUME 




SAINT-OMKR 
IMPRIMERIE ET LITHOCfRAPHIE H. D'HOMONT 

KUK DKS CLOIJTKKIKS. U 

1897 






fiMiviutr oounK unMRv 
p. c. Lowax niND 



BULLETIN 



DB LA 



SOCIÉTÉ DES ANTIQUAHES DE L4 lORINIE 



COMPTE-RENDU DES SÉANCES 



Séance du 25 Janvier 1892. 

Président : M. Tabbé BLED, vice-président. 

Secrétaire-général : M. Pagart d*Hbrmansart. 

La séance est ouverte à 3 h. t/4. Le Président donne la 
parole au Secrétaire-général pour lire le procès* verbal 
de la précédente séance qui est adopté sans observation. 

Dons, hommages et échanges, 

— De la part de l'auteur : 

Histoire du théâtre d'Arras, par Ad. de Cardevacque,1884. 

— De la part des Sociétés savantes de France : 

Le Mans (Sarthe). Revue historique et archéologique du 

Maine, t XXVIX, année 1891, l*' semestre. 
Bulletin de la Société d^agriculture, sciences et arts de la 

Sarthe, 2°»» série, t. XXV, 33«»* de la collection, années 

189 L et 1892, 2"« fascicule. 
Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de rOuest, Z^ trimestre 1891. 



Toulon (Var). Bulletin de TAcadémie du Var, nouvelle 
série, t. XVI, l«'lascicule, 1891. 

Valence (Drôme). Bulletin d'histoire ecclésiastique et 
d'archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, 
Grenoble et Viviers, ll°»« année, l'* à 6"* livraisons,, 
plus une livraison supplémentaire, n^^* 69 à 75 de jan- 
vier à décembre inclus de 1891. 

— Étrangères : 

Louvain (E^lgiquej. Analectes pour servir à-rhistoire 
ecclésiastique do la Belgique, .t. XVI, 1879, 4"« livrai- 
son et table alphabétique des 16 vol. de la Ir* série. 

Abonnements. 

Revue historique, 17"« année, t. XXXXVIII, I, janvier- 
février 1892. 
Journal des Savants, novembre* décembre 1891. 
Correspondance. 

1« Deux accusés de réception : l'un des Chartes de Si- 
Bcrtin, fasc. 3, 1891, par The Smithsonian Institution 
de Washington ; l'autre de la 158™« livraison du Bulletin 
historique par The American philosophical Society de 
Philadelphie. 

2^ M. le marquis de Groizier, délégué général du Co- 
mité du quatrième centenaire de la découverte de l'Amé- 
rique, remercie le 9 janvier la Compagnie d'avoir bien 
voulu se faire représenter aux fêtes du centenaire par le 
Directeur de l'Académie d'archéologie de Madrid. Il es- 
père en outre que la Société des Antiquaires prêtera son 
appui au Comité que doit forirer à Saint-Omer M. le vice- 
consul à Calais. 

3o Le Comité des Ana'ectes pour sercir à Vhistoire ec- 
clésiastique de la Belgique à Louvain, demande à échnn- 
ger ses publications avec celles de la Société. M. le vice- 
Président ayant signalé l'importance de cette publication, 
la Compagnie adopte la proposition qui lui est faite. 

4* Lettre du 16 janvier du vice-consul d'Espagne à 
Calais demandant à M. le Président de s'occuper de par- 



— 3 — 

ticiper et de faire participer la ville de Saint-Omerà 
l'exposition de Madrid, de rechercher les objets et docu- 
ments offrant un intérêt de nature à.y être envoyés, de 
préparer quelques mémoires pour Tune des branches de 
rexposition, de recueillir des adhésions pour les congrès, 
et enfin de provoquer des adresses de félicitations à S. M. 
la Reine régente. 

A cet égard, la Société décide qu'elle priera son Prési- 
dent de répondre aux demandes de M. le vice-consul, en 
lui faisant observer qu'il ne parait y avoir à Saint-Omer 
aucun des objets et documents qu'il recherche ; qu'il 
pourrait s'adresser d'ailleurs à la commission du Musée 
pour être plus exactement renseigné ; qu'un comité local, 
dès qu'il sera constitué, aura l'appui de la Société. Quant 
aux adresses à la Reine Régente, il semble que ce serait 
à la municipalité de Saint-Omér qu'il faudrait en laisser 
l'initiative. 

5* Le secrétaire de la Commission historique et archéo- 
logique du déifiantèlement de la ville d'Arras adresse le 
20 janvier un prospectus de l'ouvrage intitulé : Arras, 
ses fortifications, etc., qui doit être publié afin de perpé- 
tuer le souvenir des vieux remparts de cette ville, et il 
demande de lui adresser les souscriptions de ceux d'entre 
les membres de la con)pagnie qui vpudront bien s'asso- 
cier à cette œuvre historique. Ce prospectus est succes- 
sivement examiné avec beaucoup d'intérêt par les 
membres présents. 

Comptes de Vannée 1891 
L'ordre du jour appelle la reddition des comptes de 
Tannée 1891. En l'absence du Trésorier, le Secrétaire 
général donne lecture à l'assemblée du compte préparé 
par M. de Bailliencourt. Il constate un nouveau paiement 
de deux mille francs fait à Timprimeur de la Société. La 
dette de celle-ci est maintenant amortie, et sa situation 
financière est complètement rétablie, de sorte qu'avec 
Taide des subventions que le département et le ministère 
veulent bien fournir, et qui lui sont indispensables^ elle 



- 4 — 

peut reprendre ses publications. Cet heureux résultat est 
dû aux sacrifices pécuniaires de ses membres, aux sages 
avis du trésorier, et à la prudence de la eonipagnio qui 
a retardé jusqu'à cette année la publication du tome XXII 
de ses Mémoires. Mais ce volume vu paraître prochaine- 
ment, ainsi que le tome VIII du Bulletin historique, et 
le Secrétair€v général a la satisfaction de faire remarquer 
encore que Timpression de ces deux volumes est presque 
entièrement payée puisqu'il ne reste dû qu'environ 300 fr. 
à Timprimeur au 31 décembre. 

M. le Président désigne ensuite pour faire partie de la 
Commission des comptes, composée de trois membres : 
MM. Justin Deschamps de Pas, Van Kempen et Herbout. 

Lectures 

M. Pagart d'Hermansart lit ensuite une notice inti • 
tulée : Mesurage des tenains occupés par les églises et 
couvents de la ville de Saint-Omer et de ses faubourgs le 
21 mars 1^69. Cette opération fut faite lorç de l'établisse- 
ment en Artois du centième denier, imposition qui ne 
frappait point les établissements ecclésiastiques. Ce do- 
cument^ extrait du ms. 879 de la Bibliothèque de Saint* 
Omer, est intéressant en ce qu il fait connaître qu'en 1569, 
la superficie des terrains occupés par les églises, cha* 
pelles, cloîtres, abbayes et couvents était environ de 
13 hectares .40 ares 10 centiares, et parce qu'il indique 
aussi le nombre des divers établissements ecclésiastiques 
et hospitaliers qui existaient à cette époque dans la cité. 
Cette notice sera insérée au Bulletin historique. 

Un nouvel extrait de VHistoire des évéques de Saint- 
Omer est lu par M. l'abbé Bled. Il s'agit cette fois de la 
mort de Mgr Jean de Vernois, 4« évêquc. La paix de 
Vervins venait d'être signée en 1598, elle avait été 
accueillie à Saint'Omer avec une joie que l'auteur s est 
plu déjà à décrire dans le Bulletin historique (t. VIII 
p. 600); Philippe II était mort en 1598, et l'évèque, quoique 
souffrant, avait assisté au service solennel qui eut lieu 
pour ce prince à la cathédrale ; m'ais liii-mcme ne tarda 



— 5 - 

pas à succomber ; le manuscrit d'Hendricq à la Biblio- 
thèque donne les détails de sa fln et la description de ses 
funérailles; c*est le premier évèque qui fût enterré dans 
la cathédrale, il avait choisi pour sa sépulture la cha« 
pelle de Tabside.dite épiscopale. Quant à son cœur, il fut 
déposé dans leglise des Dominicains, ordre religieux 
dont il faisait partie, il mourut pauvre, sans avoir fait 
de testament, il laissa foutefois quelque argent pour la 
réparation des stalles du chœur. Cette lecture est écoutée 
aveo le môme intérêt que celui accordé aux communica- 
tions précédentes de Fauteur sur l'Histoire de l'évôché 
de Saint Omer. 



Séance du 22 Février 189.*. 

Président : M. BUTOR. Président. 

Secrétaire : M. Gh. Legrano, Secrétaire-archiviste. 

La séance est ouverte à 3 heures. M. le Président donne 
la parole au Secrétaire pour lire le procès-verbal de la 
dernière séance qui est adopté sans observations. 

Dons, hommages, échanges. 

— Du Ministère de Vliistruction publique : 

Bulletin archéologique du Comité des Travaux histori- 
ques et scientifiques, année 1891, n^ 2. 

—, De la part du Conseil général. 

Conseil général du département du Pas-de Calais. Ses- 
sion d'août 1891. Rapport du Préfet et procès verbaux 
des délibérations. 

— De la jyart des Sociétés savantes de Fnnce : 
Beauvais (Oise). Mémoires de la Société académique d'ar- 
chéologie, sciences et arts du département de TOise, 
t. XIV, a- partie. 

Boulognesur-Mer (Pas-de-Calais). Bulletin do la Société 
académique de l'arrondissement de Boulogne sur- Mer, 
t XXVIU, n« 1, janvier 1892. 



- 6 - 

Chambéry (Savoie). Mémoires de rAcadémie des sciences, 

belles-lettres et arts de Savoie, 4«« série, t. III. 
Histoire de l'Académie et tables des matières des 42^pre- 

miers volumes, par M. Louis Pillet. 
Constantine (Algérie). Recueil des notices et mémoires 

de la Société archéologique du département de Gôns- 

tantine, 5™« volume de la 3™6 série, 26"« volume de la 

collection. 1890.1891. 
Dunkerque (Nord). Annales du Comité flamand de 

Flandre, t. XIX, année 1891. 
Le Puy (Haute- Loire). Annales de la Société d'agricul- 
ture, sciences, arts et commerce du Puy, t. XXXIV, . 

1878:1889. 
Orléans (Loiret). Mémoires de la Société archéologique 

et historique de l'Orléanais. Concours de 1890, ouvrages 

couronnés, t. XXIV. 
Rouen (Seine-Inférieure). Bulletin de la Commission des 

antiquités de la Seine-Inférieure, t. VIII, 3™' livraison. 
Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 

d'archéologie et de statistique de la Drôme, année 1892, 

janvier, tOO°»» livraison. 
— Étrangères. 

Gand (Belgique). Messager des sciences histor'qiies ou 
Archives de^ arts et de la bibliographie de Belgique, 
année 1891, 4°^* kvraison. 

Atonnement, 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 23"« année, I et II, janvier et février l J92. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2«« série, t. 3d»«, LXIV»»* de la collection, 1" 
et2"»* livraisons, janvier-février 1892. — Partie techni- 
que, 2n»« série, t. 18"*», LXVI"»« de la collection, l'* et 
2me livraisons, janvier-février 1892. 

Correspondance 

1® M. le Président donne lecture d'une lettre reçue le 
3 février dans laquelle M. Pagart d'Hermansart déclare 



— 7 — 

se démettre des fonctions de secrétaire-général qu'il 
n'avait jamais voulu accepter que temporairement. Il 
fait valoir ses nombreuses occupations et croit qu'il est 
temps de choisir un secrétaire-général définitif qui réside 
constamment en ville. 

M. le Président rend compte des démarches qu'il a 
faites auprès de M. Pagart d'Hermansart pour le faire 
revenir sur cette regrettable détermination, et remercie 
les membres de la Compagnie d'ôtre venus en si grand 
nombre, sur sa demande, pour aviser aux mesures à 
prendre. 

L'assemblée consultée déclare à Tunanimité qu'elle ne 
peut accepter la démission de M. le Secrétaire-général, 
Ce n'est là, dit-on, qu'un juFte hommage aux services 
qu'il a déjà rendus et qu'il peut encore rendre à la Com- 
pagnie. L'assemblée décide qu'une délégation composée 
des membres présents du bureau et de MM. Lefebvre du 
Prey, de Monnecove et Violette de Noircarme, se rendra 
à l'issue de la séance, chez M. Pagart d'Hermansart et 
insistera auprès de lui pour obtenir qu'il retire sa dé- 
mission. 

2<> La Société des sciences, des arts et des lettres du 
Hainaut a envoyé le programme de son concours de 1892. 
Il comprend diverses questions sur la littérature, la 
biographie, les beaux arts, l'histoire, les sciences, etc. 
lie prix pour chacun de ces sujets est une médaille d'or. 
Lf s mémoires seront remis franco avant le !•' décembre 
1892 chez M. Wiliquer, secrétaire-général, à Mons. 

3^ La Société Belfortaise d'émulation, par lettre du 
28 janvier, exprime le vœu d'entrer en relations avec 
notre Société. Accordé. A partir de ce jour, les Bulletins 
et Mémoires qui paraîtront lui seront envoyés. 

A^ M. le Ministre de l'Instruction publique accuse 
réception de 126 exemplaires du Bulletin historique, 
I59"« livraison. 

Il fait aussi savoir qu'un arrêté ministériel fixe au 
mardi 7 juin prochain l'ouverture de la 16«>o session des 



— 8 — 

Sociétés des beaux-arts des départements. Cette session 
durera Jusqu'au 11 juin inclusivement. Les manuscrits 
seront reçus jusqu'au W avril.. Les demandes de cartes et 
de lettres de parcours devront parvenir à la direction 
des Beaux-Ârts avant le 1*' mai au soir. 

5* M. le Maire de la ville de Saint Omer a fait remettre 
à M. le Président une lettre de M. le Sous-Préfet de l'ar- 
rondissement de Saint •Orner, en date du 10 février, 
réclamant pour la Bibliothèque nationale et celle du 
Ministère de Tlnstruction publique les n<>" 155 à 157 du 
Bulletin et le 3°^« fascicule des Chartes de Saint-Bertin. 
Il a été fait droit à cette réclamation par lettre du 13 fé- 
vrier, et les exemplaires ont été remis à la Mairie pour 
être expédiés à leur destination. 

6o M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction pu- 
blique de Belgique informe la Compagnie que le t. II de 
la Correspondance dd Philippe II est totalement épuisé, 
et regrette en conséquence de ne pouvoir lui en envoyer 
un exemplaire. 

Commission des comptes. 

M. Justin Deschamps de Pas, au nom de ses* col lègues, 
dit que les comptes de Tannée 1891 paraissent parfaite- 
ment en règle, et propose de voter des remerciements à 
M. le Trésorier. L'assemblée accueille favorablement 
cette proposition et remercie M. de Bailliencourt du soin 
avec lequel ses comptes sont tenus. 

Communications, 

M. l'abbé Bled rappelle une inscription qu'une répara- 
tion récente a rendue plus apparente au haut de la mai- 
son occupée l)ar M. Leclercq, entrepreneur, sur l'ancien 
quai du Vainquai. Cette inscription chronogramme est 
ainsi conçu : VInqVaY ManVfaCtVre De rICoVart. Elle 
a été signalée par M. Eudes dans Les rues de St'Omer\ 

* y. Mémoires de la Société des AnUq. de la Morinie, t. II. 



Dans cette inscription, IT se doit lire pour un V et le 
chronogramme donne Tannée 1732. C^est en effet à cette 
date, comme le rappelle M. Pagart d'Hermansart\ que 
fut construit le bâtiment actuel en agrandissement de la 
manufacture de draps qu'exploitait le sieur Ricouart 
depuis l'année 1699. Notre collègue dit encore que 
pour encourager cette industrie dans notre ville, Téche- 
vinage autorisa le sieur Ricouart à emprunter 8000 livres 
sous sa garantie, se chargeant lui-même des intérêts de 
cette somme pendant huit ans, mais il lui supprima une 
subvention annuelle de 30J francs que lui pa^^ait la ville. 
Ce fut (e sieur Nicolas Marcotte, échevin curateur de la 
Chambre des orphelins, qui s*offrit à faire cette avance 
sur les deniers des mineurs dont il avait la tutelle. (Déli- 
bération du Magistrat du 28 juin 1728). — Plus tard, le 
9 mai 1731, le sieur Ricouart offrit au Magistrat « de cé- 
4er à la ville toute la maison et terrain du Mont-HuUn et 
bâtiments en dépend&ns » en paiement de 7000 i sur les 
BWJO 1. avancées par le s. Marcotte ^ Le Magistrat accepta 
cette offre et Ût un peu plus tard à Ricouart une nouvelle 
avance de 6000 1. Il lui céda de plus 171 toises de terrain 
pris sur la place du Vinquay^ Le sieur Ricouart était 
tenu d'élever son nouveau bâtiment à la hauteur de ceux 
déjà existants, et il était autorisé à faire deux descentes 
pour arriver à la rivière, Tune du côté du cimetière 



* y. Les Communautés d'arts et métiers à Saint-Omer, Mém. des 
AnHq. delà Moriniej t. XVI, p. 550. 

• Il s'agit d'une maison que possédait le s' Ricouart à Saint- 
Omer sur la place du Mont-Hulin, autrefois Marché aux che- 
vaux, aujourd'hui place Siiger. 

' La place du Yinquay s'étendait en face de la maison actuelle 
de M. Leclercq. L'hôtel des Pompiers en occupe actuellement 
une partie. Dans le fond, faisant face à la manufacture Ricouart, 
s'élevait le refuge de l'abbaye de Clairmarais. (V. aux archives 
le plan de la ville en 1630.) 



— 10 — 

Saint-Martin \ l'autre le long des murs .ie la brasserie de 
rÉpinette *. 

Ces divers renseignements sont tirés d*une liasse repo* 
sant aux Archives départementales, série G, liasse 281, 
pièces 149 et suivantes. 

M. Revillion demande si quelques-uns de ses collègues 
connaissent des vues ou plans de Tancien couvent des 
Chartreux situé sur la commune de Longuenesse et dé- 
truit pendant la Révolution. On lui indique un « plan 
visuel de la ville de Saint-Omcr dressé par Jean Beau- 
douin-DeneuvilIe,géomètre et arpenteur juré au bailliage 
royal de Saint-Omer, en 1773 » dont la bibliothèque pu- 
blique a fait Tacquisition il y a quelques années. Sur ce 
plan se trouve une vue à vol d*oiseau du couvent des 
Chartreux. 

Lecture. 

M. 1 abbé Bled commence la lecture de ses recherches 
sur Tancienne Confrérie du grand serment de Varbalète 
dont les membres étaient appiîlés compagnons ou cheva- 
liers de' Saint-Georges. L'institution des arbalétriers au- 
domarois est fort ancienne,et tout confirme que leur com- 
pagnie fut une des premières organisées et autorisées dès 
que l'autorité royale comprit de quel secours les milices 
bourgeoises pouvaient être pour la défense du pays. 
Malheureusement la perte des plus anciennes archives 
de nos arbalétriers ne permet pas de préciser la date de 
leur création. Leurs services sont plus historiquement 
établis. Un les voit dés le xiii« siècle prêtant leur con- 
cours aux rois de France, puis aux comtes de Flandre 
pour la défense des villes et forts du voisinage. Ils ont la 

^ L'église paroissiale de Saint-Martin fut détruite en 1793. 
Sur son emplacement a été construite plus tard Tusine à gaz. 

* La rue de TÉpinette était une rue assez sinueuse qui tra- 
versait le quartier bâti sur ce qui est aujourd'hui le square du 
Vinquay. 



— 11 — 

garde du château et de la forêt de Rihout ; ils sont à la 
célèbre bataille d*Âzincourt ; ils veillent à la garde et 
« tuition D de la ville de Saint-Omer et sont en temps de 
paix à la disposition du Magistrat pour le maintien' du 
bon ordre dans les rues de la cité \ 
La séance est levée à 5 heures 1/4. 



Séance du 28 Mars 1892. 

Président : M. BUTOR, Président 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hekmansart. 

Le Secrétaire-archiviste donne lecture du procès-verbal 
de la dernière séance qu'il a rédigé. M. Pagart d'Her- 
mansart demande la parole. Il expose qu'il regrette que 
ses collègues n*aient point admis les motifs de sa déci- 
sion, mais puisqu'ils paraissent convaincus que l'intérêt 
de la Société exige qu'il retire sa démission, il se décide 
à rester secrétaire-général conformément aux désirs una- 
nimes qu'ils ont bien voulu exprimer ; il les remercie en 
même temps de la marque de bienveillance assurément 
flatteuse qu'ils lui ont donnée et dont il est extrêmement 
touché, et il les assure de son entier dévouement aux 
intérêts de la Compagnie. Mais il propose de supprimer 
l'incident du précédent procès- verbal, comme de celui-ci, 
puisque les choses restent en l'état. M. le Président ré- 
pond que la Compagnie a tenu à lui donner un témoi- 
gnage de sympathie, et qu'elle désire que l'expression en 
reste mentionnée dans le Bulletin de la Société. En con- 
séquence le procès-verbal de la séance du 22 février est 
adopté. 



^ Le musée Dapuis possède une médaille de cette compagDie 
d'arbalétriers ; on eu voit également une image au musée de 
la ville. 



— 12- 

Dons, hommages, échanges. 

— De la part des auteurs : 

Le.Iivre de la propriété des chose?, par Barthélémy de 
Gianville, par M. Â. Janvier. 

Notes, plans et documents faisant suite à l'Histoire d*Hea- 
dinfort, par Jules Lion. 2"»' partie. 

Inventaire des reliques, joyaux et ornements dé la cha- 
pelle de Notre Dame des Miracles à Saint-Omer en 1559, 
par M. Pagart d'Hermansart. 

Le couvent de la Paix-de-Jésu3 sis en la cité d'Arras (or- 
dre réformé de Saint-Benoît), par Gustave Acrémant. 

Inventaire sommaire des Archives départementales an- 
térieures à 1790 du département du Nord, rédigé par 
M. Jules Finot, archiviste. Archives civiles, série B, 
Chambre des compter de Lille, n«» 3229 à 3389, t. VIL 

— De la part des Sociétés savantes de France : 
Amiens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de Picardie, année 1891, n'« 2-3 
Belfort (territoire de). Bulletin de la Société Belfortaine 

d^émulation, n« 10, 1890-91. 
Boulogne sur-Mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 

d'agriculture de Tarrondissement de Boulogne-sur-Mer, 

février 1892, t. XXVIII, no 2. 
Caen (Calvados). Mémoires de l'Académie nationale des 

sciences, arts et belles-lettres de Caen. 
Cahors (Lot). Bulletin de la Société des études littéraires, 

scientifiques et artistiques du Lot, t. XVI"®, l®"" 2««, 

3m« et 4mo fascicules. 
Dax (Landes). Bulletin trimestriel de la Société de Borda, 

16°»* année, 1891, octobre à décembre. 
Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales de la Société 

historique et archéologique du Gàtinais,3"o trim. 1891. 
Montauban (Tarn-et-Garonne). Bulletin archéologique 

et historique de la Société aréhéoîogique de Tarn-et- 

Garonne, t. XVIX, année 1891, l•^ 2»»% S"»*» et4'?« trim. 
Niort (Deux-Sèvres). Mémoires de la Société de statis- 



- 13- 

tique, scieuces, lettres et arts du département des Deux- 
Sèvres, 3«« série, t VIII, 1891. 
Bulletin de la Société de statistitique, sciences, lettres et 

arts dudépartement des Deux-i:rèvres, t. VI1J,I891-18'J3, 

n"* 10-12, octobre-décembre tSvM. 
Paris (Seine). Bulletin de la Société d'ethnographie, 2»« 

série, n«« 12, 21. 32, 34, 36, 48, de décembre 1887 au 9 

février 1891. 
Bévue de la Société des études historiques, 4^*** série, 

t. IX, 189 L 
Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, 

sciences et arts de Poligny, 32"« année, 1891, n" 10 à 

12, octobre à décembre. 
Toulouse (Haute-Garonne). Mémoires de TAcadémie des 

sciences, inscriptions et bslles-lettrea, 9"* série, t. III. 
Bulletin de la Société archéologique du Midi de la 

France, n'8. Séances du 7 avril au 21 jiiillet l'91 in- 
clus. 
— Étrangères. 
Bruxelles. Société d'archéologie de Bruxelles, annuaire 

de 1892, t. III. 
Analecta BoUandiana, t. X, fasc. 3. 
Louvain (Belgique) Analectes pour servir ^à Thistoire 

ecclésiastique de la Belgique, t. XIV, 1877, liv. 2, 3, 4; 

t. XV, 1878. liv. 1,2,3,4; t. XVI. 1879, liv. 1,2,3; 

t. XVII, 1881, liv. 1, 2, 3, 4; t. XVIII, 1882, liv. 1, 2, 3, 4; 

t. XIX, 1883-84, liv. 1, 2, 3. 4 ; t. XX, 1886-87, liv. 1, 2. 

3, 4; t. XXI. 1888-89, liv. 1, 2,3, 4; t. XXII, 1890-91, 

liv. 1,2,3,4. 
Alsace. Revue d'Alsace, 1879, 8'"« année, nouvelle série, 

t. VIII, janvier à mars. 
Strasbourg. Bulletin de la Société pour la conservation 

des monuments historiques d'Alsace, 2"»° série, t. XV, 

livraison 2. 
Autriche. Mittheilungen der Kais, Konigl, geographis- 

chen Gesellschaft in Vien 1890, XXXIII, beand der 

neuen folge XXIII. 



- 14- 

Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 
philosophical Society, held at Philadelphia, for promo- 
ting usefui knowledege, vol. XXIX, july to december 
1891, no 136. 

List of surviving members of the American philosophical 
Society, held at Philadelphia for promoting useful 
knowledege, corrected to january 9, 1892, by Henry 
Phillips, A. secretary ot the.Society. 

Abonnement. 

Journal des Savants, janvier-février 1892. 

Romania, recueil trimestriel consacré à Tétude des lan- 
gues et des littératures romanes, t. XXI, n" 81, jan- 
vier 1892. 

Revue historique, 17"»» année, t. 48°»% mars-avril 1892.— 
3me table générale do la Revue historique, 1886 à 1890 
inclusivement. 

Bibliothèque de l'École des Chartes, t. LU, 5™« et 6™« liv. 
septembre-décembre 1891. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2°»« sçrie, t. 35°»», LX1V™« de la collection, 
3me livraison, mars. — Partie technique, 2'« série, 
t. 18°»», LXVlm* de la collection, 3°»* livraison, mars. 

Correspondance. 

r 26 février. M. le chanoine Reuseus, secrétaire du 
Comité des Analectes pour servir à Thistoire ecclésiasti- 
que de la Belgique, remercie la Société d'avoir accepté 
réchange des publications. Il annonce l'envoi d'un cer- 
tain nombre de livraisons ; un second envoi aura lieu 
dans peu de temps*; de cette façon, notre Société aura la 
collection des Analectes depuis le volume XI. 

2* Lettre du 4 mars par laquelle M. le Ministre de Tlns- 
truction publique fait connaître un avis du Comité des 
Travaux historiques et scientifiques en vertu duquel, pour 
le Congrès annuel des Sociétés savantes à la Sorbonne, 
aucune lecture ne sera admise si les auteurs au préalable 
n'ont soumis leurs manuscrits au Comité. Le Ministre a 



-15- 

pristine décision conforme à cet avis, et il invite ceux 
des membres de la Société qui doivent prendre part au 
prochain Congrès à adresser le manuscrit complet de 
leurs communications au Ministère de riqslruction pu- 
blique (Direction du Secrétariat, t" bureau), avant le 
l*' avril prochain. 

3* M. le chanoine Haigneré, sur la demande de la So- 
ciété, annonce qu*il va envoyer de la copie pour le t. III 
des Chartes de Saint-Bertin. 

4« M. A. de Loisne, nouvellement élu membre hono- 
raire, demande le 4 mars si la Société accueillerait Tana- 
lyse du cartulaire ou Livre rouge de la collégiale de 
Saint-Barlhélemy à Béthune, qui se trouve aux Arcjiives 
ecclésiastiques du Pas-de-Calais. Ces chartes, du xii* au 
au XV* siècle, au nombre de 150, présentent un grand in 
térét, tant pour Thistoire de Béthune que pour celle des 
paroisses de l'arrondissement et de leurs anciens sei- 
gneurs. L'on ne peut songer à publier en entier ce pré- 
cieux manustrit à cause des frais que cette publication 
entraînerait, mais une analyse sommaire précédée d*une 
introduction et suivie d'une table des noms de personnes 
et de lieux pourrait être utile. La Société décide qu'on 
répondra à M. de Loisne que sa proposition est accueillie 
et qu'on le remerciera de l'empressement avec lequel il 
veut bien prêter son concours à la Compagnie. 

5<> 5 mars. - La Société archéologique du midi de la 
France à Toulouse demande qu'on lui envoie 4 livraisons 
du Bulletin qui lui manquent. L'envoi sera fait* 

6' 10 mars. — ' Avis du Ministère d'envoi d'un ouvrage 
venant d'Autriche. — 26 mars, d'un autre venant des 
Etats-Unis. 

7* 19 mars. — Le Trésorier annonce qu'il a touché 
500 francs alloués par le Conseil général pour l'impres^ 
sion des Chartes de Saint Bertin. ^ 

8« 26 mars. — Accusé réception par le Ministre de 
l'Instruction publique de la livraison 160 du Bulletin 
historique. 



- 16- 

Candidatures, 

M. Tabbé Blei, vice-présideat, M. Butor, président, et 
M. Pagart d'Hermansartr, secrétaire-général, proposent 
la candidature de dom L'Huiliier, supérieur des PP. Bé- 
nédictins- de Wisques, comme membre honoraire. 

MM. Tabbé Bled, Pagart d'Hermansart et Charles 
Legrand. secrétaire-archiviste, proposent également la 
candidature de M. Paul Dambricourt, de Wizernes, 
comme membre honoraire. 

Conformément au règlement, Télection de ces deux 
membres est renvoyée à la prochaine séancç. 

Communications, 

Le Secrétaire-général annonce à la Compagnie la mort 
de M. Martel, sénateur, qui entré dans la Société le 
6 mars 1835> en était le membre le plus ancien.M. xMartel 
n*a cessé de témoigner toute sa vie un vif intérêt pour 
les Antiquaires de la Morinie, et lorsque la Société dut 
élever le chiffre de sa cotisation, il s'associa un des pre- 
miers à cette mesure, et écrivait le 7 décembre 1888 : 
« Il est regrettable que les services rendus par la Société 
V des Antiquaires de la Morinie ne soient pas mieux ap- 
» préciés. Il ne faut i icn épargner pour conserver cette 
œuvre des Anciens qui honore notre pays. » Le Prési- 
dent se fait l'interprète des membres présents en expri- 
mant les regrets que leur cause la mort d'un membre 
aussi dévoué et aussi fidèle que M. Martel* 

M. le chanoine Haigneré envoie la communication sui- 
vante : 

Les moines de Clairmarais en Italie. 

Notre très érudil collègue, M. C. Enlart, a communiqué der- 
nièrement à la Société une note sur le passage des religieux 
cisterciens de Clairmarais dans la péninsule (Bull. lôQ* liv. 
p. 705). 

Permettez-moi de vous signaler, à cette occasion, les services 
rendus à la cour du pape Jean XXII par un autre cistercien de 
la même abbaye, en qualité de rédacteur attaché à la chanoel-^ 



- 17 - 

lerie de ce pontife. C'était Joames conversus monûsiem Clemares 
(sic) ordims âsterc.^ dont Texistence nous est révélée par Tépî- 
tre 606 do Registre cité par le cardinal Pitra dans ses Analecia 
novissima, t. I, p. 347. La citation paraît se rapporter à la pre- 
mière année do pontificat, c'est-à-dire à Tannée 1316. 

M. Charles Legrand, Secrétaire-archivistei appelle en- 
suite ratlention de la Société sur les Analectes pour ser^ 
vir à l'h&toire ecclésiastique de la Belgique, qui contien- 
nent notamment : 

Tome XIV, 1877, page 226 : Lettre d'Antoine de Loc- 
quet à l'archiduc Albert pour demander rétablissement 
à Hesdin d'un collège des PP. Jésuites, et l'incorporation 
de l'abbaye d'Auchy-les-Moines à celle de Saint-Bertin. 
(27 novembre 1611.) 

Tome XXf , 1888 : Dans les documents relatifs i l'ab- 
baye cistercienne de Hoosendael de Malines se trouvent 
cinq pièces émanant des châtelains de Saint-Omer, pages 
6 et suivantes, années 1226 à 1257. 

Et tome XXII, 1891, page 484 : Érection de la gilde ou 
confrérie de Sainte- Anne, à Aire, en Artois, 3 août 1504. 

Lectures. 

La parole est donnée à M. l'abbé Bled pour continuer 
la lecture commencée à la séance précédente sur les ar- 
balétriers de Saint-Omer. L'auteur extrait du chapitre 
des fêtes de la confrérie de Saint-Georges le récit de ce 
qui se passait à la fête de May. C'était la principale de 
l'année, et elle se célébrait le premier jour du mois de 
mai. Ce jour-là, les chevaliers de l'arbalète, suivant un 
très antique usage, se rendaient en grande cérémonie à 
la forêt royale de Rihout pour y couper, avlBc l'autorisa- 
tion du souverain, larbre ou May au haut duquel ils 
attachaient l'oiseau d'honneur ou Papegay. La ville en- 
tière prenait part à cette fête. Les officiers de la ville 
accompagnaient les arbalétriers à Rihout, et le Magistrat 
fournissait de larges subsides pour le régal qui se don- 
nait dans la forêt, et le banquet qui avait lieu le soir au 



retour dans la maison ou jardin de la confrérie. Une nou- 
velle lecture de ce très intéressant travail sur les Arda- 
létriers de SainNOmer aura lieu prochairement. Presque 
toutes les villes de Flandre posEèdent Thistoire de ces 
confréries militaires. Saint Orner va être aussi dotée de 
la sienne. 
La séancd est levée à 5 heures. 

Le Secrétaire g ènéf al, 
PAGART d'HERMANSART. 



OUVRAGES OFFERTS^ 

Le livre de la propriété des choses par Barthélémy de OlanviUe^ 
par M. A. Janvier (extrait des Mémoires de la Société des AnH- 
quaires de France^ t. LI, 20 p.), est l'examen da manuscrit 399 
de la bibiioihèqoe d'Amieos, qui cootienâ la copie enlyninée 
par un habile artiste d*Âaxerre, de la tradaction faite par Jean 
GorbichoDy religieux augnstia, d*une eucyclopédie latine com- 
posée par Barthélemi de Glanville, religieux franciscain, qa*on 
a appelé aussi Barthélemi l'Anglais. M. Jaovier décrit avec soin 
les diterses miniatures de ce riche manuscrit remontant an 
XV* siècle, et donne un fac simile de la dernière page. 

Notes, plans et documents faisant suite à Vhistoire d'Hesdin- 
fort^X^* et 2« partie, 62 et 104 pages, Amiens, 1891-1892, par 
M. Joies Lion.— M. Jules Lion, qui a déjà beaucoup écrit sur le 
Vieil-Hesdin, a fait aussi de Thistoire d*Hesdinfort son domaine 
propre qn*il agrandit sans cesse. Après son histoire générale 
parue à Amiens en 1884, il comp'ète ce premier travail par 
diverses pièces extraites d'archives, qui n'auraient pu être in« 
tercalées dans son histoire sans l'encombrer, et qui donnent 
divers détails sur les établissements et les institutions de celte 
ville. 5 plans accompagnent ces documents. 



1. Sous ce titre : Oufyrages offerts, la Société sera heureuse de 
mentionner à l'avenir en quelques ligne» en dehors des procés-verbaux 
l'objet des ouvrages concernant la région du Nord, qui lui auront.eiè 
offerts par les auteurs. 



LE CALICE DE SAINT OMER 

I" ÉVÊQUE.DE THÉROUANNE 

Communication te M. Tabbé Bled, yice-président. 



Un inventaire des ornements, reliquaires, etc., 
de l'église collégiale de Saint-Omer, dressé en 1557, 
et publié par M. Louis Deschamps de Pas dans le 
Bulletin archéologique du Comité des travaux his- 
toriques et scientifiques de l'instruction publique, 
année 1886, mentionne sous le n» 23 : « Ung grand 
» vasseau que on dict le calice de saint Omer, 
» aiant la couppe de fin or et le pied d'argent doré 
» avec la platine de fin or, ornez de plusieurs 
» perleâ en pierres précieuses, dont y en a beau- 
» coup perdues. » 

Le savant éditeur de l'inventaire commente cet 
article parla note suivante : « Ce calice, qui était 
» une des pièces les plus remarquables du trésor 
» de la collégiale, a été vu et admiré par les au- 
» leurs du Voyage littéraire qui l'ont mentionné 
» dans leur ouvrage. 11 n'est pas impossible qu'il 
» remontât à l'époque qu'on lui assigne, mais 
«f> l'absence de toute représentation empoche de 
» rien affirmer. » 

Cette sainte relique, plus vénérable encore par 
le double souvenir pieux qui s'y attache que pré- 
cieuse par la matière et le travail qui en avait fait 



-20-* 

une merveille d'art, d'une valeur aujourd'hui in- 
estimable, si cet objet se pouvait retrouver, mérite 
mieux, pensons-nous, qu'une mention aussi 
sommaire. Nous réunissons ici les souvenirs et 
les témoignages que nous avons pu recueilUr sur 
ce calice, qu'une tradition ininterrompue fait re- 
monter jusqu'à saint Omer et saint Eloi. Nous 
donnons deux descriptions qui, venant de té- 
moins oculaires , offrent toutes les garanties 
d'exactitude et pourront suppléer quelque peu à 
l'absence regrettable de toute représentation du 
calice du premier évêque des Morins, et laisser de 
cette sainte relique, chef-d'œuvre d'une époque et 
d'une civilisation très reculées, une idée assez 
complète. 

Voici d'abord ce qu'en disent les religieux béné- 
dictins qui, au commencement du xviiio siècle, 
parcoururent nos contrées et firent des églises', 
monastères et abbayes qu'ils rencontrèrent, une 
description fort curieuse et du reste bien connue. 

« Nous vîmes aussi (à S. Omer) la cathédrale : cri y 
» conserve les reliques de saint Omer dans une belle 
i> châsse d^acgent, langue d'environ six pieds, et élevée à 
» proportion, mais dont le travail surpasse de beaucoup 
» la matière\ Nous vîmes aussi à côté de l'autel le tom- 

' Cette belle châsse, qui fut aussi détruite à la Révolution 
était rœovre de deux artistes orfèvres de Lille, Nicolas Her- 
mant et François Vraux qui y travaillèrent le premier dès 1G2I 
et le second dés 1631. Elle fut terminée en 1638, mais ce ne 
fut que le 7 juin 1644 que Mgr Chistophe de France y déposa 
solennellement les reliques du saint patron de la cité Arch 
capit. de Samt-Omer, G. 279Ï. Les artistes avaient représenté 
autour de cette châsse, longue d'environ cinq pieds, dans des 
panneaux en bas-relief la vie et les miracles du saint ; elle était 



— 21 — 

» beau de Monsieur Eustacbe de Croy, prévôt de S. Omer 
» et ensuite évèque d'Arras,dont le^ravail est fort estimé. 
9 Mais on estime encore plus un tableau original de 
» Rubens qui représente une descente de la Croix qu'on 
» ne peut payer. Ce qui nous fît plus de plaisir fut de voir 
» dans le trésor le calice de saint Omer. Il est d'or 
» massif; il a plus d'un pied d'hauteur. La coupe qui a 
» des anses a plus d'un demi-pied de profondeur et pres- 
» que autant de diamètre. II fallait des calices de cette 
» grandeur pour suffire à la communion des^ fidèles. La 
» patène aussi d or a plus d'un pied de diamètre : il y a 
9 au milieu un agneau représenté avec un Alpha et un 
» Oméga. Je ne parle pas du reste de l'argenterie qui est 
» très belle et très riche \ » 

Le second témoignage est entièrement inédit; 
11 offre de plus pour nous cette intéressante par- 
ticularité de nous venir d'un homme qui fut près 
que notre contemporain, et qui a vu de ses yeux 
et pesé de ses mains cette admirable pièce d'or- 
lèvrerie. C'est la description faite par Tabbë de 
Mévolhon, chanoine de la cathédrale de Saint- 
Omer, mort en 1827 à Sisteron (Basses-Alpes), 
chez son parent, M. Edouard de Laplane, auprès 
de qui il s'était retiré lors de la tourmente révolu- 



aussi ornée des statuettes des douze apôtres. Elle pesait 359 
marcs 5 onces,, et coûta 13.1 17 florins 3 sols 6 deniers et 400 S. 
de gratiOcation, sans compter le métal d*argent que le chapitre 
fournit pour la confection. Elle avait été commencée sous Mgr 
Paul Boudot, fut continuée sous les évêque:* Pierre Paanet, 
Christophe Morlet, et terminée sous Christophe de France. 
(Wallet, Description de l'ancienne cathédrale de S. Omer, p. 24.) 

* Voyage Uitéraire de detix bénédictins en France^ t. I, 2"* part., 
p. 183. 



- 22 -- 

tionnaire. Voici ce que nous lisons dans un ma- 
nuscrit de M. Edouard de Laplane^ : 

« Le trésor de la cathédrale de Saint-Omer était des 
» plus riches. On y voyait entre autres choses : 

r Un magnifique calice d'or avec son bassin qui Tac- 
» compagnait, et ne pesait pas moins de onze livres, des- 
» tiné à la communion des fidèles dans le temps où Ton 
» communiait sous les deux espèces. 11 pouvait contenir 
* environ quatre pintes, et pour cette raison il n'avait 
» pas la forme des calices ordinaires. C'était un grand 
9 vase à deux anses, d'un très bon goût, même pour des 
» temps postérieurs à celui où il avait été fabriqué. Saint 
» Eloi, dans la suite évoque de Noyon et d'abord argen- 
9 lier et orfèvre de plusieurs de nos rois de la première 
» race, l'avait fait de ses propres mains. On sait qu'il était 
» dans ce genre le plus habile ouvrier de son siècle. Il en 
» avait fait présent vers 650 à saint Omer, son maître dans 
» la vie spirituelle, son collègue dans l'épiscopat, son voi- 
» sin par le diocèse et son ami, quoiqu'il y eut quelque 
» différence d'âge entre eux : saint Omer était plus âgé 
» que lui. 

» 2* Un ostensoir d'or du poids de huit ou dix livres, du 
» travail le plus délicat, du xi* ou xn* siècle. 11 était en 
» forme de tourelle comme il paraît qu'on les faisait alors. 
» Cetoètensoir ressemblait à ceux queles-grands peintres 
» dltalie représentaient de leur temps entre les mains de 



• Ce manuscrit, qui est entre nos mains, a été entièrement 
écrit par M. Edouard de Laplane, savant archéologue et membre 
correspondant de l'Institut de France. Il fut le père de M. Henri 
de Laplane, mort secrétaire général de la Société des Anti- 
quaires de la Morinie. L'abbé de Mévolhon était président du 
séminaire épiscopal de Saint-Omer. C'est par ses soins que fut 
dressée et gravée la belle carte'du diocèse de Saint-Omer qu'il 
dédia au dernier évéque Monsei^eur de Bruyère Chalabre. 



— 23 — 

» sainte Claire cherchant à dérober le Saint-Sacrement à 
» la fureur des Sarrazins. 

» 3* Deux grands candélabres d'argent massif d'environ 
» cinq pieds de hauteur et à trois branches. C'était un 
» travail moderne qui avait coûté dix-huit mille francs, 
» et l'ouvrier qui était de St-Omer et qui s'appelait Le- 
» gaigneur y avait employé, par honneur bien plus que 
> par intérêt, toute son habileté et plusieurs années de 
» travail. 

» Tout cela a disparu à la Révolution. Le souvenir 
» même ne s'en conservera plus longtemps. 

» Cette ûote, ajoute M. de Laplane dans son manuscrit, 
» vient d'un témoin oculaire, chanoine lui-même à la ca- 
» thédrale de Saint-Omer, et qui en parle avec connais- 
D sance de cause ; c'est M. l'abbé de Mévolhon, mort de- 
» puis peu. 1827. » 

Jusqu'à la Révolution, le calice de saint Orner 
était une des reliques insignes et peut-être le plus 
remarquable objet d'art que les chanoines pussent 
exposer à l'admiration des souverains et des 
grands personnages visitant leur église. Le cha- 
noine Dourlen, dans une lettre écrite à l'un de ses 
parents, nous a conservé quelques détails inté- 
ressants de la visite du roi Louis XV à la cathé- 

'drale de Saint-Omer en 1744 « Le roi est arrivé 

ici vendredi dernier (3 juillet) sur les dix heures 

du malin Le roi est allé descendre à l'évôché. 

Nous l'attendions à la grande porte de notre église 
sous les orgues, mais il est allé droit dans la cour 
de l'évôché et est entré dans l'église par l'autre 
allée, de sorte que nous n'avons pu le joindre que 
près de la porte du chœur du côté de l'évangile, 
où Monseigneur * lui a fait son compliment. Le 

* Monseigneur Joseph-Alphonse de Valbelle^ le troisième des 
Vaibelle. Il fut évêque de Saint-Omer de 1727 à 1754. 



— 24 -• 

roi a entendu VExaudiat, Mgr étant à Tautel. 
Après, il a examiné un moment le mausolée du 
côté de révangile', et comme j'étois près, j'ai dit 
à Mgr révoque de Soissons de faire remarquer 
au roi le calice de St Omer. Le roi se retourna de 
mon costé,et croiant apparemment que je parfois 
de la châsse, demanda si c'étoit la châsse de St 
Omer : je lui dis qu'oui, et que le calice auprès 
étolt le calice avec lequel S. Omer consacroit. » 
Arch. capitulaires de St-Omer G. 310. 

En preuve de la vénération et de la pieuse con- 
fiance que le peuple de nos contrées avait conser- 
vées pour le saint fondateur de notre ville, et du 
respect qu'il portait aux objets lui ayant appar- 
tenu, nous pouvons citer un usage rappelé par 
M, Wallet dans sa Description de V ancienne cathé- 
drale de Saint-Omer. p. 65. Cet auteur rapporte 
tenir « d'un témoin oculaire et digne de foi » que 
de temps immémorial on venait servir saint Omer 
pour les enfants affectés de catharre, quintetoux," 
coqueluche, etc. Les pèlerins apportaient un peu 
d'hydromel que le chanoine préposé à la garde du 
tombeau*du saint versait dans le calice de saint 
Omer. Après avoir béni la liqueur, le prêtre la ren- 
dait aux pèlerins pour servir de boisson à l'enfant 
malade. « Cet usage, ajoute M. Wallet, a persisté 
malgré la Révolution de 1789, et l'on vit encore au 
commencement de ce siècle porter l'hydromel à 
la bénédiction du prêtre ; mais la cérémonie du 

Le mausolée d'Eustache de Croy, évêqne d'Arras, actoelle- 
meDt dans la ne! et alors dans le chœar entre deux colonnes da 
pourtour. Une plaque en marbre qui a été malheureusement 
^ levée en marquait encore remplacement il y a peu d'années, 



— 25 - 

transvasement n'eut plus lieu, le calice de saint 
Orner ayant disparu. » 

A quel moment et comment disparut celte pré- 
cieuse relique ? 

^ Le calice de saint Omer, pas plus que l'ostensoir 
en or- qu'a décrit le chanoine de Mévolhon, ne 
figurent à l'inventaire de l'argenterie trouvée et 
saisie dans les églises et chapelles de Saint-Omer 
en 1792 \ Cet inventaire se fit pour l'argenterie de 
la cathédrale les 2 et 29 octobre et le 7 novembre 
1792. Des objets vus et décrits par M. de Mévolhon, 
nous ne trouvons que les deux candélabres à trois 
branches mentionnés pour le poids considérable 
de 132 marcs 1 once 4 gros d'argent. , 

Mais qu'est devenu le calice de saint Omer? 

Les honnêtes gens que le gouvernement d'alors 
chargeait d'inventorier les trésors de nos églises 
ne se faisaient pas scrupules de s'approprier,pour 
se payer consciencieusement de leurs peines, les 
pièces qui étaient à leur convenance. M. Des- 
champs de Pas cite des certificats du temps qui 
en font foi. Il n'est cependant pas admissible qu'ils 
aient poussé l'audace jusqu'à faire main basse sur 
un objet d'une pareille valeur et qui devait être 
bien connu du public. Il est plus vraisemblable 
qu'à la première nouvelle d'un -inventaire pro- 
chain de leur trésor, qui n'était que l'annonce 
d'un vol légal, les chanoines se seront empressés 
de mettre en lieu sûr, loin des yeux et des mains 
des récollecteurs, le calice de leur saint patron, 
relique à la fois si vénérée et si précieuse. 

^ M. L. Desçhamps de Pas a publié cet inventaire dans le 
premier volume des Bulletins de lB,Uor\n\e, p. 194, seconde 
partie. 



- 26 — 

Ont-ils creusé, pour Vy ensevelir» quelque ca- 
chette en quelque coin de leur cloître ou de leur 
église? Quelqu'un d'eux l'a-t-il emporté avec lui 
en exil ? Cette merveille d'art, cette sainte relique 
que la piété de tant de siècles a admirée et véné- 
rée,, repose-t-elle sous quelque dalle de l'église, 
attendant qu'un hasard providentiel la rende à 
l'admiration et au culte des fidèles audomarois? 
Fait-elle quelque part, ignorée dans sa sainte 
origine, l'ornement d'un musée ou de la collection 
de quelque riche et heureux particulier? Ou bien, 
hélas! a-t-elle vraiment été écrasée sous le mar- 
teau brutal de quelque sot et impie vandale? Le 
saurons-jious jamais? 



MESURAGEDES TERRAINS 

OCCUPÉS PAR LES ÉGLISES ET COUVENTS DE LA 
VILLE DE SAINT-OMER ET DE SES FAUBOURGS. 

21 Mars 1569. 
CommuDication de M. Pagart d'Hermansart, secrétaire-général 



Un édit du roi d'Espagne Philippe II, en date du 

9 septembre 1569, établit en Artois une imposition 
appelée le centième denier ^ qui devait se percevoir 
sur tous biens, meubles et immeubles. 

L'estimation des maisons, terres, héritages et 
autres biens, tant immeubles que meubles de la 
ville de Saint^Omer et de ses trois voisinages ou 
faubourgs : le Haut-Pont, Lizel et la Fraîche Pois- 
sonnerie, lut faite par Georges Gautran, échevîn, 
et par Jean de Brandt, greffier principal de la 
ville, au nom du roi, et par Claude Andrieu, éche- 
vin de Tan passé et Jean Bon voisin, pour le Ma- 
gistrat ; et ils dressèrent le 21 mars ' le procés- 
verbal de cette opération. 

D'après l'article 40 de i'édit, la contribution du 
centième ne frappait point « les lieux sacrez, si 
» comme églises, chapelles, cloistres, monastè- 

' L'année 1569 avait commencé à Pâques, c'est-à-dire le 

10 avril et finissait le 26 mars. 



- 28 - 

» rqp,àtres, ni les héritages dans l'enclos des mu- 
» railles ou fossez d^iceulx cloistres et monastè- 
» res: » V^rticle 41 ajoutait v « Pareillement en 
» seront tenueè exemptes les maisons et cours 
» du siège épiscopal, et aussi les maisons pasto- 
» raies habitées par les curés, affectées aux eves- 
» chez et cures. » 

De. sorte que les experts durent déterminer avec 
le plus grand soin toutes les possessions ecclé- 
siastiques existant dans la ville et les faubourgs. 

Antoine d'Haflringhes, dans son manuscrits 
nous a conservé cette partie du travailles députés 
commis à Testimation, et elle nous paraît intéres- 
sante à reproduire, parce qu'elle fait connaître 
quelle était en 1569 la superficie des terrains occu- 
pés par les églises, chapelles, cloîtres, abbayes et 
couvents. En réunissant la quantité de mesures 
locales indiquées, et en les convertissant en hec- 
tares, on trouve une superficie de treize hectares 
quarante ares dix centiares environ; dans ce 
chiffre ne sont pas compris la chapelle de Notre- 
Dame des Miracles sur le marché, ni les presby- 
tères. 

Ce document indique également le nombre des 
divers établissements ecclésiastiques ou hospita- 
liers qui existaient alors dans la ville de Saint- 
Omer. Nous y trouvons la cathédrale, les six 
paroisses de la ville : Sainte-Aldegonde, Saint- 
'Sépulchre, Sainte-Marguerite, Saint-Martin, Saint- 
Jean, Saint-Denis; la chapelle de Notre-Dame des 
Miracles sur le marché ; trois hôpitaux : ceux de 
Saint-Jean-Baptiste, de TEscoterie Notre-Dame au 

* Bibliothèque de la ville de Saint-Omer, ms. 879. 



— 29 — 

Brûle, et de Notre-Dame du Soleil ; nous y rele- 
vons aussi deux communautés d'hommes : les 
frères pxescheurs (dominicains) et les frères mi- 
neurs (cordeliers), et 5 congrégations de femmes : 
les religieuses de la Magdelaine (repenties), les, 
dames de Sainte-Claire (clarisses), les sœurs de 
Sainte-Catiierine de Sion, les Sœurs grises, les 
Sœurs noires (conceptionnistes). Le collège de 
Saint-Bertin et celui des Jésuites Wallons, établis 
récemment en 1561 et 1568, ne sont pas mention- 
nés, parce que leurs construclicms n'étaient point 
achevées. 

Quant à Tévéché, institué seulement en 1559, il 
n'avait ni son palais épiscopal ni son séminaire ; 
une des conséquences de sa création fut d'ailleurs 
le développement et la modification de l'organisa- 
tion religieuse locale, surtout dans le cours du 
siècle suivant. 

Il serait assurément ci|rieux de connaître la 
superficie totale de la ville en 1569, de manière à 
la comparer à celle occupée par les établissements 
religieux exempts de la taxe du centième denier 
nouvellement établie. Nous ne connaissons mal- 
heureusement aucun document qui permette cet 
examen. 

Quant,au personnel attaché à ces églises, cou- 
vents et hôpitaux, et à l'ensemble de leurs reve- 
nus, nous n'avons pas non plus de renseigne- 
ments précis pour cette année. Moins d'un siècle 
plus tard, ces établissements étaient devenus plus 
nombreux ; leur population formait en 1698 à peu 
près le seizième de celle de la cité; et leurs reve- 
nus, sans compter les casuels et les aumônes, 
s'élevait à 224 mflle livres, dont 100 mille pour la 



— 30 — 

seule abbaye de Saint-Bertin, 30 mille pour Tévê- 
que et 30 mille pour le chapitre \ 

« S'ensuit la déclaration de la grandeur, pourprls et 
» comprendement des églises, atres et autres lieux sacrez 
» en ladite ville et cité de S* Orner et trois voisinages 
» d'icelle, exempts par l'ordonnance, selon l'ordre des 
» connétableries *. 

» Primes. L'église parochial de Sainte Aldegonde' et 
» l'àtre d'icelle contient environ demi-mesure^ — partant 
renseing. 

^ Mémoire sur TArtois de l'inlendani BrigDon, 1698, analysé 
par M. Courtois soas le titre : Coup d*œil sur Sami-Omer à la fin 
du XVI? siècle (Mém. des Antiq. de la Morinie, t. VII, 2* partie, 
p. 153). •— Voir aussi : Mise en commendê de l* abbaye de Saint- 
Berlin, neS-îie^, par m. rabbé Lied (Bulletin historique de la 
Soc. des Ant. delà Mor., 140* liv., t. VII, p.705), — et nos pro- 
pres travaux : Statistique de Saint-Omer en Î7S0 (Bulleim hist., 
115* liv. t. VI, p. 529) et Saint-Omer en 1789, broch. in-12, 41 p. 
Saint-Omer, D'Homont, 1888. (Bibl. de la ville, 7192-21-4.) 

* Le territoire de la ville et celui de ses faubourgs étaient 
divisés en sections ou connétablies contenant un certain nombre 
d'habitants faisant partie de la milice bourgeoise. En 1477 on 
comptait 14 connétablies, 15 en 1495, et 14 encore en 1677. 

' Ancienne église de 61 mètres de long sur 40 de large, dont 
la première pierre avait été posée le 17 avril 1515 par Jean de 
Sainte-Aldegonde, seigneur de Noircarmes. Elle était voisine 
de la Petite-Place et comprenait tout le terrain ocqppé par les 
maisons construites depuis entre la rue Notre-Dame, de Sainte- 
Aldegonde, la Petite-Place et le Ûégard passant sous la maison 
n* 4 de cette place. 

* L'ancienne mesure locale contenant 100 verges de 20 pieds 
de onze pouces équivalait à 35 a. 46 c. 67. (Enseignements uittes 
etc., faisant suite à VHisloire du droit usuels par Berode. Lille 
1865, p. 58). M. Clément dans son Essai sur les usages locaux du 
Pas-de-Calais, Arras 1856, p. 332, dit moins exactement en 
chiffres ronds 35 ares 47 cent. 



-81 - 

» Au regard des deux presbytaîres et maison pastorale 
» dlcelle paroisse, occupées par les curez, ils sont rensei- 
• gnez au cayer de la conestablie de S** Croix come estant 
» d'icelle connestablie — partant renseing. 

» La chapelle de Notre-Dame située sur le grand mar- 
» ché ' — partant renseing. 

9 L'église et cloistre des prescheurs * en ladite conesta- 
» blerie, enclos de murailles, contenant environ deux me- 
» sures. (70 a. 93 c. 34) ^ p. r.* 

» L'église et cloistre des Religieuses de la Magdeleine 
» diter Repenties, en ladite conestablerie *, contient envi- 
9 ron six quartiers d'héritage — p'. r. Quant à la maison 
p de leur curé, elle est couchée par renseing au cayer 
9 ^ p. r. « 

» L'hospital de S' Jean Baptiste *, avec la chapelle d'ice- 
9 lui en la connétablerie, contient environ six quarts, 
» partant mémoire. 

* L'église parochialle et âtre de S' Sépulchre, en la cones- 
> tablerie en la'tenne rue, contient environ dix quartiers 
9 d'héritages — p. r. Quant aux deux maisons pastoralles 
9 affectez aux curez, elles sont couchées comme exemptes 
» par renseing aud. cayer — mémoire, 

9 L'église parochialle et âtre de S** Marguerite •, en la 

^ C'est la chapelle de Notre-Dame des Miracles démolie 
en 1785. 

* Les DomlDicains établis origiDaîrement hors la porte Boq- 
lenisienne s'étaient fixés dans l'intérieur de la ville de 1479 à 
1481, et leur chapelle avait été consacrée en octobre 1507. 

* p. r. Afin de ne pas répéter constamment les mots : « par- 
tant renseing », nous mettrons p. r, 

* Cette communauté de femmes vouées à l'instruction avait 
son couvent dans la litte rue (de Wfssocq) elle avait été fondée 
en 1480 par Adrien de Wissocq. 

* Fondé par acte du 25 mai 1408 par la famille de Wissocq, 
dans la litte rue. 

* L'église de Sainte-Marguerite, qui n'existe plus, et dont 



- 3â - 

» connestableriedes taoeurs, contient trois mesures et 1/2 
» ou environ (1 h. 24 a. 23 c), — P- r. Les maisons des 
• curez aflecteez aux curez sont renseignez aud. cayer 
» — /). r. 

» L'abbaye et cloistre des dames de S*" Claire % en la 
» conestablerie du brûle, contient environ 2 mesures de 
» terres (70 a. 93 c. 34) — p. r. 

» Le cloistre et couvent des sœurs de S*' Catherine de 
» Sion, hors la porte du haut pont ■, en la conestablerie 
» de Mal vaut, contient environ 2 mes. — p, r. 

» L'église parochialle et âtre de S* Martin, en la cones- 
» tabierie de Tlzele en la ville', contient «nviron une 1/2 
» mesure —p. r. Quant à la maison du curé en lad. cones- 
» tabierie, elle est mi^e par renseing aud. cayer. — p. r. 

»^ L'église parochiale de S* Jean avec lattre, en la cones- 
» tabierie de S' Bertin bas *,con tenant une mesure environ 
» — /}. r. Quant à la maison du curé elle est comme pas- 
» toralle renseignée au cayer — />. r. 

» L'église et couvent des frères mineurs* contient en- 
» viron six quartiers. — pr, 

remplacement est une place publique portant ce nom« avait été 
fondée en 1070. 

^ Le couvent des Clarisses, sœurs mineures de Sainte-Claire, 
ordre de Saint-François, était situé dans la rue Sainte-Claire. 
Elles tenaient des écoles. 

* Appelé plus anciennement maison des Béguines de Malvaut, 
qui embrassèrent la vie religieuse vers 1473. La porte du 
Haut-Pont était aussi désignée sous le nom de porte de Malvaut. 

• C'est l'église de Saint-Martin en Tlsle, située dans Tîle de 
Sithiu, dont l'origine remontait à 1154, la tour d« ce modeste 
édifice avait été reconstruite en 1494. 

* Sur la place Saint-Jean. Cette église démolie a été rem*- 
placée par la Salle de Concerts. 

• C'étaient les Cordeliers. Leur couvent hors la ville ayant 
été démoli en 1477, ils en occupaient un nouveau dans la rue 
Saint-Bertin, et ils y étaient installés depuis 1488. Les Récol- 
lets leur succédèrent. 



— 33 — 

» Uéglise, couvent et abbaye de S' Bertin avec grandes 
» édifices, estans clos de murailles, contenant 10 mesures 
» environ (3 h. 54t a. 67)/). r. 

» Les religieuses et couvent des Sœurs grises^ ont une 
» chapelle, et leur maison enclose en la conestablerie de 
» S* Bertin hault, contiennent environ 1/2 mespre. p. r. 

> L'église parochialle de S* Denis, en la conestablerie 
» de la grosse rue, contient, avec Tâtre, environ 2 mesures 
» (70 a. 93 c. 34). — p. r. Quant aux deux maisons des 
» curez, elles sont mises et couchées par renseing en la 
» conestablerie de la grosse rue — p. r. 

» L'hopiial de Tescoterie Notre Dame au brûle* en la 
» conestablerie du Brûle aux carons contient environ une 
» mesure. — p. r. 

» L'église cathédrale de S* Omer, cloistre et âtre, en la 
» conestablerie de S*' Croix, contient environ quatre me- 
» sures (l h. 41 a. 87 c.) 

» Le cloistre, église et couvent des Sœurs noires' con- 
» tient environ deux mesures d'héritages. />. r« 

» L'hôpital de Nostre Dame du Soleil hors le hault 



* Les S(Burs grises établies dès 1479 dans la rue des Sœurs 
grises appelée aujourd'hai rue Gaventou. Elles tenaient des 
écoles de filles. 

* Cet hôpital occupait dans la rue du Brûle, aujourd'hui rue 
d'Arras, l'emplacement où se trouvait encore au commence- 
ment de C6 siècle l'hôpital Saint-Louis, sur le côté droit de la 
me en allant vers la porte d'Arras. La chapelle était juste en 
face de la rue du Faucon (rue Thiers). Recherches historiques sur 
les éiabiissemenis hospUaUers de la vilie de ScMOmer, par Des- 
champs de Pas. Saint-Omer 1878, p. 103. 

' Les Sœurs noires se consacraient au service des pauvres 
malades eo vilie, et avaient fait bâtir rue des Ck>ncdptionnistes 
un petit hôpital lorsqu'elles eurent obtenu le tiers ordre de 
Saint-François. On les avait appelées antérieurement : « Pilies 
du pain pour Dieu ». * 



— 34 — 

» pont^ contient avec la chapelle environ 'bIx quartiers, r. 

» Nous George Gautran et Jean de Brandt, comis par 
» le roy nostre sire, Claude Andrieu et Jean Bon voisin* 
» pour le Magistrat de la ville et cité de S* Orner, soussi- 
» gnez, déclarons que, suivant le serment par nous fait es 
» mains des officiers de S*. M. et dud. Magistrat respecti- 
» vement,debien, loiaumentet fidellement nous acquitter 
» en cette charge selon que contient le 3** article du rap- 
» port et déclaration que nous ont esté exhibez par pro- 
» priétaires, fermiers ou aultres possesseurs et détemp- 
> teurs des maisons, terres, héritages et autres biens, 
» tant immeubles que meubles de ladite ville et leurs 
» voisinages d'icelle, ayant fait nostre debvoir de sçavoir 
» au mieux que nous a esté possible lesdits biens, que 
» n'avons trouvé autre qu*est octroiez en ceste déclara- 
» tion; Lesquels biens avons estimez et taxez selon ladite 
» ordonnance au plus juste et équitablement que nous a 
» esté possible selon nostre meilleur eschient sans fraude 
» et qu'il est porté cy dessus. 

» En témoins de ce nous avons icy mis nostre seing le 
» vingt un mars 1569. 

» Soussignez : de Brandt, Andrieu, Gautran 
» etBonvoisin. 
> Collation faite à la copie du cayer ». 

(Ms. d'Haffringhes, t. I, f 292 à 295). 



* Fondé vers 1318 par Gailbert de Sainte-Aldegonde, prés la 
porte du Haut-Pont. Sa destination varia, il servit notamment 
d*hospice temporaire en temps de peste ; les Décessités de la 
défense de la place exigèrent sa démolition en 1578, et il hit 
reconstruit aux frais de la famille de 8ainte-Âldegonde dans 
rintérieur de la ville à remplacement qu'occupe aujourd'hui le 
noviciat des Frères (Deschamps de Pas). 

' Jehan Bonvoisin devint procureur de ville en 1597. 



Saint-Omer, Imp. h. d'bomont 



J 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTË DES ANTIOUAIRES DB LA lOMNIB 



COMPTE-RENDU DES SÉANCES 



Séance du 25 Avril 1892. 

Président : M. BUTOR, Président 

Secrétaire-général : M. Paoart d'Hbrmansart. 

M. le Président donne la parole au Secrétaire-général 
qui lit le procès-verbal de la séance précédente ; il est 
adopté sans observations. 

Dons, hommages, échanges* 

— Du Ministère de VInstruction publique : 
Annuaire des bibliothèques et des archives pour 1892. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 
Boulogne sur-Mer (Pas-de-Calais). Bulletin do la Société 

d'agriculture de Tarrondissement de Boulogne-sur-Mer, 
mars 1892, t. XXVIIl, no 3. 

Compiègne (Oise). Pièces rares relatives à Thistoire de 
Compiègne, publiées par la Société historique de Com- 
piègne. — Âlmanach historique de 1789. 

Le Havre (Seine-Inférieure). Recueil des publications de 



— 36- 

la Société Havraise d'études diverses, 58«« année, 
1891, l«'à3»« trimestres. 

Le Mans (Sarthe). Revue historique et archéologique du 
Maine, t. XXX, année 1891, 2™« semestre. 

Paris (Seine). Annuaire de la Société française de numis- 
matique, t. XV, année 1891. 

Revue de la Société des études historiques, faisant suite 
à rinvestigateur, 4°»« série, t H, 50°»« année, 1884. 

L'Investigateur, journal de la Société des études histo- 
riques, ancien Institut historique, année l873.(Complé- 
ment de collection). 

Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 
de rOuest, 4»« trimestre de 1891. 

Rennes (Ille-et- Vilaine). Bulletins et Mémoires de la So- 
ciété archéologique du département d'Ille-ct- Vilaine, 
t. XXI, 1" partie. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d'archéologie et de statistique de la Drôme,année .892, 
avril, 101°>« livraison. 

Valenciennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d agriculture, sciences 
et arts de l'arrondissement de Valenciennes, 43«»*année, 
t. XLI, no» 9 à 12, septembre à décembre 1891. 

— Étrangères : 

Bruxelles (Belgique). Analecta Bollandiana, t. XI, fasc 1. 

Louvain. Analectes pour servir à Thistoirc ecclésiastique 
de la Belgique, t. XI, 1874, {^ à 4«» livr. ; t. XII. 1875, 
ireà 4«» livr. ; t. XIII, 1876, l'*à4«Miv. ; t. XXIII, 1892, 
1'' livr. 

Namur, Annales de la SDciété archéologique de Namur, 
t. XIX, 3"« livraison. 

Genève (Suisse). Mémoires et documents publiés par la 
Société d'histoire et d'archéologie de Genève. Histoire 
monétaire de Genève, de 1792 à 1848, par Eug. Demole, 
t. II, cahier 1 , 6 planches avec 47 figures. 

St'Pétersbourg (Russie). Société impériale d'archéologie 
russe, t. VI, fasc. 4, 1892. 



Washington (Etats-Unis d'Amérique). Annual reportof 
the board of régents of the Smithsonian institution, 
showing, the opérations, expenditures, and condition 
of the institution for the year ending june 30, 1889. Re- 
port of the national muséum. 

Abonnement. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
popti/aires^23"« année, 111 et IV, mars-avril 1892. 

Polybiblion, Kevue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2«« série, t. 35"«, LXIV">« de la collection, 
*"• livraison, avril 1892. — Partie technique, 2^ série, 
t. 18««, LXVIm» de la collection, A^* livraison, avril. 

Parmi ces ouvrages, la Société remarque l'envoi des 
volumes des années 18?3et 1884 adressés parla Revue des 
Etudes historiques, et elle remercie le secrétaire général 
de cette Société d'avoir bien voulu lui faire don de ces 
tomes qui manquaient à sa collection. 

Correspondance. 

\^ Par lettre du 31 mars, M. le Ministre de Tlnstruction 
publique et des Beaux-Arts annonce l'ouverture du Con- 
grès annuel des Sociétés savantes à la Sorbonne, qui est 
fixée au mardi 7 juin. Il invite M. le Président à lui dé- 
signer avant le 10 mai les délégués qui auront reçu man« 
dat de traiter devant le Congrès une des questions du 
programme et à faire connaître à son administration les 
communications écrites ou verbales ne se rattachant pas 
au programme. Il rappelle ensuite qu'une circulaire du 
4 mars dernier avait prescrit de transmettre au ministère, 
avant le ler avril, le manuscrit des communications an- 
noncées par MM. les délégués ; mais il proroge ce délai 
jusqu^au 9 avril, en autorisant môme les auteurs à n'en- 
voyer au besoin, pour cette date, qu'une analyse suffi- 
samment développée de leurs mémoires. 11 termine en 
énonçant les conditions dans lesquelles seront délivrés 
les billets à prix réduits accordés à MM. les délégués. 

La Société décide qu'elle enverra à la Sorbonne, pour 



- 38 — 

la représenter, MM. l'abbé Bled et Charles Legrand, Tun 
vice-président, l'autre secrétaire-archiviste, qui désirent 
prendre line part effective au Congrès, et s'y engagent. 

2* La Société française de numismatique écrivant que, 
forcée de restreindre ses dépenses, elle se voit contrainte 
de cesser réchange de ses publications avec la Compa- 
gnie, M. le Président propose de s'abonner alors à cette 
publication si utile et si intéressante pour la Société, qui 
compte encore dans ses rangs plusieurs numismatistes. 
Cette proposition est adoptée, et le Secrétaire général est 
chargé de répondre dans ce sens à la Société française 
de numismatique. 

3' Le 31 mars. l'Académie d'archéologie d'Anvers an- 
nonce qu'elle accomplira cette année le demi-centenaire 
de son existence, et qu'elle célébrera cet événement le 
fO août à Anvers. Elle invite en conséquence plusieurs 
membres de la Société à se rendre aux fêles et aux excur- 
sions archéologiques qui seront organisées à cette occa- 
sion. Le huitième Congrès de la fédération des Sociétés 
d'histoire et d'archéologie se tiendra également à la 
même époque le 10 août. La Société délègue pour la re- 
présenter au Congrès M. Charles Legrand, secrétaire- 
archiviste» et M. de Bailliencourt, qui fait partie de la 
Société d'archéologie de Belgique,comme membre effectif. 

4° Programme du concours de la Société Dunkerquoise 
pour Tannée 1892. 

5<* Prospectus relative à upe publication intitulée les 
Abeilles politiques et littéraires, qui doit donner un tra- 
vail sur la vieille France ; les diverses sociétés savantes 
sont invitées à y collaborer. 

6® 23 avril. Le Ministre de l'instruction publique an- 
nonce l'envoi d'un ouvrage venant des Etats-Unis d'Amé- 
rique. 

70 La Société d'émulation des Côles-du-Nord demande 
le 24 avril à échanger ses publications avec celles de la 
Compagnie. ^ Adopté. Comme. la bibliothèque possède 
déjà un volume de l'année 1881 de cette Société, il est 



- 39 — 

décidé qu*un lui demaniera de compléter lacoUerotion^on 
olTrant également une partie de celle des Antiquaires de 
la Morinie 

Election de membres honoraires. 

L'ordre du jour appelle le vote sur les cantidatures 
proposées à la séance dernière. Il est procédé à deux 
scrutins successifs. Dom L'Huillier, supérieur des béné* 
dictins de Wisques et M. Paul Dambricourt. demeurant 
à Wizernes, ayant réuni Tunanimité des sufTrages, sont 
proclamés par M. le Président membres honoraires. Avis 
leur sera donné de leur nomination. 
Candidatures. 

MM. Tabbé Bled, Sturne et Legran 1 proposent la can- 
didature comme membre titulaire de M. de Laage de 
BeUefa3'e, qui réside à Saint-Omer. 

M. Pagart d'Hermansart propose comme membre ho- 
noraire M. Gaston de Monnecove, qui habite aujourd'hui 
Radinghem, et qui a été, lorsqu'il résidait à Stint Omer, 
membre titulaire, et a écrit dans le Bulletin 'historique. 
Cette candidature est accueillie avecï une vivo s ilisfuc- 
tion par les membres présents qui avaient toujours ro- 
gretté de n'avoir pu conserver M. G. de Monnecove au' 
nombre de leurs collègues. En conséiuence, MM. Albert 
de Monnecove et Legrand se joignent au Secrétaire-gé- 
néral pour proposer M. Gaston de Monnecove commp 
membre honoraire. 

MM. Pagart d'Hermansart, Tabbé Blolet Butor, pré- 
sentent également la candidature comme membre /lono- 
raire de M. le baron Joseph du Teil» auteur d'un ouvrage 
sur le Village de Saint-Momelin, récemment offert à la 
Compagnie. 

Conformément au règlement, ces trois élections sont 
renvoyées à la prochaine séance. 

Com municat ions. 
M. le Président fait connaître à la Société que, par ar- 
rêté du 7 avril, M. le Maire a constitué une commission 
spéciale de recherches historiques chargée de surveiller 



- 40 - 

les travaux du démantèlement, de recueillir les objets 
intéressants qui pourraient être trouvés, et de centraliser 
tous les renseignements relatifs aux vestiges des anciens 
remparts qui ont précédé ceux dont la démolition va être 
eflectuée. Ont été nommés membres de cette commission 
notamment : M. Butor, président, et M. Pagart d'Her- 
mansart, secrétaire-général de la Société des Antiquaires. 
A sa première séance, la commission a élu son vice-pré- 
sident, elle a désigné M. Butor. 

^M. l'ahbé Bled signale la publication, dans la Nouvelle 
Revue de droit, à Toulouse» chez Privât, de la Coutume 
de Merville, 1307-1359, d*aprés un cartulaire du xiv« siè- 
cle appartenant à la comtesse de Villèle. (V. Revue histo- 
rique, mars-avril 1832, p. 433). Il rappelle qu'en 1883 la 
Compagnie a publié la Ghislede Merville de 1451, dont 
divers extraits ont été lus aii Congrès des Sociétés sa- 
vantes à la Sorbonne le 29 mars 1883 \ et il pense qu*il 
serait intéressant pour la Société de se procurer la cou- 
tume plus ancienne qui vient d'être publiée. — Cet avis 
est adopté. 

Le même membre lit deux lettres envoyées par M. J. 
du Teil : 

L'une est un extrait des Chroniques de VŒU de- Bœuf, 
qui raconte le procès relatif au paratonnerre de Saint- 
Omer en 1780. M. de Vissery y est appelé Vezery, et les 
échevins qualifiés de flamands au lieu d'artésiens-; de 
plus, l'appréciation est malveillante pour ceux-ci et bien 
différente de celle exprimée par Hennebert en 1783 *, et 
db celle émise en dernier lieu par la Société des Anti- 
quaires de la Morinie ' ; mais ce document n'en est pas 
moins curieux, parce qu'il est du temps et reflète une 
opinion, assez généralement répandue alors, et adoptée 
depuis par plusieurs -écrivains. Voici cette note : 

* Mémoires de la Société des Ântiq. de la Morinie, t. XIX. 
« Bulletin id. t. VIII, p. 718-719. 

• BoUetin id. i Vm, p. 657 et suiv. 



- 41 — 

Paratonnerre à Saint-Omer. 

Un procès qui a fait da brait a été dernièrement déterminé 
par la pose d'an paratonnerre. Un M. Vezery de Boisvalé, pro- 
priétaire à Saint-Omer, adopte cette ingénieuse machine ; un 
voisin s'en alarme et le supplie, pour la sécurité du quartier, 
de renoncer à cette dangereuse innovation. Yezery veut faire 
comprendre à l'opposant Terreur dans laquelle il est tombé : 
perte absolue d'éloquence et de démonstrations physique? ; le 
voisin se retire furieux et court faire minuter une assignation. 
Des échevins flamands ne sont pas des savants : ceux de Saînt- 
Oroer ordonnent Tenlèvement du paratonnerre. Yezery obén, 
mais il en appelle au conseil supérieur d'Artois. Ce procès qiri 
intéresse tout à la fois la science et le droit public a été jugé le 
26 juin dans un sens honorable pour cette cour. Le jugement 
des échevins demeure infirmé et le sieur de Boisvalé est auto- 
risé à replacer son paratonnerre. La question a été discutée 
d'une manière lumineuse par un jeune avocat nommé Robes- 
pierre qui, durant trois audiences solennelles, a plaidé avec 
une éloquence, une sagacité et un déploiement de connaissances 
techniques au-dessns de tout éloge : ce jeune légiste ira loin 
si les circonstances le tirent de sa province. 

(Chroniques de l'Œil^'Bœufj 2^ édiiion, Paris, Barba, 1832, 
t. Vm, pp. 351 et 352. 

La seconde communication consiste en deux copies de 
lettres du prince de Gondé en 1788, d'où il résuite qu'il (i.t à 
celte époque, à cause d*un camp qui se tint à Saint*Omer 
en celte année, un séjour à Tabbaye de Saint- Berlin ; M. 
de La plane, dans son Histoire des Abbés de Saint-Derlin, 
t. II, p. 486, mentionne en ellet que le prince, son (ils et 
son petit-iils furent alors reçus à Tabbaye, les lettres en- 
voyées par notre collègue précisent la date de ce séjour. 

Lettres dn Prince de Gondé; camp de Saint-Omer 1788. 

A M. t^abàé de Saint-Bertin, député de la province d'Artois 
"" à la cour ; — 8 juillet. 

Je vous suis très obligé. Monsieur, du logement que vous 



- 42 - 

avez rhonnêteté de m'oCFrir ; je m'y stas trop bien trouvé pour De 
pas Faccepter avec plaisir. Je compte être à Saint-Omer le 31 
de ce mois ; Je serai fort aise de vous y voir ; cependant je ne 
vendrais pas vous déranger et vous donner la peine d'y venir ; 
je vous prie, Monsieur, d'être bien persuadé des sentiments 
d*estime que j'ai pour vous... 

Au même; — 16 jtàllet. 

Je vous avais mandé, Monsieur, que je serais à Saint-Omer 
le 31. Un changement que j'ai été obligé de faire dans tonte ma 
marche me met dans le cas de m'y rendre le 26. Je me hâte* de 
vous en prévenir ; mais je vous prie de nouveau de croire que 
je serais très fâché de vous causer quelque dérangement ; soyez 
toujours persuadé, Monsieur, des sentiments d'estime que j'ai 
pour vous... 

vDa volume des minutes des lettres du princes de Gondé, 
Archives nationales, série K, n* 577, pp. 24 et 25.) 

Lectures 
M. l'abbé Haigneré a envoyé un travail sur : les der* 
niers religieux de l'abbaye de Saint-Bertin, dont le 
Secrétaire-général donne lecture. En 1790, il ne restait à 
l'abbaye que 42 religieux ; l'auteur nous fait connaître ce 
que devint chacun d'eux sous le coup des lois de persécu- 
tion qui troublèrent si cruellement leur existence. La 
Société des Antiquaires possède encore le portrait de 
François Verdevgye, de dom Joscio d'A Hennés ; d'autres 
portraits sont dans quelques familles de la ville, et parmi 
ces religieux, plusieurs, qui sont entrés dans le clergé 
séculier, ont exercé le ministère à Saint-Omer même, 
quelques membres de la Compagnie les ont connus, et 
leur souvenir n'a pas complètement disparu encore au- 
jourd'hui. Aussi cette 'communication est-elle écoutée 
avec beaucoup d'intérêt et sera-telle insérée prochaine- 
ment au Bulletin historique. 

Les frais d'un tournoi en 1459^ dont M. Pagart d'Her- 



— 43 — 

mansart donne aussi lecture, sont des extraits d*un des 
registres aux délibérations du Magistrat et des comptes 
de la ville relaliTs au fameux tournoi de la Croix Pèlerine 
qui eut lieu dans la banlieue de 8aint-0mer en 14'i9, et 
dont ont parlé nos vieux chroniqueurs Mathieu d*Escou- 
chy, Olivier de la Marche, puis M. de Barante et divers 
érudits du Pas-de-Calais et de la Somme. Ces pièces cu- 
rieuses ont aussi Tavanlage de confirmer d'une manière 
précise que ce pas d*armcs eut lieu réellement en 1459, 
date que plusieurs auteurs avaient hésité à a:Imettre. 
La séance est ensuite levée à 5 heures 1/2. 



Séance du 30 Mai 189?. 

Président : M. BUTOR. Président. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hcrkansart. 

La séance s'ouvre à 3 heures 10 minutes par la lecture 
du procès- verbal de la séance précédente qui est adopté. 

Dons, hommages et échanges, 

— Delà part des auteurs : 

La légende de Raoul de Créquy, petit poème en vieux 
français extrait de llHistoire de Fressin, par M. Tabbé 
Fromentin. 

Etudes pour servir à l'histoire et à Tinterprétation des 
noms de lieux, par L. Ricouart. Département du Pas- 
de-Calais, !*■' fascicule, arrondissement (fÂrras. 

Nouveau plan de Saint Omer, 1892, pour servir à Tctude 
des divers projets auxquels donne lieu ou pourrait 
donner lieu le démantèlement de la ville, ofTert par le 
journal VIndépendant. 

— De la part des Sociétés savantes de France : 

Delfort (territoire de). Bulletin de la Société Belfortaine 

d'émulation, n» 11, 1892. 
Dajc (Landes). Bulletin trimestriel de la Société de Borda 

17"^* année, janvier à mars 1892. 



— 44 — 

Niort (Deux-Sèvres). Bulletin de la Société de statistique, 
sciences, lettres et arts du dép* des Deux-Sèvres, t. VIII, 
1891-93, n" l à 3, janvier-mars 1892. 

Orléans (Loiret). Bulletin delà Société archéologique et 
historique de l'Orléanais, t. X, n' 146, S"" et 4»»« tri- 
mestres 1891. 

Paris (Seine). Annuaire de la Société française di nu- 
mismatique, janvier à avril 1892! 

Annuaire-Bulletin de la Société de l'histoire de France, 
1891. 

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. II,. 
4ro6 série, 4™« fascicule, juillet à décembre 1891. 

Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 2">« sé- 
rie, t. IV, 3"« fascicule. 

Bulletin archéologique du Comité des travaux histori- 
ques et scientifiques, année 1891, n^ 3. 

Bulletin historique et philologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, année 1891, n' 5. 

Poitiers (Vienne). Mémoires de la Société des Anti- 
quaires de l'Ouest, t. XIV, 2»« série, année 1891. 

Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1" tri- 
mestre 1892. 

Saint-Brieuc (Gôtes-du-Nord). Société d'émulation des 
Côtes-du-NorJ, lettres, sciences, arts, 1""* année, 1861, 
Bulletins, n- 1 à 4; t. II, 1865, Mémoires; t. lY, 1867, 
Congrès celtique international, séances et mémoires; 
annexes du t. IV, id. ; t. IX, 1872, Congrès scientifique 
de France, id. ; t. X, 1872, id.. Mémoires ; t. XIV, 1877, 
Comptes-rendus et mémoires; t. XVI, 1879, id.; t. XVII, 
1880, id.; t. XVIII, 1881, Etude sur les Celtes et les Gal- 
lois, par P.-L Lemière ; t. XX, 1882 Comptes-rendus 
et mémoires ; t. XXL 1883, id. ; t. XXII, 1^4, Histoire 
de la ville de Saint-Brieuc ; t. XXIII, 1885, Bulletins et 
mémoi es; t. XIV, 1886, id.; t. XXV, Î887,id.; t. XXVI, 
1888, id.; t. XXVII, 1889, id.; t. XXVIII, 1890, id ; 1890, 
Bulletins ; 1891, id. ; t. XXIX, 1891. Bulletins et mém. 
(Complément de collection). 



— 45 - 

Saini'Dié (Vosges). Bulletin de la Société philomatique 

Vosgîenne, l?*»* année» 1891-92. 
Vcilenciennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d^agriculture, sciences 
et arts de Tarrondissementde Valenciennes, 44"»« année, 
t. XLir, no* 1-2, janvier à mars 1892. 
— Étrangères. 

Bruxelles (Belgique). Annales de la Société archéologi- 
que de Bruxelles, mémoires, rapports et documents, 
t. VI, l*^ livraison, mars 1892. 
Gand. Mcsssigerdes sci.nccs historiques ou Archives des 
arts et de la bibliographie de Belgique, l"* livr. 1802. 
Nivelles. Annales de la Société archéologique de Tarrond* 

de Nivelles, t III, !'• pariio. 6">* livraison. 
Zurich (Sai3se). Mittheilungen der antiquarischen Gesel- 
Ischaft, der Gesellghaft fiir vaterlandische alterthiimer 
in Zurich, LVf. 
Amérique, Goncerning i^merican indian Womanhood, 
an ethnological siudy, by wm. Thoraton darker, M. D. 
(Munich). 

M. Gordonnier, nrchivisle bibliothécaire de la ville 
dTpres et membre correspondant, a fait don à la Société 
d un recueil de 18 plans visuels (petit in-folio) datant de 
la fin du xvi® siècle et représentant les sièges d*un certain 
nombre de villes de France, des Pays-Bas et d'Espagne. 
La plupart sont signés Ouerbeeck ou Hubert!. Parmi les 
plans intéressant particulièrement la région du Nord de 
la France, on remarque ceux de Galais, Ardres\ Arras, 

^ « Yray poartraict de la ville et chasteau de Galais ; comme 
la dicte ville a estée prinse par apoinctement par son illastriss. 
Altesse cardinal Albert le 17 d'avril 1596 et le chasteau par 
assault le vingt quatrième ensuivant. — Voy icy le dernier, le 
plus parfaict, et véritable portraict de rassiégement de la ville 
d*Ardres, fait par son Altesse ser"' le cardinal Albert, au 7 de 
may 1596 et depuis par apoinctement pris le 23 dudit mois. » 
Les sièges et prises de ces deux villes ont fait l'objet d'une 



— 46 - 

Cambrai, Amiens et DouUens. Ces plans, assez bien con- 
servés dans leur en'^emble et d'un travail soigné pour 
répoque, constituent des documents précieux pour les 
villes qui viennent d'être mentionnées. — Des remercie- 
ments à M. Cordonnier pour son envoi. 

Pour combler les vides qui eitistaient dans les archiver, 
de la Compagnie, la Société historique et littéraire de 
Tournay a envoyé It volumes de ses bulletins et mémoi- 
res. L'Académie d'archéologie de Belgique, dont le siège 
est à Anvers, a fait parvenir 17 livraisons et la Société 
archéologique de Namur en a également envoyé 2, — 
Remerciements à ces trois Sociétés. 

Abonnements. 

Journal des Savants, mars-avril 1892. 

Revue historique, 17«»« année, t. XXXXIX, I,mal-juin 92. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 23°*« année, V, mai 1892. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2°>« série, t. 35»«, LXIV"»* de la collection,5™' 
livraisons, mai 1892. — Partie technique, 2n»« série, 
t. i8"«, LXVI"»« de la collection, 5"' livraison, mai. 

Revue de VArt chrétien, 24"« année, 4™® série, 1891, t. Il, 
2mf à 6«« livraisons ; 25™e année, S»»'® série, 1892, t. III, 
{T* et 2'« livraisons. 

Correspondance 

[^ La Société havraise d'études diverses annonce le 
le' avril qu'elle adécidé de fêter le centenaire de Casimir 
Delavigne à une date avoisinant le 4 avril 1893 ; et elle 
demande la souscription de la Compagnie pour l'aider à 
ériger un buste de marbre au célèbre poète havrais au 
foyer du grand théâtre du Havre. La situation financière 
de la Société des Antiquaires ne lui permettant pas les 
dépenses de cette nature, elle exprime ses regrets à la 

communication de M. Louis Deschamps de Pas, t. VIII, p. 625. 
Bulletin historique, voir aussi p. 429. 



— 47 - 

Société havraise de ne pouvoir contribuer à cet hommage 
rendu à l'auteur des Messéniennes, de Louis. XI et des 
Enfants d'Edouard, 

2* Une réponse identique est faite à la Société liisto- 
rique et littéraire de Tournai qui, le 10 avril, demande 
pour offrir son portrait à son président, M. le comte de 
> Nédonchel, le concours des Antiquaires de la Morinie. 

3* La Société française d'archéologie tiendra son Con- 
grès annuel à Orléans du 22 au 30 juin, et elle envoie le 
programme des questions qui y seront traitées et celui des 
excursions qui seront effectuées dans les environs de cette 
ville. M. Charles Legrand déclare qu'il représentera vo- 
lontiers la Société des Antiquaires à ce Congrès auquel 
il enverra son adhésion. 

¥ Par une circulaire du 21 mjii, M. le Ministre de 
l'Instruction publique et des Beaux-Arts indiquç l'ordre 
.du jour des séances du 30'' Congrès des Sociétés savantes, 
qui doit ^e tenir à la Sorbonne du 7 au 10 juin 1892. Des 
exemplaires en sont remis à M. l'abbé Bled et à M. Ch. 
Legrand qui doivent se rendre à cette réunion. ^ 

5^ M. l'ubbé Fromentin, en ofTrant des exemplaires de 
la légende de Raoul de Créquy, sollicite une subvention 
de la Société, en rappelant qu'il a obtenu d'elle en 1882 
une somme de 225 francs» il voudrait pouvoir être aidé 
afin de publier un Efisai historique sur Auchy. Les né-» 
cessités budgétaires s'opposent malheureusement à ce 
que cette demande soit accueillie, il sera répondu dans ce 
sens à l'auteur. 

6* Il est donné lecture de deux lettres de Dom L'Huil- 
lier, supérieur des PP. Bénédictins de Wisques, et de 
M. Paul Dambricourt, qui remercient tous deux de leur 
nomination comme membres honoraires. 

Élections. 

Il est ptocédé ensuite à plusieurs scrutins : M. le baron 
Joseph du Teil et M. Gaston de Monnccove, présentés à 



la dernière séance comme membres honoraires, sont élus 
à Tunaniniité. 

M. de Laage de Bellefaye est élu à son tour membre 
titulaire. 

Candidature. 

MM. Pagart d'Hermansart, Butor et Legrand présen- 
tent ensuite la candidature comme membre honoraire de 
M. Quenson de la llennerie, ancien membre du Conseil 
général du [^as-de*Galais,neveu de M. le président Quen- 
son, qui lut président de la Compagnie de 1854 à 1859 et 
de 1862 à 1874, était encore vice-président au moment de 
sa mort, et qui fut un des membres distingués de là So- 
ciété. Cette candidature est accueillie avec beaucoup de 
sympathie et l'élection est renvoyée, conformément au 
règlement, à la séance prochaine. 

Communications, 

M. le Président fait part de la perte regrettable que' 
vient de faire la Compagnieen la personne du baron Dard, 
officier de la Légion d honneur, officief de Tlnstruction 
publique,ancien chef de division au ministère des Beaux- 
Arts, décédé à Aire le 2 mai 1892. M* le baron Dard, qui 
était membre honcraire de la Société, a publié diverses 
notices dans le Bulletin historique en 1869, t. IV, p. 339, 
en 1885, t. Vif, p. 513, dans les Mémoires en 1887 et 1888, 
t.' XX et XXI. On lui doit aussi une Bibliographie histo- 
rique de l'arrondissement de iSaint-Omer, éditée en 1887 
par les Antiquaires de la Morinie. Le regretté membre 
possédait une riche bibliothèque spéciale à TArtois ; c'é- 
tait un érudit, aimable et hospitalier, qui recevait avec 
une réelle courtoisie les savants et les personnes qui 
avaient le désir de consulter ses précieuses collections. 
La Compagnie s'associe à l'hommage rendu par son Pré- 
sident à M. le baron Dard, avec d'autant plus de raison 
qu^elle a rarement possédé un membre honoraire dont 
la collaboration ait été plus active et "plus sérieuse. 



- 4Ô- 

M. Justin Deschamps de Pas dépose sur le bureau la 
table des matières du t. Vlil du Bulletin hi8iorique,q\ïï\ 
a bien voulu se charger de rédiger, M. Duquenoy, qui 
avait Tait celle du t. VII, n*ayant pu, à cause de ses occu- 
pations, entreprendre de nouveau un aussi long travail. 
Des remerciements sont adressés à M . de Pas, qui offre 
de se charger à l'avenir de dresser les tables des matières 
des autres volumes à paraître. La Compagnie lui témoi- 
gne sa reconnaissance pour cette offre, car si les tables 
ont une grande utilité, on sait que leur rédaction est un 
travail long et fa&ti'lieu)^ 

M. Tabbé Bled propose de faire copier à Bruxelles les 
épitaphes intéressant la ville de Saint-Omer, qui se trou* 
vent dans le recueil manuscrit dressé au siècle dernier 
par le chanoine UeIlin^ Cette proposilion semble pouvoir 
être adoptée si les copies fournies présentent un caractère 
d'authenticité bien précis ; et Tauteur de la proposition 
est prié de s'entendre avec la commission du Bulletin à 
cet égard, et aussi pour apprécier la dépense que ce tra- 
vail pourrait entraîner. 

La Société décide ensuite, sur la proposition de son 
Président, qu'elle souscrira, moyennant 20 francs, à Tal- 
bum in i^ du démantèlement de Saint-Omer, qui doit 
comprendre des vues en pholotypie des fortifications 
appelées à disparaître, avec un texte rédigé par M. l'ar- 
chiviste de la ville. 

M. le Secrétaire-archiviste annonce que le tableau rc* 
présentant Benoît Petit-Pas, dernier abbé de St-t3ertin, 
que la Société avait obtenu autrefois l'autorisation de 
déposer à la bibliothèque de la ville, et qui a dû en être 
enlevé à cause des réparations projetées à ce bâtimant, a 
été transporté par ses soins chez M. Herbout. La Com- 
pagnie remercie ce dernier d'avoir bien voulu recevoir 
chez lui ce portrait historique. 

' lis. 812 du fonds Gœthals. (Hellin iD-4'.) 



-bô- 

Lectures. 
M. le comte de Lotsne, récemment nommé membre 
honoraire, en attendant qUMl puisse terminer son travail 
sur le cartulaire de Saint-Barthélémy de 6éthune,envoie 
une étude sur La loi de justice et de coutume de la ville 
de Béthune du 2 mai 1334 Ce travail, dont il est donné 
lecture par le Secrétaire-général, rappelle d'abord les 
premières chartes de privilèges de cette ville qui est ar- 
rivée à la vie municipale sans luttes sanglantes ni récla- 
mations tumultueuses « par des concessions successives, 
9 récompenses de services rendus par les habitants à 
» leurs seigneurs, ou moyens employés par ceux-ci d*é- 
» viter les dissensions populaires » (§ 1) ; puis Tauteur 
expliqueque la charte de 1334 peut être considérée comme 
inédite, parce que les publications qui en ont été faites 
jusqu'à présent ou les extraits qui en ont été produits sont 
très peu corrects (§ 2). Le commentaire complet auquel se 
livre M. de Loisne sur ce document oiïre un réel intérêt. 
11 était nécessaire de classer les articles de la charte dans 
un ordre logique au lieu d'en suivre rénumération.G*est 
ce que Tauteur a fait avec beaucoup de clarté en étudiant 
successivement les échevins, prévôts, mayeurs, et leurs 
fonctions judiciaires, administratives et financières, la 
condition des bourgeois et autres classes d'habitants, 
puis la procédure civile, criminelle et les diverses péna- 
lités. Le travail se termine par des copies de la charte de 
1334 et de celle du 27 octobre 1346 accordant aux habitants 
de Béthune un beffroi avec cloches et prison. 

Cette lecture est écoutée avec un sérieux intérêt par les 
membres présents. L'utilité de la publication de cette 
ancienne charte communale est évidente, car elle fait 
connaître, grâce surtout au lumineux commentaire de 
' notre nouveau et érudit collègue, le régime politique et 
administratif, les mœurs et la vie intime, le degré de 
civilisation, en un mot, où était parvenue au xiv« siècle 
une ville d*Ârtois, qui a su maintenir son importance 
dans les temps modernes. 



-51- 

Un membre fait observer que M. le chanoine Cornet, 
archiprôtre de Béthune, mort il y a dix-huit mois, avait 
commencé ^ faire imprimer un travail sur Thistoire de 
Béthune dont Timpreesion se continue depuis le décès de 
Tauleur. II pense qu'il serait bon de préveoir M.de Loisne 
de cette circonstance et de le prier de sUnformer si cet 
ouvrage ne contient pas ou ne doit pas contenir le texte 
tu extenso de la charte de 1334, ce qui ne permettrait pas 
à la Compagnie de l'éditer. 

M. Charles Deschamps de Pas lit ensuite une note qu'il 
a rédigée à propos d'un plomb trouvé dans l'un des chan- 
tiers du démantèlement de la ville. La description qu'il 
donne, les divers caractères archéologiques qull signale 
et les comparaisons qu'il fait avec d'autres petits monu- 
ments métalliques du même genre Taméneot à penser 
qu'il s'agit d'un des Jetons de présence que Gérard d'Ha- 
méricourt lit frapper en 1569 pour constater l'assiduité 
des chanoines aux ofïices. Cette lecture relative à un des 
premiers objets trouvés pendant les travaux de démoli- 
tion des remparts intéresse beaucoup l.i Compagnie qui 
décide que la note de M Ch. Deschamps de Pas sera in- 
sérée dans le prochain Bulletin. 

La séance est levée à 5 heures 1/4. 

Le Sccrétaire-gènéral, 
PAGAHT p'HERMANSART. 



-|52 — 



OUVRAGES OFFERTS 

Intentaire des reliques^ joyamx et ornements de la chapelle de 
JV.-B. deiMiradee à SoM-Omer en 1559. par M. Pagart d*Her- 
roansart, broeh. io-So, 16 pp. (Extrait da BoUetia archéo'ogi- 
qae do Comité des travauic hisioriqaes). — Ce sanctoaire, qai 
eiista de 1904 à 1785, possédait aoe magaifiqae statue de bois 
de la Vierge qai attirait de nombreaz pèlerios ; ea 1559, on 
transféra de la collégiale qaelqaes reliquaires à la trésorerie 
de la chapelle, et l'on fit en même temps lloveotaire dont il 
s'agit, m Ce qui constitue Poriginalité de cet inventaire, dit 
» M. Darcel, le savaot directeur do Masée de Cun^, M^9 le 
» rapport qui précède le texte, c'est qa'étant celui du trésor 
» d*une chapelle de pèlerinage, il note, après an grand nombre 
»■ de reliquaires de formes variées, un plus grand nombre de 
» menus objets déposés par les pèlerins. » 



Un plomb de Tabbaye de Saint-Bertin 

(CommonicatioD de M. Charles Descbamps de Pas). 



Les travaux de démantèlement de notre ville 
viennent de mettre au jour un plomb trouvé der- 
rière les ruines de l'abbaye de Saint-Bertin. Ce 
plomb a été ramassé par la commission des re- 
cherches historiques et sera déposé au musée de 
la ville. En voici la description : 

A* droite, un homme à mi-corps, portant un 
costume de moine, tient les mains jointes dans . 
l'attitude de la prière. La tête est levée dans la 
direction d'une statue placée devant lui. Cette 
statue a la tôte couverte d'un voile et les mains 
croisées sur la poitrine. Au-dessus de la tôte du 
moine qjielques lettres complètement illisibles. 

i^ Dans le champ, un écusson portant les ar- 
moiries de l'abbaye de Saint-Bertin, qui sont : de 
gueules, à une escarboucle pommetée et fleurde- 
lisée d'or, excepté la branche du milieu qui est 
terminée en crosse aussi d'or. • ^ 

11 est à remarquer dans ces armoiries, contrai- 
rement à ce que Ton voit d'ordinaire, que la 
volute de la crosse est tournée à droite. Mais l'on 
trouve sur un jeton \ frappé sous l'administration 
d'Antoine de Bergues, abbé de 1492 à 1531, la vo- 
lute de la crosse placée de cette manière. 

* Mémoires de la Société des ArUiq, àe la Momie, t. Il, pi. YII4 



- 54 — 

Outre les caractères archéologiques, les armoi- 
ries vont encore nous fixer d'une manière certaine 
sur Tôpbque où ce plomb a été frappé. En effet : 
« l'abbaye de Saint-Bertin, dit M. Hermand, ne 
» prit d'armoiries qu'en 1315, encore furent-elles 
» variables jusqu'en 1408, qu'elle adopta l'escar- 
» boucle avec bordure. Cette bordure ne dura pas 
» un quart de siècle, elle fut abandonnée jusqu'au 
» commencement du xvii« siècle, époque où elle 
» est devenue et s'est jusqu'à la fin conservée de 
» rigueur dans les armoiries de cette abbaye \ » 

C'est donc, comme on peut le voir, dans la se- 
conde moitié du xvi« siècle que ce plomb a été 
frappé. 

Cette pièce diffère complètement de toutes celles 
connues jusqu'ici, et qui servaient, au dire de 
MM. A. Hermand* et L. Deschamps de Pas*, pour 
les distributions manuelles, elles avaient une va- 
leur proportionnelle entre elles et relative h la 
monnaie ordinaire. 

Nons aurions donc sous les yeux un des jetons 
de présence que Gérard d'Haméricourt fit frapper 
en 1569 pour constater l'assiduité des chanoines 
aux offices. Nous trouvons, en effet, dans le grand 
Carlulaire, le passage suivant * : « Il (Gérard d'Ha- 
» méricourt) fait fabriquer une certaine monnoye 
» pour flistribuer aux présents qui assisteront 
» aux offices du chœur, w 

Le moine en prière devant la statue de la Vierge 
vient également à l'appui de notre supposition, 

' Mémoires de la Société des Antiq. de la Morinie, t. II, p. 295. 

• Mémoires de la Société des Antiq, de la Morinie, t. II, p. 294. 

• Revue de la nmmsmatique Belge^ t. V, 4" série, p. 12. 

• Grand Cartulaire, t. IX, sqppl. 



- 55 - 

car il n'est pas probable que Ton se fût servi d'un 
sujet religieux pour des jetons destinés aux dis- 
tributions manuelles dont nous venons de parler. 
Quoi qu'il en soit, ce plomb peut être attribué 
sans aucun doute à l'abbaye de Saint-Bertin, et il 
est à espérer que la découverte d'un second plomb 
nous permettra de lire la légende et d'affirmer 
positivement ce que nous avançons aujourd'hui. 



U LOI DE JUSTICE ET DE GODTDIE 

DE LA 

Ville de Béthune, dû 2 Mai 1334. 



I 



A la différence de la plupart des villes de l'Ar- 
tois, d'Arras et de Saint-Omer notamment \ 
Béthune n'a pas eu de charte de commune, à 
proprement parler. Heureuse sous l'administra- 
tion paternelle des avoués de Saint- Vaast, elle n'a 
connu ni les luttes sanglantes, ni les réclamations 
tumultueuses, et elle est arrivée à la vie munici- 
pale par des concessions successives, récompen- 
ses de services rendus par les habitants à leurs 
seigneurs ou moyens employés par ceux-ci d'évi- 
ter les dissensions populaires. Pas de commune 
jurée. La charte d'Eudes du 27 octobre 1346 % qui 
concède aux habitants de Béthune un beffroi 
avec cloches* et prisons, s'exprime formellement 
à ce sujet : « Et est assavoir que nostre entente 

^ La charte communale d'Arras est, on le sait, de 1194; 
celle de Saint-Omer, de 1127. 

* Arch, mt. Trésor des chartes JJ 76 n» 19. Nous donnons 
cette charte en appendice, à la fin de notre travail. 

' Les cloches étaient le signe des franchises communales. 



— 57 — 

n'est pas, ne nostre voulenté, que par la conces- 
sion faite aus eschevins, prévost, maïeur et habi- 
tons de ladicte ville, par la teneur de ces pré- 
sentes, commune leur soit ottroyée ou donnée )>. 
Ces concessions gracieuses^ de « libertés et de 
franchises » portent exclusivement sur la jouis- 
sance de certains biens ou de certains droits, sur 
la juridiction et sur l'administration. 

Les premières chartes de privilèges dont nous 
ayons connaissance sont celles de Guillaume II 
de Béthune, dit Le Roux, de 1202 * et de 1210 \ 
confirmées et étendues par Daniel, son fils, en 
1215 * et 1222 *, et par Eustachle, femme de Da- 
niel, en la môme année *. 

Par le premier de ces actes, Guillaume recon- 

' « Pour garder et nourrir perpétuelment pais et vraie amour 
entre nous, uoz gens et les gens de nostre dicte ville et pour 
oster toutes manières et causes de destort et de discencion )>, 
porte le préambule de la charte du 2 mai 1334. 

• Arch, dép. du Pas-de-Calais. — Fonds de Saint-Barthé- 
lémy, c*" I, liasse 3, original — ilnd, Carlulaire de Saint-Bar-- 
thélemj, [* 20, r*. ~ Imp. Duchesne. Hist. généal. de la maison 
de Béthune. Preuves p. 83 et 84 (incomplet et incorrect.) 

• Arch, nat, K 27 n* 30, mg, sur parchemin dont les sceaux 
ont été coupés. — Ib,, JJ 76, vidimus confirmât if de Philippe VI. 
— Arch. municip. de Béthune AA 4. — Imp. incorrectement dans 
Duchesne, loc. cit. preuves p. 86. 

• Arch. nat. Trésor des chartes JJ 76, n» 111. — Arch. mun. 
de Béthune AA 4. — Imp. inexactement dans Duchesne, loc. 
cU. p. 95. 

■ Arch. nat. K 1145n* 23, orig. dont le sceau a été enlevé. — 
Imp. Duchesne, loc. dt. p. 125. 

• Arch. municip. de Béthune AA 1, orig. — Arch. nat. JJ 76, 
n* 111, vidimus confirmalif de Philippe VI. — Duchesne, loc. cit. 
p. 106. 



. - 58 — 

naît par devant le prévôt, le chapitre de Saint- 
Barthélémy et les échevins de Béthune, qu'il n'a 
aucun droit sur la recette de la Gauchie \ que 
c'est à tort que son père et lui s'en sont emparés, 
que celle-ci doit être affectée à l'entretien des 
chaussées, des gués, des ponts et des portes de 
la ville, et que, s'il y a un excédant, on doit l'em- 
ployer aux fortifications. 

Cette charte prouve que la ville de Béthune pos- 
sède, dès cette époque, des magistrats munici- 
paux, scabinij et qu'elle a des revenus qui lui sont 
propres. La charte de 1210 est plus explicite. Guil- 
laume déclare que jamais les échevins, bourgeois 
et autres habitants de Béthune, ne pourront être 
soumis à la loi d'une autre ville, ou répondre des 
dettes de son seigneur ou de celles d'autrui *. Il 
abandonne de plus, ad utilitatem communitatis 
villCj la jouissance des pôturages qui touchent à 
la ville, ù l'exception du bois Ricard et des prés 
de Jean d'Annezin. Ce sont, d'après la charte con- 
flrmative de Daniel du mois de décembre 1215, le 
marais du Pont des Vaches, entre les fossés du 
château et les murs de Béthune, le marais du 
Brûle, près de Saint-Pry, les prés aux Chênes 
(ad quercus)j sur les bords du riyage, les pâtu- 
rages qui s'étendent entre la chaussée de Catorive 
(Gantanvrive) et le pré l'Avoué. 

^ On appelait Gauchie, collecta cakeie, les droits de péage pour 
reotretien des chaussées de la ville et de la banlieue. (Cf Lo- 
riquet. Caliiers de doléances de 1789. Glossaire, p. clviu). 

* « Concessi scabinis et burgensibus meis Bethunie et toti 
ville, quod nunquam de cetero, ego, vel hères meus, mittam. 
illos in jure vel lege alicujus ville, nec abandonabo pro meo 
debito vel alieno. 



- 90 — 

Le communitas ville, c'est, ainsi que Ta défini 
M. GiryS «l'ensemble des habitants de la ville 
soumis aux mêmes charges et jouissant des mô- 
mes prérogatives. » Cette communitas comprend 
des bourgeois privilégiés et des habitants qui 
n'ont pas encore été admise la bourgeoisie. Elle a 
à sa tête des échevins chargés de gérer les affaires 
de la ville d'après ses propres lois '. 

Mais, en réalité, la première charte constitutive 
des libertés de la ville de Béthune est celle de 
Daniel de Béthune, du mois de mai 1222. Comme 
la précédente, elle reconnaît aux échevins le droit 
de traiter de toutes les affaires de la ville et elle 
ajoute 5 ce droit celui de connaître des délits qui 
y sont commis. A la justice * seigneuriale le droit 
de poursuivre, à l'échevinage celui de juger. L'une 
remplit les fonctions de notre ministère public, 
Uoutre réunit la compétence de nos tribunaux de 
simple police, de police correctionnelle et de nos 
cours d'assises. Le seigneur fait citer le coupable 
aux plaids de l'échevinage par son prévôt (prepo- 
situs) ou bailli, par un de ses sergents ou huis- 
siers (nuncius) ou par les échevins eux-mêmes. 
S'il fait défaut, les échevins prennent néanmoins 
connaissance du délit et prononcent une con- 
damnation en rapport avec sa gravité. La justice, 
qui a le droit de détenir les*prévenus en prison 
préventive, geut aussi les mettre en liberté sous 

^ Histoire de Sainl-Omer, p. 164. 

* « Prœterea omnîa négocia ad scabinalum pertinencia, lege 
scabinorum debent tractari, nec debeo nec possum contradi- 
cere. r> 

■ On appelait jvstice : le bailli (baiUiu, baiUieu, hailUf), son 
lieatenaot et ses sergents. 



— 60 - 

caution % mais à la condition que cette caution 
soit déclarée suffisante et acceptée par les éche- 
vins • ; si la justice en réclame d'autres, ejle doit 
se contenter de celles qui ont été données avec 
l'acceptation des échevins, et ceux-ci ne peuvent 
pas être inquiétés pour leur décision à ce sujet. 



II 



Ratifiés par Robert VII de Béthune, frère et suc- 
cesseur de Daniel, en juillet 1228 ' et en mai 1265 *, 
et par la comtesse Mahaut le 10 août 1311 *, après 
sa prise de possession de la seigneurie de Bé- 
thune', ces privilèges suffirent pour faire vivre les 
habitants de Béthune en paix avec leurs seigneurs 
pendant plus d'un siècle. Il faut le reconnaître 
pourtant, ces chartes étaient peu explicites et des* 
concessions verbales ou des usurpations tolé- 

^ Il s'agit ici d'une caution personnelle ou pZci^c. La caution 
pécuniaire ne paraît pas avoir été admise. 

* (( Prœterea si ego vel justicia mea velimus habere plegios, 
vel de clamoré, vel de forefacto, tenere nos debemus ad taies 
plegios quos scabini dicent esse sufEicientes. » 

* 'Arch, nat. Trésor des chartes, vidimus de Philippe VL — 
Arch. de Béthune. Reg. aux privilèges AA4. — Imp. Duchesne, 
loc. cit. Preuves, p. 124. 

* Arch, de Béthune, loc. cit, 

* Arch. nat. et Arch. de Béthune, loc. dt. 

* Béthune, qui était en la possession de Philippe le Bel de- 
puis 1299, lut cédé par ce roi à la comtesse Mahaut en échange 
de 1131 livrées de terre en Bourgogne, en décembre 1311. (Arch. 
nat. Layettes du trésor des Chartres J 254 B n* 71, orig. scellé 
d'un sceau de cire jaune sur double queue de parchemin.) 



^ 61 — 

rées, la tradition, la coutume avaient dû compléter 
ces actes solennels. De là matière à de fréquentes 
contestations de la part des baillis \ ces représen- 
tants jaloux et redoutés de l'autorité seigneuriale *. 
Il était dès lors nécessaire de fixer par écrit ces 
« loys, franchises, us et coutumes » que la. com- 
tesse Mahaut avait juré de respecter sans les 
définir. Profitant de Tavénement de Jeanne de 
France * au comté d'Artois, les « échevin, maïeur, 
hourgois et habitans » de la ville de Béthune adres- 
sèrent une supplique à leur nouvelle « dame » et 
au duc de Bourgogne, son mari, tendant à faire 
déterminer par une enquête et à consigner ensuite 
par écrit « la vérité des usages et coustumes, li- 
bertés et franchises dont les gens de Béthune ont 
è coustume et à us, anchiennement, nottoire- 
ment, publiquement et paisiblement. » Cette en- 
quête aboutit à la charte du 2 mai 1334 qui cons- 
titue la véritable Loi de justice et de coutume de 
la ville de Béthune. Cette charte, transcrite sur 
quatre registres des archives municipales *, est 
vidimée et confirmée dans l'ordonnance de Phi- 

^ V. sur les Baillis d'Artois au xiu* siècle : Richard, introduc- 
tion au t. II de V Inventaire des Chartes d'Artois, 

* Cf. d'EèrkonriyDict.hisi.etarch.duPaS'de'Calais^^èihune, 
f. II. p. 57. 

' Jeanne, filleainéo de Philippe le Long et delà reine Jeanne, 
mariée en 1318 à Eudes IV, duc de Bourgogne, entra en pos- 
session du comté d'Artois et de la seigneurie de Béthune, qui 
en faisait partie à cette époque, à la mort de sa mère (21 jan- 
vier 1330). Le Dictionnaire historique et archéologique {locn cit, 
p. 58) commet une confusion en assignant le 2 mai 1334 comme 
date à cet événement. 

* Registres cotés AA2, AA3, AA4 et AA5. 



-. 62 - 

lippe VI du mois de janvier 1347, transcrite au 
Trésor des charte$, sous la cote JJ 67 no 109. Il y 
a lieu de la considérer comme inédite, quoiqu'elle 
soit insérée dans le Recueil des chartes et titres 
concernant les fonctions des grands baillis de la 
province d'Artois, « Ce recueil, dit à juste titre 
M. d'Héricourt, qui du reste est fort rare, a été 
imprimé au siècle dernier dans un but judiciaire. 
Les textes y sont tronqués ^ pour servir au gain 
de la cause et les copies dont on s'est servi étaient 
si inexactes que les plus grossières erreurs s'y 
sont glissées \ » Aussi cet érudit, de regrettée 
mélnoire, avait-il l'intention de publier ce docu- 
ment, comme pièce justificative de son histoire 
de Béthune. Ce projet n'ayant pas été mis à exécu- 
tion ', nous pensons qu'il y a là une lacune à ré- 
parer pour notre histoire locale \ Mais avant de 

^ Dict, hisL etarch. du Pas-de-Calais, Béthune, 1. 1, p. 61, 
note. 

* M. d'Héricourt s*est borné à analyser la charte, en suivant 
l'ordre des articles, qui se suivent sans lien logique (loc, dl. 
p. 58). 

^ En publiant ce document, Tun des plus importants de l'his- 
toire de Béthune, nous répondons au désir exprimé par M. le 
chanoine Haigneré, notre éminent collègue, dans le t. VIII, 
p. 36, du Bulletin historique de la Société des Antiquaires de la 
Morinie. « Les anciennes lois communales sont, dit-il, les 
documents les plus précieux que nous possédions sur le passé 
historique de notre pays. Sans elles, nous ne connaîtrions 
presque rien du régime politique et administratif, des mœurs 
et de la vie intime, ou, pour mieux dire, du degré de civilisa- 
tion qu'avaient atteint les générations qui nous ont précédés.... 
Publions à Tenvi les chartes communales de nos contrées res- 
pectives. Il y a trop longtemps qu'elles sommeillent dans le 
secret des archives. » 



- ôâ - 

donner le texte du vicUmusdxi Trésor des chartes, 
qui, à défaut de Voriginal, présente les garanti3s 
d'une copie presque contemporaine absolument 
exacte, nous croyons devoir présenter le commen- 
taire méthodique de ce document important. 



III 



A la tête de l'administration municipale, nous 
trouvons un conseil composé d'échevins, d'un 
prévôt et de majeurs; dans la ville : des habi- 
tants privilégiés et d'autres qui ne le sont pas. 
Comment sont nommés ces échevins, ce prévôt, 
ces mayeurs? Quelles sont leurs fonctions? 
Quels senties privilèges attachés 5 la qualité de 
bourgeois ? Par quels moyens Tordre et la justice 
sont-ils maintenus dans le territoire municipal? 
Telles sont les questions auxquelles nous répon- 
drons à l'aide de la charte qui fait l'objet de ce 
travail, complétée par quelques documents tirés 
des archivas municipales de Béthune. 

Echevins* — Prévôt» — Mayeurs* 

lo Leur mode (Sélection, — L'échevinage, com- 
posé de dix membres est ainsi constitué : chaque 
année à la Saint-Thomas', cinq échevins sortent 
décharge; les cinq restant élisent des rempla- 
çants et les présentent h l'agrément du bailli. 
Celui-ci a huit jours pour les reprocher. S'il n'use 
pas de ce droit, les nouveaux échevins sont défi- 
nitivement élus. S'il en use, on recommencel'élec- 

^ 21 décembre. 



-64- 

tien. De plus, en acceptant les échevlns qui lui 
ont été présentés, il peut révoquer l'un d'entre 
eux et le remplacer par une personne dé son 
choix. 

Dès que les cinq éclievins entrants sont défini- 
tivement nommés, ils prêtent serment * entre les 
mains du bailli, et, si dans le cours de l'année 
l'un d'entre eux vient à manquer, ses collègues 
le remplacent et présentent le nouvel élu à l'a- 
grément du bailli, comme il a été dit précédem- 
ment (Artl). 

Ces dix échevins ont à leur tête un prévôt et 
deux mayeurs. Ceux-ci sont- élus chaque année 
le vendredi de la Pentecôte « par le conseil et le 
commun d'icelle ville », c'est-à-dire par les éche- 
vins et pur tous les habitants. (Art. 2). On peut 
donc dire d'eux qu'ils sont le produit du suffrage 
universel. Comme les échevins, avant d'entrer en 
fonctions, ils prêtent serment *. 

2» Fonctions du prévôt et des mayeurs, — D'a- 
près l'article 2, les fonctions du prévôt et des 
mayeurs consistent à avoir « au pourffit publique 
de toux ceuls de la ville et de toux les habitants 
en ycelle.... regart, garde et correction sur tous 
les veneus qui se vendent en ladite ville. » 

Ils sont doncà la fois inspecteurs des marchan- 
dises, denrées et comestibles quelconques qui se 
vendent dans la ville et juges des contraventions 
commises par les vendeurs. De plus, d'accord 
avec les échevins, ils doivent pourvoir au bi^n- 
être général, à la prospérité de la ville, assurer sa 

* On trouvera la formule de ce serment aux archives muni- 
cipales de Béthune. Registi*e AA 4. 

• Ibid, Registre BB 1 , vers la fin. 



• Ô5- 

tranquillité et la défendre contre les ennemis du 
dehors aussi bien que contre les perturbateurs 
du dedans. 

30 Fonctions des échevins. -— Mieux définies, les 
fonctions des échevins sont à la fois législatives, 
judiciaires, administratives et financières \ 

Fonctions législatives. — Les échevins inter- 
prêtent, fixent, complètent ou modifient la cou- 
tume. Ils font de plus dans la ville des règlements 
de police ou de voirie et requièrent la justice, 
c'est-à-dire le bailli et ses officiers, d'assister à 
leur publication et de les faire exécuter. (Art. 16). 
« Sorte de législateur dans une petite Républi- 
que, ditTaillar*, ils portent les règlements que 
rendent nécessaires les besoins de tous les jours, 
recueillent et constatent les usages locaux et veil- 
lent à l'observation de toutes les parties de la lé- 
gislation. » 

Ces règlements ou ordonnances qui portent le 
nom de Bans \ sont nombreux. Nous citerons 
ceux de la « justice de la cille de Béthune », qui 
forment une véritable coutume, les bans sur les 
taverniers, les desquierqueurs ou déchargeurs de 
vins, les courtiers des bétes, les barbiers, les tls- 
serans, foulons et tondeurs, les couturiers ; sur 
\e fait de l'argent, l'étain, la cervoise, le blé, le 
cuir, les laines, la draperie, etc., *. 

* Noas ne parlons pas des attributions dos échevins au point 
de vue militaire, la charte d*Eudes étant muette à ce sujet. 

* Racueil d'actes en langue romaine. Introduction, p. clxviii. 

' Ces ordonnances étaient appelées bans de barmum, procla- 
mation, parce qu'elles étaient bannies, c'est-à-dire publiées à 
haute voix à la bretèche de la halle. 

* Archives comm, de Béthune AÂ 2. 



l 



^ Fonctions judiciaires. — Dans le territoire mu- 
nicipal, c'est-à-dire dans la ville et la banlieue, les 
échevins ont la haute et basse justice. Ils connais- 
sent à ce titre de tous les crimes, délits et contra- 
ventions, et leur juridiction s'exerce non seule- 
ment sur les bourgeois, mais encore sur toutes 
les personnes domiciliées dans le ressort de la 
cité (art. 3). Cette compétence ne subit d'excep- 
tions que pour les cas suivants, qui sont réservés 
à la justice seigneuriale : 

lo Délits commis par les officiers et gens du 
seigneur, sauf si ces officiers ou gens sont in- 
vestis de fonctions municipales, telles que celles 
de prévôt, mayeur ou échevln (art. 22). 

20 Délits dont les gens, du seigneur ont été vic- 
times (art. a). 

30 Délits de pêche et de chasse dans les étangs, 
viviers, bois et domaines du seigneur (art. 3 et 22). 

Si le bailli ou tout autre officier seigneurial in- 
tente un procès en dehors de ces cas, il doit se 
désister .(art. 4*). 

Les échevins, ayant la haute justice,prononcent, 
s'il y a lieu, la peine de mort ou du bannissement; 
si cette dernière peine a été encourue pour crime, 
le seigneur ne peut pas rappeler le banni sans un 
avis conforme des échevins ; il le peut dans les 
autres cas^ après s'être informé, auprès des éche- 
vins, de la cause du bannissement (art. 13). 

Les officiers seigneuriaux ne peuvent opérer 
d'arrestation qu'en présence des échevins,à moins 
que ce soit pour crime ou pour flagrant délit, . et 
même dans ce cas, c'est devant leur tribunal que 
sera conduit le coupable avant d'être emprisonné 
(art. 19). 



Comme mieux vaut prévenir que punir^les ëche- 
vins font cesser les querelles entre les bourgeois 
en leur imposant \apaix * ouune trêve (art. 26 et 
34.) Ceux qui sont ainsi en trêve avec autrui doi- 
vent se présenter deux fois par an devant Péche- 
vinage, à la Saint-Jean-Baptiste et à VÉplphanie, 
pour renouveler leur trêve. Ils ne peuvent être in- 
quiétés, pendant ce temps, que s'ils sont coupa- 
bles d'un crime ou d'une rupture de ban (art. 35). 

Les échevins étaient juges en premier et ea der- 
nier ressort ; leurs sentences ne pouvaient pas 
être frappées d'appel. De là pour eux une grande 
responsabilité morale, sinon pécuniaire. Aussi, 
pour mettre leur conscience en paix, pouvaient- 
ils, dans les cas douteux ou difficiles, aller pren- 
dre l'avis de leurs collègues d'Arràs (art. 30). 
« Cet usage, dit M. Giry, d'aller demander à la. 
grande ville l'interprétation des coutumes qu'on 
lui avait empruntées et de consulter son échevi- 
nage dans les questions difficiles, avait créé des 
rapports de subordination. La grande ville fut dite 
« ch^de sens » de celles qui lui avaient emprunté 
sa loi, et celles-ci eurent le droit d'aller à kerke ou 
à sens à son échevinage *. » 

Fonctions administratives, — Les échevins re- 

^ La paix était imposée entre le coupable et sa victime, 
moyennant une certaine somme d'argent : « De Tassart deBeu-* 
gin, dit Traîne Waine, à qui le bailli mist sus qu'il avoit fait 
await (guet-apens) sus bourgois de Béthnne, pour se pais..'.é 
umlb. » — « De Jakemart de le Becke... pour se pays, pour cou 
qu'il estoit clers et pour cou qu'il est poures.... xvi Ib. » (Bib. 
nat. m. s. s. fonds Colbert, 1. 188, pièce 39. Compte du terme de 
de la Toussaint, 1328). 
•• Histoire de Sami-Omer, p. 198. 



— 68 — 

présentent la ville dans les procès qu'elle intente 
ou dans ceux qu'elle a h soutenir. D'une façon 
générale, ils ont l'administration de tout ce qui 
lui appartient. Ce sont eux qui afferment les pro- 
priétés communales et qui passent tous les mar- 
chés qui concernent la ville \ Ils pourvoient aux 
travaux publics, à l'entretien des édifices munici- 
paux et ont la police des lieux et établissements 
publics *, des rivières, du rivage et de tout ce qui 
concerne la navigation '. 

Ils réglementent tous les corps de métiers ainsi 
que les divers produits et nomment des gardeurSj 
eswarts, égards ou esgards, sortes d'inspecteurs 
chargés de vérifier la qualité, la loyauté dès mar- 
chandises, et de faire appliquer strictement les 
bans qui les concernent. Tous les ans,ces eswarts 
sont renouvelés *, s'il y a lieu ; et on doit en indi- 
quer le nom au seigneur qui peut ne pas accepter 
le choix des échevins. S'il l'accepte, les élus prê- 
tent serment devant le bailli (art. 27.) 

Fonctions Jlnancièr es. — Les échevins, de l'avis 
du prévôt, des deux mayeurs et des mayeurs des 
geudes\ lèvent, quand ils le jugent nécessaire, 

* Arch, corn, de Béthune. Reg. BB2 et s". 

' y. Dotamment le ban sur le fait des taverDiors(Arch. inun. 
AA2). 

' Arch, corn. DD6 : Extraits des bans et ordonnances u sur le 
fait et gouvernement de la rivière. » — Ib. AA2 : Bans sur le 
rivage, sur le gouvernement de la rivière et des ruisseaux. 

* V. les registres BB26, 27 et 28 (invent, des arch. com. de 
Béthune, série BB, p. 11, col. 1 et 2). Ces registres sont relatifs 
à la création des échevins, mayeurs, prévôts, eswards et autres 
ofHciers municipaux. 

* G^ide, gelde, ghilde^ association, compagnie, confrérie, d'où 



une taille sur tous les bourgeois, proportionnel- 
lement à leur fortune % pour subvenir aux charges 
de la ville ou pour en payer les dettes (art. 31). Ils 
peuvent également créer des rentes viagères et les 
vendre, d'accord avec le commun, dans les limites 
fixées par le conseil de la ville (art. 32) Ils enjoi- 
gnent aux habitants de payer.à jour fixe ce qu'ils 
doivent à la ville, sous peine de 60 livres d'amende 
au profit de celle-ci ; cette amende peut même être 
augmentée de l'avis du bailli (art. 17). 

Bourgeois et autres classes d'habitants* 

En dehors du magistrat ^ de la justice, des Som- 
mes du seigneur, l'on distingue parmi les habi- 
tants une première classe privilégiée : les bour-* 
geois. Après eux viennent les forains autorisés à 
résider dans le territoire municipal, astreints aux 

geldon, compagnon. Chaque corporation ou corps de métiers 
avait ses mayears ; c'est d'eux qu'il est ici question. 

* La détermination de la fortune des bourgeois est faite 
d'après leur déclaration, sous la foi du serment. Toute fausse 
déclaration est punie d'une forte amende : « De Jakemon le 
Hardj, roary à le femme qui fut Bertoùl Dodée et de Jehanne 
Dodey, fille dudit Bertoul, à qui li bailliu dist que ou temps 
que le dis Bertous vivoit il fu appelés as iaillea de le ville de 
Bétbane faire, et li fu demandé la valeur du sien, lequel cose il 
dist et le jura, et le surplus dist que se on le pooit trouver 
que il le donnoit à Madame; pourquoy li baillius pour madame, 
tantost qu'il le set, dist que le somme qu'il avoit raportée et 
jurée en le haie que il li bailleroit, et le surplus voioit avoir et 
retenoit pour ma dicte dame, et mist main par tout ces biens 
d'ycelui... pour leurpais, par accord fait vi" Ib. ». —120 livres, 
soit 6069 fr. 60 de notre monnaie actuellje. (B. N. m. s. s. Fonds 
Colbert, 1. 188, pièce 39. Compte de la Toussaint 1328.) 



-M - 

charges locales, mais ne bénéficiant que d*unô 
partie des avantages inliérents à la qualité de 
bourgeois. Ils sont compris dans les chartes sous 
l'expression autres habitants ou Manans^ (art. 37). 
Enfin il y a des étrangers frappés du droit d'au- 
baine au profit du seigneur et môme des serfs, 
puisque la coutumQ signale comme délit l'injure 
consistant à apostropher du nom de serf un indi- 
vidu qui, ne Test pas (ait. 10). 

On est bourgeois : 

lo Par la naissance. L'enfant du bourgeois jouit 
d'un certain nombre des privilèges de son père, 
pendant sa minorité : « Se. aucun bourgois ou 
bourgoise, ou aucun enfant de bourgois », est-il 
dit dans les textes •. A Tûge de vingt-cinq ans, il 
peut réclamer la bourgeoisie pourvu qu'il réu- 
nisse les conditions suivantes : 

a) Qu'il soit né en légitime mariage ou légitimé 
par mariage subséquent. 

b) Qu'il ait été domicilié dans la ville pendant 
un an et un jour. 

c) Qu'il y possède une maist^n ou ait été reçu 
maître d'un métier. 

d) Qu'il paie le droit de bourgeoisie. Dès que ce 
droit est payé, il est inscrit sur le livre des bour- 



* Manans, dit Bouteiller, sont ceux qui demeurent is villes 
et citez qui n*ont prins la franchise de la bourgeoisie, desquels 
qui bourgeois ne sont pour ce, ne demeure que ils ne soyent 
tenus de contribuer et participer aux frais, missions et des- 
pens, et aux aydes de la ville où ils sont demeurans, selon ce 
que leurs facultez sont, peuvent et doivent souffrir. (Somme 
rurale, titre XIX, p. 795. Ed. de 1611.) 

* Articles 18, 20, 21, 213, 26. 



- 71 — 

geois* et il est admis à prêter le serment de bour- 
geoisie *. 

2o Par l'habitation, la réception et le serment 
de bourgeoisie. 

La première condition dans ce cas est d'obtenir 
du magistrat» Tautorisation d'établir son domi- 
cile dans la ville, et ce n'est qu'après une rési- 
dence effective d'au moins un an et un jour que 
le postulant peut être reçu bourgeois, admis à 
prêter serment et inscrit sur le registre h ce des- 
tiné. Par suite de ces diverses formalités, le nom- 
bre des bourgeois jurés était restreint et ne devait 
guère être supérieur au seizième de la popula- 
tion. 

La qualité de bourgeois entraînait de nombreux 
privilèges. Nous nous bornerons ù indiquer ceux 
mentionnés dans la charte de 1334; ce sont les 
suivants : 

lo Privilège de juridiction (art 3). 

2o Garanties au point de vue de la liberté et (ie 
l'inviolabilité du domicile (art. 18, 19, 20 et 21) *. 

3* Faculté de donner caution en cas de pour- 
suite pour dettes (art. 23). 

40 Droit pour le bourgeois juré d'arrêter ses dé- 
biteurs non bourgeois (art. 29). 

' Arch, corn, de Béthune BBl. Ce registre mentionne les ré- 
ceptions de bourgeois depuis 1349 jusqu'à 1788. L'on remarque 
qu*un certain nombre de personnes nobles ont sollicité leur 
inscription pour jouir des privilèges de la I bourgeoisie. 

* V. Serment des bourgeois de Béthune vers 13^9. (Bulleim 
des Antiq. de la Morinie, t. VIII, p. 598.) 

' Les échevins, le prévôt et les mayeurs formaient ce que 
Ton appelait le magistrat. 

* Nous expliquerons ces articles à la procédure criminelles. 



— 72 — 

50 Circonstance aggravante pour le délit commis 
à Fégard d'un bourgeois (art. 24 et 25). 

L'individu qui entre dans la bourgeoisie d'une 
ville est comme un nouvel associé qui entre dans 
une société dont il partage les bénéfices et dont il 
supporte les charges. De môme que l'associé qui 
se retire à contre-temps subit une pénalité, le 
bourgeois qui veut « yssir de le bourgeoisie », qui 
sort de l'association municipale, perd, au profit de 
la ville, le septième de ses biens. De plus, lors- 
qu'une personne qui ne fait pas partie de la bour- 
geoisie hérite d'un bourgeois, cet héritage est 
frappé d'un droiid'escars ' également du septième, 
sauf, bien entendu, les droits du seigneur sur les 
biens des individus condamnés pour forfaiture, 
sur ceux des étrangers * et des bâtards ' (art. 33). 



* Le bourgeois qui avait gravement manqué à ses devoirs 
pouvait être escarcé, c'est-à-dire privé du droit de bourgeoisie. 
Celte peine, prononcée le plus souvent par le magistrat ppur 
insolvabilité, était généralement temporaire. Au bout d*un cer- 
tain laps de temps, l'escarcé était réintégré dans ses droits. Il 
y avait là quelque chose d'analogue à la réhabilitation du failli. 
(V. Travers, Invent, des arch. com. de Bé thune BBl.) 

* Le droit à'aubaim attribuait au seigneur les biens de l'é" 
tranger décédé dans la ville sans avoir obtenu du magistrat 
l'autorisation de s'y fixer. 

\ La succession des bâtards était dévolue au seigneur d'après 
la coutume de Béthune : « D'un povre homme bastart qui mou- 
rut, dont li siens eskey à monseigneur, se fu vendus zx s. » 
(B. N. m. ss. Compte de la baillie de Béthune, année 132l,f84), 
— « D'une bastarde qui mourut à l'ospital de Béthune, liquelle 
avoit en deniers comptés rechut pour le maistre dudit ospital, 
vm royaulx de xii s. le piéche, qui montent en somme un Ib 
XVI s. » (Ib. fonds Colbert, 1. 188, n» 47. Compte de 1324.) 



— 73 — 
Procédure. 

lo Cioile, — La compétence des échevins en 
matière civile s'étend à tous les litiges pendant 
entre bourgeois ou habitants de la ville et de la 
banlieue. C'est de plus devant Téchevinage que se 
passent les actes de juridiction gracieuse, tels 
qu'actes d'entravestissements ', constitutions de 
procureurs, cessions de droits ', ventes de meu- 
bles, d'immeubles et de rentes, ouvertures de 
successions, inventaires, saisines, dessaisines jet 
rapports d'héritages, acceptations et non accepta- 
tions de successions, fldéicommis, testaments, 
substitutions, etc. \ 

Contrairement aux principes du droit moderne, 
le demandeur peut plaider par procureur, pourvu 
que celui-ci se présente devant le tribunal, muni 
d'une procuration régulière. Le défendeur peut se 
faire représenter par un simple mandataire. S'il 
fait défaut, les échevins adjugent au demandeur 
le bénéfice de sa demande, pourvu* qu'elle n'ait 
été précisée (art. 38). 

A l'échéance du terme, le créancier d'une rerfte 
ou d'un droit d'Estage^ peut saisir en gage la 
maison grevée , même sans l'intervention des 
échevins ; si le débiteur résiste et que le créancier 
le prouve, le premier encourt une amende de 60 Ib 
(art. 28). 

* C'est l'acte par lequel deux époux sans enfnnts s'entrevê- 
tissent, c'est-à-dire instituent contractuel lement lo survivant 
d'entre eux. C'est une donation réciproque. 

* Ârch, mm, de Béthune FF7. Invent. série F, p. 2, col. 2. 
» im. Inventaire série FF, FF 8, 9 et 10. 

* On appelait estage le droit d'usage sur une maison. 



— 74 - 

V 

Le créancier qui a prêté le serment de bourgeoi- 
sie, s'il rencontre en ville un de ses débiteurs 
forains, peut l'arrêter et le faire tenir par deux 
bourgeois jurés, jusqu'à ce que la justice s'en soit 
saisie (art. 29). 

Les sentences des échevins, nous l'avons déjà 
dit, n'étaient pas susceptibles d'appel. Quiconque 
en contestait le bien fondé, portait par cela même 
.atteinte à l'honneur professionnel de ses magis- 
trats et encourait une peine de 601b d'amende' 
(art. 39). 

2o Procédure criminelle. — Sorte de ministère 
public, dans Tune de ses fonctions multiples, c'est 
au bailli qu'appartient la recherche des crimes et 
des délits et le soin d'en saisir le tribunal éche- 
vinal. C'est ce que l'on exprime en disant qu'au 
bailli appartient la « conjure » des crimes et délits 
ou droit d'en requérir jugement, aux échevins 
celui de les juger. Tout ajournement qui mécon- 
naît ces règles do compétence est nul et non 
avenu • (art. 4). 

La justice, en dehors des cas de crime et de 
flagrant délit, ne peut arrêter un bourgeois qu'ac- 
compagnée de plusieurs échevins. Si c'est pour 
crime, elle doit le prouver, et, avant d'emprison- 
ner le coupable,il faut le faire comparaître devant 
l'échevinage. Si l'accusé fait défaut ou n'exécute 
pas la sentence qui l'a condamné, la justijce le 
traduit de nouveau devant les échevins pour le 
faire condamner à l'amende (art. 18). 

^ 6095 !r. 2^ de notre monnaie. 

' Un bourgeois de Béihuoe poursuivi hors de la ville, em- 
prisonné par le bailli au mépris des privilèges, est relâché. 
(Travers, Inv. des arch. com. de Béthune BB2.) 



- 75 — 

Pour arrêter un bourgeois à son domicile, la 
justice doit, à fortiori, se faire accompagner d'é- 
chevins, s'il s'agit d'un simple délit. Si c'est pour 
crime, elle peut opérer l'arrestation à elle seule; 
mais avant d'arracher le criminel à son domicile 
elle doit attendre l'arrivée des échevins (art. 19). 

Si après avoir arrêté un bourgeois avec le con- 
cours des échevins, la justice criminalise le délit, 
elle doit, dans les trois jours de l*^arrestation, in- 
diquer le motif qui l'a motivée. Pendant ce laps de 
temps le prévenu sera détenu à la prison du châ- 
teau ', mais il ne pourra être mis à la question ni 
molesté. Après l'expiration de ces trois jours, il 
doit être élargi, quitte à être poursuivi de nou- ^ 
veau, s'il y a lieu (art. 20). 

Si la justice accuse un bourgeois d'avoir porté 
la main sur le bailli ou sur un sergent asser- 
menté, d'avoir péché dans les eaux, chassé dans 
les bois du seigneur, ou de tout autre cas réservé, 
c'est à la justice à le prouver sommairement de- 
vant les échevins (art. 21). 

Enfin, dernière garantie pour les bourgeois, le 
bailli, en entrant en fonctions, doit prêter ser- 
ment (art. 38) devant le clerc des échevins repré- 
sentant la ville, et, dans ce serment dont un re- 
gistre des archives municipales nous a conservé 
la formule*, il jure « les chartes, les privilèges, 
les us et ooustumes de le dite ville de Béthune 

* Par lettres du i7 octobre 136G, Eudes et Jeanne accordè- 
rent aux prévôt, mayeur et habitants de Béthune un beffroi avec 
cloches et prison. Les bourgeois arrêtés dans la ville, pour 
qnelque cause que ce fut, devaient désormais être détenus dans 
cette prison municipale et non au château. (V. Appendice.) 

• Registre AA4. 



- 76 - 

tenir et warder sans enfreindre, faire ou faire faire 
bonnes prinses justes et loiaux..., faire droit et 
loi à toutes les parties qui le requerront, et toutes 
les prinses qui sont faictes... admenées par devant 
les eschevins, et icelles prinses faire traiter et 
démener par leurs jugemens et non autrement'. » 

Peines, — Les peines, comme dans toutes les 
coutumes du Nord de la France, sont : la mort, la 
mutilation, le bannissement et l'amende. Quanta 
la prison, nous ne la voyons appliquée que pré- 
ventivement et non comme peine expiatoire. La 
légitime défense est toujours une excuse; mais il 
n'y a jamais admission de circonstances atté- 
nuantes tirées de la Culpabilité plus ou ùioins 
grande de Taccusé. Tout individu convaincu de 
crime ou de délit est condamné à la peine réser- 
vée à ce crime ou à ce délit. 

Mort, — L'homicide entraîne la peine/ de mort 
sans distinguer s'il a été commis avec ou sans 
préméditation ; le condamné est décapité ou pen- 
du, suivant les circonstances de son crime. Si le 
meurtre a été commis le jour « entre deux so- 
laus », c'est la décapitation ; si au contraire il y a 
eu circonstance aggravante provenant, soit de la 
négation du crime, soit de sa perpétration pen- 
dant la nuit, le condamné est pendu et traîné sur 
une claie à travers la ville (art. 36). 

Mutilation, — Cette peine est généralement en- 
courue comme sanction du bannissement *. On 

' Recaeil de chartes et titres concernant les droits des grands 
baillis de la province d'Artois, p. 136. 

* Bannissement sur l'oreille prononcé contre deux mesu- 
reurs qui avaient injurié .et frappé de dagues deux marchands 



— 77 — 

est banni sous peine de perdre une oreille, une 
main, ou, comme Ton disait : « Sur l'oreille, sur la 
main, sur la hart. » L'article 14 édicté la peine de 
la perte de l'oreille exclusivement pour récidive de 
rupture de ban; elle était pourtant encourue 
également pour vol \ Le plus souvent on peut 
racheter son oreille pour une certaine somme 
d'argent — pour 20 Ib dans lé cas de l'art. 14. 

Bannissement. — Cette peine était très fréquente 
au moyen ôge. Elle avait pour effet de priver celui 
qui en était l'objet, des droits attachés à la qualité 
de bourgeois, de lui interdire le séjour du terri- 
toire dépendant de la ville (art. 14), et d'entraîner 
la confiscation de tous ses biens au profit du sei- 
gneur *. Elle était prononcée pour crime ou pour 

qai ne les avaient pas payés saivant le tarif. (Ârch. œm. de 
Béthune BB2.) 

* Haoequin le Breton est condamné pour vols nombreux à 
avoir Toreille coupée et banni à toujours a sur la hart » (ibid.) 
— (I Au pendeur de Béthune qui coupa une oreille à Robin de 
le Capelle pour cauze de larrechin, vi s. Audit pendeur pour un 
wans et un coutel dont il coupa l*oreille, xu d. » (Ârcli. dép. 
du Pas-(l^alais A345. ^Richard, Mahaut, comtesse d'Ar- 
tois, p. 45.) 

^ « De le moitié d'une maison qui siet en le froide rue qui fu 
jadis Gillon Dodée, fourfaite à Madame pour le meffait de le 
femme qui fu Robert Sayet, qui dut avoir fait tués i homme, 
dont elle fut banie de Béthune à tous jours. » (B. N. m. s. s.fr. 
11621. Comptes des baillis de Béthune, année 1328, f* 28.) — 
I/ordonnance de Philippe VI de février 1347 (n. s.) édicta, à 
titre de privilège, que désormais la confiscation n'aurait plus 
lien sur les biens des bourgeois de Béthune bannis ou con- 
damnés à mort, et que les parents de ceux-ci en hériteraient 
comme si la confiscation n'avait pas été prononcée. (Ordonn. 
des rois de France, t. IV, p. 143). 



— 78 — 

simple délit d'un caractère grave, à perpétuité ou 
à temps. Si le bannissement n'est que tempo- 
• raire, son temps est doublé pour rupture de ban 
(art. 14). Encouru pour meurtre simple (art. 36), 
pour vol \ les échevins peuvent le prononcer pour 
paroles ou faits qualifiés indignes *, dont ils ap- 
précient la gravité en leur âme et conscience. Ils 
peuvent également rappeler le banni lorsqu'ils 
jugent qu'il a suffisamment expié sa faute (art. 15). 

La justice jouit du même droit, mais elle doit 
commencer par prendre connaissance du motif 
de la peine, s'il n'y a pas eu de crime commis 
(art. 13). 

Le bannissement à un an et un jour est encouru 
pour voies de fait avec guet-apens, commises par 
un bourgeois à l'égard d'un autre bourgeois. 

Amende. — L'amende est la plus commune de 
toutes les peines ; elle est encourue pour crime 
et pour délit, aussi bien que pour une simple con- 
travention. On trouve là le souvenir des lois ger- 
maniques qui fixaient un tarit ou composition 
pour le rachat des crimes et des délits \ 

En général, cette amende est de soixante sous *, 

^ François le Bosquillon est banni sur l'oreille pour vol d'un 
livre d'heures. (Arch. corn. inv. BB2.) 

* Bannissements prononcés pour insolence envers l'Eswart 
du cuir ou pour mauvaise vie (ibid.)- 

* Il faut toutefois rennarquer que tandis que le vergheld ou 
composition germanique avait le caractère de dommages et 
intérêts et était, à ce titre, attribué à la victime du délit, l'a- 
mende, dans notre droit coutumier, a le caractère d'une peine 
et non d'une réparation et qu'elle est dévolue pour la plus 
grande partie au seigneur, en vertu de son droit de confisca- 
tion. 

* Environ 330 francs de notre monnaie. 



âur lesquels cinq * sont attribués aux échevîns et 
cinquante-cinq au seigneur. Elle est encourue . 
dans les cas suivants : 

io Blessures laites à l'aide d'un instrument per- 
çant (art. 5). 

2o Coups ù un échevin. De plus,le coupable doit 
faire amende honorable envers sa victime, sui- 
vant son rang et la gravité du délit (art. 11). 

30 Qualification injurieuse de « Serf » envers 
une personne libre (art. 10). 

4« Injures à un ou plusieurs échevins. Autant 
d'amendes de 60 8« sont encourues qu'il y a eu 
d'échevins injuriés, et cela sur leur simple affir- 
mation (art. 12). 

50 Saisie sans motif sérieux d'un bourgeois ou 
de ses catteux*, dans la ville (art. 24). 

6^ Voies de fait avec guet-apens commis à l'é- 
gard d'un bourgeois en dehors de la ville et de sa 
banlieue (art. 25). 

70 Violation de la paix ou de la trêve imposée 
par les échevins (art. 26). Si le sang a coulé, la 
peine est plus forte. 

80 Défaut de comparution deux fois par an pour 
renouveler sa trêve, lorsqu'une trêve a été impo- 
sée (art. 35). 

90 Refus parle débiteur de donner, à l'échéance, 
un gage ù son créancier (art. 28). 

' Environ 27 fr. 30. 

* On qualifiait catieux ou catheux certalos immeubles auit« 
quels la coutume attribuait la même nature juridique qu'aux 
meubles. Tels étaient les bâtiments légers, grangos et étables, 
les arbres pendant sur racine et ne donnant pas de fruits, les 
récoltes sur pied. (Coutume d*Artois, art. 144. — Ferriére, 
Dict de droit pratique, t. I, p. 2). 



-So- 
lo» Défaut d'observation des sentences des 

échevins (art. 37.) 
Dans d'autres cas, le chiffre de l'amende est 

plus ou moins élevé, suivant la gravité du délit. 

Les échevins en prélèvent toujours cinq sous 

pour eux. 
Celui qui renverse son adversaire et le frappe, 

une fois tombé, est passible d'une amende de 

11 Ib. 10 s. ' (art. 6). 
Le simple fait de loger de nuit des gens armés 

d'auquetons *, de haubergeons* ou de plates*, 

sans en prévenir les échevins, constitue un délit 

puni de 10 Ib d'amende. 

Coups à main nue, 30 s. d'amende *, à main gar- 
nie, 10 Ib • (art. 7 et 8). 
Voies de fait avec guet-apens <5ommises par un 

bourgeois à l'égard d'un autre bourgeois, 20 Ib 

* 1760 fr. 58 de notre monnaie. 

' Le aaqueton était une sorte de corset sur lequel on laçait 
le haubert. 

* Haubergeon, petit haubert ou cotte de mailles. 

* Plates, petites plaques (fe fer cousues sur une étoffe. 

' La même peine de 30 s. d*amende est encourue pour infrac- 
tion aux bans des échevins. Ainsi elle est prononcée pour 
avoir fait vendre du blé de mauvaise qualité, pour s'être servi 
de balances fausses, pour vente de draps « bugniez », pour 
circulation dans la ville après Theure du couvre-feu (Archives 
comm. FF6), pour avoir desmenti eswardeurs de draps 
(Compte du bailli de Béthune de 1328, loc, 'Cit,). 

Les marchandises de mauvaise qualité étaient détruites : 
(( De Jakemart de le becque à le maison duquel on trouva une 
false sakie de laine, si qu'il apparut, car elle fut jnsticié par 
le Jugement d'eskevins de Béthune et arse à poure, v> (Comptes 
des baillis de Béthune, ibid.)' 

* 1099 fr. 20. 



- 81 - 

d'amende, si le bannissement n'est pas prononcé 
(art. 25). 

Les injures entraînent une amende de six 
sous \ dont 12 deniers sont attribués aux éche- 
vins ' (art. 9.) 

Cte A. MENCHE DE LOÏSNE. 

(A suivre) 



^ CondamnatioD de 6 s. contre talemme J^un savetier « li^ 
qaeile a dit lait et vilenie à Pierre le Proedome, chavetier, en 
Il appelant wihot. » (Arch. rnun. invent, loc, dt,). 

* Condamnations à 10 s. d'amende pour mauvais mesurage 
de blé, pour refus de prêter le serment déféré. — 6 s. pour 
manque d'observation des prescriptions des « desquiesqueurs ». 
— 40 s. pour vente de mauvais draps. — Même peine contre 
a Michiel de Wisseink, marchand d'argent, liquel a preste a 
plusieurs gens sur gaiges, desquels il a prins plus grans sa- 
laires et monée que il ne doit prendre selon le instruction et 
contre le ban. » — Même peine pour refus d'obtempéi-er aux 
ordres d*un messier, pour port d'armes défendues (Ibid. FF6 ) 



Stmt-0mer,1mp. h. d'iomort. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCtfrfi DBS ANTIQUAIIBS DE U lOUNlE 



COMPTE-RENDU DES SÉANCES 



Séance du 27 Juin 1892. 

Président : M. BUTOR, Président 
Secrétaire-général : M. Pagart d'Bbrmansaat. 

La séance est ouverte à 3 h. 1/4. et M. le Président 
donne la parole au Secrétaire-général pour lire le pro- 
cés-verbal de la séance précédente. Il est adopté sans 
observations. 

Dons, hommages, échanges. 

'^ Delà part des aiUeurs : 

Méthode pour reconnaître Vantiquité de certaines voies' 

de communication, par le comte Albérlc d*Auvry de 

Lannois. 
Saint'Thomas de Cantjrbéry, par le R. P. Dom A. L'Huil- 

lier, moine bénédictin de Solesmes. 2 vol. gr. in-8*| 

4S9-591 p. Paris, Palmé, 189L 
— De /a part des Sociétés savantes françaises : 



-84- 

Abbeville (Somme). Mémoires de là Société d'émulation 
d'Abbeville, 1. 18»« de la collection, 4»« série, LU, l** 
partie. 

Bulletin de la Société d'émulation d' Abbeville, année 

1891, n« 4. — Année 1892. n» 1. 
Amiens (Somme) Bulletin de la Société des Antiquaires 
de Picardie, tome XVII, 1889-90-91. 

Auxerre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his- 
toriques et naturelles de TYonne, année 1891, 45»« vol., 
(15«dela3«8érie). 

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Galais)- Bulletin de la Société 
académique de rarrondissementde Boulogne- sur-Mer, 
avril et mat 1892, t. XXVIII, n« 4. 

Grenoble (Isère). Bullelin de l'Académie Delphinale, 4"<' 
série, t. V, 1891. 

Paris (Seine). Bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. II, 4"« série, 4°^* fascicule, juillet à décembre 
1891. 

Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de Poligny, 33">« année, 1892, n<^ 1, 2, 3, 
Janvier février, mars. 

Reims (Marne). Travaux de l'Académie nationale de 
Reims, 88* vol, année 1889-1890, t. IL 

Saint-Quentin (Aisne). Supplément à l'Album Garanda, 
les fouilles de 1891 aux gréviéres de Giry-Salsogne -* 
deuxième anqée — et dans le parc de Fère-en-Tarde- 
nois. 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d'Aunis, Bulletin de la Société des archives histori- 
ques, 12»» volume, 3»® livraison. Mai 1892. 

Boissons (Aisne). Bulletin de la Société archéologique, 
historique et scientifique de Soissons, t. XIX, 2°^ série 
1888. 

Valenciennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de l'arrondissement de Valenciennes, 44«« année, 
t XLU, no* 2 et 3, avril et mai 1892. 



-86- 

— Étrangères : 

Yprea (Belgique). Notice sur la place d'Ypree et iod 

démantôlement, 1830-1858. 
Antialee de la Société historique, archéologique et litté- 
raire de la ville d'Ypres et de rancienne Weet-Flandre, 
1862, 3« et 4* livraieoiuu 
Bruxelles (Belgique). Analecta Bollandiana. Tomus XI, 

fasc. n. 
Louvain (Belgique). Analectes pour servir à l'histoire 
ecclésiastique de la Belgique. — Tome IX, 1872, l^*, 2% 
3« et 4« livraisons. — Tome X, 1873, l'*, 2«, S« et 4* li- 
vraisons. — Deuxième série, T. 7« (XXIII«) de toute la 
collection, 2® livraison. — Table alphabétique des ma- 
tières des 16 premiers volumes (1864-1879) formant la 
1** série de là collection. 

Abonnement. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 

littéraire, 2«« série, t 35«», LXIV«« de la collection, 

6"« livraison, juin 1892. — Partie technique, 2*« série, 

t. 18»«, LXVIn» de la collection, 6™» livraison, juin. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 

populaires,' 23°>* année, VI, juin 1892. 
Bibliothèque de VÉcole des Chartes, t. LUI, l^* et 2"»« liv. 

lanvier-avril 1892. 
Rcmie de l'Art chrétien, 35"^ année, 5«« série, 1892, t. III, 
3>^ livraison. 

Correspondance 
1« — il Juin. ^ M. le Préfet demande pour les pre- 
miers Jours de Juillet le rapport annuel sur les travaux 
de la Société et sur ses titres à la continuation des 
encouragements du Conseil général. 

"2^ — 23 Juin — M le Ministre de Tlnstruction pu- 
blique accuse réception de 125 exemplaires de la livraison 
161'^ du Bulletin des Antiquaires. 

S» — 25 Juin. — Un membre de la Société académique 
de Boulogne-sur-Mer sollicite la concession gratuite des 
tomes IX et XIII des Mémoires de la Société. La CSompa- 



— 86 - 

gnie n*ayant pas de motif particulier pour faire u& don 
de cette nsture, le prix de chacun de ces volumes sera 
porté à la connaissance du savant qui a fait la demande. 

4« - 27 Juin. - M. de Bailliencourt, trésorier, eihpè- 
ché d'assister à la séance, écrit qu*ii a touché un mandat 
de 500 francs, montant de Tallocation votée Tan dernier 
par le Conseil général au profit de la Société. 
Chartes de Saint-Dertin 

Sur la proposition de M. Fabbé Bled, vico-président, 
il est décidé que le tirage du nombre des fascicules des 
Chartes de Saint-Bertin à imprimer sera augmenté 
de dix. 

Élections. 

L'ordre du jour appelle Téleclion de M. Quenson de la 
Hennerie présenté à la dernière séance. Un scrutin est 
ouvert et le Président proclame membre honoraire 
M. Quenson de la Hennerie, qui a été élu à Tunanimité. 
Avis lui sera donné de sa nomination. 

Candidature. 
MM. Legrand, Butor et Albert de Monnecove présen- 
tent la candidature de M. Marion, avocat, comme 
membre titulaire. Conformément au règlement l'élection 
est renvoyée à la prochaine séance. 

Communications. 
M. Tabbé Bled expose que M. Revillion a bien voulu 
se charger de faire cet été à Bruxelles la copie des 
épitaphes du manuscrit du chanoine Heilin, dont il a 
été parlé à la séance du 30 Mai dernier. 

Rapport au Préfet. 
Le Secrétaire général donne ensuite lecture du rap- 
port qu'il a préparé en réponse à la lettre de M. le 
Préfet du Pas-de-Calais, pour être remis au Conseil 
général lors de sa prochaine session d'Août. Ce rapport, 
plus étendu que de coutume à raison des nombreux 
travaux que la Société a édités depuis un an, est approuvé 
par la Compagnie. En voici le texte : 



- 87 - 

Monsieur le Préfet, 

La Société des Antiquaires de la Morinie poursuit avec zèle 
le cours de ses intéressantes études, mais on peut affirmer 
que cette année elle a déployé une activité plus grande que 
jamais, et qu'elle a mis au jour d'importantes publications. 

BmUetm kisiorique. — Des quatre livraisons du Bulletin histo- 
rique qui ont paru depuis Tenvoi de mon dernier rapport, 
trois : les n"* 158 à 160 terminent le tome VUI, qui comprend, 
comme les précédents volumes, 5 années (1887 à 1891). La 
livraison 161 commence le tome IX avec l'année 189'i. 

U y a lieu de signaler parmi les notices insérées dans ces 
quatre livraisons : 

Le Paratonnerre de Saint-Omer en i780 (12 p., 158^ livraison), 
travail où il est donné de curieux détails sur la Un de ce« 
paratonnerre qui fit tant de bruit dans le dernier quart du 
siècle dernier, et contribua à faire connaître Robespierre \ • 
Cet opuscule qui a provoqué quelque intérêt au-delà de Saint- 
Omer et de l'Artois, a amené la publication d'une lettre inédite 
d'Henneberty auteur de VIHsioire générale d'Artois, sur le même 
objet, trouvée par M. l'abbé Bled aux archives municipales 
(160 livraison, p. 718-719). 

La Notice sur la défense du château de Renty en 156é, par 
M. Charles Legrand, mentionne avec quelques détails le fait 
d'armes do cette petite garnison (1^ livraison). 

Le savant abbé Haign«^ré a donné une Ordonnance d'un évêque 
de Térouaane Pierre de Doy; il nous indique les formalités 
nécessaires au xni* siècle pour créer une paroisse. 

M. Enlart, archiviste-paléographe, ancien élève de l'Ecole 
de Rome, a révélé, dans une notice érudite, Un moine de 
f abbaye de Claùrmarais (près Saint-Omer), qui fut professeur 
de droit en Italie au zvi* siècle (8 p., 159^ livraison). 

Le Maître des hautes œuvres ou bourreau de Samt-Omer (26 p., 
160^ livraison) est une étude assez étendue composée princi- 

' Compte-rendu : Pohfbiàlion, t. 34, 2» série, p. 373. — 
^àHothègue de ^Ecole des Chartes, t. LUI, 1892, V et 5* livrai- 
sons, p. 455, 



paiement avec les archives commanales ; elle renferme beaa- 
coup de détails snr les attributions, les privilèges et les 
charges de cet officier à partir da xn* sfécle\ 

Dans la livraison 161% M. Tabbé Bled donne la description 
da CaUce de S^ Orner, vénérable relique perdue du fondateur de 
la cité, et M. Pagart d'Hermansart signale sous le titre : Mesu- 
rage des terrains occupés par les églises et couvents de la tnlle de 
Samt-Omer et de ses faubourgs en 1569, le nombre des divers 
établissements ecclésiastiques et hospitaliers qui existaient aa 
moment de la création de l'imposition du centième denier 
sons la domination espagnole, et l'étendue des possessions des 
biens de main-morte '. 

Sous le titre de Communications, les quatre livraisons da 
Bulletin renferment encore : le Sceau de Lambert de St-Omer en 
1331, courte étude numismatique de M. Tabbé Bled, quelques 
renseignements du même auteur sur remplacement occupé au 
xvm* siècle par la Manufacture de draps du ^ Bkouart; la So- 
gneurie de Blégum, par M. Sagot, et une note de M. l'abbé 
Haigneré sur les Moines de Clairmarais en Italie, 

Mémoires, tome XXIL — La réduction en 1888 de la subven- 
tion du Conseil général à 500 fr. au lieu de 1000 fr. a retardé 
la publication du tome XXII des Mémoires, Cependant cette 
année la Société a pu mener à bonne fin cette publication. Le 
volume contient 510 pages et 6 travaux différents. 

Il s'ouvre par une ^oUce sur la vie et les travaux de M. Louis 
Deschamps de Pas (62 p.), qui a été distribuée à tous les 
membres de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 
collègues du défunt, et dont j'ai parlé dans mon rapport de 
l'année dernière*. 

Le Prieuré d'Œuf, son histoire et ses chartes, de M. l'abbé 
Haigneré, qui vient ensuite, donne des détails sur cet établis- 
sement dépendant de la célèbre abbaye de Marmoutiers, près 
de Tours (26 p.). 

* Comptes-rendus : Polybiblian, t. 35, 2" série, p. 373 - et 
Revus historique, n* 99, p. 213-214. 

' (Tompte-rendu : PofybibUon, t. 36j 2* série, p. 89. 

* Compte-rendu : Pobfbib&on, t. 32, 2" série, p. 877. 



M. L. Deechamps de Pas, ancien secrétaire-général et 
membre correspondant de llnstitat, avait laissé deax manus- 
crits contenant la Descr^Hon de Vexiérieur et de ^intérieur de 
FégUee Notre-Dame de SairU^Omer, La Compagnie a imprimé le 
premier de ces travaaz. Il est composé avec les comptes du 
chapitre depuis l'année 1378, et avec les registres capitolaires; 
et il est d'autant plus intéressant qu'il s'agit de l'histoire de la 
construction d'un monument classé comme historique, que 
l'Etat restaure à grands frais depuis quelques années. La 
Société se propose de publier plus tard, dbns le tome XXIII, le 
second manuscrit relatif à l'intérieur de l'église. 

M. Pagart d'Hermansart a continué ses études sur les insti- 
tutions locales. Il a fait connaître cette fois les fonctions des 
Conseâiers pensiormairee de la ville, depuis leur origine en 1317, 
leurs obligations, leurs privilèges, et a dressé les listes de ces 
officiers avec indication de leurs sceaux* (58 p.). 

La garmsm de Sami-Omer en i597''î59S (81 p.), par M. l'abbé 
Bled, est le récit circonstancié des troubles causés par le régi- 
ment d'infanterie espagnole du comte de Bucquoy campé aux 
environs de Saint-Oiner en 1598. L'auteur a soin d'indiquer 
en même temps comment les troupes étaient logées autrefois 
chez les habitants, les abus de toutes sortes qui résultaient 
des procédés en usage qu'aucune législation ne réglait, et 
ttoutes les difficultés contre lesquelles avaient à lutter les 
administrations municipales '. 

Enfin une dernière étude due au même auteur a pour objet 
V^stov^ des arbaUiriers de Satnt'Omer dont les services remon- 
tent au xni* siècle, époque à laquelle on les voit prêter leur 
concours aux rois de France, pnis aux comtes de Flandre. 
Presque toutes les villes de nos pays possèdent l'histoire de 
leurs anciennes confréries militaires, il est donc heureux qu'il 

* Compte-rendu : Revue historique, t. 48, p. 433. -r Berne des 
Etudes historiques, 4* série, t. X, p. 240 à 242. — PohfbibUon, 
t. 35, 2* séHe/p. 283-284. — BibHothèqve de r Ecole des Chartes, 
un, 1892, 4«êt5« livraisons, p. 454 et 455. 

Compte-rendu dans la Revue historique, t 49, p. 455. 



— «0 — 

86 soit troaTé on éradit pour retracer le passé des arbalétriers 
audomarois, et nous rappeler leur origine, lears règlements, 
leors services, leur recrutement, leur costome) leurs fêtes, 
leur lien de réunion, etc. 

Chabtes de Saint-Bebtdc 

La continuation de ce beau travail a été poursuivie sans 
relâche avec la même correction et la même régularité que les 
années précédentes, et la Société justifie remploi de la subven- 
tion spéciale que lui a allouée le Conseil général pour cette 
publication, en fournissant le premier fascicule du tome III. U 
comprend 15 feuilles d'impression, soit 120 pages, 337 nu- 
méros, depuis 1911 jusqu'à 22AS, et va de Tannée 1381 à 1407. 
L'analyse du tome V du grand Cartulaire manuscrit se trouve ' 
ainsi achevée, ce qui était un point d'arrêt tout naturel. 

Collaboration au Comité d^ Travaux hisioriquei. — L'activité 
des membres de la Société ne s'est pas bornée à ses propr^ 
publications. L'un d'eux a été admis à faire insérer dans le 
Bulletin archéologique du Ministère de l'Instruction publique un 
Ifwenlaire des reliques, joyaux et ornements de la chapelle de Notre- 
-Dame des Miracles en i5ô9, que M..Darcel, directeur du Musée 
de Cluny, a fait précéder d'un intéressant rapport*. 

Délégation aux Congrès et Commissions divers. — La Compagnie 
s'est fait représenter au Congrès tenu à Orléans du 22 au 30 
Juin 18d2 par la Société- française d'archéologie. Elle n'a pas 
négligé non plus ses relations à l'étranger : deux de ses 
membres ont assisté au Congrès archéologique et historique 
de Bruxelles en Août 1891. 

Les bons rapports qu'elle entretient avec la municipalité ont 
amené la nomination de trois de ses membres dans la Com- 
mission des recherches historiques créée à propos du démantèle- 
ment de la ville ; et son président a été désigné comme vice- 
président de cette Commission présidée par le Maire. 

Amélioration des publications de la Société. ^ La Société a bât 
aussi des efforts pour améliorer ses publications ordinaires. La 

* Bulletin archéologique du Comité des Travaux historiques et 
scientifiques, 1891, n* 2, 14 p., p. 379. 



- 91 — 

rédactioD des procêa-verbaux est faite avec pins de méthode et 
de clarté, afin qu'on paisse y trouver de suite ce qui oonceme 
la cocrespondanoe, les élections de membres, les communica- 
tioDs, les lectures et les comptes-rendus d'ouvrages offerts. 
Une table alphabétique des matières contenues dans le 
tome YIII du Balietin va être prochainement imprimée. Le 
papier des volumes des Mémoires est d'une qualité supérieure 
à celui employé précédemment. Une bonne table des membres 
associés et des Sociétés correspondantes a été faite sur le 
modèle de celle des publications des Antiquaires de France. 

Personnel. — La Compagnie a fait deux grandes pertes cette 
année, l'une en la personne de M. le baron Dard, émdit dont 
la collaboration avait été active, l'autre en celle de M. le séna- 
teur Martel, protecteur éclairé de la Compagnie dont il faisait 
partie depuis 1835, et qui l'encourageait dans la dernière crise 
qu'elle vient de traverser, en écrivant en 1888 : « Il ne faut rien 
» épargner pour conserver cette œuvre des Anciens qui honore 
f> notre pays ». Ces vides seront difficilement comblés, cepen- 
dant la Société a fait récemment diverses recrues, sur les- 
quelles elle croit pouvoir compter, et il semble que ni les 
hommes ni les travaux ne manqueront, si le Conseil général 
veut bien lui continuer ses subventions. 

Bdsumé. ^ En résumé les travau^r du BuUeim historique out 
été plus complets puisque deux d'entre eux forment de vérita- 
bles petites brochures dont l'une a 28 pages. Le volume des 
Mémoires comprend, outre une notice biographique Importante, 
cinq études dont la sérieuse érudition ne saurait échapper à 
personne. Le tome III des Chartes de Saint-BetHn a été entamé. 
L'Institut, le Comité des travaux historiques ont accueilli plu- 
sieurs travaux, et des revues historiques en ont déjà signalé 
d'autres Les publications de la Société ont été matériellement 
améliorées. 

La Compagnie croit donc avoir mérité cette année, plus 
eDcore que les années précédentes, les encouragements que 
les élus du pays, d'accord avec l'autorité supérieure, ont bien 
voulu lui accorder depuis sa naissance en 1892. Aussi, en pré- 



-92 - 

sence d'une telle somme de travail et d'efforts, jagerez-voQS 
peut-être, Monsieur le Préfet, qu'il serait possible de solliciter 
du Conseil général le rétablissement de l'ancienne subvention 
de 1000 francs, qui a été accordée si longtemps à hi Société 
avant l'année 1888 ; et j'ai l'honneur de solliciter votre appui 
si éclairé pour arriver à ce résultat qui permettrait à la Com- 
pagnie de faire preuve de la même activité à l'avenir. 

J'ai donc l'honneur de conclure à ce que la haute assemblée 
départementale veuille bien lui accorder deux subventions : 

1* L'une de 1000 francs pour encouragement à ses travaux 
ordinaires ; 

2* L'autre de 500 francs qui lui est nécessaire pour continuer 
l'impression des Chartes de Saint-Beriin. 

Rien n'étant plus à l'ordre du jour la séance est levée 
à 4 heures 3/4. 



Séance du 25 Juillet 1892. 

Président : M. VIOLETTE de NOIRCARME. 

Secrétaire-général : M. Pagart d'Hbrbiansart. 

La séance est ouverte à 3 heures 10. En l'absenoe du 
Président et du Vice- Président, qui s'excusent par lettres, 
M. de Noircarme, le plus âgé des membres présents, prend 
le fauteuil de la présidence. 11 donne la parole au secré- 
taire-généralpour lire le procès verbal de la séance pré- 
cédente qui est adoptée sans observations. 
Dons, hommages et échanges. 

— De la part des auteurs : 

Les artistes artésiens au Salon de 1892^ par M. Félix de 
Monnecove. (Extraits du Courrier du Pas-de-Calais, 
mai-juin 1892, Arras, Laroche). 

— Du Ministère de VInstruction publique : 
Documents inédits sur l'Histoire de France : 

1. Lettres de Catherine de Mèdicip, par M. le comte 
Hector de la Ferrière. Tome quatrième, 1570-1574. 

2. Nouveau recueil des inscriptions chrétiennes de la 



Gaule antériearoB au yin* siècle, par Edmond Le Blanc. 
3. Lettres de Peiresc aux frères Dupu]r, par Philippe 

Tamizey de Larroque. Tome troisième, Janvier 1634, 

juin 1637. 
Catalogue général des Manuscrits des Bibliothèques pu- 

bliques de France : 

1. Paris. Bibliothèque de l'Arsenal. Tome sixième. 

2. Parts. Bibliothèque de l'Arsenal. Tome neuvième. 
Archives de la Bastille. 

3. Paris. Bibliothèque Mazarine. Tome quatrième. 

4. Départements. Tome XV. Marseille. 

— De la part du Conseil général. 

Cîonseil général du département du Pas-de-Calais. Ses- 
sion d'avril 1892. Rapport du Préfet et procès-verbaux 
des délibérations. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 
Bordeatpc (Gironde). Société archéologique de Bordeaux. 

t. XV, 1", 2"»% $»• et 4«* fascicules. 1« 2»«, 3"»* et 4»« 
trimestres. 

Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales de la Société 
historique et archéologique du Gâtin'ais, 4»« trim. 1091. 

Limoges (Hauto-Vienne). Bulletin de la Société archéo- 
logique et historique du Limousin, t. XXXIX, XVII"^* 
de la 2°» série. — Tome XL, i" livraison, t. XVIII»» 
de la 2»« série. 

Nîmes (Gard). Mémoires de l'Académie de Nimes, 7»* sé- 
rie, t. XIII, année 1890. 

Paris (Seine). Bulletin du Comité des travaux histori- 
ques et scientifiques, section des sciences économiques 
et sociales. Année 1891, n®2. 

Toulouse (Baute - Garonne). Bulletin de la Société 
archéologique du Midi de la France, série in-8«, n« 9. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d'archéologie et de statistique de la Drôme,annéfi .892, 
Juillet, 102»« livraison. 

Valeneiennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 



— w — 

et arts de rarrondissement de ValencienDe8,4.t»* année, 
t. XLII, nt 5, juin 1892. 

— De /a part des Sociétés savantes étrangères. 

Dnixelles (Belgique). Annales de la Société d'archéologie 
de Bruxelles. Tome 6»*, livraison II, 30 juin 189*2. 

Genève (Suisse). Mémoires et documents publiés par la 
Société d'histoire et d'archéologie de Genève, nouvelle 
série, t. III, livraison 2»«. 

Bulletin de la Société d histoire et d*archéologie de 
Genève, tome premier, livraison 1. 

Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 
philosophical Society, held at Philadelphia, for promo- 
ting, useful knowledge, vol. XXX, jamary, 1892, 
n« 137. 

Washington (Amérique). Annual report of the board of 
régents of the Smithsonian institution, showing, the 
opérations, expenditures, and condition of the institu- 
tion to july, 1890 

MitlheilungenderKais-Konigl. Géographischen Gésell- 
schaft in Wlcn, 1891, XXXIV. Band (der neuen Folge 
XXIV). 

Abonnement. . 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
technique, 2"»« série, t. 18«», LXVI«« de la collection, 
7m* livraison, juillet. — Partie littéraire, 2p^ série, 
t. 36««, LXV"»« de la collection, !'• livraison, juillet. 

fîomanta, recueil trimestriel consacré à Tétude des lan- 
gues et des littératures romanes, par Paul Meyer et 
Gaston Paris, t. XXI. n» 82, avril 1892; 

Journal des Savants, mai et juin 1892. 

Bulletin de la Société bibliographique et d^s publications 
populaires, 23»* année, VII, juillet 1892. 

Revue historique, I7»» année, t. 49»% juillet-août 1892. 
Correspondance. 
1. Programme du concours littéraire et musical que 

la Société dunkerquoise organise à l'occasion des fêtes 

qui seront célébrées à Punkerque en septembre 1893, 



— 9»- 

pour rappeler la lerée d« elége de oette Tille par les 
Anglais le 8 seplembre 1793. 

2. Circulaire du MinMre du Commerce et do llndus- 
trie en date du 25 juin 1892 annonçant qu'il vient de 
constituer des comités d'admission et d'installation de la 
section française à TExposition universelle et interna- 
tionale de Chicago (Amérique) qui aura lieu en 1893. 

3. Lettre du 28 juin par laiiuelle M. le maire de Saint- 
Omer adresse à la Compagnie un exemplaire des Artistes 
artésiens au Salon de 1892, par M. de Monnecove, relaté 
plus haut dans la liste des dons et hommages. 

4. Accusé de réception par la The American Philos^ 
phical Society, des livraisons 159 et 160 du Bulletin 
historique. 

5. Lettres du Ministre de rinstruction publique des 
"28- juin, Set 12 juillet, annonçant Tenvoi d^ouvrages ve- 
nant des Etats-Unis d'Amérique et d'Autriche. 

6. M. le comte de l^oisne écrit le !*■' juillet que Tou- 
vrage de M. le chanoine Cornet sur Thistoire de Béthune 
n*a pas encore paru, mais que le 1*' volume sera livré 
au public dans un mois ou deux ; il ne peut donc savoir 
encore si* la charte de 1334 dont il a proposé Timpression 
sera publiée par cet auteur. 

Election 
L'ordre du jour appelle l'élection de M. Marion, avocat, 
préseptéà la dernière séance. Un scrutin est ouvert et 
M. Marion ayant obtenu la majorité des suffrages expri- 
més est proclamé membre titula re par le Président 
' Avis lui sera donné de sa nomination. 
Communications 
A propos du tome XXII des Mémoires qui est mis en 
distribution, le secrétaire général fuit observer qi^e le 
tirage des volumes de Mémoires est devenu insuffisant 
par suite de la nomination d'un certain nombre? de 
membres honoraires et correspon lants et de l'extension 
des relations de la Compagnie avec d'autres sociétés 
savantes. Il demande en conséquence à augmenter le 



-Ô6- 
ttrage de 25 ezemplairei. Cette proposition est adoptée. 



Séance du 31 Octobre 1892. 

Président : M. BUTOR, Président 
Secrétaire : M. l*abbé Bled, vice-président. 

La séance est ouverte à 3 h. 15. 

En l'absence de M. le secrétaire général et de M. le 
secrétaire archivistct M. l'abbé Bled« vice-président, 
donne lecture du procés-verbal de la précédente séance, 
rédigé par M. Pagart d*Hermansart, secrétaire général. 
Ce procés-verbal est adopté sans observation. 

Dons, hommages, échangée. 

— Delà part des auteurs : 

Montfort-rAmaury, son église, ses travaux, son cime- 
tière, par le comte A de Dion. 

Napoléon 1« et le général Gassendi (1788-1800), par J. du 
Teil. 

Généalogie de la famille de Beaucourt de Noortvelde, 
(Artois, Cambrésis, Flandre( Westflandre), par de Seyn- 
Yerhougstraete. 

Saint Amable, sa vie, son église, son culte, par L. Ber- 

'■ net-RoUande. 

Histoire de Béthune, par le chanoine Cornet, curé*archi- 
prétre de Béthune. T. l*', faits historiques. T, II, insti- 
tutions, communautés religieuses et monuments. 

Notice sur Taqueduc romain de Ploursies à Bagacum 
(Bavai), par M. Chevalier, membre de la Société ar- 
chéologique d'Avesnes. 

— Du Ministère de VInstruction publique : 
Bulletin historique et philologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, année 1892, n* 1. 

Documents inédits sur Thistoire de France. Lettres de 

Peiresc aux frères Dupuy, t 111 (1634 1637). 
Discours prononcés à la séance générale du Congrès des 



SodéléB savantes, le samedi 11 juin 1892«parMM. JailS* 
sen et Léon Boargeois. 
^ De la part de M. le Sous-Préfet de Saint-Omer : 

Session de 1892 du Conseil d'arrondissement de Saint* 
Orner, rapport du Sous-Préfet. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Amiens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de Picardie, année 1892, n« 1. 
Notice biographique sur M. Henri Hardouln.. 
Boulognesur-Mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 

académique de Tarrondissement de Boulogne-sur-Mer, 

t. IV, 1885-189a 
Mémoires de la Société académique de Boulogne» t. XV, 

1889-1890. 
Bulletin de la Société d'agriculture de Boulogne, juin à 

septembre 1892, t. XXVUI, n** 5 et 6. 
Caen (Calvados). Congrès archéologique de France, 56* 

session. Séances générales tenues à Evreux, le Bec- 

Uellouin, Dreux et Montfort-rAmaury, en 1889. 
Chalon-sur-Saône (Sa6ne-et- Loire). Mémoires de la So* 

ciété d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône. 
Chàlons-sur-Mame (Marne). Mémoires de la Société 

d'agriculture, sciences et arts du département de la 

Marne, I, II. Le diocèse de (uhilons en )405, par M. L 

Grignon. 
Clermont'Ferrand (Puy-de-Dôme). Bulletin historique et 

scientifique de l'Auvergne, 2°^* série, 1891, n»* 1 à 10, 

janvier à décembre. 
Dajc (Landes). Bulletin triniestriel de la Société de Borda, 

17«* année, avril à juin 1892. 
Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales de la Société 

historique et archéologique du (câlinais, 1*' trimestre 

de 1802. 
Guéret (Creuse). Mémoires de la Société des sciences na- 
turelles et archéologiques de la Creuse,, 2"' série, t. IF, 

7n« de la collection. 



-98- 

Le Mam (Sarthe). Revue historique et archéologique du 
Maine, t. XXXI, année 1892, h^ semestre. 

Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la 
Sarthe, 2»« série, t XXV, 23"^ de la collection, années 
1891 et 1892, 3»« fascicule. 

Marseille (Bouches-du-Rh6ne). Répertoire des travaux de 
la Société de statistique de Marseille, t. XLII, 6»« de la 
8»« série, 3°>« partie, par M. le docteur Adrien Sicard. 

Isantes (Loire Inférieure). Bulletin de la Société archéo- 
logique de Nantes et du département de la Loire-Infé- 
rieure, t. XXX, année 1891. 

Nancy (Meurthe-et-Moselle). Mémoires de TAcadémie de 
Stanislas, 1891, I42"« année, 5»« série, t. IX. 

Orléans \Loiret). Mémoires de la Société archéologique 
et historique de TOrléanais, t. IV. 

Bulletin de la Société archéologique et historique de 
rOrléanais. Tome VI. n« ?8, 1'' trimestre 1876. — n» 46, 
3me et 4»« trimestres 186*. — Tome V, n» 59, 1« tri- 
mestre 1868 — Tome VI, n«« 82 et 83, 3** et *«• tri- 
mestres 1874. — Tome VI, n« 93, 2"»» trimestre 1877. — 
Tome VII, n^ 104, 1« trimestre 1880. - Tome IX, n«« 
132 à 143 de 1887-1890. - Tome X, n» 147, l*^' trimes- 
tre 1892. 

Parts (Seine) Bulletin de la Société d*ahthropologie de 
Paris, 1. 111, 4"*» série, l**^ et 2"»» fascicules, janvier à 
avril 1892. ' 

Annuaire de la Société française de numismatique, mai 
à août 1892. 

Société d*anthropologie de Paris. Catalogue de la Biblio- 
thèque à la date du 31 décembre 1890. 1» et 2-* parties. 

Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de Poligny, 33** année, avril-mai- 
juin 1892, n«* 4, 5 et 6. 

Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de rOuest, 2«* trimestre 1892. 
Reims iMarne). Travaux de i Académie nationale de 
Reims, 89«« volume, année 1890- 1891, tome l*'. 



Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d'archéologie et de statistique de la Drôme, année 1892| 
octobre, 103°^ livraison. 

Valenciennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de l'arrondissement de Valenciennes, Ai^ année, 
t XLII, u^ 6, 7 et 8, juillet à septembre 1892. 

Versailles (Seine-et-Oise). Commission des antiquités et 
des arts du département de Seine-et-Oise, 12"^* vol. 

— Étrangères. 

Anvers (Belgique). Annales de l'Académie d'archéologie 

de Belgique, XLVI, *»• série, t. VI. 
Bulletin de l'Académie d'archéologie de Belgique, ^^ 

série des Annales, 2>"' partie, n<>* 4 à 7. 
Bruges. Annales de la Société d'émulation pour l'étude 

de l'histoire et des antiquités de la Flandre. Tome I, 

n« 1 à 4. — Tome U, n«» 1 à 4. - Tome III, n« l. - 

Tome I, 2« série, n" t à 4. — Tome II, 2* série, n~ 1 à 4. 

— Tome III. 4« série, n« l ou 30« de la collection. 
Bruxelles. Annales de la Société d'archéologie de Bruxel- 
les, t. VI, S»» et 4«* livraisons, !•' octobre 1892. 
Congrès archéologique et historique de Bruxelles, 1891. 
Analecta BoUandiana, t. XI, fasc. 3 et 4. 
Garni. Messager des sciences historiques ou Archives des 

ans et de la bibliographie de* Belgique, année 1892, 

2m« livraison. 
Liège. Bulletin de Tlnstitut archéologique li^eois, t. 

XXII, !'• et 2«>« livraisons. 
Namur. Annales de la Société archéologique de Namur, 

t. XIX. 4™« livraison. — Rapport sur la situation de la 
' Société pendant Tannée 1891. 
Nivelles. Annales de la Société archéologique de l'arrond^ 

de Nivelles, t. IV, !'• livraison. 
Tournai. Mémoires de la Société historique et littéraire 

de Tournai, t. XXIL 
Amsterdam (Hollande). Verhandelingen der Koninklijke 



- 100 - 

akademie v^ W^tei)9çh^ppeD, afdeeling Letterkuodet 

TiwinMgste ^e/eil rnet Platen. 
Jaarboek van de Eoninklijke akademia v.%n W^tens- 

^chappen, Gqvestigd te Amsterdam» voor tôOl. 
Catalogua van de Bcekeri j der Koninkli^ke akademie van 

WeteAPQhc^ppen, Geve^tigd Teamsterdaoi, Effraie vqr- 

volg met register. 
Verslagen en Mededeelipgen der Kpninkliike aoadQmie 

van Wetenscbappen, afdeeling Letterkundg, derde 

reeks achtste deele. 
Veiamufl. 
Stockholm (Suède). Kongl. Vitterhets historié ck^ >aaU« 

quitets akademiens Manadsblad, Nittende, Argangen, 

iined 62 fîgurer 1890. 
Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 

philosophical Society, held at Phiiadelphia for pvo- 

motipg usefui knowledege, vol. XXX, april 1892. n« 133. 
Abonnements. 
Bibliothèque de l'École des Chartes, t. LIU, 3«« livraison, 

mai-juin 1892. 
Romania, recueil trimestriel consacré à Tétude 4^ lan- 
gues et de^ littératures romanes, t. XXI. 
Revue de VAnt chrétien, 35™« année, 5«» série, t. III (XLI« 

de la collection). S"** livraison, septembre 1892. 
Bulletin de la Société bibliographique et des publications 

populaires, 23«»« année. VIII, IX, X, août à octobre 1892. 
Journal des Savants, juillet et août 1892. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 

littéraire, ?"• série, t. 36»», LXV»» de la collection, 2"»» 

à A"^ livraisons, août à octobre 1892. — Partie tecbni- 

que, 2»« série, \. 18»», LXVI»« de la colieetion, 8"»« à 
* - 10°^ livraisons, août à octobre 1892. 
Correspondance. 

U L'Académie royale des sciences à Amsterdam accuse 
réceptk>n et ren^rcie de l'envoi du fascicule 3 du tome II 
des Chartes de Saint-Bertin et du Bulletin historique^ 
Uvralsons 155, 157, 158, 160. 



— 101 - 

^ Lft 8o€ié44 4t9 AntiquairM de ixmdrMMouie'réo^)- 
tion et remercie de l'envoi du même Xaaôioule, en 
Bulletini 159, 160, 161, 162 et des tables du tome ViU. 

3. Par lettre du 27 Juillet M. le mintetre de rinstruc- 
tion publique et des Beaux-Arts annonoe qull a reçu et 
fait parvenir à leur destination les tOl exemplaires du 
3"* fascicule du tome II des Chariee de Saini'^Bertm 
ainsi que les 6 exemplaires de la même pi/blication des- 
tinés à la bibliothèque des Sociétés savantes. 

4* Par lettre du 31 juillet, M. le Ministre de rinstmc- 
tion publique et des Beaux- Arts annonce qu'il vient de 
prescrire Tordonnancement, au nom de la Société des 
Antiquaires de la Morinie, d'une somme de cinq cents 
francs pour la publication du h' fascicule du tome III 
des Chartes de Saint-Bertin* 

S® 12 août, lettre de M. le Ministre de l'Instruction pu- 
blique et des Beaux-Arts, par laquelle il informe qu'il a 
décidé que le 31* Congrès des Sociétés savantes de Paris * 
et des dépaitements s'ouvrirait à la Sorbonne le Mardi 
4 avril 1893. i L'expérience faite depuis 1887, dit M. le 
« Ministre, n'a pas répondu à mon attente,^et les ren- 
c seignements que j'ai recueillis m'oot amené à réta- 
« blir pour la réunion annuelle des Sociétés savantes, 
c la date abandonnée des vacances de Pâques. Je sou- 
« balte très vivement que cette mesure corresponde 
« aux désirs du plus grand nombre, et qu'elle pro- 
« voque de la part des membres de votre Société un 
c mouvement toujours plus accentué de recherches et de 
€ travaux. > Cette lettre est accompagnée du progranlme 
du prochain Congrès. Nous en donnerons un extrait à la 
fin du présent procès- verbal. 

6^ Le 20 août, lettre du même ministère pour aviser la 
Société des Antiquaires de la Morinie d'un envoi d'ou- 
vrages provenant de la Belgique. 

7® Le l**" septembrci même annonoe d'envoi d'ouvrages 
des Etats-Unis. 

8û Le 7 septembre* le même ministère informe qu'il a 



- 102- 

fait panrenlr à leur destination les 126 exemplaires du 
Bulletin historique, 162* livraison, des Mémoires,t. XXII, 
et de la table du t. VIII des Bulletins. 

9* Lettre du 10 septembre de M. le Ministre de Tlns- 
truction publique et des Beaux-Arts informant d*un en- 
voi d'ouvrages par les Pays-Bas. 

10» Le 30 septembre, lettre-circulaire de M. le direc- 
teur des Beaux-Ârts, confirmant la date du 4 avril 1893 
pour le prochain Congrès de Sorbonne, et fixant le 1*' lé- 
vrier comme terme de rigueur pour l'envoi des mémoires 
proposés pour être lus en Sorbonne. 

110 Divers documents du ministère du commerce et de 
rindustrie concernant Texposition internationale de Chi- 
cago. 

12^ Programme des concours ouverts par l'Académie 
nationale de Reims pour les années 1893 et 1894. 

13^ L'Intermédiaire de VOuest, revue bibliographique 
mensuelle, séditant à Niort (Deux-Sèvres), s'offre de 
donner un compte-rendu du dernier volume des Mémoi- 
res de la Morinie contre l'envoi d'un exemplaire. 

14o La Société d'émulation d'Abbeville réclame le 130* 
numéro des Bulletins qu'elle n'a jamais reçu et la table 
du t. VIII. — Renvoyé à M. le secrétaire archiviste. 

15» M. de Bailliencourt dit Courcol, trésorier de la 
Société, envoie, sur demande de M. le secrétaire général, 
le relevé des sommes ordonnancées par M. le Préfet et 
reçues par la Société des Antiquaires de la Morinie depuis 
le 17 mars 1892. 

W M. Marion écrit à M. le secrétaire général peur le 
prier de remercier les membres de la Société des Anti- 
quaires de la Morinie à Toccaslon de son élection comme 
membre titulaire de cette Compagnie. 

1 7» M • le comte A . de Loisne, membre honorai rc/u\ lormo 
M. le Eecréfaire général que VHistoire de Béthune, par 
M. le chanoine Cornet, ne publie pas la charte de 1334, et 
qu'en conséquence il espère que le texte qu'il en a envoyé 
à la Société pourra paraître dans le prochain Bulletin. 



— 103 — 

\9^ M. V. de Swarte, trésorier général de Seine-et- 
Marne, membre honoraire, accuse réception et remercie 
de renvoi du t. XXII. M. V. de Swarte a dû depuis rece- 
voir le 3* fascicule du t. III des Chartes de Saint-Dertin, 

10* La Société les Amis des sciences et des arts de Ro- 
chechouart, propose à la Gk)mpagnie réchange de ses pu- 
blications. 11 est décidé que Ton demandera au préalable 
renvoi de quelques exemplaires des dernières publica- 
tions de cette Société. 

Candidatures. 
M. Charles Liegrand, secrétaire archiviste, et M. le Pré- 
sident proposent M. Ludovic Legrand, licencié en droit, 
demeurant à Tourcoing, comme membre honoraire. La 
proposition est agréée des membres présents et, confor- 
mément au règlement, Télection est renvoyée à la pro- 
chaine séance. 

Nécrologie. 

M. le Président dépose sur lo bureau Jes faire part de 
la mort de M. Amédce Boistel, ancien juge, membre titu- 
laire de la Société des Antiquaires de la Morinie, de 
M. Watterneau, membre honoraire, de M. («.F. J. Dan- 
ooisne, notaire honoraire, membre correspondant, et de 
M. Emile Taillebois, secrétaire rénéral de la Société de 
Borda. 

Communications, 

M. le chanoine Haigneré, membre correspondant, en- 
voie répitaphedu célèbre Alban Butler (Bouteiller), 38« ' 
recteur du collège royal anglais, mort à SaintOmer en 
1773 et inhumé dans la chapelle du collège anglais. Cette 
intéressante inscription est renvoyée à la Commission de 
l'ancienne épi^raphie de la ville de Saint-Omer. 

C'est encore d'une question d'épigraphie audomaroise 
dont M. Ch. Revillion, membre titulaire, entretient la 
Compagnie. Prié par la Société des Antiquaires de la 
Morinie de vouloir bien s'assurer de Tintérèt que pouvait 
offrir pour notre région le recueil d'inscriptions trou- 



— 104 — 

vées dans lea églises et chapelles de Saint Omer, vers la 
an du xvin* sièolet par le chanoine Hellin et conservé à 
la bibliothèque royale de Bruxelles, M. Gh. Revillion a 
vu ce manuscrit à Bruxelles et voici la description qull 
en donne : 

Le manascrit, qai se trouve à la Bibliothèque royale de 
Bruxelles, el sar lequel la Société a demandé quelques rensei- 
gnements est intitulé « Mecuetl d'Inscr^twns sepukhrales dst 
villes lÀlle, Bethune, Aire, St Orner, Bourbourg, Memn, Si Amande 
Oudenarde et Dunkerque, ainsi que de plusieurs villages copiées sur 
les Ueux mêmes par E : A : Hellm, Ckanome et Eoolâtre de S, Sa- 
von à Gand. t. II. » Il provient de la Bibliothèque Gœthals. 

M. Ernest JuUien, gendre de M. Revillion, a relevé les noms 
contenus dans les inscriptions copiées à Saînt-Omer d*aprés 
une liste alphabétique qui se trouve à la fin du manuscrit. 
Ces inscriptions comprennent 31 pages (80 à 110) et sont accom- 
pagnées de dessins d'armoiries exécutés à la plume. D'après 
un renseignement fourni par le bibliothécaire, M. Hosdey, ces 
armoiries n'auraient pas été copiées surplace, mais d'après un 
armoriai que le chanoine Hellin possédait. 

On trouve aussi à la Bibliothèque royale sous le n" 1209, série 
II, un Èpitapkier du Nord de la France, sans nom d'auteur. Il 
porte une note de catalogue ainsi conçue : a Vente de Neufforge 
(mai 1889). 775 (du catalogue). Différentes épitàphes et pierres 
sépulcrales qui se trouvent dans les églises et chapelles du 
département du Nord de la France. » 

« Manuscrit très intéressant de 271 pages renfermant envi- 
ron 2000 armoiries coloriées. » 

En parcourant rapidement ce manuscrit, M. Revillion a relevé 
quelques notes très sommaires : 

A Commine8.se trouvent les armoiries de S** Âldegonde 
Noircarmes au 1 et 4 d'or à la bande de sable chargée de 3 co- 
quilles d'argent ; au 2 et 3, d'argent au chef de gueules, an filet 
de sable mis en bande. 

 l'abbaye de Han, les armoiries de la même famille sont : 
d'hermines & la croix de gueules chargée de 5 roses d*or. 



— 106.- 

Ânx récollets de Béthnne : Antre épitaphe attachée à la ma- 
raille. Les armes comme à Commines. 

En réglise S** Âldegonde à Saint-Omer^ égalcrthent comme à 
Commines. 

A S^ Denis à Saint-Omer : an 1 et 4 comme à fian, an 2 et 3 
d'or à la bande de sable chargée de 3 coquilles d'argeni Snr 
le tont, de gnenles an chef d*hermines. 

La famille de No'ielle, qni porte écu en bannière, écartelé 
d'or et de gueules s'y trouve représentée par 23 armoiries. 

Dans les additions, à la page 271, la dernière Avi manuscrit, 
on trouve cette mention, dans l'église des dominicains de Lil- 
lers : « Sur un vitre dans la chapelle de S' Pierre martyr, 
lequel doit suivre à la page 177 » on trouve sous le nom de 
Saint-Omer un écusson : d'or à 2 fasces de gueules. Gett»page 
271 est suivie de feuillets blancs. La table comporte 9 feuillets. 

A Saint-Omer, on trouve aussi les noms de Ollehain dans 
l'église S' Jean aux armes : d'argent à 3 tourteaux de gueules 
posées 2 et 1 ; — de Wissoc : de gueules à la fasce d'argent 
accompagnée de 3 losanges d'or, 2 et 1. 

Dans l'église de S* Denis, chapelle S* Jacques : Jehan de Long- 
TÎUers : d'or à la croix ancrée, de gueules. 

A la page 268 : « à S" Catherine de Sion à S' Orner... autre 
» épitaphe a droit dn grand autel du costé de l'evang^le taillée 
sur dn bois et attachée entre deux fenêtres. » 

» Icy est mis cet escrist en mémoire de messire Valentin de 
n Pardieu seigneur de la Motte, d'EJjcelsbeke, vicomte de Niele, 
» en son temps gouverneur de Gra véline, chevalier de l'habito 
» de S' Jacques, commandeur de Stapa, du conseil de gftorre 
» de Sa Ma*^ cath% gênerai de son Artillerie, Coronel d'Infan- 
B terie, capitaine des chevaux légers, maitre de camp gênerai 
» au siège de Hny en liiege pris par assaut, aiant esté maieur 
9 de S* Omer, fondateur de ce cloître de S^ Catherine de Sion, 
9 à l'église du quel est son cûsur et bras droit enterré, perdu 
n au siège de l'Boluse ett Flandre, au quel il a fondé une messe 
» journalière et Madame Françoise de Noielle sa compagne, 
o une autre. » 

» Plus a fait plusieurs belles fondations et dons pieux, tant a 



— 106 - 

» rhopital et Teglise dud* Graveline qa*a celle d'Ekelsbeke, 
• avecq le séminaire fondé à Donay d'environ soixante Boar- 
» siers, dont la plupart d'icelles bourses sont demeurées à la 
)) collation du seig' de Guernoval gouverneur de Graveline et 
» héritier principal du defTunct, et après luy ses héritiers a 
» touious. » 

)) U mourut au siège de ^ourlens d'un arquebusade a la 
» teste âge de 65 ans 1595. » 

)) Priez dieu pour son ame. » 

M. Revillion donne ensuite lecture de la table des 130 
noms relevés par M. £. Jullien dans le recueil du cha- 
noine Helltn et qui concernent les inscriptions relatives 
aux églises et chapelles de Saint-Omer. La lecture de ces 
noms montre de quel intérêt est ce recueil pour la con- 
naissance des anciennes familles de Saint-Omer. La table 
de ces noms sera publiée ultérieurement ai la suite de 
l'extrait du manuscrit du chanoine Uellin. 

M. le Président, au nom de la Société, remercie Thono- 
rable membre de ses heureuses et importantes décou- 
vertes, et l'assemblée décide de prier M. Revillion do 
vouloir bien faire le nécessaire pour obtenir, aux frais 
de la Société, une transcription de tout ce qui concerne 
Saint-Omer dans le recueil du chanoine Uellin. 

En reconnaissance de l'obligeant concours que M. Jul- 
lien, à Bruxelles, a bien voulu prêter en cette circons- 
tance à notre honorable» collègue, M. le vice- président 
proiK>seà l'assemblée d'inscrire M. Jullien au nombre 
de nos membres correspondants. La proposition, régu- 
lièrement appuyée, est adoptée et le vote est renvoyée à 
la prochaine séance. 

La séance est levée à 4 h. 30. 

Le Secrétaire général, 
PAGART D'HERMANSART. 



T- 107 — 

Extrait du programme du Congrès des Sociétés savantes 
du 4 avril 1898, à la Sorbonne 

Les 17 premières questions du programme de 1893 
sont les mêmes qu*en 1891 et 1892, en ce qui concerne 
la section d'histoire et de philologie. On en trouvera le 
texte tome VIII, pages 580, 581 et 695 du Bulletin histo- 
rique. Il faut y ajouter : 

18* Dresser des listes aassi complètes et aussi exactes que 
possible des principaux officiers de Tordre administratif, judi- 
ciaire et militaire : baillis, vicomtes, sénéchaux, vigniers, 
capitaines, châtelains, etc.V 
19* Etudier les systèmes des poids et mesures dans un terri- 
* toire déterminé sous Fancien régime. En établir la correspon- 
dance avec le système métrique *. 

Dans la section d'archéologie, la seule question nouvelle 
qui puisse Intéresser la Gk)mpagnie est la troisième : 

3* Faire une étude sur l'art de la mosaïque dans notre pays 
depuis les temps antiques Jusqu'au moyen âge. 

Signaler les monuments existants et consulter, pour Tanti- 
quite, les travaux d'Artaud et de Loriquet sur les célèbres 
mosai'ques de Lyon et de Beims. Pour le moyen âçe, se reporter 
à ceux d'Emeric David, de Viollet-le-Duc. de Mûntz, les mé- 
moires de la Société archéologiaue du midi de la France, etc. 

Etudier la technique particoliére de la dalle funéraire con- 
servée à l'abbave de Saint-Denis et connue sous le nom de 
tombeau de Frédégonde. 

Mentionner, comme dérivant de la mosaïque proprement 
dite, les pierres sépulcrales, les inscriptions et bas-reliefs 
dont le champ est ou a été semé de verroteries ; de cette sorte 
sont le couvercle du sarcophage de Boethius, évêoue de Vé- 
nasque à la fin du vi* siècle, les inscriptions et grante un peu 
postérieurs trouvés par le R. P. de la Croix dans l'hypogie de 
Poitiers, la sculpture du jabé de Bourges. 

* La Société des Antiquaires de la Morinie a répondu d'avance 
à cette 18^ question en publiant dernièrement dans le tome 
XXII de ses Mémoires une notice àur Les œnseiUers pensionnaires 
de SaM-Omerj accompagnée d'une iisie de ces ofllciers avec leurs 
sceaux el armoiries. 

' Cette question a aussi été étudiée par la Compagnie dans 
le tome XYI de ses Mémoires. 



— 108 — 

Compléter le travail par une étade sur les mosaïques de 
TAfriqae romaine : les pavés d'édifices profanes on religieux 
et les tombes du type de Tabarca. 

La section des sciences économiques et sociales pro- 
pose les questions suivantes : 

1* Déterminer, dans une région plus ou moins étendue de 
la France, le sort des biens communaux depuis 1789. 

2* Ëtudier, d'après un exemple particulier, le fonctionnement 
d'une municipalité cantonale sous le régime de la Constitution 
de l'an m. 

3* Ëtudier, dans une commune urbaine ou rurale, l'organi- 
sation et le mouvement des finances locales depuis l'uicien 
régime jusqu'à nos jours. 

4* La gradation des peines peut-elle être sauvegardée dans ' 
le mode actuel d'exécution de la peine des travaux forcés ? 

5* Quelles réformes devraient être apportées à nos lois pour 
faciliter les mariages, spécialement des indigents ? 

6* La prohibition de la recherche de la paternité naturelle 
devrait-elle être supprimée ou tout au moins restreinte? 
Avantages et inconvénients de la prohibition. Systèmes des 
principales législations étrangères. 

7" Conviendrait-il d'étendre ou de restreindre la compétence 
du juge unique dans les tribunaux d'arrondissement ? 

8* A qai conviendrait-il d'attribuer compétence pour juger 
les contestations relatives aux listes électorales ? 

9* £st-il désirable qu'il soit fait en France une loi relative 
aux assurances sur la vie ? Quelles devraient en être les bases? 

10*^ Etudier les mesures propres à garantir les pensions de 
retraite dans l'industrie privée. 

11* Des avantages respectifs des rentes à capital réservé et 
des rentes à capital aliéné ? 

1^ Ëtudier les effets du régime dotal en France. 

13* Quelles conditions convient-il de faire aux étrangers 
établis en Algérie ? 

IV OofiTteodrait^H dRaugmentei^ en France la quotité dT9|ki^ 
nible du père de famille ? 

15* De l'organisation de la faillite et de la liquidation |udi- 
ciaire des non-commerçants, 



— 109 — 

i& Fftr quels moyens* poarraît-OQ. faToriser raccroûBenent 
de la popolatioQieD Franee ? 

17* Rechercher le meillett* nègime légal à appliquer em 
sociétés par aetioDa. 

Quanf à la s^ection de géographie historique et des* 
cripHve, au programme de 1892 publié tome VIII du 
Bulletin historique, pages 696 à 698, il y a lieu d'ajouter : 

15* Rechercher les traces des plas ancienaes populations 
dans les différentes régions de la France, et particnliérement 
en Bretagne. 

OUVRAGE» OVWBBSS»^ 

Saint Thomas de Cantorbéry, par le R. P. Oom L^Huillier. 

Pans, Palmé, 189t'-1802, 2 toI. in 8 de xu-469 et ^ï p. 

Nous laisserons à des critiques pi m aatorisés le soin de rendre 
compte de eet ontrage an point de tus eccfésiastique; Les réëits 
saisissants et entraioaitls qn'il contient, l'expoiitTon de certains 
pointé de- droit canonique et ladiscossion dés inezactittidès que 
certains historiens STaienk accréditées assoreat le succès de ces 
deux grosTohmies. Nous Tenions signaler* seulement ici les 
souTSDlrs qne Thomas Becket a laissés dsns ce pays. Lorsque le 
saint prélat s'échsppa d'àngleterreen 1164, il se rendît- des 
enriroBs de GraTstfnes aux bbrds de l*Aa, et de là par la riyière 
à Ciairraarais, puis à Saint- Bertln, et enûn en tonte hfttë à 
Téronanne puis à Soissons ; et quand il retourna en Angleterre 
pour j périr assassiné^ il passa aoeorst paei'aAbi^dacSWnt* 
B•rUn^ 

Des linges teints du s%ng précieux du martyr eortohlfent 
plus tard la tcésov de l'dbbajf» de SaiutnBet tin, an aatei était 
élevé dans 4a coMégMia de Saiat^Omer en Phonnear et sous le 
iroeaUe deSaint-Tliomss de Gantorbéry, et le oollège anglais de 

^ Voir r Abbaye de Clairmaraiê. et les Abb4s de Cla^rmO' 
raiSy t. XI et XII des MAmoires des Antiquaires de la Morinie, 
et; /es Abbés de Saint-Rêrtim, par M. dt I^ianet qui a men-* 
tienne cette risite. 



— 110 — 

Saint'Omer, fondé en 1S(94, avait dans son église nne chapelle 
dédiée â Saint-Thomas. Ajoutons à ces renseignements fournis 
par l'anteur qae la chapelle de N.D. des Miracles à Saint-Omer 
possédait aassi plusieurs reliques du saint (os, cilice et sang), 
art. 33, 51 et 56 de HuYentaire de 1559. (Bulletin archéologique 
du Comité des travaux historiques et sctenUfiqueê^ année 189 1» 
p. 382 à 392.) 

C'est à raison de ces sonyenirs que l'anteur a en l'heureuse 
inspiration d'illustrer son ouvrage de deux planches représen- 
tant : une Vue générale de Saint-Bertin en 1756 et les Ruines 
de l'église de Saint- Bertin en 1824. 

Le Couvent de la Paix-dejéeus^ 161S-1791. sts en cité d^Arras 

(ordre réformé de Saint-Benott), par M. Gustave Acremant. 

ArraSy 1892, grand in-8, 96 pages, 9 planches. 

L'auteur raconte comment Florence de Yerquignenl, d'abord 
dame de Flines, fonda à Arras en 1613 le couvent de la Paiz- 
de-Jésus snr le modèle du monastère de la Paiz-Notre-Dama 
qu'elle avait fondé neuf ans pins tôt à Douai. L'ouvrage con- 
tient nne conrte notice snr les seize prieures qui de 1613 à la 
Révolution administrèrent le couvent. 

Ce couvent de la Paiz>de-Jésus fut établi dans le refuge des 
Dames d'Avesnes, à Teztrémité de la cité, contre les remparts, 
Deuz religieuses de la communauté dispersée par la Révolution 
ont reconstitué an commencement de ce siècle nn nonveao 
couvent de la Paiz-de-Jésus à Estaire, dans Tancien enclos des 
Récollets. 

Nc^oléon l^ak général Gassendi, 1788-1790, par M. J. do 
Teil. Digne, Imp. Chaspoul-Constans et Barbarouz, in-8, 
8 p. 1892. 

Le baron Jean-Pierre du Teil qui commandait en 1788 l'école 
d'artirerie d'Auzonne, avait appelé divers officiers an régiment 
de la Fère -Artillerie à faire partie d'une commission spéciale 
destinée A étudier le tir des bombes. Parmi enz se trouvaient 
le capitaine commandant de Gassendi et le lieutenant en second 
de Bonaparte. De là naquirent entre eiz de cordiales relations 
qui se Continnèrent même lorsque Ntpoléon lut arrivé au faîte 
des grandeurs. 



U LOI DE JUSnCE ET DE COUTDIE 

DE LA 

Ville de Bdthune, du 2 Mal 1334. 

(Suite) 



Nous venons de classer les dispositions légis- 
latives contenues dans la charte d'Eudes et de 
Jeanne de France du 2 mai 1334. Il nous reste à 
en donner le texte. Cette charte mérite le respect, 
car elle a été le code des libertés de la ville de 
Béthune jusqu'à la Révolution. Elle témoigne, à 
la suite de nombre d'autres documents analo- 
gues, de l'autonomie communale de nos villes 
au moyen-ège, môme quand celles-ci, comme 
Béthune, n'étaient pas à proprement parler des 
villes de commune. Si l'on compare ce régime au 
régime municipal actuel, une conclusion s'im- 
pose : c'est qu'à la fin du xix« siècle, sous l'étreinte 
de la centralisation administrative, nous sommes 
loin des « franchises et libertés municipales » 
dont jouissaient nos pères en l'an de grâce 1334. 



- 112 - 

Coi\ftanSy 2 mai Î334. — Ordonnance d^Eudés IV, duc de 
Bourgogne et comte d'Artois et de Jeanne de France, sa 
femmje, consignant par écrit les prioOèges et couiurnfis 
de l0,tiUe de Béthune. 

Nous Eudes, dux de Bourgoigne, conte d'Artois et de 
Bourgogne, palatins et sires do Salins, et Jehanne, âUe 
du, Roy de France, duchesse, contesse, et dame desdis 
lieux, faisons savoir à tous que comme nostre chière 
dame dewbeoAe mènere, ina4«me4ifehaat, jadis contesse 
d'Artois et de Bourgoigne, que Dieus absoille, eiust, par 
ses lettres prôcedans, confermô les franchises, libertés, 
usages, coustumes de nostre ville de Béthune, des quelles 
lettres la teneur s'ensieut : 

(( Nous, Mehaus, contesse d'Artois et de Bourgoigne, 
palatine et dame de Salins, fasons savoir à tous ceuls 
qui ces lettres verront et orront, que comihe eschevin et 
comunautez de nostre ville de Béthune nous reutracea, 
à leur dame, en nostre première venue, à sérement tel 
que il ont à coustume de faire à leur seigneur ; sachent 
tout que nous leur avonç promis .et juré que nous, leurs 
loys, leurs Chartres, leurs privilèges, leurs franchises, 
leurs bons us et coustumes, leur garderons et mainterons, 
en la manière que nostre devanchier seigneur de Béthune . 
leur ont fait. Ou tesmoing de la quelle chose nous avons 
fait mectre notre seel à ces présentes lettres. Donné à 
'Samt-Homer, le jour Saint-Laurant, en Tan de grâce mil 
-eCC et onze\ » 

Et depuis nostre avènement en la dite conté d'Artois, 
U eschevin, maîeur, bourgois^habitans de la dicte ville, 
nous aient humblement supplié et requis que nous, par 
jaostre conseil, leur usages et coustumes vausissiens dé- 
cj^irier seionc ce que trouvé seroit par les .anchiens que 
op en a à coustume de huser anchieonement et que nous 
yceuls leurs vousissions conformer et ratefier et appruver 
soux nostre seauls. 

' 10 aoâtiail. 



-m- 

Nous» coDsidéraoB la dUe cQofdnxiAcioa de nosire chière 
dame dessus dicte et le commun pqrffit deiuoetre dite 
Tîlle de Béthuoe, et aussi pour garder et. nourrir perpé- 
tuellement pais et vraie amour entre nous, noz^ gens et les 
gens de oostre dicte ville, et pour oster toutes manières 
et causes de destort ^ et de discencion qui pouroient eat;re 
on mouvoir ou tempe advenir, 4 la supplicacion et re- 
queste des dessus dis eschevins, mabieur, bourgois et 
autres habitans de la dicte ville, nous spmmes encline et 
consenti, et avons fait enquerre diligent par les gens de 
noetre conseil que nous créons et aux quels nous adjous- 
tons plainère Joy, la vérité deis usages et coustun^> H* 
bertés et franchises dont les gens de nostre dite ville de 
Bétbupe.ont à coustume et à us ancbiennement, nottoi- 
rement, publiquement et paisiblement ; les quels ^gens de 
nostre. conseil nous ont rapporté les us. et coustumes des- 
sus dis, en la forme et en la manière qui a'ensuit : 

1. Premièrement que en la dicte ville de Béthune.a.dix 
eschevins qui de loy.et communité de celle gouvernant ; 
et est assavoir que des dix eschevins qui pour le tempe 
ont esté au jour Saint Thomas Tappostre [cinq] en devient 
chleuc *, et li autre cinq qui demourent, euls, au lieu 
d'iceuJs, en eslissent autres cinq, d'an en an, selonc ce que 
bon leur samble à leur consciences, et adonc présentent 
yceuls au baillif, pour veoir se il sont souffîsant et de 
yceuls reprochier et dire à rencontre de euls aucune cause 
pour quoy il ne soient soufflsant à li baillifÎB de tempe 
huit jours et vuit nuys, et se dedans ycelle temps il ne 
disoit ou monstroit cause pourquoy li dit nouvel esleu ou 
aucuns ne fust soufïisant, demourer devoiot digne de estre 
eschevin ; et se il mqnstroit que il ne fussent soufflsant^ 
antres souffîsans doivent eslir. 

Et quant li baillus et li eschevin sont d'acort par la ma- 
nière dessus dite, li baillus leur puet commander que il 

* Destorty détournement, aversion. 

' Cbieuc, tombés, quittent leurs fonctions. 



- 114 - 

Caicent des cinq quatre et euls ou lieu du quint, li baillus 
y puet mettre un autre predomme souffisant ; et ce fiait, 
li cinq esleu fout sérement en la main du baillu par le 
manière acoustumôe. Et se aucuns des eschevins tres- 
passoit de cest siècle ancors que le temps dudit eskevi- 
nage fust finis, li autre escheviu esliroient ou lieu des 
trespassès autres preudommes souffisans par leurs sere- 
mens, pour ce que la dicte ville ne demourast vage de loy; 
li quel ainsi esleu seroient présenté et feroient sérement 
au bailliu en la manière que dit est dessus. 

2. Item, que d'an en an en la dite ville, par le conseil et 
le commun d'icelle ville, uns prévost et doy maïheur sont 
fait et renouvelle le venredi de Pentecouste, liquels pré- 
vost et maieur, au porfit publique de toux ceuls de la ville 
et de toux les habitans en ycelle, ont regart, garde et 
corection sur tous les veneus ^ qui se vendent en la dicte 
ville, qui par raiserve seroient^à vendre. 

3. Item, que se aucunes enfranctures quelles que elles 
soient sont faites ou eschiéent de dens la banlieue de la 
dite ville, elles doivent estre traitiées et démenées par le 
jugement des eschevins de la dicte ville et non d'autruy, 
au conjurement du baillu, et les prinses qui sont faites 
amenées par devant eschevins hors mis les gens du sei- 
gneur et aussi hors mis et excepté tous ceuls qui as gens 
du seigneur, à ses bos et à ses yauves * et à ses autres 
domaines mefferoient, des quelles choses sera ordené et 
démené par la manière que contenu est en un article par 
chi dessous faisant mencion de ces coses, qui ainsi se 
commaince : « Item, s'il avenoit que li justice imposast 
aux bourgois etcœtera. » 

4. liem, que se aucuns officiers du seigneur fait adjour- 
nement ou procès, au contraire chesseir s'en doit. 

6. Item, que se aucune personne sake, par ire faite, 
espée ou coutel ou armeure esmolue ' sur autruy, et la 

^ Choses vénales. 

* Yauves, eaaz, étangs et rivières. 

' Arme émoulue, effilée. 



- 115 — 

jostice le fait sentir, jugiés doit estre à soixante livres au 
pourfit du seigneur, se il ne les fait sur son corps deffen- 
dant, dont eschevin ont cinq soulz. 

6. Item, se aucune personne Sert autre soit de la main 
ou d'autre cose, par quoy la personne férue chiet à terre, 
se chil férans le âert depuis qu'il est cheus, jugiés doit 
eetre au pourût du seigneur à unze livres et dis sols, se il 
ne le fait sur son corps defifendant, en laqu^le amende 
eschevin ont cinq soûls. 

7. Item, que se aucuns fiert autre, par ire faite, de la 
main nue, se il ne le fait sur son corps deffendant, jugiés 
doit estre au pourfit du seigneur à trente soûls, dont es- 
chevin ont cinq soûls. 

8. Item, que se aucun ou aucune met main à autre par 
ire laite, et il ait la main garnie de gant ou d'autre chose, 
s'il ne le fait sur son corps defifendant, jugé doit estre au 
pourfit du seigneur à dix livres, dont eschevin ont cinq 
eoul8« ^ 

9. Item, que se aucuns ou aucune dist lait ou vilenie è^ 
aucune autre personne, 11 vileneres ^ doit estre jugiés au 
pourffit du seigneur à dix soûls, dont eschevin ont douze 
deniers. 

10. Item, que se aucuns ou aucune appelle autre serf, 
et il ne l'est, li appelans doit estre jugiés à soixante soûls 
au pourfit du seigneur, dont eschevin opt cinq soûls. 

1 1. Item, que se aucune personne mettoit main, par ire 
faite, à aucun eschevin de ladite ville, ji^giés seroit au 
pourfit du seigneur à soixante livres, Be li eschevins n'es^ 
toit commecerres *, en la quelle amende eschevin ont cinq 
soûls, et doit li sires faire amender envers le féru ' selonc 
la quantité et la qualité du fait et des personnes. 

12. Item, que se aucuns disoit lait ou vilenie aus esche- 
vins ou à aucun d'euls, il seroit jugiés à soixante soûls 
par chascun eschevin contre quy la vilenie seroit dite, au 

* Celai qui ÎDJarie. 

* Si réchevin n'a pas commencé le )[)remier. 

* Le frappé. 



— 116 — 

:ppurfit du seigneur, et en seroient creu li eschevin ou 
ceuls à qui la vilenie seroit dite, dont eschevin ont cinq 
soûls en chascune. 

13. Item, se aucune personne est banie pour mefifait, 
pour lequel ia justice aura conduit tesmoins, li sires ne 
doit ycelle personne banie rappeller ne remectre en la 
ville, se ce n'est par consentement d*eschevins, se banis 
est pour cas criminel ; et se pour autre cause ou autre 
cas étoit banis, li sires le puet rappeller sans esche vins, 
sceu premiers aus eschevins le'cas et la cause pour quel 
fait il auroit esté banis. 

14. Item, se aucuns banis ou b^mie de la ville par année 
ou années, simplement se rembait, le temps dé la banis- 
sure durant, dedans la banlieue, redoubler li doit en ses 
années, et se, dedans le dit terme, il est prins de dans la 
banlieue, il pert Toreille ou vint livres parisis par la forme 
du ban, esquels vint livres parisis eschevin ont cinq soûls. 

15. Item, se aucuns ou aucune disoitou faisait aucupez 
choses indènes, pour lesquelles eschevins regardaissent 
en leur consciences que coreccion de banissure y apar- 
teinst, banir puent à leur rappel, et peueut le bainy ou 
baisnis, à leur dit rappel, rappeller quant il leur plaira, 
sauf ce que en ce ils n'aient aucun pourflt ou avantaige. 

16. Item, doit le justice aler avec eschevins toute fois 
qu'il leur requerront pour oïr publier leurs bans et yceuls 
bans faire tenir. 

17. Itemy que eschevins pour le deu de la ville pevent 
émeindre ^ as déteûrs d'avoir paie à certain jour, sur paine 
de soixante soûls apliquiées à la ville, et se plus grant 
paine y vouloient mectre, faire le peuent, par le consente- 
ment du baillu. 

18. Item, que se li justiche veult prandre ou arester 
bourgois ou bourgoise ou enffant de bourgois, il con- 
vieinct que ce soit en présent mefiQgiit ou en le présence 
des eschevins, par leur enseignement; et, se autrement 
le fait, délaiser s'en doit incontinent, se ce n*est en cas 

^ Mander, enjoindre. 



— 11''' — 

criminel, et convient encors qu'il Tamaine devant esche- 
vins, avant qu'il le puist emprisonner. Et se la justice 
arguoit qu'il l'eust prins pour cas criminel, tenue est la 
justice de Taire îpy souffisant par devers eschevins, ou se 
ce non, dôlaissier s'en doit. Et se il avenoit que aucuns 
bourgois ou bourgoise ou enffant de bourgois de la dicte 
ville, ou quelconque autre personne avoient fourfait ou 
jugement des eschevins et 11 malfaiteres se défùioit paur 
ce, ne demouroit mie que la justice ne l'en peust traitier 
en amende par le jugement des eschevins, aussi bien en 
l'absence du défuiant, comme en sa présence, et l'amende 
Caire poier par l'enseignement d'eschevins. 

19. Item, se en maison de bourgois ou bourgoise de la 
dicte ville justice voult aller ou entrer pour faire prinse 
ou arrest, il doit avoir eschevins avec lui, et par leur 
enseignement ce faire, se n'est pour cas criminel, et, se 
c'estoit pour cas criminel, aller y puet et faire l'arreet et 
tenir, sans despoestir* le liu jusques adonc qu'il ait mandé 
eschevins et que il y soient venu. 

20. Item, si aucun bourgois ou bourgoise ou aucuns 
enfifes de bourgois estoit sievis de le justice à veue d'es- 
chevins et la justice li met sus cas criminel, la dicte jus- 
tice doit faire sentir le cas ou renommée, ou présumpcion 
véémente de dans trois jours, à fin, se il y a cause de dè- 
tencion ou non, puis que 11 arrestes ne seroitslevus d'au- 
truy que de la justice, et, les trois jours dessus dis durans, 
la personne arestée seroit mise en prisoun ou castels en 
telle manière que la justice ne le puet mectre à question 
ne empirier son corps, et se li eschevin le vouloient gar- 
der par les dis trois jours le personne arrestée, faire le 
puent s'il leur plaist, à leurs périeuxS et se la dite justice 
ne fait foy des choses dessus dites de dans les dessus dis 
trois jours, il, ne li dit eschevin, ne le doivent plus tenir, 
sauf et réservé à la justice la possience du fait principal. 

21. Item, se il avenoit que la justice imposast as bour- 

^ Déposséder, quitter. 
' A leurs risques et péril. 



— 118 - 

gois ou bourgoîses ou à enlfant de bourgois qu'il eussent 
DUS maio violence à la personne du baillu ou d'aucun ser- 
gent sérementé en la ville, ou qu'il eussent peschiet es 
yaves du seigneur, ou chacier en ses bois, ou aucun autre 
cas de juridiction réservée au seigneur, tenus est de mec- 
tre les cas à connissance * sommièrement et de plain et 
sans figure de jugement, présent la dite justice et les 
eschevins, s'il est advenus ou non avant qu'il eu paist 
desaisir, ne ester le personne porsievye hors de la dite 
connissance, et se li injure avoit esté faite à le personne 
du baillu, la dicte cognissance seroit monstrée présent 
les eschevins et le lieutenant du baillu, au lieu dudit baillu, 
affin de remisser faire au seigneur ou de demourer devers 
eschevins ; et ne doit li baillu en ses lieux estre avec es- 
chevins à oîr tesmoings, en nul autre cas que en cas 
contenu en cest présent article. 

23. Item, que se li sergent ou li officier et censsier crée 
dou seigneur ou de ses gens quelz que ils soient, fussent 
bourgois ou non bourgois, se meffont en leur office fai- 
sant, la connissance, coreccion et punission dou méfiait 
en appartiennent au seigneur seul et pour le tout, exeptés 
les échevins, prévost et maïeur et autres officiers toux qui 
sont crés par les eschevins et les officiers de le ville. 

23. Itemj puis que bourgois ou bourgoise de la dite ville 
ou aucun de leurs enfians, qui est sievis de la justice pour 
cas pécuniaire, offire à baillier pièges selon la sieute % la 
justice le doit recevoir à plégerie * s'il apparaît aux es- 
chevins que le plégerie qu'il offre est souffisant, et si doit 
tenir la justice. 

24. Iterriy se aucuns ou aucune fait arrester en ville ba- 
thice* ou marchiés, ne coinct, aucun bourgois ou bour- 
goise ou leur catel ', jugiés doit estre par eschevins à le 

^ Preuve. 
» Poursuite. 

• Caution. 

^ Ville forte. 

• Catteux. 



conjure de le justice, à soixante livres au pourfit du sei- 
gneur, dont eschevins ont cinq soûls. 

25. Item, se aucuns ou aucune fait gait à pensse sur 
aucun bourgois ou bourgoise hors de la banlieue de la 
ville, dont li bourgois soit vilenôs du corps, jugiôs doit 
estre à soixante livres au pourfit du seigneur,dont esche- 
vin ont cinq soûls, et se aucun bourgois de le dicte ville 
le faisoitli uns contre Tautre, ceux qui le feroient^seroient 
à vint livres au pourfit du seigneur, dont eschevin ont 
cinq soûls, et si seroit banny de le ville un an et un jour. 

26. Item, s' aucun» bourgois ou bourgoise ou fils de 
bourgois enfraiqgnoient par nouvel fait pais ou trièyes 
données par eschevins, paôser s'en doivent par soixante 
livrée, se il n'y a sanc courrant par plaie ouverte. 

27. Item, doivent eschevin faire gardeurs d'an en an 
qui prandront garde aux marchandises de la ville et faire 
et ordenner bans sur che, qui sont renouvelle et mué d'an 
en an selonc ce que pourfis samble à la discrepcion d'es- 
chevins, desquels li sires a la copie d'an en an,se prendre 
le veult, et font sérement en la main du baillu. 

28. //em^que puis que termes est escheus d'aucune rente 
ou estaige que aucuns bourgois ou habitans doive ou à 
aucun bourgois ou bourgoise, ceuls ou celle a qui la rente 
ou estaige est deuç, puet aller pranre gaige en la maison 
pour quoy la debte est deue, pour sa rente et pour ses 
loys, sans justice et sans eschevins, et se le debteurs res- 
quieust yceuls gaiges et il soit sceu que li sievans aie 
monstre la rescousse \'li restenerees ' doit estre à soixante 
livjies au pourfit du seigneur, dont eschevins ont cinq 
soûls. 

29. Item, que quant bourgois ou bourgoise juirés à le 
halle, treuve aucun de ses debteurs forains dedans la 
ville, le créditeur puet mettre main à son debteur et faire 
yceele debteur tenir par deux autres jurés, tant que li 

* Résistance. 

* Retenure, réparation. 



corps de l'aresté soit mis en la main de la justice pour 
avoir en ce droit et loy. 

30. Item,, que toutteffois et quantefTois aucun cas .es- 
chéant en le dite ville et en le banlieue ou aucunes causes 
viennent par denavant les escbevins, dont il n'en sont * 
une saige du jugier, ycil eschevin se doivent aller con- 
seillier aux escbevins d'Arras et user de ycelli conseil 
avec le leur. 

31. Item, que li escbevins par le conseil du prevost de 
le baie, de deux maieurs et des maieurs des geudes, font 
taille quant boin leur samble sur tous les bourgois et 
bourgbises selonc la quantité de leur avoir, à leur discré- 
cion, pour soustenir leur cbarges et paier les debtes de 
le ville. • 

32. Item, que li dit escbevin puent vendre rentes à vie, 
par l'acort du commun, toutefois que nécessités leur sour- 
vient, et que bon semble aus escbevins et au conseil de 
la ville. 

33. Ilem, que se aucuns bourgois ou bourgoise veult 
yssir de le bourgoisie, poier doit au pourfit de la ville le 
septisme partie de tout son vaillant, et se il avenoit que li 
avoir d'aucun bourgois ou bourgoise escheut ou fust mis 
en main de personne non bourgoise, escarssés doit estre 
de la septisme partie samblablement, comme dessus est 
dit, excepté ce qui pourroit venir en la main du soigneur 
pour fourfaiture ou estrainure '. 

34. Item^ que quant aucunes parolles injurieuses ou 
mauvaises advienent, soit damement * entre aucuns bour- 
gois ou bourgoises, escbevins doivent prendre les trièves 
et faire prendre le sérement par une singulère personne 
se il ne puent treuver en Teure le justice pour le doubte * 
oster. 

^ Ils ne savent. 

' Ëstraïeure. Biens que laisse un étranger on un bâtard et 
qui appartiennent au seigneur. 

* Paroles de damnation, telles que Dieu te damne ! 

* Crainte. 



— 121 — 

35. Item, que les personnes qui sont en trièves contre 
autruy sont tenus de rappeiter leur trièves au siège d'es- 
chevins deux fois Tan ; c'est assavoir à la Saint Jehan 
Baupticle et à la Thiéphaine % en personne qui pour euls 
ait pooir de ce faire, à Tentente d'eschevins ; et qui de ce 
faire seroit en defTaute, il serort encheus en soixante livres 
d'amende par devers le seigneur, dont esche vins ont cinq 
soûls ; et est assavoir que ycelles personnes en rappeitant 
leurs tiréves ont et d(tivent avoir sauf, venir sauf, de- 
mourer et sauf raller, en ce faisant, en toutes choses et 
en tous cas, exepté cas criminel et ban, et que les per- 
sonnes qui viennent pour atriôver ne puissent ycelles 
trièves Jier aucunes personnes, fors celles duquel costè 
lî fait muet pour quoy li triève est prinse. 

36. Item, se aucune personne met autre à mort entre 
deux solaux *, il doit estre jugiés par eschevins à copper 
la teste, se partie ne preuve qu'il l'ait fait sur son corps 
defifendant, et s'il avenoit qu'il nyast le fait et il fust trou- 
vés contre luy, il seroit jugiés par eschevins à mort, de 
traiener et de pendre ; et se li fais estoit fais depuis soleil 
esconse ', de nuyt, il seroit jugiés par eschevins à mort, 
de traîner et de pendre, se partie ne preuve qu'il Tait fait 
sur son corps deffendant ; et se li malfaiteurs n'estoit 
tenus pour quelconque heure que li fais fust fais, il seroit 
banis de la dicte ville à toujours, sur la hart \ 

37. Item, se aucuns bourgois ou bourgoise ou autres 
manans en la dicte ville, herbegeoit à giste de nuyt gens 
armés d'auquetons ou de haubergons ou de plates appa- 
ranment^sans le faire savoir à la justice et à eschevins, 
il seroit jugiés par les eschevins, au pourfit du seigneur, 
'à dix livres, dont li eschevins auroient cinq soulz. 

38. Item, que li eschevins de la dicte ville puent et 

' L'Epiphanie. 

* Entre deux soleils, entre le soleil levant et le soleil cou- 
chant, c'est-à-dire pendant le jour. 

* Depuis le coucher du soleil. 

* Banni sons peine de la corde. 



- 128 - 

doivent retenoir entre les personnes plaidans par devant 
eulB, le demandeur par procuradon fondé par graoe du 
Roy de France nos sires ou de nous, et par procuracion 
souiïisant. Et est assavoir que tous deffendeur en cas civil 
argut un soigne * simple tant seulement, et se il ne vient 
au jour rasigné ans prochains plais après le dit soigne ou 
procureur souiïisant fondé pour lui, li dit eschevin puent 
et doivent adjugier au demandeur sa demande, mais que 
elle ait esté fait par nombre exprès et cicelle pour quoy 
elle a esté faite expressés a volain faire. 

39. Lesques choses dessus dites et chascunes d'icelles, 
nouSy à la relacion dez dites gens de notre conseil ,qui 
enquis ont la vérité d'icelles, déclairons à noz.bgurgois 
et habitans de la dite ville avoir usé, joy et possessé de 
ycelles anciennement et notoirement, et ycelles voulons, 
leons et approuvons et de certaine science confermons, et 
d'abondant donnons et octroions à noz dis bourgois et 
habitans de la dicte ville et à leurs successeurs qu'il on 
puissent joïr et user paisiblement et perpétuelment ou 
temps advenir, sans empeschement ou contre dit mectre, 
de nous ou de noz hoirs, ne de noz gens, ne de ceuls qui 
aront cause de nous, et à ce tenir et aemplir fermement 
et perpétuelment à tous jours nous obligons nous, noz 
hoirs, nos successeurs; encores voulons nous et octroions 
aus gens de notre dicte ville que toutefois que nous ou noz 
successeurs, ferons ou establirons nouvel bailiu en nostre 
dicte ville; que li diz baillu faice serment, une fois en son 
commencement, de garder les poins et toutes les choses 
contenues en cest présent privilège, duquel li baillu doit 
avoir copie s'il le requiert. 

Toutes ces choses nous voulons et octroions, sauf et* 
réservé, à nous et à noz hoirs, nostre baronnie, nostre 
souveraineté et nostre ressort et tous autres drois que 
nous, nostre hoir ou cil qui auront cause de nous, pour- 
rons et devenons avoir en tous autres cas, qui en cest 
présent privilège ne sont contenu et expressé, et aussi 

^ ReprésentaDt. 



- 128^ 

saof et réservé aus gens de noetre dicte ville et à leurs 
successears, tous leurs drois, leurs bonnes coustumes et 
usages, franchises, libertés et privilèges qulls ont et 
puent avoir en autres cas que cy-dessus ne sont expres- 
sés. Et encore voulons nous que tout deffendeur fondé 
par procuration suffisant soient receu par telle manière 
que contenu est dessus» du demandeur. 

40. Item, se aucune personne va contre le dit d'esche- 
vins, jugiès doit estre à soixante livres au pourfit du sei- 
gneur, dont eschevins ont cinq soûls. 
. Et est assavoir que Nous Dux et contesse dessus dis, 
avons donné et donnons à nostre chière compaigne dessus 
dite, pooir et auttorité de faire et acorder et confermer 
toutes les choses dessus dites et chascune d'icelle. Et nous 
duchesse et contesse dessus dicte, du pooir et auctorité à 
nous donné de nostre chier seigneur dessus dit,, avons 
toutes les choses dessus dites confermèes et acordées, 
acordons et confermons, en la manière que dit est dessus. 

En tesmoing de ce. Nous Dux et contes, Duchesse' et 
contesse dessus dis, avons fait mectre noz seauls en ces 
présentes lettres faites et données à Conflans, prè^ de 
Paris, le scécant jour du mois de may, Tan de grâce CGC 
trente-quatre ^ 



APPENDICX: 

Compiègne 27 octobre 1346. — Eudes de Bourgogne et 
Jeanne de France accordent aux habitants de Béthune 
un befft^i aoec cloches et prison. 

Eudes, Dux de Bourgoigne, contes d'Artois et de Bour- 
goigne, palatin et sires de Salins, et Jehanne, fille du Roy 
de France, duchesse, contesse et dame desdis lieux,savoir 
faisons à tous présens et a venir, que nous, Dux et du- 
chesse oonjoinctement, et nous. Duchesse devant dite, du 

^ Arcb. nat. Trésor des chartes, JJ 76^ n* 100. 



— 124 — 

bons consentement et auttorité de nostre dit seigneur et 
espous le duc dessus dénommé, attendus et considérés 
les bons et agréables services que nous ont fait noz amés 
et féaus eschevins, prévost, roaieurs et habitans de nostre 
ville de Béthune, tant pour le temps des présentes guer- 
res, comme en autres temps et autrement meismement, 
en très bon poit, loyauté et louable gouvernement qu'ils 
ont eus en la bonne et ferme résistance encontre les en- 
nemis du royaume quant ils assiégèrent deerenièrement 
la dite ville \ et que nous espérons qu'encoresdoient foire, 
à leur supplicacion et requeste, comme a ceuls qui grâce 
ont desservie, de certaine science et de grâce espéciale et 
pure libéralité, voulons et accordons aus dis eschevins, 
prevost, maieurs et habitans, que euls en la dite ville de 
Béthune ou bon leur samblera, sans préjudice de nostre 
chastelo faicent, construent etédeûent et tieugnent, puis- 
sent faire construir, edefler et tenir a tous jours, un bef- 
froy et cloques dedans et en ycelle beffroy faire prisons 
es quelles tous ceuls qui seront prins en la dicte ville et 
banlieue, bourgois, bourgolses ou enffant de bourgois ou 
de bourgoises de Béthune et non autres, par quelconque 
cas ou délis que ce soit, seront et "devront estre tenus et 
emprisonnés, et par nostre jeolier ou ceppier, par nous 
ou noz officiers mis et institués, gardés ; et à nous appar- 
tiendra tout le pourfit de jeolage ou ceppage. 

Et est assavoir que nostre entente n'est pas, ne nostre 
voulenté, que par la concession faite aus eschevins, pre- 
vost, maïeur et habitans de la dicte ville, par la teneur de 
ces présentes, commune leur soit ottroyée ou donnée. 

Et est assavoir que [se] aucuns bourgois ou bourgoise 
ou enffans de bourgois ou de bourgoise estoit prins ou 

^ Le siège de Béthune par les Flamands, commencé le 14 
août 1346, fut levé au bout de trois semaines. Les assiégés le 
soutinrent avec grand courage et subirent des pertes que l'or- 
donnance de Philippe YI, du mois de mars 1347, estime à 
200.0001b, soit plus de 17 millions de notre monnaie. (Ord. des 
Rois de France/t IV, p. 144.) 



- 125 — 

are6té& et rois ou dit beffroy pour aucun des cas réservés 
à nous, au privilège donné piéça ^ de nous, ou confermé 
à la dicte ville, il seroit traitiés, démenés et emprisonnés 
par la manière contenue ou dit privilèges, lequel nous 
voulons estre tenu et gardé, sans enfHraindre ne contre 
venir, sauf et réservé, à nous et aus nostres aus choses 
dessus dictes, nostre justice, seignerie, ressort et souve- 
raineté, ne en autres choses, nostre droit, et, en tout, 
Tautruy. 

Et encores voulons que se il avenoit ou temps à venir, 
que ces choses dessus dictes eust aucune doubte ou obs- 
curité, que il soit esclaichi et interprété par nous, noz 
hoirs ou successeurs toutes d'accorz, licence et auctorité 
de faire ottroier et acorder les choses dessus dites. 

Au tesmoing des quelles choses, nous, dux et duchesse 
devans dis, avons fait mectre noz seaulz à ces lettres. 

Donné à Compiengne le vingt septisme jour d'ottobre, 
l'an de grâce mil CGC quarante six '. 

Paris, 28 avril 1892. 

C^ A. MENCHE de LOISNE. 



• Présentement. 

' Trésofr des chartes JJ 76, n* 109. Vidimas confirmât!! de 
Philippe VI du mois de janvier 1347. L'original de cette charte 
se trouve aux archives du Pas-de-Calais. Elle a été imprimée, 
d'une façon incorrecte, dans le Recueil des chartes et titres con- 
cernant les fimeUons des grands baillis d'Artois^ p. 16 et analysée 
dans le Dictionnaire histmqm et archéologique du Pas-de^alaù, 
Béthane, 1. 1, p. 66. 



LES FRAIS DU PAS D'ARMES 

DE LA CROIX PÈLERINE 

1449 



Le pas d'armes de la Croix pèlerine, qui eut lieu 
en juillet 1449 dans la banlieue de Saint-Omer, 
près de la croix du Longjardin,etqui fut présidé 
par Philippe le Bon, duc de Bourgogne et comte 
d'Artois, a une certaine réputation, et a été l'objet 
de beaucoup de récits anciens et modernes. Les 
chroniqueurs Mathieu d'Escouchi, Olivier de la 
Marche au xv« siècle, puis Vulson de le Colom- 
bière, et, dans les temps modernes, M. de Ba- 
rente, ont parlé de ce tournoi célèbre, étudié plus 
tard aussi par divers savants du Pas-de-Calais, 
du Nord et delà Somme : MM. Harbaville, Roger, 
Eudes, Piers, Quenson, A. Janviers 

^ Le dernier de ces récits est celai fait dans une brochnre 
devenae assez rare : Tournois et fêtes de chevalerie à Samt-Omer 
\ux XIV et XV' siècles, par Albert d'Hermansart, § VI, p. 31, 
D'Homont à Saiot-Oroer, 1888, in-12 63p. L'autear y donne 
ane bibliographie complète des ouvrages de ceax qai ont écrit 
avant lui, détermine d*ane manière définitive la date de ce toar- 
noi et ^en restitae la mise en scène. Les extraits d'archives 
qae nous publions sont en quelque sorte les pièces justifica- 
tives de ce travail. 



-m- 

Les archives municipales de la ville de St-Omer 
contiennent le détail très étendu des dépenses 
effectuées pour ce tournoi, et il nous a paru intér 
ressant de reproduire quelques extraits les plus 
importants de ces comptes pour compléter tout 
ce qu'on sait sur cette fôte chevaleresque ; nous 
y avons joint la copie du traité passé le 13 mai 
1448 entre le s^ de Hautbourdin et la ville de St- 
Omer tirée des registres aux délibérations du 
Magistrat. 

I 
, 18 Mai 1449 

TPaité entre le s' de Haubourdin et la ville de Saint-Omer 

Après serment fait tant par tous messeigneurs de la loy 
de l'une et Tautre année comme par Maistre Jehan de 
Sussaint Léger, conseiller, Robert dû Val,Nicaise Walle- 
brun clerc*, et les dix jurez de le ville de tenir secret cer- 
tains fais d'armes ou aultres besoingnes déclairées sans 
nommer ceulx qui faire les dévoient par mons. de Hab- 
bourdin à Mess, les maieurs sire Jaque Muselet, et sire 
Alleaume de Rebecqué *, à lesté prochain à venir, en ceste 
ville ou banlieue, l'espace de trente jours durant,où grant 
assemblée-de nobles personnes princes et aultres adven- 
ront, dont diversement le ville et le pueple porroit gai- 
gnier, pourveu que len flst gratuité convenable à cellui 
ou ceulx qui feroient les choses avant dites pour aidier à 
supporter leurs despens, en tel manière qu'ilz fussent 
contensdecy accepter le lieu, laquelle chose estoit en leur 
obcion et élection, et pour avoir ledit gaingnage, ceulx 
des villes de Bruges Lille et Arras avoient olfers grans 

• Robert do Val, greflSer. 

Niealse Yallebran,. greffier do crime (crimioel). 

* Jacqoes Moselet, mayeor en exercice. 'AUeaome de Rebec* 
qoes, mayeor de l'an passé. 



Bommee de deniers, néaDimoins considéré le cittuacion 
de oeste dicte ville, les boins vivres et aultres causes, 
leur affection estoit plus de cy besoingner que ailleurs sy 
quil disoil affin de trouver manière que les dictes armes 
et besongnes fussent yci faites, et que par ce moyen^ te 
pueple de ceste dicte ville enist aucun gaignage. 

Mesdits seigneurs et les dix se sont sur ce assemblez 
et ont eu advis et délibéracion ensemble plusieurs fois 
et flnallement ont promis et offert la somme de quinze 
' cens escus d'or de lxviii gros la pièce, oudit monsieur 
pour et au nom de celluy ou ceulx à qui apartiendra, à 
paier le tierch desdits, les premiers dix jourrs que Ten 
aura commenchié à besongner,raultre tierche par dedens 
les dix jours ensuivant, et le surplus en fin des desrai- 
niers dix jours d'iceulx trente jours. 

Desquelz xv* escus ont esté paie pour convertir es salaire 
des hiraux qui par toutes régions xrétiennes doivent publier 
les choses avant dites six vins escus. 

Et furent promis à mondit sieur de Helbordip cent escus 
dudit pris, adûn qu'il tenist le main ad ce que le chose se 
entreteinst ici. 

Fait le xiii jour de may. 

(Extrait du registre B des délibérations du Magis- 
trat commençant en avril xiiirxLViii et ffnant 
XXIX d'octobre xiiirLXXii f 2.) 

II 

Députaiion envoyée à Bruxelles gui obtient du duc de 
renoncer à prendre pendant son s^'our à Saint-Omer le 
vin pour son usage et celui de sa suite à raison de 3 de- 
niers le lot (avril 1449). 

A sire Aleaume de Rebeque maieur, à sire David 
d'Ardre pour cest an, et à sire Henry de le tour en Tan 
passé eschevin, et à maistre Jehan de StHb Saint Légîer, 
conseiller de le dite ville, pour avoir allé en la ville de 
Bruxelles à la journée servant et assignée au xx!!!!** jour 
davril en cest an xlix par devant mons. le duc de Bour- 



— 13Ô - 

goingne ou messieurs de son grant conseil, pour traictier 
à mon dit sieur touchant le vin de boichon que pour le 
despens de lui et de tous les gens de son estât et hostel 
il maintient povoir prendre et avoir lui estant en ceste 
dicte ville comme conte dartois par seullement paiant 
ind. du lot dont mon dit sieur par traictié fait a deschargié 
le dite ville et le promist tenir quicte jusques au Npel 
oudit an, posé qu^ durant le dit temps il soit et se tiendne 
en icelle, moiennant que messieurs seront tenus et char- 
gés de paier je cariage des bois, sablons et fâchons des 
liches, esquelles se feront les armes lez ceste ville du 
chevalier conducteur de la pèlerine, lesquelles liches, 
aprez les dites armes acconTplies, seront gardées par 
Mesdisseigneurs ^ . 

(Extrait du compte de 1448-1449, p. mi" m r'.) 

III 

1448-1449 

DéputaUo\efwoyée au duc de Bourgogne, comte d'Artois, 
pour obtenir de pouvoir distribuer des prix en argent. 

A Robert Mondrelois pour ung voiage par lui fait de 
lordonnance et commandement de mesdisseig. maieur 
et eschevins es villes de Bruges et Lescluse, devers 
Mons. le duc de Bourgoigne et son conseil, pour obtenir 
de mon dit sire grâce et licence de pouvoir en ceste dite 
ville donner pris dargent ou autrement pur lot ou sort 
jusques à la somme de vi livres, lequel lot mesdits seig. 
maieur et eschevins i avaient conclu faire à lassemblée 
des armes de chevalier à la pèlerine, moiennant le consen- 
tement de mondit sieur le Duc, à intencion de y prendre 
proulBt pour subvenir aucunement à la lespence qui a 
cause des dites armes la dite ville pourroit avoir. Laquelle 
grâce et licence ledit Robert na put obtenir senon que 

^ Gel article du compte comprend d'autres dépenses, réuDles 
en bloc, de sorte qae nous oe pouvons indiquer les fn^is 
spéciaux de Fambassade. 



— ido — 

mon dit sieur eut le tiers du gaing du dit lotiseemeot 
pourquoy comme chargié lui fù sen depporta\ 

(Extrait du compte de 1448-1449, f un" v. ▼•.) 

IV 

1448-1449 

Paiement des 1600 écus tTor promie par le iraUé du 
13 mai 1448. 

A MoQS. Jehan, bastart de saint pol, chef alier .seigneur 
de Habourdin, conseiller et chambellan de Mons. le duc 
de Bourgoigne et de Bràbant, de Tordonnance et com- 
mandement de Mess. Maieur et Eschevins de ceste ville, 
a esté paiée et délivrée la somme de xvv escus du prix 
de XLViu gros monnoie de Flandre lescu, que mesdits 
Maieur et Eschevins, ou nom de la dite ville, dévoient, 
est assavoir les xv* escus pour le chevalier nommé le 
chevalier à la pèlerine, lequel, moiennant la dite somme 
et par traictié fait par mesdiss., se compriftst de faire 
les armes que à cause de la dite pèlerine 11 avoii 
emprinses à la croix de Langardin en la banlieue et au 
près de ceste dite ville, afin que par l'assemblée des 
seigneurs et autres qui à ceste cause se feroit en ceste 
dite ville, le peuple dicelle et corps dicelec y peust avoir 
prouffit. 

Et cent escus pour- la promesse et courtoisie faicte à 
mondit sire de Habourdin pour avoir esté moien dicelle 
traictié. 

Pour ce cy la somme de xvi" escus. 

(Extrait du compte de la ville 1448-1449, 
f vii« nii V*). 



* La somme spéciale payée pour cette dépotation qai ne 
réassit pas n*est point indiquée, car la dépense est réunie 
avec d'aatres ; elles font en tout zi* viu*. 



— 131 — 

V 

1448-1449 

Dépenses de la ville pour le tournoi. 
Autre despens pour ouvrages/aiz à cause et pour les liches 
des armes du cheoalier à lapélerine foUetes cCupres de 
la croix de Idngardin ou mois de Juillet mil iiii* et xlix 
comprins en ce compte \ 

Et primes. 

A Jehan Hemelle la visite et ses coDSors cartons pour 
avoir amené hors de le forest de beaulo jusques au rivage 
vin» et xm quesnes que grans que moiens servans à 
&ire les dites liches dont par marchiô à eulx fait leur a 
esté paie et délivré xxxii lib. xi*. 

Et au dit Jehan Hesselle pour, avoir amené de le foret 
de malmes les querscamps en ceste ville xxi quesnes pour 
icelles liches xim* pour chascun quesne sauf qu'il a baillie 
iul davantage, valent xiiii lib. 

A Simon le pape maronnier pour avoir amené et fait 
amener du rivage de le forest de belo au rivage du Cay 
en ceste ville les viii" xiii quesnes par batel en quoy a eu 
environ l voitures pour tout par certifflcation des com- 
mis aux ouvrages de la ville, mandement de mess. 
Maieur et eschevin et quictance de Mess. Maieur et 
eschevins et quictance dudict Simon cy rendue xxx' xv". 

A Jehan Lebrauwere et Jehan happe cartons demou- 
rans à Ruhout pour avoir amené de le forest dudit lieu 
de Ruhout jusques au rivage nu" viii quesnes que grans 
que petis x' iiu*. 

A Martin de Lof et Miquiel Colman, cartons pour avoir 
amené depuis le rivage en lisle à la halle de le carpen- 
terie n* lxi pièces de bois de quesne venant des forestz de 
belo et de Ruhout pour la cause dicte y compris xn ques- 

* Noos ne publions que les principaux artioles de ce compte 
qui est très long, très détaillé, et occupe plusieurs pages du 
registre. 



— 138 - • 

nés prins par emprunt à Aleaume de Lomprey et à Jaques 
FloureDS lesquelz ont prins en ce lieu xn autres quesnes 
sur le rivage pour ce et par marchié à eulx fait xviii* pour 
chascune pièce valant xix lib. xi* vi*. 

Aux carpentiem et soyeurs days pour avoir fait et 
carpenté assis et abatues les liches et maison dont dessus 
est faite mention les vaquacions salaires journées et 

parties qui sensuivent qui 

font en tout Mxli jours dun homme dont en appartient 
aux dits Jehan de la Serghelle et Jehan Hues maistres 
carpentiers cxviii jours et demi a v* le jour valent xxix* 

VII' VI*. 

et les autres pc* xxn jours et demi a un* pour chascun 
valent ciiii" nu lib. x'. 

Item Frerin van Brugghe et Rasse sen compaignon 

scieurs d'ais qui font en tout v' lxiiii jours dun 

homme a nu' le jour valent cxii lib. x\\ 

Pour un tonnel de cervoise donné en courtoisie aux 
ouvriers xvi'. 

Commis aux ouvrages desdites liches maistres carpen- 
tiers frais divers vi lib, xvi'. 

Somme totale (pour fourniture de bois et n^ise en 
oeuvres) ci m' xxxiiii lib. ix' vi*. 

Item pour avoir fossilietet labouré .au lieu ou Ion a 
a^is lesdites liches montent en tout ii*lxvi jours et demi 
qui valent à n' le jour xxvi lib. xiii*. 

Ferailles fournies par Mahieu de Coquempot feure 
xxui* r u*. 

A Ck)lart de Saulty paintre pour avoir paint sur le mai* 
son dicelles liches v escus des armes de Mons. le Duc à. 
deux banderolles mises sur icelle maison lx*. 

A Clay Folque kentillier pour iiii vieulx kentilz coppea 
par trenques à lui prins pour couvrir entre deux aisselles 
aux maisons sur la dite maison des liches à le crois de 
Longardin xxxu'. 

Item à Pierre Hebbruc pour avoir couvert de noir pôy 
lesditz kentilz et ataquiet de deux afin que leaue ne cheyst 



r 



— 133 — 

oultre ou il a emploie xvnt lîb. i9t demi de noir pojr à itf M 
livre valent lV vi*. 

Aux cy aprez desuommez pour lé sablon quilz men^rwit 
ansdites liches ci m*Lxxtm carées à deux chevaux xV pour 
chatouDe carée valeot xxui lib. vi* m'. 

Item à BaudÎD le lardeur.pour avoir ahanô et erchiet le 
place où on a assis les dite^ liches xii'. 

A Miquiel Cplman pour avoir mené de ceste ville au 
prez de le croix de loDJardin au lieu où les dites armes 
furent faites tout le ix)s servant ausdites liches par mar- 
chiè à liii dénommé par cry et rabais viii lib. xvi*. 

Item audit Miquiel et autres cartons pour avotir ramené 
lesditz boz dicellds liches en la selliers de le ville..... ett 
toût VII" cÀrées à n' le carée val xnii Hbr. nu'. 

A Jehan Piet et Hanneque Bournon pour avoir garde de 
jour et de nuit les dites maison et liches depuis le xiii jour 
BAil mi*xLix jusques au xix jour de septembre ensuivant 
ou sont Lxvm jours. 

A sire Nicole Widoit et sire Tassart de Bresmes esche- 
vin et pour lan de ce compte commis aux ouvrages de 
ceste ville et à Baudin de Mussem maieur et Robert Crat- 
veen lun des dix jurez du commun de ladite ville depputez, 

pour conduire louvrage desdites liches est assavoir a 

chascun d'eulx, oultre le prouffit des estelles quilz en ont 
receuy et aussi oultre les gaiges ordinaires que ont lesdis 
eschevjns à causes des ouvrages commis de la ville lx' 
valent xii lib. 

Somme vi'nii"viï lîb. xi' xi* courant valent v'iiii"ix lib. 
vil* im*. 

(Extrait du compte de la ville 1448-1449, 
r vin**ix et suivantu.) 

Le pas d'armes de la pèlerine coûta donc à la 
ville : 

Seise cents écus (For donnés au sire de Haut- 
bourdin (pièces I et IV). 

Trois cent trente^trois livres neuf sols six de- 



— 134 — 

niers pour la fourniture de plus de 250 chênes 
et mise en œuvre des bois, payés aux cartons, 
maroniers.S carpen tiers, scieurs d'ays. 

5te cent quatre-vingt-sept livres onse sous onze 
deniers pour le nivellement du terrain, le sable, 
Pinstallation, la peinture et la garde des lices, 
ainsi que leur transport après le tournoi dans les 
magasins de la ville, qui avait été autorisée à les 
conserver. Cette somme fut partagée entre les 
fèvres, kintilliers •, cartons et gardes (pièce V). 

Il faut y ajouter les frais non spécifiés d'une 
première ambassade envoyée le 24 avril 1449 par 
le Magistrat à Bruxelles, afin d'obtenir du duc de 
renoncer au privilège de prendre, pendant son 
séjour à Str-Omer, le vin pour son usage et celui 
de sa suite à raison de 3 deniers le lot (pièce II), 
et ceux d'une autre députatisn envoyée à Bruges 
et à Lescluse, qui ne réussit pas dans sa mission 
(pièce III). 

PAGART D'HERMANSART 



* On appelle encore dans ce pays carton l'ouvrier qai, dans 
les fermes, est chargé de condaire les chevaux et les chariots. 
Le mot manmage est employé aujourd'hui pour désigner le droit 
de se faire délivrer des arbres pour la construction et la répa- 
ration des bâtiments, c'est un droit d'usage. 

* Les fevres ou feàvres travaillaient le fer, les kmtHUers 
étaient les tapissiers, on écrivit aussi plus tard guiniilHers. 

8aait-0B«r. Imp. ■. D'aonoiif . 



BULLETIN 



DE LA 



SOGlfiTfi DES ANTIQUAIRES DE LA MOEINIE 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 28 Novembre I892, 

Président : M. BUTOR, Président 

Secrétaire général : M. Paoart d'Hbrmansart. 

La sôaDcc s'ouvre par la lecture du procès-verbal de 
la séance précédente qui est adopté sans observations. 

Dons, hommages, échanges» 
— De la part des auteurs : 
La villa belgo- romaine à Gosselies (faubourg nord), par 

D.-A. Van Bastelaer. 
Fressin. — Histoire -Archéologie. Statistique pur M.Tabbé 

Fromentin. 
I.*c3 antiquités de Tàge du bronze de la Sibérie du musée 

de Minousinck. par F.-R. Martin. 
Société de secours des amis des sciences, par S.-J. Thé« 

narl. Compte-rendu des 3I"» et 32"« exercices. 
La Revue du Nord, 3™« année, !•' et 15 novembre 1892, 

n«* 31 et 32. Directeur, Emile Blémont; réJacteur, 

Henry Carnoy. 



— 136 — 

-^ Delà part de M. E. Edmont : 

Une scène de l'ancien carnaval de Saint-Pol (Pas-de-Ga* 
lais), 1886. — Documents tirés des archives commu- 
nales de la ville de Saint-Pol, K87. — Le bois de la 
ville et la forêt de Sai.it-Pol, 1888 à 1800. — Notice 
biographique sur Guillard de Beaurieu, sans date. — 
Tirés à part du journal VAbeille de la Ternoise. — 
L'ancien carnaval de Saint-Pol, 1892. 

-- De la part de la Préfecture : 

Bulletin de la Commission départementale des monu- 
ments historiques du Pas de-Cialais. Tome I, 2«, 3« et 4« 
livraisons. 

Epigraphie du département du Pas-de-Calais, ouvrage 
publié par la Commission départementale dos monu- 
ments historiques. Tome II, V~«et3™« fascicules — 
Tome V, l*** fascicule. La cathédrale de Saint-Omer, 
par Henri i-ioriquet. 

Inventaires des monuments du Pas-de Calais, intéressant 
Tarchéologie ou l'art. Mobilier des églises rurales. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Auxerre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his- 
toriques et naturelles de TYonne, année 1892, 46"« vol., 
(16« delà 3« série). 

Bordeaux (Gironde). Société archéologique de Bordeaux. 
Tome XIV, 4n»«' fascicule, 4~« trimestre. — Tome XVII. 
!•' fascicule, l*' trimestre. 

Béziers (Hérault) Bulletin de la Socidié archéologique, 
'scientifique et littéraire de Bézfers, 2"» série, t. XV, 
2m« livraison. 

Dax (Landes). Société de Borda, 17«« année, 189^. Bulletin 
trimestriel, juillet septembre. 

Rennes (Ille-et-Vilaine). Bulletin et mémoires de la So- 
ciété archéologique du département d*llle-ct-Vilaine, 
tome XXL 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d*Aunis, Bulletiade la Société des archives histori- 
ques, 12«« volume, 6™« livraison, I" Novembre 1892. 



— 137 — 

t 

Toulouse (Haute-Garonne) Bulletin de la Société archéo- 
logique du Midi de la France, série in-8«, n» 10. 

VaZcnciennes (Nordj. Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de Tarrondissementde Valenciennes, 44"»« année, 
t XLII, no 9,. octobre 1892. 

Vervins (Aisne). La Thiérache. Bulletin de la Société 
archéologi ue de Vervins, tome 13"»«. 

Abonnement 

Polybiblion, fievue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2"« série, t. 36°>», LXV"» de la collection, 
5™« livraison, novembre. — Partie technique, 2"« série, 
t. 18">^ LXVIœ» de la collection. II™» livraison, no- 
vembre. 

Journal des Savants, septembre et octobre 1892. 

Revue historique, 17">® année, t. 5™\ II, nove nbre-dé- 
cembre 1892. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publiât ions 
populaires, 23"« année, XI, novembre 1892. 

Correspondance 

l» La Société philosophique américaine de Philadet* 
phie invite celle des Antiquaires de la Morinie à la célé* 
bration du 150°»" anniversaire de sa fondation leji mai 1893« 

Elle accuse réception des livraisons 161 et 162 du Bul' 
letin histoïique et du tome XXII des Mémoires, 

29 The Smithsoman Institution de Wasinghton accuse 
également réception du fascicule I du tome III des 
Chartes de Saint'Bertin. 

30 M. le Président de la Société d'agriculture, sciences 
«t arts de Valenciennes demande des renseignements sur 
la personne et les œuvres d'Adam Lolhman, qui a ré- 
sidé quelques années à Saint-Omers M. de Noircarme 
se chargera avec plaisir des recherches sur les registres 
de catholicité, et M. Sturnc voudra bien examiner si il 
est possible de fournir quelques documents encore iné* 
dits sur les œuvres de ce sculpteur. 



— 138 — 

Elections d'un membre honoraire et d'un membre 
correspondant. 

L'ordre du jour appelle le vote sur la candidature pro- 
posée à la dernière séance de M. J^udovic Leprand, 
licencié en droit à Tourcoing. Le candidat aj'ant réuni 
Tunanimité des sufYrages est proclamé par M. le Prési- 
dent membre honoraire 

Un autre scrutin est ouvert, et M. Ernest Jullien, de- 
meurant à Bruxelles est proclamé membre correspond 
dant, à 

Avis ^era donné à ces deux membres de leur nomi- 
nation. 

Candidature, 

M. Bulor, président, M. Uerbout et M. Justin de Pas 
proposent la candidature comme membre honoraire de 
M. E. Edmont, de Saint-Pol. Le candidat est l'auteur de 
cinq brochures énumérées ci-dessus dans la liste des 
dons et hommages. 

Communications, 

M. le Président annonce qu'à la vente de livres de 
M. le baron Dard, il a pu se procurer le tome II do la 
Grande chronique de Hollande, par Jean-François le 
Petit, qui manquait dans la bibliothèque de la Société. 
» M. le vice-président y a également acheté pour le 
compte de la Compagnie les 2 volumes des Sceaux de 
Flandre, par L)emay. 

Enfin M. Justin de Pas fait don à la Société des li- 
vraisons 101 à 110 du Bulletin historique dont il s'est 
rendu acquéreur à la même vente de livres. 
Tour de Saint -Berlin, 

Le secrétaire-général signale la 3"»" livraison du tome I 
du Bulletin de la Commission départementale des mo- 
numents historiques du Pas de Calais, où on lit une 
lettre de M. le Sous-Préfet de Saint-Omer, en date du 
4 février 1891, par laquelle il signale à M le Préfet Tétat 
de la tour de Saint- Berlin, et demande que la Commis- 
sion des monuments historiques prenne les mesures 



- 189 — 

nécessaires pour que des travaux de réparation et de 
consolidation soient exécutés sans retard à Tescalier 
(p. liO). Cette lettre a donné Heu à diverses observations 
(p. 190), et le 25 mars le secrétaire de la Commission 
a écrit à M. le Préfet, pour lui faire savoir que celle- 
ci appuyait les démarches do M. le Sous Préfet, de 
Tadministration municipale de Saint-Omer et de la 
Société des Antiquaires de la Morinie, en recommandant 
à sa haute sollicitude la conservation de la tour de 
Saint-Bertin ; mais comme Tétat de ce monument parait 
imputable aux diver&es administrations municipales qui 
se sont succédé à Saint Omer, elle pense que c'est au 
conseil municipal a demander les premiers fonds, sauf à 
obtenir de TËtat de parfaire la somme nécessaire aux 
restaurations. 

La 4"« livraison de cet ouvrage mentionne aussi une 
communication de notre honorable vice-président, M. 
Tabbé Bled, relative à un important débris de la cathé- 
drale de Thérouanne encore existant dans l'église d'Jn- 
ghem ; sa note et un tics habiie dessin de notre collègue 
M. Slurne qui l'accompagne doivent être reproduits 
dans une livraison de la Statistique monumentale. 
Lectures. 

M. Pagart d'Hermansart commence la lecture dun 
travail intitulé : Les grands baillis d'Audruicq et du 
pays de Brédenarde sous la domination fiançàise 1692- 
1790. L'auteur fixe d'abord répoquo de la réunion à la 
France de cette petite contrée, puis il invliqi^e, d'après 
les coutumes, les diverses aulor!tcs*qui administraient 
les 4 paroisses du paj's de Brô-ienardc. l'échevinage par- 
ticulier d'Audruicq, et le bailliage royal. Il donne ensuite 
les gages du grand bailli et les formalités de son instal- 
lation dans les diverses justices locales. La fia de cette 
lecture est renvoyée à la séance suivante. 

M. l'abbé Bled, vica-président, lit ensuite un extrait 
d'Heindricq dans lequel le chroniqueur audomarois fait 
le récit d'une de ces solennités religieuses que les Jésuites 



- 140 - 

aimaient alors à rendre fréquentes afin de faire constater 
de plus en plus Texiguité et Tinsuffisance de leur vieille 
petite église. On était en 1622, et la nouvelle église était 
commencée depuis cinq ans. On fut dans la petite chapelle 
à la presse plus que jamais. Aussi la conséquence fut une 
quête ou c pourchat » par toute la ville avec l'autorisa- 
tion du Magistrat. « Les habitans s'efforcèrent de donner 

> des thalders, autres des piéches d*or, autres plus ou 

> moins selon leur dévotion... M' le Revérendissime leur 

> fit avoir une libérale aumosnè... les filles de S^ Agnès 
» et S^* Ursule leur donnèrent aussi de grandes aumos* 

> nés ; autres qui n'avoient d'argent en mains leur don* 
9 nérent un billet signé de leur main de promesse de 
9 leur donner en saison. » 

A cette communication Thonorable membre ajoute sur 
la construction de cette belle église des Jésuites un détail 
qui n*a pas été donné par M. L. Deschamps de Pas dans 
son intéressante notice publiée dans la Statistique monu- 
mentale du Pas-de-Calais. C'est que le remarquable por- 
tail de cette église, placé au printemps de 1621, était 
l'œuvre d'un artiste belge de Namur, nommé Bidart, et 
qu'il avait été apporté par eau de cette ville, tout sculpté 
et prêt à être mis. en place. C'est ce que nous apprend 
une' note du Diarium. « 2 Dec. 1620. Namurco hue tandem 
» per Hâllandiœ Dordracum, et inde per mare Grave/in- 
» ganum appulit navibus onerariis ter mutatis, frontis^ 
9 picium sive porticus novi templi ex lapide Namur- 
9 censi, arUfice Bidart, qui vere proximo adesse tenetur 
9 ut erigatur opus, cum operariis necessariis. » 

Cette lecture est écoutée avec la même attention que 
les précédentes de Fauteur sur le même sujet, et le der- 
nier détail relatif à la construction du portail de l'église 
des Jésuites excite particulièrement l'intérêt de la Com- 
pagnie. 

La séance est levée à 5 heures et un quart. 



— 141 — 

Séance du 26 Décembre 1892. 

Présidence de M. Tabbé BLED, vice président. 

Secrétaire-général : M. Pagart d'Hbrmansart. 

La séance s'ouvre à 3 heures 1/4. M. le Président donne 
la parole au secrétaire-général pour lire le procés-verbal 
de la séance précédente. Aucune observation n*étant 
produite» ce procés-verbal est adopté. 

Dons, hommages et échanges. 

— De la part des auteurs-: 

Campagne de M. le maréchai de Noailles en MDGGXLIII. 
Ms. édité par M. Joseph du Teil. 

La Revue du Nord, par Emile Blémontet Henry Garnoy. 

!• 3»» année, n» XXXIIl, 1" décembre 1892. 

2« Le numéro de Noël, 3«»* année, n' XXIV, 15 décem- 
bre 1892. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 
Amiens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de Picardie, année 1892, n<> 2 

Boulogne-sur 'Mer (Pas-de-Calais). Bulletin do la Société 
d'agriculture de l'arrondissement de Boulogne-sur- 
Mer, octobre-novembre 1812. t. XX VIII, n« 7. 

Montbéliard (Doubs). Mémoires de la Société d'émulation 
de Montbéliard, XXI volume, 2n»« fascicule 1892. 

Moutiers (Savoie). Recueil des mémoires et documents 
de l'Académie de la Val d'Isère. 

\^ Série des documents, 2°»» volume, 2™« livraison. 

2<» Série des mémoires, 5™* volume, 5«« livraison. 

liantes (Loire-Inférieure). Bulletin de la Société archéo- 
logique de Nantes et du département de la Ijoire-Infé- 
rieure, t. XXXI™% année 1892, l*' semestre. 

Paris. Bulletin et mémoires de la Société nationale des 
Antiquaires de France, 6°" série, tome !•', mémoires 
1890. 

Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de 
France, 1890. 

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. III, 
4iBe série, 3™» fascicule, avril à juillet 1892. 



r. 142 - 

Bévue mensuelle de TEcole d'anthropologie de Paris, 
2»a année, XI, 15 novembre 1892. 

Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 
de l'Ouest. Bulletin du >• trimestre 1892. 

Vitry-le-François (Marne). Société des sciences et arts 
de Vitry-le-François, XVI, 1889" 1890. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères. 

Revue Bénédictine, 9°*' année, n» 6 et 11.,' juin novem- 
bre 1892. 

Gand. Messager des sciences historiques ou Archives des 
arts et de la bibliographie de Belgique, 1892, 3™« li- 
vraison. 

Nivelles, Annales de la Société archéologique de l'arrond^ 
de Nivelles, t. IV, 2™« livraison. - 

Leiden (Hollande). Levensberichten der Afgestorven Me- 
deleden van de MaatscJiappj' der Nederland^che Let- 
terkunde, Î89I, id. 1892. 

Handelingen en Mededeelingen van de Maatschappij der 
Nederlandsche Letterkunde te Leiden, over het Jaar 
1891-1892» id. 1890-1891. 

Abonnement. 

Bulletin de la Société bibliographique et d^^s publications 
populaires, 23"« année, XIE, décembre li92. 

Bibliothèque de VÉcole des Chartes, tievue d'érudition 
consacrée spécialement à l'étude du moyen âge, LUI, 
4"« et 5™' livraisons, juillet-octobre 1892. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2«»« série, t. 36"»", LXV°»« de la collection, 6™« 
livraison, décembre. — Partie technique, 2"* série, 
t-jS"*, LXVW de la collection, 12»°« livraison, dé- 
cembre. 

Correspondance. 
1» La Société géographique de Vienne accuse réception 

de diverses publications de la Ck)mpagnie. 
2® La Revue Bénédictine de V abbaye de Maredsous 

(Belgique) propose rechange de cette publication contre 

les Mémoires 4^ la Société. Les études de cette revue 



- 143 - 

présentent un caraclère trop spécial |)our que la Compa- 
gnie ait un réel intérêt à échanger ses publications avec 
les directeurs ; en conséquence le secrétaire-général est 
prié de répondre dans ce sens. 

3« Par lettre du 14 décembre 1892, M. le Président de 
la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes 
remercie MM. l'abbé Bled et de Noircarme des rensei- 
gnements quils ont bien voulu lui fournir sur Adam 
Loltman, en signalant notamment ce qui a été déjà écrit 
sur ce sculpteur dans le Bulletin historique, tome III. 
M. Justin de i^as fait remarquer que dans Touvrago de 
son père en cours d'impression (tome XXIII des Mémoires 
des Antiquaires), qui a pour objet la description de 
17n(érieur de Véglise Notre-Dame à Samt-Omer, il y a 
divers renseignements curieux sur les travaux que cet 
artiste devait exécuter «en cette église, et il se propose 
de les adresser à M. le 1 résident de la Société d'agricul- 
ture, sciences et arts de Valenciennes. 

4® |ja Retue du iVord qui est éditée à Paris, rue de 
Vcrncuil, demande que la Société prenne un abonne- 
ment. Il ser.i répondu que cette publication, si intéres- 
sante qu'elle puisse être, no présente pas un caractère 
scientîliquc -suffisant pour que la Compagnie la reçoive. 

5» I^ comité de patronage pour l'érection d'un monu- 
ment à M. de Qualrefaîres sollicite une subvention de la 
Société. Celle ci regrette d'avoir un b^idget trop restreint 
pour qu'il lui soit permis d'accéder à cette demande. 

6** Par lettre du 20 décembre, M. le Ministre de l'Ins- 
truction publique et des Beaux-Arts annonce l'envoi 
d'ouvrages venant des Pjys-Bas. 

7® .M. Ludovic Legrani, de Tourcoing, récemment élu 
membre honoraire, remercie la Compagnie par lettre 
dn 28 décembre. 

Quelques membres : MM. l'abbé Bled, Charles Le- 
grand, Charles de Pas et Van Eeckout déposent su» le 
bureau divers volumes publiés par différentes sociétés 
savantes et quelques numéros du Bulletin historique 



— 144 — 

destinés à compléter les collecllons de la Compagnie. 
Election, 

Il est procédé ensuite à l'élection de M. E. Edmont, 
de Saint-Pôl, proposé à la dernière séance. Un scrutin 
est ouvert et le candidat ayant obtenu la majorité des 
voix est proclamé membre honoraire par M. le Prési- 
dent. Avis lui sera donné de sa nomination. 
Election du bureau. 

A Tordre du jour se trouve inscrite la nomination du 
Préfïident et du Vice- Président. Le dépouillement des 
bulletins de vote est fait par le membre le plus jeune de 
la réunion, et il en résulte que M. Butor et M. Tabbé 
Bled sont maintenus à la presque unanimité des voix, 
le premier en qualité de Président, Tautre comme Vice- 
Président. 

Lectures. 

M. Tnbbé Bled donne lecture d'une notice dont il se 
propose do faire précéder l'impression d*une Charte des 
reliques de Watten en 1079. Après avoir rappelé Torigine 
et la fondation de ce monastère, il explique dans quelles 
circonstances et par quel abbé ces reliques y furent 
réunies; et il fait ressortir l'intcrèt de ce document anté- 
rieur aux croisades, c'est-à-dire à l'époque où les reli- 
ques venant de la Terre Sainte enrichirent les trésors 
de nos églises. 

Cette communicsrtion excite l'attention de la Compa- 
gnio qui en décide Tinsertion au Bulletin. 

M. Pagart d'Hermansart termine ensuite sa lecture 
commencée à la séance précédente, en donnant les noms 
des grands baillis héréditaires qui se sont succédés à 
Audruicq de 1692 à 1790, et divers détails sur ces person- 
nages. Il termine en faisant connaître que le château 
d' Audruicq était un domaine engagé du roi et qu*il ne 
fut pas toujours la demeure du grand bailli. Il est décidé 
qd^ ce travail sera remis à la Cx>mmission des impres* 
sions pour être imprimé soit dans \ù Bulletin historique, 
soit dans le volume des Mémoires en préparation. 



- 146 — 

Commission du Bulletin. 

La Commission du Bulletin devant être renouvelée à 
la un de cette année, il est procédé à un scrutin et les 
anciens membres sont maintenus en fonctions. 

La séance est levée à 5 heures, et la Commission du 
Bulletin entre en séance. 

Lo Secrétaire-général, 
PAGART D'HERMANSART. 



_ 146 - 

RAPPORTS SUR LES OUVRAGES OFFERTS 

Fressirij histoire, archéologie, statistique, par M. l^abbé Fromentin, 

1 vol. in-S-, Lille, 1892. 

Dans un volame de 688 pages, M. l'abbé Fromentin, curé de 
Fressin, membre correspondant de notre Compagnie, a réuni 
tous les documents et renseignements, tant anciens que mo- 
dernes, concernant cette petite commune du canton de Fruges, 
dont le passé n*est pas sans gloire et qui fut, dit-on, « le ber- 
ceau de la maison de Créquy, Tune des plus grandes et des 
plus illustres de France ». L*auteur nous présente d'abord le 
château de Fressin dont les ruines encore imposantes sont le 
but de fréquentes excursions. Brûlé et démantelé après la 
bataille d'Azincourt, il fut relevé de ses ruines vers 1450 et 
flanqué de sept tours cylindriques qui avaient 16 mètres de 
diamètre et 40 de hauteur. Pris et repris à différentes époques, 
il fut attaqué de nuit en 1658 par la garnison d'Hesdin sous 
la conduite d'un aventurier du nom de Fargues, et criblé de 
bombes et de boulets ; l'incendie compléta la det^truction de 
ce château féodal sur lequel il est à regretter avec l'auteur 
que l'on ne possède pas plus de documents positifs. 

Le nom de Fressin serait déjà mentionné dans (%n acte de 
l'an 673, mais d'après M. l'abbé Haigneré on ne le rencontre- 
rait pas avant 800. Quant à la famille de Créquy, sa filiation 
s'établirait d'après certains auteurs depuis 986. Il faut signaler 
ici la légende si poétique de Raoul de Créquy {< dont les aven- 
tures à travers les hasards et les misères de la croisade 
eurent leur dénouement historique au château de Fressin ». 

Après avoir mentionné les fiefs et censés situés sur le terri- 
toire de Fressin, M. l'abbé Fromentin passe à l'étude de 
l'église etde la paroisse. L'église actuelle, qui est très intéres- 
sante, remonte en grande partie au xv* siècle'et possède trois 
nefs et un transept. Il faut signaler la sacristie installée dans 
une chapelle seigneuriale où l'on remarque le sarcophage en 
marbre noir de Jean IV, sire de Créquy mort en 1411, puis le 
rétable en pierre de l'autel funéraire, etc. L'auteur s'étend 
ensuite longuement sur les didérents curés qui se sont suc- 



■ - 147 - 

cédé à I^ressin depuis 1561 et sur un nécrologe remontant à 
1651 ; îl termine par Tétude de la commune elle-même jus- 
qu'à nos jours. 

M. Tabbé Fromentin, dont l'œuvre est sincère et pleine de 
recherches, est entré parfois dans des détails longs et minu- 
tieux qui n'intéressent que médiocrement Tarchéologue et 
l'historien ; mais comme son étude a la prétention d'être 
complète, il espère qu'on lui en saura gré et que ses parois- 
siens transmettront son livre avec quelque fierté à leurs 
enfants. On ne peut du reste que souscrire aux sages avis qu'en 
raison de sa longue expérience et de sa compétence archéolo- 
gique, M. l'abbé Fromentin donne aux curés et aux conseils 
de fabrique trop souvent disposés à dénaturer leurs églises 
sous prétexte de les réparer ou de les embellir. 

La So.ciété des Antiquaires de la Morinie verrait avec plaisir 
MM. les curés de campagne suivre l'exemple donné par 
M. l'abbé Fromentin et doter leurs paroisses d'une bonne et 
sérieuse monographie. 

Les Vases de formes purement franques et leurs ornements à la 
roulette comme moyen d'établir le synchronisme entre les cimetières 
antiques à inhmnation, 2* mémoire par D. Van Bastelaer, in-8*, 
Bruxelles, 1892. 

En Belgique, où la question franque passionne certains 
archéologues, M. D. Van Bastelaer s'est acquis une autorité 
incontestable par la patience de ses recherches et la sûreté de 
ses méthodes. 

Dans un deuxième mémoire sur ce sujet, dont il a déjà entre*^ 
tenu le Congrès de la Fédération Archéologique tenu à Liège 
en 1890, l'auteur donne quelques détails nouveaux sur l'exécu- 
tion matérielle des procédés qu'il emploie pour obtenir l'estam- 
page des ornements qui se trouvent sur les vases d^ l'époque 
franque. Ce sont des froilM exécutés sur les vases mêmes au 
moyen de papier mou et d'une touche en cire dure très noire, 
ou bien des empreintes prises au moyen de papier d'étain assez 
fort et d'un crayon de gomme élastique. M. Van Bastelaer prie 
les archéologues de lui faire part des observations que leur 



- J48- 

• 

suggérera le travail de comparaison avec les dessins de 
vases qaMls ont à leur disposition.' 

La brochure est accompagnée de 4 planches donnant les fac- 
similés de dessins à la roulette relevés sur des poteries Iran- 
ques. 

MorUfort-^Âmaury, son église, ses vitraux, son cimeUère, par 
M. le comte A. de Dion, Tours-Deslis, 1892, 48 p., in-8". 
Cette brochure qui contient une vue imprimée de Téglise de 
Montfort-rAmaury est la réimpression d*un travail publié 
autrefois par l'auteur dans VAlmanach Montfortois pour 1881, 
et devenu introuvable. Le principal attrait de cette église 
consistait dans une nombreuse série de vitraux du xv* siècle 
tour à tour décriés par Didron, signalés avec intérêt par 
M. Palustre et loués sans réserve par M. l'abbé Le Chenet ier 
qui les attribue aux plus célèbres artistes du temps, Jean 
Cousin et Pinaigrier. M. le comte de Dion, sans vouloir imposer 
son opinion, donne une description très complète de ces inté- 
ressantes compositions. L'ancien cimetière entouré d'arcades 
présente aussi un réel intérêt ^ cause de la rareté des cons- 
tructions de ce genre. 

Génédogte de la famille de Beaucourt de Noortvelde {ArUns-Cam- 
brésis'Flandre), par M. de Steyn-Verhougstraete, éditeur. 
Roulera (Belgique), 32 p., in-4*. 

Cette famille qui tire son nom du village de Beaucourt en 
San terre (Somme), a déjà été l'objet d'une notice généalogique 
publiée par M. Gaillard dans son ouvrage : Brtiges et le Franc, 
que complète aujourd'hui M. de Steyn-Verhougstraete. La plus 
intéressante des branches de cette famille est, pour la ville de 
Saint-Omer, la quatrième, dite cadette, des seigneurs de Près* 
cotte et de Wirquin. M. de Noircarme, notre collègue, 
a fourni à l'auteur une grande partie de la généalogie de cette 
branche éteinte en 1732 (p. 26 à 29). Une bonne table des noms 
termme ce travail édité avec grand soin et orné d'une planche 
donnant le portrait de Patrice-Antoine de Beaucourt de Noort- 
velde, historien et jurisconsulte distingué de Bruges (1720 
à 1795) (V. p. 15). 



INVENTAIRE D|S RELIQUES 

do BODastère de Watteo eo 1079 

(Communication de M. Tabbé 0. Bled, membre titulaire) 



S'il faut s'en rapporter au récit d'Ebrard, auteur 
des Annales ecclesiœ Watinensis si heureusement 
retrouvées par notre savant collègue, M. A. Cour- 
tois et conservées à la bibliothèque de Saint- 
Omer (ms. 851), ce fut le 28 avril 1079 que Otfride, 
fondateur et premier prévôt du . monastère de 
Watten obtint pour cette nouvelle communauté 
la bulle d'approbation du pape Grégoire VII. Très 
peu de temps après Otfride résigna sa charge et 
ses chanoines élurent en sa place Alfuimus ou 
Alphume, que Sanderus place à tort le qua- 
trième. Ce nouveau prévôt était l'ancien chape- 
lain de la première église bâtie sur la hauteur de 
Wattên, et dont Otfride avait fait un monastère. 
Son élection fut approuvée par le même pape 
Grégoire VII, malgré l'opposition d'Hubert évêque 
de Thérouanne, près de qui ce religieux avait été 
calomnié. 

Un des premiers actes de son règne fut de 
réunir toutes les reliques que possédait alors le 
monastère, d'en faire solennellement le recense- 
ment et de les déposer avec la charte testimo- 
niale dans un riche écrin. C'est cette charte que 
nous prenons au cartulaire de Watten. Nous n'y 



— 150 — 

vei*rons pas mentionnés ces curieux objets qui 
nous initient aux usages de cette époque re- 
culée, nous n'y lirons pas non plus la descrip- 
tion de joyaux, dons et reliquaires qui marquent 
le caractère et le progrès de l'art de l'orfèvrerie 
au moyen âge, cojnnme cela s^ peut voir dans tant 
d'inventaires de reliques des xiip, xiv« et xv« siè- 
cles publiés depuis quelques années ^ Mais cette 
première récognition des reliques que possédait 
au xi® siècle une communauté naissante qui de- 
vint bientôt très considérable présentera, pen- 
sons-nous, quelque intérêt pour l'histoire du 
culte des ssrtntes reliques dans notre région avant 
les croisades, c'est-à-dire avant l'époque où les 

^ La Société des Antiquaires de la MoHoie s'est signalée par 
son zélé dans la recherche et dans la publication de ces pré- 
cieux documents historiques. Le 1" volume de ses bulletins 
contient un Inventaire des reliques de la collégiale de Sami-Herre 
à Aire, publié par M. Tabbé C. Bolard ; son ancien secrétaire- 
général, M. L. Beschamps de Ras a fait paraître en 1886 dans 
le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scim- 
tifiques, un Inventaire des ornements, reliquaires, etc, de F église 
collégiale de Saint-Omer; son secrétaire-général actuel, M. Pa- 
gart d'Hèrmansart a donné dans le même bulletin, année 1891, 
un inventaire très remarqué des reliques^ joyaux et ornements de 
la chapelle de Notre-Dame des Miracles à Saint-Omer; enfin cette 
même Société prépare la publication d'un inventaire raisonné 
des reliques et joyaux de l'église abbatiale de Saint-Bertin, de 
1395, extrait par M. Tabbé Haigneré du grand cartulaire de 
cette riche et célèbre abbaye, et publiera dans son prochain 
Bulletin un inventaire des reliques de la chapelle de N.-D. des 
Miracles du xiv* siècle. 

Un inventaire des reliques de l'église de Saint-Bertin en 1465 
a paru dans les Archives du Nord de la France, 2? série, t. lY, 
p. 127. ^ 



- 151 — 

trésors des églises et chapelles s'enrichirent de 
quantité de reliques rapportées de Palestine par 
les guerriers ou par les pèlerins. 

C'est le 9 octobre 1079, par conséquent près- 
qu'aussitôt après son élection, qu'Alphume fit 
dresser l'acte des reliques. 

Hic (Âlfwimas) statim initio suœ praopositurœ Certas sanc- 
torom reliquas scrinio qaodam incensit, sicuti ex carta infra 
scrîpta a nobis in thesaaria nostra reperta manifestum fît. 

1079 

Charta Reliquiarum. 

Anno Dominicœ incarnationis mill. lxxix% ix*' octobris, ré- 
gnante rage Philippe in Franchia, Comité Roberto in Flandria, 
cam consensa et concessione Huberti morinoram episcopi, et 
EnioHi ejus archidiaconi, Alfwimus hujus ecclesia prepositus- 
secondas una eum canonicis sibi illo tempore in Christo sub- 
jectis, Ricquardo videlicet, B..Tnoldo, Warado, Radulfo, Rip- 
perto, Reinoldo, ,Tainardo, Everboldo, Heriberto, astantibus 
qaam plarimis boni testimonii monachis, clericis et laicis q»i 
ad solempnitatm Sancti Richarii quœ in eodem die isto in loco 
cum magno apparatu celebrari ' solet, confluxerant, bas vene- 
randas sanclorum reliquias isto in scrinio cum magna lœtitia 
ÎDcensit Scilicet : 

De cruce Domini Jesa Christi. 

De Sancto Bartholomeo apostolo et de capillis ejus. 

Capilli, barbae S" Pétri apostoli. 

De iecto S. Marise Matris Domini et de ejus sepulchro. 

De pane Domini ordeaceo. 

De S. Nereo, martire. 

De S. Achileo, martire. 

De S. Pancpatio, martire. 

De S. Victore, martire. 

De S. Menna, martire. 

De Sanctis martiribus Tiburtio et Valériane. 

De Sancto Stéphane, protomartire. 



— 152 — 

De S. QaiDtiDO, martire. 
De ÎDDOcentibus. 

De Capillis Sancii Sigismundi, régis et martiris. 
De S. Thimotheo et Simphoriano mart. 
De Sancto Richario costa una. 
De ossibus Hercembodonis episcopi. 
De capillis B. Nicholai episc. et confessore. 
Item de ejos casula et de ejusdem stola. 
De S. JoaDDe episc. et confessore. 
De S. Cassiano episc. et conf. 
De S. Ambrosio episc. et conf. 
De Capillis S. Marias Magdalenœ. 
De S. Margareta virg. et mart. 
De ossibus S. Gertrudis virg. 
De ossibus S. Idelbergae, virg. 
De S. Cristina virg. et mart. 

Et de multis aliis sanctis quorum Domina in dicta carta non 
exprimuntur. 



LES DERNIERS RELIGIEUX 

de l'Abbaye de Saint-Bertin 

(Commanication de M. le chanoiDe Haigneré, membre 
honoraire). 



Au moment où fut votée (13 février 1790) la sup- 
pression des ordres monastiques, Tabbaye de 
Saint-Bertin ne comptait plus que quarante-deux 
religieux. Aucun novice n'avait été reçu, aucune 
profession n'avait été faite, depuis le 17 juin 1783. 
Le nombre des moines profès, porté alors à cin- 
quante', qui paraît avoir été le chiffre réglemen- 
taire, s'était vu diminué de huit par les décès 
survenus successivement du 28 décembre 1783 au 
29 août 1789. 

Il n'est pas sans intérêt de savoir ce que devin- 
rent, sous le coup des lois de persécution qui 
troublèrent si cruellement leur existence, les 
derniers représentants d'une communauté qui 
avait rempli la France du bruit de son nom, de 
l'éclat de ses œuvres et du lustre de sa sainteté. 

Nous empruntons les principaux éléments de 

* M. de Laplane (Les Abbés de S.-B.j II, 483) a dit inexacte- 
ment que le monastère de Saint-Bertin avait, en 1785, cin- 
qaante-trois religieux. Il n*en avait plus, au contraire, que 
qoarante-six, deux étant morts en 1783 et 1784, et deux autres 
dans le courant (15 septembre et 25 décembre) de cette même 
année 1785. 



— 154 - 

ce tableau à la liste des 1298 religieux dont les 
noms ont été recueillis par dom Dewitté dans 
son Catalogus religiosorum Bertinianorum qui 
colligi potuerunt, faisant partie du manuscrit 
no 815 de la Bibliothèque communale de Saint- 
Omer; et nous suivons Tordre chronologique 
des décès jusqu'à la complète extinction du per- 
sonnel. 

On voudra bien noter que le premier chiffre de 
chaque article est un simple numéro d'ordre; 
mais que le deuxième chiffre, mis entre paren- 
thèses, reproduit le numéro de classement du 
Catalogus de dom Dewitte. 

1. (1233). — Arnoul Wanin, d'Aire, vêtu le 3 no- 
vembre 1736 par dom Pelitpas ; Receveur des me- 
nues rentes. Sacristain du Prieur, Receveur des 
revenus fonciers d'Arqués, Receveur des fîefs, 
puis Grènetier; mort au monastère avant la dis- 
persion, 27 septembre 1790, à 75 ans. 

2. (1256). — Anselme Descaudain, de Lille, vêtu 
en 1752 par dom Charles De Gherbode; Receveur 
des fîefs, et Aumônier; mort dans l'abbaye d'Ar- 
rouaise, que le gouvernement avait assignée pour 
résidence à ses confrères, le 19 avril 1792, à 61 ans. 

3. (1266). — François Verdevoye, de Saint- 
Omer, vêtu le 19 février 1759 par le même; Tiers- 
Prieur, Directeur des Novices, Sous-Prieur et en- 
suite Prieur; mort à Ypres, dans le monastère de 
Saint-Jean-au-Mont, le 31 août 1793, è 56 ans. 

4. (1290). — HÉLioDORE Troyaux, de Maroilles, 
vêtu par dom Joscio d'Allennes (4 septembre 1775); 
mort vers la fin de l'année 1793. 

5. (1240). — Ferdinand d'Oresmieulx de Fou- 
QUiÈRES, de noble famille Audomaroise, vêtu en 



( 



- 186 - 

1741 par dom Pelitpas; Secrétaire du Chapitre, 
Maître des Cérémonies, Économe, Prieur de 
Saint-Pry; mort jubilaire à Arras, dans la pri- 
son du Vivier, le 14 mai 1794, à 71 ans. 

6. (1241). — Jean-Baptiste Prévost, de Saint- 
Orner, vêtu par le môme en 1741 ; Quart-Prieur, 
Directeur des Novices, Tiers-Prieur, Sacristain de 
l'Abbé, Trésorier, Sous-Prieur, Prieur de Saint- 
Pry, enfin Abbé d'Auchy en mars 1786 ; mort à 
Hesdin, le 16 octobre 1794, an III de la Répu- 
blique (7 vendémiaire), à 72 ans. 

7. (1276). — Henri Neuville, vêtu (4 décembre 
1763) par dom Charles de Gherbode ; Secrétaire de 
la Cour abbatiale, mort à Poperinghe, en 1794. 

8. (1243). — Clément Descamps, d'Aire, vêtu en 
1741 par dom Petitpas ; Professeur de Théologie, 
Curé de Saint-Momelin, Grènetier, puis Prévôf 
d'Arqués; mort en Angleterre, pendant la Révo- 
lution. 

9. (1244). — Michel de Renty, noble Atrébate, 
vêtu (29 septembre 1743) par le môme ; Distribu- 
teur des Auiïiônes du réfectoire. Receveur des 
fiefs, puis Prévôt de Hames; mort en West- 
ï)halie, pendant la Révolution. 

10. (1261). — CoLOMBAN Chrétien, de Saint- 
Omer, vêtu le 18 février 1755 par dom De Gher- 
bode; Aumônier, Sacristain de TAbbé; mort à 
Poperinghe, au mois de juillet (anno incerto) pen- 
dant la Révolution. 

11. (1265). — Augustin Dewevre, de Saint-Omer, 
vêtu le 19 février 1759 par le même ; mort à Mid- 
delbourg, pendant la Révolution. 

12. (1269). — Winnoc Lambrecht, de Bergues, 



— 156 — 

vêtu le 5 février 1762 par le môme ; mort près de 
Nieuport, pendant la Révolution. 
.13. (1272). — MoMMELïN Blondel, de Roque- 
toire, vôtu par le môme, m. d. ; mort pendant la 
Révolution. 

14. (1280). — HiPPOLYTE Broucq, de Saint-Omer, 
vôtu par dom Joscio d'Allennes, coadjuteur du 
cardinal de Choiseul, le 7 octobre 1770; mort en 
Westphalie, pendant la Révolution. 

15. (1291). — Jean-Baptiste Le Bon, de Ma- 
roilles, vôtu le 4 septembre 1775 par dom Joscio 
d'Allennes; dont le sort est resté inconnu. 

16. (1295). — Louis Ducrocq, de Bailleul-lez- 
Pernes, vôtu par le môme le 23 juin 1780, dont le 
sort est resté inconnu, à moins que ce ne soit un 
prêtre de môme nom, né le 4 février 1760, qui fut 
curé de Sachin (1803J, de Fiefs (1830), mort curé 
de FilUèvres le 11 janvier 1832. 

17. (1286). — Nicolas Crépy, de Coyecques, 
vêtu le 23 février 1774 par le môme; desservant 
de la paroisse de Saint-Jean de Saint-Omer ; mort 
h la fin de septembre 1802, venant de rentrer de 
Texil, chez ses parents, près de Saint-Pol. 

18. (1293). — Eugène Lamoury, de Saint-Omer, 
vôtu par le môme (20 octobre 1779) ; mort h Saint- 
Omer, le l«r février 1804. Le nécrologe diocésain 
lui donne le prénom d'Orner et le fait mourir le 
31 janvier. 

19. (1274). — Pierre Farvacques, de Lille, vôtu 
le 4 décembre 1763 par dom De Gherbode; mort 
en mai 1804, à Sequedin (Nord). 

20. (1279). — Albert Leroy, d'Hénin-Liétard, 
vôtu par le grand prieur, dom Ambroise Pelet, 
sous l'administration du cardinal de Choiseul, le 



- 157 - 

5 mai 1767 ; mort en septembre 1804. Le nécrologe 
diocésain lui donne les prénoms de Paul-Joseph 
et le titre de vicaire d'Hénin-Liétard. 

21. (1251). — Bertin Lestocart, de Lille, vôtu 
le 15 mars 1746 par dom De Gherbode ; Sacristain 
du Prieur, Prévôt de Swynlande ; mort à Pope- 
ringhe, en 1805. 

22. (1282). — Louis CouLON, de Cassel, vôtu par 
dom Joscio d'Allen nés le 7 octobre 1770, sous Tad- 
ministration du cardinal de Choiseul; mort à 
Arras, le 7 septembre 1806. Le nécrologe diocé- 
sain l'appelle Coulomb. 

23. (1249). — Charles Dewitte, de Saint-Omer, 
fils de François-Joseph, qui avait été novice à 
Saint-Bertin, et d'Anne-Thérèse Paris, vêtu par 
dom De Gherbode le 15 mars 1746; Bibliothécaire 
(1754), Sacristain de l'Abbé (1762), Secrétaire-Archi- 
viste de la Cour Abbatiale (1766), Régent du Col- 
lège (21 mai 1786), infatigable défenseur des im- 
munités et des privilèges de son abbaye, durant 
les années 1775, 1777, 1778 et suivantes, à Paris; 
mort à Saint-Omer le 31 août 1807. Le nécrologe 
diocésain lui donne les prénoms de Charles-Jo- 
seph et imprime correctement la date de son 
décès, que le Catalogus met à tort au 3 août. 

24. (1259). — Joscio d'Allennes, né à Aire le 
3 octobre 1736, entré en religion le 18 février 
1755, profès du 15 octobre 1756, prêtre en 1760; a 
défendu, à Paris, les afïaires de son abbaye en 1766 
et années suivantes ; nommé Coadjuteur le 23 juil- 
let 1769 par le roi Loui^XV, confirmé à Rome par 
bulle de Clément XIV (8 mars 1772) ; a succédé au 
cardinal de Choiseul, comme Abbé titulaire, le 
7 janvier 1774, prit possession le 22 février sui- 



~ 158 - 

vant, fut bénit solennellement par le cardinal de 
Larochefoucauld, abbé général de tout l'ordre de 
Cluny, le 17 mai 1778, et chanta la messe pontifl- 
calement, pour la première fois, dans son abbaye 
le 29 juin ; mort à Nemours le 9 août 1808. L% 
rtécrologe diocésain met sa mort au 10, lui donne 
les prénoms d'Adrien-François-Florimond, et le 
qualifie du titre de vicaire général honoraire 
d'Arras. 

25. (1254). — Laurent Cuvelier, de Saint-Omer, 
vôtu par dom De Gherbode en 1749 ; mort à Saint- 
Omer le 9 juin 1809. Le nécrologe diocésain lui 
donne les prénoms d'Antoine-François-Placide. 

26. (1285). — Jacques de Langhe, de Bailleul, 
vêtu par dom Joscio d'Allennes le 23 février 1774 ; 
mort à Bailleul (Nord), le 21 janvier 1811^ 

27. (1298). — François Salomé, de Morbecque 
(Nord), vôtu le 17 juin 1783 par le même; mort à 
Hildesheim (Basse-Saxe), le 5 ou le 6 février 1811. 

28. (1257). — Omer Lemay, de Saint-Omer, vêtu 
en 1752 par dom De Gherbode; Professeur de 
Théologie; mort le 28 août 1811, à 79 ans. Le né- 
crologe rappelle Philippe-Joseph Lemai et lui 
donne le titre de sous-prieur. 

29. (1288). — Antoine de Recq, de Saint-Amand, 
vêtu le 4 janvier 1775 par dom Joscio d'Allennes ; 
mort vicaire à Roubaix, en 1811. 

30. (1260). — Erkembode Bruneau, de Lille, 
vêtu le 18 février 1755 par dom De Gherbode; Re- 
ceveur des Menues rentes, Grand Chantre; mort 
en Angleterre, en 1812. 

31. (1294). — Omer Loreau, de Saint-Omer, vêtu 
par dom Joscio d*Allennes le 20 octobre 1779; mort 
professeur au Collège de Saint-Omer le 13 jan- 



— 159 - 

vier 1813. Le nécrologe l'appelle Orner-François- 
Joseph Lorreau et le fait mourir le 13 janviel» 1814, 
à 55 ans. 

32. (1296). — Jean-Baptiste Degrave, de Bla- 
ringhem, vêtu par le même le 21 novembre 1782 ; 
mort curé de Blessy le 4 mars 1813. Il avait été 
nommé à ce poste le 21 novembre 1804, était né 
le 7 juin 1760, prêtre du 2 juin 1787, et âgé de 
53 ans. Le nécrologe l'appelle J.-B. Grave. 

33. (1281). — Norbert Grimbert, de Saint- 
Omer, vêtu le 7 octobre 1770 par dom Joscio d'Al- 
lennes; mort vicaire de Notre-Dame, à Saint- 
Omer, le 11 septembre 1813, à 62 ans. Le nécro- , 
loge lui donne les prénoms de Jean-Baptiste, 

34. (1278). — Eustache Cauweuer, de Beveren 
(Flandre occidentale Belge), vêtu sous l'adminis- 
tration *u cardinal de Choiseul le 5 mai 1767; 
mort à Prague, en avril 1814. 

35. (1271). — Maur Sénéchal, de Brias, vêtu 
par dom De Gherbode le 5 février 1762 ; mort à 
Béthune, le 29 septembre 1814, âgé de 75 ans. Le 
nécrologe lui donne les prénoms de Jean-Philippe-^ 
Joseph. 

36. (1287). — Augustin Alexandre, de Fruges, 
vêtu le 4 janvier 1775 par dom Joscio d'Allennes ; 
mort à Saint-Omer, sacristain de la paroisse de 
Saint-Denis, lel«^ mars 1816 à 61 ans. Le nécrologe, 
qui l'appelle Jean-Baptiste- Augustin, le dit sacris- • 
tain de l'église de Notre-Dame. 

37. (1273). — SiLviN Pecqueur, de Béthune, vêtu 
le 4 décembre 1763 par dom De Gherbode; mort 
à Béthune le 8 novembre 1824. Le nécrologe le 
fait mourir le 9, ôgé de 82 ans, et lui donne les 
prénoms de Julien-François-Stanislas. 



— 160 — 

38. (1275). — Grimbald Delebarre, d'Arra&, 
compagnon de véture du précédent; mort à Paris, 
le 16 décembre 1824. 

39. (1292). — Dominique Van Troyen, de Cassel, 
vêtu par dom Joscio d'Allennes le 20 octobre 1779; 
mort le 22 avril 1830, à Eecke (Nord). 

, 40. (1284). — Etienne Poot, de Saint-Omer, vêtu 
par le même le 23 février 1774; né en 1752, mort à 
Saint-Omer, le 14 février 1831. Le nécrologe, qui 
rappelle Antoine-Joseph, le fait mourir le 13, avec 
le titre de chanoine honoraire d'Arras, qui lui 
avait été décerné le 31 décembre 1826. Il était 
prêtre du 29 mai 1779. 

41. (1297). — Jean Fiquet, de Bonningues-lez- 
Ardres, vêtu par le même le 21 novembre 1782 ; 
mort vicaire de la paroisse de Saint-Sépulcre, à 
Saint-Omer, le 8 juillet 1840 (et non en 1843, comme 
le dit à tort le Catalogus). Le nécrologe diocésain, 
qui rappelle Jean-Pierre, le dit né en 1761, prêtre 
du 2 juin 1787 et vicaire depuis Tannée 1817» 

42. (1289). — Aimé Dufour, de Saint-Omer, vêtu 
par le même le 4 septembre 1775; mort vicaire de 
Saint-Nicolas, à Boulogne, le 10 avril 1845. Le 
nécrologe rappelle Aimé- Valérien- Joseph, Il était 
né le 14 novembre 1754, prêtre du 2 juin 1782, an- 
cien desservant de Nordausque (1803), vicaire à 
Saint-Nicolas depuis décembre 1807, chanoine 
honoraire d'Arras depuis le 12 novembre 1829, et 
mourut h 90 ans et 6 mois. La ville de Boulogne 
a érigé un calvaire en son honneur dans le 
cimetière de TEst, et la fabrique de SaintnNlcolas 
lui a dédié un monument commémoratif dans 
l'église où il a si longtemps exercé le saint minis- 
tère. 



— 161 — 

C'était le dernier survivant des religieux de 
Saint-Bertin, et il a vécu assez longtemps pour 
assister à la résurrection de Tordre Bénédictin 
en France. J'ai môme ouï-dire qu'au moment de 
l'inauguration de la nouvelle abbaye de Solesmes 
par lettres apostoliques du 1«^ septembre 1837, il 
écrivit à dom Guéranger, pour lui demander la 
dispense de rentrer dans ce monastère et d'y re- 
prendre la vie religieuse, à cause de son ôgeavancé. 
Je l'ai bien connu chez M. le grand-doyen Le 
Comte, où il vivait en vie commune, édifiant toute 
la ville par sa charité inépuisable et sa piété exem- 
plaire. Je l'ai môme une fois entendu prêcher la 
Passion, un soir de Jeudi-Saint. Son image n'est 
jamais sortie de ma mémoire, tant était grande 
l'impression que produisait sa vénérable vieil- 
lesse, et l'opinion que l'on avait de sa sainteté. 

Ses autres confrères étaient morts, sept à 
l'étranger, cinq en Belgique, vingt-huit en France 
où sept d'entre eux se consacrèrent au ministère 
pastoral; deux sont disparus sans qu'on ait pu 
suivre leur trace. Ainsi fut dispersée cette ruche 
laborieuse qui, pendant douze cents ans presque 
accomplis, avait été l'asile de la piété, du travail, 
de la retraite heureuse et paisible, passée sous 
rœil de Dieu au service du prochain 1 



Satnt-Oin«r, lyp. h. i 'noMorr 



BULLETIN 



DE LA 



SOGIttfi MS JkNTIOUAlIBS Dl LA lOMN» 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 30 janvier 1893. 

Président : M. BUTOR, Président 

Secrétaire général : M. Pagart d'LIbhiiansart. 

La séance s*ouvre à 3 h. 10 par la lecture du procès- 
wrbal de la séance précédente qui est adopté sans obser- 
vation. 

M. le Président remercie ensuite la Compagnie du 
nouveau témoignage d estime que ses membres lui ont 
donné on le maintenant à la présidence par une mani* 
festation presque unanime* 

Dons, hommages, échanges. 

Il donne ensuite lecture de la liste des dons et hom- 
mages de livres parvenu depuis le mois dernier. 

— Du Ministère de llnstruction publique ; 
Bulletin historique et philologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, année 1892, n** 2-3, 



i 



- 164 — 

Bulletin archéologique du Comité des travaux histori- 
ques et scientifiques, année 1892, n* 2. 

— De la part des auteurs : 

Études pour servir à Thistoire et a l'interprétation des 
noms de lieux, par L. Ricouart. Département du Pas- 
de-Calais, 1^ fascicule, arrondissement d'Ârras. 

Fragments inédits de Homboudt de Doppere, découverts 
dans un manuscrit de Jacques de Meyere, par le P. H. 
Dussart, de la compagnie de Jésus, chronique bru- 
geoise de 1491 à 1403. 

— De M.leBarorî A, de Calonrip, les ouvrages ci-après 
dont il est l^auteur : 

Répartition entre les gentilshommes tenant fiefs nobles 
en Ponthieu de l'indemnité allouée à messire André de 
Bourbon-Rubempré, délégué aux États généraux de 
Blois, 1577, document inédit. 

Jehan et Raoul Pocques, seigneur d*Âlincthun en Bou- 
lonnais. 

Souvenirs et légendes du pays de Montreuil. 

R61e de 300 hommes d'armes passés en revue à Tournay 
les 17, 18, 19 juin 1393. 

De Tutilitéde recourir aux sources de Thistoire, discours 
de réception. 

La vie municipale au xv»« siècle dans le Nord de la 
France. 

La vie agricole sous Tancien régime dans le Nord de la 
France. 3™* édition revue et augmentée. 

François de Calonne d'Âvesne, bailli de l'ordre de Malte, 
commandeur de Villedieu-la- Montagne, de Maupas et 
Soissons, id. 

Françoise-Madeleine de Forceville, maréchale de Schu- 
lembérget comtesse de Montdejeux, 1620-1675, id. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

ilrras (Pas-de-Calais). Mémoires de l'Académie des scien- 
ces, lettres et arts d'Arras, 2°»« série, t. XXIII. 

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture de Tarrondissement de Boulogne-sur- 



— 166 - 

Mer, décembre 1892, janvier 1893, t XXVIII, n^ 8. 

Brest (Finistère). Bulletin de la Société académique do 
Brwt, 2-« série, t. XVII, 189M892. 

Dax (Landes). Société de Borda, Bulletin trimestriel, 17»« 
année, octobre-décembre 1892. 

Fontainebleau (Seine-et Marne). Annales de la Société 
historique et archéologique du Gàtinais, 2>»« trimestre 
de 1892. 

Paris (Seine). Bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. III, 4»« série, 3»« fascicule, avril à juillet 1892. 

Rouen (Seine-Inférieure). Bulletin de la Commission des 
antiquités de la Seine-Inférieure, t. IX, l'« livraison. 

Var (Toulon). Bulletin de TAcadémie du Var, nouvelle 
Bérie, t. XVI, 2«« fascicule. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société déparlementale 
d'archéologie et de statistique de la Dr6me,année .893, 
janvier, 104"« livraison. 

Bulletin d histoire ecclésiastique et d'archéologie reli- 
^euse des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Vi- 
viers; 12»« année, \'^ à 6«« livraisons, n • 76 à 82»*,dont 
la 80»« est supplémentaire, de janvier à décembre 1892* 

Valenéiennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de Tarrondissement de Valenciennes,44"'* année, 
t. XLII, no 10, novembre 1892. 

-^ Étrangères : 

Bruxelles (Belgique). Bulletin des Commissions royales 
d*art et d'archéologie. 29»* année, n»« 1 à 12, 30»< année 
n«» 1 à 12. 

Abonnement. 

Journal des Savants, novembre-décembre 1892. 

Revue historique, 18"« année, t. 51™«, I, janv.-fév. 1893. 

BuUetin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 24'»« année, I, janvier 1893. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2»* série, t. 37«% LXVIl«»*^de la collection, 
!'• livraison, janvier. — Partie technique, 2*« série, 



— 166 — 

t. 19»*, LXIXb« .de là collection, l** livraison, janvier 
Annuaire de la Société française de numismatique, sep- 
tembre et octobre 1892. 
Romania, recueil trimestriel consacré à l'étude des lan- 
gues et des littératures romanes, par Paul Meyer et 
Gaston Paris, t. XXI, n* 84, octobre 1892. 

Correspondance 

11 est procédé au dépouillement de la correspondance 
par le Secrétaire général. 

l^ M. Jullien, élu récemment membre correspondant, 
remercie la Compagnie par lettre datée de Bruxelles le 
3 Janvier. 

' 2* M. E. Eclmont remercie également la Société qui Ta 
élu membre honoraire (lettre du 10 janvier). 

Z^ Par lettre du 5, M. le Ministre de Tlnslruction pu* 
blique et des Beaux-Arts, annonce que Touverture du 
Cîongrès des Sociétés savantes aura lieu le mardi 4 avriF, 
à deux heures ; les travaux se poursuivront durant led 
journées des mercredi 5, jeudi 6 et vendredi 7 avril, et le 
samedi 8 il présidera la séance générale dans le grand 
amphithéâtre de la Sorbonne. Il demande de luj dési- 
gner, avant )e 20 février, les délégués qui désirent parti- 
ciper au Congrès, et de faire adresser au premier bureau 
du secrétariat et de la comptabilité, dans les derniers 
jours de janvier, le manuscrit des communications pro- 
posées par MM. les délégués. Il rappelle ensuite les con- 
ditions ordinaires relatives à la délivrance des billets de 
chemin de fer à prix réduits. 

4® Le même Ministre informe le 15 jiatnvier que la 17»»« 
session des 'Sociétés des Beaux*Ârts des départemen ts 
aura lieu le 4 avril et que la session durera du 4 au 7 du 
même mois ; il indique ervsuite les conditions d'admis- 
sion des manuscrilSy et celles de la délivrance de cartes 
ou lettres de parcours aux délégués. 

b^ Lé 24 janvier, M le Minisire de Tlnstruction publi- 
que annonce Tenvoi d'un ouvrage venant de Belgique. 

6^ La Société des scienceSi des arts et des lettres du 



- iffr - 

Hainaat envoie le programme de son concours pour 
Tannée 1893, il en est donné lecture. 

Le 2o«* anniversaire de la fondation de la Société bi- 
bliographique devant être célébré le 6 février, les Anti- 
quaires de la Morinie sont invités à prendre part aux 
noces d'argent de cette Société, dont elle envoie le pro- 
gramme. 

Comptes de Vannée 1892. 

Le Secrétaire général a été chargé par M. le Trésorier 
de présenter les comptes de Tannée 1892. Il constate 
d*abord que la Compagnie est enfin parvenue à solder 
tout ce qu'elle devait, mais qu'il ne lui reste qu'une très 
faible sofnme en caisse, et il croit devoir recommander 
la plus stricte économie. Des dépenses exceptionnelles 
ont d'ailleurs chargé cet exercice : la confection d'une 
table du tome VIII du Bulletin qui a coûté 10l.25,dépense 
qui ne se renouvelle que tous les cinq ans, les dernières 
livraisons du Bulletin contenant plus de matières que 
celles de 1891, puis quelques achats, de mobilier et de 
livres. L'amélioration du papier employé pour les Mé- 
moires a produit une simple augmentation de un franc 
la feuille. D'autre part, M. le Trésorier a déployé une 
grande activité pour recouvrer diverses cotisations en 
retard, la vente des publications de la Société est montée 
à un chiffre qui n'avait pas encore été atteint jusqu'à ce 
jour, et le recrutement de quelques membres honoraires 
a élevé le total du montant des cotisations. 

A ce propos, le Secrétaire général émet l'avis que la 
qualification de membres titulaires non résidants pourrait 
peut être remplacer celle de membres honoraires, ce qui 
aurait l'avantage de laisser à ce dernier titre sa signifi- 
cation purement honorifique. 

Les comptes sont remis par M. le Président à MM. les 
membres de la Commission des comptes composée 
comme Tannée précédente (Bull, histor. t. IX, p. 4). 
Communications. 

M. B. Edmont, membre titulaire à Salnt-Pol-sur-Ter- 
noim, a adressé la communication suivante : 



— 168 — 

« J'eDvoie à la Société l'empreinte d'an sceaa, dont la ma^ 
» trice m'a été envoyée par le petit-neven d*an ancien instîto- 
)) teur d*Ànvin, M. Delannoy, décédé il y a environ cinquante ans. 

» Ce sceau, de forme circulaire et de petite dimension, repré- 
» sente un évêqoe mitre ^et crosse, — la volute delà crosse 
» tournée an dehors, — tenant de la main gauche une sorte de 
» marteau. Légende en minuscules semi-gothiques i . s. leodb- 

)) GARIUS. 

» Je n*ai pu savoir dans quelles circonstances feu M. Delan- 
» noy était devenu possesseur de ce sceau, ni quand et où il a 
» été trouvé. On peut, je crois, Tattribuer avec quelque vrai- 
» semblance à la paroisse d'Ànvin, dont saint Léger a toujours 
» été le patron. » 

L'empreinte du sceau jointe à oette notice explicative 
passe sous les yeux des divers membres de rassemblée, 
et des remerciements seront adressés à M. Ëdmont. Un 
membre fait remarquer que saint Léger était honoré dans 
beaucoup d'églises du Nord de la France, que Téglise de 
Fauquembcrgues (Pas-de-Calais) était, comme celle d'An 
vin, placée sous le patronage de ce saint, qu'Arras en 
conserve le chef, et que la chapelle de N. D. des Miracles 
à Saint-Omer, qui contenait tant de reliques, en possé- 
dait aussi de levéque d'Aulun (art. 11 de Tinventaire 
de 1559). 

M Fernand Donnet, bibliothécaire de l'Académie d'ar» 
choologie de Belgique, a envoyé à M. do Bailliencourt, 
avec prière de les transmettre a la Société, deux pièces 
datées d*Anvers, 1580, relatives à Antoine Sinoguet et 
Jehan Ghaucheteur. lies troubles excités à Saint-Omer 
par les patriots ou slnoguets en 1578 ont fait l'objet d'une 
petite notice publiée en 1885 par M. L. Deschamps de Pas 
dans la I32">« Hvr. du Bulletin historique. Mais M. l'abbé 
Bled a donné dans le t. XXI des Mémoires sous le titre : 
la Réforme à 5am/-0mer et en Artois de 1577 à 1579, une 
étude complète sur la conspiration des slnoguets ou pa- 
triots, et a indiqué, notamment p. 224, que Sinoguet se 



— 169 — 

retira en 1578 à Amiens où sa femme le rejoignit. Aussi, 
les deux documents envoyés par M. Donnet sont remis à 
M. le vice Président, et il est prié do vouloir bien les exa- 
miner et d*en faire précéder l'impression d'un préambule 
explicatif. Des remerciements sont ensuite votés à M. le 
bibliothécaire de l'Académie d'archéologie d'Anvers au 
sujet de cette intéressante communication qui donne des 
détails sur la fortune de Sinoguet et de quelques autres 
de ses complices. 

Enfin M. Justin de Pas présente Le premier inventaire 
qui ait été conservé des reliques et ornements de la cha- 
pelle de N.-D. des Mir'acles à Saint-Omer. Ce curieux 
document en latin remonte en 1346 et se trouve dans les 
archives de l'ancienne collégiale. L*auteur le compare à 
rinventaire de 1550 rédigé en français et publié en 1891 
par le ministère de l'instruction publique, et il démontre 
que celui de 1346 devait être plus étendu et que nous n'en 
avons que de précieux fragmenfs,composés de deux mor- 
ceaux de parchemin collés sur toile l'un à la suite de 
l'autre et laissant très probablement entre eux une lacune 
d'un feuillet au moins. Les articles de l'inventaire sont 
numérotés avec soin et accompagnés de notes explica- 
tives. La Ck>mpagnie décide qu'il sera publié dans le Bul* 
letin historique. 



Séance du 27 février 1893. 

Président : M. BUTOR. Président. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

Le Secrétaire général a la parole pour lire le procès- 
verbal de la séance précédente qui est adopté sans obser- 
vation. 

Dons, hommages, ' échanges. 
— Du Ministère de l'Instruction publique : 
Atlas de monnaies gauloises préparé par la Commission 

de topographie des Gaules, par Henri de la Tour. 



— 170 — 

Bibliographie des travaux historiques et arehéologiquee 
publiée par les sociétés savantes de France, par R. de 
Lasteyrie et E. Lefévre-Pontalis, t. II, 3»« livraison. 

Catalogue des manuscrits conservés aux archives natio- 
nales. 

Catalogue général des manuscrits des bil>Uothèques de 
France, départements, t. XX. 

Le canton de Ghevrcuse (Seine-et-Oise), notes topogr»* 
phiques, historiques et archéologiques, par L Morize, 
nouvelle édition accompagnée de 15 planches et d'une 
carte. 

Supplément à lulbum Garanla, f* partie du fascicule de 
1892, les fouilles aux greviores de Giry-Salsogne, dans 
le parc de Fére-en-Tardenois et à Nanteuil-Nolre- 
Dame, 3"** année. 

Conseil général du département du Pas-de-Calais, ses- 
sion d'août 1892, rapport du préfet et procès- verbaux 
des délil>érations. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Bordeaux (Gironde). Société archéologique de Bordeaux, 
l. Xr, 3«« et 4«»« fascicules. 

Boulogne (Pas-de Calais). Bulletin do la Société d*agri- 
culture de Boulogne, janvier 1893, t. XXIX, n* I. 

Chambéry (Savoie). Mémoires et documents publi ^s par 
la Société savoisienne d'hibtoire et d'archéologioi t. 31, 
ï«« série, t. VI. 

Le Havre (Seine-Inférieure). Recueil des publications de 
la Société havraise d*é(udes diverses do ia 59*« année 
1892, 1'» à 4»» irimsslres. 

Le Mans (Sarthe). Bulletin de la Société d*agriculture, 
sciences et aris de la Sarthe, 2»» série, t. XXV, 33^ de 
la collection, années 1891 et I8'J2, 4»« fascicule. 

Montauban (Tarn-et-Garonne). Bulletin archéologique et 
historique de la Société archéologique de Tarn et-<3a* * 
ronne, t. XX, année 1892, !•' à 4— trimestres. 

Orléans ^Loiret) iMémoires de la Société archéologique 
et historique de l'Orléanais, t. XXIII* 



— m — 

Saint'Drieuc (G6(68-du-Nord). Société d'émulalioii des 
Gôtee* lu-Nord. Bulletini et Mémoires, t XXX, 1892.- 
Balleans, année 1892. 
Sens (Yonne). Bulletin de la Sooiété archéologique de 

Sens, t. XV. 
Valenciennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de Tarrondissement de Valenciennes, 44"»« année, . 
t XLII, no II, décembre 1892. 
— Étrangères, 
Bruxelles (Belgique). Annales de la Société d'archéologie 

de Bruxelles. tVlI, livraison I, i*» janvier 1893. 
Annuaire, 1893, t. IV. 
Analecta Bollandiana, t. XII, fasc. I. 

Abonnement. 
Bulletin de la Société bibliographique et d*s publications 

populaires, 24»« année, II, février 1893. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2»* série, t. 37»«, LXVII««» de la collection, 
?»• livraison, février. — Partie technique, 2»« série, 
t. I9««, LXIX— de la collection, 2"»* livraison, fév. 

Correspondance. 
{• lettre du 2 février par laquelle M. le Ministre de 
l'Instruction publique demande pour Texposition de Chi- 
cago les bullelinsy mémoires ou publications spéciales 
édités par la Société et portant le millésime de 1891. La 
Compagnie n^ayant que quelques bulletins et un fascicule 
. des Chartes de Saint-Bertin portant cette date, pense que 
renvoi demandé par M. le Ministre n'offrirait pas un 
intérêt suffisant. 

2* Accusé de réception par le même ministre de 125 
exemplaires de la IGS"** livraison du Bulletin historique, 
t. IX, année 1892, 3"* fascicule. 

3* M. de Bailliencourt, atteint d'une grave maladie, a 
envoyé une lettre de M« Donnet, bibliothécaire de I Aca- 
démie d'archéologie de Belgique à Anvers, le remerciant 
d'avoir donné communication i la Compagnie des deux 



- 172 - 

pièces relatives à Antoine Sinoguet mentionnées dans le 
précédent procès-verbal, et il en envoie doux autres con- 
cernant le même personnage II ajoute que sll avait 
pensé que la Société avait pu trouver un intérêt à ces 
pièces, il les aurait fait précéder d'une courte notice 

4* Le 6 février, M. Donnet écrit au Sécréta Te général 
une lettre dans le même sens, en ajoutant toutefois qu*il 
verra avec plaisir M Tabbé Bled se charger de ce travail. 
La Société remercie M. Donnet de sa nouvelle communi- 
cation et décide que les deux pièces qu'il envoie seront 
remises à M. le vice-président pour être examinées par 
lui et jointes à celles qu'il a reçues à la séance précé- 
dente; rhonorable membre se chargera de la notice qui 
doit en précéder la publication, et entrera au besoin en 
relations directes avec M. le bibliothécaire de TAcadémie 
d'archéologie d'Anvers. 

Comptes, 

M. Herbout, empêché d'assister à la réunion, fait lire, 
au nom de la Commission des comptes, par M. le Secré- 
taire archiviste, un rapport très étudié sur la comptabi- 
lité de M. le Trésorier pour Tannée 1892. Il fait ressortir 
la bonne situation de la Société, libérée de toutes ses 
dettes antérieures, mais en même temps il constate com- 
bien est faible son encaisse au 31 décembre, et il recom- 
niande une stricte économie afin de ne pas voir se renou- 
veler les difficultés précédentes heureusement surmontées. 
Communications, 

Le Secrétaire général signale dans le tome II,3>^« livrai- 
son de la Bibliographie des travaux historiques et archéo- 
logiques publiés par les sociétés savantes de France l'ar- 
ticle consacré, pp. 496 à 513, à la Société des Antiquaires 
de la Morinie qui, < fondée au mois de septembre 1831 et 
» autorisée par lettre ministérielle en date du 19 janvier 
» 1832, reçut sa constitution définitive le 21 avril 1833, 
9 époque à laquelle une ordonnance royale la reconnut 
» comme établissement d'utilité publique. Elle organisa 
» des sections à Aire, à Boulogne (1838;, à Gassel (1838). 



— 178 — 

> i Calais (1839), i Dunkerqueet à Saint-Pol. Dana oatte 
» dernière ville, le comité avait pour organe une publi- 
» cation périodique nommée le Puits Artésien . » Puia 
Tarticle indique les divers ouvrages édités à part par 
cette Compagnie savante, et les matières contenuep 
dans les volumes I à XIX des Mémoires» c*e8t-à dire de 
1833 à 1b85, et dans ceux des tomes I à VII du Bulletin 
historique (1852 à 1887). Cette longue nomenclature faite 
avec le plus grand soin ne laisse échapper aucun des 
documents les plus importants publiés. Bile contient 
577 numéros (34583 à 35160). 

Lectures. 

M. le comte de Loisne a envoyé deux notices : Tune est 
la Bulle du pape Eugène III confirmant la collégiale de 
Béthune dans ses possessions. Cette pièce inédite est datée 
du 23 décembre 1152 et fait partie du fonds de Saint- 
Barthélémy aux Archives du Pas-de-Calais ; elle ne 
figure pas dans les Actapontificorum Romanorum inédita 
publiés en Allemagne en i88|. Le Secrétaire général 
donne lecture du préambule rédigé par M. de Loisne et 
communique à rassemblée la copie de la bulle annotée. 
Après examen, la Compagnie décide que cette pièce cu- 
rieuse sera insérée dans le Bulletin historique et remer- 
cie l'auteur de sa communication. 

L*autre notice est . intitulée : Antoine Le Prestre de 
Vauban, gouverneur de Béthune, 1704-1731. Les pre- 
mières pages de ce travail dont il est donné lecture inté- 
ressent vivement la CompagniCi il s*agit d*un parent de 
nilustre ingénieur des places de Flandre et d*Artois. 
L'auteur raconte sa carrière militaire, sa prise de pos- 
session de son gouvernement de Béthune et son entrée 
solennelle dans cette ville ; puis le siège de Béthune qu*il 
défendit avec la plus grande vigueur en 1710 et dont il 
sortit avec les honneurs de la guerre après avoir dû capi- 
tuler. Toutefois M. de Loisne s^occupe surtout, à propos 
de ce siège, de ce qui a trait à Vauban, et cherche à 
mettre en couvre quelques documents que n'ont pas donnée 



— 174 - 

les auteurs qui en ont parlé aTant lui. Le surplus de la 
lecture est renvoyée à la séance suivante. 
La séance est levée à 5 h. 1/4. 



^ Séance du 27 Mars 1893. 

Président : M. BUTOR. 

Secrétaire-général : M. Pagart o'HBRiiANSARTr 

La séancj s*ouvre par la lecture du procés-verbal de la 
séance précédente qui est adopté sans observations. 

Dons, hommages et échanges. 

-^ De la part de l'auteur : 

Notice sur le corps des sapeurs-pompiers d^Ârras, histo- 
torique des mesures prises dans cette ville pour Tex- 
tinction des incendies, par Gustave Acrémant. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Amiens (vSomme). Mémoires de la Société des Antiquai- 
res de Picardie, documents inédits concernant la pro- 
vince, t. Xlir, le clergé de Téglise d*A miens en 1789. 

Beauvais (Oise). Mémoires de la Société académique d'ar- 
chéologie, sciences et arts du département do rOise, 
t. XV, {^ partie. 

Cahors (Lot). Bulletin de la Société desétudecr littéraires, 
scientifiques et artistiques du Lot, t. .XVII, l«'^à4"'« 
fascicules. 

Cambrai (Nord). Mémoires de la Spciété d'émulation de 
Cambrai, t. XLVII, séance publique du 8 novemb. 1891. 

Château Thierry (Aisne). Annales de la Société histori- 
que et archéologique de Château-Thierry, année 1891. 

Compiègne (Oise). Procès- verbaux, rapports et commu- 
nications diverses de la Société historique de Compiè- 
gne, I, 1892. 

Dijon (Côte-d'Or). Mémoires de l'Académie des sciences, 
arts et belles-lettres de Dijon, 4«« série, t. III, Iô92. 

Paris (Seine). Mémoires de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. IV, 2^ série, 4"»« fascicule. 



- m — 

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. IV, 4»« 
eèrie, n^" 1, 15 février 1893. 

Bévue de la Société des études historiques,!^ série, t. X, 
58-* année, 1892 

Poitiers (Vienne). Ôulletin de la Société des Antiquaires 
de l'Ouest, 4»* trimestre 1892. 

Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de Poligny, 33*« année, n- t à 12, de 
Juillet à décembre '892. 

Reims (Marne). Travaux de l'Académie nationale de 
Reims, 90»« volume, année 1890-1891, tome II. 

Senlis (Oise). Comité archéologique do Senlis, comptes- 
rendus ot mémoires, 3"*« série» t VI, année 1891. 

Touloiise (Haute-Garonne). Mémoires de l'Académie des 
sciences, inscriptions et belles- lettres de Toulouse, 
nouvelle série, t. IV. 

— Étrangères : 

Gand. MesÉager des sciences historiques, 1892, A^* li- 
vraison. 

Zurich (liuisse). Miltheilungen der Antiquarischen Ge« 
sellschaft (der Gesellschart fur vaterlandische Altcr* 
thumer) ki Zurich, LVII, Mltlelalterlicho Burganlagen 
der ostschweig 1893. 

Abonnements. 

Revue historique, 18»« année, t. 51"", 11, mars*avril 1893. 

Bibliothèque de l'École des Chartes,t. LIir,6i>'« livraison, 
novembre-décembre 1892. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, ?»• série, t. 37"w, LXVI1«» de la collection, 
3** livraison, mars. — Partie technique, 2">» série, 
t. 19»*, LXIX»» de la collection, 3"»« livraison, mars. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 24°>* année. 111. mars 1893. ' 

Jtfumal des Savants, janvier-février 1893. 

Revue de VArt chrétien, 36^« année, t, IV, 5™« série, l'» li- 
vraison, 1893. 

Annuaire de la Société française de numismatique, jan- 
vier et février 1893. 



Correspondance» 

{• Accusé de réception par le bibliothécaire de TAca* 
demie d*archéologie d'Anvers, du tome XXII des Mémoi-- 
res, du dernier fascicule des Chartes de Saint^Bertin et 
de 3 fascicules de Tannée 1892 du Bulletin historique. 

f — Par M. le Ministre de l'Instruction publique de la 
164«« livraison du Bulletin historique. 

^ M. Acremant envoie une notice sur les Sapeurs^ 
Pompiers d'Arras, il rappelle qu'il est nô à Satnt-Omer 
et que c'est la raison qui V^ déterminé à offrir préoédem« 
ment à la Compagnie son ouvrage sur le Couvent de la 
Paix de Jésus. Il remercie la Société d*avoir bien voulu 
en rendre compte i5 mars). 

Communications. 

Le Secrétaire général signale dans le t. KV des Mémoi- 
res de la Société académique d'archéologie, sciences et 
arts du département de VOise, une étude de M. Seillter 
intitulée : Crévecomr le Grand (Oise). Dans ce travail, 
l'auteur mentionne les maisons seigneuriales «uocessives 
de Grévecœur, et il est amené à parler, p. 78, de Philippe 
de Grévecœur^ maréchal d'Esquerdes, auquel notre sa» 
vaut collègue M. Liot de Nortbécourt a consacré dans le 
Bulletin historique, p. 632 à 659 et 865 à 931 une notice 
beaucoup plus étendue que celle de M. Seillier qui ne 
parait pas en avoir eu connaissance. S'il eût pu la con- 
sulter, en effet, il eût donné quelques renseignements 
précis sur la seigneurie d'Esquerdes, prés Saint-Omer, 
ne Taurait point appelé des Cordes, et, par suite, n'aurait 
pas écrit que Philippe, seigneur dEsquerdes ou des 
Cordes, était plus connu sous le nom de maréchal des 
Cordes V Après la nouvelle étude de M. Sellier* qui le 

* Esquerdes (Ekerde) C* de Lumbres, 833 hab. Squarda 960, 
cart. Sith. p. 80. — Esquerdes 1156, cart. St-Omer p. 54 v», 

— Squerdes 1250, Eskuerdes 1319, cart. St-Omer anniv. p. 99. 

— Terre et seigneurie d'Esquerdes 1507, coût. d'Amiens. (Dict^ 
topographique de f arrondis^ de St-^Omer, par M. Courtois. M^. 



— m - 

complète , cependant en quelque point, le travail de 
M. Liot dé Nortbécoart reste donc une bonne et exacte 
biographie du célèbre homme de guerre. 

Lectures. 
, L'ordre du jour appelle la lecture de la suite du travail 
do M. le comte de Loisne : Vauban, gouverne^r de Bé^ 
thune, 1704-1731. Dans cette partie de sa notice, l'auteur 
nous montre du PuyVauban nommé ingénieur général 
de toutes les places d'Artois, rentrant dans Béthune le 
12 mai 1713 après la paix d'Utrecht qui avait rendu cette 
ville à la France, et décrit l'accueil enthousiaste que les 
habitants firent à leur gouverneur. Après avoir quitté la 
France pour aller faire le siège de Barcelone il revint à 
Béthune. Il reçut le brevet de grand'croix de l'ordre de 
Saint-Louis en 1715, et les terres de Saint-Sernin et de 
Bouzet en Bourgogne furent érigées en 1725 en comté 
sous la dénomination de Vauban. Les dernières années 
de I illustre ingénieur se passèrent dans un repos glo- 
rieusement mérité et il mourut à Béthune le 10 avril 
1731, les honneurs funèbres inusités qui lui furent rendus 
témoignèrent des regrets des habitants de cette ville dont 
il avait été 28 ans gouverneur. M. de Loisne donne en 
terminant son épitaphe. La lecture de ce travail bien 
étudié, pour lequel l'auteur a consulté les archives de la 
ville de Béthune et les divers historiens de cette ville, un 
journal du siège, les archives du département, divers 
ouvrages et mémoires militaires, le Mercure de France, 
lesalmanachs d'Artois, est écoutée avec un vif intérêt 
par la Compagnie qui le renvoie à la Commission des 
impressions. 

L'ordre du jour étant épuisé M. le Président lève la 
séance à 4 heures et demie. 

Lo Secréiaire^général, 
PAG A HT d'HERMANSART. 

des AnUq, de la Monrde, t. XIIL Voir aussi BuUeiiin historique 
des AnUq, de la Morime, t. V, p. 355). 



-. 178 — 

Rapports sur les ouvraoss tfférts 



Histoire de Béthune, par le chanoine Ed. Cornet. 2vol.g^ m-^ 
de 477 eê 6î6p., iUustrés de vues et plans d'après Brann, van 
der Menlen, Hari, Hauserman etc. Béthme, David 1892. 

M. l'abbé Cornet, cnré-archiprêtre de Béthune, passa les 
dernières années de sa vie à de longues et ininatieuses recher- 
ches aax archives de cette ville qu'il aimait de tont son cœar 
de prêtre et de Béthunois. L' « Histoire de Béthune » est le 
résultat de ces travaux. -* Ouvrage intéressant par le charme 
du style, le classement des faits, l'étendue des renseignements, 
et qui complète sur divers points les travaux historiques dont 
cette ville a déjà été l'objet. 

Dans le premier volume intitulé : « Faits historiques », l'au- 
teur prend Béthune à ses origines, au vi* siècle, et poursuit son 
récit jusqu'à ces dernièl::^s années. 

Le second, précédé d'une notice biographique sur l'auteur, 
est consacré aux institutions, aux communautés et aux mo- 
numents, et se termine par la liste des maires, des seigneurs, 
des gouverneurs et députés du Tiers-Etat de Béthune, les noms 
des régiments dont les archives munfcjpales font mention, 
ceux des curés de Saint-Yaast et de Sainte-Croix, etc. 

On s'étonnera probablement que s'écartant des usages de la 
science historique moderne, l'auteur n'ait pas cru devoir donner 
plus de pièces justificatives. Nous eussions aimé pour notre 
part à lire, avec toute la saveur de leur texte, les grands mo- 
numents de l'histoire de notre vieille cité artésienne, tels que 
l'acte d'échange de 1311 ', la charte du 11 juillet 1312 *, ceUes 

* Echange de la ville de Béthune contre 1311 livrées de terre 
en Bourgogne. (Â. N. Layettes du Trés.des Chartes J254b, n** 70 
et 71). 

' Charte de Robert de Béthune faisant tradition à Fhilippe- 
le-Bel des villes de Lille, Douai et Béthune (ilN. Très, des Ch. 
« 43 ^ 13). 



- 179 - 

de février 1347 \ d'août 1386 ', de septembre 1477 », et sur- 
tout, quelques chartes de privilèges, notamment celle du 3 mai 
1334 qvi a été le code des libertés communales de la ville de 
Béthune. Trois d'entre ces documents ne sont même pas ana- 
lysés * ; un autre l'est d'une façon inexacte *. L'auteur qui a 
étudié avec soin les archives de sa ville, paraît, quoiqu'il en 
dise ■, avoir un peu négligé celles du département où le Dos- 
sier de Béthune et le fonds de Si- Barthélémy &\us\ qpe les Comptes 
des baUMs d'Artois, lui eussent fourni un appoint de documents ' 
important. Il eut retrouvé également des Comptes intéressants 
à la Bibliothèque Richelieu et de nombreuses chartes relatives 
à Béthune aux Archives nationales. Qu'il nous soit enfm permis 
de regretter que le chapitre <( Célébrités béthunoises » ne soit 
pas plus complet, surtout pour l'indication des ouvrages des 
auteurs et que les noms propres soient trop souvent défigurés '. 

* Donation de la ville de La Gorgue à la ville de Béthune. 
(AN. Tr, des CL JJ 81 n' 948.) 

* Echange entre Philippe de Bourgogne et Guillaume de 
Namur de la ville de Béthune contre le port de l'Ecluse. (Ori- 
ginal. Arch, Z>"" du Pas-de-Calais — B. N. mss. Chartes de 
Flandre, 1. 1, p. 519. Copie du xvu* s.) 

' Don de la ville de Béthune par Louis XI à Antoine de Chau- 
ses, son chambellan. (\N. Reg. du Parlement X" 8608.) 

* Les chartes de 1312, 1347 et 1477. 

* M. le chanoine Cornet analysant la charte du 2 mai 1334 
(t. I, p. 110) s'exprime ainsi : « L'échevinage, est-il écrit dans 
cette charte, sera composé de dix échevins, d'un prévôt, de 
deux mayeurs, d'un procureur-syndic, d'un greffier et d'un 
argentier. » Or la charte ne dit pas un mot du procureur-syndic 
et quant au clerc ou grefer et à l'argentier, dont il n'est pas 
parlé davantage, ils étaient nommés par Véchevinage mais n'en 
faisaient pas partie. (Cf. BuL des Ant, de la Morime, t. IX, 
p. 56 et 57.) 

* Introduction p. xm. 

' Par exemple : Bas de Grave pour Ras de Gavre, Bugelin 
pour Buzelin, Dupuich de Vauban pour Du Puy-Vauban-JPî^wicA^ 



- 180 — 

Ces quelques critiques ne nous empêchent pas, bien entenda 
de rendre hommage à Télévation de pensée de Técrivain, à la 
conscience de l'historien, à l'enseignement moral qoi se dégage 
de son récit. Il sera peut-être difficile après lui d'écrire une 
nouvelle Histoire de Béthune; mais il y aura toujours place 
pour des monographies qui mettront au jour des documents 
qui n'ont pas encore été utilisés. 

Campagne de M, le maréchal de Noailles en l'année MDCCXLIII, 
— Journal du chevalier de Malbez publié par Joseph du Teû. — 
Paris. IHcard 1892. 77p. in-S* et î plan. — M. du Teil a re- 
trouvé dans les casiers d'un bouquiniste à la foire de Bordeaux 
le journal ou carnet de poche tenu par le chevalier de Malbez 
de 1742 à 1747, et il en a extrait le récit de la campagne de 
1743 auquel l'auteur prit part comme commissaire ordinaire 
d'krtillerie. Les deux monographies imprimées de cette campa- 
gne qui existent à la Bibliothèque nationale et qui datent de 
1743 et de 1745, sont insuffisantes, elles seront très utilement 
complétées par la publication de ce curieux manuscrit. M. du 
Teil y a joint un plan de la bataille de Dettingen conservé à la 
Bibliothèque nationale, pour remplacer le croquis incomplet 
qu'en avait donné le chevalier de Malbez. Une bonne liste des 
noms propres cités termine cet ouvrage édité avec le soin qat 
M. du Teil met à toutes ses publications et qui n'a été tiré 
qu'à cent exemplaires. 



B^ â^ffmges pour Dupire B»" d'Hinges, de Bornage pour de Ber- 
nage. Le Ricque du Marquais pour Le Ricque de Marquais, De 
Rochaymon pour de La Roche Aymon, Fonlier pour Fouler, 
Rochecouart pour Rochechouart, Vallero pour Wallera, Jean 
Gonnelieu pour Jean de Gonnelieu, Philisbourg pour Philipps- 
bourg, L'Adam Niçoise pour Nicaise Ladam, d'Armeval pour 
d'Amerval, Marchand (i^B^/Aun^ pour Marchand de Burbure, etc. 
(t. I, p. 37, 53, 233, 258. 282, 312, 324, 329, 333. - t. II, p. 61, 
225, 229, 435, 447, 500, etc.) 



- 181 - 

Études pour servir à l'histoire et à fmterprétation des noms de ' 
Heu, par L. Bicouart, Président de la Commission départementale 
des Monuments historiques. Département du Pas-de-Calais, Pre- 
mier fascicule. Arrondissement d'Arras, Anzin, Ricouart-Dugour 
i89i, 2¥k p. in-é; 

Dans un travail consacré à Tarrondissement d'Arras, et dont 
la snite doit comprendre les autres arrondissements du Pas- 
de-Calais, M. Ricouart a réuni tous les éléments relatifs à 
rétymologie et à l'origine des noms de localités. L'intérêt de 
ces documents a déjà élé mis en lumière par de savantes mo- 
nographies, et, en particulier, pour les environs de Saint- 
Omer, par les travaux de M. Courtois et de M. l'abbé Haigneré; 
mais aucun ouvrage n'a encorjB été consacré à cette étude 
d'une façon aussi complète et aussi étendue. 

Dans une notjce spéciale à chaque localité, l'auteur expose 
les variantes nombreuses dont le nom a été l'objet, les diffi- 
caltés d'interprétation, s'il y a lieu, les textes sur lesquels il 
s'appuie, et les comparaisons qu'il tire d'origines communes à 
des noms d'autres pays. L'importance de ces commentaires se 
comprend facilement, si .l'on voit sous combien de formes et 
d'orthographes diverses certains noms propres sont présentés 
dans les anciennes archives. 

On ne peut se dissimuler que la division des localités établie 
par l'auteur en cantons, de même que l'ouvrage est divisé en 
arrondissements, ne peut cadrer avec celle que Ton pourrait 
tirer de la communauté d'origine des noms. Cette seconde di- 
vision, M. Ricouart ne fait que l'indiquer au début de l'ou- 
vrage : « Au point de vue ethnique, écrit-il, les noms de lieu 
I) du Pas-de-Calais sont de deux natures. Ils sont Français 
» dans l'Artois, le Ternois et le Ponthieu ; Flamands dans les 
» pays de Guînes, de Brédenarde, de l'Angle, et les environs 
» de Saint-Omer qui furent Flandre ». Toutefois, comme il le 
lait remarquer, cette distinction comporte des exceptions, 
l'influence de l'une et l'autre langue ne s'arrêtant pas à des 
limites déterminées d'une façon absolue. D'intéressants pro- 
légomènes renferment l'analyse détaillée des suffixes et dési- 
nences d'origine latine et germanique que l'auteur rencontrera 



-. 182 — 

dans son étude. Il y ramène à des régies générales la compo- 
sition des noms, les altérations qa'ont subies leurs suffixes et 
désinences, leur signification ordinaire et le genre de radical 
qui les accompagnera le plus souvent, soit que ce radical se 
tire d'un nom d^ho/nme, d'une agglomération, ou de la situa- 
tion topographique des lieux. De ces régies générales il tirera 
des conclusions dans les cas où l'explication d'un mot pourra 
donner naissance à plusieurs hypothèses. 

Nous ne pouvons ici que signaler cette étude sans entrer 
dans un examen plus approfondi. Il y a lieu de souhaiter qae 
la publication des fascicules suivants permette bientôt aux tra- 
vailleurs d'apprécier l'intérêt de ces recherches pour les arron- 
dissements auxquels .elles seront consacrées. 

Le Canton de Chevreuse (département de Seine- et- Oise). Noies 
iopographiqves, historiques et archéologiques recueillies par L. 
Morize, Nouvelle édition accompagnée de J5 planches et d'une 
carte, i volume inS de 122 pages. Tours 1892. 

Sous ce titre l'auteur nous offre une nouvelle édition d'un 
ouvrage déjà paru en 1869, mais auquel il a donné de plus 
grands développements ; 15 planches contenant des renseigne- 
ments nombreux inédits pour la plupart en complètent les des- 
criptions. 

Les vingt communes du Canton de Chevreuse représentent 
assez exactement deux châtellenies du xi' siècle, celles de Che- 
vreuse et de Maurepas. Après quelques renseignements géné- 
raux sur les anciennes divisions territoriales, la population, la 
topographie, le relief et la nature du sol, etc., M. Morize pré- 
sente au lecteur chaque commune dépendant du canton de 
Chevreuse. Ce canton abonde en souvenirs et en monuments 
historiques. Citons rapidement les ruines des châteaux de Che- 
vreuse et de Maurepas, les ruines ou les restes du prieuré de 
Haute-Bruyère, des abbayes des Vaux-de-Cernay et de Port- 
Royal, les châteaux de Dam pierre, de Pontchartrain, etc. 

L'ouvrage de M. Morize, qui est un guide fidèle pour l'étran- 
ger, ne peut qu'augmenter, suivant le désir de l'auteur <( le 
respect dû aux monuments qui sont l'honneur et fun des 
attraits de notre beau pays ». 



INVENTAIRE 

DES 

RELIQUES, USTENSILES & LIVRES 

de la cbapelle de Notre-Dame des Miracles à Saint-Omer 



Le premier inventaire qui nous soit parvenu des 
reliques et ornements de Tancienne chapelle de 
Notre-Dame des Miracles est daté de 1346. Les 
archives de la ville de Saint-Omer en ont conservé 
plusieurs autres dont les plus anciens remontent 
à 1383, 1497, 1547, 1559. Bien que chaque récole- 
ment nouveau des objets du trésor ne donnât pas 
lieu à la confection d'un nouvel acte, et qu'on eût 
l'habilude d'y suppléer par des surcharges et ra- 
tures sur le dernier dressé, il est probable que 
dans les longs intervalles qui séparent ces dates 
il y eut d'autres inventaires qui ne nous sont pas 
parvenus. 

Rédigés en latin jusqu'au milieu du seizième 
siècle, ils le sont ensuite en langue française, et 
parmi ces derniers, celui de 1559, qui peut être 
considéré comme le plus complet, a été publié en 
1891 par M. Pagart d'Hermansart dans le Bulletin 



— 184 — 

archéologique du Comité des travaux historiques 
et scientijiques au Ministère de V Instruction publi- 
que'. L'accueil qui a été fait à cette publication, 
ainsi qu'en témoigne le rapport de M. Darcel qui 
la précède, et l'importance que les communica- 
tions de ce genre ont acquise dans les re- 
cueils archéologiques, montrent assez l'intérêt qui 
s'attache aux détails que nous donnent les an- 
ciens inventaires sui^ les objets mobiliers garnis- 
sant les trésors des églises et, par suite, sur les 
anciennes cérémonies religieuses et les dévotions 
en honneur au moyen ôge. 

L'inventaire de 1346 est, en raison de son anté- 
riorité, beaucoup moins étendu que celui de 1559. 
La fondation de la chapelle remontait à une épo- 
que relativement récente, et le Trésor n'avait pu 
accumuler la variété d'objets que l'on retrouve 
deux siècles plus tard. D'autre part, si les joyaux 
et ornements sont moins nombreux, nous trou- 
vons en 1346 une plus grande variété de reliques 
de très antique origine. Quelques-unes, et non 
des moins curieuses, ont disparu dans les actes 
postérieurs. C'est ainsi que si l'on vénérait encore 
au seizième siècle un grand nombre d'objets ayant 
touché le Christ, la Vierge Marie et les Apôtres, 
tels que la fleur que tenait la Sainte Vierge devant 
son Fils *j la colonne du Christ *^ des vêtements de 
la Sainte Vierge, etc., l'on n'y trouve plus trace, 
comme au quatorzième siècle, de la verge d'A-- 
aron ^ de la table sur laquelle Dieu écrivit de sa 

' 1891, n* 2, pp. 379 et suivantes. 
« N* 15, invent, de 1346; n* 48, invent, de 1559. 
' N»' 2 et 3-, inventaire de 1346 ; n» 5, invent. 1559. 
* NMI, invent. 1346. 



i 



- 186 — 

main la loi de Moïse * ; de la fenêtre par laquelle 
entra Vange Gabriel pour saluer la Vierge Marie •. 

Enfin, nous devons constater que l'acte de 1346, 
tel qu'il nous est parvenu, n'est pas complet. Ré- 
digé sur deux morceaux de parchemin réunis et 
collés sàr toile à une époque bien postérieure, il 
forme actuellement un rouleau de 0°^ cent, de 
longueur sur 0™24 de largeur. On verra sous le 
numéro 39 que le raccord entre les deux parties a 
laissé dans le te^xte une lacune sur Timportance 
de laquelle il est difficile de se prononcer. 

L'écriture est nette et soignée. Quelques inter- 
cala tiohs peu importantes ont été faites. Les deux 
derniers articles forment une adjonction plus inté- 
ressante qui a été jointe à la reproduction du texte 
primitif. 

Cette pièce curieuse, bien qu'inédite, n'était pas 
inconnue des travailleurs qui fréquentent les ar- 
chives de la ville. M. L. Deschamps de Pas l'a citée 
dans son étude sur la statue de Notre-Dame des 
Miracles'. Il en avait également laissé une trans- 
cription intégrale qu'il avait l'intention de publier. 
C'est cette transcription que nous reproduisons 
ici, à laquelle nous avons cru devoir ajouter 
quelques notes. 

Justin de PAS. 



' ibid. 
• ibid. 



Annales archéologues de DidronAS^y t. XVIII, pp. 257-264. 



• — 186 — 

In Domine Domini amen. Istud est inventarium sanc- 
tarum reliquiarum existentium in capella béate marie in 
foro Sancti Audomari factum et ordinatum de voluniate 
dominorura de capitulo ecclesie Sancti Audomari per 
venerabilesetdiscretos virosdominum Albericum de vice 
comitibus * locum tenentem domini decani et dominum 
Johannem de manso * ecclesie Sancti Audomari predicte 
canonicum, dominum brixium RiiflR capellanum perpe- 
tuum et vicarium in dicta ecclesia, dominum Symonem 
davio capellanum dicte capelle, Et :ne johannem de es- 
querdes ' clericum dechoro dicte ecclesie notarium publi- 
cum anno Domini MCCC quadragesimo sexto, sexta die 
mensis marcii, et septima die ejusdem mensis immédiate 
sequente. 

De xpo et de passione ejusdem. 

1 Primo, unacapsa argentea in qua est de ligno cruciset 
de sanguine domini inquodam feretro magno deaurato. 

2 Item, de lancea domini et de columpna ejusdem inquo- 
dam tabernaculo super tabulam argenteam. 

3 Item, de ligno domini et de columpna ejusdem, manna 
de celo que pluit, de sancto joh^nne crisostomo de 
sancia h'elena et de sanctis cosma et damiano. Omnia 

^ Alberic de vicecomitibus, chanoine titulaire de la 6* pré- 
bende depuis 1321, décédé en avril 1364. 

' Jean de Manso, chanoine titulaire de la 20 prébende depuis 
1337, décédé en 13GI. 

' Jean d*Esquerdes était secrétaire i!u chapitr-e jusqa*en 1374, 
date où il fut remplacé par Jean Pastavent. Nous retrouvons 
en 1391 et dans les années suivantes un Jeun d'Esqnerdes, sei- 
gneur de la cour de Philippe le Hardi, décédé en 1402, à qui l'é- 
glise collégiale de Saint-Omer est redevable de plusieurs libé- 
ralités. (V. If Eglise Notre-Dame de Saint-Omer d'après les comptes 
de fabrique et tes registres capitula ires, par L. Deschamps de Pas. 
Mémoires de la Société des Antiq. de la Morinie, t. XXII, 1892, 
pp. 162 et suiv.). Nous ne pouvons dire s'il existe un lien entn? 
ces deux personnages. 



— 187 - 

hec sunt in quodam vase cristallino cum pede et taber- 
naculo argenteis et cruce argeatea desuper. 

4 Item, due piccides ^ de ebore pendentes, îd una qua- 
rum est de ligDO et de mensa domini, et îd alia est de 
sancto pantaleone. 

5 item, de petra ubi sanguis xpi expandit in quadam 
piccide argentea parva sine pede. 

6 Item, una alia crux parva de Hgno super argentato 
pendens contiDens de sepulchro domini, et de velamiue 
sancte'margarete. 

7 Item, de cunabulo domini in quodam phiaterio' eu- 
prio pendent! cum lapide cristalino ante. 

8 Item, reliquie domini decani in quodam vase cristalino 
cum pede et tabernaculo argenteis, continentes de 
lapidea tabula in qua scripsit deus legem moysi digito 
suo. Item, in eodem vase de petra super quam sanctus 
Jacobus transivit mare. Item, ibidem de capite sancti 
stephani martiris. 

9 Item, una crux magna argentea cum pede al*genteo in 
quo est de ligne cruels domini, et crux tota est de 
argento. 

10 Item, de sudario domini in quodam vase cristallino 
cum pede tabernaculo et pumello * argenteis. 

11 Item, de virga aaron \ Item, de altari super quod sanc- 
tus petrus cantavit, et de sancto boni facio, et totum in 
quodam baculo vitrio. 

12 Item, feretrum cuprium continens parvam crucem, 
inqua quidem cruce sunt scripte reliquie quorumdam 
aliorum sanctorum. 

de.sancta Maria. 

' Piccis pour pisâis: pixide, boîte destinée à recevoir des hosties. 

* Phiaterwm pour pkylactmum, vase dans lequel les reliques 
des saints sont enfermées. 

* PvmeUuTii pour pomellus,., pomme, bonion. 

* On trouve dans VTnverUaire du trésor de Saint-Pierre de Borne 
de Îé89 : de virga Aaron que floruerat in deserto. Y. Revue de 
fAri chrétien, 1889, t. VU, p. 101. 



— 188 — 

13 Primo, de capillis béate marie virginis in quodam 
tabernaculo argenteo super unam tabulam argenteam 
quod sustinent duo angeli argentei. 

14 Item, de peplo béate Marie virginis in quodam vase 
cristallino cum pede et tabernaculo argenteis. 

15 Item, una piccis eburnea depressa sine aliquo opera- 
mine nisi cum uno solo pumello cupreo,In qua quidèin 

' piccide est de flore quem beata virgo tenui tante filium, 
Et de fenestra per quem gabriel angélus intravit salu- 
tans beatam virginem mariam. 

16 Item, de junctura ^ et costa béate anne matris béate 
marie virginis in quodam vase cristallino cum pede 
argenta et tabernaculo. 

17 Item, de oleo béate marie de sardenai *, Item, ibidem 
de sepulchro domini. Item, ibidem de sepulchro béate 
marie in josaphat, in quodam plumbo in quadam capsa 
eburnea. 

18 Item,decera que fuit data miraculose hystrionibus * in 
capsa lignea cooperta de vitro. 

De sancto johanne baptista. 
lÔ Una magna piccis eburnea cum pede et tabernaculo 
argenteis continens de capillis et de cerebro beati 
johannis baptiste. 

de apostolis. . 

20 Primo, de capillis apostolorum pétri et pauli in quo- 
dam vase cristallino cum pede et tabernaculo argenteis. 

21 Item, una piccis argentea continens reliquia sancto- 
rum pétri et pauli. Item, ibidem sancti stephani mar- 
tyris et sancti stephani pape, de sancto ypolito et de 
sancto justino etsanctorum xliiii martyrum etalioruni 
plurimorum sanctorum. 

^ L'on retrouve ce root dans rinVen taire de 1559. M. Darcel 
le traduit par membre ou vertèbre. V. op. dt, 

* Il s'agit évidemment ici d'une des trois Maries qui accom • 
pagnaient Jésus-Christ et de Thuile qui a servi à embaumer son 
corps. 

• Nous n'avons pu trouver la légende de ce miracle. 



- 180 — 

22 Item, de cruce 1)eati andree quam tenet homo argen- 
teus in manibus suis. 

23 Item, digitus beati andree in quodam vase cristallino 
cum pede argenteo et tabernaculo et pumello cristal- 
lino, in quodam feretro cuprio deaurato. 

24 Item, de ossibus sancti jacobi in quodam vase cristal- 
lino de opère trifonii ^ cum pede argenteo. 

25 Item, de ossibus et reliquiis sancti philippi in quodam 
vase parvo cristallino cum pede argenteo et taberna- 
culo deaurato ad modum trifoniè. 

26 Item, deossibus sancti bartholomei apostoli in quodam 
brachio lignep picto. 

27 Item, de ossibus apostolorum symonis et jude in quo- 
dam vasecristallino cum pede et tabernaculo argenteis. 

2S Item^ de licio sancti thome apostoli in 

quodam vase cristallino cum pede argenteo et cruce 
desuper argentea. 

29 Item, de sanguine sancti thome de dalmatica in quo- 
dam lapide cristallino longo cooperto de cupro. 

de evangelistis. 

30 Primo, de reliquiis beati marci evangeliste in quodam 
vase cristallino cum tribus pedibus et tabernaculo 
argenteis. 

31 Item, de ossibus. beati luce et de pulvere sancti vin- 
centii in quodam vase cristallino circumligato per mo- 
dum feretri cum quatuor pedibus et tribus pumellis 
cupreis quorum unum est de cristallo. 

de martyribus. 

32 Primo, de ossibus sancti leodegarii in quodam vase 
cristallino cum pede et tabernaculo argenteis. 

33 Item, dens beati laurenti, et de ossibus ejus, etdeossi 
bus sancte cecilie in quodam parvo vase cristallino 
cum pede et tabernaculo argenteis. 

^ On peut rapprocher ce mot ainsi que celui du n* 25 de l'ou- 
vrage triîoirique do rinventairedel559(v. op.ciL), dans lequel 
M. Darcel voit une œuvre travaillée à jour comme certains 
filigranes. 



- 190 — 

34 Item, piccis beati blasii, in qua est de sancto Jacobo 
cum pede argenteo et tabernaculo. 

35 Item, de tunica beati thome martyris cantuariensis, 
de cilicio, de pulvere, de capillis ejusdem, de cuculla, 

de sed de stamina, de cilicio iterum predicti 

sancti thome iQ quodam marsupio in quadam piccide 
eburnea. 

36 Item, de sanguine ejusdem sancti thome martyris in 
quodam specul 

37 Item, baculus ipsiussancti thome martyris cantuarien- 
sis arcbiepiscopi 

38 Item, de reliquiis beati policarpi. episcopi et martyris 

in quodam vase culo argenteis 

et pumello. 

39 ^ Item, una pelvis quam dédit Jacobus de sancto quin- 
tino ponderis semi marche '. 

40 Item, une pelvis de stagno ' quam dédit johaànes de 
bolonia dictus kamus. 

41 Item, una peWis cuprea quam dédit domicella de 
morcamp. 

42 Item, una parva campana ante dominam nostram pen- 
dens. 

sequuntur utensilia dicte capelle. 

^ Les numéros 39 à 43 ne font évidemment pas partie des 
reliques des martyrs. Ils sont inscrits en tête du second mor- 
ceau de parchemin collé sur toile à la suite de Tautre et Ton 
voit ainsi que le raccord n'a pas été fait exactement. Il peut se 
faire qu*un feuillet, contenant la suite des reliques des martyrs 
et le commencement de l'inventaire relatif aux bassins et autres 
objets compris dans ces quatre numéros, ait été perdu, etqu*on 
ait mis celui-ci à la suite des précédents quand on a collé le 
tout sur toile par mesure de conservation. L'absence du titre 
des reliques de confessoribus et de virginibus corrobore Thypo- 
thèse d'une lacune assez important^. 

* Petite mesure. 

» D*étain. 



-• 191 - 

43 Primo, duescale^ argentée poQderisqliadragmtagrod- 
sorum turonensium * vel circiter. Item, due alie scale 
argentée quas dédit dominus Johannes de malevaut 
ponderis uni us marche. 

44 Item, xii coclearie argentea ponderisv grossorum turo- 
nensium quodlibet déficit unus. 

45 Item, iiii^'cy phi murei* de quibus modo unus est fractus. 

46 Item, sex letti * cum tribus capitalibus. 

47 Item, septem paria iinteaminum qua omnia delacerata 
sunt, exceptis duobus linteaminibus duntaxat. 

48 Item, très sargie'. 

49 Item, duo tapeti flassardi *. 

50 Item, XI cussini ^ antiqui et x cussini novi quos dimi- 
sit dominus J. de malevaut. 

51 Item, pelvis cum bothorio •. 

52 Item, una pelvis barbitonsoris. 

53 Item, unus cacubus* satis inutilis. 

54 Ilem, très poti cuprei et unus ferriolus. 

55 Item, iiii poti de stagno. 

' Coope évasée. 
• * de TocK^. 

• Murei poop murrei, coupes précieuses. V. Ducange à Tar- 
ticle MAZBR. m 

• Le mot ktte ou létkes se trouve dans les inventaires de cette 
époque rédigés en français. H* signifie bordure ou bande d'étoffe, 
(V. Inventaire du mobilier de Charles V dans les Documents mMts 
de t histoire de France,) 

' Étoffe de serge. 

• FlassadajCouverture, Flassar, vieux mot français, couverture 
de chevaux. Il s*agit peut-être ici de tapis pour étendre par 
terre, recouvrir le sol(?) par opposition aux tentures. 

' Coussin. 

• Ducange, au mot botarium, renvoie à Tarticle butta. On 
pourrait donc supposer qu'il est ici question de bouteille ou 
vase pour le vin. 

• Probablement pour cacabus, chaudron. 



— 1Ô8- 

56 Item, duo seihi loti^ 

57 Item, xii scutelle stagnee. 

58 Item, duo vasa pro sale. 

59 Item, unus potus pro aqua. 

60 Item, tria candelabra cuprea. 

61 Item, xn platelli. 

62 Item, xii sauserons ' novi. 

63 Item, una situla magna. 

64 Item, très tabule cum duobus paribus tripodum de 
ligno. 

65 Item, duo trépides ferrei. 

66 Item, una rouwavela ferrea. 

67 Item, una vertebra. 

68 Item, una craticula. 

Sequuntur libri. 

69 Primo, unum missale et nnum breviarium in uno 
volumine. 

70 Item, unum aliud missale in duobus voluminibus. 

71 Item, unum breviarium in duobus voluminibus. 

72 Item, unum psalterium. 

73 Item, duo libri cantus béate marie virginis. 

74 Item, kalendarium in uno quaterno. 

75 Item, duo libri miraculorum béate Marie, unus in 
gallico, parvulus : alius in latino una cum copertorio 
argenteo ymaginis béate marie virginis. 

76 Item, unus quaternus de officio béate marie virginis. 

77 ' Item, librum vite patricii cum miraculis béate marie 

virginis. 

^ Demi-lot, mesure usitée dans les Pays-Bas, équivaut à Ja 
pinie de Paris. 

* Peut-être pour sauceres, saucerias ou sausarias. Il doit être 
ici question de vases ou burettes aiTectant la forme de sau- 
cière. Sausseron, vieux mot français. * . 

' Les numéros 77 et 78 ont été ajoutés après coup, ils sont 
d*une écriture un peu plus récente. Du reste, la date de 1348, 
citée dans le n* 78, indique bien qu*il est ici question d'une 
adjonction faite lors d'un récolement postérieur à l'inventaire. 



- 1Ô3 — 

78 In vigiliapurificatioDis béate marie Virginia anni XLViii 
porta vit dominus Simone davin quamdam coronam 
magnam liliatam et posuit super caput béate marie 
virginis in foro, ex parte cujusdam persone que noluit 
nominari, ponderis xii onchiarum, videlicet in argento 
X. II onchias in lapidibus pensans : quam quidem coro- 
nam idem predictus (?) simon coram dominis cano- 
nicis in ecclesia Sancti Âudomari inter duo altaria 
ostenderat et monstraverat die predicta. 

(Archioes du chapitre de Noire-Dame de Saint- 
Orner, G. 2740). 



Une Mie Mite do Pape Eugène lil 



L'église collégiale de Saint-Barthélemy de Bô- 
thune, fondée en Tan 999 par Robert I de Béthune 
dit Faisseux, suivant une tradition ^ basée sur un 
ancien martyrologe ', fut consacrée quelque temps 
après par Herluin, évéque de Cambrai et d'Arras \ 
Dès le milieu du xii« siècle elle avait vingt et une 
prébendes fondées la plupart par les seigneurs de 
Béthune, quelques-unes par des prêtres. La légi- 
timité des donations dont elle avait été Tobjet, 
reconnue d'abord par l'évoque de Cambrai Gé- 

* Almanach d*Ârtois Art. Béthune, — Mirœus. Op. dipl t. II 
p. 945. — Duchesne. Histoire généal, de la maison de Béthvne, 
p. 85 (Il place la date de la fondation de Saint-Barthélemy 
entre les années 997 ei 1010). — Locrius. Chr. belgic, p. 171 (Il 
dit que cette fondation eut lieu drca armum ÏOOO). — d'Héri- 
court. Dict. hist, etarch, Béthune, t. I p. 8. — Cornet. Hist, de 
Béthune, t. II p. 350. — Quarré-Reybourbon. Hist, de Béthune, 
p. 10. — Béghin. Hist. de Béthune, p. 189. — Lequien. Not, sur 
Béthune, p. 39. 

* Duchesne. Loc. cit. Preuves, p. 1. 

* Entre les années 1 93 à 1014, d*aprés les auteurs précités ; 
en 1037 suivant Harbaville (Bullet. de la Comm. des Ani. départ., 
t. II p. 15). 



— 195 — 

rard \ puis par le pape Léon IX % lut proclamée 
solennellement par le pape Eugène III dans la 
bulle-privilège du 23 décembre 1152. 

Ce document respectable par son antiquité et 
son intérêt historique, est encore inédit, malgré 
les recherches laites dans ces dernières années 
par les savants allemands pour donner un cata- 
logue complet des actes de la chancellerie ponti- 
ficale '. L'original lait partie du londs de Saint- 
Barthélémy aux Archives du Pa§-de-Calais, car^- 
ton I liasse 6. C'est une leuille de parchemin de 
0°»73 sur 01^60, bien conservée, comprenant vingt- 
huit lignes de texte, en dehors des signatures qui 
en occupent elles-mêmes sept. L'écriture allongée 
est un peu pâle; plusieurs mots ^ont presque 
effacés. On remarque la signature du pape, placée 
entre la 7'ota et le Benevalete ; en dessous, celle 
des troi^ cardinaux évêques ; à droite, celle des 
cinq cardinaux diacres ; à gauche, celle des deux 
cardinaux prêtres. Le repli du bas porte une 
incision donnant passage à des lacs de soie jaune 
et rouge ; mais la bulle de plomb qui y était atta- 
chée a disparu. Ce privilège est inséré au cartu- 
laire de Saint-Barthélémy dit Livre rouge, l'*» 12 vo 
et 52 r>. Les deux transcriptions datent du xiip 
siècle; nous les avons coUationnées avec l'ori- 

* 1014-1048. 

• La table des chartes et diplômes relatifs à l'histoire de la Bel- 
ffique assigne la date de 1090 à la charte publiée par Duchesne. 
contrairement au savant généalogiste et à Mirœus qui lui don- 
nent 1080 pour date (Mirœus, t. I p. 575). 

' Pfflog-Hartung. Acta pontificorum Romanorum inedtta, Tubin- 
gen 1881 in-8*. — Jaffé. Regesta pontificortm Romanorum, Leipsig 
1885 2 vol. in-4* 



— 196 — 

ginal, et nous avons indiqué en note les variantes. 
Quelques mots auparavant sur Tintérôt que pré- 
sente notre bulle pour l'histoire de Béthune el 
pour la topographie de son arrondissement. 



I 

D'abord elle nous permet d'apprécier à quel 
degré de prospérité était arrivée la collégiale de 
Saint-Barthélémy au milieu du xii« siècle. Dès 
cette époque le chapitre composé de vingt cha- 
noines et d'un prévôt, possédait à Béthune, en 
dehors de l'église et de ses dépendances, le mou- 
lin du Castel et une brasserie. Celui-ci jouissait 
en outre de la dîme des bois, du droit d'hostise 
sur sept personnes et d'une rente de deux setiers 
de froment. A Saint-Pry il avait un moulin, une 
rente d'un marc et demf d'argent aux Wattines, 
un droit de terrage à Sévelingues, l'autel et la 
dîme du Locon plus une brasserie dans la pa- 
roisse, les dîmes de Beaumarais, du Raut, de 
Bruay, avec le moulin de ce dernier village, une 
autre dîme et une brasserie au lieu dit le Roth, 
en outre diverses terres et rentes à Gosnay, 
Beuvry, Maries, Houchin, Vendin, Rebreuve, 
Hersin, Bouvigny - Boyeffles, Sailly^ la -Bourse, 
Billy-Berclau, Herlies, Longastre et dans une 
certaine localité désignée sous le nom de Bûche- 
sent, que nous n'avons pas pu identifier. Si l'on 
ajoute à cela les possessions dont la légitimité 
avait déjà été reconnue par les évoques Herluin, 
Gérard, Liébert, Drogon et par le pape Léon IX, 
des terres, une brasserie et quatre hôtes à Nœux, 



- 197 - 

la terre d'Oblinghem avec une autre brasserie, le 
bois, le moulin et les terres de Gosnay, les alleux 
de La Bourse, une dîme à Fouquières, des rentes 
sur le Marais-r Avoué, Béthune et La Ventie\ Ton 
se rendra compte de l'importance qu'avait au 
moyen âge une collégiale ^t en particulier celle de 
Béthune. 



11 

La bulle d'Eugène III est de plus un document 
précieux pour la topographie de notre arrondis- 
sement. Nous y trouvons la forme la plus an- 
cienne de trois communes et de trois hameaux du 
canton de Béthune. Cambrin est représenté par 
trois communes et autant de hameaux; Houdain 
par huit communes. Un nom appartient à l'ar- 
rondissement d'Arras, un autre au département 
du Nord. Ce qui fait environ vingt-deux noms 
d'anciennes localités, dont dix-neuf au moins 
existent encore aujourd'hui. 

Le môme document nous apprend que la ville 
de Béthune était anciennement entourée de bois, 
nernus Bethuniensis, qui s'étendaient jusqu'à 
Beaumarais, dans la commune de Beuvry ; qu'il 
y avûit des moulins et des brasseries dans la plu- 
part des villages, et que l'église de Béthune, 
comme celle d'Arras, avait sous Ba dépendance 
un certain nombre d'individus d'une condition 
intermédiaire entre le servage et la liberté, payant 
des redevances appelées Hostise, d'où leur nom 
d'hôtes, Hospites. 

* Ducbesne. Loc, dt. Preuves, p. 1 et suiv. 



- 198 - 



Latran, 23 décembre 1152. — Le pape Eugène III prend 
sous sa protection Véglise de Saint- Barthélémy de Bé- 
thune et la confirme dans ses droits et possessions. 

Eugenius episcopus, sei^vus servorum Dei, dilectis 
filiis Petro, decano ecclesie Sancti Bartholomei Bethu- 
niensis, ejusque fratribus tam presentibus quam ftituris, 
in perpetuum. 

Pie postulacio (a) voluntatis eflfectu débet prosequente 
compleri, quatinus et devotionis sinceritas laudabiliter 
enitescat et utilitas postulata vires indubitanter assumât. 
Eapropter, dilecti In Domino filii, vestris justis postula- 
tionibusclementer annuimuset prefatamecclesiara, inqua 
divino mancipati estis obsequio, sub beati Pétri et nostra 
protectione suscepimus et presentis scripti patrocinio 
communimus, statuentes ut quascumque possessiones, 
quecumque bona eadem ecclesia in presentiarum juste et 
canonice possidet, aut in futurum, concessione pontifi- 
cum, largitione regum vel principum, oblatione fidelium, 
seu aliis justis modis, Deo propitio (b) poterit adipisci, 
firma vobis vestrisqué successoribus et illibata perma- 
neant; in quibus hec propriis duximus exprimenda voca- 
bulis : — 

Locum in quo ipsa ecclesia sita est ^ cum appendiciis 
suis (c). Al tare de Locum ' et decimam que ad ipsum per- 
tinet in villa que dicitur Roht % carucam terre, quatuor 

(a) Carlulaire : postulatlo. 

(b) Carlulaire : propicio. 

(c) Carlulaire : appenditiis. 

' ^ L'Hôtel de M. Dellisse-Engrand occupe une partie notable 
de cet emplacement. (Loriquet. Epigraphie de Béthune, p. 15. 

' Le Locon. C" de Béthune. Cet autel avait été donné par 
Robert I de Béthune, dit Faisseux. (Duchesne. Preuves, p. 1) 

» Le RauL C" de La Couture (Cf. A. D. Série 1 102. DistHctHr 
Béthune.) 



- 199 - 

bospites et unam cambam, ex dono Roberti * in eadem 
villa. Sex mansos terre, molendinum castri et alterum 
molendinum in viîla Sancti Prejecti *, cum pertioenciis 
suis (a). Quicquid habetis iu villa que dicitur Salli *. 
Quicquid habetis in villa que dicitur €rOthnai \ Ex dono 
Balduini ', tercram partem tocius ville que dicitur Roholt*. 
Ex doQO Roberti junioris ^ quicquid habetis in villa que 
dicitur Bruacuai % videlicet molendinum, terram cultam 
et suarum frugum decimationem. Ex dono ejusdem, in 
villa que dicitur Betbunia, septem hospites et cambam 
unam : et in YJila que dicitur Wastines * marcam argenti 
et dimidiam, et totam decimam Bethuniensis nemoris et 
terre adjacentis de Bellomarisco ^*. Ex dono Hermen- 
gardis quicquid habetis in villa que dicitur Hersin *\ Ter- 
ram et redditus quos habetis in villa que dicitur Herlies ^*. 
Ten*am quam habetis in villa que dicitur Mares*^ decimam 
quam habetis in villaque dicitur Roht*^ExdonoAaleh, in 

(a) Carlukdre : pertinentiis. 

* Robert I de Béthune, dit Faisseux, 

• SiPry. de Fouquières-les-Béthune. 

• Sailly 'la-Bourse. C* de Carobrin. 

* Gosnay. C* d*Hoadain. — Donation de Robert II de Bétbune 
(1037-1072). 

* Baodain de Bétbone, frère de Robert III le Cbaave. 

* Il est à croire qae ce mot BohoU désigne le même lieu que 
Roht et qu'il s*agit du Rant-sous-La-Goutnre. 

' Robert VI de Béthune, dit le Jeune (1194-12H) 

• Bruay. C- d'Houdain. 

• Wattmês, de Beuvry. C** de Gambrio. 

^* Bêattmaraiê. G** de Beuvry. — Anciennemeot dans la pa- 
roisse d'Essars. 

" Hersin^aupigny. C"^ d'Uondàm. 

** HerUesSSovd)^ prés La Bassée. 

" Marier. G- d'Houdain. 

^* Il est probable que ce root désigne le même lieu-dit que 
plus haut, de la paroisse de La Gouture et non le Raont-sous- 
Lestrem. 



villa.quedicitur Hein S duo sextariafrumenti. In villa que 
dicitur Longa Hasta*, dimidium modium territici. In 
villa que dicitur Revure % duo sextania frumenti. Hospi- 
tes quôs habetls ex dono Legardis in Castro Bethunie. In 
villa que dicitur Cosnes * dimidiam marcam. Quicquid 
habetis in villa que dicitur Wendin % Berclati ■, Bove- 
nies \ Heduneanesin ■, Beveri •. Terragium quod habe- 
tis juxta pontem de Seveleng *^ et quicquid habetis in 
villa que dicetur Buchesent. Libertatem quoque seu im- 
munitatem quam Herluinus (a)y bone memorie, atque 
alii episcopi vestri de personatus redditibus ecclesiis 
vestris concessisse noscuntur auctoritate sedis apostolice 
vobis nichilominus coniirmamus. Preterea quod a nobis ra- 
tionabili providentia statutum esse dinoscitur ut quatuor 
prébende quatuor honestis sacerdotibus dentur qui assi- 
due vestre debeant ecclesie deservire, in posterum ratum 
et inconcussum permanere censemus, 

Decernimus ergo ut nulli hominum liceat prefatam 
ecclesiam temere perturbare aut ejus possessiones auferre 

* Cariulaire * Hocin. Houchain, G" d'Houdain. 

' Longasire. C" d'Ecout-St-Mein. C'» de Croisilles. 
» Reàreuve. C~ d'Houdain. 

* Gosnay. €•■ d'Houdain. ^ 

* Vendin-les-Béthune. G'» de Béthune. 

* Billy-Berclau. C^' de Cambrin. 

^ Cariulaire : Bovegnies. Bouvigny-Boyeffles. G" d'Houdain. 

' Cariulaire : Hedunanesin. Gette localité qu'il est difficile 
de déterminer d'une façon certaine est appelée Amsin Beldonis 
dans une charte de Godescalque (Gart. de l'église d'Arras dit 
Livre blanc BN. m.s. laiin 9930 f 10) et Anesin Heddonis dans la 
bulle du pape Adrien IV (ià,, /'•" 1 et suiv.). Nous inclinons à 
croire qu'il s'agit d'un lieu-dit près d'Annezin-lès-Béthune où 
la coUégiale avait quelques reveQjas. 

* Beuwy, G** de Cambrin. 

*• SéveUngues. G^ d'Essars. G*» de Béthune. 
(a) Cariulaire : Herlevinus. 



— 201 — 

vel ablatas retinere, minuere seu quibuslibet vexationi- 
bus fatigare, sed omnia intégra conserventur eorum pro 
quorum gubernatione atque subtentione concessa sunt 
usibusomnimodis pro futura in supradictis capellis, sal va 
nimium dyocesani episcopi canonica justitia. Si qua 

igitur in futurum etc înveniant. Amen. 

Ego Eugenius catholice ecclesie episcopus 
-|- Ego Conradus Sabiniensis episcopus 
-|- Ego Ymarus Tusculanus episcopus 
+ Ego Hugo Hostiensis episcopus 
+ Ego Oddo diaconus cardinalis S" Georgii ad vélum 
aureum 
+ Ego Gregorius diaconus cardinalis S" Augustini 
+ Ego Johannes diaconus cardinalis Sanctorum Sergii 
et Bacchi 
+ Ego Ildebrandus diaconus cardinalis S" Eustacii 
+ Ego Gerardus diaconus cardinalis S*' Marié in via lata 
+ Ego Gregorius presbyter cardinalis tituli Calixti 
+ Ego Henricus presbyter cardinalis tituli Sanctorum 
Nereî etAchillei. 

Data Laterani per manum Bosonis, scriptoris nostre 
Romane ecclesie, x kalendas januarii, indictione xv, in- 
carnationis dominice anno m*.c*.l'ii, pontificatus vero 
domini Eugenii pape III anno octavo *. 

C- A. MENCHE de LOISNE. 



• Indiqué : d*Héricourt. Dict. hist, et arch. du Pas-de-Calais. 
Béihune: P. 9 en note. — Cornet. Hist. de Béthune, t. Il p. 353. 
— Béghin. Hist. de Béthunej p. 190 (avec une erreur de date). 



Saint-Omer, Typ. u. l^homont. 



BULLETIN 



DE LA 



SOGIÉTË DES ANTIOUAIRES DE L4 MORINIE 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



. Séance du 24 'avril 1893. 
Président : M. l*abbé BLED, vice-Président. 
Secrétaire-général : M. Pagart. d'Hbrmansart. 

M. le vice-Président déclare la séance ouverte à 3 h. 10 
et lit une lettre de M le Président qu'une absence em- 
poche d'asdister à la séance. MM. Decroos et Marion s*ex- 
cusent également. 

Puis le secrétaire général lit le procés-verbal delà 
séance précédente. Aucune observation n'étant présentée, 
ce procés-verbal est adopté. 

Dons, hommages, échanges. 

— Du Ministère de VInstruction publique : 

Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifi- 
ques, section des sciences économiques et sociales. 

— De la part de l'auteur : 

Livre d'or de la municipalité amiénoise, par A. Janvier, 
membre de la Société des Antiquaires de Picardie 



— 204 — * 

— De ta part des Sociétés savantes françaises : 

Caen (Calvados). Mémoires de l'Académie nationale des 
sciences, arts et belles-lettres de Caen. 

Congrès archéologique de France, 57™» Ecssion. séances 

• générales tenues à Brives en 1890, par la Société fran- 
çaise d'archéologie pour la c^ nscrvation et la d&scrip- 
tion des monuments. 

Chambéry (Savoie) Mémoires de l'Académie des scien- 
ces, belles-lettres et arts de Savoie, 4»« série, t. IV. 

Draguignan (Var). Bulletin de la Socié'é d'études scien- 
tifiques et archéologiques de la ville de Draguignan, 
t. XVII, 1888-1389. -T. XVIII, 18 0-1891. 

Dunkerque (Nord). Alémoircs de la Société dunkerquoise 
pour Tencouragement des sciences, des lettres et des 
arts. 1889-90 9.1, 26«»« volume. 

Moulins (Allier). Bulletin-Revue de la Société d'émula- 
tion et, des beaux-arts du Bourbonnais, publication 
trimestrielle, !*• livraison, janvier Î893. 

Valenciennes (Nordj. Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de l'arrondissement de Valenciennes, 44™« année, 
t. XLII. 

— Étrangères : 

Bruxelles (Belgique). Annales de la Société d'archéologie 
de Bruxelles, t. VII, livraison 2, l" avril 1893. 

Nivelle^ Annales de la Société archéologique de l'arron- 
dissement de Nivelles, t. IV, 3«« livraison. 

Philadelphie (Amérique). Proceedings of tho American 
philosôphical Society, held at Philadelphia, for promo- 
ting, useful knowledge, vol. XXX, december 189?, 
n« 139. 

Abonnement. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 24"»« année, IV, avril 1893. 

Gazette archéologique, Revue des musées r.alionaux, 
15"»® année. 

Polybiblion, Revue ^bibliographique universelle. Partie 



— 205- 

littéraire, 2»« série, t. 37««, LXV11«»« de la collection, 
4»» livraison, avril. — Partie technique, 2"« série, 
t. <9»*, liXIXœ» de la collection, 4«»« livraison, avril. 

Correspondance. 
Accusé de réception par la Société des Antiquaires de 
Londres de la 163"« livraison du Bulletin historique. 
Candidature, 
M. Yves de Raismes, demeurant à Lumbres (P.-de-C), 
est proposé comme membre honoraire par MM. Decroos, 
Pagart d'Uermansart et abbé Bled. liC candidat appar- 
tient à une famille connue à St-Omer. Philippe-André 
de Rai&mes fut nommé conseiller au bailliage en 1728 et 
figure au procés-verbal de rédaction de la Coutume de 
1739; plusieurs membres de cette famille ont aussi exerce 
la charge, de lieutenant général au bailliage d'Aire - 
sur- la-Lys. M. Yves de Raismes, en s'intéressant aux 
études historiques de notre pays, aura sans doute Tocca- 
sion de trouver d'intéressants documents dans ses pa- 
piers de famille. Conformément au règlement, l'élection 
est renvoyée à la prochaine séance. 

Élection du trésorier. 
IjQ Secrétaire général rappelle les services rendus par 
M. de Bailliencourt, trésorier do la Société, qui lui a été 
enlevé le 30 mars dernier après une douloureuse maladie 
qui le tenait éloigné de noi séances depuis déjà quelque 
temps. Admis dans notre Compagnie en 1873, il remplaça 
en 1875 M. Delmotte, qui avait été trésorier depuis 1854 ; 
c'est pendant sa gestion que la Société vit réduire de 
moitié la subvention annuelle que le département lui 
accordait jusque-là, et il eut la pénible obligation de 
rappeler à la Compagnie qre ses ressources n'étaient 
plus en rapport avec Tardeur au travail de ses membres 
et qu*il y avait nécessité d'espacer davantage les publica- 
tions ; il a eu du moins, avant sa mort, la consolation de 
▼oir nos finances rétablies, sinon prospères. 

C'était surtout dans les questions d'archéologie et d*art 
que M. de Bailliencourt prenait part à nos discussions, 



— 206 — 

il y était très compétent. Outre la Société française d'ar- 
chéologie dont il faisait partie, il était membre effectif 
de la Société d'archéologie de Belgique. Envoyé par nous 
aux congrès auxquels les savants belges convient chaque 
année avec tant de courtoisie leurs voisins de France, 
notre regretté collègue y représentait avec distinction 
notre vieille Société dont il savait ainsi étendre les rela- 
tions, et elle perd en lui un de ses membres les plus dé- 
voués. Ses occupations ne lui laissèrent pas le temps 
d'écrire, mais il a iait don à notre bibliothèque de plu- 
sieurs ouvrages. 

La Société ne pouvant rester sans trésorier, il y a ur- 
gence à remplacer M. de Bailliencourl, décédé le 30 mars 
1893. En conséquence un scrutin est ouvert et M. Decroos 
ayant réuni l'unanimité des suffrages, est élujrésorier. 
Avis lui sera donné de sa nomination. 
Lectures. 

M. l'abl>é Bled lit sur le Cah'ce de saint Orner une note 
qui complète son travail publié dans la livraison 161, K 
fascicule de 1892.11 expose que l'on ignorait jusqu'à ce 
jour ce qu'était devenue cette précieuse relique, dont 
lexistence était constatée à la veille de la Révolution, et 
qu'on no retrouvait plus lors de 1 inventaire de Targen- 
terie et du trésor de la cathédrale dressé en 1792. L*au« 
teur a fait aux archives départementales des recherches 
couronnées de succès : il y a découvert un inventaire du 
13 septembre 1790 indiquant où étaient conservés le calice 
et la patène de saint Omer, et un procès- verbal du 11 
octobre 1791 constatant l'enlèvement des objets invento- 
riés en 1790 pour être envoyés aux hôtel&de < monoye »• 

Ces intéressants renseignements sont écoutés avec 
beaucoup d'attention par la Compagnie qui décide qu'ils 
seront insérés dans le Bulletin historique. 

M. Pagart d'Hermansart donne lecture à son tour d'une 
notice intitulée : Organisation du service des pestiférés à 
Saint'Omer en 1625. L'auteur explique quil n'a point 
voulu faire de nouveau la description déjà si souvent 



- 207 - 

tracée des maux qu'entraînait Tapparition de la peste, 
mais qu'il a cherché à indiquer quelles mesures prenait 
contre le fléau Tadministration municipale au commen- 
cement du XYU* siècle, c'est-à-dire à une époque où Tex- 
périence, chèrement acquise parles épidémies des siècles 
précédents, avait permis à l'échevinage de ne négliger 
aucun moyen < pour obvier à la contagion ». Il faut dire 
malheureusement qu'à part Tisolement aucun remède 
n'avait été trouvéï^mais !es soins et les précautions étaient 
organisés d'une façon très intelligente. On lira notam- 
ment ' avec intérêt les traités passés avec < les porteurs 
de corps morts pestiférés », < le chirurgien nommé aux 
pestiférés » et autres pièces que publie notrsS collègus. 
La séance est levée à 5 heures. 



Séance du 29 mai 1893. 

Président : M. BUTOR. 

Secrétaire-général : M. Paoart d'Hbrmansart. 

La séance s'ouvre à 3 h. 10 par la lecture du procès- 
verbal de la séance précédente, adopté sans observation. 

Dons, hommages et échanges. 

— Du Ministère de Ihistruction publique : 

Bulletin historique et philologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiq je^, année 1892, n* 4. 

Bulletin archéologique du Comité des travaux histori- 
ques et scientifiques, année 1802, n* 3. 

Annuaire des bibliothè'iucs et des archives pour 1893. 

— De la part des Sociétés i^avantes françaises : 
Amiens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de Picardie, année 1892, n»« 3-4. 

i4u.xerre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his- 
toriques et naturelles de TYonne, année 1892,46'"« vol., 
16»» de la 3* série. 

Boulogne (Pas-de-Calain). Bulletin de la Société d'agri- 
culture de Boulogne, février-mars 1893, t. XXiX, n*2. 



- 208 — 

• Dax (Landes). Bulletin trimestriel de la Société de Borda. 
18">« année, 1" trimestre 1893. 

Limoges (Haute-Vienne). Bulletin de la Société archéo- 
logique et historique d .i Limousin, t. XL,2»« livraison, 

- t. XVIIl«« de la 2n>« série. 

Lyon (Rhône). Mémoires de l'Académie des sciences, 
belles-lettres et arts de Lyon, sciences et lettres, 3™« 
série, t. L — Classe fies lettres, 27n>« et 28">» volumes. 

Taris (Seine). Bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. m, 4'»» série, 4™« fascicule, juillet à décembre 
1892. - T. IV. 4«»» série, n^ 2 à 4, marn à mal 1893. 

Annuaire-Bulletin do la Société de l'histoire de Franco, 
année 1892. 

Saint'Dié (Vosges). Bulletin de la Société philomatique 
vosgienne, 18°»' année, 1892-1893. 

Saint-Quentin (Aisne). Mémoires de la Société acadé- 
mique des sciences, arts, belles-lettres, agriculture et 
industrie de St-Quentin, 4'»« série, t. X, année 1890. 

Valence (Drôme). Bulletin do la Société départementale 
d archéologie et de statistique de la Drôme,année 893, 
avril, 105"« livraison. 

— Étrangères. 

Enghien (Belgique). Annales du Cercle archéologique 
d'Enghien, t. IV, 2a« et 3»« livraisons. 

Gand, Messager des sciences histor'ques, 1893, \^ li- 
vraison. 

Namur. Annales de la Société archéologique de Namur, 
t. XX. l'« livraison. 

Tournai, Bulletin de la Société historique et littéraire 
de Tournai, t. XXIV. 

Washington (Amérique). Annual report of the board of 
régents of the Smithsonian institution, showing the 
opérations, expenditures, and condition of the institu- 
tion for the year ending, june 30, 1890 — Report of 
the V. S. national muséum. 

Abonnements. 
Journal des Savants, mars-avril 1893. 



— a» - 

Revue historique, 18^ année, t. 52, I, mai-jain IS93. 
Romania, recueil trimestriel consacré à l'etade des lan- 
gues et des littératures romanes, t XX U. 
Annuaire de la Société françxise de nu m ismatiçu^, mars- 
avril 1893. 
Revue de VArt chrétien, 3ô^ année, t. IV, 5~ série, 2^ 

livraison, 1893. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, *>• série, t. 37»*, LXVII«« de la collection, 
5"» livraison, m il. — Partie technique, 2"'' série, 
t. 19"», LXIX»' de la coll^'ction, 5»« livraison, mai. 
Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
pop'jLlaires, 24™« année, V. mai 1893. 

Correspondance, 
1* Lettres d'envois du '29 avril et du 13 mai par le mi- 
nistre de l'instruction publique d'ouvrages venant des 
États-Unis et de Belgique. 

2* La Société française d'archéologie aJresse un exem- 
plaire du programme du Congrès archéologique qu'elle 
tiendr i à Abbeville du 27 juin au 4 juillet, et exprime le 
désir de voir plusieurs membres de la Compagnie assis- 
ter aux réunions du Congrès et prendre part à ses tra- 
vaux. 

3* M. Donnet, bibliothécaire de l'Académie d'archéolo- 
gie de Belgique à Anvers» envoie un nouveau certificat 
du 4 novembre 1579 relatif à Sinigjet, sa femme et son 
(ils, et une procuration de la même date Ces pièces sont 
remises à M. l'abbé Bled. 

4** Li Société de philosophie américaine accuse récep- 
tion des 163^ et I64™» livraisons du Bulletin historique. 
Commun icat io ns . 
M. Decroos, élu rjcemnent trésorier, rjîmercie la So- 
ciété de l'honneur qu elle a bien voulu lui faire en Tappe 
lant à ces fonctions, il accepte la charge qu'on veut bien 
lui confier et assure que la Société peut compter sur son 
dévouement. M. le Président répond à M. Decroos en le 
remerciant à son tour d'avoir bien voulu se charger de 



- 210 - 

gérer nos finances ; il ajoute que l*unanimité des voix qui 
l'ont élu montre assez que la Société a pensé qu'elle ne 
pouvait choisir un membre plus apte et plus dévoué à 
cette tâche quelquefois ingrate. ^ 

M. Legrand, Secrétaire-archiviste, expose que les héri- 
tiers de M. Martel, sénateur, ancien membre titulaire des 
Antiquaires, ont bien voulu faire don à la Société des 
ouvrages suivants : 

Mémoires de 1^ Académie d'Arras, 11 volâmes, anoées 1862, 
1863, 1864, 1865, 1866, 1867, 18*59, 1874, 1875, 1876, 1877. 

Mémoùres de la Morinie, tome X, !'• partie. 

Annuaire du Pas-de-Calais, 7 volumes, années 1861, 1870, 
1871, 1872,1873,1874,1875. 

Divers procès-verbaux des sessions du Conseil générai qui 
permettront de compléter la collection de la bibliothèque des 
Antiquaires. 

Diverses brochures. 

M. le Président exprime les remercîments de la Com- 
pagnie et prie M. le Secrétaire-archiviste de vouloir bien 
les faire parvenir à M. Martel. 

Le Secrétaire général annonce que M. Tabbé Benoist, 
curé-doyen do Saint-Sépulcre, membre titulaire, vient 
d'être élevé à la dignité d'archiprêtre de l'église Notre- 
Dame à Saint-Omer. La Société se félicite de ce que le 
nouvel honneur dont est investi M. l'abbé Benoist ne 
Tait pas éloigné de ses collègues. 
J^Zechon. 

II est procédé ensuite au scrutin sur l'élection comme 
membre honoraire de M. Yves de Raismes ; le dépouille- 
ment du vote fait par le plus jeune membre constate que 
M. de Baismesest élu à l'unanimité. Le Secrétaire géné- 
ral est chargé de l'informer de sa nomination. 
Congrès de la Société française d'archéologie à Abbeville. 

l/ordre du jour appelle la désignation des délégués de 
la Compagnie au Congrès que doit tenir à ÂbbeviUe, du 
27 juin au 4 juillet, la Société française d'archéologie. Le 



— 211 - 

Secrétaire général, qai fait partie de cette Société, expose 
qu'il a déjà exprimé au président ses regrets de ne pou- 
voir s'y rendre. La Compagnie désigne BIM. Legrand, 
Secrétaire-archiviste, et Decroos, Trésorier, pour la re- 
présenter. 

Aucune lecture n'étant à Tordre du jour, M. le Prési- 
dent lève la séance à 4 h. 1/2. 

Le Secrèlaire^gènéral, 
PAGART D'HERMANSART. 



— 212 — 

Rapports sur les ouvrages offerts 



Notice sur le corps des sapeurs-pompiers d'Arras, par Gustave 
Acrémant. Arras, 1893, Boovry, 85 p. 

Après un très rapide aperçu sur les précautions prises par 
les peuples de l'antiquité contre les incendies, Tauteur nous 
parle des associations religieuses qui s'étaient formées au 
moyen âge avec la mission d'éteindre les feux de malheur, et il 
cite notamment les carmes de Saint-Omer. Passant aux me- 
sures prises en France par les pouvoirs publics dès Clotairell, 
il mentionne les gardes de nuit et les guetteurs, puis les règle- 
ments relatifs à la couverture des maisons, les obligations im- 
posées aux corps de métiers, enfin les perfectionnements suc- 
cessifs apportés à la manière de combattre les incendies et aux 
engins employés, depuis la première pompe à incendie impor- 
tée en France en 1699 par du Mouriez du Perier, secrétaire de 
la Comédie française de 1686 à 1705, et sur la maison duquel 
la ville de Paris vient de faire apposer une plaque commémora- 
tive. La partie la plus intéressante dn livre est la mention des 
anciens règlements appliqués particulièrement à Arras ; remar- 
quons que pour les instructions données aux gens de métiers, 
MM. du Magistrat de cette ville s'étaient inspirés du règlement 
rédigé le 16 janvier 1726 par les échevins de Saint-Omer V 
M. Acrémant termine son travail en citant les nouveaux règle- 
ments des sapeurs-pompiers d'Arras, et il rend hommage à ce 
corps d'élite. 

L'église de Vabbaye royale de Samie-Ausireberte à MontreuU-sur- 
Mer, son historique^ sa description, son trésor, par Aug. Bra- 
quehay, grand in-8*, 50 pages, 1 planche. Mon treuil 1893. 

C'est d'une sainte presque audomaroise, puisque sainte Aus- 
treberte fut toujours honorée chez nous d'un culte tout parti- 

* Ce règlement a été imprimé et offert à la Société des Anti- 
quaires de la Morinie. Voir aussi les Anciennes Communautés 
ctarts et métiers à Saint-Omer, p. 275-332 et 461 . 



— 213 — 

coller, que M. Braqoehaj ravive la mémoire dans sa très inté- 
ressante notice sur l'abbaye royale de Sainte-Âustreberte. Ce 
n*est pas sealement /i titre de souvenir local que nous avons 
lu avec un vif intérêt les pages que M. Braquehay consacre à 
rhistorique de cette église, à sa description, à son trésor. L'au- 
teur traite son sujet avec ce que nous appellerons le culte du 
souvenir. Il complète en quelque sorte l'œuvre de M. l'abbé 
Meunier, curé de Marconne, qui a publié 'il y a trois ans une 
vie de sainte Austreb^rte, à la fois pieuse, savante et très atta- 
chante. M. Braquehay a recueilli nombre de notes curieuses sur 
les relations extérieures de la royale abbaye, sur ses abbesses. 
La partie où il nous décrit le trésor de l'église est particulière- 
ment riche en détails intéressants disséminés dans quantité de 
publications et le plus souvent même inédits. Les dernières 
pages sont consacrées à la célèbre crosse dite de sainte Ju- 
lienne, trouvée en 1757 dans le tombeau de cette abbesse, 
conservée aujourd'hui dans l'église de Saint-Saulve à Montreuil, 
et que M. de Linas a reproduite dans le premier volume de la 
Statistique départementale du Pas-de Calais, eu l'attribuant à la 
seconde mo^ié du ix' siècle. M. Braquehay, dans unejsavante 
dissertation, montre le bien fondé de cette attribution contraire 
à l'opinion de plusieurs érodits. 



LE CALICE DE SAINT OMER 

(2n»e ARTICLE) ' 
Son envoi à la Monnaie en 1*791 

(Communication de M. Tabbé Bled, vice-président.) 



En conclusion d'une petite note sur le calice de 
saint Orner, ouvrage, selon la légende, de saint 
Eloi lui-môme et donné par lui à son ami, le pre- 
mier évoque de Thérouanne, nous nous deman- 
dions si nous reverrions quelque jour cette pré- 
cieuse et vénérable relique. On suivait en effet 
Vhistoire du calice et on en constatait Téxistence 
jusqu'à la veille de la Révolution, puis il disparais- 
sait tout à coup et ne se retrouvait plus dans l'in- 
ventaire de l'argenterie et du trésor de la cathé- 
drale de Saint-Omer, fait en 1792, et publié par 
M. L. Deschamps de Pas. Les chanoines avaient- 
ils réussi par quelque pieuse industrie à sous- 
traire à la rapacité du fisc la sainte épave conser- 
vée avec tant de soin durant plus de mille ans 
dans la « thésaurie » du chapitre? Nous aimions 
à l'espérer. Des documents que nous avons ré- 
cemment trouvés dans l'immense dépôt de nos 
archives départementales il résulte qu'il nous 
faut aujourd'hui renoncer à ce cher espoir. Le ca- 

* Voir Bulletin de la Morime, i IX, p. 19. 



- 215 -- 

lice de saint Orner a eu le sort à jamais lamentable 
de tant d'œuvres d'art brutalement détruites dans 
la tourmente révolutionnaire. 

En vertu des décrets de spoliation portés par 
l'Assemblée nationale en avril et en juin de l'an- 
née 1790, les administrateurs du district de Saint- 
Omer, nommés à cet effet, les sieurs Jean-Fran- 
çois-Félix de Wansin, Antoine-Joseph Martel et 
de Tliosse, accompagnés du sieur Boubert, avo- 
cat, procureur syndic, se présentèrent à la cathé- 
drale le 13 septembre 1790. Ils lurent reçus par le 
sieur Deneker « prêtre bénéficier » qui les condui- 
sit à la sacristie où ils trouvèrent le sieur Façon, 
prêtre chanoine et maître de la fabrique. En pré- 
sence de ce dernier, ils firent immédiatement l'in • 
ventaire de tous les objets qui leur furent mon- 
trés. Nous prenons dans leur procès-verbal les 
extraits suivants d'autant plus intéressants que 
plusieurs des articles, et des plus importants, 
ne figurent plus à l'inventaire de 1792 publié par 
M. L. Deschamps de Pas. 

« Dans la sacristie : En argenterie. 

» Cinq calices et leurs patènes vermeilles, et quatre 
» non vermeilles. 

» Deux burettes, leur plat, deux baisers de paix, une 
» écaille et une écharpe à laquelle est attachée un crochet. 

» Une croix, un bâton de chantre, deux autres de cho- 
» ristes, deux encensoirs et leurs navettes, un bénitier et 
» son aspersoir, une petite croix, un reposoir à placques 
» et un missel romain à boucles et coins, plus le bâton du 
> mattre de cérémonie et une masse de bedeau. 

Nous passons l'inventaire très détaillé des or- 
nements sacerdotaux, des aubes, linges et pare- 
ments d'autel, etc. 



— 216 — 

» Dans l'église, dans une niche grillée % le chef de S* 
» Orner en argent vermeille, orné de pierres de différentes 
» couleurs. 

» Dans la chapelle de S* Maxime, le chef (fudit saint en 
» argent aussi vermeille. 

» Dans le tabernacle placé dans celle du Saint Sacre- 
» ment, une remontrance ou ciboire et une boête aux 
> saintes huiles aussi d'argent vermeille. 

» Dans la chapelle de S* Erkembode, le chef dudit saint 
» en argent. 

9 Dans le chœur, sur l'autel, est placé une châsse d'àr- 
9 gent surmontée d'une croix ayant le christ doré,laquelle 
9 châsse contient le corps dud. S. Omer *, deux chande- 
» liers d'autel à trois branches torses et deux autres petits 
9 chandeliers d'acolite aussi d'argent et les antiphonaires 
9 à l'usage du chœur. 

9 Introduits ensuite par le sieur Façon dans un petit 
9 endroit qui se trouve renfermé dans la chapelle S^ 
9 Claude % il nous a fait voir le calice et la patène de 5" 

* Cette niche grillée est maintenant incorporée à la sacristie. 
On voit encore à Tintérieur, le dais de maçonnerie sur lequel 
reposait la châsse de saint Omer. En avant étaient des volets 
qui s'appliquaient contre la grille et fermaient Tédicule. Tous 
ces vieux souvenirs si respectables d'un ancien culte qui fut 
pendant des siècles le principal de la cité audomaroise après le 
culte de N.-D. des Miracles moins ancien, ont disparu pour 
faire malencontreusement place au bas-relief commémoratif de 
M. le chanoine Duriez, autrefois archiprêtre de Notre-Dame. 

* Nous avons donné une brève description de cette châsse 
dans notre Notice sur le calice de saint Omer, Bulletin de la Mori- 
nie, t. IX, p. 20. 

■ La chapelle Saint-Claude, est celle que l'on rencontre la 
deuxième à gauche en sortant de la sacristie. Elle contient une 
mise au tombeau que le doyen Simon Godefroy, mort en 1499, 
y fit placer. Derrière le mur qui fait le fond de cette scène, se 
trouve un petit réduit auquel on accède par deux ouvertures à 



— 217 — 

• Orner en or duccU, une croix d'argent, quelques adora- 
» teurs, quelques reliques et une tierce en placqué de la 
ê hauteur enoiron de deux pieds et demi. 

Un an après cet inventaire, le il octobre 1791, 
les sieurs de Wansin et Le Roy se présentèrent 
de nouveau à l'église cathédrale, mais cette lois 
pour emporter ce qu'ils avaient seulement inven- 
torié l'année précédente. Leur procès-verbal nous 
apprend ce qu'ils ont fait du calice de saint Omer. 

Ils déclarent que ce jour ils se sont transportés 
en la chapelle de Saint-Claude et qu'après avoir 
constaté le bon état des scellés qu'ils avaient 
« placés à la porte d'un endroit ou garde meuble », 
ils ont trouvé, fconformément à l'inventaire du 13 
septembre 1790, « un calice et sa patène en or pur, 
» une vierge en placqué d'argent de la hauteur de 
» deux pieds et demi, une croix en plaque d'ar- 
» gent, des adorateurs et deux relicaires en forme 
» de bras, le tout en placques d'argent, lesquels 
» objets nous avons, conformément aux décrets, . 
» fait transporter au directoire pour, d'après la 
» pesé qui en sera faite, être envoyés aux hôtels 
» de monoye. » 

Arch. dép. Papiers du district de Saint- 
Omer y liasse 41, 2^, 



chaque extrémité da monument. C'est dabs cet étroit couloir 
parfaitement dissimulé que les chanoines renfermaient les 
objets les plus précieux de leur cathéifrale. 



11 DU mfkum vm 

A SAINT-OMER EN 1625 



On a décrit déjà les ravages causés par les diffé- 
rentes pestes qui sévirent à Saint-Omer pendant 
le moyen-âge et jusqu'à la fin du xvii« siècle, 
mais on a moins insisté sur Tens.emble des me- 
sures que prenait l'administration ébhevinale con- 
tre le fléau \ Si pendant les premiers siècles où les 
épidémies eurent une violence excessive, bien des 
précautions étaient négligées, plus tard le service 
des pestiférés se trouvait organisé avec un soin 
remarquable qui fait honneur au Magistrat*. Nous 
trouvons dans les archives communales notam- 
ment des détails précis sur les mesures adminis- 
tratives qui furent prises en 1625. La peste qui 
éclata cette année-là ne fut d'ailleurs ni une des 
plus terribles ni une des plus longues que la po- ' 
pulation ait eu à supporter, puisqu'elle ne dura 
guère que six mois. 

Dès le milieu de l'année 1623 l'état sanitaire du 
Nord de la France était inquiétant, et l'échevinage 

^ Voir les Établissements hospitaliers de Saint-Omer, par M. L. 
Deschamps de Pas, St-Omer, D*Homont i887, p. 351 et suiv. — 
La peste à Saint-Omer en Î597 et Ï686, par M. l'abbé Bled, 4r-. 
ras, Laroche, 1892, in-1?, 12 p. 

* On appelait ainsi en Flandre le corps municipal. 



— 219 — 

de Saint-Omer prenait le 17 août une délibération 
portant : « Pour obvier à la maladie contagieuse 
» qui règne de présent es villes de Paris, Rouen, 
» Dieppe, Beauvois, le tout au royaume de France, 
» défense de n'admettre aulcunes personnes ny 
» marchandises provenans desditz lieux sous les 
» peines etc. »'. Mais en 1625 le fléau s'élit 
étendu et avait atteint Calais à quelques lieues de 
Saint-Omer, et c'est en vain que le Magistrat fit 
le 2 juin un règlement prohibant l'entrée de cer- 
taines marchandises venant de cette ville *; deux 
mois après le faubourg du Haut-Pont lut envahi 
par la maladie, et le 8 août Ton reconnut que deux 
ou trois enfants y étaient morts de la contagion 
ravanl-veille\ Aussitôt l'échevinage prit les pré- 
cautions nécessaires pour empêcher le fléau de 
s'étendre, et pour organiser les secours tant à do- 
micile que dans les établissements hospitaliers 
que possédait la ville. 

Il fit le 20 août un accord avec un « porteur 
de corps morts pestiférés », nommé Nicolas 
Ruyde, qui fut chargé de conduire les malades à 
l'hôpital Saint-Adrien \ où des sœurs les soi- 
gnaient, et d'enterrer la nuit dans le cimetière de 

^ Registre aux délibérations du Magistrat Q commençant 
aux Roys 1621 et unissant au deuxième de janvier 1626, 
p. 85. 

* id. p. 168. 

* Pièce justificalive I. 

* C'était Tancienne maison des Béguines, sur le bord de la 
rivière Sainte-Claire, qui fut affectée vers 1523 au traitement 
des pestiférés. Cet hôpital cessa d'exister vers 1750. Avant sa 
création, les malades étaient secourus à domicile. (Deschamps 
de Pas, loc, cU.) 



— 220 — 

cet hôpital*, «ou ailleurs en terre sainte, aune 
profondeur de quatre pieds pour le moings », ceux 
qui décéderaient de la contagion. ^ 

Autrefois la population avait eu à se plaindre 
de divers désordres commis par les frères scelle- 
troders chargés au quinzièmesiècle et pendant une 
partie du seizième, de soigner les pestiférés et 
d'enterrer leurs cadavres, et le Magistrat avait dû 
les supprimer *. 11 eut soin de prévenir le retour de 
pareils scandales et il fit jurer au nouvel agent 
qu'il instituait, d'exercer ses fonctions « sans 
» aulcunement prendre ou mésuser des biens 
» qu'il trouvera es maisons mortuaires ouaultres, 
» ny pareillement aller ou converser en sa maison 
» avec sa femme maisme ny, ailleurs que es lieux 
» ou besoing sera pour Testât du dit office. » De 
plus, on eut soin de choisir un homme marié, et 
cet usage persista lors des épidémies postérieures. 

Quelque grande que fût l'utilité d'enterrer ra- 
pidement les morts, l'enlèvement des cadavres 
ne pouvait avoir lieu « sans réquisition de.laper- 
» sonne à qui ce polra toucher, ou ordonnance 
» de la part de Messieurs du Magistrat. » » 

Le « porteur de corps morts pestiférés » devait 
recevoir de l'échevinage 18 florins par mois, plus 

* Ce cimetière, derrière le couvent des Béguines était un em- 
placement qui avait été acheté par le Magistrat vers 15213 pour 
en faire un cimetière pour les pestiférés.. Il faisait partie de 
Tamanie de Saint-Bertin en 1753 (BuUetin hist. t. VIII, p. 238). 
C'est aujourd'hui le marché aux bestiaux (id.) 

* Grand registre en parchemin aux archives municipales, 
23 décembre 1523, f. 147 v* et Établissements hospitaliers de Saint- 
Orner, déjà cité, p. 353-354. Ces frères étaient de Tordre de 
Saint-Augustin.. 



— 221 — 

30 sous par inhumation, qui étaient aux frais des 
familles « ayant moïens »; pour les pauvres la ville 
versait 15 sous. En outre on lui donna de suite 
« pour denier à dieu » xxx s. et un demi-tonneau 
de forte bière. Il était tenu de loger dans « une 
chambrette », hors la porte du Brûle, vers le mou- 
lin delà Mal-assise, et déporter un bâton rouge afin 
que chacun évitât de l'approcher ; à lui-même était 
imposée l'obligation de s'éloigner « en distance 
compétente » de tout habitant. Il lui était de plus 
interdit d'avoir communication avec qui que ce 
fût pendant six semaines après la cessation du 
fléau, et son salaire continuait à lui être payé pen- 
dant ce temps. Le règlement du 20 août prévut le 
cas où le porteur de corps morts ne pouri*ait suf- 
fire à sa tâche, si par exemple l'épidémie prenait 
une certaine gravité ; il porte en effet : « Et si 
» l'on commect encore aultres personnes ou dit 
» office ou aultres choses en dépendant, icelluy 
» Nicolas sera tenu l'assister et faire tous les 
» debvoirs requis pour l'exécution de leur office 
» de bonne foy. » 

Si enfin il venait ù mourir danâ le cours de ses 
pénibles fonctions, la veuve devait être assistée 
par la bourse commune ou la table des pauvres 
des églises '. 

Nicolas Ruyde n'exerça pas sans doute son of- 

' Voir ces conditions Pièce justificative IL — Les tables des 
pauvres étaient des institutions charitables annexées à chaque 
paroisse, gouvernées chacune par trois administrateurs an- 
nuels qu'on nommait tabliers. Ces établissements correspon- 
daient assez exactement aux fourneaux économiques de nos 
jours. Le chapitre de la collégiale avait aussi sa table des 
pauvres. 



- 222 - 

flce au gré du Magistrat, car 11 fut remplacé pres- 
que de suite, le 26 août, par Guillaume Andrien et 
Anne Erson Robert, sa feipme, et on l'obligea a 
« se tenir pendant six semaines en Tune des 
» hobettes ou chambrettes estant hors la porte 
» du bruUe, vers le mollin de mal assise * ». 

On prescrivit aussi le 4 septembre « dès main- 
» tenant et pour Tad venir » de garnir les maisons 
des pestiférés « en hault de riiuys, par dehors 
» sur la rue, d'une barre de bois blanc » très ap- 
parente, et les malades ne purent sortir sans 
porter « visiblement la blance verge », à peine de 
cinq florins d'amende *. On ne leur permettait de 
circuler dans la ville que de midi à 2 heures, et 
de 2 heures à quatre les jours de marché; l'en- 
trée des églises leur était interdite et ils ne pou- 
vaient entendre la messe les dimanches et fêtes 
que sur l'emplacement des cimetières, qui, on le 
sait, étaient alors autour des églises *. 

Le4 septembre, un chirurgien de la ville,Georges 
du Maisnil, fut chargé d'assister « tous bour- 
» geois et habltans qui sont ou polront estre tou- 
» chés » de la maladie contagieuse; et un apothi- 
caire lui fut adjoint pour lui livrer « ce qui sera 
» de besolng à la charge de la ville pour le regard 
» des pauvres *. » 

Le chirurgien fut logé près du jardin de Saint- 
Adrien, il eut quatre florins par jour dont le paie- 

* Registre aux délibér. du Magistrat Q f. 177. Voir page 227 
une note relative aux porteurs de corps morts pestiférés en 
1636 et 1637. 

* Registre aux délibér. du Magistrat Q L 180. 
' Pièce iustificalive IV. 

* Registre aux délibér. du Magistrat Q f. 180. Pièce jusL III. 



— 223 — 

ment devait lui être continué pendant « les qui- 
)^ rante jours après que de la part de Messieurs 
» luy sera déclaré que Ton le décharge de la sol- 
» licitude des infectez )), et on lui avança de suite 
cent florins sur ses gages. On lui fournit en outre 
cent fagots, trois rasières de charbon et trois 
pierres de chandelles '. Et il fut exenapt de « garde 
» personnelle pour lui et ceulx de son maisnage, 
» et de logement'de soldats ». On lui accorda en- 
core 20 florins, valeur d'une robe, et 20 autres 
pour denier à dieu « ou vin de ce présent accord. » 

Il était tenu « de visiter oculai rement, traictier 
» et panser par ses mains tous malades infectez 
» tant pauvres que riches. » Les bourgeois « ayant 
moiens » lui devaient 20 pattars pour chaque sai- 
gnée, les « habitans médiocres, gens méchaniques 
» vivant de leur travail et manœuvres » seulement 
dix pattars. « Ne lui sera payé aultre chose » 
pour saigner les pauvres entretenus par les tables 
paroissiales, bourses communes et hôpitaux. 

Moyennant le môme salaire, il devait faire « vi- 
)) sitation des corps morts réputés d'estre décèdes 
» du mal conttagieux touttefols qu'il en sera re- 
» quis ou que lui sera ordonné par messieurs du 
» magistrat »; son salaire était fixé « selon la 
» qualité des personnes, sçavoir xx s. pour les 
» riches, x s. pour les médiocres et pour les pau- 
» vres rien. » 
« 

* La rosière équivalait à l*hectôlitre 1/3 actuel. Lsl pierre était 
tantôt lie 4 livres 1/2 tantôt de 6 livres, suivant la marchandise 
pesée, la livre ancienne de Saint-Omer étant de 14 onces. (Voir 
les Commttnaulés d'arts et métiers , Saint-Omer, Fleury-Lemaire, 
1879, p. 172, 174, 175.) 



— 224 — 

Il pouvait fournir « les emplastres, cataplas- 

• » mes, applicatz et aultres médicamens » at s'en 

faire payer « raisonnablement », mais les malades 

étaient libres de les faille prendre à leurs dépens 

chez les apothicaires. 

Les remèdes employés et en usage alors nesont 
pas indiqués d'une manière précise, et Péchevi- 
nage n'en recommande aucun, ce sont des sai- 
gnées, des emplâtres, cataplasmes, « applicats et 
» aultres médicamens qu'il conviendra », dont 
la composition n'est pas mentionnée. 

Les (i physiciens » ou médecins, môme ceux 
attachés à la personne des princes qui avaient 
gouverné la Flandre et l'Artois, avaient en effet 
édicté vainement des prescriptions variées, en 
recommandant comme moyen préventif l'usage 
du vin, des fruits aigres, d'infusions de surelle ^ 
dans du vinaigre, de la triade ou thériaque, l'ab- 
stention des bains, etc. Le vinaigre était consi- 
déré comme un désinfectant, on conseillait d'en 
aspirer souvent et d'en user avec tous les remè- 
des. Lorsque le mal était déclaré, on ne connais- 
sait guère que la saignée pratiquée à diverses par 
ties du corps selon les circonstances et les or- 
ganes atteints les premiers '. Mais ces remèdes 

' C'est la petite oseille. 

' Le tome X des Mémoires de la Société d'émulation de Roubaix 
(année 1888) contient p. 221 à 241 un iatéressant chapitre sur 
la peste dans une étude intitulée les Médecins des pauvres et la 
santé publique en Flandre, par M. Alex. Faidherbe, 

Voir un mémoire inédit de Lantaret sur la peste de Digne en 
1629 qui fît périr les neuf dixièmes de la population. C'est un 
morcpau remarquable, au point de vue médical et littéraire, 
communiqué par M. Isnard, archiviste des Basses-Alpes, au 



— 225 -. 

n'avaient aucune efficacité, Tisolement des ma- 
lades seul pouvait diminuer l'intensité du fléau * 
et c'était la principale mesure que prescrivait 
l'éclievinage. Des ordonnances relatives à la des- 
truction par le feu ou à la vente et au colportage 
des hardes et vêtements des pestiférés morts 
complétaient l'ensemble des moyens employés 
pour empocher la propagation de la contagion. 

Mais il ne suffisait pas d'édîcter ces mesures, il 
fallait ep assurer l'exécution : l'échevinage s'ad- 
joignit deux bourgeois pour y veiller. Les sieurs 
Bulot et Tholier acceptèrent courageusement le 
25 septembre la mission de visiter les maisons 
infectées et les hôpitaux, et de rendre ôompte 
chaque jour au Magistrat de la situation de l'épi- 
démie *. Ils durent aussi faire sortir des hôpitaux 
les pauvres étrangers à la ville et de les faire con- 
duire hors des portes * afin d'assurer des lits aux 
habitants malades et de concentrer tous les se- 
cours au profit d'eux seuls. 

On demanda également deux religieuses de l'hô- 
pital de l'escotterie au bruUe « pour tenir leur 
» demeure en lune des chambres de la maison de 
» S<i Adrien, pour y assister ceulx quy se y seront 

Comité des travaux historiques et scientifiques (Bulletin histo- 
riqtœ et philologique, année 1891, n* 1, p. 40 et suiv.). 

Dans la collection des Documents inédits sur ^histoire de France, 
les lettres de Peiresc contiennent 1. 1, p. 738et741, t. II, p. 176, 
des détails également curieux sur la peste qui sévit de 1629 à 
1632 dans le Midi et qui désola la ville d'Aix. 

' On comptait aussi beaucoup sur la gelée pour arrêter Tépi- 
démie pendant l'hiver. 

' Pièce justificative IV. 

* Registre aux délib. du Magisti-at 0, f. 182 r*. 



— 226 — 

» rethirez pour la contagion », et on fit « raccom- 
» moder deux petites maisons estans du pour- 
» pris du jardin de S<^ Adrien afin de s'en servir 
» pour ceulx quy seront envoyez audit lieu pour 
» la contagion '. » 

On réussit peut-être ainsi à enrayer le fléau,car 
la peste de 1625 ne fut pas très violente. Au mois 
de novembre, Tarchiduchesse infante, gouverneur 
général des Pays-Bas ' ne craignit môme pas de 
venir ù Sain t-Omer qu'elle quitta le 7. L'épidémie 
continuait cependant, car l'échevinage décida le 
24 novembre de faire le 4 du mois suivant « pour- 
» chas pour les povres infectez.... es malsons des 
» habitans », et il envoya vers Tévéque, le chapitre 
de Notre-Dame et Pabbé de Saint-Bertin pour les 
prier de « contribuer quelque chose audict effet. '» 

Ces mesures préventives, ces prescriptions sa- 
nitaires et la charité publique semblèrent avoir 
dominé complètement l'épidémie, puisque le 15 
décembre, Messieurs autorisèrent le chirurgien 
commis aux pestiférés à commencer le lendemain 
la quarantaine à la suite de laquelle il pourrait 
reprendre la vie commune *. 

Toutefois cette décision fut un peu prématu- 
rée, car si le fléau sommeilla en quelque sorte 
pendant l'hiver, il se réveilla au printemps de 
1626; les archives communales * nous font savoir 

* Registre aux déirb. du Magistrat Q, f. 182 W 

* Isabelle-Claire-Eugénie, infante d'Espagne, devenue par le 
décès de l'archiduc Albert, son maii, arrivé le 13 juillet 1621, 
gouverneur général des Pays-Bas au nom de Philippe IV. 

* Registre aux délib. du Magistrat Q, f. 196 r*. 

* id. f. 199 r*. 

* Le registre qui suit celui de 1625 manque, et nous n'avons 



- 227 - 

en effet qu'on dut nommer alors un nouveau chi- 
rurgien pour visiter et soigner les pestiférés, il 
eut 20 patars pour chaque visite. Il parut néces- 
saire d'isoler plus complètement les malades, et 
on fit bâtir des cabanes dans les terrains com- 
munaux voisins de la ville afin de les y loger. A 
la fin de Tannée, le couvent des Dominicains fut 
atteint, et on donna le 30 décembre ù ces religieux 
une somme d'environ 150 florins pour les secou- 
rir. Les Pères Jésuites, qui avaient assisté les 
pestiférés, reçurent également du Magistrat 300 
florins pour les services qu'ils avaient rendus. 

Le 27 janvier 1627 le chirurgien spécial fut libéré 
par Téchevinage de ses obligations. Mais, comme 
celui de 1626, le printemps de 1627 vit un léger 
retour du fléau. Cela n'empêcha point le gou- 
verneur général d'Artois do faire son entrée so- 
lennelle ft Saint-Omer au mois de mai. Et la peste 
disparut enfin. 

Mais ce ne fut pas la dernière épidémie que la 
ville eut à subir. La peste reparut dès le mois de 
juillet 1635', diminua un peu pendant l'hiver, puis 
reprit et devint terrible en 1636' pour durer en- 
core en 1G37, et bien qu'alors le Magistrat eût mis 

plus pour guide que la table alphabétique des délibérations qui 
présente diverses obscurités dans sa rédaction sur le point qui 
nous occupe ici. 

' Ms. d' Haffrenghes n* 878 à la bibliothèque de la ville de Saint- 
Omer, t. L p. 221 V. 

• En août et septembre 16^36, on fit venir de Dunkerque suc- 
cessivement de«x chirurgiens pour le service des pestiférés : le 
s' Pierre Vanderstraete et le s' Jean Sago. (Ms, d'Haffrenghes, 
t. I, p. 222. 

M Deschamps de Pas dit qu'en 1637 les u deux personnes 



— 228 - 

en œuvre tous les moyens résultant de Texpé- 
rlence acquise lors des précédentes contagions, 
ses efforts furent vains, treize mille personnes au 
moins furent victimes du fl^au pendant ces deux 
années: Il faut signaler encore les pestes de 1638, 
1644, 1667 et 1668. 

En terminant cette petite notice, nous croyons 
pouvoir ajouter quelques mots pour indiquer, 
d*une manière plus précise qu'on ne Ta fait jus- 
qu'ici, quels étaient les saints invoqués contre la 
peste dans le Nord de la France. 

On sait quel était le dévouement des prêtres 
séculiers et des congrégations religieuses pen- 
dant les épidémies de peste, et on a vu que Téctie- 
vinage n'hésitait pas à y faire appel. Pendant la 
durée de la contagion pour implorer leciel, comme 
après sa cessation pour remercier Dieu, le clergé 
était dans l'usage de faire des prières publiques 
et d'ordonner des processions où l'on portait les 
châsses des saints patrons de la cité : saint Omer 
et saint Bertin, ainsi que la statue de N.-D. des 
Miracles. Toute la population et les magistrats 
s'associaient à ces manifestations. De plus depuis 

employées à porter en terre les corps morts de la contagion 
étaient un ménage, mari et femme, que Ton payait exclusive- 
ment pour ce service ( Etablissemerds hospitaliers de SairU-Omer, 
p. 360), ce qui corrobore ce que nous avons dit p. 222. 

Le 12 octobre 1637, le porteur de corps morts pestiférés ayant 
achevé sa quarantaine, fît chanter une messe en musique en la 
chapelle de N.-D. des Miracles, lui offrit un cierge de 12 à 15 
livres, fît célébrer à toutes les paroisses de la ville un service 
pour l*âme de ceux qu'il avait enterrés et versa 300 florins à la 
bourse des pauvres. (I/Haffrenghes, t. I, p. 236.) 



- 229 — 

1426 jusqu'au milieu du siècle dernier, on célébrait 
chaque année, dans les principales églises de St- 
Omer, la veille de TAssomption, une messe dite 
de la cliquette, ainsi dénommée à cause de l'ins- 
trument que les convalescents^ encore assujettis 
à une sorte de quarantaine, étaient tenus d'agiter, 
afin qu'avertis par le bruit, les habitants qui les 
rencontraient ne les approchassent point \' 

Mais dans les contrées du Nord delà France, 
le saint auquel était attribué lé pouvoir d'apaiser 
et de détourner la peste était saint Adrien. A 
Saint-Om.er aussi, son culte fut répandu durant le 
moyen-âge, et nous avons signalé le cimetière 
destiné à l'inhumation des personnes décédées de 
maladies contagieuses qui portait son nom *. 

En outre, au xvii« siècle, saint Charles Borro- 
mée, canonisé en 1610, et qui, lors de la peste de 
Milan en 1576, avait bravé Tépidémie et porté des 
secours et des consolations aux nâalades, fut 
aussi imploré contre la peste. Le i^^ septembre 
1636, on fit à Saint-Omer des processions géné- 
rales autour des remparts de la ville pour obtenir 
la cessation de la contagion, et on y porta, outre 
diverses statues, celle de saint Charles Borromée^ 

* Derheims, Histoire de Saint-Omer, p. 612. 

• M. Albert Legrand, dans le Bulletin histor. des Antiq. de la 
Morime, t. I, p. 44, dit : a De nos jours, il existe encore dans 
)) Tancienno cathédrale de Saint-Omer un tryptique représen- 
)) tant sur Tun de ses volets le glorieux martyr toujours dans le 
» costume traditionnel que nous ont légué nos pères. » Saint 
Adrien avait un autel dans Téglise du Saint-Sépulchre. (Bull, 
hist., t. VIII, p. 419.) 

' Ms. d^HaffrengheÉ déjà cité. 1. 1, p. 22.3. Il mentionne « les 
images de N.-D. des Miracles, de N.-D. du Rosaire, de saint 



— 230 - 

D'autre part, il existait à Béthune en Artois, de- 
puis la fin du xii« siècle, une confrérie de Chari- 
tables de Saint'Elol, qui avait pour but de soigner 
les pestiférés, de les ensevelir et de les porter au 
Heu de repos'. Or, pendant la peste de 1668, 
« Monsieur Dessars, chanoine de la cathédrale 
» de S' Orner », d'après un des registres aux déli- 
bérations du Magistrat, « at présenté de la part 
» de la confrérie de S^ Eloy de Béthune, une mé- 
» daille d'argent doré portante l'efïîgie dudit saint, 
» et 6 Messieurs du Magistrat de cette ville * »; et 
on décida plus tard que celte médaille serait por- 
tée parles échevins de Saint-Omer, commissaires 
pour la peste, h la procession et aux offices qui 
devaient avoir lieu le 12 juin « pour remercier Dieu 
» de la délivrance de cette contagion, et y sera pré- 
» sentée une chandelle en offrande,, avecq ladite 
» médaille à l'honneur dudit saint et de S^ Charles 
» Boromé, grands patrons contre la peste \ » 



Charles Borromée, saint Roch, saint Sébastien, saint Adrien, 
sainte Isbergue, les chefs de saint Bertin et saint Omor >), et 
autres reliques. 

^ Histoire de la confrérie des charitables de Saint ^Eloi à Brthune 
depuis son origine iiSSjusquà nos jours, par E. Bighin( Béthune, 
David, 1882). 

* Reg. EE, f. 71 V* aux arch. municip. Délib. du 12 avril. 

' id. f. 75v». id, du 9 juin. 



PIÈGES JUSTIFICATIVES 



I 

8 Août 1625^ 

Pour obvier à la contagion. 

» Le vin* d'aoust xvi' xxv, par devant Messieurs de l'an 
passé sauf le s' de Disque ^ ot Francliois *, ceux de Tan 
présent sauf le s' d'Holrœux ', les dix jurezsauf Devoulf *, 
Meurin et Louve! *, at esté représenté que Ton at reco- 
gnut que le jour devant hier sont décédez do la contagion 
deux à trois enffans demeurantz aulx faux bourgs du 
Haultpond, et que partant seroit bien requis de pourveoir 
et tenir appercheux ung cirurgien, quelque personne pour 
porter en terre ceulx que Ion trouvera estre décédez de 
contagion, et aultres choses requises et nécessaires en tel 
cas, aflRn que Ion ne soit prins à pied levé au cas que le 
raal vint à rengraver. » 

(Registre aux délibérations du Magistrat Q, com- 
mençant aux Roy 1621 et finissant au deuxième 
janvier 1626, f. 176 v\) 

* Jérôme Destiembecques, écuyer, s' de Disques. 

* Denis Le François. 

* Charles de Genevière, écuyer, s' d'Holrœux. 

* Cornil de Vulf. 

* Guillaume Meurin et François Louvel. 



- 232 - 

II 
20 Août 1625. 

« Accord fait aoecq un porteur de corps mortz pestiférés, 

» Le XX* jour d'aoust xv' xxv, pardevant Messieurs de 
.ran présent, sauf Ca8telain\ Sanblethun* Bonvoisin' et 
Afïringhes*, at esté faict accord avec Nicolas Ruyde, 
demeurant en ceste ville de Saint Cmer, lequel auroit 
promis de servir ceste ville, le commun et particuliers 
d'icelle, et de se conduire selon que luy serat ordonné par 
ou de la part de Messieurs du Magistrat de ceste ville ou 
leur commis pour le fait de la peste ou contagion ou ma- 
ladie, tant pour porter les corps qui potront décéder dès • 
en avant es metttes de la dite ville et banlieue, de peste, 
contagion ou aultre maladie, et iceulx inhumer et enterrer 
en terre saincte, aussy porter ou mener les malades et 
indisposez à Thospital de S* Adrien ou aultre lieu,de faire 
les fosses pour y mettre lesditz corps morts de profondeur 
de quatre piedz pour le moing, longueur et largeur com- 
pétente, couvrir lesditz corps de terre compétament, faire 
ledit port et enterrement de nuit et à heure convenable, et 
faire tous aultres debvoirs d'office de porteur de corps 
mortz ou de porteur et conducteur de malades ou indis- 
posez suspectz de conUigion ou peste ; à quoy ledit Ni- 
colas Ruyde a esté commis, et ce qu'il at emprins et pro- 
mis par avant et fait le serment de en ce soy acquitter et 
promis aussi avant que possible luy serat sans aulcune- 
ment prendre ou mesuser des biens qu'il trouvera es mai- 
sons mortuairs ou aultres, ny pai'eillemeut aller ou con- 
verser en sa maison avec sa femme maisme ny ailleurs 
que es lieux où besoing sera pour Testât dudlt office. Et 

^ Nicolas Castellain, éouyer, s' d'Ostrove. 

* Philippe de Renty, éouyer, s' de Samblethun. 
' Robert Bonvoisin, avocat. 

* Jacques d'Haffrengues. 



— 233 - 

sera tenu de prendre sa retraicte.et résidence en telle 
hutte, lieu et place qui luy serat assigné par et de la 
part de mesdits sieur et leur comis. Et quand il irat horjs 
de sa dite hutte ou résidence, il tenu tenu de porter le 
batton rouge exposé à la vue d'ung chacun affin que Ton 
le puist recognoistre pour soy rethirer de luy, comme 
aussy il sera tenu de soy rethirer arrière des aultres per- 
sonnes en distance compétente pour éviter à la commu- 
nication de la contagion à aultre. Et si Ton commect en- 
cores aultres personnes oudit office ou aultres choses en 
dépendant, icelluy Nicolas sera tenu Tassister et faire tous 
debvoirs requis pour Texécution de leur office de bonne 
foy, et le tout selon qne luy sera ordonné et à l'arbitrage 
de mesdits sieurs ou leur comis. Et ne se polra ingérer 
d'entrer en aulcune maison ou mettre la main à aulcune 
personne ou corps sans réquisition de la personne à qui 
ce polra toucher, ou ordonnance de la part de messieurs 
du Magistrat, et sera tenu de soy contenter des gaiges, 
taux et sallaires cy après sans polvoir riens exiger, re- 
cepvoir ni prouffitter aultre chose des personnes en vertu 
de promesses, convention ou aultrement sans congié et 
licence de mesdits sieurs. 

» Et pour sa retenue il aura dix huit florins par mois à 
commenchier du jour qui luy sera commandé par mesdits 
seigneurs entrer en office, et à continuer quarante jours 
après le dernier corps qu'il aura porté, à paier par Tar- 
gentier de xv jours en xv jours. De chasque corps grand 
ou petit qu'il ira quérir aux maisons, fût hors ou dedens 
la ville, qu'il aura porté et inhumé en terre saincte, y 
compris la fosse qu'il sera tenu de faire ou faire faire selon 
que dit est au cymentière de S* Adrien ou ailleurs en terre 
saincte, trente solz aux frais et à la charge de ceulx ayant 
moïen, et quinze sols à la charge de la ville aussy de chas- 
que corps de pauvres, et pour aultre debvoirs il sera payé 
à la discrétion de messieurs, et en cas de reffus. de ceux 
ayant moïen de païer mesdits sieurs y pourvoiront pour 
le faire païer ; sy lui a esté donné pour denier à dieu xx ' 



— 234 - 

et ung demi tonneau de forte bière, au lieu du vin de mar- 
ché, qui luy sera délivré. 

» S'il advenoit que ledict Nicolas Ruyde, durant lesditz 
debvoirs et temps, vint à décéder de la contagion, en ce 
cas mesdits sieurs feront assister la vefve survivante de 
la bourse commune ou table des pauvres des églises pour 
subvenir à ses nécessitez. 

» Ce fait, ledit Nicolas Ruyde, après avoir eu lecture de 
ce que dessus, a promis par serment de soy conformer et 
accomplir de point en point les dits debvoirs et conditions 
sus ditz, ayant été accordé audit Ruyde que ses gages au- 
ront cours dès ce jourd'huy. » 

(Môme registre, f. 177.) 



m 

4 Septembre 1625. 

« Chirurgien nommé aux pcsti/éret, 

» Le ini de septembre xvi' xxv, par devant Messieurs de 
Tan passé, sauf Legay et Rumault \ cent de Tan présent 
sauf Bon voisin, les dix jurés sauf du Castel et Meurin • ; 
— Comme pour remédier à la maladie contagieuse pré- 
sentement régnant en ceste ville et es faubourgz d'icelle 
au lieu nommé le Haultpond, et assister leurs bourgeoiz 
et habitans qui sont ou poiront ostre touchés d'icelle, ont 
esté trouvé convenir de se pourvoir d'un chirurgien, in- 
formez de la souflfîsance et expérience de Maistre George 
du Maisnil, chirurgien demourant en ceste ville, ont, de 
Tadvis du Magistrat de Tan passé et dix jurés pour la 
communaulté de ceste ville, traicté et convenu avec led. 
s. du Maisnil à Teffet susdit sous les gaiges journaliers, 
charges et conditions cy après déclarées, le tout par pro- 

* Adiîen Legay, avocat, Philippe Rumault, docteur en méde- 
cine, avaient fait partie du Magistrat de Tan 1624. 

* Pierre du Castel et Guillaume Meurin. 



— 235 — 

vision et tant que aultrement serat trouvé convenir. 

» Qu'il sera logé en certaine maison située près le jar- 
din de S* Adrien, pour en joyr aussi long tems qu'il sera ♦ 
en service pour ladicte maladie. 

» Aura pour gaiges quatre florins par jour, à commen- 
cer samedy prochain vi de ce présent mois de septembre' 
et en estre paie par Targentier de xv" àaultre, lequel paie- 
ment sera aussy continué pour les quarante jours après 
que de la part de Messieurs luy sera déclaré que Ion le 
descharge de sa sollicitude des infectez. 

» Luy sera fait advance de la somme de sent florins à 
rabattre sur ce qui luy sera deub pour ses gaiges journa- 
liers. 

» Qu'il aura pour chascune personne qu'il garsera * ou 
seignera estant requis de quelque bourgeois ou habitant 
notable ayant moïen vingt pattars. 

I) Des seignées de bourgeois ou habitans médiocres 
gehs méchaniques vivant de leur travail et manœuvres, 
ou pour les garser dix pattars. 

» Mais pour la seignée des paavres entretenus des 
tables paroissiales, bourses communes et hôpitaux ou 
pour les garser ne lui sera payé aultre chose. 

» Sera tenu de faire Visitation des corps mortz suspectez 
d'estre décédés du mal contagieux touttes fois qu'il en 
sera requis ou que lui sera ordonné par messieurs du 
Magistrat ou commis de leur part, moyennant pareil sal- 
laire qu'est cy dessus addicté selon la qualité des person- 
nes, sçavoir xx' pour les riches, x' pour les médiocres et 
pouf les pauvres rien. 

» Au regard des emplastres, cataplasmes, applicatz et 
aultres médicaments qu'il conviendra pour la guarison 
des infectez, sy avant qu'il les livre et applique de son 
industrie et à ses despens il en sera payé raisonable- 
ment et en cognoissance de la valeur desditz médicamens, 
sans por luy se povoir faire païer à discrétion, et seront 

* Garser signitie : donner le coup de lancette. 



— 236 — 

les malades libres de faire prendre lesditz médicamens à 
leurs despens es maisons de tels apoticaires que bon leur 
semblera. 

» Pour continuation des cures, solicitudes et diligences 
qu'il fera auxditz infectez jusques à plaine guéricon ou 
aultrement sera ordonné de ses sallaires et mérites par 
messieurs du Magistrat à la charge desditz malades selon 
la qualité d'iceulx. 

» Est et sera tenu de visiter oculairement, traicter et 
panser par ses mains tous malades infectez pauvres que 
riches touttes fois qu'il en sera requis, sans povoir con- 
venir ny traicter aulcunement de ses sallaires, ains en sera 
paie à cognoissance de cause comme dict est cy dessus. 

» Luy sera furny à charge de la ville cent fagotz, troi& 
rasières de charbon et trois pierres de chandeilles sy tost 
qu'il entrera en service pour en user durant son dit ser- 
vice. 

» Lui est encore accordé exemption de garde person- 
nelle pour luy et ceulx de son maisnage, et de logement 
de soldatz si long temps qu'il sera en service. 

» Et pour une rôbbe par luy requise luy est accordé 
vingt florins une fois, à charge en cas que durant les six 
semaines dernières l'on trouvera bon de le rappeler, il 
sera tenu rentrer en ladicte infection, et y continuer le 
service aux mesmes gaiges et charges que au précédent» 

» Plus luy at esté accordé la somme de vingt florins 
une fois le vin de ce présent accord dont il sera paie 
promptement. 

» Sera commis ung apoticaire pour luy livrer ce que . 
sera de besoing à la charge de la ville pour le regard des 
povres. 

- » Au surplus aux mesmes charges, services et condi- 
tions portées par raccord faict aultrefois avecq M" Aleau- 
mes Ogier, chirurgien commis aux infectez en date du xi 
de juing xvi' quatre dont luy a esté faict lecture particu- 
lière. 

V Lequel maistreKjreorges du Maisnil comparaissant en 



— 237 — 

halle et ayant eu lecture des poinctz et articles cy dessus, 
il les a accepté, et suivant ce at preste le serment de soy 
fidellement acquitter tant en ladite cure des pestiferez que 
Visitation des corps morts et aultrement. » 

(Même registre, f. 180 v*.) 

IV 
Le XV de septembre XVI' XXV 

Commis pour prendre esgard aux infectez et aux povrea* 

Jacques bulot et franchois thelier ont esté nommés par 
provision et jusques au rappel de Messieurs pour visiter 
chascun jour quelles maisons il y at infectées en ceste 
ville et banlieue, combien il y at de personnes malades 
ou non en chascune, et en faire chascun jour rapport du 
matin ou à telle heure qu'il leur serat ordonné, et ce aux 
eschevins septmainiers qui se trouverront à cest efïect à 
la scelle, pour donner ordre aux pestiferez, meismes faire 
note quand aulcunes maisons ont achevé le temps de six 
sepmaines, ou celles qui se commenceront à cause du 
tresjas de quelque corps en icelle, comme aussy rapporter 
ceux qui sont pôvres et nécessiteux, et faire contenir les 
infectez en leurs maisons ou demeures sans les laisser 
aller avant la ville, sinon aux heures adictes, assavoir es 
jour de marchié depuis deux heures après midy jusques 
à quatre, et en aultres jours depuis douze heures du midy 
jusques à deux heures, sauf que les dimences et festes 
commandées, ilz polront estre sur les cimentières avant 
midy pour oyr la Ste Messe, et sauf aussy que ceulx es- 
tant hors de la ville non estrangiez et nayant commande- 
ment de non rebtrer, polront aller avant la ville à telle 
heure que bon leur semblera à efïect de rentrer et sans 
tarder avant ladite ville,ni vaquer à aultre effect que pour 
retourner en leurs maisons par le droit chemin. 

(Même registre, f. 182 r*.) 



Saint-Omer, Typ h. d*homont. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DES ANTIOUAIRES DE LA MORINIE 



PROCÈS-YERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 26 juin 1893. 

Président : M. BUTOR, Président 

Secrétaire général : M. Pagart D*HBRiCANtAET. 

La séance est ouverte & 3 h. l/l. MM. le vice-président 
et le trésorier 8*excusont par lettres de ne pouvoir se 
rendre à la réunion. Le Secrétaire général, sur Tinvita-* 
tion do M. le Président, donne lecture du prôcés-verbal 
de la séance précédente qui est adopté sans observation. 

Dons, hommages, échanges, 
— Du Ministère de V Instruction publique : 
Catalcgue général des manuscrits des bibliothèques pu- 
bliftues do France. — Départements t. XIX, Amiens { 
Id. t. XXII, Nantes, Quimper, Brest; id. t- XVIII, Al- 
gcr. — Paris, 1. 1, bibliothèque Sainte-Genovléve. 
Congrèd des Sociétés savantes* Discours prononcés à la 
séftnce générale du Congrèe, le samedi 3 avril 1893, par 



- 240 - 

M. E.T. Hamy, membre de rinstitut, et M. Poincaré, 
ministre de rinstruclion publique. 

Documents inédits sur l'histoire de France : 

lo Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère, 
recueillies et publiées par M. le Y^G. d'Avenel, t. VII, 
Juillet 1655 juin 1657. 

2« Lettres de Picresc publiées par Philippe Tamizey do 
Larroiiue, t. IV. — Lettres de Pieresc à BorrHly,à Bou- 
chard et i Gassendi. ^ Lettres de Gassendi à Pieresc, 
1626-1637. 

3i^ Chroniques d'Amadi et do Strambaldi, publiées par 
M. René de Mas-Latrie. Seconde partie, Chronique de 
Strambaldi. 

— De la part de l'auteur : 

Anonyme : Démantèlement de Salnt-Omer. Autour du 
Casse-Téte. StOmer, D'Homont, 1893, 19 pages, in-12. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture de Tarrondissement de Boulogne sur- 
Mer, avril-mai 1893, t. XXIX, n« 3. 

Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales de la Société 
historique et archéologique du Gàtinais, 3"« trimestre 
de 1892. 

Orléans (Loiretj. Bulletin de la Société archéologique et 
historique de TOrléanais, t. X, n« 148. 2>»« trim.de 1892. 

Parts (Seine). Bulletin de la Société d*anthropologie de 
Paris, t. IV, A^^ série, n« 4, 15 mai 1893, n* 5. 15 juin 1893. 

Poitiers (Vienne). Mémoires de la Société des Antiquaires 
do l*Ouest, t. XV do la 2"* série, année 1872. 

Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, !«' tri- 
mestre 1893. 

Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de Poligny, 34"« année, n*»» l à 3, jan- 
vier à mars 1893* 

Valenciennes (Nord). Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 



I 

et arts de rarrondiésément de yalencientièè,45»*ànnèe',- 
t. XLIII, no» t-2, février-mare 1893. 

— Étrangères : 

Bruges (Belgique). Annales de la Société d'émulation 
pour l'étude de i^histoire et des antiquités de la Flan- 
dre, h 4* Bérie, t. X. 37«»« vol. de la collection, 2»» li- 
vraison supplémentaire 1887; 2» 5* série, t. IV, 4l»» vol. 
de la collection, livraison I, année 1891. 

Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 
philosophical Society, held at Philadelphia, for promo* 
ting, usefui knowledge, vol. XXXI, January, february, 
march 1893, n<» 140. 

Abonnements, 

Bibliothèque de l'École des Chartes, t. LIV, l'* et 2°»« li- 
vraisons, Jsnvler-avril 1893. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 24™* année, VI, juin 1893. 

Analecta BoUandiana, t. XII, fasc. 2-3. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2"« série, t. 37°>«, LXVII«>* de la collection, 
6"' livraison, juin. — Partie technique, 2«»« série, 
t 19"% LXIX™« de la collection, &«• livraison, juin. 

Élection d'un membre honoraire. 
M. Decroos, trésorier, empêché d'assister à la séance, 
écrit au Secrétaire général que M. Hochart, à qui son 
départ de Saint-Omer a fait perdre la qualité de mem- 
bre titulaire, serait heureux d'ôtre maintenu dans les 
rangs de la Compagnie comme membre honoraire. La 
Société, qui a regretté Téloignement de M. Hochart, est 
heureuse d\iccueillir avec empressement sa demande, et 
M. le président, conformément i l'avis unanime des 
membres présents qui pensent qu'il n'y a pas lieu à un 
scrutin dans un cas semblable, proclame M. Hochart 
membre honoraire. Avis lui sera donné do son élection. 

Rapport au Préfet. 

Le Secrétaire général donne ensuite lecture du rap- 



-242- 

port qu'il a psépnré pour èire remis par M. le Préfet au 
Conseil général lors de sa prochaine session d*août Ce 
rapport est approuvé par la Compagnie. En voici les 
termes : 

Saini-Omer, le 3 juillet 1893. 
Monsieur le Préfet, 

Depuis mon dernier rapport en 18d2, la Société des Anti- 
quaires a publié quatre livraisons de son Bulletin historique, 
n** 162 à 165, contenant 166 pages. 

En ce qui concerne la ville de Saint^mer, on remarque (164* 
livraison) une notice de M. Tabbé Haigneré sur les Derniers re- 
Sgieux de ^abbaye de Saint-Berlin, qui complète l'histoire des 
Abbés de Sainl-Berlin, ouvrage qui obtint en 1856 la première 
médaille d'or au concours des Antiquités nationales de llnstitut 
et qui était dû à M. de Laplane, secrétaire général de la Corn- 
pagnie.Cet auteur s*arrétait à 1789. M. Tabbé Haigneré a pensé 
avec raison qu'il n'était pas sans intérêt de savoir ce qu'étaient 
devenus les derniers représentants d'une communauté qui avait 
rempli la France du bruit de son nom et de l'éclat de ses- œu- 
vres, et dont il publie aujourd'hui le recueil des précieuses 
chartes. 

Les premiers travaux du démantèlement ont fait trouver 
aussi un curieux plomb de fabàaye de Saml-Berlin ; la Commis- 
sion municipale des recherches historiques a autorisé M. Charles 
Deschamps de Pas à le décrire, et il ei^ a montré l'intérêt dans 
la 162* livraison. 

Les frais du pas d'armes de la Croùr-Pèlertne en Î449 sont des 
extraits des archives communales de Saint-Omer relatifs à un 
célèbre tournoi qui eut lieu aux portes mêmes de la ville, et 
dont ont parlé les chroniquenrs Mathieu d'Escouchi, Olivier de 
la Marche au xv' siècle, puis Yulson de la Colombière, et dans 
les temps modernes M. de Barante (163* livraison) \ 

On sait Timportance que l'étude des anciens inventaires a 
acquise. La Société des Antiquaires de la Morinie a continué à 
se signaler par son zèle dans la recheitshe et la publication de 

^ Compte-rendu : PolybibUon, t. Lx\iir, p. 86. 



- 243 — 

ees précieux documents historiques*. M. Justin de Pas a publié 
le plus ancien Inventaire des reUques, ustensiles et Iwrès de la cha^ 
pelle de N.-D. des Miracles en Î346 où se tiK)uvaient un assez 
granâ nombre de pièces de très antique origine et d*un réel 
intérôt archéologique (165* livraison). 

La Société a étendu son activité au-delà des limites de St- 
Orner et de son arrondissement. A Watten (Nord) existait autre- 
fois un ihonastére, M. l'abbé Bled à son tour a donné un inven- 
taire plus ancien encore que le précédent, celui des Reliques du 
monastère de Watten en Î079j c'est-à-dire à une époque anté- 
rieure à celle où les trésors des églises et des chapelles s'enri- 
chirent de quantités de reliques rapportées de Palestine par les 
guerriers ou par les pèlerins (16V livraison). 

De son côté, le comte de Loisne a publié,dans les 162 et 169" 
livraisons, La lot de justice et de coutume de la viUe de Béthune 
du 2 mai 1334t et une autre Charte de iS^ concernant la même 
ville. Il a fait précéder ces documents tirés du Trésor des chartes 
ajix Archives nationales, d'un commentaire méthodique dans 
lequel il a classé et éclairé les diverses dispositions législatives 
qui y sont contenues. 

Le même auteur a fourni (16o« livraison) une BuUe inédite du 
pape Eugène III concernant l'église collégiale de Saint-Bar- 
thélémy de Béthune. Ce document existo aux Archives du dé- 
partement et ne figure pas dans les Acta ponUficorum Romano- 
rum inediia publiés en Allemagne en 1881. 

Outre ces travaux qui^presque tous, mettent en lumière d'im- 
portants et anciens documents tirés des Archives nationales, 

* Ses membres ont publié notamment : 

Inventaire des reliques de la collégiale de Saint-Pierre à Aire, 
par l'abbé C. Bolard (Bulletin histor., t. I). — Inventaire des orne- 
ments, reliquaires, elc, de P église cnW^giale de Saint^Omer, par M. L. 
Deschamps de Pas ; des reliques, joyaux et ornements de la chapelle 
de Notre-Dame des Miracles à Saint-Omer, par M. Pagart d'Her- 
mansart (BuUelin archéologique du Comité des travaux historiques 
et scientifiques, années 1886 et 1891). D'autres sont en prépara- 
tion. 



— 244 - 

de celles de diverses villes oa da départeroent^de simples corn* 
mouications moins étendaes méritent aassi d*étre signalées. 
L'extrait donné par M. le baron du Teil des Chroniques de l'Œil- 
de-Bœuf reflète l*opinion alors répandue sur l'affaire du Para* 
tonnerre de SamtOmer traitée récemment dans une des livraisons 
du Bulletin historique dont j'ai rendu compte l'an dernier ; Deux 
lettres du prince de Condé en Î788; un Sceau de saint Léger, re- 
cueilli par M. Edmont; et une Description donnée par M. Revil- 
lion d'un manuscrit du chanoine Hellin de Bruxelles, d'où la Société 
se propose d'extraire les inscriptions aujourd'hui détruites et 
trouvées vers le milieu du xviii* siècle dans les églises et cha- 
pelles de Saint-Omer. Ce travail, que la Compagnie a l'inten- 
tion de compléter avec d'autres manuscrits, fera en quelque 
sorte la suite de VÉjngraphte actuelle que publie la Commission 
historique du département en donnant VÉpigraphie disparue. 

Mémoires. — Cette étude assez minutieuse sera sans doute 
prête pour le prochain tome des Mémoires dont 126 pages son); 
déjà imprimées. Nous y donnons la dernière partie de l'étude 
si intéressante de M. L. Deschamps de Pas, ancien secrétaire 
général et correspondant de l'Institut, sur V Ancienne cathédrale 
de Saini'Omer. 

Chartes de Saint-Berlin. — Mais tout l'efTort de la Société s'est 
porté cette année sur la publication du Cartulaire de Saint- 
Bertin. Aussi au lieu de fournir un fascicule de 15 feuilles,soit 
120 pages, comme l'an dernier, elle a édité le 2* fascicule du 
tome III qui contient 29 feuilles, soit 231 pages, du n* 22^9 à 
2895. Il absorbe en entier le tome VI du grand Cartulaire ma- 
nuscrit de la bibliothèque de Saint-Omer ne comptant pas moins 
de 791 pages in-f* de l'année 1406 à l'année 1U7. C'est un 
grand pas de fait pour l'avancement de cette publication, et la 
Société a tenu à justiOer ainsi combien elle était digne de la 
généreuse subvention annuelle du Conseil général qui lui per- 
met d'espérer de mener à bien la fin de cette œuvre importante 
si appréciée des savants. 



— 245 — 

Comme toujours l'activité des membres de la Société ne s'est 
pas bornée aux travaux qu'elle publie ; divers membres ont pris 
part aux séances de la Commission municipale des recherches his^ 
toriques créée pour suivre les travaux du démantèlement de la 
place de Saint-Omer ; M. l'abbé Bled a fourni diverses commu- 
nications à la CommÛMOTi des monuments historiques; enfin le 
Ministère de l'Instruction publique a reproduit dans le Bulletin 
du Comité des travaux historiques et sdeniifiques (section d'histoire 
et de philologie) une curieuse pièce du xiv* siècle tirée des 
archives de Saint-Omer par le secrétaire général. 

La Société des Antiquaires de la Morinie espère donc, Mon- 
sieur le Préfet, que vous voudrez bien juger, ainsi que MM. les 
membres du Conseil général, qu'elle a continué à faire des tra- 
vaux très sérieux, et que même, en éditant un fascicule aussi 
considérable des chartes de Saint-Bertin, qui dépasse de 111 
pages celui de l'année dernière, elle a fait une dépense excé- 
dant d'une manière assez notable la somn^e de 500 francs que 
la haute assemblée départementale avait consenti à lui allouer 
l'an dernier pour ce travail. 

Toutefois, sans insister sur ce point, j'ai l'honneur de solli- 
citer votre bienveillant appui afin que MM. les membres du 
Conseil général veuillent bien, comme l'an dernier, accorder à 
la Société des Antiquaires de la Morinie deux subventions : 

1* L'une de 500 francs pour encouragement à ses publica- 
tions ordinaires ; 

2* L'autre de 500 francs pour la continuation de l'impression 
des Chartes de Saint-Bertin. 

Veuillez agréer, etc. 

M. Revillion dépose sur le bureau la transcription faite 
à Bruxelles par M. Hordey, bibliothécaire, sur les dé* 
marches de M. Jullien, mennbro correspondant, de di- 
verses parties du manuscrit conservé à la bibliothèque 
royale contenant les inscriptions trouvées dans les églises 
et chapeMes de Saint-Omer vers la fin du xviii»* siècle 
par le chanoine Hellln. M. Hosdey en a extrait tout ce 
qui concerne Saint-Omer. 



— 240 — 

M. Revillion pense que les indications four.iies par 
celte copie devraient ôtre complétées par celles du ma- 
nuscrit dont il a parlé à la séance du 31 octobre dernier, 
provenant de la vente de Neuiïorge et catalogué à 
Bruxelles sous le n* 1209, série IL 11 faudrait, suivant 
l'honorable membre, comparer les deux textes et copier 
dans le ms 1200 tout ce qui ne se trouve pas dans celui 
d*HelIin. La Société se réserve de prendre une décision 
à cet égard dans sa prochaine réunion. 

I^ Secrétaire général fait observer a son tour que 
quelques-unes des inscriptions envoyées de Bruxelles 
existent encore et ont été ou seront recueillies par lu 
Commission d*épigraphie du département, et que, par 
conséquent,!! y aura lieu de les distraire lors de la rédac- 
tion du ti*avall sur l'épigraphie disparue que la Compa- 
gnie so propose d'éditer. 

M. l'abbé Bled ayant centralisé jusqu'ici tout ce qui 
ooncerno les documents épigraphiques, la copie remise 
par M. Revillion lui sera envoyée. 

Communications, 

Le premier volume de la, Bible attribuée à Gutenberg 
\ih6 (bibliothèque de la ville de St-OmerL — Dans le 
Journal des Sav^ntif (avril 1893) M. Léopold Delisle a 
rendu compte des /ncunî6u/a biblica de W.-A. Copinger 
(Londres 1892, in-f«) et du Catalogue of the Copinger col- 
lection of éditions of Ihe latin Bible (Manchester 1893. 
in 4®), et il a apprécié, résumé et complété le bel ouvrage 
de M. W.-A. Copinger. Il a bien voulu envoyer au se- 
crétaire général un exenxplaire de sa notice (Parts, Imp. 
Nationale, 17 p. in 4») en lui faisant remarquer que la 
bibliothèque de Saint-Omer est la seul^, en France, avec 
la Bibliothèque Nationale et la Bibliothèque Mazarine, à 
posséder un exemplaire, malheureusement dépireillé, de 
la Bible de Gutenberg, « <;*est-à-dire> écrit l'éminent 
c administrateur de la Bibliothèque Nationale, d'une des 



^24n ^ 

« plus précieusea reliqœs bibliographiques qui existe 
ff au monde. » 

Les anciens bibliothécaires de la ville de Saint-Omer, 
M. l'abbé Aubin dans son catalogue manu8crit,et M.Piers 
dans ses Variétés historiques (St Orner 1832) p. 199, sous 
XeWiTQ Bibliographie, avaient déjà signalé le premier 
volume de celte précieuse édition de la Hible passé de la 
bibliolhèque du monastère de Saint-Bertin dans celle de 
la ville de Saint-Omer (n» 7 du catalogue), et ils pensaient 
qu'elle avait dû être imprimée entre les années 1450 et 
1455. 

C'e:>t ce volume que M»« Pellcchet, qui est venue 
travailler à la bibliothèque de Saint-Omer, a signalé à 
M. Léopold Dclisle. Or il est établi aujourd'hui que 
Texécution de cette Bible, attribuée avec beaucoup de 
vraisemblance à Jean Gutonber^, fut achevée au plus 
tard dans les premiers mois de l'année l456.EIIe est ainsi 
désignée par M. Léopold Delisle d'après Tordre des nu- 
méros adoptés par M. Copinger : 

« I (1455. Moguntiae. Jo. Gutenb3rg)2 vol. fol. - Exem- 
« plaire sur vélin, relié en 4 vol. Nat. Vélins 67-70. — 
« Exemplaire sur papier renfermant des notes qui nous 
« apprennent que l'enluminure et la reliure des deux vo- 
« lûmes furent terminées le 15 et le 24 août 115') Nat. A. 
« 71. — Exemplaire sur papier à la Mazarine. — Exem- 
« plaire du tome I à Saint-Omer. » 

Lectures. 

M. le Président remet au Secrélaire général, pour en 
donner lecture, un travail ayant pour titre : Wicquiri' 
ghem, par M. Donatien Sagot, membre correspondant. 

La Compagnie écoute cettj le ture avec attention. Le 
travail lui a paru bien iaît, mais composé en très grande 
partie avec des extraits d'ouvrages imprimés, sauf quel- 
ques passages, entre autres la liste des curés de 1718 à la 
Révolution. Le Dictionnaire historique du département 
ayant donné déjà une notice d'une certaine étendue sur 



— 248 — 

cette commune et le Bulletin historique ayant aussi parlé 
de la paroisse de Wicquinghem (t. VIII, p. 699), il a paru 
à la Compagnie que la notice de M. Sagot, tout intéres- 
sante qu'elle fut, n'était pas de nature à être insérée dans 
ses publications. Elle en a ordonné par conséquent le 
dépôt aux archives. L'inscription de la cloche donnée 
par Charles de Créquy et sa femme en 17 8 pourrait être 
demandée à l'auteur qui n'en donne que li substance, 
mais elle sera sans doute recueillie et publiée par la 
Commission d'épigraphie départementale. 
La séance est levée à 4 h. 45. 



Séance du 31 juillet 1893. 
Président : M. Tabbé BLED, vice- Président. 
Secrétaire général : M. Paoart d'Bbrmansart. 

La séance s*ouvre à 3 h. 45 par la lecture du procès^ 
verbal de la séance précédente. Adopté sans observation. 

M. le Président donne ensuite lecture de la liste des 
dons et hommages. 

Dons, hommages et échanges. 

— De la part de M. le Préfet du Pas-de-Calais : 

Conseil général du département du Pas-de-Calais, ses* 
sion d'avril 1893, rapport du Préfet et procès verbaux 
des délibérations. 

— De la part des auteurs : 

Sainte Foy de Schlostadt. Son saint-sépulcre et ses tom- 
bes, par le chanoine L. Dacheux. 

Tablettes du fouilleur des cimetières francs, par M. M.- 
L.-F. de Pauw et Emile Mublard. 

Notes, plans et documents faisant suite à l'hlstoire-d'Hes- 
dinfort, par Jules Lion, 3"* partie. 

Supplément à l'album Caranda, 2^* partie du fascicule 
de 1892. Les fouilles de 1892 à Nanteuil-Notre-Dame et 
dans le parc du château de Pére-en-Tardenois. 



— 24» — 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

AbifevUle [Somme). Mémoires de la Société d'émulation 
d'Abbeville, 1. 18«« de la collection, 4'»« série, t. II, 2°>« 
partie. 

Bulletin de la Société d'émulation d*AbbevilIe, année 
1892, 110.2 à 4, 

Bordeaux (Gironde). Société archéologique de Bordeaux, 
t. XVI, 3"»«et4'»» fascicules, 3«« et 4°»< trimestres. 

Constantine (Algérie). Recueil des notices et mémoires 
de la Société archéologique du département de Cons- 
tantine, 6«»« volume de la 3"»' série, 27"»« volume de la 
collection 1892. 

Dajc (Landes). Bulletin trimestriel de la Société de BorJa, 
18«* année, 2«« trimestre 1893. 

Orléans ^Loiret). Dulletia de la Société archéologique et 
historique de lOrléanais, t. X, n^ 149, 3™« trimestre 1892. 

Parts (Seine). Bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. IV, V^^ série, n^ 5 et 6. juin et juillet I8i3. 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d'Aunis, Bulletin de la Société des archives histori- 
ques, 13°»* volume, 4°>« livraison, 1*' juillet 1893. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d archéologie et de statistique de la Drôme,année 1893, 
Juillet, 106™« livraison. 

Vdlenciennes (Nordj. Revue agricole, industrielle, litté- 
raire et artistique de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de l'arrondissement de Valcnciennes, 54«» année, 
t XLIII, n» 3 et 4, avril-mal 1893. 

— Étrangères.' 
Saint-Pétersbourg (Russie). 1 et 2. 

Strasbourg (AlsaceLorrainc). Bulletin de la Société pour 
la conservation des monuments historiques d'Alsace, 
2»» série, t. XVI. 

Abonnement. 

Revue historique, IS*»* année, t. 52, II, juillet-août 1S93. 
Jouma{ des Savants, mai-juin 1893. 



— 260 — 

Revue de V Art chrétien, 2l^^ année, t. IV, 5»« férié, 3»« 
livraison, 1893. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publicaiions 
populaires, 24«« annôo, VII, juillet 1893. 

Annuaire de la Société française de numismatique, mai* 
juin 1893. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2»« série, t. 33«', LXVIH"»» de la collection, 
!'• livraison, jiiilllct. — Partie technique, 2"» série, 
t. lÛ»*, LXIXœ» de la collection, ?»• livraison, juillet. 

La correspondance se borne à divers accusés de récep- 
tionde la SDciétc (hs Antiqu lires de Londres (20 juin, 
164* livraison du DuUetin historique) ; de celle d'archéo- 
logie d'Anvcrd (Bulletin histOé ique, t. IX, 4* fasc ) ; du 
Ministère de l'inslruclion publique (195* livraison) ; et à 
l'annonce par le même ministère de Tenvoi d'ouvrages 
venant de Belgique. 

Communications. 

Le Secrétaire général lit ensuite la circulaire ministé- 
rielle en date du 17 juin ayant pour objet la 32* réunion 
des irk>ciétés savantes à la Sorbonne en 1894. La date fixée 
est celle du 27 mars. Les manuscrits ou analyses de- 
vront être adressés avant le 30 janvier au ministère, 
revêtus du visa du président de la Société, sous le timbre 
du {•' bureau de la direction du secrétariat et de la 
comptabilité. 

Le programme comprend une série de questions dont 
il est âonné lecture, mais qu il n'est pas utile de repro- 
duire en totalité puis]u*clles ont été posées déjà les an* 
nàen précédentes. En voici l'extrait : 

Extrait du programme des Sociétés savantes 
du 27 mars 1894 à la Sorbonne. 

Dans la Section d'histoire et de philologie, on a sup- 
primé les questions relatives à Torigine et a l'organisa- 
tion des anciennes corporations de métler8,et aux vieille! 



-2B1 - 

HItirgie» det égltii de France, questions auxquelles 11 
avait été répondu et que la Société des Antiquaires de la 
Morinle avait traitées également (voir Bulletin histori- 
que, t, VIII, p. 580 *• De sorte que le programme ne con- 
tient que 17 numéros au lieu de 19 et les questions sont 
les mêmes que celles posées en 1893. 

Dans la Section d* archéologie, on ne demande plus de 
signaler les constructions rurales élevées par les abbayes 
ou les particuliers, ni \eB restes de vieilles croyances et 
pratiques superstitieuses qui peuvent subsister dans cer- 
taines parties de la France, ni les découvertes numisma- 
tiques faites dans Une circonscription déterminée (art. 9, 
10 et 16 du programme de 1893) mais on a présenté trois 
nouvelles questions : 

2* Rechercher les inscriptions arabes, épitaphes, dédicaces 
de mosquées, légendes de portes, de miobar, etc., antérieures 
à la conquête turque, qui se trouvent dans l'un des trois dé- 
partements algériens ou dans la Régence de Tunis. 

3* Signaler les inscriptions païennes ou chrétiennes, prove- 
nant des catacombes de Rome et non encore publiées, qui peu- 
vent se tronrer dans les églises de France. 

10* Dresser, pour un département, un arrondissement ou un 
canton, la liste des objets intéressant Thistoire ou l'archéolo- 
gie, qu'il conviendrait de mettre soos la sauvegarde de la loi 
du 30 mars 1887. 

La loi du 30 mars 1887 a décidé qu'il serait fait un classe- 
ment des objets appartenant à TËtat, aux communes, aux fa- 
briques et autres établissements publics, dont la conservation 
présente un « intérêt national » au point de vue de l'histoire 
ou de l'art. La C!ommission des monuments historiques,chargée 
de faire ce classement, ne peut^ par ses seuls moyens, arriver 
à découvrir tous les objets curieux qui gisent ignorés dans le 
fond de nos campagnes, et chaque jour l'incurie de ceux qui en 
ont la ffarde, la rapacité des brocanteurs, le mauvais goût de 
gens zélés mais ignorants, font disparaître ou dénaturer les 
monuments les plus précieux. C'est aux archéologues habitant 
la province à se faire les défenseurs de ces richesses, à en 

^ Voir l'analyse du programme de 1893, Bulletin historique, 
t IX, p. 107. 



- 252 — 

dresser la liste, à en apporter des photographies et des dessins 
an Comité, qui se fera un devoir de les publier et qui sera 
heuntnx de servir d'intermédiaire entre la Commission des 
monuments historiques et les personnes qui ont souci de sau-^ 
vegarder cette part trop peu connue du patrimoine national. 

Vingt-deux études sont proposées par la Section des 
Sciences économiques et sociales. Voici le texte de celles 
qu*on a jugées utile d'indiquer cette année : 

4* Étudier le registre des délibérations d'une ou de plusieurs 
municipalités rurales pendant la Révolution, en vue de montrer 
quelle contribution cette étude peut apporter à l'histoire géné- 
rale. 

5* Rechercher, en prenant un exemple particulier, comment 
a fonctionné une administration préfectorale sous le régime de 
la Constitution de Tan viu. 

6* Etudier, dans un département ou dans un canton, le fonc- 
tionnement du régime de la séparation de l'Église et de l'État 
sous le Directoire et sous le Consulat jusqu'au Concordat. 

7* Tracer l'histoire de la presse périodique dans un départe- 
ment ou dans une ville depuis 1789 jusqu'à nos jours. 

8* Étudier, à dater du xvin* siècle, les divers systèmes 
d'organisation municipale dans les provinces autonomes ou les 
pays d'élections,signaler ceux de ces systèmes qui ont le mieux 
sauvegardé, à l'occasion des actes de la vie locale; le patri- 
moine commun ou la fortune individuelle des habitants. 

9* Comparer, à l'aide de documents historiques, de traditions 
orales et d'observations directes, l'organisation et la vie des 
familles rurales dans un ou plusieurs villages d'une même ré- 
gion de la France au xvm* siècle et de nos jours. 

10* Exposer les analogies et les différences des anciens et 
des nouveaux octrois, au triple point de vue de l'assiette, de 
l'attribution et de l'emploi des taxes. 

11* Examiner le rôle et l'influence des Écoles centrales sous 
la Révolution, soit dans une étude d'ensemble, soit d'après un 
exemple particulier. 

13* Conditions actuelles du transport des enfants envoyés en 
nourrice. Protection des enfants do Paris envoyés en nourrice 



-268 - 

en proYiDce. Modes d'assistapce à accorder à l'enfant da tra 
vailleur. Organisation des crèches en France et à l'étranger. 

14* Faire connaître les mesures prises dans la seconde moi- 
tié du xvui* siècle par un certain nombre de villes, bourgs et 
villages, ponr assurer, à titre gratuit, l'assistance médicale en 
faveur des habitants pauvres ou peu aisés. 

16* Mesures étudiées et appliquées, depuis les cinq dernières 
années écoulées, pour parvenir à la répression de la mendicité 
et du vagabondage en France. 

17* Serait-il utile de faire, en France, une loi spéciale rela- 
tive au contrat d'édition ou contrat conclu entre un auteur ou 
un artiste et un éditeur pour la publication d'une œuvre de lit- 
térature ou d'art ? 

21* De la règle de deux degrés de juridiction dans l'ordre 
{udiciaire et dans l'ordre administratif : des exceptions qu'elle 
peut comporter et de celles qu'il conviendrait de faire dispa- 
raître. 

M. l'abbé Bled, 4 propos de la question n* 4, expose 
que la Correspondance du Magistrat de Sjilnt-Omeridont 
une collection assez considérable existe aux archives 
communales, est de nature aussi à fournir d'importantes 
contributions à l'histoire générale pour les époques anté* 
rieures à la Révolution. 

La Section de géographie historique et descriptive a 
légèrement modifié le programme de 1893 mais sans offrir 
une étude nouvelle que la Compagnie puisse être appelée 
à examiner. 

 la dernière séance, M. Revillion avait proposé de 
compléter lo manuscrit Hellin de Bruxelles par celui de 
la vente de Neuiïorgo pour l'opigraphie disparue de la 
ville de Saint-Omer. M. Revillion expose que le ms. 
d'Hellin n'est certainement pas complet, et il cite plu- 
sieurs épitaphes connues à Saint-Omer qui ne s'y trou- 
vent pas relatées; il propose de voir lui-même, lorsqu'il 
ira ji Bruxelles, celles qu'il y aurait lieu de relever sur 
le ms. de la vente do NeufTorge. L'assemblée remercie 



— 45*- 

M. ReVillkm de son offre obligeante et lai donna tout 
pouvoir afin de faire faire les copies qui lui parafa 
tront utiles pour le travail que la société se propose 
d'éditer. 

Lecture. 

M Pagart d'Hermansart a écrit un nouveau chapitre 
de l'histoire des institutions do la ville de Saint-Omer. 
Le procw^eur de ville est la suite naturelle de sa première 
étude sur 2es Conseillers pensionnaires \ Ce travail se 
trouve répondre dans une certaine mesure à l'une des 
questions posées au Congrès des Sociétés savante? de 
1802, Section dos sciences économiques et sociales : « He* 
« chercher quelle était, sous Tancien régime, dans les 
« diverses régions de la France, la nature des fonctions 

• des procureurs du roi auprès des autorités locales d'or* 

• dre municipal. » A Saint-Omer, le véritable procureur 
du roi était celui du Bailliage, le procureur de la ville 
avait, il est vrai, fini par usurper le titra de procureur 
du roi, mais il remplissait auprès de 1 echevinage une 
foule de fonctions judiciaires et administratives. Le Mi- 
nistère de l'Instruction publique demande aussi, dans la 
Section d'histoire et dj philologie (programme 1893-91),' 
a de dresser d'une façon aussi complète et aussi exacte 
« que possible, d'après les pièces, d'archives et autres, 
« documents manuscrits et imprimes, la liste des prin- 

• cipaux officiers de l*ordre administratif. Judiciaire et 
« militaire. » M. Pagart d'Hermansart explique qu'il 
répondra à ce vœ i en donnant à la fin do son étude la 
liste des procureurs de vilbe depuis 1302. comme il a 
donné colle des conseillers pensionnaires, et autrefois 
celle des conseillers au Conseil de V Artois réservé et des 
officiers de Vélection d'Artois à Saint-Omer*, Il lit aujour- 
d'hui quelques pages sur l'origine dos procureurs de ville 

^ Tome XX des Mémoires des Antiquaires de la Morinie. 

* Mémoires des Aniiq. de la Morinie, t. XVIII, pp. 469 et 487, 



'et letinr attributions jadiciaircv. L« suite de hr leMiM 
'est rctn-oyéo à une autre séance. 

M. lo président love la séance à 5 h. 1/2. ' 



.! Séance du ZO octobre 1893. 

Présidence de M. BUTOR, président. 

Secrétaire ;?ônéral : M. Pagart d'Hbrmansart. 

Ouverture de la séance : 3 h. 45. Le procés-verbal de 
la séance précédente est adopté sans observation après 
lecture 

Dons, hommages, échanges. 

— Du Ministère de l Instruction publique : 

Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifi- 
ques, section des sciences économiques et sociales, an* 
née I8U2. n* 2. 

Bulletin historique et philologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, année 1893, n* t. 

Bulletin archéologique du Comité des travaux histori- 
ques et scientifiques, année 1893, n' 1. 

— De la part des auteurs. 

Les artistes Artésiens au Salon de 1893 et à rExposUion 
nationale des Beaux- Arts, par M. Félix de Monneccve. 

Lo libre-échange en matière scientifique, par M. le C** 
de Marsy. 

Notice nécrologique sur M. liOuis Dancoisne, par Adol- 
phe de Gardevaoque. 

Les reclus de Toulouse sous la Terreur, registres offi- 
ciels concernant les citoyens emprisonnés comme sus- 
pects, par le ïi''^ K. de Bouglon, 1«' fascicule, les ci- 
toyens reclus à la Visitation. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Abbeville (Somme). Mémoires de la Société d*émulatlon 
d'Abbevile, t. 18"»« do la collection, 4"« îérle, t. Il, 
2"»* partie. 



— 9B6 — 

^Angers (Maine-et*Ix)ire). Mémoires de PAcadéinie des 

sciences et belles-lettres d'Angers, nouvelle période, 

1 1. 1890-1891. 
Amiens (:;'omme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

do Picardie, année 1893, n~ 1-2. 
Belfort (territoire de), bulletin de la Société Belfortaine 

d émulation, n^" 12, 1803. 
Doulofae-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 

d'agriculture do Boulogne, Juin à septembre 1893, t. 

XXIX, n- 4-5. 
Bordeaux (Gironde). Société archéologique de Bordeaux, 

t. XVII, 2«» et 3«n- fascicules, 2»" et 3«» trimestres. 
Dax (Landes). Société do Borda, IS-^ année, 1893, 3'»* 

trimestre. 
Douai (Nord). Mémoires de la Société d'agriculture, 

sciences et arts du département du Nord séant à Douai, 

3«* série, t. III, 1889 90. 
Dunkerque (Nord). Mémoires de la Société dunkerquoise 

pour l'encouragement des sciences, des lettres et des 

arts. 1793, documents oiliclels inédits, introduction par 

le général Jung, 1893. 
Fontainebleau (Seine-et-Marne) Annales de la Société 

historique et archéologique du Gâtinais, 4<»« trimestre 

1892 et l«r trimestre 1893. 
Grenoble (Isère). Bulletin de l'Académie Delphinale, 4»« 

série, t. VI, 189?. 
Le Mans (Sarthe). Bulletin de la Société d'agriculture, 

sciences et arts de la Sarthe, 2«» série, t. XXVI,34">* de 

la collection, années 1893 et 1894, l*' fascicule. 
Nancy (Meurthe et-Moselle). Mémoires de l'Académie de 

Stanislas, 1892, I43"« année, 5"»» série, t. X. 
Nîmes (Gard). Mémoires de l'Académie de Nîmes, 7"* sé- 
rie, t. XIV, année 1891, 
Parts. (Seine). Bulletin et mémoires de la Société natio- 
nale des Antiquaires de France, 6"* série, tome 11, mé* 

moires 1891. 
Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. IV, 4>»* 

série, n<^ 6 7, Juilletaoût 1893. 



• 257 - 

Bulletin de la Société, nationale des Antiquaires de 
Franco. 189 1-9?. 

Reims iMarne). Travaux de TÂcadémie nationale de 
Reims, 9I«« volume, année 1801183.*, 1 1. 

Rennes (Ille-et-Vilaine). Bulletin et mémoires de la So« 
ciété archéologique du département d'ille-et- Vilaine, 
t. XXII. 

Roubaix (Nord). Mémoires do la Société d*cmulation de 
Itoubaix, 2">« série, t. Vil, ^"'•de la collection, 1891- 
92, table des deux premières séries 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d'Aunis, Uulielin de la Société des archives histori- 
ques, I3™« volume, 5"»' livraison, septembre 1893. 

Toulouse (Haute -Garonne). Bulletin de la Société 
archéologique du Midi de la France, série in-8', n* 11. 

Soissons (Aisne). Bulletin de la Société archéologique, 
historique et Fcientifique de Soissons, t. XX, 2™« série, 
1889 90; t. I»', 3 • série. 1801. 

Valence (Drôm ) Bulletin de la Société départementale 
d*archéologlo et de statistique de la Drôme, année 18'>3, 
octobre, I07»* livraison. 

Valenciennes {Kord). Revue agricole, iniustrielle, histo- 
rique et artistique do la Société d*agriculture, sciences 
et arts de Tarrondissement de Valenciennes, 45°^' an* 
née, t. XLIII, n»* 5, 6, 6 bis, 7 et 8, juin. Juillet et an- 
nexe, août et septembre 1893. 

Versailles (Seine-'et-Oise). Mémoires de la Société des 
sciences morales des lettres et des arts de Seine-et- 
. Oise, t. XVil. 

Commission des antiquités et des arts de Seine-ct*0i8e, 
13™« volume. 

— Étrangères : 

Bruxelles (Belgique). Collection de chroniques belges 

inédites : 
1« Cartulaire des comtes du Hainaut, de 1337 à 1436, 

t. V, 1891, par I^pold Devillers. 



-288 - 

2* Correspondance du cardinal de Oranvelie, 1565 à 1583» 
par Charles Piot. 

3^ Cartulaire de Téglise Saint-Lambert de Liège, 1. 1*', 
1893. par 8. Bormans et E. Schoolmeesters. 

i^ Table chronologique des chartes et diplômes Imprimés 
contenant Thistoire do la Belgique, par A. Wauters, 
t. VIIL 

5* Introduction au t. X des relations politiques des Pays- 
Bas et de l'Angleterre sons le règne de Philippe H, par 
feu le B»"» Kervyn de Lettenhovo. 

Bulletins do TAcadémie royale des sciences, des lettres 
et des beaux- arts de Belgique» 61"** année, 4°>* série, 
t XXII, 1891 ; 62«« année, >• série, t. XXIII et XXIV, 
1892. 

Annuaire de l'Académie royale des sciences, des lettres 
et des beaux arts de Belgique, 189?, b^^"" année ; 1893, 
59** année. 

Académie royale de Belgique, compte rendu des séances 
de la Commission royale d'histoire ou recueil de ses 
Bulletins, 5»* série, t 1, 1 A 5"* bulletins ; id. t. II, 1 à 
3-< bulletins ; id. t. III, 1 et 2"« bulletins. 

Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, mé- 
moires, rapports et documents, t. VII, S""* livraison, 
l'>^ Juillet 1893. 

Liège. Bulletin de 1 Institut archéologique liégeois, t. 
XXIII, !'• livraison. 

Gand. Messager des sciences historques, 1893, 2"»* li- 
vraison. 

Nivelles Annales de la Société archéologique de Tarron- 
dissement de Nivelles, t. IV, 4°** livraison. 

N&mur. Annales de la Société archéologique de Namur, 
t. XX, 2»« livraison. 

Table des annales de la Société archéologique de ^a* 
mur, vol. 23 à 28. 

Genève (Suisse). Mémoires et documents publiés par la 
Société d'histoire et d'archéologie de Genève, nouvelle 
série, t. III, 3»* livraison ; t. V, |r* livraison. 



— 259 — 

Bulletin de ta Société d histoire et d'archéologie de 

Genève, 1. 1, 2«» livraison. 
Amsterdam (Hollande). Verslagen en Mededeelingen der 

Koainklijke académie van Wetenschappen, afdeeling 

letterkunde derde reeks negende deel. 
Les notions fondamentales du droit civil, par P. Van 

Bemmelen. 
Le oode du Màhayàna en Chine, son influence sur la vie 

monacale et sur le monde laique.par J.-J. M. de Groot. 
Jaarboek van de Koninklijke akademie van Wetens- 

chappen, Gevestigd te Amsterdam, voor 1892. 
Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 

philosophical Society, held at Philadelphia for pro- 

moting useful knowleiege, vol. XKXI, april, may, juin 

1893 nM4l. 
Quattuor carmina latina. 
Saint'Pétersboxirg (Russie). 1 et 2. 

Abonnement. 

Bulletin de la Société bibliographique et d s publications 
populaires, 21"* année, 8, 9, 10, août à octobre 1893. 

Romania, recueil trimestriel consacré h Tétude des lan* 
gués et des littératures romanes, t. XXII, n®c6, avril. 

Journal des Savants, juillet-août 1893. 

Revue historique, I8"»« année, t. 53"»*, I, sept.-oct. 1893. 

Annuaire de la Société française de numismatique, juil- 
let a octobre 1892. 

Revue de VArt chrétien, 36">» année. 6™« série, 1893, t. IV, 
^"•et 5«» livraisons. 

Bibliothèque de VÉoole des Chartes, t. LIV, 3»* et 4'"« li- 
vraisons, mai-août 1893. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2»* série, t. 38»«, LW!!!"»* de la collection, 
2mi à 4»« livraisons, août à octobre.. — Partie techni- 
que, 2'»» série, t. 19™«, LXIX"» de la collection. 8™« 
à M)™» livraisons, août à octobre. 

Le Secrétaire général croit qu*il est bon d'appeler TiA- 



-• 260 - 

tention sur la brochure envoyée par M. le comte de 
Marsy et intitulée : Le libre échange en matière scienH- 
fique. L*h3norable présilenl de la Société française d*ar- 
chéologie voudrait que les ronsoignoments et documents 
renfermés dans les recueils des diverses sociétés savantes 
ne restassent pas ignorés des érulits do l*un des pays 
auxquels ces travaux se rapportent, et il souhaite qu'il 
soit Tait un dépouillement do chaque recueil périodique 
et que les renseignements extraits soient envoyés dans 
les pays ou aux sociétés qu'ils intéressent particulière* 
ment. Cette centralisation de renseignements épars qui 
seraient ensuite communiqués aux intéressés serait assu- 
rément une chose très utile, mais peut-être difficilement 
réalisable. La Société des Antiquaires de la Morinie a 
compris depuis longtemps l'importance do ces analyses 
et souvent, dans ses réunions, on peut voir des com mu* 
nicatlons faites par ses membres de passages d'ouvrages 
olTerts ou échangés qui peuvent se rattacher k Thistoire . 
locale Elle serait donc très heureuse de voir se créer 
une organisation comme celle que souhaite M. le comte 
do Mafsy. 

Correspondance. 

' {• 4 août. — Accusé de réception par rAcadémio des 
sciences, belles-lettres et arts de Savoie des Chartes de 
Saint'Dertin. 

2« 23 août. — M. le Ministre de Tinstruction publique 
ailnonce qu'il a fait parvenir à leur destination 102 exem- 
plaires du fascicule 2 du t. III des Chartes de St-Bertin 
et 125 exemplaires do la IGS*»* livraison du Bulletin his- 
torique. 

3^ 31 août. * Il informe la Compagnie de l'envoi d*un 
volume des Pays-Bas. 

4« l«r et 14 septembre. — The Smithsonian Institution 
a reçu à Washington les livraisons de 1892 du Bulletin 
historique et du fascicule 2 du t. III des Chartes de Saint- 
Bertin. 

&• l*' septembre. — M. Decroos écrit qu'il est chargé 



— 261 — 

par M. de Raismes, sonaleur du Finistère, do remercier 
la Société qui a bien voulu élira son (ils, M. Yves de 
Raismes, membre lionoraire. tie dernier est en voyage, 
en Asie et n*a pu, par ce motif, transmettre lui-même ses 
remerciements. 

7^ Par une circulaire du 15 septembre, M. le Ministre 
do rinstruction publique annonco que la 18">* session des 
Sociétés doB Beaux-A.rts des départements s'ouvrira en 
1801 on même temps que la réunion des Sociétés sa- 
vantes, le mardi 27 mars, et il donne des explications 
sur la tenue de cette session. 

8** 7 et 14 octobre. ^ Le même Ministre annonce l*en* 
voi de volumes provenant de Belgique ot des Etats-Unis. 

9' M. G.-J. RIbton Turner écrit d'Angleterre à la date 
du 7 octobre, pour demander à M. le Président des ron* 
seignements relatifs au champ do bataille d*Azincourt 
tel qu*il était en 1415, et à l'étendue ainsi: qu*au style de 
larchilecture de Tabbayede Sainte-Bcrthe à Blangy-sur* 
Tornoise, du châtean d'Azincourt, du château de Trame- 
court et de Tubbaye de Ruisseauville. M. Tahbé Bled a 
bien voulu so charger de répondre à ces demandes et 
dexpliquer à M. RIbton Turner qu*il ne reste absolu- 
ment rien du château d'Azincourt. 

tO^ Accusé de réception du 14 octobre par la Société 
américaine do philosophie â Philadolphie, de la IGj»* 
livraison du Bulletin historique. 

Nécrologie. 

M. le Président annonce la mort de M. Lambert- 
Roode, membre titulaire de la Société. Les fonctions que 
M. Lambert-Roode remplissait on qualité de juge au tri- 
bunal de première instance de Saint Omer ne lui ont pas 
permis d'assister fréquemment aux séances do la Com- 
pagnie, où son goût pour rarchéologie l'avaU fait solli- 
citer son admission peu de temps après son arrivée dans 
cotte ville, dés le 7 février 1830. La Société s*assoclo aux 
regrets exprimés par son président. 

La Compagnie a également perdu un membre corres- 



ponéMl daQ8 les Pays-Bas, M. le D*' a Lecmans, ex- 
dlvecteor du Musée royal NèerliBkQdals d^antiquités It 
Leyde, Hiort le 14 octobre dans sa M* anné^. 

Communicationg, 

M. Lôopold Deliste, administrateur général de la Bi- 
bHothôque Nationale, a bien voulu faire hommage au 
Secrétaire général de son opuscule intitulé : FragmerUs 
inédiêê de Vhistoire de Louis X/, pir Thomas Basin, tirés 
d*un manuscrit de Gœttingae, Paris, Impr. Nation. !893. 
Sans apprécier ici ce travail de haute érudition, il parait 
intéressant de signaler un passage rolatifà un manuscrit 
de la Bibllothéqud de Saint-Onter sur lequel le P. D is- 
sart a écrit une importante dissertation dans le Bulletin 
historique de la Société des Antiquaires de la Morinie, 
t. VIII, pp. 286 et 326 (année 1839) : « Un peu après 1 ap- 
a parition du catalogue dos manuscrits d'LJtrccht, le R. 
« P. llenri Dussart signalait dans un manuscrit do la 
« bibliothèque de SjintOner la copie d*un morceau con- 
« sidérable dé i'Uistoire de Thcmis Bosinet prouvait 
« que cette copie avait été faite, vers Tannée ri46, par 
« Jacques Meyer, d*apré3 un exemplaire appartenant à 
« frère Jean Bagard, cor Jelier de Bruges. Les ol^serva- 
« tiens que le P. Dussart a faites sur le ms. 7^0 de la 
« biliothéque de Saint-Omer peuvent se résumer en 
« quelques lignes : 

« Ce manuscrit est un recueil de textes que Thistorio- 
fl graphe Jacques Meyeravait rassembles vers Tannée 1546 
« et dont il a fait usage pour la composition des Annales 
fl Flandriœ. La seconde partie du volumo (fol. 124^200( 
« est remplie par des extraits de rili&toire de Thomas 
« Basin, en tète desquels on lit ce titre : fl Ex libre fratris 
« Joannis Royardi, minoritse Brugonsis, de rébus gestis 
« Caroli Vil, Francorum Reg-s et Ludovici XI, cujus 
« quidam libri author nomen suum non exprimit sed 
« incipit sic : « Carolus septimus illustris Francorum, 
ff etc. 9 La copie ne doit pas être rigoureusement fidèle. 



— 263 — 

« Jacques Meyor parait *en avoir modifié et interpolé 
« certains passages. > 

M. lidinoiit, membre honoraire résidant à Saint-Pol, 
envoie l'intéressante communication qui suit, dont la 
Société décide l'insertion dans le Bulletin historique : 

L'abbé Prévost A l'abbaye de Jumièges (1721). 

La bibliothèque publique de la ville de Saiui-Pol possède un 
très petit nombre de roaDUScrits, dont quelques-uns provien- 
nent du monastère de Saint-Pierre de Jumièges. lis ont été 
donnés, je crois, à cet établissement, par un membre de la 
famille Paioblan, d'Aubigny-en-Artois, qui, selon toute proba- 
bilité, les tenait de dom Pierre Paiublan, religieux bénédictin 
de ta Congrégation de Saint-Maur \ lequel, les ayant eus sans 
doute en sa possession à Tépoque révolutionnaire, a dû les 
rapporter dans sa famille et les y laisser. 

L'un de ces manuscrits, intitulé : Uber 5" Professimes Novi- 
thrum, contient les actes de profession de tous les religieux 
admis dans la Congré/<ation depuis le 27 septembre 1716 jus- 
qu'au 5 mai 1723 « et du 1" août 1739 au 25 février 1763. On y 
remarque notamment (fol. 36 verso) la profession de rabbé Pré- 
vost, d'Hesdin, Timmortel auteur de Manon Lescaut. Cette pièce 
inédite est écrite entièrement de la main du célèbre romancier; . 

* Pierre-Joseph-Florent Painblan fut admis dans la savante 
Congrégation le 9 septembre 1778, à l'âge de 21 ans (Mairicvla 
Monachorum Professorum Congregationis S. Mauri in Gallia, ordinis 
S. P, Benedtcth — bibl. de Saint-Pol. — Dans ce registre sont 
inscrits, entre autres, 26 religieux originaires de Saint*Omer, 
admis du 20 novembre 1751 au 1" août 1787 ; 19 sont natifs 
d'Arras, 19 de Bapaume, 10 de Saint-Pol, 9 d'Hesdin, 5 d'Au- 
bigny-en-Artois, 4 de Béthune, i de Montreuil, etc.). 

* De 1723 à 1739, les professions des novices furent faites au 
monastère de Saint-Wandrille. (Note insérée au fol. 46 recto 
du ms.). 



— 264 — 

quoique rédigée d*aprés la formule admise, elle est intéressante 
et me paraît digne d*ètre portée à la connaissance des érudits : 

(( Ego Frater Antonius Prévost omnibus quorum intererit 
(( fidem facio quod hodiernà die nonà mensis Novembris anni 
(( millesimi septingentesimi vigesimi primi, expletis jam anno 
(( et die a sumptione habitus novitialis in congregatione Sancti 
(( Pétri Gemmeticensis, juxta ejusdem congregationis volens ac 
« lubens nuUoque metu vi aut suasione, coram R. P. D. Fran- 
« cisco L'Héritier Priore, assistent© toto conventu, externo- 
« rumque frequentiâ, intrà sacra Missarum solemnia solemnem 
(( professionem ac expressam emisi sub congregatione Sancti 
(( Mauri, eamque in cbartœ folio manu propriâ scriptam, altà 
« clarâ et distinctâ voce pi-onunciavi in hœc verba. 

(( In nomine Dni nostri Jesu X'^ Amen. 

(( Anno a nativitate ejusdem millésime septingentesimo vige- 
(( simo primo die nonâ Novembris, Ego frater Antonius Prévost 
« ex urbe Hodino Dloôcesis Audomarensis, promitto stabilita- 
« tem et conversionem morum meornm et obedientiam secun- 
« dum regulam Sancti Patris Benedicti coram Deo et sanctis 
« ejus quorum reliquiae habentur in hoc monasterio S^ Pétri 
« Gemmeticensis in diœcesi Rothomagensi sub congregatione 
« Sancti Mauri, ordinis S" Benedicti, in prœsentià R. P. D. 
(( Francisci L'Héritier prioris, et Monachorum ejusdem Menas- 
(( terii, ad cujus rei ûdem hanc scbedulam seu petitionem 
(( manu propriâ scripsi die et anno quibus suprà. 

« Frater Antonius Franc. Prévost +. » 

Lectures. 

Le rapporteur de la Commission des impressions donne 
lecture du rapport qu'il a rédigé sur le Cartulaire de 
Saint' BartMlemy de Béthune présenté par la comte de 
Loisne et dont il a été donné lecture à Tune des séances 
précédentes. La Compagnie approuve les conclusions du 
rapporteur tendantes à Timpression de ce travail lorsque 
M. de Loisne aura bien voulu y faire quelques modlQ- 
cations qui lui seront signalées et substituer la copie de 
quelques pièces à leur analyse. 



— 265 — 

L'ordre du jour appelle ensuite la lecture de M. l'abbé 
Bled. C'est Thistoire du sol de Thérouanne dont l'auteur 
entreprend le récit, montrant ce qu'il était avant la ruine 
de 1553, ce qu'il devint après et ce qu'il demeura jusqu'en 
1789. Il expose d'abord comment s'est constituée dés le 
xip siècle cette Tameuse régale de Thérouanne qui a lou* 
jours valu à l'antique capitale de la Morinie un régime 
d'exception sous la domination des comtes de Flandre 
avant la création du comté d'ArloiSf et mémo lorsque 
plus tard ils unirent à leurs possessions ce nouveau 
comté dont Thérouanne faisait partie. Il montre avec 
quersoiUf dans tous ses traités avec Charles V, Fran- 
çois I**" a toujours excepté Thérouanne et son territoire 
du traitement accepté pour le reste de TArtois. Rappe- 
lant ensuite et coordonnant divers documents déjà con- 
nus et dispersés, il les complète p'ir plusieurd autres 
encore inédits,il raconte les mesures violentes auxquelles 
recourut l'inexorab'e vainqueur pour faire disparaître au 
plus vite jusqu aux vestiges de la malheureuse cité. La 
suite do la lecture sera reprise à une prochaine séance. 

La séance est levée a 5 h. 1/2. 

Le Secrétaire général, 
PAGART d'HERMANSART. 



INTOINE LE PRESTRE DE VAUBIN 

GOUVERNEUR DE BÉTHUNE 
(1704^-1731) 



Parmi les gouverneurs de Béthune, 11 en est un 
dont le nom appartient plus particulièrement à 
rhistoire locale, c'est le défenseur du siège de 1710, 
ringénieur général des places d'Artois dont les 
cendres ont reposé longtemps sous les dalles de 
l'église des Capucins de Béthune, celui que les 
Archives municipales appellent M. Dupulch de 
Vauban etdontrhistoire,gardiennedenos gloires 
nationales, a consacré le nom de du Puy-Vauban; 
le distinguant ainsi de son oncle à la mode de 
Bretagne, le maréchal de Vauban. — Nous avons 
pensé que les faits principaux de la carrière mi- 
litaire de cet ingénieur et de son gouvernement à 
Béthune méritaient d'être retracés. 



Antoine Le Prestre, ch', seigneur du Puy,comte 
de Vauban, Bussent et Boyer, m« de Magny, sgr 
d'Essertine, la Bastie, etc. \ fils de Paul Le Pres- 
tre, ch', sgr de Vauban, Champignolles, etc., major 



Moréri. Dict. hisL, t. VIII, p. 557. 



— 287 - 

de^ la citadelle de Lille, etd'Anaé de aueadin\ 
naquit le 26 octobre 1654 d'une ancienne famille 
du Nivernais, où se trouve la terre de Vauban '. 
Son père était cousin germain de Sébastien! de 
Vauban », l'illustre ingénieur de nos places de 
Flandre et d'Artois, et c'est à cette parenté que 
notre gouverneur dut l'arme spéciale à laquelle il 
se consacra. 

Après avoir débuté dans la cavalerie comme 
lieutenant, le 3 mars 1672, et servi en 1673 au régi- 
ment de Normandie, il est reçu ingénieur à lacfln 
de cette année et fait en 1674 le siège de Bemnçon, 
où il est blessé de deux coups de feu.. Attaché à 
son oncle, le maréchal, il prend part aux sièges 
que dirige celui-ci et visite avec lui les places fortes 
du royaume, travaillant à la construction do^ plus 
de 60 nouvelles places et à la réparation de 80 an- 
ciennes. Nous le trouvons à Douai en 1682 comme 
aide de major de la place ; en 1688 il fait le siège 
de Courtray et y reçoit à la main une arquebusade 
qui l'estropie pour le reste de ses jours ; ce qui 
ne l'empôche pas de servir en 1684 au siège de 
Lunembourg, en 1688 à ceux de Phillpsbourg, de 
Manheim et de Franckendal, en 1691 à ceux de 
Mons et de Namur. En 1693 il est de nouveau 
blessé devant Huy. Nommé brigadier des armées 
du Roi par Brevet du 30 mars 1693 et chevalier de 
l'ordre de Saint-Louis le 10 mai suivant, il assiste 
à la bataille de Nerwinde et au siège de Charleroy, 
est nommé commandeur de Saint-Louis eh 1694, 
se fait blesser une troisième fois au siège d'Ath, 

^ La Chesnaye. DtcL de la noblesse, t. XII, p. 744. 

• €■• de Bazoches-en-Monraad (Nièvre). 

• P. Anselme. Oénéal des maréchaux de France, t. VII, p. 655. 



on 1697, prend part avec le grade de maréchal de 
camp à la défense de Keiserwerth, en 1702, et as- 
siste en 1703 aux prises de Brisach et de Landau '; 
si bien qu'on peut dire que chaque année est mar- 
quée pour lui par de nouveaux faits d'armes et de 
nouvelles blessures. 

Le l*' août 1704, le marquis de Marillac % gou- 
verneur de Béthune, comme tant de gentilshom- 
mes à cette époque, trouvait une mort glorieuse à 
Hochtedt. Ces fonctions honorifiques \ qui, peu* la 
position stratégique de Béthune, pouvaient, à un 
moment donné, devenir importantes pour la dé- 
fense des conquêtes de Louis XIV en Flandre et 
en Artois, furent confiées, comme au plus digne, 
à celui dont nous venons d'indiquer les états de 
service.Nommé à ce poste par lettres de provision 
du 17 septembre 1704, avec le grade de lieutenant- 
général le 26 octobre suivant, M. de Vauban prit 
sans tarder possession de son gouvernement. 
Les Archives municipales relatent avec des détails 
pompeux les honneurs qui lui furent rendus ainsi 
qu'à madame la gouvernante *, lorsque, par un 

^ Cf. Pinard. Chronologie historique mlitaire, t. IV, p. 562 et s. 

» Jean-François Marillac, dit le m" de Marillac, colonel do 
Régiment de Languedoc, gouverneur de L'éthune en 1687, sur 
la démission de Nicolas Bauchart de Champagny. 

' Ces fonctions, surtout honorifiques, étaient en même temps 
rétribuées d'un traitement de 2812 Ib 10 s. par trimestre ou 
11250 Ib par an, ce qui correspondrait aujourd'hui & un traite- 
ment de 53.000 francs. (Archives dépari, C 349 : « État des ap- 
pointements des officiers majors qui ont servi dans les places 

de TArtois pendant les trois derniers mois de Tannée 1768. 

à M. de Vauban, gouverneur de Béthune : 2812 Ib 10 s. ») 

* Il avait épousé à Paris, par contrat du 26 février 1699, 



dimanche de novembre, il Ht, à une heure et demie, 
sa première entrée à Béthune. Le Magistrat en 
corps et en grand costume alla l'attendre à la porte 
d'Arras, Dès qu'il fut descendu de son carrosse, 
le maire, Wallart, le harangua au nom du corps de 
ville et lui présenta les clefs sur un plateau de 
vermeil. De la porte d'Arras, le gouverneur se 
rendit à Phôtel du maire entre une double haie 
d'archers et d'arbalétriers, tandis que le canon 
tonnait du haut des remparts et du château. Sui- 
vant un antique usage,les vins de la ville lui furent 
offerts parles échevins \ et les officiers de la gou- 
vernance *, les chanoines de Saint-Barthélémy *, 
le clergé de Saint-Vaast, les notables de la ville et 
les gentilshommes des villages voisins lui adres- 
sèrent les compliments de bienvenue. Le soir, fes- 
tin à l'hôtel de ville et feu d'artifice sur la grand'- 
place. On était ravi du nouveau gouverneur qui 
avait trouvé pour tout le monde des paroles aima- 
bles et « donné plusieurs marques de son affec- 
tion pour les habitants * ». Aussi lui offrait-on de 
nouveau des vins en 1706*, marque d'honneur 

Ânne-HeDriette de Basseail, dame de Saînt-Sernin et de la Bas- 
lie, fille* de Gabriel de Busseail, ch', ç** de Saint-Seriiin, et de 
Marie-Anne de Court. (La Chesnaye, t. XII, p. 744.) 
' Arch. mm, BB 18 r 409. 

* Les officiers de la goavernance, qui n'avaient rien de com- 
man avec rétat-major du gouverneur, étaient le grand bailli, 
le lieutenant général,* le conseiller et le procureur- du Roi, plus 
le greffier receveur des épices, le commis sermenté et le rece- 
veur des consignations. 

< ' lia collégiale n*avait plus à cette époque que douze cha- 
noines et un prévôt. 

* Arch, munie, loc. cit. 

Ibid. ce 721 . On règlement des échevins, rendu deux années 



— 2td — 

dont les hauts personnages n'étaient ordinaire- 
ment l'objet qu'à leur première entrée. En retour 
il invitait les échevins ù visiter avec lui le rivage, 
lorsqu'il en fit l'inspection au point de vue de la 
défense de la place \ 

(A suivre) 

et» MENCHE DE LOISNE. 



plus tard, Gxe à 24 bouteilles les vins à offrir aax gouverûeurS) 
aux intendants, aux évèques et aux lieutenants généraux. 
' ArcL mm. CC. 694. 



SaUit-Omer, Typ. s. o'boiio!vt» 



BULLETIN 



DE LA 



SOCifiTÉ DES ANTIOUAIRES DE LA lOMNIft 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du ^novembre 1893. 

Présidence de M. BUTOR* 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

La séance s'ouvre à 3 h. 10 par la lecture du procès- 
verbal de la séance précédente qui est adopté sans obser- 
vation. 

M. le Président lit ensuite la liste des dons et hom- 
mages. 

Dons, hommages, échanges. 

— Du Ministère de VInstruction publique : 

Bulletin historique et philologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, année 18d3, n* 2. 

— De la part des auteurs. 

Le maréchal de camp Acary de la Rivière (1743-1829), par 

Aug. Braquehay. 
Noms propres saint-polois (Saint-^Pol, ville, faubourgs et 

banlieue) recueillis par Ed. Edmont. 



- 272 — 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Doulogne-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la So- 
ciété d'agriculture de l'arrondissement de Boulogne- 
sur-mer, octobre 1893, t. XXIX, n* 6. 

Clermonl'Ferrand (Puy-de-Dôme). Mémoires de l'Aca- 
démie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont- 
Ferrand, 2* série, fascicule 5. — Le monastère de la 
Visitation Sainte-Marie de Riom et Jeanne-Charlotte 
de Bréchard, étude historique par Edouard Everat. 

Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, 2? série, 
1892, du n* 1 à 10, de janvier à décembre inclus. 

Le Havre (Seine-Inférieure). Recueil des publications de 
la Société havraise d'études, diverses, 59* année, 1892, 
4* trimestre ; GO' année, 1893, 1*' et 2* trimestres. 

Pètes du centenaire de Casimir Delavigne, les 2, 3 et 4 
avril 1893. 

Le Mans (Sarthe). Revue historique et archéologique du 
Maine, t. XXXIII, année 1893, 1*' semestre. 

Marseille (Bouches-du-Rhône). Répertoire des travaux de 
la Société de statistique de Marseille, t. XL1I1. 

Nantes (Loire-Inférieure). Bulletin delà Société archéolo- 
gique de Nantes et du départem* de la Seine-Inférieure, 
t. XXXII, 1892, 2- semestre. 

Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 
de l'Ouest, 2' trimestre 1893. 

Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, scien- 
ces et arts de Poligny, 34* année, 1893, du n' 4 à 9 et 
d'avril à septembre inclus. 

— Étrangères, 

Vienne (Autriche^ Mittheilungen der kais konigl geo- 
graphischen Geselischaft in Wien 1892. 

Abonnement. 

Journal des Savants, septembre et octobre 1893. 
Bulletin de la Société bibliographique et df*8 publications 

populaires, 24* années XI, novembre 1893. 
Revue historique, 18' année, t. 53, II, nov.-déc. 1893. 



- 273 - 

Romania, recueil trimestriel consacré à Tétude des lan- 
gues et des littératures romanes, t. XXII. 

Polybiblion, revue bibliographique universelle. — Partie 
littéraire, 2* série, t. 38, 68* de la collection, 5* livraison, 
novembre; partie technique, 2* série, 1. 19, 69* de la col- 
lection, ir livraison, novembre. 

Correspondance. 

r Le Ministère de Tlnstruction publique, des Beaux-» 
Arts et des Cultes annonce Tenvoi d'un ouvrage venant 
d'Autriche (1" novembre). 

2' Par lettre du 8 novembre. M, le comte de Loisne re-r 
mercie la Compagnie du bienveillant accueil fait à son 
travail sur le Cartulaire deSaint-Barthèlemy de Déthunei 
Il tiendra compte des observations qui lui ont été Haltes ; 
s'il s'est borné la plupart du temps à une simple analyse 
des textes, cest, écrit-il, qu'il craignait d'étendre sa copie 
etd*abusorde l'hospitalité de la Société; mais comme 
c^était à regret qu'il avait renoncé ainsi à transcrire ceN 
tains textes, il sera heureux de suivre maintenant lamé-r 
thode du savant éditeur des Chartes de Saint-Bertin, 

3* M. le Président de la Société d'agriculture, sciences 
et arts de Valenciennes demande, le 23 novembre, dQ 
nouveaux renseignements^ sur Adam Lottman et la com*^ 
munication du volume dans lequel la Société a parlé de 
ce sculpteur. 11 sera répondu que l'ouvrage de M. L. Des- 
champs de Pas qui mentionne uneoaùvre d'Adam Lottman 
faite pour la cathédrale de Saint-Omer n'existe encore 
qu'à rétat de tiré à part, et qu'il doit commencer le'tome 
XXllI des Mémoires de la Société en cours d'impression. 

Candidature. 

M. Butor expose que M. Charles de Givenchy, qui n'a 
pu assister à la séance. Ta prié de présenter la candida- 
ture de son fils, M. César de Givenchy, en qu|ilitè de 
membre titulaire. Cette deipande étant appuyée .,en çutr^ 
par MM. Charles Legrand et van Keippen, Télection es,t 
renvoyéeà laséancesuiv^njteyCopfçrmémentau réiglement. 



-274 - 

Lectures. 

M. Tabbé Bled reprenant la suite de sa lecture sur le sol 
de Théroùanne, fait remarquer la rapidité avec laquelle 
s'est faite la destruction de l'antique capitale des Morins» 
sans laisser nulle t>art aux démolisseurs le temps de dé- 
foncer le sol, précipitation qui a dû conserver intacts le 
pavement des rues et le dallage des églises. Il montre 
ensuite, surtout à l'aide des papiers d'Etat du cardinal 
Granvelle, quel prix attachaient les souverains de France 
et d'Espagne à la possession de ce sol ravagé et dénudé, 
puisqu'il a fait, avec Calais, le principal objet des délibé- 
rations des plénipotentiaires des deux puissances. Ces 
délibérations commencées à Marcq en Calaisis en mai 1555, 
reprises à Lille en septembre 1558, continuées à Cercamp 
le 15 octobre 1558, ne furent définitivement conclues à 
Câteau-Cambrésis que le 3 avril 1559. Les offres considé- 
rables que faisait Philippe II en compensation de la ruine 
de Théroùanne prouvent de quelle importance le roi de 
France estimait cette place. Au cours de cet exposé, l'au- 
teur signale une particularité qu'aucun historien n'avait 
jusqu'à ce jour remarquée : c'est l'antique malédiction qui 
pesait sur Théroùanne et dont les plénipotentiaires espa- 
gnols prétendaient s'autoriser pour justifier la démolition 
de Cette ville. 

Le Secrétaire général a la parole à son tour. II lit un 
second chapitre de sa notice sur les Procureurs de ville à 
Saint'Omer. Il traite du rôle de ce magistrat faisant 
fonction de partie publique à l'échevinage, et il démontre 
qu'en matière civile il était parvenu en effet à exercer 
réellement ces fonctions, mais qu'en matière criminelle 
il n'était pas ministère public. Il n était pas davantage 
officier fiscal. M. Pagart d'Hermansart indique en même 
temps les différents titres portés par le procureur de ville 
à diverses époques : procureur général jusqu'en 1596, puis 
procureur de ville, procureur syndic, procureur syndic et 
jurisdictionnely procureur du roi syndic. 



— 275 — 

A la fin de la séance, M. le Président expose que l'an 
dernier déjà, avant les élections de 1892, il avait informé 
la Société que son âge et la fatigue lui rendaient difficiles 
les fonctions de président et qu'il souhaitait vivement 
d'être remplacé. La Compagnie n'avait pas cru devoir se 
conformer à ce désir, il la remercie d'avoir prolongé sa 
présidence aussi longtemps, mais aigourd'hui qu'il n'est 
plus rééligible, il insiste de nouveau pour qu'on veuille 
bien ne lui confier aucune dignité qui deviendrait trop 
lourde pour lui. 



Séance du 23 décembre 1893. 

Président : M. Charles de GIVENCHY. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

La séance ouvre à 3 h. 15. M. Butor, président, étant 
absent, M. Tabbé Bled, vice-président, étant allé à le 
Vaast assister à la levée des scellés apposés sur les pa- 
piers de M. le chanoine Haigneré,M. Charles de Givenchy, 
comme doyen d'âge, est appelé à la présidence. 

11 donne la parole au Secrétaire général pour lire le 
procès- verbal delà séance précédente qui est adopté sans 
observation. 

La liste des dons et hommages remise au Président est 
ensuite lue par lui. 

Dons, hommages, échanges. 

— Du Ministère de l'Instruction publique : 

Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques 
et scientifique, année 1892, n* 4. 

— De la part des Sociétés savantes fr^^nçaises : 

Aix (Bouches-du-Rhône). Mémoires de l'Académie des 
sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix,t. XV, 
1893. 

Séance publique de l'Académie du 10 juin 1893. 

i4 miens (Somme). Société des Antiquaires de Picardie. 
Fondation, E. Soyez. — La Picardie historique et mo- 



— 276 ^ 

numeotale. — Amiens, cathédrale. ~ Notice par Edm. 
Soyez, 1893. 

Album archéologique, 6", r et 8* fascicules, 1891, 1892, 93. 

Boulognesur-Mer (Pasnle Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture de l'arrondissement de Boulogne, novem- 
bre 1893, 1. XXIX, n- 7. 

Brest (Finistère). Bulletin de la Société académique de 
Brest, 2* série, t. XVIII, 1893. 

Chambénj (Savoie). Académie des sciences, belles-lettres 
et arts de Savoie. — Documents, vol. VII. Anciennes 
corporations des arts et métiers de Chambéry. — Per- 
sonnel ecclésiastique du diocèse de Chambéry de 1802 
à 1893, par L. Morand. 

Lille (Nord). Annales du Comité flamand de France, t XX, 
1892. 

Moulins (Allier). Société d*émulation et des beaux-arts 
du Bourbonnais. Bulletin-Revue, 2* et 3* livraisons, 
avril et juillet 1893. 

Paris (Seine). Mémoires de la Société d anthropologie de 
Paris, t. I, 3* série, 1" fascicule. 

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. IV, 4' 
série) n" 8, 9 et 10, 15 septembre, octobre et novembre. 

Poitiers (Vienne). Société des Antiquaires de l'Ouest. 
Bulletin du 3" trimestre 1893. 

Romaus (Drôme). Bulletin d'histoire ecclésiastique et 
d'archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, 
Grenoble et Viviers, année 1393, 6 livrais, du n* 83 à 89. 

Livraison supplémentaire de Tannée 1893. 

Rouen (Seine- Inférieure). Bulletin de la Commission des 
antiquités de la Seine-Inférieure, t. IX, 2" livrais. 1893. 

Valenciennes iNord). Société d'agriculture, sciences et 
arts de l'arrondissement de Valenciennes, 45' année, 
t. 43, n- 9, octobre 18;». 

^ De fa part des Sociétés satanées étrangères : 
Belgique. 

Anvers, Académie d'archéologie de Belgique. Bulletin, 

' 4* série des Annales, 2* partie, XIII, 1893. 



— 277 — 

Bruxelles» Analecta BollaDdiana, tomus XII, fasc. 4J893. 

Gand. Messager des sciences historiques, 3* livrais. 1893. 

Nivelles. Annales de la Société archéologique de l'arron- 
dissement de Nivelles, t. IV, P partie et 5* livrais. 1893. 
Hollande. 

Leyde (Leiden). Handelingen en Mededeelingen van de 
Maatschappij den Nederlandsche letterkunde te Leiden, 
over net jaar 1892-1893. 

Levensberichten den Afgestorven Medeleden van de 
Maatschappij den Nederlandsche letterkunde, 1893. 
Norwège. 

Slockholm. Kongl. Vitterhets historié och antiquitets 
Akademiens Manadsblad, 1891. 

Abonnementt. 

Bulletin de la Société bibliographique, 24' année, XII, 
décembre 1893. 

Correspondance. 

r Par lettre du 12 décembre, le Ministre de Tlnstruc- 
tion publique annonce l'envoi d*un ouvrage venant des^ 
Pays-Bas. 

2* Le Ministre de Tlnstruction publique complète par 
une nouvelle circulaire du 16 décembre celle du 17 juin 
précédent. Il explique notamment qu'au Congrès des So- 
ciétés savantes qui doit avoir lieu du 27 au 30 mars 1894, 
les travaux étrangers au programme, mais approuvés par 
la Société savante dont ils émanent,pourront être exposés 
au Congrès. 11 invite le président à lui désigner avant le 
1 ' février les délégués inscrits comme devant participer 
aux séances du Congrès, et à lui faire connaître leurs 
communications écrites ou verbales. Mais il est indispen- 
sable qu'il reçoive avant cette date le manuscrit des com- 
munications proposées par MM. les Délégués, afin que 
les membres du Comité puissent établir un ordre du jour. 
La circulaire mentionne ensuite les conditions ordinaires 
pour la délivrance des billets de chemin de fer. 

3* Le Secrétaire général de la Société des Antiquaires 



— 278 — 

de Picardie aecoee réo^iCioo des ooTrages eovojés sur 
sa demande et y joint ses remerdements (19 déœmbreh 

4* IL le Ministre de llnstmction pabliqae^par lettre da 
21 décembre, annonce que la Section d'Histoire et de 
Philologie da Comité des Travaux historiques et scienti- 
fiques a émis un avis favorable à la demande de subven- 
tion formée par la Société des Antiquaires de la Morinie 
au mois de juin dernier relativement à la publication des 
Chartes de Saint-Bertin. Mats il est indispensable que 
Taflaire soit encore examinée par la Commission centrale 
qui tiendra une séance vers la fin de janvier. 

5* Par lettre du 21 décembre, datée de Paris et adressée 
au Secrétaire général, M. Butor, président, donne sa 
démission de membre titulaire. La Compagnie savait que 
M. Butor ne désirait pas être réélu comme membre du 
Bureau, et il en avait donné les motifs à la séance précé- 
dente, mais elle ne s*attendait point à ce qu'il se retirât 
complètement de la Société. Elle regrette vivement cette 
détermination sur laquelle elle espère que son ancien pré- 
sident voudra bien revenir. Un membre expose que la 
place de M. Butor est toujours parmi ses collègues qui 
n'oublient pas sa présidence ; elle s*est signalée en effet 
par quelques bonnes mesures, notamment celle qui a 
permis de donner aux auteurs de communications un 
tirage à part gratuit de trente exemplaires. 

Élection d'un membre titulaire. 

L'ordre du jour appelle Télection de M. César de Gi- 
vencby, présenté à la dernière séance. Un scrutin est ou- 
vert, il en résulte que M. de Givenchy a réuni l'unanimité 
des voiXy et il est proclamé membre titulaire par M. le 
Président. 

Élections annuelles du Bureau. 

H est ensuite procédé à Télection d*un Président et du 
vice-Président, conformément aux articles 28 et 29 du 
règlement. M. l'abbé Bled est élu Président par 18 voix 
et M. Revillion vice-Président par 16 voix, sur 19 votants. 



— 279 — 
Il sera donné avisàces deux membresde leur nomination. 



NÉCROLOGIE 
Mort de M* le chanoine Haig^eré 

MEMBRE CORRESPONDANT 

Le Secrétaire général a le regret de faire part à la 
Compagnie de la mort de M. le chanoine Haigneré, curé 
de le Waast, officier de Tlnstruction publique, lauréat de 
rinstitut, correspondant du Ministère de Tinstruction pu- 
blique, ancien archiviste de la ville de Boulogne, secré- 
taire perpétuel de la Société académique de cette ville, et 
membre de plusieurs Sociétés savantes. 

M. Tabbé Haigneré était aussi membre correspondant 
de la Société des Antiquaires de la Morinie depuis de 
longues années ; sa mort est une perte qui sera profon- 
dément ressentie par tous ses collègues, et votre vice- 
Président s'est fait un devoir de vous représenter à ses 
obsèques et de porter sur sa tombe nos hommages attris- 
tés. Il fut en effet un collaborateur très actif ; dès 1851 il 
fournissait des communications soit à nos Mémoires soit 
kno^ Bulletins, et pendant plus de quarante ans, il n*a 
cessé d'y écrire, nous donnant môme d'année en année de 
plus nombreuses études que j'énumérerai tout à Theure. 

C'est à d'autres qu'à nous qu'il appartient de faire res- 
sortir la haute valeur de ses travaux qu'il a donnés dans 
tous les recueils de la région \ et qui l'avaient classé parmi 

' Voir les discours prononcés sur la tombe de M. l'abbé Hai- 
gneré par M. Farjon, président de la Société académique de 
Boulogne, et M. Loriquet, archiviste du département (Express 
de Boulogne du 21 décembre 1893), et une notice de M- Vail- 
lant, membre de la Société académique, parne dans VImpartial 
de Boulogne le 16 décembre 1893. Le discours dans lequel 
M. Loriquet a retracé dans des termes remplis d'une émotion 



— 280 — 

les savants les plus distingués de notre temps; ses con- 
naissances variées en archéologie et en histoire, la sûreté 
de sa critique le rangeaient parmi les maîtres de la science 
diplomatique, et nous étions fiers et honorés de compter 
un tel homme parmi nos collaborateurs. 

C'était un travailleur infatigable, mais son œuvre capi- 
tale, et celle qui en môme temps nous intéresse le plus, 
c'est la publication des Chartes de Saint-Bertin d'après 
le grand Cartulaire manuscrit de Dom Dewitte, dernier 
archiviste du monastère. 

M. L. Deschamps de Pas avait déjà signalé dès 1856 au 
Ministère cet important recueil, et avait demandé au gou- 
vernement de vouloir bien le faire figurer dans la collec- 
tion des Documents inédits sur l'histoire de France \ Mais 
M. le Ministre n'avait pu donner ni une réponse favorable 
ni môme une espérance pour rédition d'un manuscrit 
qui semblait trop considérable. Aussi quelques années 
après que vous eûtes confié à M. L. Deschamps de Pas la 
direction de votre Compagnie avec le titre de secrétaire 
général, il saisit avec empressement une occasion propice 
pour arriver à la réalisation de son désir, et il vous pro- 
posa de confier cette vaste publication à M. l'abbé Hai- 
gneré,qui avait déjà fait preuve d'une si grande érudition 
en éditant tant de chartes et de documents anciens. 

Votre savant collaborateur n'hésita pas, il accepta avec 
joie ce nouveau labeur qui devait l'occuper pendant plu- 
sieurs années, et il était heureux de l'entreprendre pour 
« la Société des Antiquaires de la Morinie, écrivit-il plus 
» tard% la première qui, pour mes débuts de jeunesse, 

communicative la vie et les travaux de M. le chanoine Uaigneré 
a été tiré à part (Société Typo-Litho, Boulogne-sur-Mer, 1893, 
)n-18, 16 p.). 

^ Comité des travaux historiques. Bulletin du Comité de la langue 
et de V histoire. Section d'histoire, 19 mai 185(5 ; et Hevue des So- 
ciétés savantes, 1863, 3' série, t. I, p. 290. 

* P. XXV de rintroductloD au tome I. 



— 281 — 

» m'ait fait rhonneur de m'admettre sur la liste de ses 
» membres correspondants ». 

Il s'agissait de dépouiller dix volumes in-f du grand 
Cartulaire manuscrit de la bibliothèque municipale de 
Saint-Omer* formant un effectif de 6384 pages et com- 
prenant environ 4000 titres depuis la charte de fondation 
de 648 jusqu'à la fin du xvr siècle. C'était pour l'histoire 
générale de la France et, en particulier, pour les annales 
de nos provinces du Nord, une mine inépuisable de ren- 
seignements dont la plus grande partie, faute de publi- 
cité, était restée inconnue de tous les travailleurs. Il y 
avait là des diplômes pontificaux, des privilèges émanés 
de Tautoritô royale, des chartes nombreuses des comtes 
de Flandre et des autres grands feudataires de la région. 

Et tous ces titres de la gi'ande abbaye Bénédictine con- 
cernaient l'histoire politique et civile, religieuse, munie!- 
paIe,agricole, économique du Pas-de-Calais, de la Somme, 
de l'Aisne et du Nord, sans parler de quarante communes 
de Belgique et de plusieurs localités des environs de Colo- 
gne et de Cantorbéry. 

C'était là une entreprise ardue qui demandait de la part 
de son auteur un vaste ensemble de connaissances spé- 
ciales pour résoudre les nombreuses questions d'ono- 
mastie, de topographie et de diplomatique qui naissent à 
chaque pas dans les travaux do ce genre. 

Je n'ai pas besoin de vous dire que M. l'abbé Haigneré 
a réussi à vaincre les difficultés de Tentreprise. Vous avez 
tous présente encore à la mémoire Timpression profonde 
que vous avez ressentie à la lecture de la magistrale 
introduction placée à la tête du premier volume, impres- 
sion qui s'est propagée rapidement dans le monde savant 
en France et à l'étranger. N'est-ce pas lui-môme qu'il y 
peint en nous montrant le célèbre archiviste de St-Bertin 

* Il y a en réalité onze volumes, mais le dernier offre beau- 
coup moins d'intérêt que les autres. Une partie du dixième 
même ne contient que des sommaires et des notes. 



Dom Dewitte recueillant et classant avec tant (Tamoar et 
dejoîeleeprédeoses chartes de son monastère*? 

Ponr M. l'abbé Haigneré aossi, ce traTail était une 
jouissance, « one fête ininterrompoe, un régal perpétoel ». 
Son œavre fat haatement appréciée et reçut les enoonra- 
gemems les plus flatteurs; et le même succès accueillit à 
leor apparition chacun des fasdcnles attendus avec une 
ardente coriosité *. 

D*aatre part, la Société des Antiquaires de la Morinie 
n'avait pas marchandé au savant son concours généreux, 
et elle avait assumé une lourde responsabilité pécuniaire 
puisque, même en tirant à petit nombre d'exemplaires, 
elle ne pouvait estimer la dépense à moins de 28Û0 ou 
3000 francs par chaque volume. Elle épuisa d'abord toutes 
ses ressources % en attendant qu'elle ait pu obtenir du 
Ministère de l'instruction publique et du Conseil général 
de libérales subventions qui l'aidèrent puissamment et 
lui permirent d'éditer un fascicule chaque année sans 
interruption depuis 1886. 

Aujourd'hui l'ouvrage comprend deux volumes et deux 
fascicules contenant ensemble 1-^ pages, l'analyse ou 
la reproduction de 2895 titres depuis l'an 648 jusqu'à 1447. 
Le recueil se trouve ainsi conduit jusqu'à la fin du t. VI 
du grand Cartulaire manuscrit. 

L'auteur pensait que, pour achever son œuvre, il fallait 
encore éditer un fascicule afin de terminer le tome III, et 
un quatrième volume qui aurait compris sans doute aussi 
trois fascicules. 

* lotrodactioD, p. xi. 

* Les deax premiers volumes des Chartes de Saint-Bertio 
sont cotés aujoard'bai cinquante francs. 

' En rendant compte da tome I dans VlndependarU du Pas- 
de-Calais da 13 mars 1886, le secrétaire général écrivait : u II 
» est à craindre malbeareasement que le manque de fonds ne 
» permette pas de continuer de suite la publication, et que le 
n 2* volume ne tarde à paraître ». 11 n'y eut cependant aucun 
retard. 



L'œuvre est restée inachevée. C'était là la crainte du vé* 
nérable savant qui, faisant cependant Tan dernier un 
effort de travail, proposait en mars à votre Compa- 
gnie de lui permettre de fournir un fascicule plus consi- 
dérable que les précédents. II nous écrivait alors : « Et 
j> puis, vous le dirai-je, à mon âge et avec mes infirmi- 
» tés, on ne peut attendre, et en procrastinant(sic), nous 
» courrons le risque de laisser l'ouvrage en plan. » Et 
docile à ces conseils, la Société, n*hésitant point à faire 
un nouveau sacrifice pécuniaire, faisait imprimer 29 feuil- 
les au lieu de 15, et signalait à M. le Préfet, dans son 
rapport annuel de 1893, le grand pas qui venait d'être fait 
pour l'avancement ^e cette publication. 

Les prévisions du grand travailleur fatigué n*élaient, 
hélas ! que trop sérieuses. Il ne put dire ce qu'il avait écrit 
de Dom Dewitte : ic Exegi monumentum * ». Obligé d'in- 
terrompre ses travaux dès le mois de juillet,il était enlevé 
quelques mois après à ses laborieuses études, à l'estime 
de ses collègues, à l'attention et à la considération du 
monde savant, et il s'éteignait doucement le mercredi 
13 décembre, dans son trop modeste presbytère de le 
Waast, à Tâge de 68 ans 11 mois et 25 jours. Ni le promo- 
teur ni l'auteur des Chartes de Saint-Bertin ne devaient 
voir la fin de la publication dont ils avaient tant souhaité 
tous deux l'achèvement ! 

Une plume indépendante ' a expliqué sur la tombe de 
M. l'abbé Haigneré les tristesses que certaines polémiques 
apportèrent aux dernières années de sa vie, et a montré 
comment les déceptions et les déboires avaient eu raison 
de sa robuste constitution. Si la vie lui eût été moins dure, 
si l'on eût fait à son existence, quand il en était temps 
encore, quelques conditions bien modestes de sécurité, il 
eût peut-être vécu assez pour avoir le temps d'achever le 
Cartulaire de Saint-Bertin. La politique a de ces rigueurs, 



^ Introduction, p. xvii. 
* M. YaillaDt, déjà cité. 



-!»4 - 

eHe atteint les hommes et les brise parfois, mais elle ne 
peut rien du moins sur certains ouvrages semblables au 
monumenium œre perermius du poète; il appartient à 
votre Compagnie de terminer les Chartes de Saint-Bertin, 
vous n'y faillirez pas, et ce n'est pas, grâce à Dieu, la 
politique, étrangère à nos réunions et à nos paisibles tra- 
vaux, qui pourra interrompre l'œuvre à achever. 

Voici les titres des 24 articles que notre regretté collè- 
gue a écrit dans nos Mémoires et notre Bulletin histo- 
rique, en dehors de communications plus succinctes. 

1' Dans nos Mémoires. 

T. IX, 2* partie, p. 1. — Notice historique et archéologique 
sur le prieuré de Saint-Michel du Waast, ordre de 
Clugny, diocèse de Boulogne, xn' siècle. 

T. XIX, p. 487. — Documents pour servir à Thistoire de 
l'ancienne Morinie. État récapitulatif des décima- 
teurs dans les paroisses du diocèse de Boulogne 
qui font partie des arrondissements de Béthune, de 
Montreuil. de Saint-Omer et de St-Pol, xiii* siècle. 

T. XX, p. 307. — Le testament de Messire Jehan de Wys- 
soc, doyen de Thérouanne. — Testament de Mon- 
sieur Maître Jehan de Wyssoc, en son vivant doyen 
et chanoine de Thérouanne, 1456. 

T. XXII, p. 63. — I^ prieuré d'Œuf, son histoire et se? 
chartes. 
2" Dans le Bulletin historique. 

T. I*', p. 50. — Restauration du chœur de l'église de Belle'. 
Autel votif gallo-romain. 

— p. 51. — Ceinture funèbre aux armes d'Estrées, dans 

l'église de Parenty en 1628. 

— 2* partie, p. 87. — Testament de Jehan de Lannoy, 

escuier,sieurde Hardecourties Thérouanne en 1532. 

T. II, p. 252. — Compte et recepte de la fabrique de Notre- 
Dame de Thérouenne, 1533. 

T. VI, p. 127. — Charte communale de la ville de Desvres. 



— p. 451/ — Le port Epathiacu», lettre à M. Deôôbàmps 

de Pas. 
T. VII, p. 373. — Deux actes inédits de rofïîcialité de Thé^ 
rouanne, xin* siècle. 

— p. 519. — Deux chartes inédites des évoques de Thé- 

rouanne, 1143 et 1179. 

— p. 682. - Donation à Tabbaye d'Arrouaise d'une terre 

située à Vielle-Eglise, par la reine Mathilde, com- 
tesse de Boulogne, 1141. 
T. VIII, p. 35. — Charte communale ou loi de justice et 
de coutume édictée en faveur des habitants de Ca- 
lais par Gérard de Gueldres, comte de Boulogne, 
en 1181. 

— p. 106. — Establis de Picardie, 1372-1373. 

— p. 177. — Document inédit concernant Tincendie et la 

ruine de la ville de Desvres à la lin de Tannée 1552. 

— p. 205. — Les chartes de Renty. Une bulle inédite du 

pape Alexandre III, du 20 août 1177, et pièces sup- 
plémentaires, 1121-1295. 

— p. 275. — Chartes inédites concernant cinq villages 

du Comté de Saint-Pol, 1131-1132, 1132, 1137, 1191- 
1192, 1192. 

— p. 403. — Une bulle de Clément VU, pape d^Avignon, 

du 18 mai 1386. 

— p. 445. — Les possessions de Tabbaye de St-Riquier 

dans lepagus de Thérouanne au ix* siècle. 

— p. 471. — Les hommes illustres du diocèse de Thé- 

rouanne qui, après la première Croisade, furent au 
nombre des dignitaires de la Terre-Sainte. 

— p. 514. — Pax Morinensis ou la paix de Dieu dans le 

diocèse de Thérouanne. 

— p. 699. — Ordonnance de l'évêque de Thérouanne, 

Pierre de Doy, portant séparation des paroisses de 
Bourthes et de Wicquinghen, 1246 et 1247. 
T. IX, p. 153. — Les derniers religieux de Tabbaye de 
Saint-Bertin. 

La Compagnie s*associe aux sentiments exprimés par 



-286 - 

80Q Secrétaire général, elle déplore TÎTemeot la perte du 
savant dont les travaux jetaient sur eUe-méme on réel 
éclat, et elle r^rette an coUègae avec lequel, depuis plus 
de 40 ans, elle entretenait de cordiales relations. 

Commission du BuUetin, 

La Commission du Bulletin est ensuite renouvelée par 
un scrutin qui désigne : 

MM. de Noircarme, Herbout, Gaston Duquenoy,Charles 
et Justin de Pas. 

La séance est levée à 4 h. 40 et la Commission nouvel- 
lement élue du Bulletin entre en séance. 

Le Secrètaire-général, 
PAGAHT D'flERMANSART. 



- 287 - 

Rapports sur les ouvrages offerts 

Ia Uvre d'or de la nmmcipaUti amiemise, par M. A^ Janyier.Paris, 
Picard, 1893, in-8*, ix-459 pages. 

M. Janvier rappelle que TérectioD de la commane d'Âmi^ia 
date de 1117, mais que la charte coDstitutive et ses diverses 
confirmations n'apprennent rien sur le mode de nomination et 
les conditions (réligibiliié du maire et des échevins, ce n*eeiL 
que dans les anciens usages d* Amiens rédigés dans le cours dir 
xni* siècle, qu'on trouve ces renseignements. Le mandat muni- 
cipal était obligatoire, le maire avait à la fois Tadmlnistration, 
la justice, la police et le commandement de la cité. 

L'auteur a pensé qu* « un chapitre intéressant de notre his- 
)) toire nationale serait certainement celui qui aurait trait à 
» l'origine, au développement et à Tinfluence, durant plusieurs 
» siècles, des grandes familles de la bourgeoisie française », 
c'est dans cet esprit qu'il a recueilli les noms des maires et 
échevins d'Amiens. D'autres villes, notamment dans le dépar-* 
ment de la Somme, Âbbeville et Péronne, ont publié aussi les 
noms de leurs anciens administrateurs. 

Les listes données par M. Janvier jusqu'en 1345 sont établie^ 
d'après divers documents et chartes peu nombreux et contiei}- 
nent nécessairement quelques lacunes ; mais à dater de cette 
époque, les noms des magistrats municipaux ont pu être donnés 
par année. 

C'est là un intéressant travail pour l'histoire locale et généa- 
logique; l'histoire générale a aussi beaucoup à apprendre 
parmi ces renseignements généraux placés au milieu des listes, 
qui indiquent les modifîcations diverses qu'a subies l'institution 
de l'échevinage dans une ville aussi importante qu'Amiens. 
Peut-être aurait-on pu désirer seulement qu'un résumé de ces 
divers changements eût pu être placé en tête de l'ouvrage. 

Noms propres savnt-polois (Samt-Pol, ville, faubourgs et hanheue), 
recueillis par Ed. Edmont. Neufchâteau, 1890. 1 vol. in-8 de 
81 pages. 

M. Edmont, membre honoraire de la Société des Antiquaires 



de U MorirtB^ %Wkl«piMfe ëlà 9nHidhMiÉraiTrage ptra 
ai 1890 dans la Betme despélois gaih-rommis. Le patois de Saint- 
9»l*»i]ie gi a uJU mMsMnaraMMaÉMbvewptaBvdè flhiiif- 
Oiiier, da moÎDs arec celai qvest parié dans les focalHésdé- 
fildant de l'andeDiie provinee d'Artois. On trooTera dans cet 
ewnge l'explication d'an grand nombre de sobriquets, de dio- 
tona, de lieax-dits,de mots spéciaoi dont lespajsans se servent 
leoroellemMit et qaî, poor des étrangers, resteraient toajoars 
ÎBcemprébensibles si M. Edmont n'avait pris la peine de les 
ejq>liqaer. Certains articles intéressent particaliérement notre 
D^îon. 

La lecture de cette étude an premier abord n'est pas des plus 
iaciles, M. Edmont a cm bien faire en se serrant de signes 
eonventionnels et de nouvelles lettres pour indiquer la pronon- 
eiatiitt de cette langue pittoresque, de sorte que l'on serait 
preeqoe t^téde la considérer comme une langue spéciale, tant 
elle s'éearte par moments de celle qui est enseignée dans les 
établissements nniveraitairet. 

Bnfin^ si l'on reconnaît qne parfois 

« le latin dans 1m- mot» br«Te Ilionnètoté », 

on peut souvent en dire autant du patois de la région de 
Saint-Pol. 



MTOME LE PRESTItE DE mUi 

GOUVERNEUR DE BÉTHUNE 



(1704-1731) 

(Suite) 



II 

La reprise des hostilités força Vaubati à s'ab- 
senter momentanément de son gouvernement. 
Lorsqu'en 1708 Lille est menacée par les afïttées 
des alliés, il est désigné pour diriger comme ingé- 
nieur en chet les travaux de la défense et prend sa 
part des lauriers que recueille le maréchal de 
Bouflflers dans ce siège mémorable *. Il est lui- 
même bientôt attaqué dons Béthune. Après la 
bataille de Malplaquet (11 sept. 1709), dont l'issue 
fatale est due à une blessure du maréchal de Vil- 
lars *, les alliés, commandés par le prince Eugène 

^ Lille foi investie le 12 août 1708 par des forces considé* 
râbles. Lorsque plusieurs brèches au corps de place eurent 
rendu la continuation de la défense impossible, Boufflers obtînt 
pour la yille une capitulation honorable, s'enferma avec la 
garnison datis la citadelle et ne se rendit que le 11 décembre^ 
sur Tordre du Roi. 

* Le maréchal de Villars, en chargeant à la tété de son infan- 
terie, eut le genou fracatssé par un coup de feu. On dut l'em- 
porter du champ de bataille. (Mémoires de Villars. JÊ/itôm de 
m»«ArF(>^;t.m, p.72.) 



- 2Ô0 — 

et le duc de Marlborough , s'avancent sur la 
Scarpe, prennent Douai le 26 juin 1710, marchent 
sur Aubignylel2 juillet, et placent, le 14, leur droite 
h l'abbaye du Mont-Saint-Éloy et leur gauche près 
de Saint-Pol \ A défaut d'Arrasdont les généraux 
ennemis avaient eu dessein de s'emparer, mais 
dont Villars avait lait échouer les projets •, on se 
rabattit sur Béthune qui fut investie le 15 % par 
trente bataillons et vingt escadrons, sous les 
ordres des généraux Fagel* et de Schulembourg*. 
Du Puy-Vauban n'avait à leur opposer que 3210 
hommes d'infanterie, 2 escadrons de cavalerie, 
11 mineurs et 9 canonniers \ Il se prépara néan- 
moins à une énergique résistance. 

* laid., t. m, p. 98. 

* M aavîlloD. Hist. du Prince Eugètie, p. 127. 

' Le cadre de cette notice ne noos permet pas de nous étendre 
sur le siège de Béthune. Nous nous occuperons surtout de ce 
qui a traita Vauban, renvoyant pour les détails aux auteurs qui 
ont raconté ce siège. V. Journal de des Forges, ingénieur en chef 
de la place, Béthune, 1874. — Mémorial abrégé de ce qui s'est 
passé de plus remarquable au siège de Béthune du 15 juillet au 29 
août 171Q, par le greffier de Lautel (A. M. BB 19). — Cornet, 
Hist. de Bétkune, t. I, p. 243 et suiv. — Lequien, Not. sttr Bé- 
thune. — Béghin, Hist, de Béthune, p. 97 à 104. — Nous avons 
oherché à mettre en œuvre quelques documents étrangers à 
ces auteurs. 

' François-Nicolas Pagel, général d*infanterie au service des 
États-généraux de Hollande, puis feldmaréchal de l'empereur 
d'Autriche, s'était distingué à Ramillies et à Malplaquet. 

* J. Mathieu, c** de Schulembourg, général allemand, né en 
1661 prés de Magdebourg, entra en 1708 au service des États 
de Hollande, s'empara de Tournai et fut un des vainqueurs de 
Malplaquet. 

* Relation de la campagne de 1710. La Haye, Hussen» 1711. 



— 291 - 

Dès que le siège avait paru probable, il avait 
réuni dans la place, au moyen de véritables réqui-- 
sitions \ des approvisionnements pour plusieurs 
mois. C'est ainsi que 33 bœufs ou vaches, sont, à 
peine d'exécution militaire, réquisitionnés à Les- 
trem, 2 à Werquin, 9 à Rebreuve et Baratfle, 2i2 
à Richebourg-PAvoué, et d'autres, en proportion 
des ressources, dans des villages môme assez 
éloignés de Béthune, tels que Ham, Gonnehem, 
Gosnay, Guarbecque, Essars, Diéval, Cuinchy, 

^ C'est à tort que l*on croit commanément que le système des 
réquisitions est dMoventioD allemande, et que c'est la loi de 1877 
qui l'a appliqué en France pour la première fois. Déjà, après 
Malplaquet, Villars donne ordre aux habitants de Vieille-Cha^ 
pelle et de Lestrem d'amener des vaches « propres à tuer pour 
la subsistance des troupes du Roi. » Parmi des ordres analo- 
gues on trouve, aux Archives départementales, plusieurs billets 
signés à Béthune par M. de Vauban, tous du modèle suivant : 
(( De la part du Roy, il est ordonné aux habitants du village de Rs' 
breuve et de Baraffle d'amener en cette ville, en dedans demain soir 
trois de ce mois de juillet, neufbmtfs, vaches ou génisses bonnes et 
grasses, à peine d'exécution militaire la plus rigoureuse et desquelles 
ils en seront payez suivant ^estimation quy en sera faite cy après, » 

Fait à Béthune le deux de juillet mil sept cent dix. 

Vaoban. 

Autres ordres semblables adressés à la môme date aux habi- 
tants de Werquin, pour 5 bœufs, et de Richebourg-l'Avoué, pour 
22, et, le 5 juillet, à ceux de Ham, Gonnehem, Gosnay, Guar- 
becque, Essars, Diéval, Cuinchy-les-la-Bassée, Chocques, etc. 
Comme cela a lieu actuellement en vertu de notre loi sur les 
réquisitions, les objets réquisitionnés étaient payés ultérieure- 
ment d'après des états dressés par les soins de l'intendance et 
accompagnés de pièces justificatives, telles qu'ordres de livrai- 
son, récépissés, certificats des parties prenantes, estimation 
des experts etc.. (Arch,d^. Intendance G 313.) 



— 282 - 

fibocques. Xlent quamnte moutons sooiai9#oés 
de Nœux*. De plus, dès que rinye&lissemfini 
eommença, le gouverneur fit raser les maisons et 
détruire les haies qui pouvaient empêcher de voir 
les approches de Tennemi, dans la partie du feu- 
boui» qui s'étend entre la porte d'Arraset la porte 
d'Aire; car c'est un principe absolu que pour 
défendre une place il faut que les abords en 
soient dégagés. En môme temps il fit tendre 
la grande inondation \ réquisitionna chez des 
marchands de Béthune 295 raziéres de blé, 1200 
raziôres d'orge et du combustible en proportion, 
pour compléter les approvisionnements, et, après 
avoir obtenu un sauf-conduit à cet eflfet, fit sortir 
de la ville, le 22, les religieuses et les dames qui 
ne pouvaient qu'entraver la défense. Il régla enfin 
le service entre les officiers qu'il avait directement 
sous ses ordres : MM. de Bout, m^i de camp, de 
Miromesnil, O'Mahony, du Thil et de St-Sernin, 
brigadiers, des Forges, de Salmon de la Gibau- 
dière et Perdigner, ingénieurs, et répartit les 
troupes entre les divers bastions. 

Les deux généraux ennemis, de leur côté, s'é- 
taient partagé l'attaque. Fagel, chargé de celle de 
droite ou de la porte d'Arras, ouvrit la tranchée 
dans la nuit du 23 au 24. Schulembourg, chargé 
de l'attaque de gauche, ne l'ouvrit que le 27, sur le 
front de la porte deSaint-Pry, après avoir fait des 
travaux importants pour saigner l'inondation •. 

^ Certificat portant que 142 moatons ont été foarnis par 
François le Blanc, de Na^ux, et que ceux-ci ont été estimés par 
deux marchands bouchers de Béthune à 15 Ib pièce (Und.). 

* Pelet. Mémoires j p. 64. 

• Plan du siège de Béthune de Î710. La Haye, Hussen. — 



— MS- 
DOS qu'il s'aperçut que l'euaMcii avait établi sa 
première parallèle et que la gauche n'en étant j^ae 
appuyée il était possible de la tourner, du Piyr* 
Vauban fit sortir, dans la nuit d\x2i au 35, 9 ceu- 
pagnies de grenadiers, 15 piquets, 200 dragons^ 
600 travailleurs divisés en deux troupes, coummui-* 
dées, l'une par Miromesail, l'autre par le cosate 
d'Aunay. La tranchée qui partait du bas du ohB^ 
min de Beuvry et allait jusqu'aux Hanches^ iut 
enlevée, les soldats qui la défendaieat cuUmMft 
dans le fossé* Plus de 200 toises d'où vidages fureat 
détruites, et, après un combat d'une heui^ tofs- 
que l'ennemi revenant en forces menacaiit de ia 
couper, notre vaillante petite troupe reatra dmw 
la place après avoir mis plus de 800 alitôs hors de 
combat. Une seconde sortie effectuée le i^^âaftt 
leur coûta de nouveau 200 hommes. 

C'est toutefois un axiome en matière flMlUatoe^ 
qu'en dépit du courage de ses défenseurs toute 
ville assiégée est une ville prise, si une armée de 
secours ne vient pas la délivrer. L'espoir de M. de 
Vauban, en prolongeant la résistance, était donc 
dans l'armée du M^i de Villars. Celui-ci s'étaît 
fortifié dans les retranchements qu'il occupait 
près d'Arras et avait laissé entendre « que si les 
ennemis entreprenaient le siège de Béthune, il 
tenterait ainsi que la cour le désirait, de le se- 
courir, lorsqu'ils seraient établis dans la plaoe\ » 

Plan de BétbaDe, ville forte dans TArtois assiégée par les alliés. 
La Haye, in-I'* double. Ce plan indique jour par jour les progrès 
des approches de reonemi. 

* Pelel, Mémoires, p. 57. « Sa Majesté, écrivait Voysin à Vii- 

lars, D*a pas changé la résolution qu'elle avoit cy devant prise; 

lie croit que leur marche (la marche des ennemis) du oôté de 



- 294 — 

Néanmoins, comme le roi lui avait recommandé 
la prudence •, Il restait inactif, n'ayant pas trouvé 
l'occasion favorable pour livrer bataille. De leur 
côté, Marlborough et le Prince Eugène,qui avaient 
fait mine d'aller attaquer Villars, arrêtèrent les 
20.000 hommes qu'ils avaient dirigés sur Lens •, 
pour retourner le 2 août devant Béthune et éta- 
blir leur quartier général, l'un à Hinges, l'autre à 
Beuvry. Ce jour-là môme le bombardement com- 
mença, dirigé particulièrement contre le faubourg 
Saint-Pry, le château et la porte d'Arras. 

La prise de Béthune n'était plus qu'affaire de 
temps; néanmoins le gouverneur crut que l'hon- 
neur de la France et le sien l'obligeaient à sou- 
tenir le siège jusqu'au bout. Dès le 11 août, man- 
quant de munitions et d'argent, il réquisitionna 
1953 livres de plomb chez les sieurs Barbeau, Les- 
cuier et Gallant, fît enlever la plate-forme de la tour 
Saint-Vaast (17.897 livres) ainsi que les plombs de 

Béthune, ne doit pas vous obliger à quitter le camp où vous 
êtes on celui que vous avez marqué sur le Grinchon, parce qu'il 
ne convient pas de chercher à engager une affaire générale 
dans le temps que les ennemis ont toutes leurs forces ensem- 
ble il vaut mieux les laisser déterminés au siège de Bé- 
thune ; mais qtiand ils y seront bien engagés et que le siège sera 
commèncéj c'est le temps où Sa Majesté juge que vous pourrez mar- 
cher à eux pour tenter le secours de la place,,. (Voysin à Villars. 
Ifar/y, 11 juillet 1710.) 

* Le 22 juillet le roi écrivait luimêmo au maréchal : a Le 
gain d'une bataille serait le seul moyen d'empêcher la prise de 
Béthune et d'arrêter les progrés de mes ennemis ; mais je ne 
dois pas aussi risquer de la donner avec désavantage, par les 
suites qu'une bataille perdue pourrait avoir. Je m'en remets à 
votre prudence... (Pelet, p. 62.) 

• Mémoires de Villars, t. II, p. 95. 



- 295 - 

rhôtel de Longastre (12.8601.), et en fit confection- 
ner 31.000 livres de balles \ Il emprunta 8.537 livres 
au Magistrat pour Tentretien de la garnison \ La 
veuve Bouton livra pour 3.877 Ib d'eau-de-vie, le 
8' Carjette pour 6000 Ib de vin \ la v« Letellier 30 
razières de sel blanc, les religieuses conceptio- 
nistes 200 livres de beurre, la v« Dubois 70 livres 
de tabac *. 

Renforcés de 6 bataillons, les généraux alliés 
tentèrent, la nuit du 16 au 17, de franchir Tavant- 
fossé*, mais ils furent repoussés avec une perte 
de deux à trois cents hommes. Ayant reçu, le 19, 
du duc de Marlborough et du prince Eugène un 
nouveau secours de huit bataillons et de vingt- 
cinq escadrons, ils firent une seconde tentative. 
Repoussé d'abord, Schulembourg réussit, après 
une nouvelle attaque du chemin couvert de la 
porte Saint-Pry, à se loger sur le saillant de la 
demi-lune. 11 lui en coûta 800 hommes, mais il fit 
évacuer la position. 

Cependant la garnison ne perdait pas courage. 
Elle faisait encore, dans la nuit du 22 au 23, une 
sortie du côté de Saint-Pry qui culbuta le loge- 
ment des ennemis, tandis qu'à l'attaque de la 
porte d'Arras, Fagel, contrarié par les mines, 
était forcé de marcher à la sape jusqu'à la palis- 
sade. Toutefois, dès que Schulembourg eut réparé 

' Arch. dépoH^* C 313. 
« Id. C 310. 
^ Ibid. 

* 30 livres de sel blanc pour le prix de 360 Ib, 200 livres de 
bearre à 8 s. la livre, 70 livres de tabac à 14 s. la livre (ibid. 
C 313). 

* Des Forges. Journal du siège y p. 46. 



^ 893 — 

l0s ^Oots do la dernièro sortie, il w mit à battra 
m^ bràche la ch&teau et la demi-lune qui le flan^ 
quait ^ gauche, et, après avoir sollicité de M. da 
Vaulmn une entrevue que celui-ci crut devoir dé- 
cliner avec fierté % il se prépara à Iroachir le fossés 
Le gouverneur garnit immédiatement les brèches 
d'arbres abattus et de palissades, ce qui, joint à 
un retranchement qu'il avait déjà établi entre la 
ville et le château, faisait croire à reimemi qu'il 
voulait soutenir l'assaut. Mais telle n'était paa 
l'intention de la cour *. Vauban avait ordre de faire 
une capitulation honorable, et, dans ce but, dexie 
pas attendre la dernière extrémité. Ce moment 
allait arriver. Le 28 août, les assiégés étaient prêts 
à livrer l'assaut'; leurs ponts flottants étaient 
faits; ils pouvaient, en deux heures de temps, 
les pousser contre la brèche; celle-ci était large 
de ^ à 60 pieds. Averti par les ingénieurs du péril 
qui le menaçait, M. de Vauban, accompagné de 
ses officiers généraux, fit une reconaaissaaoe 
exacte de l'état de la place, et, comme il n'y avait 

• Scluilemboarg espérant amener du Pay *• Vauban à se readre 
à son attaque plutôt qu'à celle de son rivai Fagel, lui envQ|:a 
le 24 UQe lettre par un parlementaire, pour lui demander une 
entrevue secrète pendant la nuit. Celui-ci répondit : « Quil 
n'avait aucune inquiétude en ce moment au sujet de sa 
pean, qu'il n'était pas encore, à beaucoup prés, dans un état à 
entendre des propositions, et que s'il le faisait, il était persuadé 
que le général aurait mauvaise opinion de lui; qu'il était sans 
exemple qu'un gouverneur eut une entrevue avec celui qui l'as- 
9lége ; qu'il remettait donc à d'autres circonstances l'iioonenr 
de le voir... » (Des Forges, p. 70.) 

• Pelet. Mémoires, p. 79. 

• Des Forges, p. 78. 



— 297 — 

plus quô pour deuK jours de balles, que las h&ar 
lets et les pierres à fusil manquaient, il en résulta 
jusqu'à l'évidence, la nécessité de sauver les dé- 
bris d'une garnison qui avait supporté avec le 
plus grand courage les épreuves du siè^, et 
d'éviter à la ville les excès d'une prise d'assaut 
Réuni sur-le-champ, le conseil de guerre déoWa 
que la chamade serait battue, afin d'obtenir 
une capitulation honorable. De suite le drapeau 
bianc fut arboré à la brèche du château, puis, au 
mécontentement de Fagel , seulement quelque 
temps après à la porte d'Arras. La place était teU#^ 
inent ouverte à l'attaque de Saint-Pry que de prim^ 
abord Marlborough et Eugène ne voulaient rece^ 
voir la garnison que prisonnière de guerre; mai», 
sur l'observation de M. de Vauban qu'avec les 1500 
hommes qui lui restaient il pouvait encore vendre 
cher sa liberté,ceux-ci se décidèrent à lui accorder 
les honneurs de la guerre, et la capitulation fut 
signée à Béthune le 29 \ 

Ce siège de 1710, le plus important qu'eut sou- 
tenu Béthuneaprès celui de 1346,fait le plus grand 
honneur à Vauban. Le jour môme de la capitula- 
tion, le M^ de Villars écrivait au secrétaire d'État 
de la guerre Voysin ' : « Béthune, jusqu'à pré- 
sent, se deflend parfaitement bien. Vous jugerez 
mieux de la beauté de la défense par les gazettes 
mômes des ennemis que je vous envoie, que par 

* Pour les articles de cette capitulation, voir Cornet, Hist. de 
Mhtme, 1. 1, p. 257. 

• DaDiel-FraDQois Voysin, ch', sgp de la Noraye, ancien in- 
tendant da Haynauty conseiller d*Ëtat en 1708, secrétaire d'Etat 
de la guerre, à laquelle d'ailleurs il entendait peu de chose, le 
9 juin 1709, et chancelier de France le 2 jaillet 1714. 



— sos- 
ies lettres de M. de Vauban ; je vous envoie celle 
de Bruxelles*. » 

Pelet, dans ses Mémoires, émet le même juge- 
ment : « Pendant la durée du siège, dit-il, qui fut 
de 35 jours de tranchée ouverte, la garnison mar- 
qua toujours la plus grande ardeur et la plus 
grande fermeté et MM. de Vauban et de Roth don- 
nèrent l'exemple d'une expérience consommée 
dans l'art de défendre les places * ». 

Le Mercure de Francey à son tour, rend liom- 
mage en ces termes à notre gouverneur : « Il dé- 
fendît en 1710 Béthune..., y tint contre fattente 
du Roi et celle des deux armées 42 jours de tran- 
chée ouverte,quoique la place fut petite, mauvaise, 
mal munie, et la garnison fort faible * ». 

Ce siège avait coûté aux alliés 3.328 hommes ; 
notre garnison en avait perdu près de 1.100 et elle 
laissait en outre 700 blessés dans la place. Les 
dettes contractées à l'occasion du siège se sont 
élevées à 271.683 livres *. En outre, le gouverneur 
et ses officiers s'engagèrent personhellementpour 

* Mémoires de ViUars. Ajipendice, t. III, p. 2ât. 

• Mémoires, p. 79. 

• Mercure de France, avril 1731, p. 812, 

* Arch. dép, C 313 : a Etat g*' et liquidation des dettes 
contractées à fiétbane avant, pour et pendant le siège. » Cette 
somme de 271. 683 Ib ferait aujourd'hui, en valeur relative, en- 
viron 1.222.573 francs. — Par ordre du ministre de la guerre 
et de M. de Bernage, intendant de Picardie, les s'* Lambert et 
de Kessel, commissaires des guerres, restèrent à Béthune après 
la capitulation pour procéder à la liquidation de ces dettes. — 
Y' également G 320 : « Etat des dépenses et menus frsiis qui 
ont été faits pendant le siège de Béthune, à commencer du 
15 Juillet jusqu'au 30 août 1710 >). 



— 209 - 

10.000 Ib prêtées par les échevins, la table des 
pauvres et quelques notables de la ville ^ 

Le 31 août, la garnison sortit par la porte neuve 
avec tous les honneurs de la guerre, c'est-à-dire 
tambours battant, avec armes et bagages, deux 
pièces de canon et douze coups. — Elle devait se 
rendre à Saint-Omer. De son côté M. de Vauban 
alla rendre compte de sa conduiteà Villars ' et au 
Roi. Le maréchal, le 7 septembre, demandait pour 
récompense de la belle conduite du gouverneur, 
le grand cordon de St Louis : « M. de Vauban est 
arrivé icy, écrivait-il à Voysin. J'ay encore examiné 
avec luy les récompenses qui sont dues pour la 
défense de Béthune, laquelle on peut dire belle. 
Par ses discours aussy bien que par ceux de M. 
Daunay et la lettre que m'écrivit mond. s' de Vau- 
ban en sortant de Béthune, se trouve toujours 
que les récompenses que j'ay eu l'honneur de 
vous mander étoient justement méritées :1a croix 
de l'ordre de St Louis en expectance pour M. de 
Vauban, car je crois qu'il n'y en a pas de vacante ; 
le cordon rouge pour M. de Roth et la pension en 
attendant celle qui y est attachée '. » 

Le Roi, qui avait suivi avec satisfaction les 
diverses phases du siège de Béthune, accueillit 
favorablement la proposition du M»! de Villars. 
Par lettres du 16 décembre 1710, du Puy-Vauban 
fut autorisé à porter les insignes de grand'croix 
de St Louis* avec expectative de la première 
vacance et il fut nommé de plus, vers la même 

* Arch. mumdp. BB 19. 

* Mémoires de Villars, t. III, p. 99. 
' Ibid. Appendice, p. 288. 

* Dépôt de la guerre. Pinard, Chronol, kist, loc. dt. 



épB(pt9t, ttaeéniaar gétfératde toutefisrles plaeiâiâ de 
r Artois. 

m 

Lee pBix d*0tf6cht , en rendant Béthune à la 
Fkwîfce, rendit à cette ville son* gouverneur. Le 
t2 mai 1713, à six heures du matin, le Bo"* de Kep- 
per évacuait sur Lille la garnison hollandaise de 
la place, et M. de Vauban, à la tête de son état- 
major et de trois bataillons d'infanterie, faisait 
son entrée par la porte Saint-Pry, aux cris mille 
ftHB répétés de : Vive le Roî I Le canon tonnait, 
tes cloches étaient en branle, le carillon du vieux 
beffroi jouait ses airs de fête. Tout te long du 
parcours, le gouverneur et les troupes qui le 
suivaient furent acclamés avec enthousiasme. A 
l'hôtel de ville, le Magistrat offrit à Vnuban les 
vins d'honneur, en le haranguant \ tandis qu'une 
diéputation du collège des Jésuites venait lui offrir 
plusieurs pièces de vers. La première, faisant 
allusion au croissant de ses armes ', comparait 
Ib lune des Vauban au soleil de Louis XIV : 

Dum meritis clarus, generoso plenuset igné 
Spléndet Vaubaûus, Solis * et Urbis amer, 

^ Gênerai tiollandàis, gouvemeor de Béthune de ITIOà 1713, 
pendant FoceupatioD des ProTinces-Unies. 

* Àreh munie. BB 10. 

* « lyaMur au ohêvron d'or accompagné de 3 trèfles de même, à 
un croiêsani d'argent mie en chef, » (P. Anselme, Gén. des maré^ 
chaux de France, p. G95. 

* Perillastri ac generoso domino Dom. de Vanban, reglorum 
exercitnum ductori, urbis etarcisBethunlensisgnbematorl-^^... 
gnbernatoriam dignitatem glor]osèperditam,gloriosius a rege 
recipienti; Auspice senatu offerebat dolleg. Betbunœnm Socie*- 



Ttmpwlas OFitar, Baiwiaquc paludibwr «Mi 
Nubiîla. oownicguBt abc^aîu&t qnet deemi 
Pace data, Lodoix, adversas disculte unbra^. 
Te r^jfum solem discutieodû probas ;: 
Nostrum, o Pfaœbe, ducem splendori redde priori,^ 
Muneribusque, precor, perge replere tuis» 
Âudimur : Solito Vaubanum respicit ore. 
Ornât, et ereptum reddit ab hoste decus 
Urbs ovat applauditque senatus ; gratior orbi 
Sic post eclipsim luna redire solet. 

Cette pièce, d'une pensée gracieuse, et qui ne 
manque pas d'élégance poétique, était accompa- 
gnée de plusieurs autres avec chronogrammes 
et... bergers, suivant le goût de l'époque, 

A onze heures, un déjeuner réunit à la môme 
table le héros de la fôte, son état-major et presque 
toute la garnison, et l'on but ferme « à la santé 
du Roi »*. Des vins furent ensuite offerts au lieu- 
tenant de roi », au grand bailly ', au major de la 
ville *, ainsi qu'au marquis d'Hesdigneul *, député 

tatis Jesu. — Daaci ex officianaBelleriana, anno M. D. CC. Xlff. 
(Plaquette de 6 feuillets.) 

* Arch» municip, registre BB 19, P» 90. 

* Élie de la Roche-ÂymoD, marquis de St-Messeut, ckev' de 
St-Louis, L* de Roi commaDd* la place de Béthuue. 

* Nicolas-AlexaDdre Dupire, B»" d'Hînges, s' dé Tourlfngtun, 
Avelettes, etc., ch' de St-Louis, colonel de dragons, aidennajor 
général, prit une part active à la défense de Bétbune en 1710, et 
fut, en récompense de sa belle conduite, nommé g' bailli héré- 
ditaire de la ville et gouvernance de Bétbune. 

* Jean Fouler, écuyer, sgr de Relingues, ch' de St-Louis, 
d'une ancienne famille originaire d'Ecosse, se fixa à Bétbune par 
son mariage avec Marie-Madeleine Menohe de St-Mfchel et fit 
soncbe en Artois. (B. ^,ms9.collect. Ghérinj reg.84v*'l^fer,I**8.) 

* Eugène-François de Béthune-Desplawques, M**' d'Hesdi^ 



- S(tô - 

de la noblesse aux Étals d'Artois, qui, pour la 
première fois, prenail part, eu cette qualité, à une 
cérémonie officielle \ 

M. de Vçiuban adressa à Voysin un rapport sur 
l'évacuation de Béthune par les Hollandais et l'ac- 
cueil qu'il y avait reçu. On lisait dans la réponse 
du ministre, datée du 2 juin : « Sa Majesté a été 
bien aise de voire les témoignages de joye que les 
habitans ont donné de rentrer sous son obéis- 
sance. Il paroit aussi que vous possèdes asses 
leur amitié ; quand vous serez plus instruit de 
l'état de la place, vous me ferez plaisir de me le 
mander*. » 

Le 8 juin suivant, M. de Vauban recevait la 
visite du M»i de Montesquiou * et de l'intendant 
de Bernage *, venus à Béthune pour recevoir so- 
lennellement le serment des échevins. Une fête 
religieuse et populaire eut lieu à cette occasion. 
Le gouverneur fit part au secrétaire d'État de la 
guerre des témoignages d'affection que les habi- 
tants de Béthune avaient, en cette nouvelle cir- 
constance, donnés à la personne du roi, et reçut 
une réponse gracieuse, propre à exciter le zèle 

gneol, s' d*Espreaax, Lepesse, etc... député ordinaire des États 
d'Artois pendant 3 ans et 3 fois député de la noblesse auprès de 
la cour. (La Gtiesnaye, t. II, p. 461.) 

* Arch. municip. loc. cil, 

» M. Cornet donne cette lettre, p. 282, en la corrigeant. 

' Pierre de Montesquiou, C" d*Artagnan, M*' de France, ch' 
des ordres du Roi, gouverneur des ville et citadelle d'Arras, 
lieutenant g*" en la province d'Artois. 

* Louis de Bernage, ch', sgr de St-Maurice, Vaux, etc., con- 
seiller d'État, intendant de la généralité de Picardie, qui, à 
cette époque, comprenait l'Artois. 



-3Ô3 - 

des èchevins'. Ceux-ci voulant prouvera leui^ 
gouverneur le désir qu'ils avaient de lui plaire, 
complétèrent le mobilier du château * et firent 
peindre les armes de Vauban sur un tableau dans 
la grande salle de Thôlel de ville \ 

Désigné par le Roi en 1714 pour diriger le siège 
de Barcelone, sous le commandement en chef du 
maréchal de Berwick *, du Puy-Vauban quitta 
une dernière fois son gouvernement pour recueil- 
lir de nouveaux lauriers. Pendant son absence, 
on publia la paix à Béthune. Le M" de la Roche- 
Aymon de St-Messent, qui, en qualité de lieute- 
nant de roi commandant la place, remplaçait le 
gouverneur, rendait compte en ces termes à Voy- 
sin de l'accueil fait à cette paix si ardemment 
désirée : 

« Béthune, 14 may 1714. 
» Monseigneur, 

B On publia samedi dernier la paix avec l'empereur 
» au bailliage de la gouvernance de Béthune. M. le B*" 
» d'Hinge, grand bailly, me pria de permettre aux tam- 
» bours de la garnison d'assister à cette cérémonie. 

» Le V" tesmoignage de paix ûi tant de plaisir aux gens 
» de la ville et de la campagne qui ce jour la estoient 
» venus au marché, que les uns et les autres ne songèrent 

^ V' Qûrnet, His(, de Béthune, t. I, p. 284. 

* Le château, antique résidence des seigneurs de Béthune, 
devint celle des gouverneurs, dés le xiv* siècle. 

* A. M. ce 547 et 548. (Comptes de 1713-1714 et de 1714-15.) 

* Jacques Fitz-James, duc de Berwich, fils naturel de Jac- . 
ques II, roi d'Angleterre, Gt en 1713 campagne en Catalogne et 
prit Barcelone après un long siège terminé par une prise d'as • 

. saut. Du Puy-Vauban, ingénieur en chef du siège, fut blessé 
quelques jours avant cet assaut. (P. Daniel, Hist, de France^ 
t. XVI, p. 454.) 



- SÔ4- 

• qu'à se tien divertir et à consommer beaucoup de vhi 
» et de bîerre. Le lundy d'après^ grand marcBé à Bétfaune, 
» messieurs du mâglstt*at ayant faittet^dre devant Thôtel 
» de ville leurs tapisseries honnoréew des armes du Roy 
» et mis au milieu le portrait de ^a Majesté, firent pu* 

• blîer la paix avec l'empereur au htuïi d'une triple salve 
» de coups de mousquez tirez par les sermentez et les 
» cannouiers bourgeois de Béthune. Ils m'avoient aussi 
» deinandô les tambours de la garnison pour joindre leur 
» bruit au carillon et au son de toutes les cloches.Ils firent 
» planter devant Thotel de ville un long arbre parsemé de 
» fîeurs de lys au bout duquel estoit attaché un oyseau 
qu*i!s ffrent tirer penaant deux jours à coups de flèches 
» par la jeunesse, afin qu'elle n'oublia pas la publication 
» d'une paix tant désirée, si utile et belle au Roy et 8i 
» hononU)le à son ministre de la guerre. 

» Le dimanche ensuite on chanta le te Deum en la ma- 
» nière accoutumée et sur le soir on alluma le feu de joye 
» au bruit de lartillerie et de toute la mousquetterie de 
» cette place. 

» Jamais il ne parut tant de joye dans Béthune, je ne 
» doit donc pas me dispenser de rendre justice à un peu* 
t» pie aussi zélé pour son Roy que celuy-cy ^ » 

Vauban revint à Béthune avec un coup do feu 
de plus qui faillit le traverser de part en part, 
et, à la mort du M^i de Rosen ', le 10 août 1715, Il 
reçut son brevet de grand'crôix de Tordre de St- 
Louis, dont il avait déjà été autorisé à porter les 
insignes. De plus, en considération de ses longs 
services, le Roi, par lettres patentes datées de 
Chantilly du mots d'août 1725, érigea en comté, 

^ Arch. départ. C 270, pièce 6. 

' Conrad de Rosen, comte de Bœuviilers, M*" de France, ch' 
-déa ordres du Roi, décédé le 3 août 1715. (P. Anselme t. YH, 
p. 656.) 



- 305 — 

sous la dénomination de VQuban, les terres de 
Saint-Sernin et de Bouzet, en Bourgogne. On Ut, 
parmi les motifs de cette érection, qu'Antoine Le 
Prestre de Vauban, ingénieur général ayant la 
direction des places d'Artois, « sert depuis 52ang 
» et s'est trouvé ù 44 sièges, attaques ou défenses 
» de places et dans un gcand nombre d'actions 
» où il a reçu en divers temps 16 blessures cou- 
rt sidérables... qu'il défendit en chef son gouver- 
» nementde Béthune en 1710, où, contre Tattentp 
» des ennemis aussi bien que des Français, il tint 

» 42 jours de tranchée ouverte que dans toute 

)) celte longue suite de services il a suivi les exem- 
» pies de Sébastien Le Prêtre, M»^ de Vauban, son 
» oncle, issu de la branche cadette de sa maison... 
w Aces causes, voulant donner audit sieur de 
» Vauban dos marques de notre bienveillance pçur 
» un titre d'honneur qui puisse faire connaître à 
» la postérité l'estime que nous faisons de sa per- 
» sonne, etc. ^ » 

Les dernières années de la vie d'Antoine de 
Vauban se passèrent dans un repos glorieusemen t 
gagné. L'épidémie de suette qui décima Béthune 
pendant les mois de juillet et d'août 1723* et qu'il 
s'employa h combattre, de concert avec les magis- 
trats, avait permis d'apprécier son dévouement 
aux habitants et sa charité chrétienne. Ses glo- 
rieuses infirmités ' commandaient le respect aussi 

^ Mercure de France^ may 1731, p. 1185. 

* Arch. municip GG 16. En 1722 ud ioccndie avait dévasté les 
vasoroes de quartier de la porte nenve. (A. D. G 313.) 

• Il avait perdu au service, pendant les guerres de Louis XiV, 
son père, deux [lèrcs, un beau*frèro,deui oncles et onze cousins 
germains ou issus de gennaii). (Moréri, I>ict, t. Vill, p. ^7.) 



— 306 — 

bien que sa piété et ses dignités. Ce fut donc un 
deuil général dans la ville, le 10 avril 1731, quand 
le canon annonça, du haut des remparts, la mort 
du glorieux ingénieur. La ville de Béthune voulut 
rendre des honneurs funèbres inusités à celui 
qui avait été son gouverneur pendant 28 ans. Une 
première cérémonie efUt lieu à la collégiale de 
Saint-Barthélémy, le château faisant partie de la 
paroisse Sainte-Croix. Toute la garnison', sous 
les armes, faisait la haïe sur le passage du corps, 
porté, suivant l'usage, par les charitables de saint 
Eloi,en grand costume. Les coins du poêle étaient 
tenus parles principaux ofiflciers de la garnison, 
presque tous artésiens : le C^ d'Assignies, colo- 
nel*, MM. Gôrin de la Neuville', lieut* colonel, 
Fabre, capitaine, tous trois attachés, à la suite, îi 
Tétat-major de la place, et d'Arras, ingénieur en 
chef des fortifications. Le deuil était conduit par 
le comte de Ghistelles * et par le major de Mire- 

^ La garnison se composait \\q Mailly-infantepie et des dra- 
gons d'Orléans. 

* Charles-Josepli-Eiigène de tournai d'Assignies, G** d'Oisj, 
colonel «l'infanterie, commandeur do Tonlpe «le St-Lazare. 

» Vaast Gérin ou de Gêrin, éC, sgr de la Neuville, du Pavil- 
lon, etc., se distingua au siège de Réthune de 1710 et gagna 
par sa bravoure le grade do lient* colonel d'infanterie. (D. De- 
vienne, HisL d'Artois, t. II, p. 271.) Qu'il soit permis à l'auteur 
de cette notice de dire que son quatrième ïvieul, Eloi-Frani;ois 
Menche de Saint-Michel, éc', sgr du Raoui, Vremetz, etc., lient* 
au régiment du duc du Maine, avait épousé, en 1697, Adrienne 
de Gérin, sœur du lient* colonel. (AM GG 62, et papiers de fa- 
mile.) 

* Ignace-Louis-Josepli de Ghistelles, ch', c** de Ghistelles, 
sgp de Çouvpy, Noireauville, etc. 



— 307 — 

mont. Le bailliage et le magistrat en corps, avet 
crêpes et cierjges, les officiers de la garnison, ceux 
de Royal-Italien et de Royal-Piémont, de séjour 
dans la place, le chapitre de la collégiale, les reli- 
gieux de la ville', la noblesse et. la bourgeoisie, 
suivaient le cercueil, à la suite d'un nombreux 
clergé. Pendant qu'on chantait les vêpres des 
morts h Saint-Barthélémy, cinq salves d'artillerie 
rendirent les honneurs funèbres. Puis l'illustre 
défunt fut portéavec le même cérémonial à Téglise 
des Capucins* où il avait manifesté l'intention 
d'être inhumé *. Quoiqu'il fut interdit à cet Ordre 
d'accorder la sépulture dans ses églises sans une 
permission expresse du Père général, le gardien * 
du couvent de Béthuno crut que c'était pour lui 
un devoir d'enfreindre la réglé on cette circons- 
tance « pour donner une marque de respect et de 
reconnaissance à un homme qui avait si bien 
mérité de la religion et de l'État* ». Après un 
nouveau service funèbre terminé par une décharge 
du canon des remparts et trois de mousquelerie, 
il fut inhumé au milieu de la nefs Sur une pierre 

' Béthane avait à cette époque une maison de Jésuites tenant 
le collège, un couvent de Récollets et un antre de Capucins. 

• I/église des Capucins, construite pendant les années 1602- 
1606, a été vendue et démolie à la suite «le l'expulsion des reli- 
gieux, en 1791. Elle occupait remplaceinciit du jardin actuel de 
rhôtel de Baynast. 

» A. M. BB 19, r* 327. 

• Lo supérieur d'un couvent de Capucins porte le nom de 
gardien. 

» A. M. Loc. cit. 

• Expiîly, Dict art. Béthune, 1. 1, p. 622. — Almanach d'Ar- 
tois, année 1768, p. 141. — « Le lendemain, 11 dudil mol», sur 



— 308 • 

tombale de marbre blanc, en haut de laquelle on 
remarquait les armes de Vauban : « Hcusur au 
chevron dCor accompagné de 3 trèfles de même, à 
un croissant dargent mis en clief », on grava Tépi* 
tapbe qui suit : 

Cy gyst 

Haut et puissant seigneur 

Messire Antoine Le Prestre de Vuuban, 

Lieutenant général des années du Roi, 

Grand'croix de Tordre militaire de St-Louis, 

Ingénieur générai, directeur di)S fortifications 

Des places d'Artois, gouverneur des ville 

Et château de I^tliune, etc. 

Digne neveu, digne disciple du Marécluil de Vauban 

Élevé successivement à tous les grades militaires 

Toujours mérités, toujours remplis avec distinction, 

D'un génie supérieur pour les fortifications, 

L*attaque et lu défense des places. 

Modèle des ingénieurs dans la défense de Bétiiunc, 

Pronipt, exact et intrépide qu:ind il a commandé, 

Courtisan seulement par ses eervioes, 

Cytoyen dans toutes ses vttes. 

Utile à la patrie dans ces emplois. 

Utile aux particuliers dans sa vie privée. 

Toujours estimé, toujours aimé 

Et toujours d'autant plus 

Qu'il était vu de plus près, 

11 mourut plein de jours et d'honneurs en 

Homme qui n'a voit jamais craint 

Que Dieu. Plein de résignation à ses ordres 

Et de confiance en sa bonté, 

les dix heures et demy du matio^son service solennel [ut chanté 
par la musique et célébré par le c^ré de la paroisse, auquel 
assistèrent les officiers de rétat-major, de la gouveroanoe et 
ceux de la. garnison. » (A. M. BB 19, P* 327.) 



- S09 - 

L'an de grâce 1T31 et de son âge le 
Soixante et dix-septième \ 

Lu tombe d'Antoine de Vauban a disparu dans 
la tourmente révolutionnaire avec le sanctuaire 
qui l'abritait; mais le souvenir de leur ancien 
gouverneur doit être cher aux Béthunois à un 
double titre, puisqu'il leur rappelle un homme de 
bien et la gloire militaire de la cité. 

Ct« MENCHE DE LOISNE. 



* Mercure de France, mai lîSl, p. 1183. ~ Almanachd* Artois, 
1768, p. 141. 



Saint-Omer, Typ. b. d*bomont. 



BULLETIN 



DE LA 



SOGIiTfi DES ANTIOUAIIES DE U lORINIE 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 29 janvier 1894. 

Président : M. Charles de GIVENCHY, doyen d'âge. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

La séance est ouverte à 3 h. 1/4. MM. Tabbé Bled, pré- 
sident, et Revillion, vice-président, s'excusent par lettres 
de ne pouvoir assister à la réunion. En conséquence, 
M. Charles de Givenchy, comme doyen d'âge, prend le 
fauteuil de la présidence. 

Il donne la parole au Secrétaire général pour lire le 
procès-verbal de la séance précédente qui est adopté 
sans observations. 

Dons, hommages, échanges. 

-^ Delà part des auteurs. • 

M. Loriquet, archiviste départemental. — Discours pro- 
noncé sur la tombe de M. le chanoine Daniel Haigneré, 
ancien archiviste de la ville de Boulogne, curé de le 



- 312 - 

Waast. Boulogne-sur-Mer, Société typ.-lith. 1893, în- 
12, 16 p. 
Pagart d'Hermansart. — M. le chanoine Haigneré, mem- 
bre correspondant de la Société des Antiquaires de la 
Morinie. St-Omer, D'Homont, 1894, in-8, 11p. 

— De la 2>àrt des Sociétés savantes françaises : 

Bordeaux (Gironde). Société archéologique de Bordeaux, 
t. XVII, 4' fascicule, 1892; t. XVIII, 1" fascicule. 1893. 

Boulogne-sur-Mer (Pas-de Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture de Tarroudissement de Boulogne, décem- 
bre 1893, 1. XXIX, n- 8. 

Châlons-sur-Mame (Marne). Mémoires de la Société 
d'agriculture, commerce, sciences et arts du départe- 
ment de la Marne, année 1892. 

Dav (Landes). Société de Borda, 18* année, 1893, 4' tri- 
mestre 1893. 

Guéret (Creuse). Mémoires de la Société des sciences 
naturelles et archéologiques de la Creuse, 2* série, 
t. 111, 6' de la collection, 1" Bulletin 1893. 

Le Mans (Sarthe). Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de la Sarthe, 2* série, t. XXVI, 34* de la 
collection, années 1893 et 1894, 2' fascicule 1893. 

Orléans (Loiret). Bulletin de la Société archéologique et 
historique de l'Orléanais, t. X, n* 150, 4* trlm. de 1892. 

Rambouillet (Seine-et-Oise). Société archéologique de 
Rambouillet, t. XX. Inventaire de fhôtel de Rambouil- 
let à Paris en 1652, 1666 et 1671 ; du château de Ram- 
bouillet en 1666 et des châteaux d'Angoulème et de 
Montausier en 1671, publiés par M. Charles Sanzé, 
Tours, 1894. 

Senlis (Oise). Comité archéologique de Senlis. Comptes- 
rendus et Mémoires, 3' sérié, t. VII, année 1892. 

Toulouse (Haute-Garonne). Bulletin archéologique du 
Midi de la France, série in-8, n' 12. Séances du 11 avril 
1893 au 11 juillet 1893 inclus. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 



- 3l8 — 

d archéologie et de statistique de la Drôine, aûitée 1894, 
janvier, 108* lîTraison. 

Valenciennes (Nord). Revue agricole» industrielle, histo- 
rique et artistique de Valenciennes, 45' année, t. XLIII, 
n' 10, novembre 1893. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 

Gand (Belgique). Messager des sciences historiques, an- 
née 18dd, 3* livraison. 

Abonnements. 

Annuaire de la Société française de numismatique, no- 
vembre-décembre 1893. 

Bibliothèque de VÉcole des Chartes, UV, 5* livraison, 
septembre-octobre 1893. 

Journal des Savants, novembre et décembre 1893. 

Pôlybibiion, Revue bibliographique universelle. ^ Partie 
littéraire, 2* série, t. 38, 68* de la collection, 6* livraison, 
<iécembre 1893; partie technique, 2* série, 1. 19, 69* de la 
collection, 12* livraison, décembre 1893. 

Bulletin de la Société bibliographique, 25* année, I, jan- 
vier 1894. 

Pôlybibiion, Revue bibliographique universelle. —Partie 
littéraire, 2* série, t. 39, 70' de la collection,!'* livraison, 
janvier 1894 ; partie technique, 2* série, t. 20, 72* de la 
collection, 1" livraison, janvier 1894. 

Revue de V Ait chrétien, 5* série, 1893, t. IV, 6* livraison. 

Revue historique, 19* année, t. 54, I, janvier-février 1894. 

i^omanîa, recueil trimestriel consacré à l'étude des lan- 
gues et des littératures romanes, t. XXII. 

Correspondance^ 

V Par lettre du 27 décembre 1893, datée de Paris, 
M. Butor, ancien président, explique qu'il est extrême- 
ment sensible aux instances qu'a bien voulu faire la Com- 
pagnie pour l'engager à retirer sa démission de membre 
titulaire, mais qu'il persiste dans sa détermination. 

2* M. l'abbé Bled écrit, le 29 janvier, qu'il est empêché 



-314 - 

d'assister à la séance, et il remercie la Société des témoi- 
gnages d'estime qu'elle a bien voulu lui donner en le 
nommant Président, il l'assure notamment que son plus 
entier dévouement est acquis à la Société. 

3* M. Revillion exprime à son tour, par lettre du 29 jan- 
vier, toute sa gratitude à la Compagnie qui Ta désigné 
comme vice-président. 

Candidatures. 

Diverses candidatures sont ensuite proposées. 

— Celle de M. Caron de Fromentel, ancien magistrat, 
présentée par MM. Charles Legrand, Pagart d'Herman- 
sart et Charles de Givenchy, comme membre titulaire. 

— Celle de M. Arthur de Rosny, vice-président de la 
Société académique de Boulogne, présentée par MM. l'ab- 
bé Bled, Pagart d'Hermansart et Charles de Givenchy. 

— Celle de M. Anatole Hermand, demeurant à Ain- 
court, par Magny-en-Vexin (Seine-et-Oise), présentée par 
MM. Ch. J^grand, Charles de Pas et Pagart d'Herman- 
sart 

— Celle de M. Ândrieux, propriétaire à Thérouanne, 
présentée par MM. l'abbé Bled, Sturne et Ch. Legrand. 

Ces trois derniers comme membres correspondants. 

Ces élections sont, conformément au règlement, ren- 
voyés à la prochaine séance. 

Continuation des Chartes de Saint-Dertin. 

Le Secrétaire général dit qu'il a exposé à la dernière 
séance, en parlant de la perte que la Société venait de 
faire en la personne de M. le chanoine Haigneré, à quel 
point était parvenue l'impression des Chartes de Saint- 
Bertin. 11 reste à analyser les volumes suivants du Car- 
tulaire manuscrit de Dom Dewitte : 

Septième vol. de 1447 à 1473 qui contient 391 art. et 705 p. 

Huitième vol. de 1473 à 1500 contenant 327 » 552 p. 

Neuvième vol. de 1501 à 1578, soit. . . 468 » (303 p. 

Le dixième volume de !1579 à 1600 ne 
compte que 69 » 121p. 

1255 » 19B1 p. 



- 315 - 

Mais ce dernier volume est suivi d'une série de som- 
maires au nombre de 555 distribués et numérotés chrono- 
logiquement de 1601 à 1779. 

Le septième volume seulement a été contrôlé suivant 
procès-verbal du 18 mai 1784. 

Quant à l'impression, il est à penser qu'un 3* fascicule 
du tome 111 comprendra l'analyse des chartes contenues 
dans la plus grande partie du volume VII manuscrit. 

Le continuateur de M. le chanoine Haigneré devra com- 
prendre l'obligation qui lui incombera de se borner aux 
indications les plus brèves et les plus strictement néces- 
saires pour la description des pièces dont la date se rap- 
proche des temps modernes, de manière à renfermer sa 
matière dans un quatrième tome. De sorte que le travail 
pourrait être terminé en 4 fascicules. 

A la suite de cet exposé, divers membres prennent la 
parole; ils pensent que si le travail d'analyse peut être 
confié à une seule personne qui s'adjoindrait au besoin 
tels collaborateurs qui lui paraîtraient utiles, un ou plu- 
sieurs membres de la Compagnie pourraient aussi tra- 
vailler aux tables qui termineront le tome III et le t. IV. 

Le membre qui, d'un commun accord, parait à la So- 
ciété le plus capable de continuer l'œuvre du savant cha- 
noine est M. l'abbé Bled, son président. Il est en consé- 
quence désigné par la Compagnie, et le Secrétaire général 
est chargé de lui transmettre le vœu de ses collègues. 

Le travail pourra commencer dès que la subvention 
sollicitée par la Compagnie de M. le Ministre de l'Ins- 
truction publique lui aura été accordée. 

Nécrologie. 

Le Secrétaire général annonce la mort de M. Toffart, 
membre correspondant, ancien secrétaire en chef de la 
mairie de Saint-Omer, secrétaire général en retraite de la 
mairie de Lille, chevalier de la Légion d'honneur et de 
l'Ordre de Léopold do Belgique, officier de l'Instruction 
publique, décédé à Tourcoing (Nord) le 23 janvier 1894. 



- 316 — 

Distinction honorifique. 

11 fait part à la Compagnie de la nomination comme 
officier d'Académie de M. Gaston de Monnecove, maire de 
Radinghem, président delà Société des Beaux-Arts de 
Boulogne-sur-mer et membre honoraire de la Société des 
Antiquaires de la Morinie. 

Envoi d'un délégué au 32* Congrès des Sociétés savantes 
à la Sorbonne. 

M. Tabbé Bled, qui n'aôsiste point à la séance, se pro- 
pose de lire au prochain Congrès des Sociétés savantes 
le travail dont il a donné connaissance dans les séances 
de novembre et de décembre dernier. Il a modifié ce- 
pendant cette notice qu'il a intitulée : Une ville disparue, 
et il y a joint trois plans, l'un qui est une vue cavalière 
de l'ancienne ville de Térouanne, et deux autres plans du 
sol sur lequel était assise autrefois cette importante cité 
avant et après la Révolution de 1789. Le Secrétaire gé- 
néral donne lecture de la lettre par laquelle il a adressé 
ce travail à M. le Ministre de Tlnstruction publique*. 

Restauration de l'église Notre-Dame de Saint-Omer. 
Trois piliers de couleur bleue. 

M. Decroos, trésorier, appelle l'attention de la Compa- 
gnie sur la restauration de l'église Notre-Dame qui s'a- 
chève dans de si heureuses conditions. On sait qu'il existe 
dans la nef, sur le côté droit, trois piliers d'une couleur 
bleue difïérente de celle des pierres employées pour les au- 
tres piliers; on rapporte qu'ils furent donnés autrefois par 
un chevalier, le s' d'Esquerdes, et qu'ils sont en pierre de 
Tournai. Le conseil de fabrique et Tarchitecte du gouver- 
nement ne sont pas d*accord, paratt-il, sur ce qu'il 
convient de faire à l'égard de ces trois piliers ; faut-il les 
conserver tels quels, comme le conseille ce dernier, faut-il 
leur donner la teinte des autres piliers afin que Tintérieur 
de l'église soit uniforme, ce que demande au contraire la 

^ Voir plus loin le procès-verbal de la séance du 4 avril 189^. 



— 317 — 

fabrique? Le Secrétaire général rappelle que M. L. Des- 
champs de Pas a donné dans le tome XXII des Mémoires 
des détails sur la construction de Véglise Notre -Damey il 
parle deces trois piliers qu'il dit être construits en pierres 
de Marquise, mais il ne peut préciser si les mentions 
des comptes de 1397 et suivants qu'il a retrouvés s'appli- 
quent bien à ces trois piliers'. Quoiqu'il en soit, la Com- 
pagnie pense qu'il n'y a pas de raison pour modifier la 
couleur primitive de ces piliers qui rappellent très proba- 
blement le don du chevalier d'Esquerdes, ainsi que le 
pensait également M. L. Deschamps de Pas. M. Charles 
de Givenchy ajoute qu'il croit qu'on a voulu alors repré- 
senter ainsi, cocnme cela s'est fait dans d'autres églises, 
les trois personnes de la Trinité. 

Reddition des comptes de l'année 1893. 

L'ordre du jour appelle la reddition des comptes de 
Tannée 1893 par M. Decroos, trésorier. L'honorable mem- 
bre explique les efforts qu'il a faits pour faire rentrer 
diverses cotisations en retard et il expose que le Minis- 
tère n ayant pas alloué en 1893 à la Société une somme 
de 500 francs destiné à la continuation de la publication 
des Charte-i de Saint -D'^.r tin, la Compagnie n'a pu solder 
entièrement le compte do son imprimeur et reste débitrice 
d'environ 500 francs. La Société remercie M. Decroos qui 
lui rend son premier compte depuis sa nomination et le 
félicite de son activité et de l'ordre qu'il a apporté dans la 
comptabilité. La Commission de vérification des comptes 
est ensuite nommée. Elle se compose de MM. Herbout, 
Van Kempen et Justin de Pas h qui les comptes sont remis. 

, . Lecture. 

Dans la séance du 27 novembre 1893, M. Pagart d'Her- 
mansart avait lu un extrait de son travail sur le Procu- 
reur de ville à Saint Omer, relatif aux attributions judi- 
ciaires de ce magistrat. Lu partie dont il donne aujour- 

' P^ 2^ et 25. 



— 318 — 

d'hui connaissance à la Compagnie traite des attributions 
administratives, de police et même politiques de cet agent. 
Passant rapidement en revue la plupart des diarges qui 
lui incombaient, il conclut en écrivant que, en réalité, ses 
attributions étaient indéfinies et illimitées, car chaque 
fois qu'il surgissait quelqu'aifaire ou quelque difficulté, 
on chargeait le procureur de ville de l'étudier et de la ré- 
soudre. 
La séance est levée à 4 h. 3/4. 



Séance du 26 février 1894. 

Président : M. Tabbé BLED. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

La séance est ouverte à 3 h. 10 et M. le Président re- 
nouvelle à la Société les remerciements qu^il lui avait 
adressés par écrit lors de la dernière réunion relative- 
ment à sa nomination. 

Le procès-verbal de la séance précédente est ensuite la 
par le Secrétaire général et il est adopté sans observation. 

Dons, hommages, échanges. 

^ Delà part de M. le Préfet du Pas^e-Calais : 

Procès-verbaux du Conseil général, session d'août 1893. 

— De la part de M. lo Maire de Saint-Omer : 

Compte administratif de 1892. — Chapitres additionnels 
au budget de 1893. — Budget de 1894. 

---Delà part dt Vauteur : 

Â. Janvier. — Deux baptêmes à Amiens au xviii* siècle 
(1738-1748). Amiens, Yvert et Tellier, 1893, 18 pages in-8. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Auxerre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his- 
toriques et naturelles de l'Yonne, année 1893, 47* vol. 
17* de la 3* série. 

Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la 5o- 



— 319 — 

clétô d'agriculture de l'arrondissement de Boulogne- 
sur-mer, janvier 1894, t. XXX, n* I. 
Caen (Calvados). Mémoires de l'Académie nationale des 

sciences, arts et belles-lettres de Caen, 1893. 
Chambéry (Savoie). Mémoires et documents publiés par la 

Société savoisienne d*histoire et d'archéologie, t. XXXII, 

2* série, t. VII, 1893. 
Compiègne (Oise). Société historique de Compiègne. 

Procès-verbaux, rapports et communications diverses, 

II, 1893. 
Nîmes (Gard). Mémoires de l'Académie de Nîmes, 7* sé- 
rie, t. XV, année 1892. 
Orléans (Loiret). Bulletin de la Société archéologique et 

historique de l'Orléanais, t. X, n* 150, 4* trim. de 1892. 
Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de l'Ouest, 4« trimestre 1893. 
Saint-Drieuc (Côtes-du-Nord). Bulletins et Mémoires de 

la Société d'émulation des Côtes du-Nord, t. XXXI,1893. 
Bulletins de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, 

année 1893. 
Toulon (Var). Bulletin de l'Acalémie du Var, nouvelle 

série, t. XVII> 1 ' fascicule, 1893. 
Valenciennes (Nord). Société d'agriculture, sciences et 

arts de l'arrondissement de Valenciennes, 45* année, 

t. 43, n* 11, décembre 18^3. 

— De la part des Sociétés saoantcs étrangères : 
Belgique. 

Anvers. Bulletin de l'Académie, d'archéologie de Belgi- 
que, 4* série des annales, 2* partie, XIV, 1894. 

Gand. Bulletin du Cercje historique et archéologique de 
Gand, 1" année, n" 1, 2, 3. 

Abonnements. 

Bulletin de la Société bibliographique et d*s publications 

populaires, 25^ année, II, février 189'^. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. — Partie 

littéraire, 2* série, t. 39, 70* de la collection, 2* livraison. 



- 380 — 

février 1894 ; partie technique, 2« série, t» 20, 72* de la 
collection, 2* livraison, février 189*. 

Correspondance, 

!• 2 février 1894. — Accusé de réception par le Minis- 
tère de 121 exemplaires du Bulletin his'orique, 167« li- 
vraison. 

2* 3 février 189i. — Convocation du Président de la 
Société au x« Congrès international des Orientalistes qui 
se tiendra à Genève du 3 au 12 septembre 189V. 

3* 8 février 1894. — M. le bibliothécaire de l'Institut de 
France demandé pour la bibliothèque de cet établissement 
les tomes XVI et XVll des Mémoires de la Société et les 
livraisons 41 et 42 du Bulletin. 11 a été répondu de suite 
que ces volumes et bulletins étaient épuisés, mais que les 
tomes XVI et XVll formant un seul ouvrage ont été tirés 
à part sous le titre : les anciennes Commv.nautés d'arts et 
métiers à StOmer, et que plusieurs exemplaires en ont 
été envoyés autrefois à l'Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres qui lui a décerné une mention honorable 
au concours des Antiquités départementales de Tannée 
1882. Peut-être M. le bibliothécaire pourrait-il en retrouver 
un exemplaire avec lequel il compléterait la collection des 
Mémoiros. 

4* Le Cercle historique et archéologique de Ga?id, fondé 
le 11 mars 1893, demande à entrer en relations avec la 
Compagnie par l'échange respectif de leurs publications. 
Examen fait des fascicules du Bulletin envoyé, la Société 
décide qu'on «^dressera à cette nouvelle Compagnie sa- 
vante le Bulletin historique, car les relations avec les 
érudits belges sont extrêmement précieuses. 

5* L'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres 
de Toulouse annonce le 20 février l'envoi du tome V, 9« 
série, année 1893, de ses Mémoires. 

6* Le secrétaire général de la Société des sciences, des 
arts et des lettres du Hainaut adresse le programme du. 
concours de 1894. 



— 321 - 

Elections* 

Il est ensuite procédé par voie de scrutins successifs 
aux élections des membres présentés à la dernière séance, 
et M. lé Président proclame membre titulaire M. Caron 
de Fromentel, et membres correspondants MM. Hector de 
Rosny, Anatole Hermand et Andrieux. Avis leur. sera 
donné de leur nomination. 

Candidature. 

MM. Decroos, Charles de Pas et Charles de Givenchy 
proposent ensuite la candidature de M. Maurice Lengai- 
gne, banquier à Saint-Omer, pelit-fils de M. Deneuville, 
membre fondateur, qui a écrit plusieurs notices dans les 
Mémoires. Conformément au règlement cette élection est 
renvo3'ée à la séance suivante. 

Les Chartes de Saint-Bertin. 

Par lettre du 1*^' février, M. le Ministre de l'Instruction 
publique avait demandé à être renseigné sur les condi- 
tions dans lesquelles pourrait se poursuivre la publication 
de cet important ouvrage si heureusement conduite jus- 
qu'ici par le regretté chanoine Haigneré. 

En conséquence, le 6 février, le Secrétaire général a 
fourni au Ministre tous les renseignements relatifs à 
rétat actuel du manuscrit et au nombre de fascicules que 
nécessitera encore son impression complète. Il a joint à 
son rapport un extrait du procès- verbal de la séance du 
23 décembre (nécrologie, mort de M. le chanoine Hai- 
gneré) et un autre extrait du procès-veriial de la séance 
du 29 janvier dans lequel M. l'abbé Bled est désigné 
comme le continuateur de ce travail. Il ajoutait que 
par un sentiment de modestie qu'on ne saurait blâmer, 
M. l'abbé Bled avait demandé, avant de donner une ré- 
ponse définitive, à examiner de plus près la méthode 
suivie par son éminont prédécesseur et les mss. restant à 
éditer, car il lui semblait que c'était pour lui une lourde 
responsabilité que de continuer une œuvre qui avait 



— 32è — 

donné à son auteur une réputation d'érudit si universelle. 
Dans sa réponse du 30 février, M. le Ministre expose 
que le Comité des travaux historiques et scientifiques a 
accueilli avec la plus vive satisfaction le choix fait par 
la Société pour continuer la publication des Chartes de 
Saint-Berthit et que les travaux distingués du nouveau 
Président de la Compagnie le désignaient tout spéciale- 
ment pour Taccomplissement de cette tâche difficile. 
M. lo Ministre ne doute pas en conséquence que l'opinion 
si flatteuse du Comité ne lève les dernières hésitations de 
M. Tabbé Bled, et il annonce en même temps qu'il a pres- 
crit l'ordonnancement de la somme de 500 francs deman- 
dée par la Compagnie pour commencer le S"» fascicule du 
tome III. 

M. le Président répond que le Secrétaire général a bien 
voulu porter à sa connaissance la lettre du Ministre aus- 
sitôt après sa réception, et qu'il n'a pu résister aux en- 
couragements si bienveillants du Comité. Il remercie la 
Société de l'avoir jugé digne de continuer les Chartes de 
Saint'Dertin, annonce qu'il s'est mis de suite à l'œuvre et 
il donne quelques aperçus sur le dépouillement qu'il a fait 
du tiers environ du tome VII du manuscrit de D. Dewitte, 
en expliquant qu'il a cru devoir donner au œmmence- 
ment des extraits assez étendus à cause de la nouvelle 
administration de Guillaume Fillastre, fils naturel de 
Philippe de Bourgogne, qui fut nommé abbé à 1 époque 
où commence le tome VII. L'assemblée approuve la mar- 
che que suit l'auteur et ne doute pas qu'il conduise à bien 
la ûa de ce beau travail. Le Secrétaire général rappelle 
toutefois que le Ministère; comme la Société, demande 
qu'il ne soit donné que les parties substantielles du ma- 
nuscrit. 

réramique aurfomarotse. 

Le Secrétaire général expose ensuite que M. Ânsel, mort 
il y a environ deux ans à Saint-Omer, s'était occupé de re- 
cueillir des documents de diverses natures sur lancienne 
faïence de Saint-Omer qui se fabriquait en cette ville 



dans la seconde moitié du siècle dernier. Outre des ex- 
traits d'archives concernant le s' Levèque, fondateur de 
cette industrie, M. Ânsel avait recueilli sur le terrain 
occupé par l'une des anciennes fabriques d'assez nom- 
breux débris présentant quelque intérêt; il avait fait en 
outre dessiner un assez grand nombre de pièces qui se 
trouvent chez des amateurs de la ville et qui lui avaient 
paru avoir été faites à Saint-Omer. Il légua tous ces ren- 
seignements accompagnés de quelques notes à M. Soil, 
juge à Tournai, en le priant de les utiliser. 

Dans ces circonstances, le Secrétaire général a pensé 
qu'il y aurait lieu de faire une démarche auprès de M. Soil 
afin de savoir si son intention était de compléter les re- 
cherches de M. Ânsel et d'écrire une histoire de la faïen- 
cerie audomaroise% La Société des Antiquaires de la 
Morinie serait heureuse alors d'éditer son œuvre et lui 
offrirait son concours. M. Decroos, trésorier, qui, dans les 
Congrès archéologiques de Belgique, a rencontré plu- 
sieurs fois M. Soil,- a bien voulu se charger de cette mis- 
sion. M. Soil vient de lui répondre le 13 février par une 
lettre dont il est donné lecture, et d'où il résulte que les 
notes de M. Ansel sont absolument insuffisantes, c qu'il 
» ne s'agit que de renseignements recueillis de ci de là, 
» et qui loin de former un ensemble éditable (!) n'ont 
» même aucun lien entre eux ». Peut-être utilisera-t-il 
ces notes informes pour étudier plus tard tout ou partie 
de la céramique du Pas-de-Calais, et dans ce cas tout 
serait à refaire. S'il s'y décidait, il ne manquerait pas 
d'ailleurs de présenter son manuscrit à la Société. 

Après la lecture de cette lettre, une conversation inté- 
ressante s'engage entre les membres présents. M. Revil- 
lion regrette qu'on ne puisse faire l'histoire de la faïence 
de Saint Omor,bien qu'elle ne présente pas un très grand 
intérêt artistique. En effet, les renseignements que l'on a 
déjà recueillis sont de nature à modifier beaucoup d'idées 
reçues, notamment sur les importations considérables de 
faïences do Rouen qui auraient été faites à Saint-Omer et 



— 384 — 

dans les environs au siècle dernier. 11 y a lieu de consî-- 
dérer que dans cette ville et dans un rayon d'environ huit 
à dix lieues autour d'elle, on trouve encore aujourd'hui 
un grand nombre de pièces intactes de faïences de Rouen, 
et qu'au delà on n'en rencontre presque plus. C'est que ce 
prétendu Rouen serait le plus souvent de Saint-Omer. Le 
s' Levêque notamment, était fils d'un faïencier de Rouen 
et il avait amené ici des ouvriers de l'atelier de son père. 
M. Decroos ajoute qu'on a fait d'abord à Saint Orner de 
la faïence bleue, imitation de Nevers, puis du Delft. Quel- 
ques membres rapportent qu'on a aussi imité les faïences 
d'Aire, de Desvres, et peut-être d'autres encore. 

Rapport de la Commission des comptes de 1893. 

Le rapporteur de la Commission des comptes pour Tan- 
née 1893 a la parole pour lire son rapt>ort. 11 en résulte 
que la comptabilité est en ordre parfait et il propose de 
voter des remerciements au nouveau trésorier, en confir- 
mant l'appréciation déjà faite dans la séance précédente. 

Épigraphie disparue de la ville de Saint-Omer, 

M. Revillion entretient ensuite la Compagnie de Texa- 
men qu'il vient de faire récemment à Bruxelles du ms. de 
Neufforge de la Bibliothèque royale de cette ville dont il 
a déjà parlé. II y a là de nombreux renseignements qui ne 
se trouvent pas dans le manuscrit d'Hellin dont les ex- 
traits ont été faits, et on peut évaluer à vingt-cinq pages 
environ l'étendue de la copie à prendre. On ne trouve 
rien sur Téglise Notre-Dame de Saint-Omer, mais deux 
pages sont consacrées à Saint-Bertin, puis viennent les 
églises ou chapelles de l'hôpital Saint-Jean, des Domini- 
cains, desPauvresClarisses, de Saint-Denis, de Saint-Sé- 
pulchre, des Sœurs noires, de Sainte- Catherine de Sion, 
de Sainte-Aldegonde; quelques inscriptions ont été co- 
piées sur des tryptiques. Ces renseignements paraissent 
présenter un grand intérêt pour l'ouvrage que la Compa- 
gnie se propose d'éditer, elle remercie M. Revillion, et la 
prie en conséquence de vouloir bien se charger de faire 



-&86 - 

faire les copies qu'il n'a pas eu le temps de prendre lui-* 
même. 

M. Decroos constate que la Société a réuni déjà un 
grand nombre de documents épigraphiques, mais qu'il 
peut encore en exister qui sont absolument ignorés et qui 
risquent de rester inconnus. Il propose en conséquence 
d'annoncer avec une certaine publicité le travail projeté 
par la Société, en priant les personnes qui auraient des 
renseignements sur les anciennes inscriptions aujour- 
d'hui détruites qui pouvaient se trouver dans les ancien- 
nes églises de Sàint-Omer, de les transmettre à la Com- 
mission d'épigraphie disparue. Après un examen de cette 
proposition, on décide qu'il sera placé en tête du prochain 
bulletin un avis sur papier dé couleur destiné à appeler 
l'attention sur l'appel fait par la Compagnie aux déten- 
teurs des renseignements qu'elle recherche. 

Extension des relations de la Société, 
Le Secrétaire général expose q{ie M Bibliographie des 
travaux historiques et archéologiques publiés par les 
Sociétés savantes de France qu'il a déjà signalée \ contient 
des détails très complets sur les travaux de chaque Com- 
pagnie, ce qui permet de se rendre compte de leur valeur. 
Il lui a paru qu'il serait avantageux d'entretenir des rela- 
tions par voie d*échange de publications, avec les princi- 
pales d'entre elles qui ne seraient pas déjà en correspon- 
dance avec la Société. 

M. le Secrétaire archiviste a bien voulu faire un relevé 
de ces sociétés qui sont assez nombreuses, et il donne son 
opinion sur l'intérêt de leurs travaux. 

M. le Président pense qu'il serait bon en effet d'étendre 
lés relations de la Compagnie, mais que cela ne peut se 
faire que dans une mesure assez restreinte pour ne pas 
entraîner trop de frais de publication, et il invite le Secré- ' 
taire archiviste à rechercher seulement les sociétés réel- 
lement importantes appartenant à des provinces avec 

* Bulletin Msiorique.t IX, pp. 172-173. 



lesquelles notre Compagnie n'aurait pas encore de rela- 
tions. 
La séance est levée à 5 heures 1/4. 



Séance du 4 avril 1894. 

Président : M. Tabbé BLED. 
Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

Au début de la séance qui s'ouvre à 3 h. 10, M. le Pré- 
sident expose que la réunion du mois de mars, qui n'a 
pu avoir lieu parce que le dernier lundi du mois se trou- 
vait être le lundi de Pâqu^, n'a pas été remise au lundi 
suivant, conformément au règlement, parce qu'il était 
encore retenu au Congrès de la Sorbonne. Aussitôt son 
retour, il s'est empressé de faire convoquer la Société. 

Il donne ensuite la parole au Secrétaire général pour 
lire le procès-verbal de la séance précédente qui est 
adopté sans observation. 

Dons, hommages, échanges. 

— De la part du Ministère de VInstruction publique : 

Catalogue général des manuscrits des bibliothèques pu- 
bliques de France, départements, tomes XVI et XXI. 

Annnuaire des bibliothèques et des archives pour 1894. 

Bibliographie des travaux historiques et archéologiques 
publiés par les Sociétés savantes de la France, t. II, 
4» livraison. 

Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifi- 
ques, section des sciences économiques et sociales, 
année 1893. 

— De la part des auteurs : 

Supplément à l'album Caranda. Un dernier mot sur le 
port des torques par les Gauloises dans les deux dépar'^ 
tements limitrophes l'Aisne et la Marne. St- Quentin, 
1894. 



Album historique du Boulonnais, par M. Arthur de ftod- 
ny, 1892. 

— De ^a part des Sociétés savantes franc lises : 

Amiens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 
dé Picardie, année 1893, n' 3. 

Beauvais (Oise). Mémoires de la Société académique d'ar- 
chéologie, sciences et arts du département de TOise, 
t. XV, 2- partie. 

Béliers (Hérault). Bulletin de la Société archéologique, 
scientifique et littéraire de Béziers, 2* série, t. XVI, 
1'* livraison. 

B2oî£ (Loir--et-Cher). — Mémoires de la Société des scien- 
ces et lettres du Loir-et-Cher, 13» volume. 

Bulletin de la Société des sciences et lettres de Loir-et- 
Cher, V* année, n* 1, janvier 1893. — 2* année, janvier 
1894. 

Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture de l'arrondissement de Boulogne-sur-mer, 
février 1894, t. XXX, n' 2. 

Compi^gne (Aisne). Société historique de la Sarthe. Car- 
tulaire de l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne, 
par M. l'abbé Morel, 1^' fascicule. 

Le Mans (Sarthe). Revue historique et archéologique du 
Maine, t. XXXIV, année 1893, second semestre. 

Limoges (Haute- Vienne). Bulletin de la Société historique 
et archéologique du Limousin, t. XLI, XIX de la 2« série. 

Montauban |Tarn-et-Garonne). Bulletin archéologique et 
historique de la Société archéologique de Tarn-et-Ga- 
ronne, t. XXI, 1" à 4« trimestres 1893. 

iVanfes (Loire-Inférieure). Bulletin delà Société archéolo- 
gique de Nantes et du départem* de la Seine-Inférieure, 
t. XXXII, 1893, 1»' semestre. 
Orléans (Loiret). Bulletin de la Société archéologique et 
historique de l'Orléanais, t. X, n* 151, 1«' et 2« trimestres 
de 1893. 
Parés (Seine). Société de secours des amis des sciences. 
Compte- rendu du 33» exercice 1893. 



- 328 - 

Saintns (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d'Âunis, bulletin de la Société des archives historiques, 
U« volume, 2« livraison. 

Toulouse (Haute-Garonne). Mémoires de TAcadémie des 
sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 
9* série, t. V. 

Valenciennes (Nord). Revue agricole, industrielle, histo- 
rique et artistique de Valenciennes, 45« année, t. 43, 
n-12. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 
Belgique. 

Anvers. Bulletin de l'Âcadémied'archéologie de Belgique, 

4« série dès annales, 2» partie, XV. 
Bruxelles, Analecta Bollandiana, tomus XIII, fasc. 1,1894. 
Gand. Bulletin du Cercle historique et archcologique de 

Gand, r« série, n* 4. 
Messager des sciences historiques, année 1893, 4« livrais. 

Russie. 
Saint-Pétersbourg. Compte-rendu de la Commission im- 
périale archéologique pour les années 1882-1888 avec 

un atlas. 
Mémoires et documents de la Société archéologique 

russe, 1890 à 1893. 

Suisse. 
Genève. Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie 

de Genève, 1. 1, livraison 3. 
Zurich. Mittheilungen der antiquarischen gesellschaft 

in Zurich, LVIll, 1894. 

Abonnements. 

Bulletin de la Société bibliographique, 25« année, II fé- 
vrier, III mars 1894. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2« série, t. 39, 70» de la collection, 3» livraison, 
mars 1894. - Partie technique, 2« série, t. 20, 72« de la 
collection, 3« livraison, mars 1894. 

Bibliothèque de l'École des Chartes, LIV, nov.-déc. 1893. 



- 320 - 

Revue de V Art chrétien, 5« série, 1894, t V, !'• livraison. 
Annuaire de la Société française de numismafrque, jan- 
vier-février 1894. 
Revue historique, 19» année, t. 54, II, mars-avril 1894. 

On remarque parmi les envois les magniflques volumes 
et Talbum adressés par la Commission impériale archéo- 
logique de Saint-Pétersbourg, pour lesquels le Secrétaire 
général s'est empressé d'envoyer de suite les remercie- 
ments de la Compagnie. 

11 propose de voter aussi des remerciements à M. Ar- 
thur de Rosny qui a offert un exemplaire de son bel Album 
historique du Boulonnais. — Adopté. 

Correspondance. 

V Le Président de la Société Académique de Boulogne- 
sur-Mer annonce que, pour honorer la mémoire de son 
savant secrétaire perpétuel M. le chanoine Haigneré, 
cette Compagnie se propose de lui élever un monument 
au moyen d'une souscription, et il prie la Société de s'y 
associer et de désigner Tun de ses membres pour faire 
partie du comité. — Après quelques explications fournies 
par M. Tabbé Bled sur la nature du monument, la Société 
décide que, pour reconnaître les services que lui a rendus 
le défunt et qui ont été détaillés dans le procès- verbal du 
23 décembre 1893 ' elle enverra au comité une somme de 
cent francs. M. le Trésorier est chargé de la faire parvenir 
à destination. 

2* Accusé de réception par la Société des Antiquaires 
de Londres de la 167* livraison du Bulletin historique, et 
du 2r fascicule du tome III des Chartes de Saint-Bertin. 

3* Autre accusé de réception du 6 mars de la livraison 
168 du Bulletin historique, par la Société archéologique 
du Midi de la France. 

4* 6 mars. M. Anatole Hermand, dans une lettre extrê- 
mement gracieuse pour la Société, dans laquelle il rap- 

' Bulletin htstoriquêj t. IX, p. 279. 



— 330 - 

palle le souvenir de son père, la renjercie de l'avoir 
noimohé membre correspondant. 

5* Par lettre du 7 mars, M. Charles de Renty donne sa 
démission de membre honoraire. 

6* 9 mars. M. le Ministre de l'Instruction publique 
accuse réception de 125 exemplaires de la 168* livraison du 
Bulletin historiquf*. 

T Remerciements du 13 mars de M. Andrieux, récem- 
ment élu membre correspondant. 

8* La Société des Antiquaires de Zurich annonce le 
27 mars l'envoi de : Mittheilungen^ n* 58. 

Élection, 

L'ordre du jour appelle l'élection de M. Maurice Len- 
gaigne, présenté à la dernière séance. M. le Président 
donne le résultat du scrutin qui est ouvert et proclame 
M. Lengaigne, membre titulaire. Avis lui sera donné de 
sa nomination. 

Candidature, 

MM. César de Givenchy, abbé Bled et Justin de Pas 
proposent ensuite la candidature de M. Raymond Ri- 
chebé, avocat, archiviste paléographe, ancien attaché à la 
bibliothèque mazarine, membre de la Société française de 
numismatique et du Comité flamand de France, comme 
membre correspondant. Le nom de Richebé réveille le 
souvenir des services rendus autrefois par un conseiller 
pensionnaire de la ville de Saint-Omer (1619),^ cette 
candidature est accueillie avec une extrême satisfaction 
par la Compagnie. Le vote est renvoyé à la prochaine 
séance, conformément au règlement. 

Distinctions honorifiques. 

Le Secrétaire général est heureux d'annoncer que dans 
la séance générale de clôture du Congrès des Sociétés 
savantes tenue le 1" avril 1894, M. Loriquet, membre de 
la Commission des antiquités d'Arras, a été fait officier 
de l'instruction publique sur la proposition du Comité des 



— 331 — 

travaux historiques et scientifiques. M. Loriquet est aussi 
membre correspondant de la Compagnie, qui le félicite 
de la distinction si méritée qu'il vient d'obtenir, et qui est 
heureuse en môme temps de rendre hommage à Textrème 
obligeance du savant archiviste du département. 

Sur la proposition du môme Comité, M. Coyecque, ar- 
chiviste de la Seine, a été nommé officier d'Académie. La 
Compagnie adresse aussi ses félicitations à M. Coyecque, 
membre correspondant, qui a publié plusieurs comptes 
intéressants dans le tome Vil du Bulletin historique. 

Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne, 
M. Tabbé Bled rend compte de la lecture qu'il a faite le 
30 mars au Congrès des Sociétés savantes de la Sorbonne, 
où la Compagnie l'avait envoyé. Il explique qu'il avait dû 
ixiodifier le travail sur le sol de Thérouanne dont il avait 
donné connaissance à la Société dans les séances des 
30 octobre et 27 novembre 1893 \ 11 entre dans quelques 
explications sur cette communication qu'il n'avait pu 
lire à la Compagnie avant son envoi au Congrès. Sa 
lecture a été écoutée avec attention et sympathie et 
on ne peut mieux accueillie. Il montre les trois plans 
qu*il avait joints à sa notice. Le premier est l'un de 
ceux publiés et décrits par M. Richard, archiviste du 
département du Pas-de-Calais, dans les Bulletins de 
la Commission des Antiquités départementales ', et dont 
la Société des Antiquaires de la Morinie a fait tirer 
un assez grand nombre d'exemplaires destinés à être 
joints à l'Introduction au Cartulaire de Thérouanne. 
D'après M. l'abbé Bled, ce plan, dont M. Richard fixait la 
date entre 1537 et 1553, serait de 1539. Des deux autres 
plans présentés à la Sorbonne et dressés par M. E. 
Sturne, le premier donne l'état du sol de Thérouanne 

' Bulletin historique, t. IX, pp. 265 et 274. 

* Deux plans de Thérouarme, par Jules-Mario Richard (Bulletin 
de la Commission des Antiquités départementales du Pas-de-Calais, 
t. V, p. 103 à 127). 



- 332 - 

avant la Révolution, le second est un extrait du plan du 
cadastre. En les rapprochant de la vue cavalière de 1539, 
on voit de suite que le nouveau village de Thérouanne ne 
s*est point bâti sur le sol de l'ancienne cité et que les dé- 
molitions de celle-ci gisent encore tout entières sous le 
sol qui les recouvre et qui n'a point été fouillé. Le but de 
la communication de M. Tabbè Bled était d'appeler 1 at- 
tention des membres du Comité des travaux historiques 
et scientiflques sur cet état de choses, de manière à pro- 
voquer ridée d'entreprendre des fouilles qui seraient sans 
doute fructueuses 

Les membres présents félicitent M. le Président de son 
succès, et le Secrétaire général propose d'insérer dans le 
procès- verbal de ce jour le rapport fait au Jou?*iiaZ offi- 
ciel, ce qui est adopté. 

« Journal officiel du 30 mars 1894, p. 1462. 

)) Séance do Congrès des Sociétés savantes de Paris et des 
)) départements à la Sorbonne en 189^. — Section dMiistoire et 
)) de philologie. 

» Séance du mercredi matin 28 mars, 

» Présidence de M. G. Servois, garde général des archives, 
» membre du Comité des travaux historiques et scientifiques, 
)) assisté de M. Léopold Delisle et de M. le comte de Luçay, 
» membres du Comité. 

» Une ville disparue. — Sous ce titre, M. Fabbé Bled, président 
» de la Société des Antiquaires de la Morinie, raconte la des- 
» tinée très particulière de Thérouanne, Tantique capitale du 
o'pays Morin, dont il expose succinctement la démolition en 
)) 1553 par Charles-Quint. 11 suit plus spécialement l'histoire du 
» sol de Thérouanne après la destruction de la ville jusqu'à la 
» Révolution. L'intention de l'auteur est de faire ressortir l'in- 
» térêt qui s'attache à ces souvenirs. 

» Sur les ordres pressants et réitérés de l'empereur, avec le 
)) concours de six mille pionniers levés aux villes voisines, la 
)) vieille cité morine vaincue fut rapidement démolie. En moins 
de six semaines il ne resta plus rien debout, ni de ses mai- 
» sons, ni,de ses édifices, ni de ses forteresses. Insistant sur ce 



— 333 — 

)) court délai qui n*a permis aux démolisseurs que d'amonceler 
» des décombres sans leur laisser le temps de défoncer le sol, 
)) Tauteur signale Tintérêt archéologique qu'offriraient des 
» fouilles méthodiques dans ce terrrain qui n'a jamais été ex- 
» ploré. La cathédrale surtout, encore aujourd'hui nettement 
» indiquée, dont on n'a jamais connu une seule inscription tu- 
» mulaire, se révélerait avec son antique pavement et ses 
)) larges pierres tombales. 

n La conservation de ce que l'on peut appeler le sous-sol de 
» Thérouanne résulte encore manifestement de son histoire 
» après la destruction. K^ effet, à titre de régale établie par 
» Clotaire I", Thérouanne et son territoire, placés sous la juri- 
)) diction des évoques qui en étaient les seigneurs temporels ne 
)) relevant que des rois de France, ont toujours eu, sous les 
» comtes de Flandre comme sous les comtes d'Artois, un ré- 
» gime d'exception. Aussi, dans tous les traités que le sort des 
» armes lui imposa, Fram^ois I" avait toujours réservé cette 
» enclave dans les concessions qu'il faisait à son rival victo- 
» rieux. Dans le traité de Cateau-Cambrésis, conclu après de 
D très laborieuses négociations dont Thérouanne fut en très 
» grande partie l'objet, son sol, par une entente commune 
)) entre les deux souverains, fut laissé dans l'indivision entre 
)) les trois titulaires des nouveaux évèchés de Boulogne, de 
» Saint-Omer et d'Ypres, formés de l'ancien diocèse de Thé- 
» rouanne démembré. On ne pouvait, en effet, partager la terre 
» sans partager aussi la justice qui y était attachée, ce qui pré- 
» sentait des difficultés inextricables. Ne pouvant rien aliéner 
» de ce terrain pour y laisser bâtir, les évêques le mirent (m 
» commun en formage, d'abord comme pâturage, puis comme 
» terre de culture jusqu'à la Révolution. Les rares habitants 
» échappés au massacre ne purent donc jamais réédifior leurs 
)> antiennes demeures sur le sol même de Thérouanne, et ce 
» fut sur l'emplacement du principal faubourg, hors de l'en- 
» ceinte de la ville, sur chaque rive de la Lys, que se groupé- 
I) rent les nouvelles habitations qui ont formé le village actuel 
» de Thérouanne. 

)) M. l'abbé Bled termine sa notice en exprimant le vœu qu'un 



— 334 — 

)) monument national, élevé sar l'emplacement de l'ancienne 
» ville, consacre quelque joar le souvenir de la vaillante cité 
» française et de son héroïque gouverneur, d'Essé-Montalem- 
» l>ert« tombé en la défendant. 

» Ce travail est accompagné de trois cartes in-folio repré- 
» sentant une vue cavalière de la ville de Tbérouanne vers 1539 
)) et deux plans du sol de Tbérouanne d'après le cadastre. » 

Découvertes archéologiques. 

M. l'abbé Bled montre ensuite à rassemblée une masse 
d'armes en plomb, un morceau de la hampe en bois y est 
encore adhérent. D'après M. Sturne, elle remonterait au 
XIII* siècle et serait même antérieure à cette époque, il ne 
croit pas que ce soit là une masse de boucher, c'est bien 
ce qu'on appelait autrefois une plommée. M. le Président 
se propose d*écrire pour le bulletin une courte notice sur 
cette intéressante pièce archéologique. 

M. Andrieux, membre correspondant à Tbérouanne, 
présente quelques objets provenant d'une sépulture mise 
à découvert il y a environ un an lors des travaux de ter- 
rassement exécutés pour la nouvelle voie du chemin de 
fer près de Tbérouanne. Ce sont quelques débris de vase 
en terre grisâtre, des morceaux de fiole en verre ir- 
risé, des morceaux de fer très oxydés provenant d'une 
arme quelconque, pique ou couteau, quatre anneaux de 
bronze de 0,07 c. de diamètre aplatis, dentelés sur le bord 
extérieur et couverts d'une belle patine, et un petit anneau 
d'argent uni. 

« La voie ferrée, qui va d'Aire à Berck, en quittant le terri- 
» toire de Thérouanne vers Aire, longe jusqu'au hameau de 
)) Grecques-les-Mametz la grande route à environ cent cinquante 
» mètres de la dernière maison de Thérouanne ; du càiS de 
» Grecques, en face d'un immense trou en forme d'entonnoir 
» d'où jaillissent des sources qui se jettent dans la Lys, se 
» trouve un chemin qui se dirige vers Blessy. C'est une an- 
» cienne voie romaine allant de Thérouanne à Houdain. Le 
» chemin de fer passe sur ce chemin qui n'est plus carrossable. 



• 336 - 

et c'est à l'intersection que forent trouvés deux squelettes. 
)) Séparés l'an de l'antre à une distance d'an métré, ils étaient 
» aune profondeur d'raviron six pieds^la tête vers Thérouanne 
» et les pieds vers filestjr, c'est-à-dire orientés vers le levant. 
» Les squelettes étaient entiers et les os en parfaite conserva- 
» tion. L'un des deux portait au bras les quatre bracelets que 
» je présente à l'examen des Antiquaires de la Morinie. L'ou- 
)) vrier m'a assuré que la bague, que j'ai jointe aux bracelets, 
» et dont la parfaite conservation, sans trace d*oxydation an- 
)) cane, m'avait un peu surpris, était bien au doigt du squelette. 
» Il s'en trouvait une deuxième qu'il a perdue dans les fouilles. 
» Au-dessus de ces squelettes, à un métré environ, on trouva 
)) trois pots en terre dont deux furent brisés par les pioches 
» des ouvriers, le troisième recueilli intact fut retenu par le 
)) directeur des travaux. On trouva en même temps une fiole en 
)) verre qui fut également brisée. Les débris de pot de verre et 
)) de fer que je présente sont de cette provenance. Dans un 
)) autre endroit, très proche de la râperie de Thérouanne, sur 
» la ligne du chemin de fer, à cent mètres environ de la gare, 
)) on trouva un autre squelette à un mètre et demi de profon- 
» deur. En creusant un puits près de la gare, à deux mètres 
» environ de profondeur, on rencontra un grand pot en terre 
» cuite, de couleur jaune, d'une capacité de quarante litres ra* 
» viron, qui fut bi isé par les curieux qui l'examinèrent. L'on 
» m'a assuré qu'à l'endroit où étaient enterrés les deux sque- 
» lettes dont l'un portait les bracelets mentionnés plus haut, 
)) Ton en a trouvé deux autres il y a environ vingt-cinq ans. » 

L'assemblée écoute avec intérêt cette communicatioD ; 
en remercie M. Andrieux, et décide l'insertioD de sa note 
au procès-verbal de la séance. 

Céramique audomaroise. 

Le Secrétaire général communique à la Société une 
liste de cinquante objets qui avaient été dessinés pour 
l'ouvrage que M. Ansel se proposait de conBacrer à la 
faïence de Saint-Omer. Ces pièces appartiennent au 
musée de la ville, au musée Dupuis, aux collections au- 



— 333 — 

jourd'hui dispersées de MM. de Bailliencourt et Aosel, et 
à quelques amateurs de la ville. Une planche où sont re- 
présentées à l'aquarelle quelques assiettes et la fontaine 
du musée Dupuis passe sous les yeux des membres pré- 
sents. Puis la liste est remise à M. Revillion. 

A propos de cette communication, M. le vice-Président 
dit qu'il a vu récemment chez M. Cyrille Quenson, mem- 
bre honoraire de la Société, à Nielles-les-Bléquin, un pot 
à bière portant au-dessous l'inscription Rubro ick et sur 
la panse le nom de Marante. Il a un certain mérite artis- 
tique. M. Revillion conclut qu'il y avait à Rubrouck, loca- 
lité située dans le département du Nord et voisine de St- 
Omer, une fabrique de faïence. 

Épigraphie disparue de la ville de Saint-Omer, 

M. Revillion dépose sur le bureau la copie des extraits 
du ms. de Neufïorge de la bibliothèque royale de Bruxel- 
les, dont il a été question à la séance précédente. Ce très 
intéressant document est renvoyé à M. l'abbé Bled qui 
centralise tous ceux relatifsà l'ancienne épigraphie locale\ 

Com mun ical ions. 

M. le Comte de Galametz, membre correspondant à 
Abbeville, envoie les renseignements suivants sur divers 
exlrailz des registres dn Saint-Berlin qui se trouvent à la 
bibliothèque d'Arras : 

(( Au manuscrit 20't ancien, nouveau 316, de la bibliothèque 
)) d'Ârras, sont transcrits les documents suivants : 
)) Extraits des registres de Saint-Bertln. 
pp. 509 G. H. Coyecke. 

513 J. J. Arques. 

521 K. D. 

535J. K. Kelmes. 

551 K. T. Nouveaux arrenterr.ens depuis ltô6. 

551 L. B. Boarbourg (?). 

' Voir Bulietin historique, t. VIII, p. 470. 



• 337 — 

559 L. L. 

561 L C. HoDile. 

573 Titres reposant à Saint-Omer. 

576 Obits de Sainte-Aldegonde. 

578 Titres de Saint-Denis à Saint-Omer. 

580 Obits à Saint-Denis. 

58^ Anniversaires à Saint-Denis. 

M. de Noircarme émet le vœu que la Compagnie fasse 
une démarche pour que deux pierres tombales qui se 
trouvent au-devant de la chapelle du Calvaire dans l'é- 
glise Notre-Dame, et qui ont été reproduites dans VÉpi- 
graphie de cette église ', soient relevées et encastrées dans 
les murs afin d assurer leur conservation. Elles concer- 
nent Tarchidiacre Desmartins de Puislobier et Tévôque 
Joseph -Alphonse de Valbelle-Tourves. 

M. Charles Legrand, secrétaire archiviste, demande 
ensuite la parole pour lire la note suivante relative à un 
prétendu diplôme de Thierry III en 682 : 

« Dans le tome I, p. 3, des Chartes de SairU-Bertin, éditées 
» par notre Société, on voit mentionné un diplôme en date du 
» 23 octobre 682. C'est une concession d'immunité octroyée par 
» le roi Thierry III à l'abbaye de Saint-Bertin, pour ses do- 
» maines d'Attin. L'original sur parchemin repose à la biblio- 
)) théque de l'Université de Gand. 

» Ce document, qui a été plusieurs fois signalé et étudié, 
» vient de nouveau de faire l'objet d'un travail de M. Pirenne, 
» dans le Bulletin de la Commission royale d'histoire de Belgique 
» (5* série, tome JII, n' 2). 

» L'auteur examine successivement les formes graipmati- 
» cales, les formules du protocole, les caractères externes de ce 
» diplôme, et il y relève un certain nombre de singularités qui 
» le portent à en contester roriginalité. Il préfère le considérer 
» comme une copie habilement faite à une époque relativement 

« pp. 52 et 53. 



» moderne. « Car, dit-îl, si ce diplôme est faax quant à ses 
» caractères externes, il ne Test probablement pas quant aa 
)) contenu. Sa rédaction est correcte et parfaitement conforme 
» aux règles suivies dans les chancelleries des premiers rois 
» francs. Les quelques anomalies qu'elle présente suffisent à 
)) prouver qu'elle n'appartient pas à un original, mais qu'elle a 
» ètè fabriquée de tontes pièces. Elles sont le fait du copiste. i> 
» Le travail de M. Pirenne est accompagné d'un fac-MmUe de 
» ce diplôme qui avait déjà été reproduit dans le Messager des 
)) sciences historiques de GAïïà {année 1872, 2* livraison), o 

Lectures. 

Il est ensuite donné lecture par M. le Président d'une 
pièce adressée par Hi, le comte de Galametz, membre 
correspondant à Abbevilie. C'est une lettre d'Etienne des 
Moustier, vice-amiral de France, à Jehan de Bray, rece- 
Yeur des aides de la guerre au diocèse d'Amiens, par 
laquelle il ordonne au nom du roy, le 29 mars 1385, d'ap- 
provisionner de vivres et de munitions les villes de Gra- 
velines et d'Ardres. Ce document sera inséré dans le Bul- 
letin historique. 

Puis M. Decroos, trésorier, lit une supplique des 
vassaux de Tatinghem à leur soigneur au siècle dernier 
à propos du projet de transférer la ducasse de ce village 
situé près de Saint-Omerau dimanche de la Trinité. Cette 
pièce, dont on ne possède qu'une copie, a été rédigée après 
1775. M. Decroos expose les motifs pour lesquels les du- 
casses ont généralement lieu entre la moisson et l'hiver, 
et il donne raison aux vieux usages. Ce petit travail, où 
l'auteur signale aussi lo singulier style de la supplique, 
est écouté avec intérêt par la Compagnie qui en décide 
l'insertion au Bulletin historique, 

La séance est levée à 5 h. 1/4. 

Lo Secrétaire-général, 
PAGAIlT D'HERMANSABT. 



LETTRE du viœ-aniral Etienne du Mouetier au 
receveur des aides de la guerre du dieoèse 
d'Amiens relative à la mise en 6tal de dtfense 
des villes de Gravelines et d'Ardres. 



29 MARS 1886 



Gommuntcation de M. le C^ R. de Galameiz. 



Estienne du Moustier conseiller et visamlral 
du roy notre seigneur, et commissaire de par 
icelui seigneur en ceste partie, à Jehan de Bray, 
receveur des aides de la guerre au diocèse 
d'Amiens salut. Le roy notre dit seigneur nous a 
commandé et ordonné que nous façons garnir et 
avi tailler de vivres les villes et forteresces de Gra- 
velingues et d'Ardres qui sont en frontière de ses 
ennemia, ot a esté ordonné et advisé que es dites 
villes et forteresces est nécessité de mettre en 
garnison pour le vivre et sustentation des gens 
d'armes, arbalétriers, piquenaires et autres qui y 
sont demouré pour la garde et défense d'icelles 
villes et du païs d'environ, affln que aucun incon- 
vénient n'en puisse ensuivre au roy notre dit 
seigneur ne à son royaume (que Dieux ne vueille), 
c'est assavoir en la dite ville de Gravellngues vint 



— 540 — 

six Qyms de blet àr la mesure d'Abbeville qui, est 
semblable à celle de Paris, et quatorze tonneaux 
4e vin ; .et en la dite ville d'Ardre Irante ayms de 
blé et ^QZB tonneaux de vin : pour les qv^elles 
garnisons achater et faire porter et n^ener es 
villes dessus dites avons par noz lettres commis 
et ordonnons Thierry de Heuchin pour acheter 
et faire porter les diz vint six ayms de blé audit 
lieu de Gravelingues, Robert du Trenquis bailli 
d'Ardre pour achater, porter et faire mener les 
diz trente ayms de blé audit lieu d'Ardre ; Alart 
Denne pour achater [audan] par Tordenance de 
monsieur de Sempy et faire mener par mer lesdiz 
quatorze tonneaux audit lieu de Gravelingues, et 
les diz seze tonneaux audit lieu d'Ardre. Pour 
lesquels vivres paier et les frais nécessaires pour 
iceulx faire porter et mener aus lieux dessus diz 
avons ordonné que l'argent sera par vous baillié. 
Si vous mandons et enjoignons estroitement de 
par le roy notre dit seigneur que tantost et sans 
délay vous, des deniers de votre recepte bailliez 
et délivriez aus dessus diz la somme de onze cens 
soixante livres tournois en la manière que s'en- 
suit. C'est assavoir, audit Thierry de Heuchin 
deux cens soixante livres tournois, audit Robert 
du Trenquis trois cens livres tournois, et audit 
Alart Denne six cens livres tournois, en prenant 
quittance d'eulx et de chacun d'eulx des dites 
sommes par vous ainsi à eulx baillé,par lesquelles 
rapportées avec ces présentes icelles sommes 
d'argent qui sont en somme onze cens soixante 
livres tournois, ou de ce que paie en aurés, nous 
vous en feront avoir descharge telle qu'il appar- 
tendra. Si gardez bien que en ce n'ait par vous 



-341 - 

aucun deffaut, car sy deffaut y avoit, nous nous 
en deschargMtoas 9ur vous. Itonné à Arras le 
XXIX* jour de mars. Tan mil ccc nn" et cinq. 

Signé Dousolers. Parchemin sôeaurtombé. 



UNE SUPPLIQUE 

nma de TaUighen ' à leir seigieir m siède 
dernier (I77S). 



CommunicalioD (le M. Decroos, trésorier. 



En Artois, comme dans les autres provinces, 
chaque village a sa fête annuelle. Mais au lieu 
d*étre une fête patronale proprement dite, comme 
dans les environs de Paris, la fête des villages 
d'Artois est, si Ton en croit les auteurs, une sorte 
d'anniversaire de la dédicace de l'église locale : 
de là serait venu, par corruption, le nom de du- 
casse donné à cette fête. Les ducasses donnent 
lieu à de nombreuses réunions de parents et 
d'amis. Les habitants et leurs invités se livrent 
aux diverses réjouissances organisées, mais pren- 
nent surtout part à de pantagruéliques festins 
qui ont lieu d'abord .le dimanche, puis les deux 
ou trois jours suivants, selon les localités, et en- 

' Tatinghem, village da canton sud de Saint-Omer, 802 ha- 
bitants, autrefois compris dans la banlieue de Saint-Omer. 



— 343 - 

fin le dimanche de roctare, appelé du nom carac- 
téristique de raccroc. 

Pour faire honneur à ces banquets, il faut un 
vigoureux appétit, et aussi beaucoup de temps et 
de loisirs. Leur organisation exige quelques res- 
sources, surtout dans les familles peu aisées. Ce 
n'est donc pas sans raison que dans la plupart 
des villages, les ducasses s'échelonnent entre la 
moisson et l'hiver. Cette époque est favorable 
entre toutes pour les réjouissances : les gros tra- 
vaux sont terminés, et la moisson est là, dans les 
granges, prête à fournir la farine nécessaire à la 
confection des gâteaux sans lesquels il n'existe 
pas de véritable ducasse. 

Disons cependant que dans bon nombre de vil- 
lages, on a trouvé longue Tannée séparant deux 
ducasses, et on a été ainsi amené à choisir un 
jour de réjouissance dans le courant de Tété. 
C'est la petite ducasse avec laquelle on fait habi- 
tuellement coïncider le concours de tir à Tare, 
lorsqu'une société de ce genre existe dans le vil- 
lage. 

De temps immémorial, la ducasse de Tatinghem 
était fixée au premier dimanche d'octobre, à la sa- 
tisfaction générale, quand en l'an de grâce 1775 
quelques habitants voulurent la transférer au 
dimanche de la Trinité. Pourquoi? nous l'igno- 
rons. Mais ce que nous savons, c'est que cette 
proposition souleva dans la population des pro- 
testations d'autant plus vives, que les novateurs 
étaient des oppulents de la paroisse que leur avoir 
mettait à même de célébrer une ducasse à l'épo- 
que de la Trinité. 

Une supplique fut adressée au seigneur de Ta- 



— 344 — 

tinghem '. Nous en donnons le texte ci-après.EUo 
eut un plein succès, et la ducasse resta fixée au 
premier dimanche d'octobre?. 

La lettre des vassaux de Tatinghem est écrite 
dans un style amphigourique qui démontre bîQa 
à quel point l'influence des philosophes du xvui? 
siècle se faisait déjà sentir jusque dans les vil- 
lages : 

Monsieur, 

Le devoir des vassaux envers leur seigneur consiste à 
informer Tautorité seigneurialle des évèoements publics 
quMls surviennent es lieux de son domaine. 

C'est pour m'en acquitter que de la part de vos vassaux 
inférieurs ridiculement molestés des oppulents de Tatio- 
ghem dans une assemblée tenue à leur réquisition et sans 
doute à votre insçû, concernant le jour de la ducasse qu ils 
veulent transférer au dimanche de la Trinité, pour favo- 
riser leur fastueuse volupté et leur luxe criminel, que je 
vous présente ce contenu. Ils sçavent qu'à ce jour la com- 
mune populaire est sans ressources, n*étant pas secourue 
de la récolte comme à Tépoque de la ducasse d'octobre, 
choisie à ce dessein par leurs ancêtres. A peine au di- 
manche de la Trinité, cette commune peut se procurer la 
meunée, loin de pouvoir en sacrifier une autre à cette 
douce et sociable réunion. L'ambition étant la base de 
l'intention de quelques oppulents, ils n'ont sans doutQ 
point voulu attendre que l'autorité seigneuriale ait parlé : 
envers laquelle la dépendance de cette commune a tou- 
jours déféré et défère récidivement aujourd'hui en cette 
séditieuse circonstance, afin que vous daignassiez parler 

^ La seignearie de Tatinghem appartenait alors à M. de Hos- 
toD, qui la tenait de la famille de Vignacoart, laquelle l'avait 
acquise de M. d'Ândenfort. 

* Depuis un certain nombre d'années, la ducasse de Tatia- 
gbem a été avancée au 4* dimanche de septen^bre. 



— 345 — 

en faveur de cette ancienne coutume, en considération et 
en mémoire de leurs ayeux et pour justice, en représen- 
tant aux adversaires de ce, que vous le désirez ainsy. 
Quoy faisant, la commune ne cessera d'offrir ses vœux 
au ciel pour la conservation de vos jours. 



Smint-Omer, Tyf . b. D*BOMOifT. 



BULLETIN 



DE LA 



m\m DES ANTIQUAIRES DE LA lORlNIE 



PROCKS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 30 avril 1894. 

Président : M. REVILLION, Vice-Président. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

M. le Président donne la parole au Secrétaire général 
qui lit le procès-verbal de la dernière séance. Il est ap- 
prouvé. 

Dons, hommages, échanges. 

— De la part dts auteurs : 

Maistre Mahieu (MaUieolus), satirique boulonnais du 

X///e siècle, essai de biographie, avec une photographie, 

par M. J.-V. Vaillant. 
Crânes mérovingiens et carolingiens du Boulonnais, 

par le D' E.-T. Henry, membre de Tlnstitut. 
The chronology of the cathcdral churches of France, par 

M. By Barr Ferrée, member Société de Thistoire de 

France, Paris. 



- 348 - 

Xotices sur Alexandre et Auguste Adcielle, d'Arras, sol- 
dats de la levée de 1812, par M. Victor Ad vielle. 

Le livre de raison de noble Honoré du Teil (1571-1586),par 
M. le 'baron du Teil. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Doulognc-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la So- 
ciété d'agriculture de l'arrondissement de Boulogne- 
sur-mer, mars 1894, t. XXX, n' 3. 

Cahors (Lot). Bulletin de la Société des études littéraires, 
scientifiques et artistiques du Lot, t. XVIIl, \*' à 4« fas- 
cicules, 1893. 

Chalons sur-Saône (Marne). Société d'histoire et d'archéo- 
logie de Chalons-sur-Marne. Cartulaire du prieuré de 
Saint-Marcel-lès-Chalon. 

Montbéliard (Doubs). Mémoires delà Société d'émulation 
de Montbéliard, 23« volume. 

Parts (Seine). Annuaire-Bulletin de la Société de l'his- 
toire de France, année 1893. 

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. IV, n" 
11, 12, 1893; t. V, nM, 1894. 

Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, t. I, 
3' série, 3» fascicule. 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d'Aunis, bulletin de la Société des archives historiques, 
U« volume, 3« livraison, 1«' mai 1894. 

Va/en:e (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d archéologie et de statistique de la Drôme, année 1894, 
avril, 109* livraison. 

Valenciennes ^Nord). Société d'agriculture, sciences et 
arts de l'arrondissement de Valenciennes, 46* année, 
t. 44, n- 1, 2, février, mars 18J4. 

Vervins (Aisne). Bulletin de la Société archéologique de 
Vervins. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 

Belgique. 
Bruxelles. Annales de la Société d'archéologie de Bruxel- 



— 349 — 

les, t. VII, livraison 4, !•' octobre 1898; t 8, livraison 1, 

!•' janvier 189i. 
Louvain. Ânalectes pour servir à l'histoire ecclésiastique 

de la Belgique, 2* série, t. VII, 4* livraison, 1892; 2« sé- 
rie, t. VIII, !'• à ^^ livraisons, 1893. 
Namur. Annales de la Société archéologique de Namur, 

t. XX, 3« livraison, 1894. 
Tournai, Mémoires de la Société historique et littéraire 

de Tournai, t. XXIII. 

Amérique. 
Washington. Ânnual report of the Beart of régents of 

the Smithsonian institution, july 1891. 

Abonnements. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 25* année, IV, avril 1894. 

Romania, recueil trimestriel consacré à Tétude des lan- 
gues et des littératures romanes, t. XXIII. 

Revue historique, 19* année, t 54, II, mars-avril 189i. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. ^Partie 
littéraire, 2* série, t. 39, 70* de la collection, 4* livraison, . 
avril 1894 ; partie technique, 2* série, t. 20, 72* de la 
collection, 4* livraison, avril 1894. 

Correspondance. 

V Â la date du 1^' avril, la Société archéologique de 
Sens, fondée en 1844, annonce qu'elle va célébrer en 1894 
ses noces d'or et elle invite les membres de la Compagnie 
aux réunions qu'elle prépare du 19 au 21 juin; 

2* Par lettre du 5 avril, M. Lengaigne remercie la 
Société qui l'a élu membre titulaire. 

3* M. le Ministre de l'Instruction publique annonce le 
10 avril l'envoi d'un ouvrage venant des États-Unis, et le 
24 celui d'ouvrages venant de Belgique. 

4* Par lettre du 19 avril, la Société des Antiquaires de 
Londres accuse réception de la livraison 168 du Bulletin 
historique. 

5' La Société académique de Boulogne-sur-mer remer- 



cie les Antiquaires de la Morlnie d'avoir bien voulu voter 
une somme de 100 francs à titre de participation à Tèreo- 
tion d*un monument à la mémoire de M. le chanoine 
Haigneré (27 avril). 

6* Le ix« congrès de la Fédération archéologique et his- 
torique de Belgique devant se tenir cette année à Mons 
du 5 au 8 août, M. Charles J^grand est désigné pour 
représenter la Société. . 

7* La Société française d'archéologie tiendra son con- 
grès annuel à Saintes et à La Rochelle du 29 mai au 6 
juin. La Compagnie désigne pour l'y représenter MM. Ch. 
Legrand, secrétaire archiviste, et Decroos, trésorier. 

Élection. 

11 est procédé ensuite à l'élection de M. Richebé, pré- 
senté à la dernière séance. Un scrutin est ouvert et M. le 
Président proclame M. Richebé membre correspon- 
dant. 

Candidature. 

MM. Pagart d'Hermansart, Revillion et Van Kempen 
présentent ensuite la candidature comme membre corres- 
pondant de M. le chanoine Depotter, curé-doyen de La- 
ventie, ancien vice-chancelier et membre de l'Académie 
d'Arras, auteur de divers ouvrages distingués. Le vote 
sur cette candidature est, conformément au règlement, 
renvoyé à la séance suivante. 

Le tome XXIII des Mémoires, 

Le Secrétaire général donne, à la place de M. Tabbé 
Bled absent, lecture d'une lettre de M. le Ministre de 
l'Instruction publique du 10 avril par laquelle il demande 
pour être publié dans l'un des plus prochains fascicules 
du Bulletin du Comité des travaux historiques et scienti- 
fiques, section d'histoire et de philologie, le travail lu au 
dernier congrès des Sociétés savantes et intitulé : Une 
ville disparue. L'auteur ayant déféré à cette demande, 
son étude qui, à l'origine, était destinée aux Mémoires de 
la Société, ne pourra pas figurer dans le tome XXIII. 



— 351 — 

Communication. 

M. Van Kempen donne lecture d'un document de 1638 
concernant un legs fait par la marquise de Lisbourg aux 
PP. Jésuites de Saint-Omer. Voici le texte de ce document 
qui pourra être consulté par les membres qui entrepren- 
draient rhistoiredes PP. Jésuites de Saint-Omer : 

Document de 1638 concernant un leg^ fait par la 
marquise de Lisbourg aux PP. Jésuites de Saint-Omer, 

(' Anjourd'hui vingtiésme du mois de fébvrier mil six cent 
et trente huict, pardevant moy Miclïiels Maurissens, Hérault et 
Roy d'armes de Sa Maj^-* catholique de son Pays et Comté de 
Flandres, en qualité do notaire et tabellion publicq, par le con* 
seil priré de Sa Maj" et celluy ordonné en Brabant, respective- 
ment admis et approuvé, résidant à Bruxelles, et les temoingz 
soubzescriptz, comparut en sa personne Illustre Seigneur Diego 
di Silva, marquis do Orani, gentilhomme de la Chambre du 
Roy et de Son Alteze Serenissime, le Cardinal Infant, fondé de 
procure, à lui donner par don fernando de fonceca et Zunica, 
marquis de Tarazona, comto de A}ala, etc., et dame Isabel de 
Zuniga et fonceca, marquise et comtesse des dits lieux,sa com- 
paigne, à ce autorisée parlcellny son seigneur mary passer par 
devant le notaire Andrés fasano résident à Naples, et certains 
tesmoingz en date du seizième de décembre mil six cent trente 
six, la d^ Dame, marquise de Tarazona, instituée héritière de 
feue Dame Anne de Clerhout, marquise de Lisbourg, comtesse 
de Croix, Baronne du Maldegheus etc., sa bonne Tante (de 
heureuse mémoire) par son testament en date du quatriesme 
du ir.ois d*aougt mil six cent et trente six, et laquelle institution 
d'hérédité ledit s' marquis de Orani, au nom desdits Seigneurs 
et Dame, ses constituans, at accepté et appréhendé le vingt 
septième du mois de Janvier dernièrement passé, par acte en 
faiot et passé par devant moy notaire susdit et tesmoingz, lequel 
Seigneur comparant a déclaré comme ainsy soit que ladite feue 
dame marquise de Libbourg, par son dit testament ait donné et 
légué aux Révérends Pères Jésuystes de S* Orner la somme de 
deux cents florins de rente héritière, au denier seize à prendre 



— 352 — 

sur ses plus clers biens sitaés tant au quartier de Flandres que 
d'Ârthois, et que ^esdit Seigneur marquis et dame marquise de 
Tarazona par le susdit testament soyent chargés comme iieri- 
tiers de ladite feue Dame marquise de Lisbourg, de payer tous 
les légats, dons et sommes de deniers y portés. Cy a le d' s' 
comparant, fondé de lour susd^* procure, confessé et recognu 
avoir vendu, créé et constitué, cy comme il vend, créé et cons- 
titué par cestes, au prouffit des dits Kévérends Pères Jésuystes 
de S' Omer une rente annuelle et perpétuelle de deux cents flo- 
rins par an rachaptable au denier seize, en telle monnoio qu'au 
jourdudit racshapt aura cours en ces pays, selon les placartz 
et edictz du prince, ayant encommenché avoir cours le vingt 
sixiésme du mois d'octobre mil six cent trente six et dont la 
première année et payement est escheu le vingt sixiésme du 
mois d*octobre mil six cent trente sept dernièrement passé. Et 
ainsy à continuer d'an en an jusques et comprins le jour dudit 
racshapt^ qui se pourra faire comme ci dessus est dict, toutes 
et quantes fois, qu'il plaira auxdites Seigneur et Dame marquis 
et marquise de Tarazona, leurs hoirs et ayant cause. Bien en- 
tendu qu'ils seront tenus trois mois auparavant ledit rachsapt, 
en preadvertir ceulx à qui ladite rente appartiendrait lors, afio 
do remploier les deniers d'Icelle. » 

Suivent les conditions de la rente avec les formules ordi- 
naires des notaires du temps. 

« Ainsi faict et passé en la ville de Bruxelles en présence 
des sieurs Michiel d'Olivarés, secrétaire du Roy et trésorier de 
la maison de Son Altéze Sor»*, et don lacinto de Herrera de la 
Chambre d'Icelle, comme tesmoingz à ce appeliez et requis, et 
a ledit sieur comparant signé la minute de ceste. En foy et 
tesmoignage de vérité des choses dessus dictes, ainsy passées 
et stipulées. Je notaire dessus nommé ay signé ces présentes 
de mon seing notarial accoustumé ey mis. 

9 Maurissens, notarius. » 

Les héritiers rachetèrent la rente aux PP. Jésuites, quatre- 
vingts ans après, comme l'atteste la déclaration originale du 
procureur de la province Gallo-Belgique, Jean de Poillon, mise 
au bas de l'acte : 



— 353 — 

a Je soussigné procureur de la province Gallo-Belgique, de 
la Compagnie de Jésus, certifle d'avoir reçeu de Monsieur le 
prince de Croy, Baron de Maldeghem, etc., la somme de quatre 
mil trois cens quarante cinq florins deux paitars pour cinq 
années de cours et la rate de temps écheur jusques an jour 
d*aujuurd'hui, et trois mille deux cens florins pour le capital de 
la susdite rente, déclarant de donner audit seig' Prince cession 
d'action, et de lo subroger en nos droits et actions à la charge 
de qui que ce puisse être tant par le capital qu'arrérages, con- 
sentant aussi pour autant que de besoin à la cassassion de la 
susdite rente., 

» Fait à Lille le dix huit juillet mil sept cent dix huit, aiant 
été rendu au d t Soign' prince les autres actes concernant la 
dite vente. 

» Témoin, 
» Jean de Poillon. » 

Lectures. 

M. Decroos, trésorier, lit une notice intitulée : Un 
chapitre de religieux Rt^^collets à Sâint-Omer en 1770. Il 
relate d'abord rétablissement de ces religieux à Saint- 
Orner et les emplacements successifs de leur monastère. 
Puis il explique que la réunion d'un chapitro était un 
événement pour la ville dans laquelle il se tenait, et il 
cite de curieux extraits du chroniqueur audomarois Hen- 
dricq (ms 808 de la bibliothèque municipale),relatifs à l'un 
de ces chapitres tenus en 1610. II arrive ensuite à celui de 
1770 et reproduit un fragment important d'un tableau 
récapitulatif des élections qui y furent faites. Cette lec- 
ture est écoutée avec intérêt parla Compagnie et la notice 
sera insérée au Bulletin historique. 

Le môme membre dépose ensuite sur le bureau un beau 
psautier in-douze sur vélin, appartenant à M. Agénor de 
Taffîn de Tilques, qui est examiné avec curiosité par les 
membres présents. Puis il en lit la description qu'il a 
préparée avec beaucoup de soin. Il signale tour à tour 
l'encadrement des feuillets,les capitales en tète de chaque 



— 354 — 

psaume et les majuscules de chaque verset, et particuliè- 
rement les dix grandes initiales qui se trouvent en tête 
des psaumes les plus connus, et où l'artiste a placé de 
charmantes miniatures. M. Decroos établit que ce ma- 
nuscrit date de la fin du xv* siècle ou des premières 
années du seizième ; il appartenait en 1629 à Tabbesse de 
l'abbaye de Blendecques, et il est dans un état de conser- 
vation remarquable. La Compagnie écoute cette lecture 
avec grand plaisir, car Fauteur ne s*est pas borné à une 
description, il a aussi comparé le psautier à d'autres ma- 
nuscrits existant dans la bibliothèque municipale; la 
Société décide que ce travail sera publié dans le DuUetia 
historique. 
La séance est levée à 5 h. 1/2. 



Séance du 4 juin 1894. 

Président : M. Tabbé BLED. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

Au début de la séance, le Secrétaire général demande 
la parole, il expose que la fête locale ou ducasse . 
qui tombait le dernier lundi de mai a obligé la Compa- 
gnie à remettre sa séance en juin. A ce propos, il fait 
observer que» d'après l'ancien règlement, il y avait 
une séance par mois qui se tenait le premier lundi et 
qui, en cas d'empêchement, était remise au lundi sui- 
vant, de sorte que Ton était assuré d'avoir une réunion 
régulièrement chaque mois. Actuellement on se réunit 
le dernier lundi, mais on a laissé subsister l'article du 
règlement qui, en cas d'obstacle, reporte la séance au 
lundi suivant. Or ce lundi appartient nécessairement au 
mois qui suit, de sorte qu'il se rencontre des mois, en 
dehors des vacances, où la Compagnie ne siège pas et où 
il n'y a pas de procès- verbaux. Ce fait vient de se pro- 
duire pour la séance de mars qui s'est tenue le 4 avril, 
et celle de mai qui a lieu le 4 juin ; un autre inconvénient 
est qu'il y a ainsi deux réunions le même mois. Il appelle 



• 355 - 

l'attention de la Société sur ce point, et propose de rec- 
tifier le règlement lorsqu'il sera nécessaire, ce qui doit 
arriver très prochainement, d'en faire réimprimer des 
exemplaires. 

Sur l'invitation du Président, il lit ensuite le procès- 
verbal de la séance précédente qui est adopté. 

Dons, hommages, échanges. 

— De la part des auteurs. 

M. le Président dépose sur le bureau les ouvrages sui- 
vants offerts par M. A. de Cardevacque, membre corres- 
pondant à Arras : 
Gustave Paul' Tiburce Dcllisse, ancien député, broch. 

in-18, 21 p. Béthune, David, 189k 
Promenades historiques et archéologiquns sur les bords 

de VEscaut, broch. in-4*, 79 p. Cambraii, Régnier, 1893. 
Le bourreau à Arras, broch. in-8', 50 p. Arras. 1893. 
Épigraphie des communes du canton de Carvin, in-4*, 

60 p. Arras, 1891. 
Notice historique sur le château et les seigneurs de Remy, 

in-4% 8 p. 1 pi. Arras, de Sède, 1873. 
Notice sur les vieliles enseignes d' Arras, broch. in-4', 

39 p Arras, 1885. 
Monographie des prévôtés et prieurés dépendant de l'ab- 

baye de Saint-Vaast, vu p. in-4*. 
La prévôté de Gorre, ancienne dépendance de Vabbaye de 
' Saint'Vaast, in 4*, 10 p. 2 pi. Arras, Tierry, 1869. 

— De la part du Ministère de l Instruction publique : 

Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques 
et scientifiques, année 1893, n* 2. 

Bulletin historique et philologique du Comité des travaux 
historiques et scientifiques, année 1893, n** 3-4. 

Congrès des Sociétés savantes. Discours prononcés à la 
séance générale du congrès le samedi 31 mars 189'f, par 
M. Levasseur, membre de F Académie des sciences mo- 
rales et politiques, et M. SpuIIer, ministre de l'instruc- 
tion publique. 



— 356 — 

— De te part des Sociétés savantes frinçaises : 

Auxerre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his- 

toriques et naturelles de TYonne, année 1893, 47* vol. 

!?• de la 3« série. 
Cambrai (Nord). Mémoires de la Société d'émulation de 

Cambrai, t. XLVIII, 1893. 
Constantine (Algérie). Recueil des notices et mémoires de 

la Société archéologique du dép* de Constantine, 7* vol. 

de la 3* série, 28* de la collection, année 1893. 
Dax: (Landes). Société de Borda, 19' année, 1**' trim. 1894. 
Le Havre (Seine-Inférieure). Recueil des publications de 

la Société havraise d'études diverses, 60^ année, 3* et 

4* trimestres 1893. 
Lyon (Rhône). Cartulaire lyonnais, documents inédits 

pour servir à l'histoire des anciennes provinces du 

Lyonnais, Forez, Beaujolais, Dombes, Bresse et Bugey, 

par M. C. Guigue,t. II. Documents de l'année 1245 à 1300. 
Paris (Seine). Bulletin de la Société d anthropologie de 

Paris, t. V, 4« série, janvier 1894. 
Mémoires de la Société d'anthropologie de Faris, t. I, 3« 

série, 3* fascicule 1894. 
Revue de la Société des études historiques, 4' série, t. XI, 

59* année, 1893. 
Poitiers (Vienne). Mémoires de la Société des Antiquaires 

de l'Ouest, t. XVI de la 3« série, année 1893. 
Saint'Dié (Vosges). Bulletin de la Société philomatique 

vosgienne, 19* année, 1893-9k 

— Di la part des SociHés savantes étrangères : 

Gand (Belgique). Bulletin du Cercle historique et archéo- 
logique de Gand, 2* année, n* 1, 1891. 

Nlvellei. Annales de la Société archéologique de l'arron- 
dissement de Nivelles, t. V, 1" livraison, 1894. 

Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 
philosophical society held at Philadelphia for promo- 
ding useful knowledge, volume XXXï, july to decem- 
ber 1893, n' 142. 



— 367 — 

Abonnements. 

Annuaire de la Société ft'anQaise de numismatique, mare- 
avril 1894. 

Bulletin de la Société bibliographique et d* 8 publications 
populaires, 25« année, V, mai 1894. 

Journal des Savants, janvier à avril 1898. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. — Partie 
littéraire, 2* série, t. 89, 70' de la collection, 5* livraison, 
mai 189i ; partie technique, 2* série, t. 20, 72« de la 
collection, 5* livraison, mai 189^. 

Revue historique, 19* année, t. 55, mai-juin 1894. 

Revue de VArt chrétien, 5* série, 1894, t. V, 2* livraison. 

Correspondance. 

V Lettre du 2 mai par laquelle M. Richebé remercie de 
sa nomination comme membre correspondant. 

2* Le comité chargé d'organiser à Dunkerque la célé- 
bration du deuxième centenaire de la victoire remportée 
le 29 juin 1694 par Jean Bart, a ouvert un concoure litté- 
raire dont le programme et le règlement sont envoyés à 
la Compagnie. La distribution des prix aura lieu le 15 
juillet. 

.3* M. le Ministre de l'Instruction publique annonce 
l'envoi d'un ouvrage venant des Etats-Unis. 

4» Le bibliothécaire de l'Univereité de France à la Sor- 
bonne accuse réception, le 2 mai, des tomes I, II, V, VIII 
et partie du tome IX. du Bulletin historique^ des tomes 
XIX, XXI et XXII des Mémoires, des Usaiges de Guines, 
et de la Bibliographie de V arrondissement de Saint-Omer, 
ouvrages dont la Société a fait don à cette bibliothèque. 

5* Par lettre du 20 mai, le Président de la Société Dun- 
kerquoise expose que quelques membres de cette Compa- 
gnie savantes ont manifesté le désir de s'adjoindre aux 
excureions archéologiques ou scientifiques que pourraient 
organiser les Antiquaires de la Morinie pendant le cours 
de l'année 189)-, et il demande à être informé en temps 
opportun du but et de la date des sorties afin de pouvoir 



— 358 — 

proposer les membres de la Société Dunkerquoise qui 
désireraient en profiter. Les Antiquaires n'ayant projeté 
cette année aucune excursion, il n'y a pas lieu de répon- 
dre à cette demande. 

6' Le directeur de la Revuo d\Al$ace sollicite un abon- 
nement de la Société. Quelque pénible qu'il lui soit de ne 
pas encourager une publication qui maintient l'usage de 
la langue française dans une ancienne province conquise 
par la Prusse, les nécessités budgétaires no-permeit^nt 
pas à la Compagnie do répondre à cette demande comme 
elle l'eût désiré. 

7* Accusé de réception du 22 mai du Bulletin kistori- 
que, t. IX, livraisons 3 et 4, par The American philoso- 
phical Society. 

8' Par lettre du 21 mai, M. le Ministre de l'Instruction 
publique adresse le programme du 33* Congrès des Socié- 
tés savantes û\é au mardi 16 avril 1895. Les manuscrits 
devront être envoyés au plus tiird le l" février. Le Minis- 
tre appelle aussi l'attention sur l'utilité qu'il y aurait pour 
les Compagnies savantes à indiquer elles-mêmes les su- 
jets de nature à être proposés aux recherches des congrès 
suivants. Le Secrétaire général donne lecture du pro- 
gramme du Congrès, et comme depuis plusieurs années 
il s'est borné à publier dans le Bulletin des extraits des 
divers programmes et à renvoyer au texte reproduit il y 
a déjà assez longtemps, en indiquant seulement les mo- 
difications relevées chaque année, il propose d« donner 
cette fois de nouveau le texte in e.\(cnso,à Texception des 
questions proposées par la Section des sciences, ce qui 
est adopté. 

Élection, 

L'ordre du jour appelle l'élection de M. le chanoine J. 
Depotter, présenté à la dernière séance Après un scrutin, 
M. le Président proclame le candidat élu membre corres- 
pondant à l'unanimité des voix. Avis lui sera donné de 
sa nomination. 



Lecture. 
M. l'abbé Bled a consulté le tome VI (25 mars 1673 au 
7 décembre 1688) des Registres du Conseil de Vabbaye de 
Sain^Be^tm,qui existent aux Archives départementales*. 
11 en a tiré de nombreux détails sur le siège de Saïnt- 
Omer en 1677 en ce qui concerne les événements intéres- 
sant Tabbaye. 11 lit de nombreux extraits des notes rédi- 
gées en français depuis le 28 mars jusqu'au delà de la capi- 
tulation. Beaucoup d entre eux présentent un grand inté- 
rêt et permettent de compléter Vllistoire du siège de St- 
Orner, publié dans le tome XXI des Mémoires. On y voit 
les moines faire un prôt d argent à la ville le 2 avril, 
travailler à fortifier le mur de Tabbaye du côté du Fort- 
aux-Vaches, être tenus très au courant des divers inci- 
dents du siège, et après la capitulation, recevoir le duc 
d'Orléans et plus tard, le 2 mai, le roi Louis XIV lui- 
même, puis faire estimer à 84700 florins les dégâts causés 
à leurs bâtiments pendant le siège, prêter de Targent à la 
ville pour le rachat des cloches, et recevoir enfin 2500 ma- 
lades ou blessés dans Tabbaye transformée en hôpitaL 
Cette espèce de journal du siège donne encore un autre 
renseignement extrêmement précieux. Aucun des docu- 
ments consultés autrefois par M. Pagart d'Hermansart 
n'avait permis d'indiquer d'une manière certaine l'empla- 
cement de la brèche, et il était d'autant plus difficile de le 
déterminer que le registre aux délibérations du Magistrat 
tenues à la fin du siège, après la bataille de Cassel, paraît 
avoir été détruit par les assiégés eux-mêmes afin qu'il ne 
tombât pas aux mains des vainqueurs. Or il est démontré 
par ce registre du conseil que la brèche fut pratiquée,non 
derrière le faubourg du Haut-Pont, mais derrière l'ab- 
baye même, entre le moulin Masset actuel et l'arsenal, 
et c'est ce qui explique comment les bâtiments de Saint- 

* Voir V Inventaire analytique des Registres de l'abbaye de Saint- 
Berlin à Sainl-Omer, par M. F. de Monnecove (Bulletin historique, 
t. V, p. 221). 



Berlin avaient tant sooffert. Les divers renseignements 
contenus dans le travail de M. l'abbé Bled, qu'il intitule : 
Càntrib'jtion à V histoire du siège de Saint-Omer en 1677, 
paraissant donc très importants à la Compagnie, qui l'en- 
gage à publier en entier et jour par jour les extraits qu*il 
a recueillis, comme il a été fait pour les extraits des Re- 
gistres capitulaire^ dans le tome XXI des Mémoires,en les 
faisant précéder des intéressants commentaires qu'il vient 
de lire à la Société et qui servent à les relier entre eux. 
La séance est levée à 4 heures 9/4. 

Le Secrétaire général, 
PAG ART D*HERMANSART. 



Rapports sur les ouvrages offerts 



LeUvrede raison de noble Honoré du TeU (1511-1586), publié 
avec des docaments inédits sur la Provence et précédé d'une 
notice biographique. Digne, 1894, in-8 dexv et 35 pages, par 

. M. Joseph du Teil. 

La faveur avec laquelle on accueille dans le monde savant la 
publication des livres de raison doit s'attacher aussi à la mise 
au jour d'un fragment de quatre pages du livre de raison d'Ho- 
noré du Teil. II est regrettable qae le manuscrit ne nous soit 
pas parvenu en entier, car Honoré du Teil, soldat dans ses 
premières années, puis jurisconsulte et poète à ses henres,nou8 
aurait donné des détails nombreux et intéressants sar les grands 
événements qui se passèrent en Provence à cette époque de 
guerres de religion et de troubles civils. 

En appendice se trouvent trois sonnets d'Honoré du Teil dans 
le goût de l'époque. 



- 361 - 

PROGRAMME 

du Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne en 1895 

SECTION D'HISTOIRE ET .DE PHILOLOGIE 

1* Transformations successives et disparition du servage. 

2* Anciens livres de raison et de compte. Journaux de famille. 

3* Signaler, dans les archives et bibliothèques, les pièces 
manuscrites ou les impimés rares qui contiennent des textes 
inédits ou peu connus de chartes de communes ou de coutumes. 

Communiquer, autant que possible, les originaux. 

Adresser, dans tous les cas, au Comité : 

Une copie du document, collationnée et toute préparée pour 
l'impression selon les règles qui ont été prescrites aux corres- 
pondants ; 

Une courte note indiquant la date certaine ou probable du 
document, les circonstances dans lesquelles il a été rédi^,celles 
de ses dispositions qui s'écartent du droit consigné dans les 
textes analogues de la même région, les noms modernes et la 
situation des localités mentionnées, etc. 

4* Rechercher à quelle époque, selon les lieux, les idiomes 

vulgaires se sont substitués au latin dans la rédaction des do* 

cuments administratifs. 

Dépouiller systématiquement les fonds d'archives appartenant 
à une localité ou à une circonscription nettement limitée, dans 
lesquels on peut constater la substitution de la langue vulgaire 
au latin, comme comptes administratifs, actes et sentences 
judiciaires, délibérations municipales, minutes notariales ou 
autres documents officiels. Etablir à quelle date la substitution 
s'est opérée dans ces diverses catégories de pièces. Distinguer 
aussi entre l'emploi de l'idiome local et celui du français, et 
fixer à quelle date le second a remplacé le premier. Dans les 
territoires qui ont appartenu successivement à des Etats diffé- 
rents, indiquer la corrélation ou l'absence de corrélation entre 
les idiomes employés et les régimes politiques. 

5* Divertissements publics ayant un caractère de périodicité 
régulière et se rattachant à des coutumes anciennes, religieuses 
ou profanes ; rechercher de préférence ceux qui sont particu- 
liers à une région, et indiquer quelles différences ou quelles 
analogies ils présentent avec les jeux ayant existé ou subsistant 
encore dans d'autres parties de la France. 

6* Etudier quels ont été les noms de baptême usités suivant 



— 362 - 

les époques dans une localité on dans une région ; en donner, 
autant que possible, la forme exacte ; rechercher quelles peu- 
vent avoir été l'origine et la cause de la vogue plus ou moins 
longue de ces différents noms. 

Dépouiller les registres paroissiaux, les minutes des notaires, 
les registres des municipalités, les actes d'assemblée, les ca- 
dastres, ou tout autre fonds d'archives suffisamment abondant, 
en établissant, pour chaque époque, la proportion numérique 
des divers noms, celle des noms simples, doubles et multiples, 
celle des noms empruntés au patron de la paroisse, aux autres 
saints du diocèse, au pays lui-même, aux familles princières 
ou seigneuriales de la région, aux courants d'opinion politique, 
aux modes littéraires, aux souvenirs patriotiques. Rechercher 
dans quelle proportion ont été suivis, suivant les époques, les 
divers usages consistant à donner à l'enfant le nom du parrain 
où celui de la marraine, celui d'un ascendant, etc. Pour les 
noms particuliers à une région et peu connus ailleurs, indiquer 
exactement les formes en langue vulgaire et en latin. Pour les 
noms pris en dehors de la région, indiquer les différentes mo- 
difications de forme et chercher l'origine. 

?• Origines et histoire des anciens ateliers typographiques 

en France. 

Faire connaître les pièces d'archives, mentions historiques 
on anciens imprimés qui peuvent jeter un jour nouveau sur la 
date de l'établissement de l'imprimerie dans chaque ville de 
France, sur les migrations des premiers ateliers typographi- 
ques, et sur leur production. 

8* Recherches relatives à l'histoire de la marine française. 

Dépouiller particulièrement les archives notariales des villes 
maritimes, les archives des chambres de commerce ou d'autres 
dépôts pouvant contenir des correspondances et des actes rela- 
tifs à la marine royale ou à la marine marchande et privée. 

9" Recherches relatives au théâtre et aux comédiens de pro- 
vince depuis la Renaissance. 

10* Établir comment se faisaient, dans une région détermi- 
née, le transport des correspondances et la transmission des 
nouvelles avant le régne de Louis XIV. 

11* Recueillir les indications sur les mesures prises au moyen 
âge pour l'entretien et la réfection des anciennes routes. 

12« Étudier, dans une circonscription électorale de 1789, 
bailliage, sénéchaussée ou ville, la convocation des États géné- 
raux, les élections et les cahiers. 

13* Étudier les délibérations d'une ou de plusieurs munici- 



- 8«8 -^ 

pâlités rurales peodaût la RérolatioD, en mettant p&rtictilièfd^ 
ment en lamière ce qui intéresse l'histoire générale. 

14* Étadier, dans un département, dans un district on dans 
une commune, le fonctionnement du gouvernement révolution- 
naire institué par la loi du U frimaire an n. 

15* Étudier, dans un département ou dans un canton, le 
fonctionnement du régime de la séparation de VÈgUée et de 
l'État sous le Directoire et sous le Consolât jusqu'au Concordat. 

SECTION D'ARCHÉOLOGIE 

1* Rechercher les épitaphes, inscriptions de synagogues, 
graffites ec^ langue et en écriture hébraïques qui n'ont pas 
encore été signalés ou ont été imparfaitement publiés jusqu'à 
présent. 

2' Rechercher les inscriptions arabes, épitaphes, dédicaces 
de mosquées, légendes de portes, de minbar, etc., antérieures 
à la conquête turque, qui se trouvent dans l'un des trois dépar- 
tements algériens ou dans la Régence de Tunis. 

3* Rechercher les sarcophages ou fragments de sarcophages 
sculptés, d'origine chrétienne ou païenne, et non encore signa- 
lés, qui peuvent exister dans des collections publiques ou dans 
des propriétés particulières. 

4* Rechercher en France et dans l'Afrique française les mo- 
saïques antiques ou du moyen âge non relevées jusqu'à cette 
heure et dont on possède les originaux ou des dessins. 

5* Signaler les monuments ou objets antiques conservés dans 
les musées de province et qui sont d*origine étrangère à la ré- 
gion où ces musées se trouvent. 

Par suite de dons ou de legs, bon nombre de musées de pro- 
vince se sont enrichis d'oUets que l'on est souvent fort étonné 
d'y rencontrer. Dans nos vules maritimes en particulier, il n'est 
pas rare que des officiers de marine ou des voyageurs aient 
donné au musée delà localité des antiquités, parfois curieuses^ 
qu'ils avaient recueillis en Italie, en uréce. en Orient. Quel- 
ques villes ont acquis de la sorte de fort belles collections dont 
elles sont justement fières. Un beaucoup plus grand nombre ne 
possèdent que auelques-unes de ces antiquités étrangères à la 
région, et ces objets, isolés au milieu des collections d'origine 
locale, échappent bien souvent à l'attention des érudits qui au- 
raient intérêt à les connaître. Ce sont surtout ces objets isolés 
qu'il est utile de signaler avec dessins à l'appui et en fournis- 



— 864- 

8EDt tons les renseignements possibles sar lear provenance et 
sar les circonstances qui les ont fait entrer dans les collections 
où on les conserve actnelleinent. 

6* Signaler les actes notariés dn xiv* an xv* siècle contenant 

des renseignements sar la biographie des artistes, et particn* 

liérement les marchés relatifs aax peintnres, sculptures et 

autres œuvres d'art commandées soit par des particuliers, soit 

par des municipalités ou des communautés. 

Il est peut-être superflu de faire remarquer que la meilleure 
façon de présenter les documents de ce g^enreau Congrès serait 
d'en faire un résumé, où Ton s'attacherait à mettre en relief les 
données nouvelles qu'ils fournissent à l'histoire de l'art, et à 
faire ressortir les points sur lesquels ils confirment complète- 
tnent ou contredisent les renseignements que l'on possède 
d'autre part. 

7* Dresser la liste, avec plans et dessins à l'appui, des édi* 

fices chrétiens et des monuments sculptés d'une province ou 

d'un département, réputés antérieurs à l'an 1000. 

La longue période qui s'étend de la chute de l'empire romain 
à l'an 1000 est, pour l'histoire de l'art en France, la plus 
obscure. On ne pourra y apporter quelque lumière qu'en dres- 
sant une statistique des monuments présumés appartenir à 
cette époque et en en discutant ensuite l'âge avec soin. C'est 
aux habitants de la province de réunir les éléments de cette 
enquête. 

8* Étudier les caractères qui distinguent les diverses écoles 
d'architecture religieuse à l'époque romane, en s'attachant à 
mettre en relief les éléments constitutifs des monuments(plans, 
voûtes, etcf 

Cette question, pour la traiter dans son ensemble, suppose 
une connaissance générale des monuments de la France, qui 
ne peut s'acquérir que par de longues études et de nombreux 
voyages. Aussi n'est-ce point ainsi que le Comité la comprend. 
Ce qu'il désire, c'est provoquer des monographies embrassant 
une circonscription donnée, par exemple un département, un 
diocèse, un arrondissement, et dans lesquelles on passerait en 
revue les principaux monuments compris dans cette circons- 
cription, non pas en donnant une description détaillée de cha- 
cun d'eux, mais en cherchant à dégager les éléments caracté- 
ristique qui les distinguent et qui leur donnent un air de fa- 
mille. Ainsi, on s'attacherait à reconnaître quel est le plan le 
plus fréquemment adopté dans la région ; de quelle façon la 
nef est habituellement couverte (charpente apparente, voûte en 
berceau, plein cintre ou brisé, croisées d'ogives, coupoles) ; 
comment les bas côtés sont construits, s'ils sont ou non sur- 



- 3«5 — 

montés de tribunes, s'il y a des fenêtres éclairant directement 
la nef, ou si le jour n*entre dans Téglise que par les fenêtres 
des bas côtés ; quelle est la forme et la position des clochers ; 
quelle est la nature des matériaux employés : enfin, s'il y a un 
style d'ornementation particulier,si certains détails d'ornement 
sont employés d'une façon caractéristique et constante, etc. 

9* Rechercher, dans chaque département on arrondissement, 
les monuments de l'architecture militaire en France anx diver- 
ses époques du moyen âge. Signaler les documents historiques 
qui peuvent servir à en déterminer la date. 

La France est encore couverte de ruines féodales dont l'im- 
portance étonne les voyageurs. Or bien souvent de ces ruines 
on ne sait presque rien. C'est aux savants qui habitent nos 
provinces à décrire ces vieux monuments, à restituer le plan de 
ces anciens châteaux, à découvrir les documents historiques qui 
permettent d en connaître la date et d'en reconstituer l'histoire. 
Les monographies de ce genre, surtout si elles sont accompa- 
gnées des dessins nécessaires pour leur intelligence, seront 
toujours accueillies avec faveur a la Sorbonne. 

10* Signaler, dans chaque région de la France, les centres 

de fabrication de l'orfèvrerie pendant le moyen âge. Indiquer 

les caractères et tout -spécialement les marques et poinçons qui 

permettent d'en distinguer les produits. 

Il existe encore dans un grand nombre d'églises, principale- 
ment dans le Centre et le Midi, des reliquaires, des croix et 
autres objets d'orfèvrerie qui n'ont pas encore été étudiés con- 
venablement, qui bien souvent même n'ont jamais été signalés 
à l'attention des archéologues. C'est aux savants de province 
qu'il appartient de rechercher ces objets, d'en dresser des listes 
raisonnees, d'en retracer l'histoire, de découvrir où ils ont été 
fabriqués, et, en les rapprochant les uns des autres, de recon- 
naître les caractères propres anx différents centres de produc- 
tion artistique au moyen âge. 

11* Rechercher dans les monuments figurés de l'antiquité ou 

du moyen âge les représentations d'instraments de métier. 

On sait combien il est souvent difficile de déterminer l'âge 
des outils anciens que le hasard fait parfois découvrir. Ce n'e$t 
qu'en s'aidant des peintures et sculptures où les artistes de 
rantiquité et dd moven âge en ont figuré qu'on peut établir 
avec quelque certilucie les caractères propres à ces objets aux 
diverses époques de notre histoire. 

12* Rechercher les centres de fabrication de la céramique 
dans la Gaule antique. Signaler les endroits où cette industrie 
s'est perpétuée depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. 

Les vases, les statuettes de terre cuite, que l'on ramasse sur 



tous les points de TaDcienne Gaale sont le plas sonvent des 
produits de l'industrie indigène. Les noms gaulois que l'on 
remarque sur beaucoup de marques de potiers suffiraient à le 
prouver. Mais on est très mal fixé encore sur les centres de 
nibrication où les habitants de la Gaule allaient s'approvision- 
ner. C'est un point de l'histoire industrielle de notre pays qu'il 
serait intéressant d'étudier. Il j aurait lieu de rechercher en 
même temps si ces anciens établissements de potiers n'ont pas 
survécu à l'époque antique et si, comme on Va constaté pour 
d'autres industries, une partie des centres de production céra- 
mique que nous trouvons au moyen âge ne sont pas établis sur 
les mêmes lieux où nos ancêtres gallo-romains avaient installé 
leurs fours bien des siècles auparavant. 

13* Recueillir des documents écrits ou figurés intéressant 

l'histoire du costume dans une région déterminée. 

On connaît aujourd'hui dans leurs traits essentiels les prin- 
cipaux éléments du costume de nos pères. Mais, à côté des 
grandes lois de la mode, que l'on observait nartout plus ou 
moins, il y avait dans beaucoup de provinces des usages spé- 
ciaux qui influaient sur les moues. Ce sont ces particularités 
locales q^u'on n'a guère étudiées jusqu'ici, sauf pour des époques 
très voismes de nous. Il serait mtéressant d'en rechercher la 
trace dans les monuments du moyen âge. 

14* Dresser, pour un département, un arrondissement ou un 

canton, la liste des objets intéressant l'histoire ou l'aichéolo- 

gie qu'il conviendiait de mettre sous la sauvegarde de la loi 

du 30 mars 1887. 

La loi du 30 mars 18b7 a décidé qu'il serait fait un classe- 
ment des objets appartenant à l'Etat^ aux communes, aux fa* 
briques et autres établissements publics, dont la conservation 
présente un a intérêt national » au point de vue de l'histoire 
ou de l'art. La Commission des monuments historiques,chargée 
de faire ce classement, ne peut^ par ses seuls moyens, arriver 
à découvrir tous les objets curieux qui gisent ignorés dans le 
fond de nos campagnes, et chaque jour nncurie de ceux qui en 
ont la garde, la rapacité des brocanteurs, le mauvais goût de 
gens zélés mais ignorants, font disparaître ou dénaturer les 
monuments les plus précieux. C'est aux archéologues habitant 
la province à se faire les défenseurs de ces richesses, à en 
dresser la liste, à en apporter des photographies et des dessins 
au Comité, qui se fera un devoir de les publier et qui sera 
heuruux de servir d'intermédiaire entre la Commission des 
monuments historiques et les personnes qui ont souci de sau- 
vegarder cette part trop peu connue du patrimoine national. 

SECTION DES SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES 
1* Étudier les progrés de la distinction des pouvoirs, depofs 
le zvi* siècle jusqu'en 1789. 



— 3e7 - 

2* Déterminer, dans une région plas on moins étendue de la 
France, le sort des biens commanaux depuis 1789. 

d* Étudier, dans une commune urbaine antre que Paris, ou 
dans une commune rurale, Torganisation et le*mouvoment des 
finances soit sous l'ancien régime,soit de 1789 jusqu'à nos jours. 

4* Étudier, d*aprés un exemple particulier, le fonctionnement 
d'une municipalité cantonale sous le régime de la Constitution 
de l'an m, et en signaler les effets par voie de comparaison au 
régime municipal qui a précédé et à celui qui a suivi. 

5* Étudier, à dater du xvm* siècle, les divers systèmes d'or- 
ganisation municipale, signaler ceux de ces systèmes qui ont 
le mieux sauvegardé, à l'occasion des actes de la vie locale, le 
patrimoine commun ou la fortune individuelle des habitants. 

6* Comparer l'organisation et la vie des familles rurales, 
dans un ou plusieurs villlages de la France, au zvui* siècle et 
de nos jours. 

7* Exposer les analogies et les différences des anciens et des 
nouveaux octrois, au triple point de vue de l'assiette, de l'at- 
tribution et de l'emploi des taxes. 

8 Étudier, dans un département, l'application de la loi du 
19 thermidor an vu, qui, sous le nom d'emprunt forcé, établis- 
sait un impôt progressif. 

9* Faire connaître les mesures prises dans la seconde moi- 
tié du xviii* siècle par un certain nombre de villes, bourgs et 
villages, pour assurer, à titre gratuit, l'assistance médicale en 
faveur des habitants pauvres ou peu aisés. 

10* Examiner le rôle et l'influence des Écoles centrales sous 
la Révolution, soit dans une étude d'ensemble, soit d'après un 
exemple particulier. 

IV Esquisser l'histoire d'un lycée ou d'un collège communal. 

12* Par quels moyens pourrait-on favoriser l'accroissement 
de la population en France ? 

13* Quel rapport y a-t-il entre le taux de l'intérêt et la ri- 
chesse d'un pays ? 

14* Examiner et mettre en relief, à l'aide de données statis- 
tiques, la situation faite au petit commerce et à la petite pro- 
priété : r par les divers modes les plus usités pour le place- 



— 368 — 

ment de Tépargae ; 2* par le renchérissement du prix de la vie. 

15* Noter et décrire les usages populaires et locaux qui 
s'observent encore en France dans Taccomplissement des prin- 
cipaux actes de la vie de famille (fiançailles, mariage, etc.)» 
dans la transmission des biens et la passation des contrats. 

16* Ne serait-il pas utile, au point de vue de Thygiéne phy- 
sique et morale des travailleurs, de leur imposer Tobligation 
de s'abstenir de tout travail manuel à certains jours détermi- 
nés ? Étudier les législations étrangères qui rendent le repos 
obligatoire après une période de travail. 

17* La gradation des peines peut-elle être sauvegardée dans 
le mode actuel d'exécution de la peine des travaux forcés ? 

18' Serait-il utile de faire, en France, une loi spéciale rela- 
tive ^u contrat d'édition ou contrat conclu entre un auteur ou 
un artiste et un éditeur pour la publication d'une œuvre de lit- 
térature ou d'art ? 

19* De la règle de deux degrés de juridiction dans Tordre 
judiciaire et dans l'ordre administratif : des exceptions qu'elle 
peut comporter et de celles qu'il conviendrait de faire dispa- 
raître. 

20' Étudier les effets du régime dotal en France. 

£!• Ya-t-il lieu de maintenir ou de modifier le principe 
suivant lequel les majeurs ne peuvent pas attaquer les con- 
trats pour cause de lésion ? 

SECTION DES SCIENCES 

SECTION DE GÉOGRAPHIE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE 

1* Signaler les documents géographiques manuscrits les plus 
intéressants (textes et cartes) qui peuvent exister dans les 
bibliothèques publiques et les archives des départements, des 
communes ou des particuliers. Étudier spécialement les an- 
ciennes cartes marines d'origine française. 

2* Inventorier les cartes locales anciennes, manuscrites et im- 
primées ; cartes de diocèses, de provinces, plans de villes, etc. 

3' Déterminer les limites d'une ou de plusieurs anciennes 
provinces françaises en 1789. 



4* Biographies des anciens voyagears et géographes français. 
— Missions scientifiques françaises à Tétranger antérieures à 
la création des Archives des missions scientifiques et littéraires, 

5* Do Thabitat actuel en France, c'est-à-dire du mode de 
répartition dans chaque contrée des habitations formant les 
bourgs, villages et hameaux. — Dispositions particulières des 
locaux d'habitation, fermes, granges, etc. Origine et raison 
d*ètre de ces dispositions. — Altitude maximum des centres 
habités depuis les temps historiques. — Altitude des habita- 
tions qui paraissent avoir été construites sur les bords d'anciens 
lacs, fournissant ainsi les hauteurs de leurs plans d*eau. 

6* Recherches sur les marais de la côte de France par com- 
paraison avec celles de Brest aujourd'hui complètement étudiées. * 

Recherches sur les courants littoraux, leur force et leur di- 
rection pendant les périodes de calme et de coup de vent. 

Tracer sur une carte le cheminement des épaves. 

8* De l'habitat en France dans les temps préhistoriques. 
Cartes montrant la distribution géographique des dépôts allu- 
viaux, cavernes, abris sous roches, etc., ayant renfermé des 
restes de l'époque quaternaire. Cartes des stations, ateliers, 
monuments funéraires, etc., de l'âge de la pierre polie, de 
l'âge du bronze ou de l'âge de fer. 

8* Limites des différents pays (Brie, Beauce, Morvan, Solo- 
gne, etc.), d'après les usages locaux, le langage et l'opinion 
traditionnelle des habitants. — Indiquer les causes de ces 
divisions (nature du sol, ligne de partage des eaux, etc.). 

9* Compléter la nomenclature des noms de lieux, en relevant 
les noms donnés par les habitants d'une contrée aux divers 
accidents du sol (montagnes, cols, vallées, etc.) et qui ne figu- 
lent pas sur les cartes. 

10* Étudier les modifications anciennes et actuelles du littoral 
de la France (érosions, ensablements, dunes, tourbières, forêts 
submergées, etc.). 

11* Chercher les preuves du mouvement du sol, à l'intérieur 
du continent, depuis l'époque historique ; traditions locales ou 
observations directes. 

12* Signaler les changements survenus dans la topographie 



— 8T0 •- 

(l'ana contrée de France depuis nne époque relativement récente 
ou ne remontant pas au delà de la période historique^ tels que 
déplacements des cours d'eaux, brusques ou lents ; apports on 
creusements dus aux cours d'eau ; modifications des versants, 
recul des crêtes, abaissements des sommets sous l'influence 
des agents atmosphériques, changements dans le régime des 
sources, etc. 

13* Signaler les derniers progrés accomplis dans l'étdde 
de la géographie des colonies françaises ou des pays de pro- 
tectorat. 

IV Discuter les documents relatifs à la distribution géogra- 
phique des populations de couleur qui vivent dans les colonies, 
les protectorats et les zones dlnfluence française. 

15* Délimiter comparativement une forêt en France, au mi- 
lieu du XV* siècle et à l'époque actuelle. 



On Chapitre le Religieux Recollets à St-Omep 

EN 1770 

Communication de M. Decroos, trésorier. 



Parmi les nombreuses communautés religieu-^ 
ses d'hommes qui existaient à Saint-Omer au 
siècle dernier, il faut citer le couvent des Frères 
mineurs Recollets de Saint-Antoino en Artois. U 
était situé rue Saint-Berlin et formait l'ancien 
couvent des Cordeliers auxquels les Recolle(8 
avaient succédé à Saint-Omer. 

Bâti hors la ville, au pied du mont Saint-Michel» 
peu après la mort de saint François, vers 1267, le 
couvent primitif y resta jusqu'en 1477. Mais les 
nécessités de la défense de la place s'opposaient 
à son maintien. Sous le gouvernement de l'archi-^ 
duc Philippe, il fut transféré et reb&ti sur l'em- 
placement actuel du collège Saint-Bertin, et dédié 
à S^ Pierre et S^ Paul. La chapelle fut b&tie en 1502 
et bénite le 22 juin de cette même année par Phi-^ 
lippe de Luxembourg, cardinal et évéque de Thé* 
rouanne*. 

Le cadre restreint de cette notice ne nous per- 
met pas de faire l'historique de cette communauté. 

* Recueil historique de Jean HendricÇj bourgeois de SatrU-Omer, 
depuis tan Î594 jusqu'à fan 1628, ms 808 de la bibliothèque 
manicipale de Saint -Orner, t. II, p. 370. 



— 872 — 

Disons seulement qu'elle n'échappa point aux di- 
visions produites dans la grande famille de saint 
François entre les Conventuels et les Observan- 
tins, divisions qui ne prirent fin qu'en 1506, grôce 
à l'énergique intervention du pape Jules II. Les 
religieux Cordeliers furent remplacés par les 
Recollets, qui disparurent à leur tour dans la 
tourmente révolutionnaire. 

Le couvent de Saint-Omer fut le siège de plu- 
sieurs Chapitres provinciaux. La réunion d'un 
Chapitre était un événement pour la ville dans 
laquelle il se tenait. 

Les dignitaires des nombreux couvents de la 
Province procédaient aux diverses élections et 
réglaient les affaires intéressant l'Ordre. De lont 
gués disputes (disputationes) théologiques avaient 
lieu. A Saint-Omer, le dimanche qui suivait les 
élections, tous les religieux se rendaient proces- 
sionneltementà la cathédrale, précédant le Saint- 
Sacrement porté sous un dais par le Provincial 
nouvellement élu. Les chanoines venaient au- 
àevant d'eux et les introduisaient dans l'église. 
Le Provincial chantait une messe solennelle à 
laquelle assistait l'évéque, et la procession rega- 
gnait le couvent au milieu d'une afBuence consi- 
dérable. A l'aller comme au retour, le cortège 
rencontrait sur sa route des reposoirs élevés par 
les diverses communautés en face de leurs cou- 
vents, et le Saint-Sacrement y était exposé quel- 
ques instants. Tous les habitants s'intéressaient 
à ces solennités. Comme elles entraînaient la 
communauté dans des dépenses considérables, 
c'était à qui apporterait des offrandes aux reli- 
gieux. A propos du Chapitre du 9 septembre 1610, 



— 878 — 

Uendricq dit : « Il leur fut fait présent de 5 a 6 
» piiches de vin blanc et rouge, grand nombre de 
» tonnes de bierre que plusieurs brasseurs leur 
» donnèrent, sans autre bierre forte qu'ils avaient 
n fait brasser au couvent ; si leur fut présenté par 
» aucuns quelques bœufs, plusieurs moutons, 
» veaux, poulies d'indes, oisons et autres pou- 
» lailles, en sorte qu'il en resta après le Chapitre. 
)i Quant au poisson de mer,ils en eurent quelque 
)» peu venant de Dunkerque, qui fut cause qu'ils 
» en fallurent accepter quelques parties à Calais, 
» ce qui fut au grand contentement des religieux 
» étrangers, car maintes y avoit qui de long temps 
» n'a voient mangez poisson frais de mer pour étra 
» leur couvent fort esloignô de la mer; il n'y eut 
» aussi faulte de poisson d'eau douce, car il leur 
» fut peschô gratis. C'est fut certes chose admi- 
» rable de voir la charité de ceux qui apportolent, 
» fut-ce chair, poisson, palri ou argent, en sorte 
n qu'il fallut telle fois plusieurs personnes à la 
» porte pour recevoir les ausmones des gens de 
» bien*. » 

Entre autras Chapitres, il faut noter celui qui 
fut tenu canoniquement le 23 juin 1770 sous la 
présidence du T. R. P. Maurice Miet, ancien pro- 
fesseur de théologie, gardien des gardiens de la 
province Saint-Denis en France, commissaire 
général et royal. 

Nous avons eu l'occasion de trouver un fragment 
important du tableau récapitulatif des élections 
faites en ce Chapitre. Bien qu'incomplet, il nous 
donne d'intérassants détails sur les occupations 

' Hendricq, t. II, p. 270. 



- 374 — 

dos religieux RecoUets. Dans chacun de leura 
couvents, à Saint-Omer, à Lens, h Arras, h Qam^ 
brai, à Béthune, il existait un juvénat et un novi^ 
ciaU La prédication et les confessions retenaient 
de nombreux Pères. L'un d'eux s'occupait spécia- 
lement de la direction du Tiers-Ordre, lequel était 
du reste très florissant. Certains étaient délégués 
pour assurer le service religieux dans les corn- 
9iunautés de femmes existant dans la ville. C'est 
ainsi qu'à Saint-Omer les Clarlsses, les Concep- 
tionnistes, les Sœurs grises, les Sœurs de Ste- 
Gatherine et les Sœurs du Soleil, étaient sous la 
direction spirituelle d'un Recollet, lequel avait le 
titre de confesseur. Quant aux hauts dignitaires 
de l'Ordre, ils avaient leur résidence à l'abbaye de 
Cantimpré', avec le Père ministre provincial, le 
défini teur, le secrétaire, etc. 

Les Chapitres provinciaux nommaient à l'élec- 
tion le ministre provincial, le gardien dos gar- 
diens et le déflniteur. Puis les élus choisissaient 
eux-mêmes les gardiens, les supérieurs et autres 
dignitaires de chaque couvent. 

Parmi les noms des religieux figurant au ta- 
bleau de 1770 nous remarquons les suivants : 
Doresmieulx, Thibaut, Leflon, Vêtu, Labouré, 
Cuvelier, Vasseur, tous répandus encore de nos 
jours en Artois. J. DECROOS. 



* L'abbaye de Gantimpré se tronvait à peu de distance de 
Cambrai. 



«k î(75 — 

IN NOMINE DOMINI NOStM JESU CHRISTI. âmen. 

Haec est Tabula Capituli Proviocialis hugus almœ Pro- 
vinciœ Fratrum Minorum Recollectorum Sancti Antonii 
in Artesia, in Conventu Audomarensi canonicè celebrati^ 
die vigesimà tertiâ mensis Junii anni 1770, prœside in 
eo Reverendo admodum Pâtre Mauritio Miet, antiquo 
Sacrœ Tlieologîœ Lectore, Provinciœ Sancti Dionisii in 
Franciâ, Provinciœ Pâtre Custôdum Custode, nec non 
super iianc Sancti Antonii Provinciam^ Commissario 
Generali et Regio : in quo quidem Capitulo (triennio 
Provincialatûs Reverendi admodùm Patris Dionisii Vêtu, 
Lectoris Jubilati laudabiiiter expleto) electi sunt canonicè 
Reverendus admodùm Pater DoROTHiCus Scribe, Lector 
emeritus, in Ministrum Provincialem ; Reverendus Pater 
Marinus Merlo, antiquus Sacrœ Theologiœ Lector, in 
Custôdum Custodem ; Reverendus admodùm Pater Fran- 
ciscus Daniel Gricourt, Provinciœ Pater, Ex-Deflnitor 
Generalis, Reverendus P. Vindicianus Trannin, Vene- 
randi Patres Petrus Baptista Vasseur et Humbertus 
Dubois, in Definiiores : omnes in primo scrutinio : à qui^ 
bus pro singulis Conventibus instituti sunt Guardiani, 
Superiores, cœterique OffîcJales hoc sequenti Ordine. 

In Conventu Audomarensi j in quo celebraium est Capitulum, 

Vdas. P. IgnatiusLaboaréyex-DefiDitor,GaardiaDUsiDstitaitnr. 

P. ConstaDtiDDsBloDdel,Yicaiiuset MagisterJuvenamiDst. 

Viis. P. Cœlestinos Chantrel, fent. Sacr. Theol. Lector, TheoL 

Lect. coDtinuat. et Vlis. P. Robertas AUOy Theol. 

Lector ÎDStitaitar. 

V. P. Bruno Duprez, ant. Sacr. TheoJ. Lect.,Conf. Clariss. inst. 

P. Balduinos Delcourt, Confess. Conceptionîstarnm et Sorô- 

rum Grissearum institoitur. 
P. Protasiûs Panet, Sor. à Sanctà Catharinà dictamm, 
Confess. continuatur. 
Vlis. P. Theodosius Puche, ant. Sac. Theol. Loeti, Sor. à Sole 
dictarum, Confess. instituitar. 
P. Lietbertus Boidin, Tertii Ord. Director instituitar. 



^9W^ 

In Conveniu Lendiemi. 
Vdqs. P. Golorobanos Hanequand, Goardianas înstitaHar. 
Vlis. P. TafiEums Depinoy, ant. Sac. Theol. Lect., Yicarias et 
Magister JuveDam institoitar. 
P. Prodentinas Fotilon, Director Tertil Ord. înstitaitar. 

In Conventu Attrebatensi. 
Vdas. P. Epiphanius Depinoj, ex-Definitor, Guardianns inst. 
Ydus. P. Michaël Leiebvre, ant. Sacr. Theol. Lect., Vicar. IdsL 
Ylis. P. Candidas Bras, Magister Novitioram et Juvenam et 

Philbsophi» Lector instituitar. 
Vdas. P. JuUanus Deslieu, Praed. emeritas, Tert. Ord. Director 

continaatar» 

In Conventu Cameracensi, 
Vlis. P. Martinianas ToffliD, Guardianus continuatur. 
Vlis. P. Viciorinas Goabet, Vicarius et Mag. Juvenam inst. 
Rdns. P. Marinas Merlo, ant. Sacr. Theol. Lect., Custod. Castes, 
et V. P. Simon Josephas Hacot, Th. Lect. continuât. 
P. Ivo Gharlet, Tertil Ord. Director instituitar. 

In Conveniu BeihumensL 
Ydus. P. Leontius Pruvost, ant. Sac. Theol. Lect., ex-Defînitor, 
Guardianus instituitar. 
P. Policarpus Lefebvre, Vtcarios, Magister Novitiorum et 

Juvenam institoitar. 
P. Dionisius Demain, Phllosophfae Lector instituitar. 

In Monasterio Pauperum Clarissarum Cameracensium, 
P. Anselmus Catelain, Confessarius et Fratrum Superioram 
continuatur. 

In Monasteno Pauperum Clarissarum ÂUr^tenimn, 
Vdas. P. Joannes Paulas Dubois, Confessarius et FF.Superior, 
instituitar. 

In Monasterio Sororum Orisœarum Polopolensium* 
P. Firminus Chartrel, Confessarius et Tert. Ord. Director 
continuatur. 

In Monasterio Sororum Nigrarum Polqpolensium, 
P. Ëlzearius Cuvelier, Confessarius instituitnr. 



-sn - 

In Monasterio Scrorum Veieris Hesdmi. 
P. Fortunatus Michaux, Gonfessarius continaatar. 

In Monasterio Concej^iomstarwn Ariensium. 
Vlis. P. Damianas Thibaalt, Confossarius instituitar. 

In Monasterio Sororum Qrisofarum Âriènsiwn. 
P. Bonaventara Derolencoart, Confêssarias continaatar. 

In Âbbattâ CanlipratensL 
V. P. Joaniies Goisiemas Morel, ant. Sac. Theol. Lect., Lector 

Theol. continaatar. 
R. A. P. Minister Provincialis Assamit in Secretariatn Vdam. 

P. Petram Baptistam Vassear, Definitoram. 
R. A. P. Âlexander Doresmieaix, ant. Sac. Theol. Lect., Pro- 
vindae P.. Annaiiam Proviucise ScHptor institaitar. 

Prœdicatores mstituimtur. 
PP. DominicQS Dellaax, Hyeronimus Leflon, Hyacinthas José- 
phas Froment, Amatas Défiez, Jadocas Dehenne, Bal- 
thasar Declaeter, Stephanus Brunel. 

Confessarn msiituuniur. 
PP. Dominicas Delfaax, Hyacinthas Josephus Froment, Amatus 
Défiez, Jadocus Dehenne, Balthasar Declaeter, Stephanas 
Branel, et Hyeronimas Leflon. 



DESCRIPTION D'UN PSAUTIER 

DE LA FIN DU XVe SIÈCLE 
GommunicatioD de M. Decroos, trésorier. 



Lès âges précédents, en nous laissant des 
manuscrits, nous ont légué de véritables chefs- 
d'œuvre qui emportent l'admiration de Tamateur. 
La majeure partie de ces œuvres d'art reposent 
dans les bibliothèques publiques et ont été dé- 
crites : mais il en est d'autres qui, conservées 
dans des collections particulières, ne jouissent 
pas de la notoriété à laquelle elles ont droit. 

Celle que nous présentons à nos collègues est 
un psautier de format in-douze sur vélin, à tran- 
ches dorées. La reliure en velours violet n'offre 
rien de remarquable. Le manuscrit contient 182 
feuillets à longues lignes tracées, dans un très 
T)el éXat de conservation, h part ùnè légère mouil- 
lure en tète sur un certain nombre de feuillets. 
Le sixième pourtant a été enlevé puis rattaché. 

Le caractère net, en superbe gothique de la fin 
du xv« siècle, imite l'impression à s'y tromper. 

En tète, sur le revêtement intérieur du carton- 
• nage, on lit l'inscription suivante en cursive du 
xvii« siècle : 

« Ce Psaltier appartient à Madame l'abbesse de 
» l'abbaye de Blendecques ' ce xx7 7*^ 1629. » 

* Abbaye des Dames de Sainte-Colombe de Blendecques. — 
L'abbesse était Anne I l'Enfant, nièce de Françoise d^Ermines 
1623-1650. (De Laplane : Anciennes abbayes dsiercmnes dépêtt^ 
dantes de Clairmarais.Uém. des Ântiq. de la Morinie, t. XI, p. 73.) 



- 379 - 

Sur le feuillet de garde, et en même cursive, 
une oraison sous ce titre : a Orationes dicendœ 
» ante officium » 

Les six feuillets suivants forment un calendrier 
liturgique. En tête de chaque page se trouvent en 
capitales accolées les deux lettres KL, or bruni 
sur fond bleu et rouge. Le mois d'octot^re est 
Indiqué octembre. 

Viennent ensuite les psaumes de David. 

Les majuscules qui commencent chaque verset 
et les capitales plus grandes qui se trouvent en 
tête de cfiaque psaume, sont peintes en or, en 
rouge et en outremer. Tous les blancs à la fin de 
chaque verset sont remplis par de charmants 
fleurons polychromes. Le tout est détaillé avec un 
soin parfait; mais ce qu'il faut admirer principa- 
lement, c'est le fini avec lequel ont été traitées 
dix grandes initiales qui se trouvent en tête des 
psaumes les plus connus. Chaque initiale fait 
.corps avec le texte, mais sur les branches atte- 
nant à la marge gauche viennent prendre nais- 
sance les di\ers éléments d'une gracieuse com- 
position qui encadre le feuillet tout entier. Des 
guirlandes d'une délicatesse extrême courent en 
rinceaux ou en entrelacs le long des cadres et 
des branches : la feuille de chardon domine dans. 
le feuillage au milieu duquel sont jetées des fleurs 
de toutes variétés. Chacun des feuillets a une 
composition différente. Le tout est rehaussé d'or 
bruni dont l'éclat est resté entier. Détail à noter : 
un certain nombre de feuilles et de motifs ont été 
traités au blanc, et la peinture possède un tel 
reflet qu'elle donne l'illusion d'un rehaut d'argent. 
Les diverses couleurs ont gardé toute leur viva- 
cité. Sur presque tous les feuillets ornementés, 
un ou plusieurs des rinceaux se terminent par 
des animaux fantastiques. Ici l'esprit malicieux 
de l'artiste s'est donné libre cours. II a gratifié 



— 380 — 

l'un de ces animaux d'une tôte d'Jiomme vénérable 
coiffé d'un chapeau en forme de parasol : un autre 
porte la tôte d'un fou. 

Les grandes initiales lui ont servi à placer de 
charmantes miniatures peintes à la gouache et 
bien conservées. Il a choisi à cet effet des lettres 
dont le tracé lui laissait le plus d'espace libre 
pour le dessin, telles que D, Q, C, etc. Les sujets 
choisis pour l'initiale de chaque psaume sont 
appropriés au texte môme : 

lo Le roi David, assis, joue de la harpe. 
Ps. Beatus vin. 

2° Dieu entre en communication avec son ser- 
viteur- Ps. Dominas illum natio mea, 

30 David demande à Dieu de lui faire connaître 
sa fin. Ps. Dixi custodiam. 

40 Lettre ornementée sur fond d'or bruni. Des 
rinceaux entrelacés et d'une grande délicatesse 
s'enroulent sur ce fond. 

50 Dieu a devant lui l'insensé : celui-ci est repré- 
senté sous l'aspect d'un joueur de boule, en gue- 
nilles et les jambes nues ; d'une main il tient la 
boule, de l'autre une massue. 

Ps. Dcxit insipiens in corde suo^ 

60 David, presque submergé par les eaux, lève 
sa main vers le ciel : Dieu descend sur les nuées 
pour lui porter secours. 

Ps. Salvum mefac Deus. 

70 David assis, de la main gauche tient la trom- 
pette dans laquelle il souffle ; de la main droite, il 
frappe avec un marteau sur une série de cloches. 
Sa harpe est à ses pieds. 

Ps. Exultate. 

80 Trois personnages, la tôte rasée et rovôtus 
d'aubes etde chapes, chantent : l'un d'eux semble 
marquer la mesure, la main tendue vers un livre 
de plain-chant reposant sur un lutrin. 
Ps. Cantate Domino. 



— 381 — 

*> Lettre ornementée ; rinceaux sur fond d'or 
bruni, analogue au no 4. 

10> La sainte Trinité : Dieu le Père et J.-C. sont 
assis Tun à côté de Tautre; le S* Esprit représenté 
par la colombe plane au-dessus d'eux. 
Ps. Dixit Domino meo. 

Ces diverses miniatures sont très originales en 
même temps que très curieuses. Plusieurs fonds 
d'or bruni sont décorés de rinceaux tracés en 
pointillé avec une légèreté étonnante. 

Les règles iconographiques sont observées. 
Les personnes divines apparaissent bien avec le 
nimbe crucifère. David a le chef surmonté de la 
couronne royale. Il est vêtu d'une tunique bleue 
à manches courtes et flottantes. Ces manches 
ainsi que le col sont bordées d'hermine.Une cein- 
ture d'orfèvrerie serre la taille. 

Nous pensons, avons-nous dit, que ce manus- 
crit est de la fin du xv® siècle. 

En efifet, si la forme des capitales offre beau- 
coup d'analogies avec celle des xiii« et xiv® siècles, 
il n'y a lieu d'attacher aucune importance à cette 
remarque, car le tracé des capitales a été sensi- 
blement le môme h ces diverses époques. Seuls, 
les accessoires décoratifs variaient. Les initiales 
historiées, d'une exécution moins parfaite que 
celle des encadrements, pourraient encore nous 
conduire à une attribution plus ancienne, mais le 
manque de netteté dans l'enluminure tient à ce 
que les détails les plus délicats du dessin, et 
notamment les figures et les mains des person- 
nages, sont traitées presque exclusivement au 
pinceau, sans le secours de la plume, ce que ne 
faisaient pas toujours .les artistes de l'époque. Les 
faibles dimensions des miniatures compliquaient 
singulièrement la diflflcuUé d'un semblable travail. 

Mais toute hésitation cesse en présence du 
caractère des minuscules dont la fixité, la régula- 



— 382 — 

rite et la rectitude sont parfaites. Enfin les motifs 
de plusieurs des encadrements laissent déjà pres- 
sentir la Renaissance : les guirlandes proprement 
dites y sont remplacées par de véritables cadres 
pleins, ornementés et décorés, dont les joints 
seuls laissent éctiapper des enroulements et des 
rinceaux. 

Toute cette décoration à feuillages est admi- 
rable, et le manuscrit peut, sur ce point, soutenir 
la comparaison avec les plus beaux types connus. 

La bibliothêqae publique de Saint-Omer en 
possède un qui a bon nombre de caractères com- 
muns avec le psautier dont nous nous occupons : 
il figure no 388 sous le titre : Heures de la Croix. 
C'est un in-12 sur vélin, attribué au commence- 
ment du xvi« siècle et provenant de Tabbaye de 
Saint-Bertin. En tète de chaque division, on re- 
marque une belle grande tournure à fleurons, 
enluminée sur fond or. Vingt feuillets sont ornés 
d'une grande bordure en dentelle à dessin de 
fleurs, de fruits et de rinceaux rehaussés en or. 
Mais ce manuscrit est en infériorité marquée par 
rapport au psautier, quant au fini et à la richesse 
de Tornementation. 

En terminant, nous remercierons l'heureux 
propriétaire de ce chef-d'œuvre * pour la bonne 
grâce avec laquelle il a bien voulu nous le confier 
et nous autorisera le décrire. Le psautier de l'ab- 
besse de Blendecques est advenu à sa famille à une 
date et dans des circonstances ignorées de lui, et 
il y est précieusement conservé depuis le siècle 
dernier. J. DECROOS. 



^ M. Agénor de Taffin de Tilques. 



Saint-Omer, Typ. b. D'BOMosfT. 



BULLETIN 



DE LA 



mittî DES ANTIODAIRES DE LA MORINIE 



PROCÈS-YERBA.UX DES SÉANCES 



Séance du 26 juin 1894. 
Président : M. l'abbé BLED. 
Secrétaire général : M. Pagart d'Hermans^rt. 
Le procès-verbal de la séance précédente, lu par le 
Secrétaire général, est adopté. 

Dons, hommages, échanges. 

-^ De la part du Ministère de Vhistruction publique : 
Enquête sur les conditions de Vhabitation en France, les 

maisons types, avec une introduction de M, Alfred de 

Foville, 1894. 

— De 2a part des auteurs : 

Miettes scolaires et administratives, par M. Georges Val- 
lée, conseiller de préfecture de Meurthe-et-Moselle, 
officier de l'instruction publique. 

Uèpoque ébuméenne et les races humaines de la période 
glyptique, par Ed.[Piette. 



- 884 - 

Poésie de M. Victor Advielle, dite le 24 Juin 1894 à Fort- 
tenay^aux-Roses, pour Vinauguration du buste du fa," 
buliste La Fontaine. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Arras (Pas-de-Calais). Mémoires de l'Académie des scien- 
ces, lettres et arts d' Arras, 2« série, t. XXIV. 

Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la So- 
ciété d'agriculture de l'arrondissement de Boulogne- 
sur-mer, avril-mai 1894, t. XXX, n* 4. 

Grenoble (Isère). Bulletin do TAcadémie Delphinale,4* sé- 
rie, t. VII, 1893. 

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. V, 4^ 
série, février et mars 1894. 

Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 1. 1, 3* 
série, 2* fascicule 1894. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 
Bruxelles (Belgique). Analecta Bollandiana, tomus XIII, 

fasc. 2, 1894. 
Gand. Messager des sciences historiques, année 1894, 
r* livraison. 

Abonnements. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 25* année, VI» juin 1894. 

Revue de VArt chrétien, 5* série, 1894, t. V, 3* livraison. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. —Partie 
littéraire, 2* série, t. 39, 70* de la collection, 6* livraison, 
juin 1894 ; partie technique, 2* série, t. 20, 72* de la 
collection, 6* livraison, juin 1894. 

Parts (Seine). Annuaire de la Société française de numis- 
matique, mai-juin 1894. 

Correspondance. 
1* La Société archéologique et paléontologique de Char- 
leroi (Belgique) demande le l**" juin à entrer en relations 
scientifiques avec les Antiquaires de la Morinie par la 
voie des échanges de publications. La Compagnie décide 
que le Bulletin historique sera envoyé à cette Société. 



Sr Par lettre du 8 juin, M. le Préfet demande de lui 
adresser le rapport annuel sur les travaux de la Société 
et sur ses titres à la continuation des encouragements 
du Conseil général. 

dr M. le chanoine J. Depotter, curé-doyen de Laventie, 
remercie le 9 juin la Compagnie qui Ta élu membre cor- 
respondant ; il regrette d'être privé de tout instrument de 
travail, de se trouver dans une localité où il n'3' a ni do- 
cuments ni archives, il assure cependant la Société de 
toute sa bonne volonté. 

4* M. le ministre de Finstruction publique accuse récep- 
tion, par lettre du U juin, de 123 exemplaires de la 169* 
livraison du Bulletin historique. 

Et le 15 juin il annonce que la 19* session des Sociétés 
des Beaux-Arts des départements s'ouvrira en 1895 à 
l'École des Beaux-Arts, rue Bonaparte, 14, en même 
temps que la réunion des Sociétés sa vantes. Les mémoires 
proposés en vue de cette session devront lui être adressés 
à la Direction des Beaux-Arts avant le 10 février 1895. 

5* Par lettre du 21 juin, l'Académie d'archéologie de 
Belgique à Anvers accuse réception du dernier fascicule 
des Chartes de Saint-Bertin et de la dernière livraison 
du Bulletin historique. 

Communications. 
M. César de Givenchy dépose sur le bureau un ma- 
nuscrit provenant de M. le baron Dard, ancien membre 
titulaire, et qui a été vendu avec les papiers de sa suc- 
cession. Cest une histoire du Prieuré de Saint-André4eS' 
Aire qui parait avoir été faite surtout à l'aide d'un ancien 
manuscrit existant à la bibliothèque d'Aire. M. de Given- 
chy rappelle que M. le comte de Galametz a déjà écrit une 
histoire de ce prieuré, et il demande à la Société d'exami- 
ner s'il ne serait pas utile de comparer les deux notices 
et de se reporter au besoin au manuscrit d^Aire pour sa- 
voir s'il a été complètement utilisé. M. le Président, en 
remerciant l'honorable membre de sa communication, 
pense que, mieux que tout autre, il pourrait se livrer au 



travail de oompàraison qui parait en effet nécessaire, et 
il prie M. de GiVenchy de vouloir bien s'en charger. 

[^ Secrétaire général donne ensuite lecture d'un pas- 
sage de la Bibfliothèque de VÉcole des Chartes, janvier- 
février 1894, p. 2S7, chronique et mélanges, ainsi conçu : 

(( Poëme néerlandais sur la bataille de CkUnegate ou de Térouanne, 
)) On vient de retrouver à la bibliothèque de TUniversité de 
» Gœttingae, sar un feuillet de garde d'un Lactance (imprimé à 
» Bâle en 1521), on fragment de quatre-vingt-huit vers néer- 
» landais. Il est intitulé : Van den Fransoysen die gefangen vnd 
» doit sint vmbtreni Terewain. Il s*agit de la journée des Éporons, 
» ou bataille de Guinegate (16 août 1513). 

» M. Otto Heinemann a édité ce texte et Ta fait suivre d*une 
D traduction allemande et d*une identification des seigneurs 
» français qui y sont mentionnés, dans la Sammlmg bibhoiecks- 
9 wissenschaftlicher Ârbeiien, dirigée par M. Karl Dziatzko, pro- 
» fesseurde bibliothéconomie à TUniversité de Gœttingue, fas- 
x> cicule 6, p. 74-85. » 

Tout ce qui touche Thérouanne intéresse vivement la 
Société. En conséquence, le Secrétaire général est chargé 
de faire les démarches nécessaires pour se procurer la 
traduction allemande de ce poème. 

Épigraphie disparue, 

Répondant à l'avis inséré dans la 169« livraison du Bal 
leiin historique, M. Félix de Monnecove écrit à M. le * 
Président, le 15 juin, qu'il a réuni diverses inscriptions 
et épitaphes des églises ou monastères de Saint-Omer et 
de ses environs; il en donne la liste et offre de transmet- 
tre des copies si Ton pense qu'elles aient quelque intérêt 
pour le recueil que prépare la Société. Voici cette liste : 
Abbaye de Saint-Bertin. 
Église de Recques. 
— Racquinghem. 
Mametz. 
Abbaye de Clairmarais. 



— 387 — 

Église de SaiDte-Aldegonde. 

— des Jacobins. 

— des Récollets. 

— du Saint-Sépulcre. 
• • de Saint-Omer. 

— de Saint-Denis. 

— de Bomy. 

— de Notre-Dame de Thérouanne. 

M. Tabbé Bled, qui centralise les communications de 
Fespèce, se chargera de remercier M. Félix de Monnecove 
et de lui répondre. 

Rapport au Préfet sur les travaux de la Société» 

L'ordre du jour appelle la lecture du rappport du Se- 
crétaire général sur les travaux de la Société depuis le 
mois de juillet dernier. Ce rapport est approuvé parla 
Compagnie. Il e$t ainsi conçu : 

Saint-Omer, le 30 juin 1894. 

Monsieur le Préfet, 
Mémoires. — La Société des Antiquaires de la Morînie,depuis 
mon dernier compte-rendu, n*a pas publié de nouveau volume, 
mais elle a continué Timpression du tome XXllI des Mémoires, 
qui comptait alors 126 pages imprimées,et contenait la seconde 
partie de Tétude, d*un si grand intérêt pour notre ville, de 
M. Deschamps de Pas sur V Ancienne cathédrale de Saint-Omer \ 
Une nouvelle notice y a été insérée sur les Grands baillis d^Au- 
druicq et du pays de Brédenarde sous la domnation française, i692 
à il90 *. Un autre travail sur Thérouanne devait y figurer,mai8 
son auteur, M. l'abbé Bled, en ayant donné lecture au Congrès 
des Sociétés savantes tenu cette année à la Sorbonne, M. le mi- 

* Comptes-rendus : Bibliothèque de VÈcole des Chartes, mai- 
août 1893, p. 378 ; Revue de l'Art chrétien, 3* livraison de 1893, 
p. 255 ; Polybiblion^ Revue bibliographique universelle, avril 1894, 
p. 320. 

• Comptes-rendus : Revue historique, janvier-février 1894, 
n» 107, pp. 221 et 222 et Polybiblion, juillet 1893, p. 86. 



nistre de riostroction publique loi a réclamé son maDuscrit 
pour être publié dans Tun des plus prochains fascicules du 
Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifiqne8,sec- 
tion d*histoire et de philologie, sous le titre : Une ville disparue. 
C'est là une distinction extrêmement flatteuse pour Tauteur du 
travail, toutefois elle prive la Société d'une notice de valeur et 
retarde Tachévement de Timpression du tome XXQI. 

Carlulére de SmtU'BarihéUmy de Bithune. — Au surplus, elle 
a commencé à imprimer le Cariulahe de SoM-Barthâern^ de 
Biihune, dû à M. le comte de Loisne, qui sera édité à part dans 
le format in-4\ 

Cartulaire de Saint-Berlm. — Un douloureux événement a 
empêché aussi la Compagnie de donner un nouveau fascicule 
des Chartes de Saint-Bertm. M. le chanoine Haigneré, qui avait 
conduit jusqu'ici si heureusement cette importante publication, 
est mort le 13 décembre dernier. Malade depuis quelques mois, 
il avait dû suspendre tout travail, et à sa mort il n'avait rien 
préparé. Néanmoins, la Société des Antiquaires a décidé qu'elle 
achèverait l'œuvre du savant chanoine. Dans la séance du 29 
janvier 1894*, elle a cherché quel serait le membre le plus digne 
de la continuer, et d'un commun accord ses membres ont dé- 
signé M. l'abbé Bled, son Président, auteur de divers travaux 
insérés dans ses Mémoires et membre de la (Commission des 
monuments historiques du département. C'était une lourde res- 
ponsabilité que de continuer une œuvre qui a donné à son au- 
teur une réputation d'érudit si universelle, et M. labbé Bled 
avait hésité à accepter cette lourde tâche. Mais M. le ministre 
de l'instruction publique écrivit le 20 février que le Comité des 
travaux historiques et scientifiques avait « accueilli avec la 
» plus vive satisfaction le choix fait par la Société o^que la Sec- 
tion d'histoire et de philologie estimait en effet a que les tra- 
» vaux distingués de votre nouveau Président le désignalent 
» tout spécialement à l'accomplissement de cette tâche diffi- 
n cile » ; et il ajoutait : a l'opinion si flatteuse du Comité lèvera, 
ï> je l'espéie, les dernières hésitations de M. l'abbé Bled, d 
Devant ces témoignages il s'est décidé en effet, et M. le ministre 
a Immédiatement ordonnancé une somme de 500 francs pour 



mettre la Société, endettée envers son imprimeur poar les 
frais da dernier fascicale, à même de reprendre les Chartes 
de Saint-Bertin. Toutefois, avant de se mettre à l'œavre, le 
continaatenr da chanoine Haigneré a dû examiner la méthode 
suivie par son prédécesseur, les manuscrits restant à éditer et 
réunir les ouvrages d'érudition qui lui étaient nécessaires. 
L'impression a pu cependant être commencée et la Compagnie 
a décidé que, pour aider M. Tabbé Bled, un de ses membres, 
M. Justin de Pas, so chargerait de l'élaboration des tables qui 
doivent terminer le dernier fascicule du tome III. Permettez- 
moi, Monsieur le Préfet, de vous renvoyer à la livraison du 
Bulletin historique, p. 279, où sous le titre : Nécrologie, mort de 
M. le chanoine Baignera, j'ai indiqué d'une manière précise l'état 
actuel du manuscrit, le nombre de fascicules que nécessitera 
encore son impression complète. Comme M. le ministre à qui 
j'ai eu l'honneur de communiquer ce document, vous voudrez 
bien, je l'espère, apprécier tous les efforts que la Société a faits 
pour mener à bien ce beau travail, et maintenant que les 
2/3 de l'ouvrage sont achevés, vous ne lui ménagerez pas vos 
encouragements éclairés. Ils ne lui ont pas manqué jusqu'ici et 
la Compagnie espère que le Conseil général adoptera encore 
vos propositions bienveillantes. 

Bulletin historique, — La Société a continué la publication de 
son Bulletin historiquej et a donné les livraisons 166 à 169 qui 
contiennent d'intéressantes questions dont la discussion est 
mentionnée dans les procès- verbaux. Vous y verrez notamment 
qu'en ce qui concerne VÉpigraphie disparue de la ville de Smnt" 
Orner, la Société a réuni un assez grand nombre de matériaux, 
elle a fait copier à Bruxelles des extraits de deux manuscrits, 
elle compte être en mesure de faire paraître dans le prochain 
volume des Mémoires la description des inscriptions qui exis- 
taient anciennement, au moins dans quelques-unes des églises 
de la ville (pp. 245, 324, 336). 

A signaler aussi dans les procès-verbaux une correspondance 
du Secrétaire général avec M. Léopold Delisle, l'éminent ad- 
ministrateur de la Bibliothèque Nationale (pp. 246 et 262) ; une 
note curieuse de M. Ëdmont sur le Séjour à l^abbaye de Jumièges 



— 300 — 

m 172Î de VMé Prévost, le célèbre «uteur de Sianon LescoMt 
(p. 268) et la Notice sur M. le chanome Haigneré dont j'ai parlé 
plos haut (p. 279). 

D*aatres travaux pins importants méritentratteotion: D'abord 
celai de M. le comte de Loisne : Antoine Le Prestre de Vauàan, 
gouverneur de Béthune, iliO-ilSi, qui figure dans deux livrai- 
sons (167-168*), et pour lequel de nombreuses archives 
ont été mises à contribution ; puis VOrgamsatim du service 
des pestiférés à Saint-Omer en i625, par M. Pagart d'Herman- 
8artM166* livraison) ; le Galice de saint Orner, où M. Tabbé Bled 
prouve par des documents trouvés aux archives départemen- 
tales que ce précieux calice, ouvrage, selon la légende, de saint 
Éloi lui-même, fut envoyé à la Monnaie en 1791 (166* livraison, 
p. 214). Enfin le comte de Galametz a donné une lettre de 1385 
du vice-amiral Etienne du Moustier (p. 339) et M. Decroos a 
fourni une curieuse petite note à propos d'un document relatif 
4 la ducasse de Tatinghem en 1775. 

Congrès des Sociétés savantes et Congrès divers. — La Société 
n*a pas seulement été représentée au Congrès des Sociétés 
savantes tenu en 1894 à la Sorbonne, comme je Tai dit au com- 
mencement de ce rapport ; elle a délégué aussi deux de ses 
membres au Congrès tenu à Àbbeville du 27 juin au 4 juillet 
1893 par la Société française d'archéologie (p. 210). 

Notre Compagnie n'a donc pas cessé de travailler ; elle a 
entrepris sur ses propres ressources une nouvelle publication 
le Cartulaire de Saint-Barthélémy de Béthune; elle continue les 
Chartes de Saint-Bertin et elle prépare VÉpigraphie disparue de 
la ville de Saini-Omer, 

Elle espère donc, Monsieur le Préfet, que vous voudrez bien 
proposer à Messieurs les membres du Conseil général de lui 
accorder, comme l'an dernier deux subventions : 

1* L'une de 500 francs pour encouragement à ses travaux 
ordinaires ; 

^ Comptes-rendus : PolybibUon, septembre 1893, p. 282; 
Revue historique, t. 54, janvier-février 189^ p. 221 ; Bibliotkègme 
de VÉcole des Chartes, LV, janvier-avril 1894, p. 238. 



2» L'aatre de 600 francs pour la continnàtion dés CkArtes de 
SaitU'Dertm. En ce qui concerne cette dernière subvention^ la 
haute assemblée départementale se rencontrera dans une com- 
mune pensée d'encouragement avec M. le ministre de Tinstnic- 
tion publique. 
Veuillez agréer, etc. 
Gi-joints : 4 livraisons du Bulletin historique. 

2 tirés à part des Qrands baillis cfAvdruicq. 
Le Secrétaire général, 

Pagàrt d'Hermansart. 
Après cette lecture la séance est levée à 5 heures. 



Séance du 30 juillet 1894. 
Président : M. l'abbé BLED. 
Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 
La séance est ouverte à 3 h. 1/4 par la lecture du procès- 
verbal de la séance précédente adopté sans observation. 

Dons, hommages, échanges, 

- De la part du Préfet du Pas-de-Calais : 

Conseil général. Rapport du Préfet du Pas-de-Calais et 
procès-verbaux des délibérations. Session d'août 1894. 

— De la part des Sociétés savantes fr^mçaises : 
Amiens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de Picardie, année 1893, n* 4 ; année 1894, n* 1. 
Bordeaux (Gironde). Société archéologique de Bordeaux, 

t. XVIII, 2-, 3-, 4" fascicules 1893. 
Boulogne-sur-Mer (Pas-de Calais). Bulletin de la Société 

d'agriculture de Tarrondissement de Boulogne, juin 

1894, t. XXX, n- 5. 
Mémoires de la Société académique de Boulogne-sur-mer, 

t. XVI, 1891-1894. 
Clermont'Ferrand (Pu3'-de-Dôme). Bulletin historique et 

scientifique de l'Auvergne, 2" série, n*» 1 à 10, janvier à 

décembre 1893 ; n- 1 à 5, janvier à mai 1894. 
Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et 

arts de Clermont-Ferrand, 1893. 



- 398 - 

Dax (LaQdes). Société de Borda, 19* année, 2« trim. 1894. 
Lyon (Rhône). Mémoires de l'Académie des sciences, 

belles-lettres et arts de Lyon, 3* série, t. II, 1893. 
Orléans (Loiret). Mémoires de la Société archéologique 

et historique de l'Orléanais, t. X. 
Poitiers (Vienne). Mémoires de la Société des Antiquaires 

de rOuest, 1" trimestre 1894. 
Reims (Marne). Travaux de l'Académie nationale de 

Reims, 9* volume, année 1891-1892, t. II. 
Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 

d'Aunis, bulletin de la Société des archives historiques, 

14* volume, 4« livraison, !•' juillet 1894. 
Toulouse (Haute-Garonne). Bulletin de la Société archéo- 
logique du Midi de la France, n* 13. 
Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 

d*archéologie et de statistique de la Drôine, année 1894, 

juillet, 110* livraison. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 

Anvers (Belgique). Bulletin de l'Académie d'archéologie 

de Belgique, 4* série des annales, 2* partie, XVI. 
Gand. Bulletin du Cercle historique et archéologique de 

Gand, n* 2, 1894. 
Liège. Société libre d'émulation de Liège, t. IX. 
Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 

philosophical society held at Philadelphia for promo- 

ting useful knowledge, vol. XXXlll, n* 144. 

Abonnements. 

Bibliothèque de l'École des Chartes, LV, V et 2* livrai- 
sons, janvier-avril 1894. 

Bulletin de la Société bibliographique et d' s publications 
populaires, 25« année, VII, juillet 1894. 

Journal des Savants, mai-juin 1894. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. — Partie 
littéraire, 2» série, t. 40, 71* de la collection,r« livraison, 
juillet 1894 ; partie technique, 2* série, t. 20, 72« de la 
collection, 7* livraison, juillet 1894. 



Romania, recueil trimestriel consacré à l'ôtade des lan- 
gues et des littératures romanes, t. XXIII. 

Correspondance, 
1* Le 26 juin, M. Lion, membre correspondant, adresse 
la planche X de la 4* partie des notes, plans et documents 
faisant suite à V Histoire d'Hesdinfort, planche qu'il a fait 
tirer à part. 

2* M. Karl Dziatzko, professeur de bibliothécomanie à 
rUniversité de Gœttingue, écrit au Secrétaire général le 
29 juin qu'il ne peut offrir un exemplaire du mémoire 
d'A. Heinemann sur le poôme néerlandais relatif à la 
bataille de Guinegate ou de Térouanne en 1513 (voir le 
procès-verbal précédent p. 386), et il rengage à s'adresser 
à l'éditeur de la revue dans lequel le travail a paru. 

3* L'Académie d'archéologie d'Anvers accuse réception 
le 4 juillet des 3* et 4* fascicules du tome IX du Bulletin 
historique, année 1893. 

4* La Société libre d'émulation de Liège (Belgique) an- 
nonce l'envoi du tome IX de ses Mémoires. 

5* La Société académique de Saint-Quentin envoie le 
programme du concours de l'année 1894-95. 

6* Par lettre du 21 juillet, M. le ministre de l'instruc- 
tion publique a annoncé l'envoi d'un ouvrage venant des 
États-Unis d'Amérique. 

Communications, 
Cartulaire de Saint- Augustin-lez-Tèrouanne. — M. Re- 
villion expose que la bibliothèque royale de Bruxelles a 
acheté dernièrement à Paris, chez le libraire Morgan, un 
Cartulaire de Saint-Augustin lez-Térouanne qui contient 
environ 150 chartes de 1167 à 1273. Un attaché de la bi- 
bliothèque royale ollre d'en faire Tanalyse pour la Société 
si celle-ci juge que cette publication oflVe de l'intérêt. 

M. le Président dit qu'il n*y a rien aux archives dépar- 
tementales sur cette abbaye ; le Secrétaire général ne con- 
naît que le cartulaire qui figure sous le n* 250 des mes. 
de la bibliothèque de Saint-Omer ^ qui donne des pièces 

* p. 572 du catalogue imprimé. 



— 394 - 

allant dé 1413 à 1486, et qui ne présente pas un très grand 
intérêt ; M. Justin de Pas renvoie à la Bibliographie de 
M. le baron Dard qui parait contenir tout ce qui a été 
écrit sur cette abbaye. Tous ces documents n'ont aucun 
rapport avec le cartulaire signalé par M. Revillion. En 
conséquence, la Société le prie d'entrer en relations avec 
l'attaché de la bibliothèque royale de Belgique qui offre 
de faire le travail,de lui exposer le désir de la Compagnie, 
la manière dont elle comprend que les chartes ou leurs 
extraits doivent être publiés, les conditions de la publi- 
cation, etc. 

Lectures, 

Poème néerlandais sur la bataille de Guinegate, — 
M. le Président expose d*abord que la Compagnie a 
reçu de l'éditeur Spirgatis à Leipzig le mémoire allemand 
d'A. Heinemann relatif à une complainte en v#3rs néer- 
landais qui traite de la bataille de Guinegate ou de Té- 
rouanne livrée le 16 août 1513. Le Secrétaire général, qui 
avait signalé ce document d'après la Bibliothèque de 
VÉcole des Chartes, a remis le mémoire à M. l'abbé Bled 
afin qu'il puisse faire traduire le texte néerlandais. M. le 
Président a réussi à faire faire cette traduction à Saint- 
Omer, et il a en outre rédigé alors une notice dont les 
éléments sont empruntés en grande partie aux C/ironi* 
ques de Flandre et d Artois de Louis Brésin, et il a com- 
paré les deux récits. La Société décide que la traduction 
de ce curieux poème et le commentaire de M. Tabbé Bled 
seront insérés au Bulletin historique, 

M. Revillion, vice-président, lit ensuite un travail inti- 
tulé : Recherches sur Hans Memlinc et sur les peintures 
de Vabbaye de Saint-Bertin qui lui sont a((ri6uées.Après 
avoir rassemblé divers renseignements précis sur ce pein- 
tre, sur son lieu de naissance, signalé récemment par le 
P. Dussart \ sur l'orthographe de son nom,sur la légende 

* Bulletin historique des Antiquaires de la Morinie, t. VII, p. 301; 



qui le ireprôBente comme pauvre» blessé ut recueilli par 
les religieux de Thôpital Sainl-Jean à Bruges, sur soû 
mariage, son éducation artistique, ses élèves et les carac- 
tères spéciaux de ses œuvres, rauteur signale un manus- 
crit qui semble être une notice rédigée au commence- ' 
ment de ce siècle pour parvenir à la vente de peintures ' 
provenant de l'abbaye de Saint-Bertin, venté qui, d'ail- * 
leurs, n'aurait pu avoir lieu en France. Ces peintures sont 
celles qui décoraient les portes servant à cacher le trésor 
de l'abbaye. Deux volets de bois présentaient 4 composi- > 
tions importantes dont le manuscrit donne la description* 
détaillée et 64 petits tableaux en forme d'encadrement. ^ 
Leur hauteur était de 7 pieds, leur largeur de 6, soit 2*27 
sur 1*94. La tradition lés a toujours attribués à Mem- 
llnc. 

D'autre part, on sait que Mgr Dehaisnes a écrit un 
ouvrage très intéressant sur le Rétable de Saint-Bertin \ 
Ce sont deux panneaux de bois de 0'57' sur 1*46 présen- 
tant dix compositions, qui se trouvent au musée de La 
Haye ; il croit pouvoir dire qu'il est permis de regarder 
Simon Marmion comme l'auteur présumé de ces peintures. 
De son côté, M. Marmottan est d'avis * qu'elles peuvent 
être attribuées à Hubert Bouts (Stuerbout). 

M. Revillion pense que ces deux œuvres différentes : 
les volets du trésor et le rétable sont en réalité dues toutes 
deux au pinceau de Memlinc qui séjourna huit ans à l'ab- 
baye de Saint-Bertin,alors que Guillaume Fillastre,chan- 
celier de Philippe le Bon, en était Tabbé. 

Il remarque que le rétable a été retrouvé et décrit ; 
quant aux volets du trésor, que sont-ils devenus? M. de 
Laplane fMém. des Antiq. de la Morinie, t. VII, p. 54-55) 

Armâtes de la Société d'émulation pour Pétude des antiquités de 
Flandre, 5* série, t. IV, XLP vol. de la collectioD, livraison 3-4, 
aofiée 1891, p. 341 et saiv. 

* Lille, 1892, in.8-. 

* Les Peintres de la ville de Scint-Omer, Paris^ 1888, îd-8*, 40 p. 



en a parlé, semble-t-il, en croyant désigner les volets du 
retable et il a confondu ces deux œuvres. 

L'assemblée suit cette lecture avec beaucoup d'intérêt 
et félicite M. le vice-président de son travail très étudié 
et basé sur un grand nombre de documents dont quelques- 
uns peu x^nnus. Il a nettement distingué ces deux ma- 
gnifiques peintures qui existaient dans l'église de Saint- 
Bertin, et la description des volets de l'ancien trésor per- 
mettra peut-être de retrouver cette œuvre d'art de haute 
valeur et de savoir aussi ce que représentaient les 64- pe- 
tits tableaux de l'encadrement. 

Un portrait de Largillière. — M. Revillion demande à 
lire encore quelques lignes de son manuscrit qui sont 
relatives à une autre peinture toute différente. Il s'agit du 
portrait de Jacques III, fils de Jacques II, roi d'Angleterre, 
peint par Nicolas de Largillière et signé de lui, qui était 
également mis en vente avec les volets du trésor de St- 
Bertin. Ce précieux portrait provenait du collège des 
Jésuites anglais de Saint-Omer. Où est-il aujourd'hui ? 

La Compagnie remercie M. le vice-président de ces 
intéressantes communications qui seront insérées dans 
ses publications. 

La séance est levée à 5 h. 1/4. 



Séance du 29 octobre 1894. 

Président : M. l'abbé BLED. 

Secrétaire général : M. Paoart d'Hermansart. 

Après l'ouverture de la séance à 3 h. 10, M. le Prési- 
dent donne la parole au Secrétaire général pour lire le 
procès-verbal de la séance précédente qui est adopté sans 
observation. 



- 387 - 

Dons, hommages, échanges, 

— De la part de Vauteur : 

Essai historique sur Venseignement secondaire k Mon* 
treMl-sùr-mer, par M. Â. Braquehay. 

— Du Ministère de l'Instruction publique : 

QoUeotioii des documents inédits de l^istoire 

de Franoe ; 

r Archives de VHôtel-Dieude Par 18(1157-1300), publiées 

par Léon Brièle. 
2* Lettres de Pereisc, par Philippe Tamizey de Laroque, 

t. V (1610-1637). 
3* Recueil des Chartes de Vabbaye de Cluny, par A. Ber- 
nard et A. Bruel, t. V (1091-1210). 

— Catalogue général des manuscrits des bibliothèques pu- 
bliques de France. T. XXV, Poitiers-Valenciennes. — 
T. IX, table générale des archives de la Bastille. — 
T. XXIII, Bordeaux. 

— De te part des Sociétés savantes françaises : 
Amiens (Somme). Société des Antiquaires de Picardie. 

La Picardie historique et monumentale, Amiens, n* 2. 

Album archéologique, 9* fascicule, 1894. 

Belfort (territoire). Bulletin de la Société Belfortaine 
d'émulation, n' 13, 1894. 

Doulogne^sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture de l'arrondissement de Boulognensur-mer, 
juillet-août 1894. 

Châlons'sur-Mame (Marne). Mémoires de la Société 
d'agriculture, commerce, sciences et arts du départe- 
ment de la Marne, année 1893. 

Clermont'Ferrand (Puy-de-Dôme). Bulletin historique et 
scientifique de l'Auvergne, 2" série, 1894, n*' 6 et 7, juin- 
juillet. 

Dax (Landes). Société de Borda, 3* trim. 1894, 19* année. 

Dijon (Côte-d'Or). Mémoires de l'Académie des sciences, 
arts et belles-lettres de Dijon, 4* série, t. IV. 

Dunkerque (Nord). Bulletin de la Société dunkerquoise 



— SÔ8 — 

pour reocouragement des sciences, des lettres et des 
arts, 1892-1893. 

Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales de la Société 
historique et archéologique du Gàtinais, 2\ 3* et 4« tri- 
mestres 1893. 

Le Mans (Sarthe). Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de la Sarthe, 2* série, t. XXVI, 3* fasci- 
cule, 1894. 

Revue historique et archéologique du Maine, t. XXXV, 
1894. 

Marseille (Bouchessiu-Rhône). Répertoire des travaux de 
la Société de statistique de Marseille, t. XLIII. 

Montpellier (Hérault). Publications de la Société archéo- 
logique de Montpellier, 2* série, n* 1. 

Moulins (Allier). Bulletin de la Société d'émulation et 
des beaux-arts du Bourbonnais, l*', 2' et 4* livraisons, 
1894. 

Moutiers (Savoie). Recueil des mémoires et documents 
de l'Académie de la Val d'Isère, 2^ vol. S* liv., 5* vol. 2" 
liv. 1894. 

Nancy (Meurthe-et-Moselle). Mémoires de l'Académie de 
Stanislas, 1893, 5* série, t. XI. 

Parts (Seine). Annuaire de la Société française de numis- 
matique, juillet-août 1894. 

Bulletin et Mémoires de la Société nationale des Antiq. 
de France, 6' série, t. III, 1S92. 

Bulletin de la Société nationale des Antiq. de France, 1893. 

Bulletin de la Société de géographie, t. XV,1*' trim. 1894. 

Société de géographie, comptes-rendus des séances, n* 14. 

Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 
de l'Ouest, 2« trimestre 1894. 

Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, scien- 
ces et arts de Poligny, octobre, novembre, décembre 
1893 ; janvier, février, mars 1894. 

Reims (Marne). Travaux de ^l'Académie nationale de 
Reims, 2* série, 1892-1893. 

Rennes (lUe-etrVilaine). Bulletin et Mémoires de la So-* 



ciètè archéologique du dèp* d'Ille-et-Vilaine, t. XXIIL 

Roubaix (Nord). Mémoires de la Société d'émolatioD de 
RoubaiXy 9* série, t. L 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d'Âunis. Bulletin de la Société des archives historiques. 

Saint'Quentin (Aisne). Mémoires de la Société académi- 
que des sciences, arts, belles-lettres, agriculture et in- 
dustrie de Saint-Quentin, 4* série, t. XI, 1891-1892. 

Soissona (Aisne). Bulletin de la Société archéologique, ' 
historique et scientifique de Soissons, t. II, 3* série 1892. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d'archéologie et de statistique de la Drôme, 1894, octo- 
bre, 3* livraison. 

Versailles (Seine-et-Oise). Commission des Antiquités et 
des Arts, 14* volume. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 

Alsace. 
Strasbourg. Bulletin de la Société pour la conservation 
des monuments historiques d'Alsace, 11* année, t. XVII, 
livraison 1. 

Belgique. 
Anvers. Bulletin de l'Académie d'archéologie de Belgir 

que, 4' série, 2* partie, XVII. 
Bruxelles, Analecta Bollandiana, tomus XIII, Case. 3. 
Annuaire de la Société archéologique de Bruxelles, t. V, 

1893. 
Enghien. Annales du Cercle archéologique d'Enghien, 

t. V, V* et 2* livraisons. 
Gand. Bulletin du Cercle historique et archéologique de 

Gand, 2' année, n* 3. 
Messager des sciences historiques ou Archives des arts et 

de la bibliographie de Belgique, 2* livraison, 1894. 
Liège. Bulletin de l'Institut archéologique liégeois^ t. 

XXIII, 2* livraison, 1893 ; 3* livraison, 1894. 
Rapport sur les travaux de l'Institut archéologique lié- 
geois pendant l'année 1893. 



— 400 — 

Nivelîês. Annales de la Société archéologique de rarron- 

dissement de Nivelles, t. V, 2* livraison. 
Hollande. 
Amsterdam. Verslagen en Mededeelingen der Koninglijke 

akademie van Wetenschappen, 1894. 
Johannis Pascoli Phidyle prœmio aureo ornata in certa- 

mine pœtico Hœufftiano, 1894. 
Recherches sur la domination arabe, le chiitisme et les 

croyances messianiques sous le khalifat des Omayades, 

par G. Van Vloten, 1894. 
Jaarbœk van de Koninklijke akademie van Wetenschap- 

pen gevestigd te Amsterdam voor 1893. 
Norwège. 
Christi&na. Matrikler over Nosdistre Studerende, ved 

fremmede Universiteter. 
Monumenta historica Norvegiae, 1880. 

Suisse. 
Neufch&teL Bulletin de la Société neufchâteloise de géo- 
graphie, 1893. 

Abonnements, 
Bibliothèque de VÉcole des Chartes, 3* et 4' livraisons, 

mai-août 1894. 
Bulletin de la Société bibliographique et des publications 

populaires, août à octobre 1894. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 

littéraire, août à octobre 1894. — Partie technique, août 

à octobre 1894. 
Journal des Savants, juillet-août 1894. 
Revue de VArt chrétien, 5« série, 1894, t. V, 5* livraison. 
Revue historique, t. LVI, septembre-octobre 1894. 
Remania, recueil historique consacré à l'étude des langues 

et des littératures romanes, t. XXIII, juillet à oct. 1894. 
Correspondance, 

Elle se compose uniquement d'un accusé de réception 
par le Ministère de 124 exemplaires de la 170* livraison 
du Bulletin historique, et d'avis d'envoi de divers ouvra- 
ges mentionnés cislessus. 



-401 ~ 

Dom Lhuiilier, membre honoraire, annonce qu'il a été 
appelé à Rome et a dû quitter le pays. Il renvoie en con- 
séquence un Inventaire des reliques de saint Bertin, de 
décembre 1395, qui lui avait été adressé en communica- 
tion. Cette pièce sera déposée aux archives de la Ck)mpa- 
gnie. 

Nécrologie. 
M. le Président annonce la mort de M. Andrieux, nom- 
mé récemment membre correspondant et décédé à Thé- 
rouanne, et celle de M. Amédée de Gournay,membre titu- 
laire. Ce dernier est mort le 20 octobre courant, dans sa 
76* année, au château de Wandonne. Il y avait réuni une 
très belle collection de bijoux mérovingiens et gallo- 
romains trouvés lors de fouilles opérées par lui dans des 
anciens cimetières situés à Wandonne; il avait aussi 
quelques pièces archéologiques provenant de Thérouanne. 
Enfin il était possesseur du manuscrit complet des An- 
nales du curé Deneufville dont la bibliothèque de Saint- 
Omer ne possède que la copie du premier volume (n* 809). 

Communications. 

Le Secrétaire général signale à l'attention de la Com« 
pagnie la remarquable étude de M. Léopold Delisle, ad- 
ministrateur général de la Bibliothèque Nationale, sur 
)ei Bibles de Gutenberg d'après les recherches de M. Karl 
Dziaàiko, parue dans le Journal des Savants (juillet 1894). 
Il dépoAe sur le bureau un tiré à part orné de planches 
de ce travail, que Tauteur a bien voulu lui offrir. 11 fait 
remarquer que grâce aux renseignements fournis par le 
bibliographe allemand,complétés par M. Delisle au moyen 
de textes récemment acquis par la Bibliothèque nationale, 
diverses questions relatives aux bibles imprimées d'une 
part par Gutenberg et Fust, par Gutenberg et Pflster 
d'autre part, sont définitivement résolues. 

La bibliothèque municipale de Saint-Omer possédant 
un volume de la bible de Gutenberg ^ qui semble le fruit 

' Voir Bulletin hiitorifue, t. H, p. 246 et 247. 



— 4p« - 

de rassociatlon de Gutenberg avec Jean Fust, cette cûm- 
munication présente un intérêt réel pour la Société, .f 

Lectures. 

M. MarioQ, sous le titre : La fabrique et la paroisse de 
Saint Sépulcre en 1780, raconte les difficultés survenues 
alors entre les marguilliers, les paroissiens et le curé de 
cette église à propos du changement des stalles du clergé. 
En débrouillant les pièces d'une longue procédure enga- 
gée à ce sujet, il nous apprend qu'il existait primitivement 
des stalles placées dans le chœur qui furent ensuite relé- 
guées au dehors par les marguilliers ; le curé mécontent 
liBS fit vendre en 1773 à Tinsu de ceux-ci. Des chaises 
mobiles les remplacèrent, mais au bout de peu de temps 
la fabrique les fit sceller au pavé de l'église ; nouveau 
mécontentement du curé qui les fit arracher nuitamment. 
Enfin la querelle sembla devoir être terminée quand on 
fit rétablir des stalles non mobiles fermant un des côtés 
du chœur, mais si quelques prêtres consentirent à y sié- 
ger, jamais le curé ne voulut en faire usage. 

D'autres difficultés et diverses critiques relatives à l'ad- 
ministration des marguilliers sont aussi signalées dans 
le cours de la procédure ; les détails que donne M. Marlon 
sur ces autres points du débat, pour être moins piquants, 
n'en sont pas moins curieux. 

Ce récit, qui rappelle agréablement la querelle du Lu-- 
irin, est écouté par la Compagnie avec le plus sympa- 
thique intérêt, et mérite à Tauteur les compliments du 
Président qui, en le félicitant sur ses débuts, espère que 
M. Marion ne s'en tiendra pas là et voudra bien faire 
d'autres communications à la Société. 

M. l'abbé Bled signale une 0/iarfe du X///» siècle de 
Gérard, prévôt du chapitre de Saint-Omer de ! 141 à 1 149, 
qfui se trouve aux archives de Tancien chapitre ; des 
èceauX en cuvette pendent encore au bas de cette pièce, 
et M. Vallet de Viriville en a donné les légendes dans le 



— 403 — 
tOlne V des it/ëmotres des Antiquaires de la Morinie\ 
M. l'abbé Bled dit que c'est par erreur que cet érudit a 
daté cette charte de 1167, tandis qu'elle est de 1157, et 
d'autre part, il croit devoir insister sur Texistence du 
contre-sceau de Thierry d'Alsace qu'elle porte ; il remar- 
que en effet qu'aucune des chartes de ce prince conser- 
vées aux archives municipales ne porte de contre-sceau et 
que ni M. Douêt d'Arcq ni Demay ne font mention d'un 
contre-scel de ce comte de Flandre. 

Examinant ensuite le texte môme de la cliarte, l'auteur 
fait diverses remarques sur les noms de lieux cités et 
notamment sur la (erre désignée par le nom de Wisco. 

La Compagnie écoute cette lecture avec une attention 
soutenue et un membre propose de faire reproduire le 
contre-sceau dont M. labbé Bled indique l'importance, 
afin qu'il soit signalé d'une manière plus précise aux éru- 
dits, ce* qui est adopté. 

La séance est levée à 5 h. 1/2. 

Le Sccrétalni général, 
PAGAHT D'HER.MANSART. 



' Essai sur les Archives historiques du chapitre de VégUse cathé- 
drale de liotr&'Dame de Saint-Omer, p. LIV. 



NOTE 

8UP la traduciioii d'an poëme néeplandats 
relatif à la bataille de Guinei^atc, 1518. 



CommuDicatioo de M. Tabbé 0. Bled, président. 



M. Pagart d'Hermansart a signalé ù la séance 
du 26 juin 1894, dans la Bibliothèque de l'École des 
Chartes (janvier-avril 1894, p. 237), une note ainsi 
conçue : 

« Poëme néerlandais sur la bataille de Guinegate 
ou de Térouanne. 

» On vient de retrouver à la bibliothèque de 
)) runiversité de Gœttingue, sur un feuillet de 
» garde d'un Lactance (imprimé à Bâle en 1521) 
» un fragment de quatre-vingt-huit vers néerlan- 
» dais. Il est intitulé : Van den Fransoysen die 
» gefangen vnd doit sint vmbtrent Terewain. Il 
» s'agit de la Journée des Éperons, ou bataille de 
» Guinegate (16 août 1513). 

» M. Otto Heinemann a édité ce texte et Ta (ait 
suivre d'une traduction allemande et d'une iden- 
)> tification des seigneurs français qui y sont men- 
» tiennes. — Leipzig, Spirgatis, in-8«. » * 

* M. L. Delisle a signalé dans les termes suivants l'intérêt 
de cette publication : 
« Nous devons appeler particulièrement l'attention de nos 



— 406 - 

La Société des Antiquaires de la Morinie re- 
cueille avec un soin pieux tout ce qui touche à 
l'histoire de l'ancienne capitale des Morins. Sur 
le désir de la compagnie, notre zélé Secrétaire 
général a fait venir un exemplaire du poème an- 
noncé. C'est la traduction de ce document jusque- 
là inédit que nous allons donner. 

L'épisode chanté sur un ton lyrique est la dé- 
faite des Français à Enguinegatte le 16 août 1513. 
La France compte assez de victoires pour que ce 
cri de joie de ses ennemis triomphants puisse 
être ici reproduit sans porter en rien préjudice à 
la renommée du courage guerrier de ses fils. 

Rappelons les épisodes de ce combat. 

Depuis le 24 mai, Talbot faisait le siège de Thé- 
rouanne que défendait Antoine de Créquy, sei- 
gneur de Pont-Remy. Henri VIII s'y rendit en très 
grand équipage et avec une forte arifnée Dès son 
arrivée le siège fut poussé avec une vigueur 
excessive. « A la venue du roy anglais com- 
mença Térouenne estre asprement assaillie. » 
L'empereur Maximilien y arriva aussi avec son 

« compatriotes sur un mémoire de M. Otto Heinemann qui a 
» publié et savamment commenté une complainte en vers nùer- 
» landais relative à la bataille deGuinegate ou de Thérouanne 
» perdue par les Français le 16 août 1513. Cette pièce contem- 
» poraine de Tévénement vient d'être découverte dans la re- 
)) liure d'an volume de la bibliothèque de Gœttingue ; c*ost un 
» placard portant en tête Taiglede Tempire : elle pourrait bien 
» avoir été imprimée à Anvers par Henri Eckert van Homberch. 
» L'éditeur a fait preuve de sagacité en essayant d'identifier 
» les noms des seigneurs français nommés dans la com- 
» plainte. » 

(Journal des Savants, juillet 1894, p. 412). 



— 407 — 

armée vers le 15 août, tandis que le roi de France 
Louis XII rassemblait ses forces éparses pour 
porter secours à sa vaillante cité.Ainsi en ce mois 
d'août de Tannée 1513 la petite ville de Thérouanne 
occupait l'effort des trois plus puissants monar- 
ques de l'Europe» et toutes les cours d'Europe 
attendaient quelle serait sa destinée. 

Informés que le roi de France envoyait un 
secours pour ravitailler sa ville fidèle, épuisée 
d'hommes, de vivres et de munitions, l'empereur 
et le roi d'Angleterre franchirent la Lys au sud de 
Thérouanne et se portèrent avec des forces consi- 
dérables au-devant de l'armée de secours. Mais 
laissons la parole à Louis Brôsin, chroniqueur 
d'autant plus intéressant pour nous qu'il est notre 
compatriote et qu'il fut presque contemporain de 
l'événement qu'il raconte Ici \ 

« Ainsy les François, afHn qu'ilz secourassent 
» les assiégez estans en telle disette de tout,mar- 

* Loais BrésÎQ naquit en 1519 à Vaudringhem (c*" de Lum- 
bres, Pas-de-Calais). Il écrivit ses chroniques en 1563 au mo- 
nastère de Watten dont on rapporte qu'il fut religieux. Ses 
chroniques étaient divisées en trois parties, allant la première 
depuis la création insqu'à 1405, la seconde de 1405 à 1482 et la 
troisième de 14fô à 1570. Malheureusement ces parties ont été 
dispersées ou perdue après sa mort. La première était à 
Bruxelles au commencement du xvii' siècle, la seconde était 
alors déjà perdue d'après une lettre de Chifflet de 1628. La 
troisième appartenait alors an chanoine Doresmieux à Ârras, 
et se trouve aujourd'hui à la Bibh'othèquo nationale, fonds 
français, comprenant deux gros in-folio sous les n*' 24045 et 
24046. Elle est intitulée : Le tiers volume du recueil des chroniques 
de Flandres et d'Artois commençant l'an 1482 et continuant jusques 
Van ÎBIO. M. Mannier a publié en 1880 de très intéressants 
extraits de cette dernière partie sous le titre : Chroniques de 



- 408 — 

» chèrent droit vers Tôrouenne avec huit mille 
» hommes de cheval qui enfermoient au milieu 
» d'eux ceulx qui menoienl le charroy des muni- 
» lions. Sur laquelle armée estoit chef le seigneur 
)> de Piennes, personnage extrait de la noblesse 
» de Flandres... avec luy estoient présens tous 
» les plus renommez capitaines de France et une 
» chevalerie endurcie aux armes et victorieuse de 
» plusieurs nations, en quoyTon n*eust peu riens 
» voir défaillir,sinon Tanchienne bonne fortune. » 

La présence de l'empereur et du roi au milieu 
d'elles, continue Brésin, avait porté au comble 
l'enthousiasme de leurs troupes, « bruslans d'un 
désir Incroyable après la bataille. » 

« Quand il eut congneu ce courage des soldats, 
» estimant qu'il ne failoit plus tarder, [l'empereur] 
» marcha soudainement contre les François, me- 
» nant avec soy quatre mille hommes de cheval 
» d'armes de decha le Rhin, soubz la conduite de 
» Hans Vosz et du sieur de Lalain très vaillans 
» capitaines; semblablement le roy Henry le suivit 
D de pareil pas avec la force des gens de pied 
» estans au milieu de ses archers. 

» Or desjà partie de l'armée françoise avoit tour- 
» noie sur la main gauche pour mettre munitions 
» en Térouenne et estoient déjà parvenues à celle 
» des portes qu'il leur sambloit moins estre pour- 
» veue de garde par les Anglois et par Talbot, 

Flandre et d'Artois, par Louis Brésin. Analyse et extraits, (Paris, 
DumouliD.) 

C*est (le la notice qui précède ces Extraits que j*ai emprunté 
ces quelques mots sur Louis Brésin et sur son œuvre. Voir aussi 
le curieux article de H. Piers sur le manuscrit de Brésinius 
dans son Histoire des Flamands, p. 142. 



- 409 — 

» furent repoussez à leur dommage, lequel s'y 
y> es toit trouvé en armes. 

» Et sy tôt que Henry vit les ennemis,commanda 
» de tirer de loing deux couleuvrines pour leur 
» faire perdre les rancz. Incontinent aussy Tem- 
» pereur quy sçavoit le lieu malheureux à Ten- 
» nemy et son ancienne victoire sur les François 
» obtenue, les alla impétueusement assaillir teste 
» à teste. 

D Tant fut grande la force des flesches et Tas- 
» prêté des hommes d'armes impériaulxchoquans 
» sur les ennemis que les gens de cheval trati- 
» chois furent rompus et mis en désordre à la 
» première rencontre combien qu'il y eut de très 
» preux capitaines quy grandement s'eflorchoient 
» à soustenir l'impétuosité des ennemis et de ras- 
» surer la compaignie si fort ébranlée. Au reste 
» pour ce qu'ilz n'avoient amené artillerie ni pié- 
» tons pour escorte de la cavalerie, estans fort 
» oppressez de l'empereur et s'approchent le roy 
» Henry avec toute la force des piétons furent 
» contraints descamper et tourner le dos. » * 

Ce jugement sur les causes qui ont amené la 
défaite des Français a d'autant plus de valeur qu'il 
nous vient d'un enragé Bourguignon. Brésin en 
effet, comme le dit M. Mannier, aimant peu les 
Français, est toujours disposé à critiquer leur 
conduite et leurs actes. 

Tel est le fait d'armes qui a inspiré la verve pa- 
triotique du poète néerlandais à qui nous allons 
maintenant céder la parole. Selon toute probabi- 
lité, dit M. Otto Heinemann, éditeur de ce frag- 

* ManDÎez. Opère dtato, p. 85. 



- 410- 

ment, le poëme fut composé peu de temps après 
la prise de Thôrouanne qui eut lieu, non pas le 22, 
comme le dit l'éditeur, mais le 24 août 1513. 

A propos des Français qui ont été faits prisonniers et 
sont morts aux environs de Thérouanne (1513). 

1. H faut avouer que les Français ont mérité depuis 
longtemps tout ce qu'ils auront à expier aujourd'hui. Ce 
qui a été arraché jadis aux hommes de bien, on le recon- 
quiert maintenant. Tout le njonde est d'accord sur les 
prétentions orgueilleuses des Français qui par leurs in- 
trigues ont espéré ravitailler la ville de Thérouanne. 

2. Mais l'espoir a ses déceptions et ce qui me détermine 
à parler ainsi, c'est que les milliers d'archers de Sa Majesté 
l'empereur Maximilien appellent au combat du 16 août ' 
avec un courage de lion. (Une lacune)^ 

3. Lorsque l'empereur aperçut les forces des Français 
(8000 hommes de cavalerie et d'infanterie) il rangea ses 
brillantes troupes pour le combat et voulut immédiate- 
ment offrir la bataille à l'ennemi : les Français qui ont 
pour habitude de fuir, prirent la fuite selon leur ancienne 
coutume; perdant courage, comme les vieilles gens, ils 
sont faits prisonniers et tués en très grand nombre. 

4. Maint gentilhomme qui n'a pas encore été cité dans 
les temps présents y perdit la vie. Au premier rang tom- 
bèrent le seigneur de Bussy ; le seigneur de Piennes fut 
également blessé ainsi que le prévoyant bâtard de Ven- 
dôme; le héraut des gens de Champagne y trouva aussi 
la mort. 

5. Ils furent nombreux ; je ne puis pas les mentionner 
tous ici. Ce fut un revers cruel pour les Français : le mar- 
grave de Rothelin fut fait prisonnier avec cent porte- 

^ Le sens des derniers vers n'est pas clair, car renebaîne- 
ment fait défaut. Dans une note antérieure l'éditeqr dit qu'on 
n'a pas pu lire certains passages du poëme. 



- 411 - 

glaive ; son mattre d'hôtel oui le même sort avec vingt 
gentilshommes de distinction. On entendit le chant alle- 
mand tant qu'ils restèrent là prisonniers. 

6. Restèrent prisonniers en même temps : le lieutenant 

du Dauphin de France , Clermont, le seigneur de Hum- 

bercourt. Le seigneur de Fayette chercha le moyen d'é- 
chapper à cette cruelle douleur ; il fut jeté dans la boue 
et fait prisonnier avec le capitaine Bayard. 

7. Bayard fût un gentilhomme pieux ; mais il fut fait 
prisonnier au môme endroit et au premier rang avec le 
porte-étendard du roi et de plus encore neuf autres porte- 
étendard. Le seigneur de Brye agissant selon la vieille 
coutume et craignant perdre la vie se constitua prisonnier 
et avec lui le porte-enseigne Arenberg. 

8. Arenborg doit son salut à (une lacune). Vers trois 
heures de Faprès-midi le soleil les contempla (les prison- 
niers) dans toute sa satisfaction. Marie, sublime mère de 
Dieu, gardez l'empereur de toute désolation et que Dieu 
accorde la gloire éternelle à tous ceux qui lui veulent du 
bien pendant la vie. 

9. Allons, si Dieu nous accorde la réussite, notre mar- 
che triomphale avancera jusqu*à Rouen. L'aigle conduira 
les chevaliers. Il est entré à Thérouanne avec le roi d'An- 
gleterre. Un jeune héros de vingt ans vient de traverser 
la mer avec ses nobles compagnons. 

10. Nobles chevaliers et serviteurs allemands, veuillez 
donc avancer joyeusement pour combattre les Français et 
obéissez à l'aigle pour conquérir des biens, de la gloire 
et de l'honneur dans le pays de France. Que Dieu nous 
aide et qu'ils viennent (les Français) se jeter dans les 
griffes de nos aigles (??) 

. 11. En tout temps ils ont voulu opprimer avec astuce la 
nation allemande. Qu'on leur donne donc une rétribution 
fâcheuse, qu'on avance vaillamment vers eux jusque 
devant les portes de Paris. 



- 412 - 

Ceta ptocurera des nobles (pièce de monnaie anglaise 
du XV^ siècle) 0t des floriDS pour les réduire de force sous 
la puissance de nos aigles. 

Obeerrationt sur les p«mmnag68 cités dans le poème. 

Au point de vue historique^le poème n'offre rien de nou- 
veau. Le plus intéressant pour nou% ce sont les noms des 
gentilshommes français qui sont tombés dans la bataille 
ou qui ont été emmenés en captivité. 

Philippe d'Hallwyn, seigneur de Piennes, Ait gouver- 
neur de la Picardie et mourut vers 1517. Dans la pwsonne 
du bâtard de Vendôme, nous voyons le fils nature de 
Jean II de Bourbon- Vendôme, Jacques, bâtard de Ven* 
dôme, seigneur de Bonneval, mort en 1524. Le héraut de 
Champagne nous est resté inconnu ; pas de détails â son 
sujet. Dans le margrave de Rothelin, nous reconnaissons 
le futur duc de Longueville, Louis I. L'intendant est resté 
inconnu. Dans la personne du lieutenant, nous voyons 
René de Clermont d'Anjou, le futur vice-amiral de France, 
mort en 1523. Le seigneur d'Humbercourt n'est autre que 
Adrien Brimeu, seigneur d'Humbercourt, qui tomba en 
1515 à Marignan. Le seigneur de Fayette ou Antoine de 
la Fayette devint plus tard maître d'artillerie. Le capitaine 
Bayard, c'est le bien connu € chevalier sans peur et sans 
reproche ». Le seigneur de Brye, c'est Aimard de Prie, le 
futur grand-maltre des arbalétriers, gentilhomme de la 
Normandie. Le porte-enseigne Arenberg ne nous est pas 
connu. 

Nous n'avons pris des commentaires dont le 
savant éditeur accompagne sa publication que 
les notes historiques, laissant de côté tout ce qui 
est d'érudition poétique ou bibliographique. 

En terminant cette communication, j'emprunte 
encore à Louis Brésin quelques lignes qui confir- 
ment et complètent sur certains points ce qu'on 
vient de lire : 



— 418 - 

« Toustefois y demeurèrent prisonniers le mar- 
quis de Rotelin quypeu paravant, estant mort son 
frère de Dunois, avoit esté déclaré duc de Lon- 
gueville, les sieurs de la Palice et d'Imbercourt, 
Baiard, de Boisy et autres ; mais les sieurs de la 
Palice et de Imbercourt furent relâchez des gens 
de cheval de la Franche Comté, h raison de l'an- 
chienne amitié et parentelle de laquelle ilz attou- 
choientà Hans Vosz. 

» Et fust ceste bataille plus mémorable par le 
danger des capitaines que par la mort de leurs 
gens atendu que les piétons ne choquèrent point, 
que les artilleries ne servirent de riens, et qu'il 
n'y eu que les gens de cheval avec leurs lances et 
espées quy combatissent de chascun costé, fai- 
sans plus de bruit que d'occision, au moien que 
à la première rencontre furent les François mis 
en route, prenans la fuite. A raison de quoy fut 
ceste deflaite appelée la journée des Espérons. Le 
sieur de Piennes ayant perdu assez peu de gens 
se retira par légère fuite à Blangy d'où il venoit, 
avec son ost fort espouvanté et escous. Mais l'em- 
pereur et le roy Henry ayant gracieusement receu 
les prisonniers devers eulx, se retournèrent en 
leur camp. » 



8aint-0m«r, Trp n o-vouort 



BULLETIN 



DB LA 



SOCIÉTÉ DES ANTHUIAIIBS DE LA lORINIE 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 26 novembre 1894. 

Président : M. l'abbé BLED. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

La séance est ouverte à 3 h. 10. MM. Decroos, Len* 
gaîgne, Marion et Sturne empêchés d'y assister se sont 
fiait excuser. 

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté. 
Dons, hommages, échanges. 
'^ Delà part des Sociétés savantes françaises : 

Abbeville (Somme). Société d'émulation d'Abbeville. Cin- 
quantenaire de M. Ernest Prarond. 

Bulletin de la Société d'émulation d'Âbbeville, année 1893, 
n" 1, 2, 3 ; année 1894, n" 1, 2, 4. 

Mémoires de la Société d'émulation d' Abbeville^ 4* série, 
U III, 1** partie, 1894. 

Auxerre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his^ 



- 416 — 

toriqaes eV QiktHP^les de lionne, ann^e 189^, 48* vol. 
18* de la 3* 8éPi& i / 

Doulogne-sur-iner (Pas-de-Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture deTarrondissement de Boulogne-sur-mer, 
t. XXX, n* 7, septembre-octobre 1894. - 

Parts (Seine). Annuaire de la Société française de numis- 
matique, septembre-octobre 1894. 

Limoges (Haute-Yienne). Bulletin.de la Société hi^rique 
et archéologique du Limousin, t. XUI, 20 de la 2* série. 

Montbéliard (Doubs). Mémoires de la Société d'émulation 
de Montbéliard, 24* volume. 

liantes (Loire-Inférieure). Bulletin delà Société archéolo- 
gique de Nantes et du départem* de la Loire-Inférieure, 
t. XXXII, 1893, 2^ semestre. 

Nîmes (Gard). Mémoires de l'Académie de Nîmes, 7* sé- 
rie, t. XVI. année 1893. 

Rouen (Seine-Inférieure). Bulletin de la Commission des 
antiquités de la Seine-Inférieure, t. IX, 3* livrais. 1894. 

Toulouse (Haute-Garonne). Bulletin de la Société archéo- 
logique du midi de Ja France, n<> 14. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 

Gand (Belgique). Annales du Cercle historique et jirchéo- 

gîque de Gand. 
Bulletin du Cercle historique et archéologique de Gând, 

n'4. 
Philadelphie (Amérique). Proceedings of the Amerîean 

philosophical society.held at Philadelphia forpremo- 

ting useful.knowledge, vol. XXXIII, june 1894, n* 145. 
Washington. Annual report of the board of régents of 

the Smithsonian institution showlng the opérations, 
• expenditures, and condition of the institution, to, jùly 

1892. 

Abonnements. 

Bulletin de la Société bibliographique et dt s publications 

populaires, 25" année, XI, novembre 1894, 
Journal des Savants, septembre-octobre 1894. 



-417 - 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. -:- Partie 
littéraire, 2« série, t. 40, 71 • de la collection, 5* livraisop, 
novembre 1894 ; partie technique, 2^ série, t. 20, 72* de 
la collection, 11' livraison, novembre 1894. 

R$oue historique, 19* année, t. 56, 11, nov.-déc. 1894.. 

Revue de VArt c/irëtien» 37*année,5* série, 1894, U V,5» liv. 

Supplément à la 5* livraison de la Revue de l'Art chré- 
tien, septembre 1894. 

Correspondance, 

V M. le ministre de l'Instruction publii|tte ^npiatçiB 
l'envoi de deux ouvrages venant des Etats-Unis (15 et 24 
novembre). 

2* Par une circulaire du 25 novembre complétant celle 
du 15 juin dernier, il rappelle la date de lal9s session des 
Sociétés des Beaux-Aris des départements qui aura lieu 
du 16 au 20 avril 1895. Les manuscrits seront reçus jus- 
qu'au 10 février. Les mémoires qui, à l'impression, exige- 
raient plus de 20 pages du format du compte-rencjju de- 
vraient être l'objet de suppressions qui seraient demandées 
aux auteurs avant la mise sous presse. 

Élection d'un membre honoraire. 

M. Raymond Richebé, élu membre correspondant le 
30 avril dernier, demande à être nommé membre hono- 
raire afin de recevoir toutes les publications de la Société; 
sa demande est accueillie à l'unanimité et M. le Prési- 
dent proclame M. Richebé membre honoraire. 

Communications. 

M. le Président signale une communication que lui a 
faite M. Vaillant, de Boulogne-sur-mer. Il s'agit d'un nu- 
méro de la revue anglaise The Atheneum dans lequel se 
trouve un article rédigé par la femme d'un pasteur pro- 
testant, portant que l'église du village de Shiplake, canton 
d'Oxford, renferme quelques bons vitraux du xv* si^le 
provenant de la célèbre abbaye de Saint-Bertin à Sa^at- 
43mer. M. l'abbé Bled se propose de rechercher qjieis 



— 418 - 

sont ces vitraux, comment et à quelle époque ils ont pa 
être transportés en Angleterre. 

Règlement 

La Société, modifiant une décision prise en 1884 % dé- 
cide ensuite que ses réunions auront lieu à l'avenir le 
premier lundi de chaque mois, comme cela se faisait au- 
trefois, et elle fixe Theure de ses séances à 8 heures du 
soir. 

Rien ne se trouvant plus à Tordre du jour, la séance est 
levée à 4 heures. 



Séance du 17 décembre 1894. 
Président : M. l'abbé BLED. 
Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 
M. le Président ouvre la séance à 8 h. 10 m. et lit les 
lettres d'excuses de MM. Revillion, Marion et César de 
Givenchy, empêchés d'assister à la réunion. Il donne en- 
suite la parole au Secrétaire général qui lit le procès- 
verbal de la séance précédente. Il est adopté sans obser- 
vations. 

Dons, hommages, échanges. 

^ De la part des Sociétés savantes françaises : 

Brest (Finistère). Bulletin de la Société académique de 

Brest, 2« série, t. XIX, 1893-1894. 
Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales de la Société 

historique et archéologique du Gâtinais, W trim. 1894. 

^ De la part des Sociétés savantes étrangères : 
Bi^ges (Belgique). Annales de la Société d'émulation 
pour Tétude dell'histoire et des antiquités de la Flandre, 
5* série, t. IV, 41* volume de la collection, livraisons 3-4, 
année 1891 ; 5« série, t. V, 42* de la collection, 1892. 

* En 1884, la Compagnie avait fixé l'heure de ses séaDces à 
3 heures de l'après-midi. (Séance du 3 juin, BuUeim historique, 
t. Vn, p. 363.) 



— 419 - 

Gand. Messager des sciences historiques, année 1894 

3* livraison. 
Nàmur. Annales de la Société archéologique de Namur, 

t. XX y 4« livraison, 1894 — Rapport sur la situation de 

la Société en 1893. 
Washington (Amérique). Smithsonian institution, reports 

1891-92. 

Coivrespondance, 

V Par lettre du 2 décembre, M. Richebé remercie la 
Compagnie qui Ta élu membre honoraire. 

2* M. le ministre de Tlnstruction publique et des Beaux- 
Arts annonce le 14 décembre l'envoi d'un ouvrage venant 
des États-Unis. 

Élections annuelles. 

L'ordre du jour appelle l'élection du Président et du 
vice-Président. Le scrutin est dépouillé par le plus jeune 
membre, et il en résulte que MM. Tabbé Bled et Revillion 
sont maintenus, le premier à la présidence, le second à la 
vice-présidence. M. le Président remercie la Société de la 
nouvelle marque de confiance qu'elle lui donne, et il ex- 
prime sa satisfaction de ce que, pendant Tannée qui vient 
de s'écouler, elle a trouvé de nouveaux travailleurs, ce 
qui permet d'espérer pour l'avenir. 

Commission du Bulletin historique. 

Un second scrutin est ouvert pour désigner les mem- 
bres de la Commission du Bulletin historique pour l'an- 
née 18%. 

MM. Gaston Duquenoy, Marion, Charles de Pas, Justin 
de Pas et Van Kempen sont élus. 

Communications. 

M. de Noircarme dépose sur le bureau une hache en 
bronze trouvée à Muncq-Nieurlet dans la propriété de 
Notre-Dame des Bois, appartenant anciennement aux 
religieux de Clairmarais. Elle est examinée avec intérêt 
par les membres présents, car elle est à peu près intacte. 



— 430 — 

M. [«egrand, Secrétaire archiviste, donne lecture d'un 
passage de la 4<> livraison du tome XX des Annales de la 
Société archéologique de Namur (18d^\^ relatant une com- 
munication faite par M. Tabbô Bled à la Société des Anti- 
quaires de la Morinie*. Ce dernier a démontré, par un 
passage du Diarium des jésuites de Saint-Omer, que le 
portail de leur église était l'œuvre du namurois Bidàrt. 
La Société de Namur se propose de faire une étude sur 
les travaux de ce sculpteur, et elle décrira le portail de 
Saint-Omer. 

Cariulaire de Saint-Augustin-les-Téiouanne. 

M. Hosdey, attaché à la section des manuscrits de la 
bibliothèque royale de Bruxelles, envoie quelques pages 
de. son travail sur le Cariulaire de Saint-Augustin-lcS' 
Térouanne. Jl donne le texte entier de 5 chartes latines 
du 18 juillet 1167 à 1172. Ce travail atteste l'érudition de 
l'auteur, mais la Société ne se propose pas d'éditer le texte 
entier des chartes comprises dans ce cartulaire', et il y 
a lieu de savoir, avant de prendre une décision, quelles 
sont les intentions de M. Hosde}'. 

Les Charles de Saint'Bertin. 

M. Vaillant, membre de la Société académique de Bou- 
logne, a écrit au Président le 14 décembre qu'un Anglais 
M. John Horace Round, a étudié dernièrement à Boulogne 
lesC/lar^esdeSaln^Ber^^^etqu'ilavaitémisalorsque]que6 
doutes sur l'authenticité des chartes n** 61.4 et 615. Depuis 
il a modifié son opinion, et il s appuie sur des rectifica- 
tions de points secondaires au sujet desquels l'attention 
des antiquaires anglais avait déjà été attirée par M. le 
chanoine Haigneré. Il a donc rédigé une note d'environ 
120 lignes concluant à l'authenticité de ces chartes, et il 
demande, par l'intermédiaire de M. Vaillant, si la Société 

^ Mélanges, p. 504. 

« BvUeim historique, t. IX, 164» liv. p. 140. 

» V. Btûktrn historique, t. IX, p. 39». 



— 421 — 

des Antiquaires de la Moriaie accueillerait volontiers ce 
petit travail. 

M. Horace Round, maître es arts de TUniversité d'Ox- 
ford, membre du conseil de direction de deux sociétés 
savantes : la Pipe Roll Society et la Société archéologique 
du comté d'Essex dont le siège est à Colchester, a une 
compétence spéciale dans les questions relatives à l'his- 
toire des XI* et xii* siècles ; il est Tauteur de travaux 
importants, notamment des Ancient Charters, ouvrage 
publié en 1888 dans la Pipe Roll Society, de Geoffrey de 
Mandemile paru en 1892, et il a écrit dans un grand nom- 
bre de revues. La Compagnie est donc d avis qu'il y a 
lieu d'accueillir sa communication. Seulement, comme 
elle est relative à des pièces publiées dans le tome I des 
Chartes de Saint^Êertin, elle ne pourrait être insérée 
qu'à la fin de l'ouvrage avec les errata. Mais, afin de ne 
pas retarder trop longtemps la publication de ces rensei- 
gnements, il y aura lieu de les faire imprimer sur une 
feuille séparée qui sera placée dans le tome III. Cette 
feuille pourra ainsi, ou être placée en face des chartes 614 
et 615 du premier volume, ou être reliée plus tard à la un 
du tome IV qui doit terminer la publication. M. le Prési- 
dent est prié de répondre à M. Vaillant dans le sens de 
cette décision. 

Lecture. 

Dans une Note sur le péage de Bapaume, M. l'abbé 
Bled, analysant une étude de M. Finot, archiviste du dé- 
partement du Nord, publiée dans le dernier volume des 
Annales du Comité flamand sous le titre : Le commerce 
entre la France et la Flandre au moyen âge d'après les 
tarifs du péagi de Bapaume, nous montre que cette rede- 
vance, établie au commencement du xiii* siècle, eut à l'ori- 
gine sa raison d'être dans les brigandages de la forêt 
d'Arrouaise contre lesquels il fallait défendre les mar- 
chands ; puis elle se transforma en une taxe fiscale et se 
maintint durant environ sept siècles. La ville de Saint- 
Omer y était astreinte. M. Finot ne signale que deux tex- 



— 422 — 

tes da tarif, l'un à Lille» l'autre à Douai. M. l'abbé Bled en 
a découvert deux à Saint-Omer, l'un appartenant à la bi- 
bliothèque daté de 1273, l'autre aux archives, qui est une 
copie faite au commencement du xv* siècle. Il signale et 
décrit ces deux textes et les compare à ceux cités par 
M. Finot. 

Ce travail, qui fait honneur à l'érudition de M. l'abbé 
Bled et fait ressortir sa connaissance approfondie des 
archives de la ville, Ûxe complètement l'attention de la 
Compagnie, et après en avoir entendu la lecture, elle dé- 
cide qu'il figurera dans ses publications. 

La séance est levée à 9 h. 1/2. 

Le Secrétaire^ènéral, 
PAGART d'HERMANSART. 



LA FABRIQUE 

ET LA PAROISSE DU SAINT-SEPULCRE 

A SAINT OMER EN 1780 



GommanicatioD de H. HarioD, membre titulaire. 



La page d'histoire locale que nous traçons ici 
sur le vu de documents authentiques sera, tout à 
la fois, une véritable étude de mœurs et une édi- 
fiante démonstration de l'esprit de charité qui, à 
cette époque, comme souvent d'ailleurs, animait 
dans leurs rapports journaliers ceux qu'on appel- 
lerait aujourd'hui les membres de la classe diri- 
geante, et qui, au moment où ce récit commence, 
étaient les notables paroissiens de l'église du Sainte- 
Sépulcre. 

Il faut dire que nous les surprenons au milieu 
d'une agitation, d'une effervescence telles qu'on 
les croirait disposés à faire revivre, autour d'eux, 
les scènes les plus vives du Lutrin de Boileau dont 
ils ne se font pas faute, d'ailleurs, d'évoquer le 
souvenir dans leur échange de mémoires. 

La première pièce qui ouvre leur solennel débat 
est une requôte,signée par vingt-trois paroissiens 
du Saint-Sépulcre et adressée à MM. les mayeur 



— 424 — 

et échevins de la ville et cité de Saint-Omer. Dès 
les premiers mots, Pobjet de leur réclamation est 
très nettement exposé, lorsqu'ils nous apprennent 
« qu'il est venu à leur connaissance qu$ les sieurs 
« marguilliers de la dite paroisse ont fait une réso- 
« lution de changer encore une fois te» stalles ou 
« bancs du clergé de la paroisse. » 

Pour mieux signaler l'importance de cet événe- 
ment, ils nous font l'historique de ces stalles du 
clergé qui, primitivement placées dans le chœur, 
s'y virent exclues par MM. les marguilliers pour 
être mises « hors du chœur », ce qui provoqua un 
véritable toile de la part des membres du clergé 
« exposés fréquemment à des rhumes en ce qu'ils 
« étaient tout à découvert ». Sur d'aussi justes 
remontrances, les stalles avaient reconquis leur 
position première,lorsque, sous l'inspiration d'un 
esprit nouveau, MM. les marguilliers crurent bon, 
en commandant de nouveaux bancs, d'imposer 
au clergé un nouveau déplacement en l'excluant 
une fois de plus du chœur. 

En une telle occurrence,les marguilliers étalent- 
ils dans leur droit, ou, au contraire, dépassaient- 
ils leur mission? Les signataii^es de la requête Ite 
crurent coupables et émirent cette prétention 
« qu'ils ne pouvaient à chaque fois qui leur pre^ 
« nait fantaisie employer les deniers de la fabrique 
« suivant leurs vues à des changements ruineux, 
€ sans consulter les paroissiens égaux qui ont fe 
« même inlérêt qu'eux ». Ils concluaient en de^ 
mandant qu'on leur donnât acte de leur opposi- 
tion jusqu'à ce qu'une assemblée de paroissiens txA 
faite en la forme ordinaire. 

Cette requête eut les honneurs de toute une 



— 425 — 

procédure : elle fut d'abord coinmuttl(ïuêe le 27 
mai 1780 au Procureur du Roy syndic de la ville 
pour donner des conclusions. Le même jour, le 
Procureur syndic conclut à la communication de 
la requête aux margullllers pour avoîr leur avis, 
communication qui lut ordonnée le 5 juin 1780.' 

Mais, ici, se place un petit incident que nous 
avons d'autant moins à regretter qu'il fournira à 
la réponse de MM. les marguilliers une ample 
moisson de critiques et d'attaques. L'un des si- 
gnataires de la requête, M. TaflSn Dehupy, ayant 
été signalé dans le public comme un signataire 
de^complaisance,crut devoir de défendre lui-même 
contre une aussi grave accusation, et sa protesta- 
tion fut par lui adressée à MM.les mayeur et éche^ 
vins de la ville de Saint-Omer. Nous y lisons cette 
déclaration qui ne manque pas d'une certaine 
originalité : « f avoue, MM. que je ne suis pas assejg 
« stoïcien pour voir avec indifférence une adminis^ 
« tration qui depuis trente ans a fait cinq taber- 
« nacles dont le dernier n'est pas un ch^-^Tœuvre; 
« depuis ce même temps nous verrions les quatriè- 
« mes stalles, si nous n* avions recours à votre auto^ 
« fité, et on détruirait en partie un pavé de marbre 
a fait depuis six ans par la libéralité de quelques 
« particuliers.., » et plus loin : « Contre toutes 
« les règles de l'architecture, les marguilliers ont 
(c fait baisser le chœur, pour y figurer une voûte en 
« bois plqfànné qui n'a ni l'utilité ni Vagrément 
« d'une voûte ordinaire... contre toutes les règles 
« de l'ornement et le costume, ils ont fait dorer 
« une boiserie de éhêne (qui précédemment était 
« vernissée); les médaillons sont en or et les figures 
« de S^ Charles Borromée étS^ François de Sales 



— 426 - 

« y sont mulâtreSj ainsi Vont voulu les fabriciens 
a ou le barbouilleur; ces mêmes saints n'étaient 
« pas nés en Afrique, leur histoire très moderne 
« nous les dit Européens... » 

M. Taflfln Dehupy termine son épître en afllr- 
mant que les revenus de la fabrique sont considé* 
râbles, mais qu'on ne trouverait pas dans la sa- 
cristie « un ornement complet, mais beaucoup de 
M coli/lcheis et de guenilles »^ aussi se félicite-t-il 
d'avoir signé la requête. 

Ces attaques n*ôtaient pas faites pour marquer 
au coin de la douceur et de la mansuétude la ré- 
ponse de MM. les marguilliers. Aussi leur mé- 
moire n'a-t-il pas moins de quatorze grandes 
pages où Ton peut dire que chacun reçut sur les 
doigts de la plus verte façon. 

Écoutons-les plutôt ! 

Dès le début de leur réponse, ils s'en prennent 
au rédacteur présumé de la requête en la quali- 
fiant de « production paj*ticulière qui est en quel" 
« que sorte le coup d'essai d'un jeune avocat. » 
Quant aux signataires de la requête, ils ne repré- 
sentent pas l'ensemble des principaux paroissiens 
du Saint-Sépulcre; aussi ne voit-on pas figurer 
les noms de « certains gentilshommes, qfflciers de 
« judicature ou notables bourgeois... » mais ce qui 
est plus grave, voici que la requête elle-même 
« est attribuée à la mauvaise humeur du curé du 
a Saint-Sépulcre et à celle de quelques paroissiens 
« qui lui sont affldés. » 

Quant au nouveau mode d'administration pro- 
posé, MM. les marguilliers en triomphent facile- 
ment en faisant remarquer qu'il serait la destruc- 
tion d'un état de choses consacré par une période 



-42t- 

de plus de quatre siècles, pendant laquelle la ville 
de Saint-Omer a toujours joui de ses usages, lois 
et privilèges particuliers, aux termes desquels 
MM. les mayeurs et échevins de la ville ont tou- 
jours nommé eux-mêmes les membres de la fa- 
brique. 

Arrivant ensuite à Texamen des critiques sou- 
levées contre leur administration, MM. les mar- 
guilliers entrent dans certains détails qui ne man- 
quent pat» d'intérêt. 

S agit-il du plafond qui a remplacé au-dessus 
du chœur de Téglise le plancher primitif, ils 
expliquent ce remplacement d'une part, en invo- 
quant Vétat de vétusté de l'ancien lambris » ; 
d'autre part, en faisant remarquer qu'un « plan-- 
« cher demeurait exposé à l'action du feu que ren-- 
« datent très dangereuses les illuminations exces^ 
« sives qu'on a coutume de pratiquer dans cette 
« paroisse le jour de l'adoration. » Ce détail nous 
fait voir que la paroisse du Saint-Sépulcre a tou- 
jours été renommée pour la pompe extérieure de 
son culte. 

Il paraît que l'auteur de la requête avait critiqué 
aussi la forme de la charpente sur laquelle était 
appuyé le plafond. Le malheureux I II ne s'atten- 
dait pas à ce qu'on le rappelât à l'ordre en lui 
disant que si on lui pardonnait, « c'est parce qu'il 
« aurait pu nuire aux progrès qu'il aurait fait 
« dans son cours de droite s'il avait fait en même 
« temps un cours d'architecture. » 

Quant au produit des chaises, MM. les marguil- 
liers repoussent le mode de Bail qu'on voudrait 
leur imposer, préférant l'usage admis dans la pa- 
roisse de faire distribuer les chaises dans l'église 



,per dçs piersonne3 de conflance.« et de /aire rece- 
Jtt voir le produit de cliaque semaine par un mar- 
« guillier qui veut bien se charger de ce soin. » 
Avouons, en toute huu^ilité, que, de nos jours, 
les marguilliers n'ont pas encore cru pouvoir 
promettre un concours aussi actif au curé de leur 
jjaroisse I 

Enfin MM. les marguilUers arrivent au grand 
,débat qu'ont soulevé les stalles. Ici, rien n'est ou- 
blié et l'historique de la question est exposée avec 
l'ampleur qui convient à un tel sujet. Nous appre- 
nons d'abord que « ce n'est pas seulement du curé 
<i actuel que la tranquillité a été troublée parles 
« stalles. » Lp sieur Hermel, son « prédécesseur, 
« avait essuyé beaucoup d'agitation à l'occasion de 
« ce meuble destiné au repos. » Mais le mémoire 
nous montre ce curé usant d'un moyen radical 
pour se défaire de ces çnalencontreuses stalles 
qui troublaient son existence. Il les vendit à Tin- 
^ su des marguilUers en 1773, et le produit de cette 
vente servit à payer le service chanté pour le Roy 
Louis XV; le surplus fut employé à l'acquisition 
. de six chaises en forme de stalles. 

Mais c'est ici que commence, précisément, le 
véritable débat. Ces chaises-stalles,6tQint essentiel- 
lement mobiles, pouvaient facilement rouler sur 
un pavé de marbré comme celui du chœur de 
l'église du Saint-Sépulcre.ll en résultait que, pen- 
dant les offices, les membres du clergé, suivant 
les oscillations plus ou moins voulues de leurs 
sièges, « se trouvaient placés tantôt plus vers le 
« peuple, tantôt plus vers l'autel ». On voulut re- 
médier à cet état de choses ci préjudiciable « à la 
<( gravité du sacerdoce » et les anciens margnU- 



- 42Ô — 

liers crurent bon de « fixer ces sièges ambulants 
« avec des broches de fer » fixées au pavé. On avait 
compté sans la résistance obstinée du curé Her- 
mel qui, « trouvant que ce changement détruisait 
« la liberté qu'il s'était procurée de siéger dans tous 
« tes endroits du chœur, se décida à faire arracher 
« nuitamment les broches de fer », pour leur ren- 
dre leur première mobilité. 

A partir de ce jour, nous dit le mémoire, les 
stalles du Saint-Sépulcre devinrent un objet de 
discorde entre le curé, les marguilliers et certains 
paroissiens, n car la mobilité avait ses partisans 
« ainsi que l'immobilité avait les siens ! » 

Il fallait pourtant une solution. Les marguil- 
liers, signataires du mémoire, crurent la trouver 
« en faisant faire des stalles décentes et non mobiles 
« fermant les côtés du chœur. » Malgré toutes les 
tentatives d'opposition que suscita ce projet, les 
nouvelles stalles furent achevées et montées... 
Quelques prêtres s'y placèrent et ne s'en plaigni- 
rent pas... Quant au curé, il ne voulut pas y entrer, 
et, sous différents prétextes, il resta toujours au 
lutrin. 

Ainsi se termina cette mémorable querelle,entre 
gens animés les uns et les autres des meilleures 
intentions, restons-en sûrs. Mais un tel spectacle 
ne vous laisse-t-il pas rêveur, môme à cent ans 
de distance, quand on songe que les modestes 
fonctions de marguilliers peuvent, malgré vous, 
vous entraîner dans de tels débats 1 



KOtE SIR LE PÉAGE M BIPAlllE 



CommaqicatioD de M. l'abbé Bled, président. 



M. Finot, archiviste du dépaplement du Nord, 
a publié dans le dernier volume des Annales du 
Comité flamand une très savante étude intitulée : 
Le commerce entre la France et la Flandre au 
moyen âge d'après les tarifs du péage deBapaume 
et les traités de commerce passés entre les villes 
de Flandre et celles de la Rochelle, Niort, Saint- 
Jean-d'Angelyj Bayonne, Biarritz, Bordeaux et 
Narbonne. Le simple énoncé du titre montre 
l'étendue de cette importante publication dont la 
première partie présente pour notre ville, et à 
plus d'un titre, un intérêt spécial. 

Saint-Omer, comme toutes les villes d'Artois et 
de Flandre, devait payer un droit de « travers » 
ou de passage à Bapaume pour toutes les mar- 
chandises venant du pays de France en Artois oU 
en Flandre, ou passant de Flandre et d'Artois en 
France. Qu'était presque forcément par cette ville 
ou sa chfttellenie que passait tout le négoce venant 
par terre du midi, comme celui venant par mer, et 
surtout d'Angleterre, devait passer par Gravelines 
pour pénétrer ensuite dans le pays d'Artois ou 
Flandre en remontant le cours de l'Aa. Aussi 



— 482 — 

presque tous les documents relatifs au tonlleu 
conservées dans les layettes de nos archives mu- 
nicipales concernent-ils presque exclusivement 
Bapaume et Gravelines. 

M. Finot explique l'origine de ce péage à Ba- 
paume par la situation môme de cette ville pres- 
que à rinférsection des antiques voies romaines 
de Cambrai à Amiens et de Reims à Arras, et à 
rentrée de la lorôt d'Arrouaise, très redoutée des 
marchands à cause des brigands qui l'infestaient. 
Sans remonter jusqu'à une époque aussi reculée, 
Jehan le Garon, lieutenant au bailliage de Ba- 
paume, chargé en Tan 1442 par le duc de Bour- 
gogne de renouveler le tarif « du payage de Bap- 
. palmes » relate,dans le préambule de son nouveau 
« registre », ce que la tradition disait de son 
temps sur l'établissement de cette redevance \ 

« Jadis en temps passé, ce que nous avons oy 
« de nos prédécesseurs, furent toutes forestz 
n entre Lens et Péronne, où que estolt le grand 
« chemin de Franche en Flandres. Sy passoit par 
« la route marchandise qui de l'ung pays aloit en 
« l'aultre, car il y avoit pau d'autres chemins. Sy 
« estoii le chemin périlleux par les dictes forestz, 
M car il y avoit des robeurs pluseurs, entre les- 
« quelz estoit ung appeliez Bérengiers qui fut 
» gayans et demeuroit au troncq Bérengier emr 
<(,près l'abbeye d'Arrouaise (fondée plus tard), et 
« ung autre ses frères demouroit emprez l'abbeye 
« Nostre-Dame d'Yaucourt à GoppegueuUe qui 
« pour les fais que on y flst d'icelluy temps, en 
u porte encoiresle nom de GoppegueuUe, et pas- 

* En tout ce qtl n'est pas particalier à Saint-Omèr nous ne 
taisons guère (\ne rèsitmer ië travail de M. Finot. * 



-. 483 — 

tt soit pau d'avedrs (marcfumdpses), ae de mw^-^ 
« chane qui ne fussent desrobez:. » 

A la requête du roi de France., les comtes ; d^ 
Fiftndre assurèrent la sécurité 4ans ces pays en. 
entretenant des routes, en défrichant les forêts 
et en procurant aux marchands qui les traver- 
saient une escorte jusqu'en lieu sûr. Ils se payô^ 
rent de ce service en prélevant une redevance qui 
se décomposait en différents droits :.le droit 4e 
«travers» ou d'indemnité au seigneur pour le 
passage sur ses terres ; le droit de « conduit » 
pour les frais de l'escorte des sergentst, et celui 
de « cauchie » ou de chaussée pour Pentretiea 
de la route. 

L'auteur que nous suivons montre le péage de 
Bapaume établi régulièrement au profit des com- 
tes de Flandre dès la fin du xi» siècle. Il devait 
être très onéreux et bien nuisible au commerce. 
audomarois,car un régime de faveur dans le péage 
perçu à Bapaume fut un des premiers privilèges 
que les bourgeois de Saint-Omer demandèrent à 
Guillaume de Normandie pour prix de leur fidélité 
à sa cause. Ce prince le leur octroya dans sa 
charte de 1127. « Apud Batpalmas teloneum quale 
donant Atrebatenses eis constituo ». Ce privilège 
fut confirmé par tous les comtes de Flandre ses 
successeurs et par les rois de France. 

Cet impôt n'admettait que de très rares excep- 
tions. 

<( Toutes manières de gens, dit le tarif de 1442, 
roy, duc, comte, baniérés et tous nobles, tous 
prélas, prebtres, clercs doivent péage à Bappal- 
mes en le manière qu'il est contenu ens ou regls- 
treet en l'enqueste de Cappy ayec le saisine,usaige 



— 434 — 

et coustume ; excepté le roy de Franche, ses enf- 
fans, le Saint Père le Pape, et quatre ordenes qui 
s'ont privilégiez qui ne payent néant, c'est assa- 
voir, Chiteaulx, Prémontrés, Clugny et Mere- 
mouslier. » 

11 était dû pour les marchandises qui ne pas*- 
salent pas par Bapaume et sa chfttellenie aussi 
bien que pour celles qui y passaient. Cependant 
Thérouanne, Fauquembergues, le Boulonnais et 
quelques villes ne payaient que si les « avoirs » 
qui en venaient ou qui y allaient passaient sur la 
châtellenie de Bapaume. Saint-Omer n'était pas 
de ces villes privilégiées. Ses bourgeois obtinrent 
toutefois ce privilège en 1276 de Robert, comte 
d'Artois, mais seulement pour les vins de Beau- 
vaisis destinés à Saint-Omer. « Concedimus.... ut 
burgenses nostri Sancti Audomari quando volue- 
tint habere et ducere apud Sanctum Audomarum 
vina qua gallice dicentur de Bieuvoisis passent ea 
ducere per quodcumque kiminum voluerint, sine 
redevancia aliqua Jacienda nostro pedagio Bapal^ 
marum. » 

Vers la fin du xin« siècle, le péage de Bapaume 
lut donné à ferme. Comme ce droit était dû, môme' 
pour les marchandises qui ne passaient pas par 
la chfttellenie de Bapaume et qu'en raison des pri- 
vilèges de certaines villes, il fallait en constater 
sur place la destination, les péagers ou « traver- 
siers » de Bapaume établirent en différents en- 
droits des bureaux auxiliaires. On les appelait 
HelleSj du vieux mot de basse latinité ^a^re/mm, 
barrière. (Du Cange.) Il y avait une Helle à Saint- 
Omer, à Arras, à Aire, à Fauquembergues, etc. 
La perception de ce droit donna lieu à de fré- 



— 435 — 

quents procès entre les collecteurs et les mar- 
chands audomarois soutenus par le Magistrat. 
Ces difficultés ont laissé dans nos archives de 
nombreux documents et ont souvent nécessité 
rin tervention des souverains de l'Artois. 

Un procès soutenu par Téchevinage de Saint- 
Omer contre Pasquier Bosquet, fermier du péage 
de Bapaume, provoqua un arrôt du grand Conseil 
de Malines en date du 6 mars 1621, arrêt et tarif 
que M. Hunem, procureur général au grand Con- 
seil vint lui-môme signifier le 13 août suivant ô 
Messieurs de Saint-Omer réunis en halle échevi- 
nale. Messieurs déclarèrent au commissaire que 
« le chemin de ceulx de S. Omer n'est d'anchien- 
« neté de passer par la ville ou chastellenie de 
« Bapaume et que la clause en ces termes appo- 
« sées aud. arrôt : ou que leur chemin d'anchiert" 
« neté soit dépasser par ladicte ville ou chastellenie 
« de Bapaumes ne s'extend ausdictz de S. Omer. 
« Item,queles marchandises venant d'Angleterre, 
« Zélande, Hollande, Dennemarcq, Campaigne, 
« Provence, France, selon que l'on le prenoit en 
« l'an xnc et deux ou delà les montz, ne sont 
« subjectz aud.droict. Item, que le nom de France 
« mis aud. arrest s'entend seullement de l'Isle de 
« France qui est selon que l'on le prenoit audict 
« an xu** deux. Item, que par le nom deBourgoine 
« y mis s'entend le duché de Bourgoine seuUe- 
« ment. Item que les bourgeois,marchans et tous 
« autres residens en la ville, changle et faulx- 
« bourgs de S. Omer sont absolutement exemptz 
« dudit droict de péage, assavoir tant pour faire 
« venir etc.. » Messieurs de Saint-Omer vont 
jusqu'à prétendre que l'arrêt du grand Conseil 



436 — 

n'est d'aucune valeur, « les juçes dudit arrest » 
n*ayant aucune compétence pour juger tel cas 
« es mettes de la vîfle de S. Orner et de la ban- 
Heue », parce que ia connaissance en appartient 
non pas aux juges du oailliage mais exclusive- 
ment au Magistrat. 

Malgré cette belle défense, le 3 novembre sui- 
vant maitre Jelian Damin, receveur du roi à Ba- 
paume, présentait à Messieurs une ordonnance 
royale en date du 11 septembre et vérifiée en finan- 
ces le 12 octobre sur le règlement du péage de Ba- 
paume, et en demandait au nom du roi la publi- 
cation ; ce que Messieurs n'osèrent refuser. 

îi est è penser que le nouveau tarif était plus 
avantageux pour le fisc qu'aucun autre, puisque 
nous voyons la ferme du péage de Bo paume adju- 
gée en 1626 pour la somme de 7220 francs par an, 
prix qui n'avait jamais été atteint.Ce fut môme un 
bourgeois de Saint-Omer, Charles Lacère, mar- 
chand, qui en obtint l'adjudication. Il la passa 
a«ssitôt à Nicolas van Meerstraten, aussi mar- 
chand à Saint-Omer. 

Mais Nicolas van Meerstraten ne fit pas fortune 
dans son entreprise, car les extraits des comptes 
de recette du péage de Bapaume de 1286 à 1635, 
publiés par M. Finot, indiquent que par suite dgs 
procès suscités par les marchands et le Magistrat 
de Saint-Omer et des autres villes de Flandre, le 
fermier, M. van Meerstraten, n'a rien pu payer de 
sa ferme. Aussi la recette du roi se monte, pour 
les années 1625-1626, 1626-1627 à néant. Toutefois 
les marchands pouvaient bien protester, piais IJs 
n*en étaient pas moins tenus à vçfser « en nantis- 
sement » les droits fixés par l'ordonnance royale. 



- 437 — 

L^ f^.ripi^r fit Instancç pour obtenir « saisine » 
des sommes perçuçs^ et une transaction devant 
le CoûseiJ priv4 et le grand Conseil intervint entre 
1^ lerjnler et les marchqind^ de Sai^jt-Omer. Mais 
ce pe fuJt pas la dernière réclamation du Magistra.1 
et des marchands de Saint-Omer contre le péage 
de Bapaume ^t Ja conquête française eHe-mém.e 
n,e mit pas flp à ces difficultés. Nous en suivons 
la trace dans nos aj*cbives sons que nous ayons 
PU découvrir comment elles se terminèrent^ 

Ainsi à liFavers sept siècles, sous les diverses 
dominations q4$ii se sont succédé et aa milieu de 
civilisations très diftérentes, s'est mainieetie et 
transformée en revenu fiscal une redevance qui a 
pris sa raison d'être dana les brigandages de la 
forât d'Arrouaise. Depuis IpngtenopB il n'y avait 
plus de brigands, il n'y avait môme plus de (orét 
d'Arrouaise,mais le péage de Bapaume s'est main'* 
tenu, 8t pour des raisons nouvelles et sous des 
noms nouveaux les marchands d'Artois et de 
Flandre ont continué de payer le droit « de travers 
ei de conduit ». 

Le plus ancien document sur le péage de Ba- 
paume que M. Finot ait rencontré, c'est le tarif 
dressé dans une enquête faite à Cappy en i202 sur 
l'ordre de Philippe-Auguste.L'auteur n'en connaît 
que deux textes, celui appartenant aux archives 
du Nord et qu'il publie, puis un autre existant 
aux archives de la ville de Douai et publié par 
M. Tailliar dans 9on Recueil d'actes en langue 
romane des XI fi et XIII* siècles. Mais les deux au- 
teurs ne sent pas d'accord sur l'époque à laquelle 
il faut attribuer ce document. M. Tailliar croit 



— 438 — 

tenir le texte original môme de l'enquête et du 
tarif qui l'accompagne, et Tattribue par consé- 
quent au commencement du xni« siècle. M. Finot, 
au contraire, discutant le texte de Douai au point 
de vue philologique et historique, ne le fait pas 
remonter au delà delà seconde moitié du xih« siè- 
cle. Quant au texte des archives du Nord,rédileur 
le regarde comme une copie dressée en 1291 du 
texte primitif de Tenquôte de 1202. 

M. Finot suppose qu'il a dû être fait bon nom- 
bre de copies du tarif de Bapaume accommodées 
au dialecte parlé dans chacun des pays où il était 
appliqué. Malgré cela, Térudit auteur dit que la 
copie de Lille et celle de Douai sont les deux seules 
connues. Saint-Omer, pour sa part, en possède 
deux : l'une appartient à la bibliothèque, l'autre 
aux archives de la ville. La première se trouve 
dans un registre décrit par MM. Michelant et 
Duchet au catalogue des Manuscrits de la biblio- 
thèque de Saiiit-Omer où il porte le no 829. Ce re- 
gistre, très fatigué et contenant exclusivement des 
titres que le Magistrat devait consulter à chaque 
instant, l^ recueil des chartes et privilèges de la 
ville, 2o le péage de Bapaume, 3o le tarif des amen- 
des pour coups et blessures, était sans doute le 
livre de bureau de l'échevinage. Le texte du péage 
de Bapaume qu'il renferme paraît identique à 
celui de Douai, en dialecte wallon-picard, avec 
emploi du ch et de Vi parasite signalés par M. Fi- 
not, et de plus il a l'avantage d'être daté. Il débute 
ainsi : Chest li registres dou paage de bapaumes 
estrais dou registre le Roy mot à mot ke m£s sires 
Lambers porcacha Van mil CC et LXXIILCelie date 
donne raison à M. Finot sur M. Tailliar, en fixant 



- 439 — ' 

définitivement l'époque ou fut faite la copie. Ce' 
n'est qu'à la fin du tarif que le copiste a transcrit 
lé préambule qui rappelle l'enquôte de Cappy et 
par lequel commence le texte de Lille : « Cheste 
enquettefu faite a Capi... anno Dni M CC secundo , 
menée mayo. » La notification du roi de France, 
Philippus Del gratta... Notum facimus, et la testi- 
fication de l'enquête de Cappy qui dans le texte de 
Lille précèdent le tarif du péage ont été omises 
par le scribe de 1273. Seulement la testiflcation de 
l'enquête a été transcrite par une main du xiv« ou 
xv« siècle à la fin du registre sur une feuille de 
garde : « Hec est inquisicio que facta est apud Ca- 
piacum ... datum anno dni M* CC^ LXXXXfi, 
Parisiis, die jovis post Penthecostam. » Et d'une 
autre main encore, mais de la même époq\ie : 
« Lettre da roy notre sire faite et extraicte dou 
registres du roy le jeudi après Penth. l'an mil 
//« ////«* XI et portée en le huche de Bappalmes. » 
Le texte du péage de Bapaume conservé aux 
archives municipales • est une copie faite au com- 
mencement du xv« siècle par les mayeur et éche- 
vins d'Amiens à la demande du Magistrat de St- 
Omer. En voici le début : « A tous ceulx etc.. les 
« maire et eschevins de le cité d'Amiens, salut. 
il Savoir faisons que a le requeste de nos bien 
« amez les mayeur et eschevins de le ville de Saint 
« Aumer nous avons fait extraire de nos livres et 
<( registres estans par devers nous ouquel sont 
« enregistré les déclarations et particularitez de 
« plusieurs traités et autres choses ce qui s'ens- 

* Parchemin, 03 cent, de long sar 59 de larg. Débris de sceao 
pendant. Arcti. roanic. de St-Omer B. xxzv,4. 



— 440.— 

<( sui(.:Pour Ips redlvencçs des travers de Ba- 
«, paume, de Peronne, de Complègne et de Crespy, 
«, Cascuns qui mainevins a voiture en Flandre 
(( doit à Bapaume etc. » 

Suit tout le détail du tarit comme au texte de 
Lille et, de la bibliothèque, avec les formes de 
patois picard, quemin, queoal etc. Puis viennent 
en conclusion les trois documents qui dans le 
lUS. du Nord précèdent le tarif lui-mônie. Geste 
e;iqvieste fu faite à Compiègne (sic)... Philîppus 
I)ei gratiâ... Hec est inquisitio que facta fuit apud 
Çapiacum etc. La pièce se termine ainsi : Chis 
transcrips est de le lettre scellée du seél le roi 
Philippe pour le paage de Bapaumes»^ se la porta 
maistre Cendes de Saint Germain ?, si lé donna 
as seigneur Jehan Piquet et a maistre Willaume 
de Saint Aubin ou castel à Bapaume par devant 
le bailly Pierron de Pontoise pour transcripre et 
pour mettre en le huche de le ville de Bapaume le 
tra^script Tan mil iiii" et onze, el mois de jule le 
samedi après le saint Martin le boullant, En tes- 
moing de ce nous avons scellé ces présentes let- 
tres d'extrait du scel aux causes de le dite ville 
d'Amiens, . données le xvi« jour de may l'an mil 
lUP et seze- » 



* bami-omèr» tap. ■; riokokt. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DES ANTIOUAIIES DE LA IMINIE 



PROCÊS-YERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 1 janvier 1895. 

Président : M. Tabbé BLED. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hbrmansart. 

Le procès-verbal de la séance précédente, lu par le 
Secrétaire général, est adopté après lecture. 

Dons, hommagcu, échanges. 

^ De la part du Ministère de V Instruction publique : 

Bulletin archéologique du Comité des travaux histori» 
ques et scientifiques, année 1893, n* 3. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Caen (Calvados). Mémoires de TAcadémie nationale des 
sciences, arts et belles-lettres de Caen, et tables décen- 
nales (1884 à 1893 inclusivement. 

Orléans (Loiret). Bulletin de la Société archéologique et 
historique de FOrléadais, t. X, n* 153, 1** et 2* trim. 1894. 



— 442 — 

— De la part des Sociétés savânle$ étrangères : 
Bruxelles (BelgiqlijB). Afoa^edta Bollaûdiana, tomusXIII, 

fa8c. 4. 
Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, t. VIII, 

livraison 2, avril 1894 ; livraison 3, 1^' juillet 1894. 
Liège. Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. 

XXVI, 1" livraison. 
Mon«(Hainaut). Mémoires et publications de la Société 

des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, 5* série, 

t. IV, 1891 ; 6* série, t. V, 1892. 

Abonnements. 

Annuaire de la Société française de numismatique^ nov.- 

décembre 1894. 
Bibliothèque de VÉcole des Chartes, LV, 5* livraison, 

septembre-octobre 1894. 
Bulletin de la SociétéMàliographique et de$pMbliC'itioy\s 

populaires, 25' année, décembre 1894. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 

littéraire, 2' série, t. 40, 71* de la collection, 6* livrais. 

décembre. — Partie technique, 2* série, t. 20, 72« de la 

collection, 12" livraison, décembre. 

Correspondance. 

Par une pirculaire du 15 décembre 1894, M. le ministre 
de l'Instruction publique annonce que le 33* congrès des 
Sociétés savantes* aura lieu à la Sorbonne du 16 au 20 
avril, et il donne les renseignements relatifs à l'envoi des 
délégués, t leurt voyage et au dépôt des manuscrits. 

Le môme ministre annonce le 29 décembre l'envoi d'ou- 
vrages venant de Belgique. 

La Société américaine de philosophie à Philadelphie 
accuse réception de la 170« livr. du Bulletin historique. 

^ Candidature. 

M. TaMé^Bled propose la candidature de M. Géry Dam- 

r Voir lé progÎPBhlmë BuUeiin hisionquej t IX, p. 36t. 



— 443 — 

brlcourt, industriel à HallîneSyComme membre honoraire. 
Cette demande étant appuyée par MM. Charles Legrand 
et d^Hermansart, l'élection est, conformément au règle* 
ment, renvoyée à la prochaine séance. 

Distinctions honorifiques. 

M. Decroos, trésorier, croit pouvoir se faire Tinterprète 
de ses collègues en adressant ses félicitations à MM.l'abbé 
Bled et Pagart d*Hermansart qui viennent d'être nommés 
membres correspondants du Ministère de ilnstruction 
publique pour les travaux historiques et scientifiques. 
M. le Président remercie M. Decroos et il est heureux de 
penser surtout que M. le ministre, en accordante» titre 
recherché à deux des membres du Bureau de la Compa- 
gnie, a voulu sans doute ainsi honorer la Société tout 
entière. Le Secrétaire général joint ses remerctments à 
ceux de M. Tabbé Bled, et il rappelle les noms des socié- 
taires qui ont, avant eux, mérité aussi le titre de corres- 
pondant du Ministère : ce sont MM. Hector Piers, Alex. 
Hermand, Quenson, Albert Legrand, de Laplane, Des- 
champs de Pas, et il se félicite de ce qu'une pareille tra- 
dition ait pu être continuée. 

Communications. 

Cartulaire de Saint-Augustin^les^Terouanne. 

Il résulte de deux lettres écrites par M. Hosdey, Tune à 
M. le vice-président, l'autre au secrétaire général, qu'il se 
propose de donner in extenso le texte des chartes de ce 
Cartulaire. La Compagnie pense qu'il y a là un malen- 
tendu, et elle maintient sa volonté de n'éditer que des 
analyses substantielles, sauf peut-être quelques chartes 
d'une importance spéciale qui pourraient se rencontrer. 
Il lui sera écrit dans ce sens. 

Lectures. 

M. Charles de Pas donne lecture de deux notices qu'il a 
rédigées sur les sceaux de Jacques de Douai, moine de 
Saint-Bertin, investi sans doute d'une position qu'il n'a 



— 444 - 

pu relrt)u:ver, et de Pierre d'Aire, probablement receveur 
de Tabbaye. L^uteur fait passer sous les yeux des mem- 
bres présents les matrices de ces sceaux inédits qu'il a en 
outre dessinés. La découverte de M. de Pas est d'autant 
plus intéressante que les sceaux inédits d'Artois devien- 
nent rare^. Les détails qu'il donne sur les personnages 
qui en firent usage, les comparaisons et déductions aux- 
quelles il se livre sont très appréciés delà Compagnie 
qui décide Tinsertion de cette étude dans son Bulletin 
/its/origue avec la reproduction des dessins. 

M. Pagart d'Hermansart présente ensuite un plan in-f 
double des fortifications de Saint-Omer dressé immédia- 
tement après la prise de la ville en 1677, et en lit une no- 
tice descriptive. Ce plan est examiné avec intérêt, et plu- 
sieurs membres y trouvent l'explication de certains dé- 
bris d'ouvrages anciens qu'ils avaient reconnus lors du 
démantèlement fait en 1893. Ce travail sera imprimé. 

M. le comte de Galametz envoie la copie d'une pièce 
tirée du trésor des chartes aux Archives nationales inti- 
tulée : Lettres de rémission pour Jean d'Lsclimeu, 
ècuyer, du meurtre de Pierre de Waloncapelle en 138?. 
Il s'agit d'un meurtre commis dans la ville d'Aire par le 
s' d'Esclimeu pour venger celle de Cholet de Lannoy qui 
l'accompagnait. Il y a dans cette pièce divers détails qui 
expliquent les mœurs d'autrefois, et à ce titre elle paraît 
à la Compagnie digne de figurer dans le Bulletin, 

Chartes de Saint-Bertin. 

M. le Président donne lecture de la note de M. Horace 
Round, annoncée dans la séance précédente. Il expose 
que la charte 614 doit être attribuée à Henri II d'Angle- 
terre et il établit son authenticité ainsi que celle de la 
suivante n* 615. Il donne de plus la signification réelle de 
ces mots apud Brwjas, c'est-à-dire à Brigdnorth, dans le 
comté de Shorpshire. Une autre charte écossaise n* 437 
est examinée par le savant anglais, il rectifie ou complète 



— 445 — 

les noms de quelques témoins et fixe la date exacte de la 
donation qu'elle contient au 31 juillet 1196. 
. Cette très savante communication est accueillie avec 
grand intérêt par la Compagnie qui voit avec plaisir les 
savants étrangers examiner de près la publication des 
Chartes de Saint- Der tin, et rendre hommage au docte 
paléographe qui en a commencé la publication, même en 
signalant quelques erreurs pressenties d'ailleurs la plu- 
part du temps par M. le chanoine Haigneré. 
La séance est levée à 9 h. 1/2. 



Séance du 4 février 1893. 

Président : M. Tabbé BLED. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

Ouverture de la séance à 8 h. 10 par la lecture du pro- 
cès-verbal de la réunion précédente adopté sans observa- 
tion. 

Dons, hommages, échanges. 

— De la part des auteurs, 

Jules Lion, — Notes, plans et documents faisant suite à 

Vhistoire d'IIesdinfort, 4' partie, Amiens 1895. 
Paul Foucart, — Adam Lottmann, Paris, Pion, 1894. 
Abbé Bled. — Histoire du collège Saint-Bertin 1581-1792, 

Arras 1895. 
V* Arthur Dillon. — Calais and the Pale. Extrait de 

VArchœologie, vol. LUI, 100 p. in -4* avec une carte, 

Westminster 1892. 

— De la part des Sociétés savantes françiiscs : 

Angers (Maine-et-Loire). Mémoires de TAcadémie des 
sciences et belles -lettres d'Angers, nouvelle période, 
t. II, 1892-1893. 

Bordeaux (Gironde). Société archéologique de Bordeaux, 
t. X, 4' fascicule. 

Boulogne-sur-mer (Pîw-de- Calais). Bulletin de la Société 



- 446 - 

d'agrîcultare derarrondissenrant de Boulogne-sur-mer, 
novembre-décembre 1^94, t. XXX, n* 8. 

Clermont'Ferrand (Puynle-Dôme). Bulletin hietoriqne et 
scientifique de TAuvergne, 2* série, 1894, n** 8 et 9, août- 
novembre. 

Compiègne (Oise). Société historique de Compiègneb 
Procès-verbaux, rapports et communications diverses, 
III, 1894. 

Le Haure (Seine-Inférieure). Recueil des publications de 
la Société havraise d'études diverses, 61* année, 1*', 2? 
et 3" trimestres 1894. 

Paris (Seine). Bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. V, 4« série, n" 4, 5, 6, avril à juin 1894. 

Romans (Drôme). Bulletin d'histoire ecclésiastique et 
d'archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, 
Grenoble et Viviers, année 1394, 7 livrais, du n* 90 à 96. 

Saint'Drieuc (C6tes-du-Nord). Bulletins et Mémoires de 
la Société d'émulation des Côtes du-Nord, 1894. — Bul- 
letin IdSo. 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue de Salntonge et 
d'Aunis. Bulletin de la Société des archives historiques, 
15» volume, !'• livraison, 1'' janvier 1895. 

Sénats (Oise). Comité archéologique de Senlis. Comptes- 
rendus et Mémoires, 3* série, t. VIII, année 1893. 

Toulon (Var). Bulletin de l'Académie du Var, t. XII, 
2* fascicule, 1894. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d'archéologie et de statistique de la Drôme, année 18^, 
1" janvier, 112* livraison. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 

Anvers (Belgique). Bulletin de l'Académie d'archéologie 
de Belgique, 4" série des annales, 2* partie, XVIII. 

Gand. Bulletin du Cercle historique et archéologique de 
Gand, 2* année, n** 5, 6. 

Genève (Suisse). Bulletin de la Société d'histoire et d'ar- 
chéologie de Genève, 1. 1, livraison 4. 



— 447 — 

Mémoires et documents publiés par la Société d'iiistoire 
et d'archéologie de Genève» t. III, livraison 4. . 

Les études orientales à la Société d'histoire et d'archéolo- 
gie de Genève, 1838-189^, par Edouard Favre. 

Zurich. Mittheilungen der antiquarischen gesellschlaft 
in Zurich, UX. 

Abonnements. 
Bulletin de la Société bibliographique et des publications 

populaires, 2& Sinnée, janvier 1895. 
Journal des Savants, novembre-Klécembre1894. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. ^Parjie 

littéraire» 2* série, t. 41, 73* de la collection,!'* livraison, 

janvier.— Partie technique, 2* série, t. 41, 75* de la 

collection, f livraison, janvier. 
Revue de VArt chrétien, 5* série, 1894, t. V, 6* livraison. 
Revue historique, t. LVII, janvier-février 1895. 

Correspondance. '[' 

Par lettres du 15 janvier 1895, M. Horace Round, qui 
va être proposé comme membre correspondant, remercie 
M. le Président d'avoir bien voulu présenter sa candida- 
ture, et par une autre lettre 11 offre à la Compagnie l'ou- 
vrage de M. le V** Dillon sur Calais and the Pale, men- 
tionné ci-dessus. 

La Société des Antiquaires de Zurich accuse réception 
des livraisons du Bulletin historique 167 à 171. 

M. Foucart, président de la Société d'agriculture, scien- 
ces et arts de Valenciennes, qui a offert à la Compagnie 
plusieurs exemplaires de son travail sur Adam Lottman, 
écrit le 5 février à M. le Président qui l'avait remercié de 
cet envoi, et se recommande aux érudits de Saint-^Oitier 
pour compléter les renseignements qu'il a recueillis sur 
ce sculpteur. 

Fédération archéologique et historique de Belgique; 

X« session. 
Une circulaire du 5 janvier annonce que cette année la 
X' session de la Fédération archéologique et historique 



— 448- 

de Belgique se tiendra à Tournai le 5 août et durera qua- 
tre jours. MM. Tabbé Bled, président, Legrand, secrétaire 
archiviste, Decroos, trésorier, et César de Givenchy dé- 
clarent qu'ils ont Tintention de so rendre à ce congrès et 
d'y représenter la Société. Le Secrétaire général en avi- 
sera le Ck)mité organisateur. 

Élection. 

L'ordre du jour appelle Télection de M. Gréry Dambri- 
oourt proposé à la dernière séance. Le candidat ayant 
réuni la majorité des suflhiges est proclamé par M. le 
Président membre honoraire. 

Candidature. 

La candidature de M. Horace Round, dont les titres ont 
été exposés aux séances précédentes, est ensuite proposée 
par MM. l'abbé Bled, Pagart d*Hermansart et Justin de 
Pas. Conformément au règlement, Télection est renvoyée 
à la séance suivante. 

Comptes. 

Le trésorier présente le résumé de sa comptabilité. 
Cet exposé £ait avec une grande clarté montre que 
la Société a pu régler l'arriéré chez son imprimeur et il y 
a lieu d'espérer qu'avec le restant en caisse elle pourra 
payer les frais des tables du t. III des Chartes de Saint* 
Bertin qui sont à l'impression. Elle nomme pour vérifier 
ces comptes une commission composée de MM. Herbout, 
Van Kempen et Justin de Pas. 

Communications. 

M. Sagot, membre correspondant, a envoyé la copie 
d'une inscription relevée dans l'église d'Elnes et relative 
à la famille Brocquet. Comme elle sera publiée par la 
Commission des Monuments historiques du département, 
il n'y a pas lieu de la reproduire dans le Bulletin. 

Le même membre ajoute la communication suivante : 

Au moment de fermer ma lettre je reçois la 171* livraison du 
Bulletin. Je lis à la note de la page 407 quelques mots sur Louis 



— 449 — 

Brésin. Son soavenir n^est pas éteint à Yaudringliem ; la mai- 
son de la famille Br((m m*est parfaitement connne, elle est 
actaellemcnt divisée en deux parties et elle est la propriété de 
la famille ThuilHer. A ce propos, voici ce qu'on lit au Terrier 
de Floyecques : 

(( Marie Bocqaart veuve d*£tiennePommart à Vaudringhem, 
» icelle fille et héritière à portion d*Àntoine Bocquart et deCa- 
» therine Vidor, tient un Heu manoir amazé de maison, charn* 
)) bre, grange, étables et autres édifices séant audit Vaudrin# 
» ghem contenant cinq quartiers, provenant anciennement des 
» hoirs du Willame Brésins et de Rasset Brésins, listant du 
» midi au chemin qui conduit de Floyecque à Vaudringhem ; 
» de septentrion à la rue de Lannoy conduisant au chemin de 
» Montreuil, aboutant d*orient à mon flégard et d'occident à 
» une petite ruelle qui fait la séparation du présent manoir 
» d'avec le Mornier dit la Beziére. 

)) Nota. Marie-Antoinette Pommart fille et unique héritière 
)) d'Etienne épousa Ëustache Séghin, laboureur à Bléquin, 
» elle est décédée le 23 décembre 1747. )> 

SAGOT. 

M. Charles Legrand montre un croquis de rancien jubé 
de Saiot-Bertin provenant de la collection de M. Charles 
de Pas. Ce dessin à la plume, bien qu'il ne semble pas 
d'une grande précision, est examiné avce intérêt par la 
Compagnie. 

M. Decroos fait passer sous les yeux des membres pré- 
sents une pièce de cuivre qui porto la date de 1653 et doit 
ètro attribuée à la corporation des boulangers ; elle est 
semblable à celle décrite par M. L. Deschamps de Pas 
dans VAppendice aux Communaulés d'arts et métiers à 
Saint'Omer, (Mém. des Antiq. de la Morinie, t. XVI, p. 679 
et pi. 111, n» 4. 

La séance est levée à 9 h. 1/4. 



- 450 — 

Séance du 4 mars 1895. 

Président : M. Tabbé BLED. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hbrmansart. 

La séance est ouverte à 8 h. 10 du soir par la lecture du 
procès-verbal de la réunion précédente qui est adopté 
sans observation. 

Dons, hommages, échanges. 

— Du Ministère de V Instruction publique : 

Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques 
et scientifiques, année 1894-, 1" livraison, Paris. 

— De la part des auteurs : 

Histoire du collège de Saint- Dert in, fondé par Gérard 
d'Hamèricourt, abbé de Saint-Bertin^ premier évéque 
de Saint'Omer (1561-1792), par M. TabbôBled, président 
de la Société des Antiquaires de la Morinie. (Extrait de 
V Annuaire du diocèse d'Arras, 1895.) 

Élude sur le manuscrit G 1039 des arcMves départemen- 
tales de la Lozère, pièces relatives au débat du pape 
Clément V avec V empereur Henri VII, par M. P. 
Gachon, professeur d'histoire de la Faculté des lettres 
de Montpellier, 1894. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 
Amiens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de Picardie, année 1894, n** 2 et 3. 

Mémoires de la Société des Antiquoires de Picardie, 4* 
série, t. II, 1894. 

Caen (Calvados). Congrès archéologique de France, lvh* 
session, séances générales tenues à Brive en 1890, par 
la Société française d'archéologie pour la conservation 
et la description des monuments, 1891. — lviii* session, 
séances tenues à Dôle, Salins, Besançon et Montbé- 
liard, suivies d'une excursion en Suisse en 1891,— 1893. 

Dunkerque (Nord^. Bulletin de la Société dunkerquoise 
pour Tencouragement des sciences, des lettres et des 
arts, 1894, 1" fascicule. 



— 451 - 

Le Mans (Sarthe). Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de la Sarthe, 2* série, t. XXVI, 4* fasci- 
cule, 1893-1894. 

Montauban (Tarn-et-Garonne). Bulletin archéologique et 
historique de la Société archéologique de Tarn-et-Ga- 
ronne, t. XXII, 1^' à 4« trimestres 1894. 

Orléans (Loiret). Mémoires de la Société archéologique 
et historique de l'Orléanais, t. XXV, 1894. 

Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 
de l'Ouest, d« trimestre 1894. 

Saint' Brieuc (Côtes-du-Nord). Bnlletin de la Société 
d'émulation des C6tes-du-Nord, n* 2, 1895. 

Toulouse (Haute-Garonne). Mémoires de l'Académie des 
sciences , inscriptions et belles-lettres de Toulouse , 
9^ série, t VI, 1894. 

— De la part des Sociétés savantes étrangères : 
Anvers (Belgique). Bulletin de l'Académie d'archéologie 
de Belgique, 4* série, 2* partie, XIX, 1895. 

Abonnements. 
Bulletin de la Société bibliographique et d s publications 

l)opulaires, 26* année, février 1895. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. — Partie 

littéraire, 2» série, t. 41, 73' de la collection, 2* livraison, 

février 1895. — Partie technique, 2* série, t. 21, 75* de 

la collection, 2« livraison, février 1895. 

Correspondance. 

M. le ministre de l'Instruction publique adresse une 
circulaire en date du 31 janvier ayant pour objet une en- 
quête sur les dates de fondation, d'autorisation et de re- 
connaissance des sociétés savantes. 11 lui a été répondu 
de suite en ce qui concerne les Antiquaires de la Morinie. 

M. Géry Dambricourt remercie par lettre du 8 février 
la Société qui l'a élu membre honoraire. 

The Smithsonian Institution de Washington accuse 
réception du Bulletin historique de l'année 1893. 

M. le ministre de l'Instruction publique annonce le 20 



— 452 — 

février qu'il a reçu 124 exemplaires de la 172" livraison 
du Dulletin historique. 

Par lettre du 26 février, le comte de Loisne adresse un 
travail dont il sera donné lecture ci-après. 

Élection, 

M. Horace Round de Londres ayant été proposé comme 
membre correspondant à la dernière séance, il est pro- 
cédé à son élection. Le candidat ayant réuni l'unanimité 
des suffrages est proclamé élu par M. le Président. Avis 
lui sera donné de sa nomination. 

Rapport de la Commission des comptes de 1894. 

La parole est donnée au rapporteur de la Commission 
des comptes de Tannée 1894 pour lire son rapport. 11 éta- 
blit que la comptabilité est tenue très régulièrement et 
que les recouvrements sont faits avec activité. En consé- 
quence, la Compagnie remercie M. le Trésorier du soin 
qu'il apporte à sa gestion. 

Communications, 

M. Tabbé Bled dépose sur la table trois photographies 
d'un petit objet d'un usage fréquent autrefois dans les 
églises et qu'il est aujourd'hui très rare de rencontrer. 
C'est un de ces petits chauffe-mains en bronze que l'on 
plaçait sur l'autel, et que, par les rigueurs de l'hiver, le 
prêtre qui célébrait roulait dans ses mains tout le temps 
qu'elles pouvaient demeurer libres, afin d'éviter que ses 
doigts raidis par le froid laissassent échapper la sainte 
hostie. Ils étaient ordinairement en forme de boule et on 
les remplissait d'eau ou de cendre chaudes. Celui que re- 
présente les photographies est en bronze et se compose 
de deux hémisphères se réunissant par un pas de vis 
placé au centre â l'intérieur. Il semble avoir été des- 
tiné à contenir de la cendre. Sur les plus grands cercles 
de chacun des hémisphères est gravé l'un de ces deux vers: 

Que je puisse, glacé, du feu brûlant éprit 

Ame et corps etchauffer du benoit Sainct Esprit. 



- 453 - 

avec la date Î634t, Par dessus, au milieu d'une gloire 
rayonnante, se voit le monogramme du Christ, en des- 
sous le nom de Maria avec un cœur transpercé d'un 
glaive. La hauteur est de sept centimètres et le diamètre 
horizontal est de six centimètres. Bien que ce chauffe- 
mains doive faire l'objet d^une communication à la So- 
ciété archéologique de Nantes, il est d'un intérêt tout 
audomarois, car il provient de Tabbaye de Saint-Bertin, 
et il a été présenté à cette Compagnie savante par notre 
concitoyen M. Edouard Pied, économe du Lycée de 
Nantes, et membre de la Société archéologique. C'est à 
ce double titre que M. l'abbé Bled la signale ici. 

M. Decroos appelle lattention sur le Bulletin de la 
Société des Antiquaires de la Picardie, année 1894, n*2, 
p. 505, où se trouve une communication relative à l'usage 
de planter de petites croix de bois à certains endroits, 
lors du passage d'un enterrement, coutume qui aurait 
lieu en Angleterre, dans le comté de Wexford, d'après un 
article de Mme Stakes dans le journal anglais VAcadé- 
mie, et qui existe aussi en France dans les environs de 
Gamaches, dans l'arrondissement de Saint-Pol (Pas-de- 
Calais). M. Decroos fait observer que cette coutume est 
générale dans les villages voisins de Saint Omer et en 
Flandre, et que de plus on cloue dans cette dernière pro- 
vince une croix de bois sur la maison mortuaire à cha- 
que décès. Plusieurs membres confirment les observa- 
tions de M. Decroos. 

Lecture, 

M. le comte de Loisne adresse à la Société un Tarif des 
frais judiciaires devant Véchevinage de Bétliunc vers 1525 
extrait d'un registre existant aux Archives nationales. 
Les notes explicatives qui l'accompagnent sont intéres- 
santes et l'éditeur a pris soin do convertir les honoraires 
cités dans le tarif en leur valeur relative actuelle. Les 
documents de l'espèce sont curieux. On sait que Tordon- 



- 454 - 

nance du 14 décembre 1546 rendue par Charles-Quint por- 
tant règlement pour l'administration de la justice à la 
gouvernance et bailliage d'Ârras, déclarée commune le 
12 mai 1607 pour le bailliage de Saint-Omer, et imprimée 
dans les Ordonnances royaux touchant ce bailliage, con- 
tient aussi le détail des salaires des divers officiers. C'est 
une pièce du même genre relative à une autre ville d'Ar- 
tois que signale M. de Loisne. Son travail sera inséré au 
Bulletin historique, 
La séance est levée à 9 h. 1/2. 

Lq Secrétaire-général, 
PAGART D'HERMANSART. 



Rapport sur les ouvrages offerts. 



Adam LoUman,par M. Paul Foucari, membre de la Commission his- 
torique du Nord, président de la Société d'agriculture, sciences et 
arts de i^arrondissemeni de Valendennes, etc. — Paris, Pion, 
Nourrit et C Î89é. Un volume grand inS de 13^ pages. 

Dans un mémoire lu à la Société des Beaaz-Àrts des dépar- 
tements à l'école des Beaaz-Àrts, dans la séance du 28 mars 
1894, M. Paul Foucart étudie les œuvres diverses que l'on peut 
attribuer avec certitude an sculpteur Adam Lottman et dont une 
seule est parvenue jusqu'à nous. 

La naissance et la mort d'Adam Lottman sont entourées d'un 
certain mystère que M. Foucart n'a pu percer complètement. 
Il croit cependant que cet artiste est né à Coulogne, prés de 
Calais, vers l'année 1583 et qu'il est mort à St-Oroer vers 1660. 

Ce qu'on peut affirmer, c*est qu'en 16H il était installé à 
Yalenciennes et que les paroissiens de l'église de Notre-Dame 
de la Chaussée, désireux de continuer l'embellissement de leur 
église, lui confièrent la construction d'un Jubé ou dozal dont la 
première pierre fut posée par le prévôt Hugues de Bassecourt. 

Le 18 juillet 1618, Adam Lottman et Guillaume Tabaguet, 
maître de carrières de marbre à Dinan, concluent un marché 



- 455^ 

ayee Gtiiliaoïne de Loemel, abbé de Saint-Berlin, pour la cons- 
traction d'an Jubé dans cette célèbre abbaye. Ce marché a été 
reproduit in extenso dans le 3* volume de notre Bulletin htsto- 
rique, page 330. Lottman, comme son traité lui en faisait un 
devoir, vint se fixer à Saint-Omer et travailler dans Tabbaye 
même. En creusant les fondations dans lesquelles devaient se 
trouver trois caveaux voûtés pour y enterrer les abbés de Saint- 
Bertin, les ouvriers mirent à jour plusieurs tombeaux anciens 
décorés intérieurement de peintures. La première pierre fut 
posée en 1621. Ce jubé, qui fut terminé en 1623, avait 68 pieds 
1/2 de longueur, y compris les retours, et 27 à 28 pieds de 
haut. U se composait essentiellement de trois voûtes pleines 
soutenues par huit colonnes réunies par couples, et de deux en- 
tablements qui supportaient des colonnes, des hauts- reliefs, des 
niches garnies de statues et d'autres motifs d*ornementation \ 
Il reposait sur une marche de marbre noir ; c les matériaux 
les plus riches y étaient prodigués ; le marbre blanc et le mar- 
bre noir, le jaspe, la pierre de touche, l'albâtre, dans lequel 
étaient taillées les statues, les bas-reliefs et les ornements des 
frises, venaient, par la diversité de leurs tons, souligner les 
différentes parties du monument et y ajouter les magnificences 
de la couleur à celles de la forme. » 

La grand Cartulaire de Saint- Berlin donne quelques détails 
sur les motifs des sculptureç de ce jubé qui, nous dit M. de 
Laplane, passait pour le plus beau des Pays-Bas et qui avait 
coûté plus de 23.000 florins. 

Pe 1624 à 1629, Lottman exécuta à Calais un rétable dans 
l'église Notre-Dame. On peut encore l'admirer de nos jours, 
fl Composé de marbre de diverses couleurs, de pierre de tou- 
che, d'albâtre, il s'élève contre un mur ménagé entre deux 
piliers du chœur de l'église, de la grande nef de laquelle il 
occupe toute la largeur et toute la hauteur. » De l'étude de 
cette œuvre et des actes qui s*y rattachent, M. Foucart croit 

' Une statue, le Christ tenant la croix, qui se trouve actuel- 
lement dans l'église Saint-Denis, proviendrait, d'après la tra- 
dition, de ce jubé. 



- 456 — 

pouvoir conclure « que Lottman fut mis en possession de ' 
plusieurs statues sculptées par un autre artiste ainsi que de 

matériaux déjà dégrossis destinés à un édifice différent Dés 

son apparition, Tœuvre de Lottman obtint un grand succès. 
De même que les tours de l'abbaje de Saint-Bertin servirent 
jusqu'au xvin* siècle de modèles à la plupart des clochers qui 
s'élevèrent autour de Saint-Omer, elle fut le type auquel se 
conformèrent plusieurs des rétables construits postérieurement 
soit dans les églises paroissiales, soit dans les couvents de 
Calais. » 

Dès 1627, Lottman avait entrepris à Valenciennes la cens* 
traction d*un doxal dans Téglise Notre-Dame la Grande. Ce 
travail fui achevé en 163^. Pendant quil exécutait cette œuvre 
importante, Lottman se fit recevoir bourgeois de Valencien- 
nes ; il reforma les statuts de la corporation des peintres et 
sculpteurs et se maria avec Anne Andrieu. 

Entre temps, Lottman travaillait à Tabbaye de Saint-Bertin. 
Il y établit les deux clôtures des carolles, de chaque côté du 
jubé, pour lesquelles il devait fournir a 16 anges de pierre 
blanche albastre, de grandeur proportionnée aux deux statues 
de S^ Benoist et S* Bertin )>• Il fournit aussi deux colonnes de 
marbre pour soutenir les orgues. En récompense de son tra- 
vail, il re(;ut 2.600 florins. A cette somme, il faut ajouter 200 
florins pour laquelle Tabbé Philippe Gillocq s*était porté caution. 

Lottman avait aussi été chargé en 1G37 par le chapitre de la 
cathédrale de Saint-Omer de tailler une nouvelle table d*autol 
pour la somme de 6.600 livres. Il se mit de suite à Touvrage, 
mais un an après, les chanoines lui ordonnèrent de « cesser et 
surcheoip à la besoigne ». Un règlement intervint en 1642 pour 
le paiement des fournitures faites. 

Ce fut encore à Lottman qne l'on confla en 1639 la construc- 
tion d'un doxal dans la collégiale de Saint-Amé, à Douai, 
« œuvre qui après avoir attiré à notre artiste de nombreux 
déboires, demeura pendant près de deux siècles l'un des plus 
célèbres témoignages de son talent d. Ce doxal était dû à la 
muniflcencc de Jean Le Pipre, alors à la tète de la collégiale. 

A sa mort, survenue peu de temps après la conclusion du 



- 457 - 

traité, des difflcaltés s^élevérent avec ses héritiers pour le rè- 
glement des sommes & payer, puis avec les chanoines, diffi- 
cultés qui dorèrent jasqu*à la mort de Lottman. 

Au cours de ces différents procès, Lottman était vena s*ins- 
taller à Saint-Omer où l'abbé de Saint-Bertin, en récompense 
de ses fidèles services et de ceux qu'il pouvait rendre encore, 
lui avait donné, sa vie durant, « une maison, jardin, et antres 
bénéfices, » pour y vivre avec sa femme. 

En terminant cette étude sur Lottman, M. Foucart déplore la 
disparition de toutes ces œuvres de l'artiste dont on retrouve 
à peine quelques traces, sauf le rétable de Calais qui est par- 
venu jusqu'à nos jours presque dans son intégrité ; il se livre 
à une appréciation de l'artiste qui c fut plus encore un très 
habile décorateur qu'on éminent statuaire >. 

De nombreuses pièces justificatives et trois planches accom- 
pagnent cette excellente monographie d'nn artiste dont le nom 
était presque complètement tombé dans l'oubli. G. L. 



SCEAUX DE JACQUES DE DOUAI 

& DE PIERRE D'AIRE 

Moines de l^abbaye Saint-Berlin 



Communication de M. Charles de Pas, 
membre titulaire. 



Après les nombreux travaux qui ont été faits 
depuis plusieurs années sur les sceaux d'Artois, 
soit par M. L. Deschamps de Pas, dans son His- 
toire sigillairej soit par M. Demay, dans ses re- 
cherches aux archives d'Arras,la découverte d'un 
sceau encore inconnu de nos jours devient une 
véritable trouvaille archéologique. 

Aussi je crois digne d'intérêt la description de 
deux sceaux encore inédits, ayant rapport à l'ab- 
baye de Sainf-Bertin. Je les reproduis d'après les 
matrices qui appartiennent au Musée de Saint- 
Omer. Le premier de Jacques de Douai est dû 
au gracieux hommage du général de Gâcher et 
avait été trouvé il y a quelques années dans l'en- 
clos Saint-Bertin, le second provient d'une ac- 
quisition récente laite à Paris. 



- 459 — 
Sceau de Jacques de Douai 




Le pélican nourrissant ses petits de son sang, 
avec la légende : + s', fris. i. dedvaco. monaci. 
s. BTiNi. (Sigillum fratris Jacobi Deduaco monaci 
Sancti BertinL) 

Comme on le voit, ce sceau est celui de Jacques 
de Douai, moine de Saint-Bertin. 

Le pélican déchirant sa poitrine pour nourrir 
ses petits de son sang, est un type usité au 
xiip siècle parmi les membres du clergé régulier 
ou séculier. Le musée d'Arras possède un sceau 
qui ne diffère de celui qui nous occupe que par la 
légende : + s. gvïfrois. limilos *. 

Nous avons trouvé dans la généalogie des reli- 
gieux de Sainl-Bertin * que Jacques de Douai vivait 
sous Gilles d'Oignies, abbé de 1297 à 1311. Malgré 
les nombreux documents que Ton possède sur 
les moines de c^Ue abbaye, il nous a été impos- 
sible de trouver aucun renseignement sur sa vie, 
ainsi que sur les fonctions qu'il occupait. 

^ Description de quelques sceaux matrices relatifs à ¥ Artois et à la 
Picardie, par L. Deschamps de Pas, pi. xxv, n* 115. 

* Manuscrft de la bibliothèque de SainUOrner, n* 815, t. II. 
Catalogus Bertimorum religiosorum, etc. 



^ 460 — 

Afin de ne pas égarer lès recherches, je tiens à 
noter ici la découverte que j'ai faite d'un autre 
Jacques de Douai, vivant à la môme époque. Il 
était bourgeois de Saint-Omer. Les archives du 
Pas-de-Calais possèdent une charte de lui, du 
!«' juin 1331, au sujet de draps de livrée fournis 
au comte d'Artois. Le sceau qui s'y trouve est 
rond, et représente une croix fixée sur une tra- 
verse potencée et accostée des lettres i et a. La 
légende est : s', iakemes de dovai \ 

Les sceaux des moines sont rares, V Histoire 
sigillaire de Saint-Omer n'en donne qu'un seul, 
celui d'Anselme de Pas,en l'année 1285. L'on n'en 
connaît ni à l'abbaye de Clairmarais, ni même à 
celle de Saint-Vaast à Arras. La raison de cette 
rareté nous est donnée dans un acte du 27 sep- 
tembre 1244. Il s'agit d'un arbitrage entre Gérard 
Niepeglise, chanoine de Saint-Omer, et Gillebert 
Thomelin, moine de Saint-Bertin. Ce dernier 
n'ayant pas de sceau, se sert de celui de Simon, 
doyeii de Saint-Omer. 

« Ego verof rater Gillebertus... quia proprium 
sigillum non habeo, usas sum sigillo viri venerabi* 
lis magistri Symonis, decani ecclesie Sancti Audo- 
mari^. » 

Toutefois, un moine, dans certaines fonctions 
spéciales, pouvait avoir son sceau particulier. 

Le procureur des religieux de Saint-Bertin en 
Angleterre appose son sceau sur un acte passé 
avec le nouveau vicaire perpétuel de Chilham le 
4 mai 1356 ». 

* Sceaux d'Artois, par Demay, n* 1209. 

• Grand Cartulalre, t. III, n* 29, p. 54. 

» Grand Cartulaîre, t. IV, n* 252, p. 514. 



-. 461 - 

Jean de Berneville, moine de Tabbaye de Saint- 
Vaastà Arras, se sert de son sceau dans un acte 
du 28 janvier 1364, comme receveur de cette 
abbaye \ 

Aussi, devons-nous supposer, à défaut de do- 
cuments plus précis, que Jacques de Douai, qui 
vivait sous Gilles d'Oignies, lut pendant quelques 
années soit procureur soit receveur de St-Bertin. 



Sceau de Pierre d'Aire. 




Un lion courant à gauche surmonté d'une 
étoile avec la légende : + sigillv. magri. pétri 
ARIE. (Sigillum magistri Pétri Ariensis,) 

La ressemblance de ce sceau avec les deniers 
du xii« siècle de la ville d'Aire est frappante. C'est 
probablement en souvenir de ces monnaies que 
Pierre d'Aire fit placer un lion sur son sceau. Ces 
deniers sont les seuls qui aiemt jamais été frap- 
pés, portant le nom de cette ville. J'en reproduis 



^ Sigillographie de la ville d' Arras, par A. Guesnon, p. 36, 
n* 262. 



- 462 - 

un que M. Hermand a dessiné dans son Itistoire 
monétaire de la province d* Artois, 





Le rapprochement entre ces monnaies et ce 
sceau prouve bien que ce dernier a dû appartenir 
à une personne de PArtois qui devaitvlvre,d'après 
le caractère archéologique de cette matrice, vers 
le xiv® siècle. 

Le grand Cartulaire do Saint-Bertin nous donne 
des renseignements précieux sur un Pierre 
d'Aire, qui était receveur de rentes en Vannée 
1370. C'est un relevé du cueilloir ou se trouvait le 
détail des rentes et commençant ainsi : 

« Che sont les rentes du couvent de S^ Berlin, 
renouvelées Tan de grâce mil trois cens soixante 
et dix par frères Enlard de Morcamp et Piere de 
Aire à ce tamps receveur des dites rentes '. » 

Pierre d'Aire prit l'habit sous Aleaume Boistel, 
abbé de Saint-Bertin de 1334 à 1365. Nous le trou- 
vons Inscrit dans la généalogie des religieux sous 
le nom de Pierre Cunkion d'Aire* et dut certaine- 
ment succéder comme receveur à Roger SceneL 
Aussi, dans cette charge spéciale, il dût passer 
un grand nombre d'actes. Nous n'en avons ce- 
pendant retrouvé qu'un seul ù la date du 7 dé- 
cembre 1354. 

Pierre d'Aire et Jacques de Fauquembergues, 
moines de Saint-Bertin, donnent à ferme à Robert 

' Grand Cartulaire, t. V, n' 45, p. 79. 
• Man. de la bib. de St-Omer, n* 815, t. IL Catalogus Berli- 
rdorum religiosorum, etc. 



— 463 — 

Ghys, une maison située à Lysel, au rendage an- 
nuel de 2 sols parisis \ 

« A tous ceux qui ces présentes lettres verront 
et orront, Nous Pieres d'Aire et Jaquemes de 
Faukenberghes moine de Saint-Bertin au nom 
et au pourflt de le dicte église, recognoissons 
avoir donné a ferme et ù chense bien et loyau- 

ment à Robert Ghys En tesmoing de ce, nous 

avons mis nos seaus à ces présentes lettres, qui 
furent faites le vii«me jour de décembre Tan de 
gr<\ce mil trois cent chiuncquante quatre. » 

Les sceaux de Pierre d'Aire et do Jacques de 
Fauquembergues ne sont pas reproduits au bas 
de Tacte. Ils manquaient probablement à l'époque 
où cette pièce a été copiée. Mais la similitude du 
nom, les caractères archéologiques et le style 
artésien prouvent suffisamment que le Pierre 
d'Aire dont il est question aujourd'hui est bien le 
môme que celui dont il est parlé dans le Grand 
Cartulaire. 

Aussi croyons-nous pouvoir affirmer que ce 
sceau est bien celui qui devait figurer au bas de 
l'acte de 1354. 

Ch. de pas. 



* Grand Cartulaire, t. IV, n* 246, p. 505. 



EN 1677 



Dans ravertissement qui précède notre histoire 
du Siège de Saint-Omer en 1677 \ en signalant la 
pénurie des documents relatifs à cet événement 
militaire,nous avons dit que nous n'avions trouvé 
aucun plan des fortiflcations de la place depuis 
1638, qui fût antérieur à 1677. 

Nous nous sommes procuré depuis un plan 
daté de cette année même, in-fo double, colorié, 
portant la mention suivante : « Plan de la ville de 
S^ Orner assiégée par l'Armée du Roy, commandée 
par Son Altesse Royale Monseigneur le duc d'Or- 
léanSj et rendue à l'obéissance de Sa Majesté le 
20 avril 1677 — à Paris che^ H, Jaillot 1677. » 

Ce plan a donc été dressé et gravé immédiate- 
ment après la prise de Saint-Omer et avant que 
les ingénieurs de Louis XIV en aient modifié et 
complété les fortifications. Peut-être a-t-il été fait 
pour servir de base à ces changements. 

Il donne sur une assez grande échelle toutes 
les rues de la ville, mais sans en signaler les 

' TjB siège de SattU-Omer en 1677, — Réunion de l'Artois réservé 
à la France, Saînt-Omer, 1888, D*Hom ont, Ô8 p. — et t. XXI des 
Mémoires des Antiquaires de la Morirde. 



— 465 — 

noms ; de même il n'indique que quelques édi- 
fices religieux pour servir de point de repère au 
lecteur et de manière à ce qu'il se reconnaisse de 
suite dans l'étendue de la ville, car toute son im- 
portance consiste dans les fortifications. 

Les bastions et autres ouvrages ne sont mal- 
heureusement pas indiqués par leurs noms,mais 
il est facile de reconnaître tous ceux qui font le 
tour de la place, en suivant la nomenclature 
donnée dans le Siège de Saint-Omer, p. 11 et 12. 
Les deux châteaux sis dans l'intérieur ne sont 
pas mentionnés, mais leur emplacement est éga- 
lement facile ù retrouver. 

Tout le détail des fortifications est tracé avec 
une grande netteté. On y voit trois portes, celle 
du Haut-Pont, celle d'Aire (ou du Brûle, ou de 
Saint-Michel sur le plan manuscrit de 1638) et 
celle de Sainte-Croix couverte par un bastion con- 
sidérable. La porte Saint-Sauveur, qui était ter- 
minée cependant en 16i55 \ n'y figure pas. On ne 
voit qu'une seule porte d'eau, celle de l'abbaye de 
Saint-Bertjn, mais tous les cours d'eau h l'exté- 
rieur ou ceux entrant dans la ville, en sortant, ou 
la traversant sont très bien marqués. 

De 1638 à 1677 les Espagnols n'avaient pas 
sensiblement modifié les fortifications et s'étaient 

* Recherches élymologiqiies sur la ville de Saint-Omer, par 

M. Eudes, revues par le Bibliophile artésien (L. Deschamps de 
Pas), Saint-Omer, 1867, p. 200. — Dans le récit du Siège de 
1638 de Jules Chifïlet, traduit par Louis Moland (Mém des Ant, 
de la Morime, t. XIV, p. 331), il est cependant question des tra- 
vaux extérieurs qui protégeaient la porte de Saint-Sauveur. 
Celle-ci, en effet, avait été ouverte dès 1631, mais elle ne figure 
pas non plus au plan de 1638 dont nous parlons plus loin. 



— 466 — 

contentés d'y faire quelques réparations, notam- 
ment en 1672 '. La Société des Antiquaires de la 
Morinie possède un plan manuscrit, encadré, 
intitulé levée du siège de Saint-Omer en 1638, qui 
donne tous les points d'attaque et tous les forts 
extérieurs, mais ne reproduit la ville et son mur 
d'enceinte, tels qu'ils existaient à cette époque, 
que sur une très petite échelle. 

Aussi le plan de 1677 offre un réel intérêt, il est 
de nature à permettre de comprendre la descrip- 
tion des travaux effectués en 1676, donnée dans 
le t. XXI des Mémoires de la Société, p. 11 et 12, 
celle des fortifications au moment du siège (p. 19 
et 20), et les diverses mesures proposées ou prises 
ensuite par la défense pendant le cours de l'in- 
vestissement de la place, comme aussi il permet 
de se rendre compte des divers points d'attaque. 
C'est ainsi qu'on distingue parfaitement que l'en- 
droit le plus faible était derrière l'abbaye de Saint- 
Bertin, ce qui explique comment la place fut prise 
de ce côté à la suite d'une large brèche pratiquée 
dans le rempart, ainsi que Ta établi M. l'abbé 
Bled dans le t. XXIII des Mémoires, d'après l'un 
des registres au conseil de l'abbaye de St-Bertin, 
en rectifiant sur ce point le premier historien du 
siège. 

Enfin ce plan représente le dernier état do la 
ville avant la construction des fortifications qui 

* Les travaux du démantèlement ont fait reconnaître que 
c'était cette date de 1672 et non celle de 1677 qui existait sur la 
partie du revêtement extérieur du rempart prés de la porte de 
Dunkerque. (V. t. XXI des Mém. des Ântiq, de la Morime, p. 56, 
note I.) 



— 467 — 

viennent d'être rasées h peu près tout entières en 
1893, et sous lesquelles on a retrouvé intacte la 
voûte de la porte Sainte-Croix supprimée aprôfi 
la conquête, et quelques vestiges d'ouvrages plus 
anciens. 

PAGART D'HERMANSART. 



UNE CHARTE DE GÉRARD 

Prévôt de l'église de S*-Omer, en 1157 

CCommunication de M. l*abbé 0. Bled, Président) 



Le hasard des recherches dans la partie non in- 
ventoriée des archives de l'ancien chapitre de 
Saint-Omer m'a amené sous la main une charte 
intéressante. Elle est de Gérard, prévôt de Saint- 
Omer de 1141 à 1159 ', et elle est datée de 1157. Dans 

^ Gérard III pour Deneu ville, Gérard I pour le GiUUa chris- 
tiana (t. III, p. 472). Du reste, la liste des prévôts de h collé- 
giale de Saint-Omer diiïère notablement dans ces deux auteurs. 
Je crois que Deneuville mérite plus de confiance, ayant com- 
posé son État ecclésiastique de la ville de Saint-Omer sur les mé- 
moires du chapitre et sur les chartes originales. Dans la di\ffi- 
culté présente, le Gallia fait certainement erreur. Il est incon- 
testable que le Gérard en question n'est pas le premier prévOf 
de ce nom. Il a été précédé dans cette dignité par un autre Gé- 
rard, prévôt de Saint-Omer, cité au Cart, de Bergues, p. 104, eo 
1133, dont il fut séparé par Oger,qui paraît en différents actes, 
en 1137, au même cartulaire, p. lOt, et dans Mira^us, t. III, 
p. 329 et au Cartulaire de Bourbourg, p. 42. Peut-être même ce 
dernier Gérard fut-il précédé d'un autre prévôt du même nom 
que l'on rencontre au Cartulaire de Bourbourg en l'année 1120, 
et dont Deneuville établit l'existence sur de graves autorités. 
La publication des Cartulaires de la région a déjà permis de rec- 
tifier plus d'une erreur ; les Cartulaires de la collégiale de Si- 
Omer, de la Chartreuse du Val Ste-Aldegonde, de Watten, de 
St-Martin-les-Thérouanne, et d'autres qui n'attendent qu'on 



— 469 — 

cette charte, Gérard confirme Tapplication faite 
par Oger, un de ses successeurs, à la réparation 
et construction de l'église collégiale des revenus 
des moulins de Wins et de Hamel sur TAa, donne, 
pour la fondation de son anniversaire après sa 
mort, à l'église de Saint-Omer, l'autel de Audin- 
kerque avec les dîmes et les offrandes de toutes 
natures, et notifie la fondation d'un anniversaire 
par Boniface, doyen du même chapitre. 

Une charte du milieu du xii« siècle, en parfait 
état de conservation, et encore munie de tous 
ses sceaux, mérite toujours considération. Mais, 
outre que les documents de cette époque devien- 
nent de plus en plus intéressants par leur rareté 
seule, celui que je demande la permission de si- 
gnaler me paraît offrir, au point de vue de la sigil- 
lographie ancienne,quelques particularités dignes 
d'attention. 

M. Valletde Viriville,dans l'inventaire très som- 
maire qu'il a fait en 1843 des archives du chapitre', 

éditeur, rendraient sur ce point encore de précieux services. 
Quoiqu'il en soit du prévôt dont nous publions la charte, De- 
nenville nous dit qu'il fut en charge de 1141 à 1159. Il signe 
en 1142 la charte de Thierry d'Alsace, comte de Flandre, obli- 
geant Arnulîe, avoué de Thérouanne, à détruire le château-fort 
qu'il avait édifié en cette ville (Duchet et Giry, Cartitlaire de 
Térouanne, n* 22) ; il souscrit en 1154 la charte par laquelle le 
même comte cède à Milon, évoque de Thérouanne, tous les 
droits qu'il avaiè sur l'église d'Hesdin (Ibid. n* 28) ; il signe 
encore en 1 154 un accord entre les mêmes concernant les droits 
du comte dans la ville de Thérouanne (Malbrancq, t. III, liv. 
10, ch. 8 et 15). Il mourut en 1159 et eut pour successeur en 
la prévôté de Saint-Omer, Pierre d'Alsace, fils de Thierry, 
comte de Flandre. 
^ Mémoires des Antiquaires de ia Morime, t.. VI. 



- 470 — 

mentionne cet acte, et, par distraction sans doute, 
î^ donne la date impossible de 1167. Les quatre 
beaux sceaux en cuvette qui pendent encore au 
bas de cette piAce étaient à cette époque plus in- 
tacts, puisque M. Valtet de Virivillea pu en lire en 
entier les légendes au>QUird'hui mutilées. Mais 
peut-être Térudit archiviste n'a-t-il pas assez in- 
sisté sur le contresceau de Thierry d'Alsace, que 
je ne trouve signalé nulle part. Vredhis, en son 
ouvrage Sigilla comitum Fandriœ, ne Ta ni re- 
produit, ni décrit, ne Payant vraisemblablemïQnt 
pas rencontré. 

Nous le reproduisons ici au double de sa gran- 
deur. 




Ce contresceaux est très différent de celui que 
Dom Dewitto dessine en son Grand Cartulalre au 
bas d'un acte du môme prince de Tannée 1158. 
M. le chanoine Haigneré décrit ainsi ce dernier: 
« Contresceau rond, 28 mm., intaille, tételaurée, 
regardant à dextre, avec légende » (Cariulaire de 
Saint'Bertin, no 229). Le contresceau de la pré- 
sente charte se peut décrire : Contresceau rond, 
10 mm., dans le champ un écu écartelé à la bande 
brochant sur le tout chargéeen chef d'une étoile?, 
sans légende. Le contresceau lui-même et les élé- 
ments héraldiques qui le composent sont, je crois, 
remarquables, à une époque où les armoiries sont 
encore mal établies ' et où le contresceau se ren- 

^ Ud fait est hors de doute aujoard'hui, c'est que les armoi- 



- 471 — 

contre très rarement. Nos archives municipales 
conservent d'autres chartes de Thierry d'Alsace, 
une de 1128, une autre de 1151, une autre encore 
non datée mais postérieure ù 1156 ^ : aucune n'a de 
contresceau. Ni Douêt d'Arcq, ni Demay ne font 
mention du contresceau de ce prince. On sait que 
les auteurs attribuent à Thierry d'Alsace ou 5 son 
fils Philippe le premier usage de l'écu d'or au lion 
do sable, armé et lampassé de gueules, adopté 
pour les armes de la maison de Flandre. L'écu 
que tient en notre sceau le comte Thierry n'est 
encore chargé d'aucun emblème. On peut rap- 
peler ici que Thierry d'Alsace passa au monastère 
de Watten près de Saint-Omer les dernières an- 
nées de sa vie, qu'il mourut à Gravelines en 1168 
et que son corps fut rapporté dans Téglise du mo- 
nastère de Watten dans laquelle il fut inhumé. 

Peut-être y a-t-il aussi quelque intérêt à s'ar- 
rêter h la forme onomastique d'un nom de lieu 
relevé dans cette charte. Le prévôt Gérard appli- 
que ù l'œuvre de l'église de Saint-Omer « redditus 
molendinorum de Wisco et Amelo ». Il n'y a pas 
de difficulté pour Amelo, Hamel, qui est encore 
aujourd'hui un lieu dit de Blendecques, sur l'Aa, 

ries ne sont pas antérieures à la seconde moitié da xii* siècle. 
Le plus ancien exemple que Ton en puisse citer est un sceau 
de Philippe d'Alsace dans un acte de ItGl. Jean Van Malder- 
ghem, Les fleurs de lis de V ancienne monarchie française, (Annales 
de la Soc. d'archéol. de Bruxelles, t. VIII, p. 193). 

^ M. Giry la date de 1157, je n'ai pu voir sur quoi il appuie 
sa datation. Peut-être parce qu'en 1157 Thierry s'adjoint son 
fiis Philippe dans le gouvernement et qu'ils signent ensemble 
les chai tes à partir de c^tte époque. 



— 472 — 

près de Saint-Omer. Mais que faut-il entendre par 
We'5co^ Cette forme fait de suite pensera Wisques, 
village très élevé, à plusieurs kilomètres de Bien - 
decques et très loin de TAa. Et, en effet, Deneu- 
ville, dans sa notice sur les prévôts de St-Omer, 
visant cette donation de Gérard, traduit résolu- 
ment par Wisques. Mais, outre qu'un acte du 
xni« siècle détermine ces moulins comme étant à 
Blendecques (Haigneré, Cartulaire de St-Bertin, 
no 1078), Wisco n'a jamais pu devenir Wisques. 
Wisques a sa forme onomastique parfaitement 
indiquée à travers les siècles. C'est au vu® siècle 
Wiciaco, dans la charte d'Adroald (Haigneré, op. 
cit. no 1), c'est au xii« Wisseca^ Wiske (Ibid. n» 414 
et 710), c'est enfin au xiii* Wisques (Ibid. no 868), 
par une transformation parfaitement régulière. 
Le final laco^ chez les Romains, s'est changé en 
Y. AlciacOj dans la môme charte, a donné Auchy, 
comme on l'interprète communément, Killiaco, 
857, Cléty, Tingriaco, Tingry, etc. Le même final 
chez les Saxons et les Germains s'est d'abord 
transformé en eka, puis Ve s'est perdu et il n'est 
plus resté que la syllabe muette ke qui s'est jointe 
au radical. Mentiaco, 867, aurait fait Menty chez les 
Romans, les Saxons en ont fait Menteka, Menke, 
qui s'est écrit et prononcé Mentques; Ariaco, 857, 
a fait Areka, Arques, Kessiaco a fait Kesseka, 
Quesques. Il faut donc laisser Wisques à la forme 
Wiciaco. 

Mais quel est le lieu désigné par cette forme 
Wisco f Une note en caractères du xii* siècle ins- 
crite au verso de cette charte le précise. Elle défi- 
nit ainsi la charte qui nous occupe : Littera qua^ 
tuor molendina de Wins et Hamello in Blendeka 



— 473 — 

apectans \ C'est donc Wins qu'il faut entendre par 
Wisco. Et, en effet, aujourd'hui encore, sur TAa, 
un peu en amont de Blendecques, est établi un 
moulin appelé le moulin de Wins. Or Wins ne 
nous était jusqu'à présent signalé que sous la 
forme franque « Widingaham » dans un acte du 
milieu du ix<» siècle (Haigneré, Cart. St-Bertin, 
no 40). Selon quels principes, quelles règles s'est 
faite cette déformation de Widingaham, passant 
par Wisco pour arriver à Wins ? Nous signalons 
aux diplomatistes ce problème de linguistique 
géographique sans oser nous risquer à aucune 
explication. 

Sapientis est et consulti ut quia quorumdam remiDisci 
non est ioeommodum, in eisdem omnimodo memorie 
defectus vitetur oblivio, ne que palam et ad utilitatem 
ecclesie nostre habita mérite culpe mee sub absconso 
silencie dépérirent, ego Gerardus Dei gratia prepositus 
ecclesie S. Âudomari, memoriter haberi volo quod, sicut 
▼enerabilis predecessor meus dominus Ogerius * prepo- 

* Ces moalios, avec deux autres aussi à Blendecques, forent 
vendus en 1263 par le chapitre à l'abbaye de Saint-Bertin, qui 
possédait déjà tons les moulins sur TAa, d'Arqués à Gravelines. 

* Ogere, Oger, Odger ou Otger II, fut le huitième prévôt 
d'après Deneuville, le cinquième d'après le Galiia, qui est ici 
en erreur manifeste. Il parait à différents actes de 1117 
(Mirœus, t. Ili, p. 31) à 1130 (Cari, de Poperinghe, n* 12).Homme 
de grande naissance, il était le favori da comte de Flandre, 
Baudouin à la Hache, qu'il accompagnait presque toujours. De 
là vient qu'on le voit fréquemment figurer comme signataire 
aux actes de ce prince. C'est lui qui obtint la fameuse bulle de 
Galixte II, datée de 1123, confirmative des biens et privilèges 
de l'église de Saint-Omer, sur laquelle le chapitre a de tout 
temps fondé ses prétentions.L'original de cette bulle est encore 



— 474 - 

situs in pt*esentia domini Johannis episcopi ^ et Karoli 
comitis • et eorum concordi assensu universos redditus 
molendinorum de Wisco et Amelo operi et réparation! 
ecclesie S. Audomari assignaverit, ita ego presentibus 
domino Mil[one] * episcopo et Th[eoderico] ac Phiiippo * 
comitibus concorditerque assen tient! bus eosdem redditus 
et ad idem concesserim et in perpetuum donaverim; 
item in communem veniat noticiam quod, ut dies anni- 
versarii mei memoriter recolatur et salubriter altare de 
Odecherca ■ cum decimis et oblationibus et universis ab 
eo defluentibus bonis canonicis ad eorum usus sub censu 
novem librarum concesserim. Prêter bec hoc aliud fir- 
miter teneat et posteritati reservet memoria quod dominus 
Bonif[acius] decanus* saluti sue consulens ad suî anni- 
versarii observationem xxv mensuras terre arabilis quas 
in parrochia S. Martini ^ a me sub censu duarum rase- 

aajoard'tiQi conservée aux archives du chapitre de St-Omer 
(G. 58). 
^ Jean, évêque de Thérouanoe, de 1099 à 1130. 

* Charles le Bon, comte de Flandre, de 1119 à 1127. Meurt 
assassiné à Bruges. 

* MiioD I qui occupa le siège de Théronanne de 1131 à 1160. 

* On sait que de 1157 à 1168, Thierry d'Alsace et son fils 
Philippe gonveroérent ensemble le comté de Flandre, prenant 
Tun comme l'autre le titre de comte. 

* xm* siècle, Adinkerka. 

* Boniface, d'après le GalUa quatrième, d'après Deneuville 
cinquième doyen de l'église de Saiut-Omer. On le voit figurer 
dans les actes de 1150 à 1158. C'est même à l'année 1158 que 
Deneuville et le Gallia reportent la donation de 25 mesures de 
terre dont il est ici question. Comme elle est antérieure à la 
présente charte de Gérard datée de 1157, on peut conclure que 
Deneuville et le Gallia ont ramené la date au nouveau style et 
déterminer davantage la date de la charte de Gérard en la 
mettant avant Pâques 1158 n. st. 

' La paroisse Saint-Martin eitra muros qui devint St-Martin-^ . 
au-Laërt. 



— 475 — 

riarum tritici habebat mensedominorum assignatas con- 
cesserat et appropriaverit me et dono caritatis sue bé- 
nigne assentiente et terram a censu quem debebat et ab 
omnimoda reactione liberam absolvente. De reditibus 
vcro et prebendulis ad hospitale pauperum attinentibus 
sic haberi volo et immutabiliter statuo quod descedenti- 
bus bis qui ad presens eas percipiunt Dec clericis nec laicis 
aliquibus scedantur, sed quamprimum vacaverint soli 
nostre pauperum [domui?] accommode ... de cetero deser- 
viant. Ne que ioterea commode habitis partitorum pa- 
rum scia quicquam mutare possit aut vellt posteritas, hoc 
caritatis nostre donum concessum ac statutum auctoritate 
presentis pagine et mei et episcopi et comitis sigillorum 
inpressione corroboratum, ratum ac fîrmum permanere 
volumus in posterum. Si quis vero aliquid horum que 
adeo rationabiliter volumus et immutabiliter statuimus 
temerario nisu dissolvere vel in irritum revocare pre- 
sumpserit sententia anathematis preclusus a sancte ma- 
tris ecclesie gremio alienum se inveniat et tremendo Dei 
judicio perpétue dampnationi subjaceat. Actum est hoc 
anno Domini m. c. lvii his attestantibus Bonifacio decano, 
et capitulo Johanne, Symone, Daniele, Hermano, Sigero, 
...theo, Waltero, Willehelmo presbiteris ; Symone, Lit- 
tando, Stephano, Baldwino, diaconis; Bernhardo, Bitardo, 
...ndosubdiaconis, Petro et Johanne clericis, Willehelmo 
nepote castelli,Willehelmo dapifero, Eustacio de Swerdes, 
Olivero de Arckes, Hugone filio ejus et Bartholomeo, 
Hezelino, Salwolone militibus, Voltero castellano. 

Arch. comm. S. Orner. — Arch. cap. partie non inventoriée. 



Sainl-Omer, Typ. «. vwammr. 



BULLETIN 



DE LA 



SOGIfiTË DES ANTIOUAIRBS DE LA lOlINIE 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du l" avril 1895. 

Président : M. l'abbé BLED. 

Secrétaire général : M. Pagart d'Hermansart. 

Ouverture de la séance à 8 h. 10 par la lecture du pro- 
cès-verbal de la réunion précédente adopté sans observa- 
tion. 

Dons, hommages, échanges. 

— Du Ministère de V Instruction publique : 

Annuaire des bibliothèques et des archives pour 1895, 
publié sous les auspices du Ministère de Vlustruction 
publique, 10* année, 1895. 

Bulletin historique et philologique, annexe 1894, n- 1 et 2. 

— De la part de Vauteur : 

Vabbé Firmin Pollet. 1652-1733, par M. Aug. Braquehay, 
1894. 



- 478 - 

— De la jyart des Sociétés savantes françaises : 

Aix (Boucheard^h^6ne). rMérno«pei5 de VAcadémie des 
sciences, agHcùllurJ, orls ei belles-lôttres d'Aix,t. XVI, 
1895. 

Beauvais (Oise). Mémoires de la Société académique d'ar- 
chéologie, sciences et artS' du département de l'Oise, 
t. XV, 3- partie, 1894. 

Doulogne-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la So- 
ciétji d'agriculture die i'arrondissement de Boulog^ne- 
sur-mer, janvier-février 1895, t. XXXI, n* 1. 

Chambéry (Savoie). Mémoires et documents publiés par 
la Société sa,voisiennB-dirtBtOlre et d'archéologie, t. 33, 
2« série, t. VIII, 1894. 

D/tv (Landeiç). Société de Borda, 19'.année, 4* trim. 1894. 

Dunkerque (Nord). Bulletin de la Société dunkerquoise 
pour Tencouragement des sciences, des lettres et des 
arts, 1894, 2* fascicule. 

Le Mans (Sarthe). Revue historique et archéologique du 
Maine, t. XXXVI, année 1894, second semestre. 

iVaîUes (Loire-Inférieure). Bulletin delà Société archéolo- 
gique do Nantes, et du départçm* de la Loire-Inférieure, 
t. XXXIII, 1894, 1*' semestre. 

Paris (Seine). Bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. V, juilljet à novembre 1894. 

Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 
de l'Ouest, 4« trimestre 1894. 

Sjai^fes (Charente-Inférieure). Revue de Saintonge et 
d'Aunis. Bulletin de la Société des archives historiq^ies,' 
14» volume, 1894. 

Bulletin de la Société des archives historiques de Sain- 
tonge et d'Aùdis, 15» volume, 2' livraison, 1*' mars 1895. 

Tmhuse (Haute-Garonne). Mémoires de la Société ar- 
cft^logique du midi delà France, t. XV, V'Uv. 1894. 

Valencicnnes (Nord). Revue agricole, industrielle, histo- 
rique et artistique de Valenciennes^ n" 4â 11 de 1894, 
et n' 12 de 1895. 

Vcrvins (Aisne). Bulletin de la Société archéologique, da 
y-ervins, t. XV/1892. : 



- 479 - 
— De la ]^nrt des Sociétés savantes étranpères : 

Bruxelles (Belgique). Analecta Bolliiiuliana, tomus XIV^ 
fasc. 1, 18Ô5. 

Annales de la Société d archéologie de Bruxelles, t. VIII, 
livraison 4, 1" octobre 1894 _ , 

Gand» Annales du Cercle historique et urcliéogique de, 
Gand, 2« fascicule 1895. — 2« année, n* 7. 

Messager des sciences historiques ou Archives des arts et 
de la bibliographie de Belgique, 4* livraison, 1894. 

Louvain. Analectes pour servir à Thistoire ecclésiastique 
de la Belgique, 2« série, t. IX, !'• et £• livraisons. — 2* 
section, série des cartulaircs et des documents étendus, 
1" fascicule, publiés par Edg. de Mourneffo. 

Mons (Hainaut). Mémoires et publications de la Société 
des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, 1894. 

Nivelles. Annales de la Société archéologique de l'arron- 
dissement de Nivelles, t. V, 3* livraison. 

Tournai, Mémoires de la Société historique et littéraire 
de Tournai, t. XXV. "• ' 

Abonnements. 

Annuaire de la Société française de numismatique , jan- 
vier-février 1895. 

Bibliothèque de VÉcole des Chartes, LV y 6 livraison, 
novembre-décembre 1894. • 

Bulletin de la Société bibliographique et des pubiicit ions 
populaires, 26* année, mars 1895. 

Journal des Savants, janvier-février 1895. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, 2* série, t. 51, 73* de la collection, 3- livrais, 
mars 1895. - Partie technique, 2' sérié, t. 21, 75* de 1;^* 
collection, 3* livraison, mars 1895. 

Revue de VArt chrétien, 5' série, 1895, t. VI, 1" livraison^ 

Revue historique, t. LVII, mars-avril 1895. 

Correspondance. 

4 mars 1895. — La Société d'art et' d'histoire du dio- 
cèse de Liège (Belgique) demande à entrer en relation^ 



— 4to — 

avec la Société des Antiquaires de la MoriDÎe et à échan- 
ger ses publications contre les leurs. — Adopté. 

M. Horace Round, de Londres, élu membre correspon- 
dant, remercie la Compagnie (14 mars). 

30 mars. — M. Edmont, membre honoraire à St-Pol, 
envoie une communication dont il sera donné lecture ci- 
après. 

Candidature. 

M. César de Givenchy propose la candidature comme 
membre honoraire de M. le comte Edmond du Tertre, 
habitant au Grand-Bois (commune d'Helfaut, par Wizer- 
nes). Le général vicomte du Tertre a été président de la 
Société de 1845 à 1851, aussi la candidature de son petit- 
neveu est-elle accueillie avec sympathie par les membres 
présents. Elle est appuyée particulièrement par MM. Pa- 
gart d*Hermansart et Charles Legrand, et conformément 
au règlement, l'élection est renvoyée à la séance pro- 
chaine. 

Lectures, 

M. Edmont, membre honoraire, envoie une notice inti- 
tulée : Les cloches de Teneur et de Tilly-Capclle, dont il 
est donné lecture. L'auteur relève une erreur commise 
dans le Dictionnaire historique et archéologique du Pas- 
de-Calais, arrondissement de Saint-Pol, t. II, p. 251, où 
il est dit que la cloche de Teneur vient de Tilly, tandis 
que c'est celle qui existe actuellement à Tilly, et qui porte 
la date de 1585, qui y fut transportée de Teneur, comme 
le prouve d'ailleurs son inscription. M. Edmont donne 
ensuite les inscriptions de deux autres cloches sises dans 
l'église de Teneur, et datées de 1829 et de 1873. Il ajoute : 
« A l'époque de la Révolution, le clocher de Teneur ren- 
» fermait trois cloches dont la plus grosse fut conservée, 
» c'est celle qui à été refondue en 1873. La seconde fut 
» transformée en gros sous en 1793, et la troisième, la 
» plus intéressante parmi celles qui sont citées dans cet 
i article, fut transportée à Tilly où elle est encore. » 
La Compagnie regrette de ne pouvoir reproduire le 



texte des trois inscriptions que donne, avec un commen* 
taire, M. Edmont, mais elle le prie de vouloir bien en- 
voyer cette communication à la Commission départemen- 
tale des monuments historiques qui a entrepris la publi- 
cation de VÉpigraphie du Pas-de-Calais, et qui relève 
partout les inscriptions existantes. 

M. Fernand Donnet, bibliothécaire de l'Académie d'ar- 
chéologie de Belgique à Anvers, adresse divers documents 
trouvés par lui, non à la suite de recherches spéciales, 
mais qui lui sont tombées sous la main au cours de re- 
cherches sur d*autres sujets. Il s'agit d'extraits des regis- 
tres de réchevinage d'Anvers relatifs i\ des marchands de 
Saint-Omer, ou à des négociants originaires de cette ville 
et établis à Anvers. Ces documents, dont il est donné 
lecture à la Compagnie, lui paraissent d'un intérêt inégal, 
mais ils méritent d'être analysés. 

On y voit les noms de divers marchands de Saint-Omer 
établis à Anvers en 1556 et 1596; d'autres habitant Saint- 
Omer tels que Jehan de Gensere en 1570, Alonzo de Pe- 
i*alta, « marchand de la nation de Navarre » en 1585, Loy 
de Candelle en 1599, Ancel Ceret en 1608. La pièce rela- 
tive à l'un de ceux-ci, Jehan de Gensere, est ainsi conçue : 

5 juillet 1570 (Archives communales d'Anvers scabinale pro- 
tocolen sab Moy et Nissen vol. II f* 152). 

Jehan de Gensere, marchand, demeurant à S^Omer,com parait 
devant les échevins d'Anvers, et jure, en vertu de l'ordonnance 
qui commande de donner le détail de tous les biens pris et 
enlevés par les Anglais, que pendant les mois de janvier et 
février 1569, il a chargé à Rouen diverses marchandises sur 
trois navires. Il a mis à bord du bateau de Gheeraert Raes, 55 
tonneaux et un poisson de vin d'Auxerre ; sur le navire de Wil- 
lem Willemssen van Gouwe, 36 tonneaux et 1 poisson de vin, 
et dans cette quantité étaient compris 16 tonneaux de vin de 
« Court Blancq » et 5 tonneaux de vinaigre de vin ; enfin sur 
le navire de Dierick Hughen et Lievin van Gouwe, 42 tonneaux 
et 1 1/2 poisson de vin d'Auxerre. Le tout formait un total de 



— 4ëâ — 



1' 



133 tonneaux et 2 1/2 poissons. Le Poisson ou possion, était 
une mesure de capacité pour liquides autrefois usitée en France; 
il faisait la 8' partie do la pinte, et contenait 2 demi poissons 
ou 4 roquilles, ce qui équivalait à 1161 décilitres. De plus, il 
avait chargé dans le navire de Dierick Hughen un petit tonneau 
contenant 12 douzaines de bonnets, 4 grosses de peignes et 
d'autres merceries Ces navires étaient affrétés pour se ren 

.dre à « Mardicocq, à 3 lieues de S' Thomé ». Ils appareilleront 
en mars, quand à la hauteur de Dunckerque, ils rencontrèrent un 
ou plusieurs navires commandés par Jehan Robertssqui con- 
voyait et reconduisait le commissaire d'Assonville dé Douvres 
vers Calais. Celui-ci attaquâtes trois navires et d'autres vaisseaux 
Cjiii les accompagnaient, et s'en empara en vue de la côte, entre 
lk)ulogpe et Calais. Les vins furent apportés à fjondres où ils 
furent mis en caves, puis plus tard vendus par ordre de la 
Reine. De ce chef, de Gensero déclare avoir éprouvé une porte 
de 1800 livres. Les trois capitaines viennent confirmer sous 

, serment la déposition du marchand audomarois. Ainsi Willem 

^ Willemssen « mestre après Dieu dung navire de 45 tonneaulx 
» confesse avoir reçu dessous le tyllacq à Rouan 36 tonnes de 
)) vin et 1 poisson et 5 tonneaulx de vingaigre de vin ». Le 
fret convenu pour le transport de ces marchanndises était 
(( solz de gros » par tonneau. Il ajoute que la prise a eu lieu 
le 6 ou le 7 de mars « jour que lambassadour repartyt dan- 
gleterre à Calais ». . 

L'ambassadeur dont il est ici question ne peut être que le 
conseiller Christophe d'Assonleville qui joua un rôle important 
à la cour de la princesse Marguerite, gouvernante des Pays-Bas. 
Il était membro du conseil privé et fut maintes fois chargé, en 
1566 et 1567, de missions importantes par la gouvernante au- 
près du prince d'Orange et des seigneurs confédérés. Mais nous 
n'avons pu trouver nulle traco d'une ambassade dont il aurait 
été chargé en 15G9 auprès de la reine Elisabeth d'Angleterre. 

. €e serait un point intéressant d'histoire à élucider. 

' Rien n'étant plus à l'ordre du jour, la séance e$( levée 
fi 9 h. 1/2, 



— 483 — 

Séance du 6 mai 1805. 

Président : M. Tabbé BLED. 

SecrétHire général : M. Pagart d'Hbrmansart. 

A 8 h. 10 m. la séance est ouverte, et M. le Président 
donne la parole au Secrétaire général qui lit le procès- 
verbal delà séance précédente. Il est adopté sans obser- 
vation. 

Dons, hommages, échanges, 

— De la part du Ministère de l'Instruction pnblique : 

Dulletin du Comité des travaux historiques et scient ifi» 
ques, section des sciences économiques ot sociales, 1894. 
Catalogue général des manuscrits da hibliolhéques publi- 
ques de France. — Départements, t. XXIV. Rennes, 
Lorient, Lannion, Vitré, Montreuil-sur-mer, Étampes, 
Clermont de TOiso, . Senlis, Gien, Fontivifiebleau, Châ- 
teau-Thierry, Épernay, Blois, Loches, Neufchàteau. 
Bourbonne, Condom, Bar-le-Duc, Nevers, Cômpiègne, 
, Mont-de-Marsan. — id. Diïpàrtements, t. XXVII. Avi- 
' gnon. — id. Bibliothèque de V Arsenal, t. IX. Table gé- 
nérale des archives de la Bastille. 
Documents inédits sur VHistoire de France : 
Correspondance administrative d*Alfonse de Poitiers, 
publiée par M. Auguste Molinier, professeur à l'École 
nationale des Chartes, t. ï, 4894. 

,-* De la part fies auteurs. 

Les reclus de Toulouse sous la Terreur, publiés et anno- 
tés par M. le baron R. de Bouglon, de la Société archéo- 
logique du Midi fde la France, Toulouse 1895. 

— De la jiirt des Sociétés savantes franc lises : 
Clermont' F errind (Puy-de-Dôme). Bulletin historique et 

scientifique de TAuvergne, 2' série, 1894, n' 10, décem- 
bre. — 2^ série, 1895, n" l et 2, janvier, février. 

Dax (Landes). Société de Borda, 20* année, l** trim, 1895. 

Draguignan (Var). Bulletin de la Société d'études scienti- 
fiques et archéologiques de la ville de Driaguignan, 
t. XIX, 1892-93. 



— 484 — 

Fontainebleiu (Seine-et-Marne). Annales de la Société 
historique et archéologique du Gâtinais, 2« trim. 1894. 

Paris (Seine). Annuaire-Bulletin de la Société de l'his- 
toire de France, année 1894. 

Poitiers (Vienne). Bulletins et Mémoires de la Société des 
Antiquaires de l'Ouest, t. XVII, 2' série, 1894. 

Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord). Bulletin de la Société 
d'émulation des Côtes-du-Nord, n* 4, 1895, 

Saint-Dié (Vosges). Bulletin de la Société philomatique 
vosgienne, 20* année, 189i"95. 

Valenzc (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d'archéologie et de statistique de la Drôme, année 1895, 
février, 113' livraison. 

— De ia part des Sociétés savantes étrangères : 

^ni;er« (Belgique). Bulletin de TAcadémie d^archéologie 

de Belgique, 4' série, 2* partie, XX, 1895. 
Gand. Annales du Cercle historique et archéologique de 

Gand, t. II, 1" fascicule 1895. 
Bulletin du Cercle historique et archéologique de Gand, 

n" 1 et 2, 1895. 
Messager des sciences historiques, année 1895, r« livrais. 
Liège, Bulletin delà Société d'art et d'histoire du diocèse 

de Liège, t. VII, 1892. 
Namur. Annales de la Société archéologique de Namur, 

t. XXII, 1" livraison, 1895. 
Leyde (Leiden). Handelingen en Mededeelingen van de 

Maatschappij den Nederlandsche letterkunde te Leiden, 

1893-1894. 
Levensberichten den Afgestorven Medoleden van de 

Maatschappij den Nederlandsche letterkunde, 189k 
Washington (Amérique). Smithsonian report, 1893. 

Abonnements. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 

populaires, 26* année, avril 1895. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. —Partie 

littéraire, 2* série, t. 41» 73* de la colleçtiop, 4' Uvrfiispn, 



— 486 — 

avril. — Partie technique, 2' série, t. 21, 75* de la 

collection, 4' livraison, avril. 
Heoue historique, 20» année, t 58, mai-juin 1895. 
Revue de VArt chrétien, 38*année,5^ série,lb95, t. Vl,2'* liv. 

Correspondance. 

Faire-part de la mort de M. Tabbé Lefebvre, membre 
de la Commission des monuments historiques du dépar- 
tement, correspondant des Antiquaires de la Morinie, dé- 
cédé le 10 avril. 

La revue qui a pour titre : la Correspondance histori- 
que et archéologique, demande Tadhésion do la Société 
et la collaboration de ses membres. Il est décidé que la 
Compagnie ne peut s'abonner à ce recueil. 

Par lettre du !•' mai, M. le Président est invité à aller 
à Boulogne sur-mer apprécier le modèle exposé dans la 
cour du musée, du monument projeté à la mémoire de 
M. Tabbé Haigneré. 

Congrès. 

Fédératioi archéologique et historique de Belgique, 
Congrès de Tournai 1895. Envoi de deux circulaires des 
3 et 15 avril relatives à l'organisation du Congrès, au 
questionnaire et au délégué chargé d'y représenter cha- 
que Compagnie savante. Le représentant officiel des An- 
tiquaires de Saint-Omer sera leur Président, ou, à son 
défaut, le Secrétaire archiviste. 

Le 6'2* Congrès archéologique de France se tiendra le 
5 juin à Clermont-Ferrand. 11 est donné lecture de la 
lettre d'avis et du programme. MM. Decroos et Charles 
Legrand veulent bien y représenter la Compagnie. 

Élection. 

L'ordre du jour appelle 1 élection de M. le comte Edm. 
du Tertre présenté à la séance précédente. Un scrutin est 
ouvert et le candidat ayant obtenu Funanimrité des voix 
des membres présents, M. le Président le proclame mem- 
bre honoraire. Le Secrétaire général lui donnera avis de 
sa nomiaatioq. 



- m - 

Candidature. 
M. Tabbé Bled propose la candidature comme membre 
correspondant de M. Rodière, de Montreuil, membre des 
Antiquaires de Picardie. MM. Sturne et Justin de^ Pas 
appuient la demande et l'élection est, conformément au 
règlement, renvoyée à la séance prochaine, 

Lectures. 
M. le Président lit une note envoyée par M. Roger Ro- 
dière de Montreuil,extraite du tome II (seul existant) d*un 
.manuscrit intitulé « Chronique de S* André 1498-1631 », 
reposant aux archives de l'abbaye de Valloires (Somme). 
Il s'agit de la sédition des Sinoguets à Saint-Omer, sur 
laquelle M. Tabbô Bled a déjà reçu en communication 
divei^s documents. Il se propose en conséquence de con- 
server cette note pour l'utiliser avec les autres rensei- 
gnements qu'il possède ou qu'il espère se procurer. 

M. l'abbé Bled signale ensuite la destruction de divers 
châteaux- forts qui a eu lieu dans ce pays pendant la 
guerre de cent ans, et il lit plusieurs pièces tirées des 
archives communales, entre autros des lettres de 1352, 
par lesquelles le gouverneur de Picardie et des frontières 
de Flandre ordonne la démolition de deux forts que les 
Anglais faisaient construire à Saint-Folquin et à Monoe- 
chebure, dans les possessions du monastère de Saint- 
Bertin. Il complétera ces renseignements et proposera de 
les reproduire dans le Bulletin historique. 

A la fin de la séance, M. Pagart d'Hcrmansart expose 
que, ne pass^mt pas 1 été à Saint-Omer, il lui sera im- 
possible d'assister aux séances de la Société qui se tien- 
nent le soir depuis la décision prise le 26 novembre der- 
nier. Peut-être la Compagnie jugera-t-elle que, afin de 
ne pas surcharger M. le Secrétaire archiviste, il y ^lurait 
lieu de nommer un Secrétiiire général adjoint. 

La séance est levée à 9 h. 1/4. 

Le Sccrétàire*gènéral, 
PAGART D^EIEHMANSART. 



Lettres de réaissioD ponr Jeai d'Esclimeii, écoyer, 
di oeartre de Pierre de Waléieipelk (jaiHet 4382) 

(CommuDÎoatioo de M. le comte de Galametz.) 



Charles, etc. Savoir faisons à lous présenz et ù 
venir à Nous avoir esté exposé par les amis chai^ 
nels de Jehan d'Esclimeu, escuier, comme envi- 
ron le. xvij. jour du mois de juing derrain passé 
ledit escuier feust alez en ladite ville d'Aire en la 
compaignie de Cholet et de Baudet de Lannoy 
frères, onfans de la femme dudit escuier, et de 
Huart du Plouich et eussent beu ensemble en 
ladite ville avecques le chastellain dudit lieu et 
aucuns autres ; et après se feussent mis à chemin 
eulx. ilij. ensemble pour retourner h Witcque où 
ledit escuier demeure et alassent lesdiz escuier 
et Huart devant ensemble braz à braz et lesditz 
frères après eulx leur droit chemin senz ce quilz 
eussent débat à aucun. Neantmoins quand lesdits 
escuier et Huart furent près do la porte de ladite 
ville par laquelle ils dévoient issir oïrent grant 
noise en icelle ville et crioit on que Ion ermast 
tes portes dicelle. Et pour ce ledit escuier cuidant 
que ladite ville fut esmeuo ou en effroy, ignorant 
que lesdiz de Lannoy eussent aucun débat, vint à 
ladite porte et bouta avant les manteaux ' dicelle 

* Manteau, machine qai met à couvert les soldats. 



— 488 — 

dlsans aux gardes dicelles porte quilz se tensis- 
sent sur leurs gardes jusques à temps que on 
sceusit que cestoit et sanscuae doute sourvenolt 
levassent le pont. Et quand il ot un peu avestô 
avecques lesdits portiers Retourna en ladite ville 
pour savoir quelle noise cestoit et trouva en son 
chemin ledit Cholet gesant en la Rue tout mort et 
ledit Baudet apoyé lez une paroy moult durement 
navré en péril de mort. Et fu dit audit escuier que 
ce avolent fait Jehan et Pierre de Walloncapelle 
frères et Tassin de Walloncapelle leur cousin. 
Duquel fait ledit escuier moult courroucié pour 
lamour quil avolt aus dis de Lannoy qui estoient 
enflans de sa femme demourant encontinuelle- 
ment Repairans * en sa maison et qu'il avoit tout 
nourriz en leur jounesse meuz chaudement par 
grant fureur poursuivy incontinent lesdits de 
Walloncapelle, qui avoient fait et perpétré ledit fait 
et qui desià sestoient mis et retraiz en un atre en 
lieu saint en ladite ville, ausquels il escria quils 
avoient mauvaisement tué et occis lesdiz de Lan- 
noz et, ainsy quil vint vers eulx oudit atre tenant 
son espée nuô en sa main, ledit Pierre de Wallon- 
capelle qui ainsi comme on ledisoit avoit tué ledit 
Cholet tourna vers ledit escuier et jecta contre lui 
un ou deux coups d'une rapuière que ledit escuier 
receutsursacalocheouquelconflut(?)leditescuier 
fery et navra ledit Pierre de sadite espée dont 
icelluy Pierre tant de ladit navreure que des na- 
vreures quil avoit eues audit premier débat con- 
tre lesdiz de Lannoy est aie de vie à trespas 

* Repairer, voir souvent quelqu'un, vivre familièrement avec 
lui. 



I 



— 48Ô — 

dedens. vi, jours ou environ après ledit fait. 

Pour lequel fait ledit escuier qui pour ce a esté 
appelle aux droiz de notre très cher et féal cousin 
le conte de Flandre et d'Artoys sest renduz pri- 
sonnier en noz prisons à Monstroeul si comme 
ilz dient en Nous humblement suppliant comme 
ledit escuier est touiours esté de bonne famé et 
Renommée et de honnesleconversacîon sans onc 
mais avoir esté Repris daucun autre villain cas 
Nous lui veuillons impartir notre grâce. 

Pour ce est-il que Nous eue considération aus 
choses dessus dites et que ce que ledit escuier en 
flst fu comme meu chaudement de la mort dudit 
Cholet et de la navreure dudit Baudet enffans de 
sa dicte femme quil aimait moult comme dict est; 

Considéré aussi que paravant ledit fait il navoit 

aucun débat, hayne ou Rancune ausdits de Wal- 
loncapelle ne avoit esté aus parolles ne au mou- 
vement dudit débat quilz avoient euz aus dis de 
Lannoy et que ledit escuier a longuement et loya- 
lement servi nous et nos prédécesseurs en noz 
guerres ' pour le fait des quelles il a perdu grant 
partie de sa chevance * et esté prisonnier de nos 
ennemis, avons audit Jehan d'Esclimeu quitté, 
remis et pardonné et par ces présentes de notre 
auctorité Royale, pleine puissance et grâce espé- 
cial, quittons, Remettons et pardonnons tout ledit 

* On trouve que Jean d*Esclimeu est en 1378 écuyer dans la 
compagnie de Robert d'Hardentbun passée à Ardres le 1" juil- 
let et peu après en Picardie servant sous le seigneur de Sempi. 
-^ Jean d*Ësclimeu possédait les moulins dits Les Moulineaux, 
en dehors de la porte du Molinel de la ville d'Aire. (Titre de 
1412 où il est dit défunt. Archives de Saint-Pierre d*Aire.) 

* Chevance, fortune, biens. 



- 49P - 

fait sil est ainsi avecque toute peine, offense et 
amende corporele, criminele et civile en quoy il 
est ou puet estre encouruz envers Nous et les 
appeaux ^ et bans saucuns sen sont enssuivis et 
le mettons et Restituons à sa bonne famé et Re- 
nommée au païs et à ses biens non confisqués et 
imposons sur ce silence perpétuel ù notre procu- 
reu,r, satisfaction civile faite à partie tant seule- 
ment. 

Si donnons en mandement par ces présentes 
au bailli d'Amiens et h tous nos autres justiciers 
et officiers presens et ù venir et à leurs lieuxle- 
nans et ù chacun deulx, si comme h lui apparte- 
nant, que ledit Jehan d'Esclimeu,escuier,faccntet 
laissent joïr et user de notre présente çrace, quit- 
tance, Remission et pardon pleinement et paisi- 
blement senz le molester et souffrir estre molesté 
en corps ou en biens ores ou pour le temps à 
venir comment que ce soit au contraire, mais se 
ses diz corps ou biens estoient pour ce pris, sai- 
sis ou arrettez si les lui mettent ou facent mettre 
il pleine délivrance. 

Et (pour) que ce soit ferme chose et estable à 
tousiours Nous avons fait mettre notre seel à ces 
présentes sauf en autre chose notre droit et lau- 
truy en toutes. 

Donné u Compiegne au mois de juillet Tan do 
grâce mil ccc iiij" et deux et le second de notre 
Règne. 

(Trésor des Chartes, Arch. nat. JJ. 121 
to 7 vo pièce VII.) 



* Appeaus, ftppels. 



UN TARIF DE FRAIS JUDICIAIRES 

A BÉTHUi>E 

AU COMMENCEMENT DU XVI® SIÈCLE 

(Communicalion de M. le G" A. de Loisno, membre honoraire.) 



De tout temps lés plaideurs se sont plaints des 
lenteurs de la justice et des frais multiples qui 
trop souvent absorbent l'objet du litige. Chacun 
a présent à Tesprit la lable de Thultre et des plai- 
deurs. De nos jours encore la réforme du Code 
de procédure est sans cesse réclamée, et, si l'opi- 
nion publique n'a pas encore obtenu satisfaction 
sur ce point, tôt ou tard cette réforme s'imposera 
h nos assemblées législatives. 

A ce titre il nous a paru intéressant de jeter un 
regard rétrospectif sur ce que coûtait la justice, 
vers 1525, dans une de nos principales villes d'Ar- 
tois. Le tarif que nous publions, en l'accompa- 
gnant de nombreuses notes explicatives, se 
trouve en télé du gros registre aux privilèges de 
la ville de Béthune, coté A A. 5. 11 occupe les quatre 
premiers feuillets de papier de ce registre, et, s'il 
est d'une écriture fort peu commode à lire, si 
quelques mots môme sont indéchiffrables, nous 
y trouvons des renseignements précieux sur ce 



- 492 - 

que coûtait la justice à une époque intéressante 
de notre histoire. On verra que si celle-ci était 
loin d'ôtre gratuite, elle était moins cher qu'au- 
jourd'hui \ et que c'est à juste titre que les Bé- 
thunols tenaient à leur juridiction échevinale 
comme à un de leurs privilèges les plus précieux. 

Sallaires ordinaires et deybs a Messeigneurs les Lieu- 
tenanty procureur du Roy, eschevins» greffier, pre- 
▼ost des clains et sergeans de la ville de Béthune, 
selon qu'il s'enssuit. 

Primes au preooat des clains •• 

Pour chacun adjournement qu'il faiet en 
la ville pour les plais de Tauditoire .... m** 

Pourceuls des faubourgs vi*- 

Pour chacun arrest fait en la ville. . . . xii** 

Pour ceulx faicts es faubourgs ii" 

^ Poar que l'on poisse facilement s*eD rendre compte nous 
avons, poar chaque partie du tarif, converti les honoraires en 
leur valeur relative actuelle. 

* On appelait clain, du latin clamor, Pacte introductif d'ins- 
tance ; c*était notre exploit d'ajournement. Le prévôt des clains 
était une sorte d'huissier qui jouissait de sa charge en vertu 
d'un bail. En 1318 cette charge était affermée par le bailli au 
prix de 35 livres : « De le prévôté des clains de Biéthune 
donné a cliense par Mons. Wautiers a Jaque:non Curemer 
m ans pour xxxv Ib. l'an. » (Cptes de la baillie de Béthune, 
Bib. nat. Ms. fr. 11621.) 

Voiciy en monnaie actuelle, les honoraires du prévôt des 
clains. On a calculé qu'en 1517 le denier valait fr. 0215, 
valeur intrinsèque et environ fr. 09 en valeur relative. Le sou 
valait fr. 2589, soit 1 fr. 035 en valeur relative : 

Ajournement dans la ville Of.27 

id. dans les faubourgs 54 

Arrestation en ville 1 08 

id. dans les faubourgs 2 07 



- 493 — 

Aux sergeans qui feroot . lesdits . arrêts 
pour rabsence dudict prevost, soit en la 
dite ville ou faulxbourgs» outre les saliaires 
dudit prevost xit ^ 

Pour l'exécution que fera le dict prevost 
de touttes sentences v* 

Pour les voyages en desoubs une lletie . v** 

Pour deux lieues , , x " 

Pour demy jour qu'il vasquera oultre les 
dictes deux lieues xvi** 

Pour chacune journée . , . xx!i** 

Pour mener les dits arrestes en prison 
par ordonnance des dits eschevins,comprins 
son assistent, oultre les droits de son arrest. ii '* 

Saliaires des Sergans\ 

Pour chacun adjournement qu'ils feront 
en la ville et banlieut, en vertu de corn- 

Exécution de la sentence ries échevins ..».«. 5 l7 

Pour déplacement en dessous d'une lieue 5 17 

id. de deux lieues * . . * 10 35 

Pour un demi Jour de déplacement en plus . . . • 16 53 

Pour chaque journée de déplacement • 22 70 

Pour conduire les prévenus à la prison ....... 2 07 

^ Les sergents étaient des officiers judiciaires chargés de 
lever les amendes et d'emprisonner les malfaiteurs. Déthune 
avait deux sergents ; leurs explaUs^éMeui valables dans la ville 
et dans un rayon de quatre lieues. Voici le serment qu'ils prê- 
taient : (( Nous comme sergens jures a warder ks droits de Dieu et 
del église, les droits de monseigneur, vefves femmes, orphelins ; les 
Chartres, previlleges tis et coustumes de la ville de Bethune tenir et 
warder sans enfframdre, et faire boines juistes prinses et loiaulx et 
icelles prinses admenes par devant les eschevins et les calengier selon 
les cas raisonnables et icelles traitier par devant les dits eschevins et 
par leur jugement. » (Arch. municip. de héihune^ petit registre 
aux privilèges,) 
Voici, en résumé, les honoraires auxquels les sergents 



- 404- 

mission ini '• vi *• 

Pour chacune exécution sur commission 
et sentence v •• 

Pour chacune exécution sur sentence par 
mandement donné des dits.eschevins en 
dessoubs dix livres et par dessus v** 

Pour chacune sommation, significatioii 
ou information xii '* 

Pour chacun adjournemeat de tesmoings 
comprins cestuy départi pour les voois jutes v ** 

Et s'il y a plusieurs tesmoings demeurans 
en la ville et divers faulxbourgs, de chas- 
cun tesmoing, compris son rescript .... xii '* 

Pour chacune journée qu'ils vasqueront 
estans à deux à faire vendition de biens 
meubles x*- 

Pour chacun voiaige qu'ils feront en de- 
soubs une lieue v •• 

Pour deux lieues x "• 

avaient droit dans l'accom plissement de leurs doubles fonc- 
tions d'huissiers et d'agents de police judiciaire : 
Pour arrestation faite en l'absence du prévôt des 

clains If. 10 

Pour un exploit d'ajournement 4 70 

Citation de témoius 5 17 

Sommation, signification de sentence 1 10 

Exécution de la sentence 5 17 

Par jour de vacation à une vente mobilière .... 10 33 

Pour déplacement de moins d'nne lleae 5 17 

id. dedeuxlienes 10 35 

id. d.'an demi jour 16 55 

id. d'un jour 33 10 

Pour chaque prise de corps ou arrestation .... 517 
Pour conduire les prévenus devant l'écbevinage et 

les reconduire en prison 5 17 

Pour garde d'une saisie mobilière, par jour .... 517 



— 495 — 

Pour demy jour xvi'^ 

Pour chacuaa journée xjtxu** 

Pour mener les prisoDoiers oo halle * ei 

les ramener en prison v*' 

Pour chascune journée que les dite ser- 
geans vasqueront a garder les biens meu- 
bles des fugitifs ou insolvent % a cbascua . v ** 

Pour les Plaids de Vauditoire. 

Au serviteur des dits eschevins * pour son 
sallaire de mander ung bourgeois ou habi'^ 
tant soit de- la ville ou faulxbourgs par de- 
vant les dits eschevins vi '* 

Au greffier pour enregistrer le dit man- 
dement XII "•• 

Aux procureurs du dit auditoire pour 

* C'était à la halle devenue plus tard Thôtel de ville, que les 
échevins tenaient \Q\xts plaids ou leurs audiences. 

* Insolvables. 

' On sait que les échevins avaient la haute et la basse jaétiee 
dans la ville et dans la banlieue de Béthune. Ils connaissaient 
de toute espèce de chin et statuaient sur toutes les actions per* 
sonnellesy mobilières et réelles. Un placard de Gharles-Quint 
de 15tô, porte : a Les échevins de Béthune ont corégion et 
gouvernement, ensemble Tadministratlon de la justice dicetle 
ville et la connaissance et juridiction de tontes actions et ma- 
tières réelles, personnelles, criminelles et civiles, traltables 
devant eux, selon la coucession des privilèges d*icelle ville, 
tant entre leurs bourgeois et leurs manants que autres parties 
litigentes. » Une sentence du 13 Février 1555 du Conseil d'Ar- 
tois, confirmée par lettres du Roi d'Espagne du 3 Mars 1564 
ordonna aux officiers de la Gouvernance de laisser le Magistrat 
de Béthune jouir de ses privilèges, notamment de celui de 
connaître en premier instance, à la conjure du gouverneur 
ou de son lieutenant et du prévôt des clains, des délits crimi- 
nels et actions civiles de tous les bourgeois. (Archives municip. 
de Béthune, Registre aux privilèges, i'- 220, 223, 303 et 305.) 



- 496 - 

chaecunejourQée qu'ils plaideront vi'* 

Aux eschevins pour chascun serinent 
qu'ils recepvrontau dict auditoire par man- 
dement VI *• 

Au dict greffier pour les lettres de conclu- 
sion faicte au dict petit auditoire non excé- 
dent X livres r . . . xn*- 

 luy pour celles dudit mandement aussy xii *' 

A luy pour chascune cause nommé au dit 
auditoire vi** 

A luy pour enregistrer les arrêts et les 
caucions pour avoir main levée de leurs 
corps et assignation de jour xii*' 

A luy pour le registre des causes du dict 
arrest ou empeschement au jour suy vaut . vi '* 

A luy pour chascun extraict qu'il fera 
pour wider les procets et différens. .... xii^* 

A luy pour oyr et mettre par escript les 
deppositions des tesmoings oys en en- 
queste, de chascune personne vi '* 

Aus dits eschevins pour estre présents et 
nommer les dites deppositions de chascune 
personne, aussy vi^' 

Au dit greffier pour oir d'office serment, 
sentence interlocutoire vi^* 

^ D'après ce tarif les frais pour an procès au petit auditoire 
se décomposeraient ainsi en monnaie actuelle : 

Au sergent : ?our son Ass\gnQ,t\on 6f.20 

Au greffier : Pour enregistrement de l'assignation . 1 08 

id. des conclusions . 1 08 

id. des cautions ... 1 08 

id. de chaque cause . 5^ 

id. des causes de la 

prise de corps . 54 
id. d'un extrait ... 1 08 
id. de chaque déposi- 
tion 54 



— 497 — 

ÂU8 dits esche vins pour estre présents . vi '* 

Au dit greffier pour chascune déclaration 
de deppens vi *• 

Âus dits eschevins pour avoir taxé les 
dits despens vi'- 

Au dit greffier pour les lettres de sentence 
et de taxe des despens xii'* 

Aus dits eschevins pour chascun sceau * 
qu'ils apposeront ausd. lettres» a chacun 
VI *% qui font xii** 

Pour les plais de Veschevinage '. 

Au greffier pour chascune présentation . xii ^• 

Pour chascun acte \\\*' 

Déclaration des dépens 60 

Sentence et taxe -des dépens 1 06 

i4fttr «îAewVw ; Réception d'on serment 5i 

id. d'un témoignage 54 

Sentence interlocutoire 54 

Taxe des dépens 54 

Sceau 1 08 

Chaque plaidoirie du j?rocwr«/r seulement 54 

On voit qu'il n'est pas exact de dire, comme l'avance M. le 
chanoine Cornet (Hist. de Béth,, t. II, p. 93), que les échevins 
rendaient la justice gratuitement. Non seulement ils avaient 
droit à des honoraires en matière civile ; mais, en matière 
correctionnelle, ils percevaient, à leur proût, une partie de 
l'amende qu'ils prononçaient, généralement 5 sous. (V. notre 
NoUce sur la loi de coutume de la ville de Bélhune du 2 Mai Î33é. 
— BuUelin, t. IX, p. 66 et suiv.) 

* Il s'agit du petit sceau on scel aux causes décrit par Demay, 
Sceaux df Artois, xx* 1032. 

'Il y a lieu de rappeler qu'il y avait à Béthune trois juri- 
dictions : celle du seigneur, celle des échevins et celle de la 
collégiale ; gouvernance, échevinage, justice temporelle du 
chapitre. L'échevinage et la justice du chapitre ressortissaient 



Pour chascune journée d'enqueste. . . ^ V** 

ÂU8 dits eschevins pour chascune journée 
que [ils jugent] en commun x ** 

Âus dits eschevins pour chascune journée 
de collation aussy on commun x ** 

Au dit greffier pour pareille cause. ... v** 

Au dit greffier pour chascun rolle de 
coppie de procès- verbal xii *• 

Pour aussy chascun rolle des noms et sur^ 
noms des tesmoings oys en enqueste ... xii ^' 

Pour le gros des dites enqueste de chas- 
cun rolle 11* 

A luy pour chascune sentence interlocu- 
toire et deffinitive V*" 

A luy pour chascune journée d'informa- 
tion, interrogation, recollement et confron- 
tations V* 

Au dit greffier pour chacun rolle de cop- 
pie des dits despens de procez faict .... xii '* 

A luy pour la présentation de la cause. . xii *' 

Au dit procureur pour sa conclusion. . . un " 

Au dit greffier pour la sentence v" 

A luy pour .... et perte des procès à 
la ... . par appel v*- 

Au dit sieur lieutenant * pour chascun 
sceau * qu*il apposera aus dites sentences, 

à la goQverDance, et celle-ci, à son tour, en appel, à la gouver- 
nance d'Arras, et en dernier ressort au conseil d'Artois. 

^ Il s'agit du lieutenant du gouverneur, qui, on le sait, rem- 
plaçait celui-ci dans les fonctions judiciaires dont il avait hé- 
rité des anciens baillis. Les échevins jugeaient à sa conjure et 
leurs sentences étaient authentiquées de son sceau en même 
temps que du scel aux causes. Les « lettres d'arrêl » portaient 
seulement ce dernier sceau. 

* O'est le sceau du bailliage de Béthune, décrit par Demay, 
Sç^mix d'Artm, n*' 1363 et 1369. 



tant iDl6rlocutoir68 [que] deffînltives es ma- 
tières criminelles et civilles saulf en ma- 
tière d'arrest . , V 

Aus dits eschevins pour aussy chascun 
sceau 4tt'il apposeront a toutes les lettres 
de sentence et d'arrests v ••' 

Sallaires des Procureurs aux grands plais de Veschem- 

nage. 

Pour chascune conclusion de la venue en 
court et de despens un '* 

* Soit : 

Honoraires du lieutenant : Pour droit de scel . . • . 5 17 
id. du greffier du Roi : Pour chaque jour d'in- 
terrogatoire ... 5 17 
Pour ses conclusions . 4 14 
id. des échemns : Pour chaque vacation d'un 

jour 10 36 

Pour chaque jour de pré- 
sence aux plaids ... 10 35 
Droit de scel» pour chaque 

sceau 5 17 

id. du greffier : Appel de la cause 1 08 

Pour chaque acte de procé- 
dure 1 08 

Pour chaque journée de pré- 
sence à l'enquête ... 517 
Pour chaque journée de pré- 
sence aux plaids. ... 5 17 
Copie du procés-verbal, par 

rôle 1 08 

Grosse de l'enquête. ... 2 70 

Sentence 5 17 

Pour chaque journée d'assis- 
tance à l'interrogatoire. 5 17 
Rôle des dépens 1 20 



— 800 — 

Pour chascune journée de plais ii •• 

Pour chascune journée extraordinaire. . un** 
Pour chascun rolle de mesmoire escript 
en bonnes lettre et ayans les lignes conte- 
nues es ordonnances ni'* 

Pour chascun rolle d*addition aussy* . . m** 

Pour chascun rolle de responses et 

par responses ii ** 

Pour chascun rolle de reproise ii •• 

Pour aussy chascun rolle de S. . . . aussy ii ** 
Pour chascun rolle et feuillet d'inventaire xvui *' 

Pour chascun feullet et coppies des dites 
escriptures^ xii** 

Touchant les Sallaires du dit «' lieutenant, procureur du 
Roy, eachevins et greffier % pour les appellations cm 
droit etprinses de corps. 

Au dit sieur lieutenant pour chascune 

prinses de corps v** 

Aux sergans pour les assister, aussy . . v •• 
Aux dits sergans pour appeler au droit 
les fugitif, pour la première tierchaine . . xii*- 

* Honoraires des procureurs : 

Pour chaque déposition de conclusions 4 14 

Par journée d'assistance aux plaids 2 07 

Par journée d'assistance extraordinaire 4 H 

Pour le mémoire, par rôle 3 10 

Réplique, par rôlo 2 07 

Autres reprises 2 07 

Inventaire, par rôle 1 80 

Pour les autres écritures, par feuillet 1 08 

• Le greffier, préposé à la garde des archives île la ville, 
était chargé de la rédaction des délibérations, sentences ou 
jugements des échovins, dos lettres d'héritage et procurations, 
lie rinscription des noms des bourgeois, des actes relatifs an 
rçnouvellemept de la loij elc. 



- 501 - 

Au dit greffier pour enregistrer le deffault 

requis par le dit procureur xii *** 

Au dit procureur dti roy pour estre présent ii •* 
Aus dits esche vins presens et acÛugé le 

dit deffault en commun iiii** 

Pour ]a seconde tierchaine aux dessus 

dits, pareil salaire vni'* 

Pour la troisième, comme dessus .... viii " 
Pour la premier w^ aux dits sergans. . ii - 

Au dit greffier ii- 

Au dit procureur du roy ini" 

Aus dits eschevins viu" 

Pour la seconde quienzaine aus dits sus- 
dits XVI'- 

Pour la troisième et dernière, pareille 

somme de xvi** 

Aud. procureur pour chascune journée 

de recollement des tesmoins v" 

Aus dits eschevins présens en commun . x " 

Aud. greffier pour rédiger par escript . . v •• 
A luy pour la présentation de la cause. . xii '* 

Aud. procureur pour sa conclusion . . • un *' 

Aud. greffier pour la sentence v ** 

Aud. s' lieutenant pour son scel v " 

Aus dits eschevins, aussy v '** 

' Soit • 

\* Au lieutenant du gouverneur : 

Pour chaque arrestation 5 17 

Pour droit de scel 5 17 

2* Au procureur du roi : 

RéquisitîoD de défaut contre une partie 2 06 

— après trois Jours de non comparution . 8 24* 

— 3-' défaut id. 

Pour non comparution dans la 1" quinzaine. ... 4 12 

— dans la 2- — .... 16 48 

— dans la 3** — .... id- 



^ 502 - 

SeUlaires des Décrets et Distributions ^ 

Au dit greffier .pour les lettres du dit dé- 
cret LX" 

A luy pour les lettres de demeure . . . . v*- 

Pour les lettres de distribution v** 

Aud. s' lieutenant pour chascun sceau. . V* 

Aus dits eschevins aussy v •* 

Aus dits eschevins pour chascune journée 

de distribution x" 

Aud. greffier v- 

Aud. s' lieutenant x" 

Aud. procureur du roy v»* 

Au dit greffier pour les droits de namp- 

tissementde chascune livre de gros. ... xu' 



Recollement des témoins 5 17 

Conclusions 4 14- 

3* Alix échevins : 

Pour défaut adjugé. . . . /• 4 H 

Pour défaut après 3 jours de non comparution . . 8 24 

— après 6 jours 8 24 

Défaut de la 1" quinzaine 8 24 

— de la 2"* quinzaine • 16 48 

— de la a** quinzaine 16 48 

Par journée d'audience 10 35 

4* Alix sergents : 

Pour chaque arrestation 5 17 

Pour citation dans les 3 jours 1 10 

Pour 2* citation après la première quinzaine. ... 2 06 

* On appelait décret une expropriation sur saisie. Le décret 
était suivi d'adjudication et les deniers en provenant étaient 
distribués aux créanciers. Les. lettres do décret étaient rendues 
exécutoires par l'apposition du sceau de la gouvernance. 

* Au lÀeutenant du gouverneur : 

Pour distribution après expropriation lOf.35 

Pour droit de scel 5 17 



- wa - 



Sallaireè des dessaisénes et saisines 



Au dit s' lieutenant pour recevoir la des- 
saisine et bailler la saisine ou rapport d'au- 
cuns heritaiges vendus un ** 

Aus dits eschevins pour recepvoir le con- 
tracta estant à deux, a chascun ii **, est. . . nu ** 

Au procureur pour soy dessaisir en vertu 
de procuration iiii'* 

Au dit s' lieutenant pour son seel .... v " 

Aus dits eschevins, aussy • v "• 

Procureur du Roi : 

Journée passée à la distribution 5 17 

Eckmns : 

Par jourDée passée à colloquer les créanciers dans 

la distribution des deniers 10 35 

Greffier : 

Expédition du décret ou sentence d'expropriation . 61 85 

Lettres de mise en demeure .5 17 

îd. de distribution 5 17 

Par journée d'assistance à la distribution 5 17 

* La saisine est l'investiture donnée par le seigneur d*an hé- 
ritage dont on a fait l'acquisition. La dessaisine est l'opération 
inverse. Par une fiction du droit féodal le vendeur on le dona- 
teur d'un immeuble relevant du seigneur de Héthune devait 
s'en dessaisir entre les mains du lieutenant du gouverneur 
qui représentait le seigneur. Celui-ci à son tour saisissait, c'est- 
à-dire investissait le nouvel acquéreur, ce qui donnait lieu à 
paiement de divers profits. Les héritages situés dans le pou- 
voir de la ville devait être werpis en pleine halle, pardevant les 
échevins. 

* Une sentence arbitrale de M21 avait décidé que le bailli 
(ou son lieutenant) et les échevins scelleraient ensemble les 
dessaisines et les saisines tenues du seigneur et les sentences 
y relatives (d'fléricourt, Hisi. de Béthune, Dict. hist. et arch. 
Béthune, 1. 1, p. 106). 



— 604 — 

Aud. greffier pour les dites lettres * . . • v*- 
Aud. greffier pour le registrer et faire la 
minute m*.' 

Sallaires des Contraet$ passas pctrdeoant eacheoins '. 

Aus dits eschevins pour recepvoir les 
contracts, obligations, attestations et certif- 
fications, estans en halle, a chascun xii ^ est ii •• 

Au dit greffier pour la minute xu^* 

A luy pour le gros des dites procurations v "• 

Aus dits eschevins pour le scel en cas 
qu'ils ne soient bourgeois, parce que bour- 
geois ne doivent aucune chose V** 

Aud. greffier pour les lettres d'attesta- 
tion, certiffication et aultres semblables . . ii •• vi *• 

Pour la minutte xn*' 

Aus dits eschevins pour le scel es dites 

^ Le contrat de vente. 

• Soit : 

Au Ueuienant : 

Poor réception de la dessaisine et ensaisinement. . 4 14 

Pour apposition de son sceau 5 17 

Aux échevins : 

Pour le contrat d'aliénation 4 14 

Pour apposition de lear sceau 5 17 

Au greffier : 

Expédition des lettres de dessaisine 5 17 

— — de saisine 5 17 

Enregistrement et minute 3 10 

' C'est devant les échevins que se passaient les actes de juri- 
diction gracieuse, tels i|ue contrats à titre gratuit et onéreux, 
procurations, actes d'entravestissements, cessions d^ droits, 
ventes de meubles, dimmeubles et de rentes, ouvertures de 
successions, inventaires, actes d'acceptation et de répudiation, 
testaments, fîdéicommis, substitutions, etc, (V. Invent, des Arch. 
municipales de Béthune, FF. 7, 9 et 10.) 



^505 — 

lettres ^ . . . , , ii - vi 

Sallaires es parties formées. 

Pour chascune partie formée, en cas qu'ils 

ne soient bourgeois, xix sols * ; à savoir : 

Au dit s' lieutenant v •• 

Aus dits eschevins en commun vi** 

Au dit procureur du Roy im*- 

Au dit greffier pour le registre un" 

Et estans bourgeois nest deu que au dit 

greffier que xii '• 

Sallaires des Curatelles. 

Pour Tacte de curatelle est deu xnii sols % 
assavoir : 

Aus dits eschevins vi'* 

Au dit procureur du Roy nu'* 

Au dit greffier pour le registre un'* 

Pour les lettres, au dit greffier v 

Aus dits eschevins pour le scel V' 

Pour l'intérinement des lettres pareillement. 

Au procureur du roy pour accorder Tin- 
térinement des lettres en forme d'auctori* 

' Valeur reutive • 
Aux échevms : 

A chacuD 2 sols, soit j)Oor 2 échevinâ. 4 07 

AppositioD du sceau, sauf pour les bourgeois ... 5 17 

Scel des certificats et attestations 2 66 

Au greffier : 

Minute des contrats 1 10 

Grosse d'une procuration 5 17 

Grosse des certificats et attestations 2 66 

Minute. 55 

* 19 fr. 66. 
» 14 fr. 50. 



— 506 ^ 

sation * • v*- 

Âus dits eschevins présens a la dite pré- 
sentation en commun x** 

Aud. greffier pour registrer les accords . v •• 

Pour le gros des dites lettres audit greffier v •• 

Au dit s' lieutenant pour le scel v" 

Aus dits eschevins pour apposer le scel 

de la dite ville v** 

Sallaires du coniract d'entraoeaiissement *. 

Aus dits eschevins pour recepvoir en 
halle ledit contract, estans en nombre de 

sept X*' 

Aud. greffier pour le registre des minutte lui " 

A luy pour les lettres v*' 

Aus dits eschevins pour le scel v** 

Poiw le droict du cepier '. 

Pour la garde d'un prisonnier, par jour . vi ** 

Pour luy fournir paille, bierre, pain et 

^ Il s'agit de l'acte par lequel le curateur donne son autori- 
sation à rincapable. 

• C'est Tacto par lequel deux époux s*enlrevêlisseni, c'est-à- 
diro s'instituent mutuellement pour le cas où ils n'auraient pas 
d'enfants à leur décès. C'est une donation contractuelle. Eu 
égard à l'importance de l'acte, il fallait sept échevios pour le 
recevoir, tandis que deux étaient suffisants pour les contrats 
ordinaires. Ils avaient droit à des honoraires de 10 fr. 35, plus 
5 fr. 15 pour le scel. Le greffier touchait 5 fr. 17 pour la mi- 
nute de Tacte et 4 fr. 12 pour son enregistrement. 

' Le c^r était le gardien de la prison de la ville. C'est lui 
qui nourrissait les prisonniers à forfait, au tarif ci-dessus. Il 
touchait par jour : fr. 54 pour droit de garde et 2 ir. 60 pour 
la nourriture, plus 5 fr. 17 de droit d'écrou. On sait que c'est 
la chartre d'Eudes de Bourgogne et de Jeanne de France du 
27 octobre 1346 qui accorda une prison spéciale aux bourgeois 
de Béthune. Cette prise" fut établie d'abord sous lô beffiroi, en- 



-507 - 

potaîge, par jour ir* vi ^* 

Et pour le droict d'entrée et issue par per- 
mission V' 

Sallaire et taxe des despena. 

Aus dits eschevins et greffier pour chacun 

roUe de despens xii'* 

dont le dit greffier a le tierch et les dits es- 
chevins les deux aultres. 

Pour les lettres de taxe V* 

Pour le scel au dit s' lieutenant v" 

Aus dits eschevins aussy v •• 

Au dit greffier pour le grand aus dits 

eschevins et de chascun rolle excédant . . \\\*' 

Sallaires pour desceller es biens d'un deffunct \ 

A mons' le lieutenant pour mectre sous- 

ceau aux biens délaissez par ung defîunct . v ■• 

Au procureur du roy pour estre présent. V* 

Aux échevins x •• 

Au greffier v" 

Audit s' lieutenant pour les desseeller . . v ••* 

suite rue du Carnier, puis dans la rue des Treilles, à l'entrée 
du marché au poisson. 

Avant roctroi du privilège qui précède, les prévenus et les 
condamnés étaient enfermés à la prison du château. Les profits 
qui en résultaient, au droit de ceppage, appartenaient au sei- 
gneur. Ils étaient affermés pour la somme annuelle de xxvui'*, 
payable en trois termes. (6ib. Nat. Mss. Comptes de la baiilie de 
Béthune, année 1318, f 3.) 

' L'apposition des scellés après décès était faite par le lieu- 
tenant du gouverneur en présence de plusieurs échevins et du 
procureur du Roi; leur levée était faite par le même lieutenant. 

* Archives municipales de Béthune, Registre A A, 5, premiers 
feuillets. 

Nous donnons, comme appendice, le tarif des honoraires 
alloués aux officiers de la gmvemance» Ce tribunal, à la fois de 



— 508 - 



1" instance et d'appel (c'est à loi que ressortissaient en appel 
les sentences des échevins), avait son siège sur la Grand'Place 
de Béthune^ au n* 13. Le tari! ci-dessous est de 1579. A cette 
époque le sou valait environ 1p. 16 en valeur intrinsèque et 
fp. 64 en valeur relative. 

Salaire des officiers de la Gouvernance de Bêthune 

Résohiiions sur le faici des journées demandées par les offiden 
de la Gouvernance de Béihune, 

Au lieutenant, quant il va hors de sa résidence, 

es limites de la gouvernance xxm** 

— et hors des limites xxxn" 

Aux procureur, conseiller et receveur, par jour. xvi'* 
Hommes de fief, par jour : 

dans les limites xvi*- 

en dehors xxin" 

Au substitut du procureur xii" 

hors des termes ... xvi •• 

Aux sergents xii*- 

hors des termes xvi •• 

Leseschevins xn*- 

, Le greffier xii- 

hors des termes xvi •■ 

Au messager à pied par jour . vm** 

îd. achevai xii" 

id. hors des limites xm" 

Prinses en la ville et dont s'ensuivra punition 

criminelle x''* 

— et hors la ville xvi«- 

Ainsi ordonné et résolu au grand bureau de la chambre des 
comptes à Lille le 4 Février xv* soixante dix neuf. 

DE Moriaue. 
(Archives nat'" P. 2(^.) 

baini-Onier, Imp. u. D'uoiiuxr, 



BULLETIN 



DK LA 



SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE LA lORlNlfi 



PROCÈS-YERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 10 juin 1893- 
Ppésident : M. Tabbé BLED. 

A cause des fêtes de la Pentecôte, la réunion a été re- 
mise, conformément au règlement, au deuxième lundi 
du mois. 

La séance s*ouvre à 8 h. 20. En l'absence de M. le Se- 
crétaire général et des autres membres du bureau empê- 
chés, M. le Président donne lecture du procès-verbal de 
la réunion précédente, qui est adopté sans observation. 

Do}i8, hommages, échanges, 
— De la part des auteurs : 

Les Artistes artésiens au Salon de 1895 et à VExposition 
de la Société nationale des Beaux-Arts^ par M. F. de 
Monnecove, membre titulaire de la Société des Anti- 
quaires de la Mor;nie. 

La citadelle de Doullaus sous la Terreur récit dun cjô- 



- BIO — 

tenu, édité par M. Aug. Braquehay avec une inlroduc- 
tiOD par M. Henri Potez. 

— De la part des Sociétés savantes françiiscs : 

Auxcrre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his- 
toriques et naturelles de l'Yonne, 1894, 48* volume, 18* 
do la 3" série. 

Doulogne-sur-mer (Pas-de-Calais). Bulletin de la So- 
ciété <l*agriculture de 4'arroadissement de-Boulogne- 
sur-mer, mars-avril 1895, t. XXXI, n* 2. 

Caen (Calvados). Congrès archéologique de France, LIX* 
session.Séances génémles tenues à Orléans en 1892 par 
la Société française d'archéologie pour la conservation 
et la description des monuments, 1894. 

Ca!iors {Lo\). Bulletin de la Société des études littéraires, 
scientifiques et artistiques du Lot, t. XIX, !•' à 4* fas- 
cicules, 1894. 

ChÂteau-Thierry (Aisne). Annales de la Société histori- 
que et archéologique de Château-Thierry, année 1893. 

Cherbourg (Manche). Mémoires de la Société nationale 
académique de Cherbourg, 1891-95. 

Ctcrmont'Ferrand (Puy-de-Dôme). Bulletin historique et 
scientifique de TAuvergne, 2" série, n"* 3-4, mars-avril 
1895. 

Guéret (Creuse). Mémoires de la Société des sciences 
naturelles et archéologiques de la Creuse, 2* série, 
t. III, G' de la collection, 2' Bulletin 1891. 

Moulins (Allier). Bulletin de la Société d'émulation et 
des beaux-arts du Bourbonnais, 3' livr. octobre 1894. 

^.^7^/e8 (Loire-Inférieure). Bulletin delà Société archéolo- 
gique de Nantes et du départem* de la Loire-Inférieurr, 
t. XXXIII, 1894-, 2* semestre. 

Orléans (Loiret). Bulletin de la Société archéologique et 
historique de l'Orléanais, t. XXV, n* 154, 3' et 4* trimes- 
tres 1894. 

Par/8 (Seine). Bulletin de la Société d'anthropobgie de 
Paris, t. V, 4« série, no vembre- décembre 1894.. 



^ Revue de la Société des études historiques, 4* série, 
t. XIJ, 18^^. 

Poligny (Jura). Bulletin de la Société d'agriculture, scien- 
ces et arts de Poligny, juillet à décembre 1894, janvier 
à juin 18d5. 

Saint'DrietjLC (Côtes-du-Nord). Bulletin do la Société d'é- 
mulation des Côtes-du-Nord, n* 5, 18^* 

— Dri la part des Sociétés savantes étrangères : 

Bruges (Belgique). Annales de la Société d*émulation 
pour Tétude de Thistoire et des antiquités de la Flandre, 
5' série, t. VI, 43* volume de la collection, 1893 ; 5' série, 
t. VII, 41' de la collection, 1894. 

Liège. Bulletin delà Société d*art et d'histoire du diocèse 
de Liège, t. VIII, 1894. 

Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 
philosophical society held at Philadelphia for promo- 
ting useful knowledge, vol. XXXII, may 1893, n' 143 ; 
volume XXXIII, july to december, 1894, n* 140. 

Abonnements. 

Annuaire de la Société française de ?i u m ismahque, mars- 
avril 1895. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 26« année, mai 1895. 

Journal des Savants, mars-avril 1895. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. — Partïe 
littéraire, 2« série, t. 41, 73' de la collection, 5« livraison, 
mai 1895. — Partie technique, 2* série, i. 21, 75« de la 
collection, 5* livraison, mai 1895. 

Romania, recueil trimestriel consacré à Tétude des lan- 
gues et des littératures romanes, n*' 93-94, janvier-av»il 
1895. 

Correspondance. 

V Par lettre du 8 mai 1895, M. le C»* Edmond du Tertre 
remerpie la «Compagnie qui la élu membre honoraire. 
2* La Société des Antiquaires de, Londres accuse récep* 



— 512 - 

tion, en date du 25 mai, des 169* et 170^ livraisons da 
Bulletin hUloriquo. 

3* Avis de M. l'inspecteur des travaux historiques de 
la ville de Paris faisant connaître qu'aux termes d'un ar- 
rêté du 27 mai i8S5^ M. le Préfet de la Seine a concédé à 
la Société des Antiquaires de la Morinie un exemplaire 
de VÉpit&phier du vieux Paris. M. le Secrétaire général 
a adressé à ce sujet à M. le Préfet de la Seine les remer- 
ciements de la Ck>mpagnie. 

Nomination d'un Secrétaire adjoint, 

A la suite des explications données par M. le Secrétaire 
général, desquelles il résulte que des raisons diverses 
Tempèchent de surveiller régulièrement l'expédition des 
affaires courantes de la Société, la Compagnie décide de 
faire l'application de Tarticle 7 du règlement sur la nomi- 
nation d'un Secrétaire adjoint pouvant suppléer le Secré- 
taire général en cas d*empécliement. Les membres con- 
sultés à ce sujet désignent M. Justin de Pas pour remplir 
ces fonctions. 

Élection d'un membre correspondant. 

L'ordre du jour appelle Télection de M. Rodière, pro- 
posé à la dernière séance. Le candidat ayant réuni la 
majorité des suffrages, est proclamé par M. le Président 
membre correspondant. Avis lui sera donné de sa nomi- 
nation. 

Chartes de Saint-Dertin. 

La publication du dernier fascicule du 3<* volume des 
Chartes de Saint-Berlin est achevée. Les exemplaires 
sont entre les mains de M. le Secrétaire archiviste qui les 
distribuera à la prochaine séance. La Compagnie décide 
que le prix de ce fascicule sera fixé à six francs. La re- 
mise de libraire sera de 25 •/. sur co prix. 

Communications* 

M. Fcrnand Donnet, bibliothécaire de TAcadémie royale 
d'archéologie d'Anvers, communique une note relevant, 



— 513 - 

(1 après le S«:sLblnile Prolocolen, sub may et Niesen (vol. II 
r 50, archives communales d'Anvers) une lettre du 23 oc- 
tobre 1585, des bourgmestre et échevins de cette ville, con- 
cernant Pierre Peuplu, natif de Saint-Omer,marchand de 
grains, habitant Anvers. Cette note sera jointe à d'autres 
communiciUions précédemment envoyées par M. Donnet, 
pobr les réunir, s'il y a lieu, en une étude plus complète 
sur les relations commerciales qui ont existé entre Saint- 
Omer et Anvers. 

M. Charles de Pas présente à la Comp.ignie une boite 
en cuivre argenté, de forme sphérique, s ouvrant par le 
milieu, avec couvercle ajouré, posée sur une plaque car- 
rée formant pied. Cette pièce d*orfévrerie,appartenant au 
Musée de Saint-Omer, est de Fépoque Louis X.V, et porte, 
gravées sur le couvercle, des armoiries surmontées d'une 
couronne de marquis. Cet objet, qui parait avoir servi de 
brûle parfums, sera examiné plus attentivement par quel* 
ques membres qui en rechercheront la provenance ainsi 
que la détermination des armoiries. 

M. Tabbé Bled fait passer sous les yeux de ses collègues 
un sceau trouvé à Thérouanne. Ce sceau du xv' siècle, en 
très bon état de conservation, porte des armoiries écar- 
telées aux 1 et 4 de trois croissants posés 2 et 1 qui peu- 
vent être de Coubrônne(D. Le Pez), aux 2 et 3 de deux 
billettes et de deux étoiles posées 2 et 2. 

Légende : Enguerand (T) loncle. Diamèti'o : 28 milli- 
mètres. 

Lecture. 

M. Fabbé Bled donne lecture de notes prises aux Ar- 
chives départementales sur les relations de la ville de 
Cillais et du poète du Belloy, à la suite de sa tragédie : le 
Siège de Calais, représentée on 1765 Ces notes, coordon- 
nées d'une façon intéressante, donnent un aperça de Ten- 
thousiasme causé à Calais par Tapparition de cette tra- 
gédie qui valut à son auteur le titre de citoyen de Calaifi, 



- 514 - 

la romise de ce titre enfermé dans une botte en or et la 
commande de son portrait qui devait orner une des salles 
de réchevJ nage. Mais les retards apportés dans l'exécu- 
tion de ce portrait, la difficulté de trouver un emplace- 
ment assez grand pour le recevoir et les embarras fluan- 
ciers auxquels la ville était alors aux prises semblaient 
avoir refroidi ce premier enthousiasme. Les extraits de 
correspondance cités par Tauteur donnent do curieux dé- 
tails sur les démarches et les difficultés d'exécution qui 
ont ou lieu à ce sujet. 
La séance est levée à 9 h. 40. 



Séance du l" j'xili't I8U5. 

Président : M. Tabbé BLED. 

Secrétaire : M. Justin db Pas. 

La séance s'ouvre à 8 h. 10 par la lecture du procès- 
verbal de la dernière réunion qui est adopté sans obser- 
vation. 

Dons, hommagrfi, échanges. 

^ De la part du Ministère de VlnUructioa publique : 

Comité des travaux historiques et scientipqnes. Liste da 
membres titulaires, honoraires et non résidants du Co- 
mité, des correspondants honoraires et des correspond 
dants du Ministère de Vinstruction publique des so- 
ciétés savantes de Paris et des départements, 1895. 

— De la part des auteurs : 

Les grandes orgues de la cathédrale d* Amiens, leur éta- 
blissoment, leurs vrais fondateurs (s^'condo note), par 
M. P.-J. Darsy, membre titulaire résidant de la Société 
des Antiquaires de la Picardie, 1895. 

Carte des anciens diocèses d'Arras, de Boulogne et de 
Saint-Omer en 1783, avec les divisions actuelles du dio- 
cèse dArras, 1857, par M. A. Lipsin. 

Feudal England, historical studics on the Xith and X// 
th centuries by J. H, Round, l 05, 



- 515 — 

Po/*(fMt7 (photographie) (ie .Vf. le chanoine Haigncré, par 
M. A. Lormior, artiste photographe À Boulogne-sur-mer. 

Notice historique sur lu chapelle du S tînt lUsprit de Si- 
Pol, pip E. Edmont. Saint-Fol, 1895. 

— De la part dos So'ziélés savantes fri»içalses : 

/lmt>^i« (Somme). Builetin de la Société des Antiquaires 
de Picardie, année 1891, n* 4. 

Constantine (Algérie). Recueil des notices et mémoires de 
la Société archéjlogique du dèp' de Consuntine, 8* vol. 
de la 3* série, 29* de la collection, année 1891. 

Grenoble (Isère). Bulletin du TAcadémie Delphinale, 4' sé- 
rie, t. VIII, 1891. 

Po'liers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 
de rOuest, 2' série, tome VIÎ, 1" trimestre 1895. 

— Dti II p irt des Sociétés savantes étranjères : 

/tauci'a (Bjlgique). Bulletin de TAcadèmie d'archéologie 
de Belgique, V série, 2' partie, XXI, 1895. 

Bruxelles (Belgique).'Annales de la Société d'archéologie 
dj Bruxelles, t. IX, 1" livraison, janvier 1895. 

— Annuaire da la Société d'archéologie de Bruxelles, 
t. VI, 1895. 

— Analecta Bollandiana, tomus XIV, fasc. 2, 1895. 

— Bulletins des Commissions royales d art et d'archéolo- 
gie, 3r année, n" 1 à ! 2, 1893 ; 32* année, n • 1 à 12, 1893. 

Gand, Bulletin du Cercle historique et archéologique do 

Gand, n' 3, 1895. 
Nivelle i. Annales de la Société archéologique de Farron- 

dissement de Nivelles, t. V, 4* livraison. 

Abonnements, 

Bibliothèque de lÉcole des Chartes, LVI, r*et2 livrai- 
sons, janvier-avril 1895. 

Bulletin de la Société bibliographique et des public Uions 
populaires, 26* année, juin 1895. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 
littéraire, ?* série, t. 41, 73' de la collection, & livrais. 



-^ 516 - 

juin 18^. — Piirtie technique, 2* çérie, t. 21, "îS^de la 
collection, 6' livraison, juin 1895. 
Revue de VArt chrétien, 5* série, 1895, t. VI, 3' livraison. 

Correspondance, 

Accusés de réception : 

y De M. le Ministre de Tlnstruction publique, de 102 
exemplaires des Chartes de Saint- Bertbi^ tome 111, 3" fas- 
cicule, destinés à être transmis à des sociétés savantes, et 
de 5 oxemplaii*os destinés à la Bibliothèque des Sociétés 
savantes. 

2* De l'Académie d*arc!iôoIogie do Belgique, des 171% 
172* et 173' livraisons du Butlelia historique. 

3* De The American Philosophical Society, des 171* et 
172* livraisons. 

4* De The Society of Antiquaries of London, des 17r et 
172* livraisons. 

— M. Rodière remercie la Société qui Ta élu membre 
correspondant et lui promet sa collaboration active. 

— Circulaire du 10 juin du Ministre de Tlnstruction 
publique annonçant que la 20* session des Sociétés des 
Beaux-Arts des départements s'ouvrira à TÉcole des 
Beaux-Arts le 7 avril 1896 en même temps que la réunion 
des Sociétés savantes. Les mémoires préparés en vue de 
cette session devront lui être adressés à la direction des 
Beaux-Arts avant le l" février 1896, et ne devront pas 
excéder une longueur représentant à Timpression plus de 
vingt pages du format du compte-rendu. 

— M. Vaillant, dé Boulogne-sur-mer, transmet à la 
Société l'ouvrage « Feudal England » offert par l'auteur, 
M. Horace Round, membre correspondant. Ce travail 
contient des documents importants des xi* et xu* siècles, 
parmi lesquels quelques-uns intéressent les environs de 
Saint-Omcr et labbaye de Saint-Bertin. Des remercie- 
ments seront envoyés à M. Round pour son envoi. 

— M. A. Lormier, photographe éditeur à Boulogne- 
sur-mer, fait hommage à )a l^ociét^ d'une grande 



- 517 - 

photographie de M. le chanoine Haigneré. Ce beau por« 
trait, d'une exécution très artistique, est accueilli avec un 
vif plaisir par la Compagnie qui sera heureuse de con- 
server ce souvenir du savant qui a été pendant longtemps 
son collaborateur. Le Secrétaire se charge de remercier 
M. Lormier de son gracieux envoi. 

— Demande de souscription pour l'érection en l'église 
de Flètre (Nord) d'un monument à la mémoire de Jacques 
do Meyere. Ce projet, organisé par le Comité flamand, est 
patronné par un Comité composé des membres les plus 
notables des sociétés savantes de la Flandre. M. l'abbé 
Bled, membre du Comité, en sa qualité de Président delà 
Société des Antiquaires de la Morinie, expose que la Com- 
pagnie ne peut se désintéresser de la personnalité de 
l'historien de la Flandre dont les travaux sont si souvent 
consultés par les travailleurs de ce pays. Il rappelle à ce 
sujet rétude du Père Dusart sur le manuscrit de de 
Meyeie existant à la Bibliothèque de Saint-Omer (Bul- 
lUin t. VIII, livraisons 148 et 149). Les membres, con- 
sultés à ce sujet, estiment qu'il y a lieu de faire flgurer la 
Société des Antiquaires de la Morinie sur la liste d'adhésion 
et votent à cet effet une souscription de cinquante francs. 

Congrès des Scciélés sav2vb*s en 1806. 

M. le Secrétaire donne lecture de la circulaire ministé- 
rielle accompagnant l'envoi du programme du 3i* Con- 
grès des Sociétés savantes qui s'ouvrira à la Sorbonne le 
7 avril 1896. Les manuscrits devront être envoyés avant 
le 15 janvier 1896 au 1" bureau de la Direction du Secré- 
tariat et de la Comptabilité. 

M. le Ministre insiste particulièrement sur l'invitation 
qui a été faite aux Sociétés savantes de participer à la 
rédaction du programme, et il exprime le désir que des 
questions dues à leur initiative soient proposées en plus 
grand nombre aux sessions suivantes. 

Le programme reproduit en grande partie celui de 
Tannée dernière qui a été imprimé in extenso dans le 
Uullciin (170' livraison, pp 361 et suiv.). 



— 518 — 

Dans la Section d'histoire et de philologie, on a sup- 
primé l*ancien 2* rekttif aux anciens livres de raison et de 
compte, question à laquelle la Société a répondu en 1887. 

On a ajouté trois nouvelles questions : 

3* lediqaer les archives particulières renfermant des corres- 
pondaDces on des documents relatifs à Thistoire politique, ad- 
ministrative, diplomatique ou militaire do la France. 

1 1* Indiquer comment les nouvelles politiques et autres de la 
France et de Tétranger se répandaient dans les différentes par- 
ties du royaume, du xv* au xvir siècle. 

13» Rechercher, d'après un ou plusieurs exemples particu- 
liers, comment furent organisées et comment fonctionnèrent 
les assemblées municipales établies conformément à Tédit do 
juin 1787. 

Dans la Section d'archéologie, trois nouvelles questions 
sont posées : 

5* Signaler les documents épigraphiqoes, les monuments 
figurés (statues, bas-reliefs, bronzes, ustensiles, etc.), déplacés 
ou transportés hors de France. Dresser pour chaque loc-alité 
une liste donnant la description des objets, la date de leur 
enlèvement, le nom du musée ou de la collection où ils sont 
actuellement conservés et leur biographie. 

Il existe dans les musées d'Europe, et principalement en 
Angleterre, des monuments trouvés en Gaule. La vallée du 
Rhône, et en particulier les villes de Lyon, Vienne, Nîmes, 
Arles, Marseille, en ont fourni un grand nombre. Il serait Inté- 
ressant de signaler ces monuments d*une façon méthodique. Il 
faudrait indiquer également ceux qui ont disparu et dont la 
trace est perdue ; s'il en existe des dessins ou des photogra- 
phies, il est indispensable de les mettre en lumière en y joi- 
gnant tous les renseignements utiles. Le Comité ne demande 
pas un catalogue complet, mais prie instamment les archéolo- 
gues de faire connaître ce çiu'ils savent à propos de ces monu- 
ments déplacés. La question s'applique également aux anti- 
quités du nord de l'Afrique. 

14* Rechercher les centres de fabrication de la céramique, 
soit punique, soit romaine, dans l'Afrique ancienne. 

17* Signaler, dans chaque arrondissement on chaque ville de 
France, les moniaios gauloises qu'on y recueille dispersées 



- 519 • 

isolément stir lesol, oa que les tràx'aax agricoles oa autres 
mettent au jour. 

Il importe de relever et de décrire non seulement les pièces 
rares ou inédites, mais surtout, dirons-nous, celles qoi sont 
communes, et qu'on connaît par des exemplaires déjà publiés 
uu consoi vés dans les musées et les collections.. C'est en signa- 
lant les pièces qu*on trouve plus abondamment et plus particu- 
lièrement dans telle ou telle région ou localité, qu on parvien- 
dra à fixer et à préciser l'attribution de nombreux groupes de 
monnaies gauloises qu'on hésite adonner à des peuples voisins 
et dont l'oriftine est encore plus ou moins incertaine. Ce relevé, 
fait avec soin dans tous les départements, permettrait de dres- 
ser définitivement la carte numismatique de la Gaule. 

Dans lu Section ded sciences économiques ot sociales, 
on a maintenu les n" 1 à 4 et 6 à 9. Les autres sont rem- 
placés ainsi qu*il suit : 

5* Étudier la portée et les effets de la réforme municipale en 
1761 ; faire connaître, d'après les archives communales, dé- 
partementales, les mesures prises pour assurer le fonctionne- 
ment des règles édictées. 

10* Retracer, au point de vue économique et juridique, l'his- 
toire d'une exploitation minière dans l'ancienne France. 

11* Etudier le commerce des métaux précieux à une époque 
précise ou dans une région déterminée de la France,avant 1789. 

12* Exposer les moyens pratiques appliqués, de 1790 à 1799, 
par les administrations locales, pour parvenir à fixer, dans un 
département, le chiiïre et le mouvement de la population. 

13* De rinfluence que certains impôts peuvent exer-cer sur le 
développement de la population. 

14* Étudier d'une manière générale, ou au moyen d'une 
application, l'assistance par le travail. 

15* Étudier en France les changements los plus considérables 
qui se sont produits dans certaines propriétés rurales : morcel- 
lement ou reconstitution des grands domaines. En rechercher 
les causes et le mode. 

16* De la création d'un répertoire universel bibliographique, 
littéraire, artistique et scientifique, et de la constitution, dans 
ce but, d'une union entre les divers États. 

17* Quelles mesures législatives y a-t-il lieu de recomman- 



— 520 — 

der poor concilier, à l'égard des aliénés dits criminels, la pro- 
tection due à la vie des personnes avec le respect do la liberté 
Individnelle ? Indiquer et apprécier les systèmes admis, en 
cette matière, dans les princi{>aux États étrangers. 

18* Serait-il utile d'apporter dos conditions aux modifica- 
tions et formalités exigées par le mariage ? Quelles devraient 
être ces modifications ? 

19* Des systèmes de concessions coloniales et do la législa- 
tion à leur appliquer. 

20* Oaolles mesures pourrait-on prendre pour favoriser, en 
France, la construction d'habitations à bon marché destinées 
aux ouvriers ? Quels emprunts conviendrait-il de faire à cet 
égard aux législations étrangères ? 

Enfln la Section de géographie historique et descriptive 
a conservé les mêmes questions présentées dans un ordra 
un peu différent. 

Candidature. 

MM. Pagart d'Hermansart, Tabbé Bled et J. de Pas 
présentent la candidature, comme membre honoraire, de 
M. Aug. Braquehay, de Montreuil-sur-mer, membre de 
la Société d*émulation d*Abbeville. Le vote sur cette c;in- 
didature est, conformément au règlement, renvoyé à la 
prochaine séance. 

Rapport au Préfet sur les travaux de la Société. 

L'ordre du jour appelle la lecture du rapport du Secré- 
taire général sur les travaux de la Société depuis le mois 
de juillet 189'k Ce rapport est approuvé par la Compa- 
gnie. Il est ainsi conçu : 

Saint-Omer, le !•' juillet 1805. 
Monsieur le Préfet, 
Depuis mon dernier compte-rendu, la Société des Antiquaires 
do la Morinie a continué rimpression du t. XXfll de ses Mé- 
moires. 

Mémoires. — Un nouveau travail relatif à l'histoire des insti- 
tutions communales y figure, c'est la notice sur les ProcureHrs 



- 5S1 - 

detUkà Sawt'Omer de Î302 à 1190, par M. Pagart d'Her- 
mansart ^ 

Lb9 recherchés sur MemHnc et les pekdwree de fabbiye de fiaint- 
BeHin qui bd aoni attribuées ont trait à deux séries de remar- 
quables peintures qai existaient dansTincienne église de Saint- 
Bertin et qai décoraient on retable et les portes servante cacher 
le trésor. On ignore ce que sont devenues les secondes, mais 
M. Revillion en a retrouvé la description, et la tradition les 
attribuait au célèbre peintre de Bruges. 

M. l'abbé Bled a donné ensuite divers extraits d'un des Re- 
gistres au consul de Vabbaye de Samt-Bertin conservés aux Ar- 
chives départementalos, et les a publiés sous le titre : Contri- 
bution à f histoire du siège de Saint-Omer en /^77. C'est avec rai- 
son qu'il écrit que « rien ne saurait nous être indifférent dans 
» tout ce qui concerne les événements par lesquels la ville de 
D Saint-Omer est retournée à la Franco. » 

Le tome XXIII des Mémoires est donc très avancé, il se ter* 
minera par VÉpigraphie disparue de la vOie de 8aint'0mer,pvib\\èe 
sous la direction de M. l'abbé Bled, qui en a réuni d'ailleurs 
presque tons les éléments. L'impression est commencée, mais 
elle exige beaucoup de soin et ne sera terminée qu'à la fin de 
l'année. 

Buttetin historique. — Les quatre livraisons du BuUetin histo* 
rique, n** 170 à 174, présentent aussi Tintérêt qui s'est ton-* 
Jours attaché à cette publication, annexe des Mémoires. 

Il y a lieu de signaler deux travaux de H. l'abbé Bled : la 
Note sur la traduction d'un poème néerlandais relatif à ta ba* 
taille de Gmnegatte en 161S (livraison 171), et celle sur le Péage 
de Bitume où re trouvent indiqués deux textes manuscrits, 
l'un à la Bibliothèque, l'autre aux Archives de Saint-Omer, 
inconnus jusqu'ici (livraison 172). On doit à M. Marion un récit 
des difficultés survenues en 1781 à propos du changement des 

* Comptes-rendus : Bibliothèque de f École des Chartes, t. LV, 
3* et 4* livraisons, mars-aviil 189i, p. 37. — PolybibUon, partie 
littéraire, juillet 1891, p. 88. — Revue Générale du droit, année 
1895, pp. 470 et 471. 



- 582- 

slalles du clergé daBsTégliso de Saint-Sépulcre (HvraisoD 1^2). 
M. le comte de Loisne a donné un Tarif des frais jwiiciaires 
devant réchevmage de Béthttne vers 1525, document accompagné 
de notes intéressantes, et qui n'est pas sans quelque apalogltt 
avec une ordonnance imprimée rendue en 1546 par Charles- 
Quint pour Fadministration de la justice dans le bailliage 
d'Arras (livraison 174). 

Les sciences auxiliaires de Thistoire ont également occupé la 
Compagnie qui a publié les sceaux de Jacques de Douai et de 
Pierre d'Aire, moines do Tabbaye de Saint-Bertin , aux xiu* et 
XIV* siècles (article de M. Charles de Pas), (livraison 173). 

Les procès- verbaux ne sont pas sans présenter aussi quelque 
intérêt. Tels sont ceux du 29 octobre 189i-, p. 401, où il est de 
nouveau question du précieux volume de la Bible deOutembfrg 
que possède la bibliothèque de la ville de Saint-Omer, à propos 
d'une communication faite au Secrétaire général par M. Léopold 
Delisle ; et ceux des 7 janvier et 6 mai 1895 dans lesquels on 
voit des communications faites par des savants étrangers. 

Chartes de Saint-Bertin. — J'ai eu l'honneur d*exposer dans 
mon précédent rapport l'état de cette publication à la mort de 
M. le chanoine Haigneré et d'expliquer que la Compagnie n'avait 
pas hésité à en décider la continuation. Son Président, M. l'abbé 
Bled, a en effet repris l'œuvre du savant chanoine et a fourni 
le dernier fascicule du tome III, tandis qu'un autre membre, 
M. Justin de Pas, se chargeait des tables qui terminent ce vo- 
lume. C'est avec une vive satisfaction. Monsieur le Préfet, que 
la Société constate qu'elle a pu continuer ce travail et qu'elle 
l'offre au Conseil général ; si votre bienveillance et celle de la 
haute Assemblée départementale continuent à lui être assurées, 
comme elle l'espère, elle pourra certainement achever la publi- 
cation du ce Cartulaire qui ne demandera plus qu'un volume. 
Permettez-moi d'ajouter que le fascicule nouveau est considé- 
rable et contient dix feuilles d'impression de plus que le pré- 
cédent. 

Cartulaire de Saint-Barthélémy de Béthme, — Cet ouvrage de 
M. le comte do Loisne, édité par la Société sans subvention 
spéciale, est aussi en bonne voie. L*Introduction qui contient 



- 523 - 

trois feoUles est imprimée ainsi que sept feuilles du texte, te 
qui représente 80 pages, soit environ la moitié de l'ouvrage. 

Autres travaux. — L'activité de la Compagnie s'est étendue 
au dehors : M. Charles de Pas, conservateur du musée de iit- 
Omer, a écrit dans le Bulletin de numismatique, publié par Ser- 
îure à Paris (2- vol. 1893-1894, p. 190-191), une notice avec 
figure intitulée : Monnaie inédite de Philippe II, roi d'Espagne, 
frappée pour l'Artois, à propos d'une pièce de billon très rare 
achetée par le musée. 

Dans le Bulletin historique et archéologique du Ministère de fins- 
truc^on publique, Î89é, on trouvetrols aiticles : l'un de M. l'abbé 
Bled sur l'ancienne ville de Thérouanne qui, ainsi que jô l'ai 
annoncé dans mon précédent rapport, avait été lu à la Sorbonne 
en 1894 ; et deux autres de M. Pagart d'Hermansart ; précédés 
tous deux d'une appréciation de M. Monod et intitulés : Deux 
lettres de princes français aux échevins de Saint-Omer après la mort 
de Louis X dit le Hutin, pendant la vacance du trône (iS16) ; le 
second : Lettres de Philippe V, roi de France, aux échevins de St» 
Omer pendant la révolte de la noblesse d'Artois contre la comtesse 
Mahaut, W7'I3Î9. 

Congrès divers. •— M. Charles Legrand a représenté la Com- 
pagnie au Congrès de la fédération archéologique et historique de 
Belgique à lions. Il a assisté aussi^ avec M. Decroos, à celui de 
ta Société française d'archéologie, qui s'est tenu à Saintes et à 
La Rochelle. 

Distinctions honorifiques. — Enfin je ne dois pas omettre de 
rappeler que deux des membres de la Compagnie : le Président 
et le Secrétaire général ont été nommés, le 15 décembre, mem- 
bres correspondants du Ministère de l'Instruction publique pour 
les travaux historiques, car M. le Ministre, en accordant ce 
titre recherché à ces deux membres, parait avoir voulu honorer 
la Société tout entière. 

Ces travaux, publiés par la Société elle-même ou par le 
Ministère, cette activité, ces distinctions vous paraîtront peut- 
être, Monsieur le Préfet, justifier l'intérêt que vous avez bien 
voulu porter jusqu'ici à notre Compagnie. Permettez-moi donc 



- 524 - 

de voas prier de vouloir bien proposer à MM. les membws da 
Conseil général de lai accorder de nonveaa dèax sobveotions : 

1* L'ane de 500 francs poar encouragement à ses travaux 
ordinaires. 

2* L'autre de 500 francs pour la continuation des Chartes de 
Sami'Bertin, 

Veuillez, etc. 

Le Secrétaire général, 

PàGART d'HeRMANSABT. 

Communications, 

Un membre signale, dans la Revue de VArt chrétien 
(tome VI, 3* livraison, mai 1895, pp. 187-189) la description 
avec planche d'une chape de Guillaume Fillastre au musée 
de la Halle aux draps à Tournai. II s'agit là d'une œuvre 
d'art remarquable au point de vue de la broderie et du 
souvenir des largesses faites par le célèbre abbé de Saint- 
Bertin à son église de Tournai quand il fut nommé évè- 
que de ce diocèse. 

M. Charles Legrand communique la note bibliogra- 
phique suivante qui est également intéressante pour This- 
toire locale : 

M. le baron Àmaury de la Grange, le patient érudit, a trouvé 
dans des archives encore inexplorées de la ville de Tournai, 
des renseignements inédits sur un nommé Jacques de Saint- 
Omer, sculpteur tournaisien au ïiv« siècle. Dans une étude de 
17 pages qu'il a fait paraître dans les Annales archéologiques de 
ifon^Jla fait connaître quelques-unes des œuvres de cet artiste 
dont le nom, croyons-nous, était jusqu'à ce jour resté ignoré 
dans notre ville dont il portait le nom. 

On le voit figurer en 1332 et 1333 dans la corporation des 
charpentiers de Tournai. En 1326, il avait passé un marché 
avec les marguilliers de la paroisse Sainte-Marguerite de cette 
ville pour la confection d'un retable d'autel. De même, dans un 
contrat passé en 1337, il s'engage à construire le portail de 
l'église Saint-Quentin, portail dont il avait dressé lo plan. Ces 



-885- 

dëox contrats nous montrent Jacques de Saint-Omei^ tout à la 
fois sculpteur et architecte. Mais c'est surtout comme séulpteûr 
qu'il fut connu de son vivant. ' 

Son testament, daté du 14 octobre 1349, nous fait savoir qùll 
avait deux fils. Des difRcultés survenues après sa mort nôlls 
apprennent qu'il exécuta un retable pour la chapelle deà AQ- 
gustins de Tournai ; son atelier était très important ; s'il exé- 
cutait de grand travaux pour les églises, il excellait principa- 
lement dans la façon des stalles. 

•Il nous a paru utile d'indiquer sommairement l'étude de 
M. de la Grange sur un artiste dont le nom d'origine a brillé 
d'un certain éclat au xiv« siècle dans la ville de Tournai. 

M. l'abbé Bled fait part d'une observation qui lui a été 
adressée par M. Anatole de Barthélémy, membre de l'In- 
stitut, à l'occasion d'une empreinte apposée au revers du 
sceau de Thierry d'Alsace appendu à une charte de 1157, 
et reproduite dans la 173* livraison du Bulletin de la Mo- 
rinie. L*éminent érudit, après avoir lui-môme examiné la 
charte et le sceau, s'est assuré qu'il ne faut pas voir là un 
contre-sceau de Thierry d'Alsace, mais une empreinte 
faite, à l'aide d'un cachet chaud, postérieurement au scel 
de la charte. M. de Barthélémy, pour expliquer cette alté* 
ration d'un sceau certainement authentique, se demande 
'8'il faut voir là quelque caprice ou marque d'archiviste. 
Peut-être trouverait-on, pense-t-il, cet écusson dans léS 
armoiries d'une ancienne famille du pays* 

M. Rodière, membre correspondant, envoie la note sui- 
vante extraite de la Chronique d'Ignace Crépin, abbé de 
.Saint-André-au-Bois et continuateur de la chronique de 
cette abbaye commencée par Nicolas Sédé. Ce renseigne- 
ment, encore inédit et intéressant pour l'histoire de Tab- 
baye de Clairmarais, est ainsi conçu : 

(( 1758. Nouvel abbé et pensions exhorbitantes à Glairmaret. 
Dom Barthélémy de Laquette, religieux de Gite^u et prieur de 
Cercamp étoit abbé de Glairmaret depuis 24 à 25 ans : il y avoit 



— 526 — 

été nommé sans élection. Après sa mort, qui arriva cette an- 
née, les religieux soUicitérent vivement et obtinrent élection ; 
Dom Ignace Hémart religieux de cette maison et Fun des trois 
élus, y fut nommé, et en même temps chargé de payer annuel- 
lement à différentes personnes vingt trois mille quatre cens 
livres de pension, c*est un coup foudroyant pour celte maison 
qui n'a qu'environ quarante mille livres de revenu qui prouve 
avoir quinze n^ille livres de cliarges annuelles, trente huit reli- 
gieux vivans et la pluspart des bastimens tombans en ruine. 
Le nouveau nommé alla faire ses représentations et resta plu- 
sieurs mois à Paris inutilement, on ne luy donna que de Tean 
bénite de cour. Il demanda en abandonnans tout le revenu de 
l'abbaye, une pension alimentaire de 500 1. pour chaque reli- 
gieux ce qui luy fut refusé : il fit mine pendant long-temps de 
ne pas vouloir lever son brevet, mais enfin il le leva, mais 
mal à propos, à mon avis et celuy de bien des gens. » 

(ConimuaÛon des Ckrcn, de St- André, t, II. 2 volumes 
appartenant aujourd'hui à M. de Lhomel.) 

Lecture. 

M. Tabbé Bled donne lecture d*un travail de Mgr De- 
haisnes intitulé : Nouvelle étude sur les peintures de Vab- 
baye de Saint-Bertin attribuées à ilfem/tnc.Mgr Dehaisnes 
ne croit pas pouvoir accepter les conclusions émises par 
M. RevîllioQ * contredisant Tattribution qui avait été pré- 
cédemment donnéo au peintre Simon Marmier * des pein*- 
tures du retable de Saint-Bertin. L'examen qu'il a pu Caire 
du manuscrit cité par M. Revillion ne lui semble pas ap- 
porter de preuve convaincante, et il met môme en doute 
rhypothèse du séjour de Memlinc à Saint-Omer et l'exis- 
tence à Tabbaye Saint-Bertin d'aucune peinture due à cet 

* Recherches sur Memlinc et sur les peintures de tabbajfe de St- 
Bertin gm lui sont attribuées, par M. G. Revillion. Mém. de la 
Société des Antiq. de la Morinie, t. XÎIII. 

' Recherches sur le retable de Saint-Bertin et sur Simon Mar* 
mer^ par C. Dehaisnes. Lille 1802. 



^ 527- 

artiste éommo ne s^appuyaat pas sur des doBoées asseî 
sérieuses. 

La Compagnie .écoute avec attention cette lecture très 
documentée. Toutefois elle regrette qu'elle n'apporte au- 
cun élément nouveau dans la question et que la produc^ 
tion de documents plus précis ne puisse éclairer d'une 
façon définitive ce point de l'histoire de Fart à St-Omer. 
Le travail de Mgr Dehaisnes est renvoyé à la Commission 
du Bulletin. 

Après cette lecture, la séance est levée à 9 h. 45» 



Séance du 7 octobre 1895» 

Président : M. l'abbé BLED» 

Secrétaire : M. J. de Pas. 

La séafice s'ouvre à 8 h.. 05 par la lecture du procès* 
verbal de la réunion précédente qui est adopté. 
Dons, hommages, échanges, 

— Du Ministère de VInstruction publique : 

Bulletin historique et philologique du Comité des travaux 
historiques et scientifiques^ année 1894, n** 3 et 4. 

Discours prononcés à la séance générale du Congrès des 
Sociétés savtinles, le samedi 20 avril 1895, par M. Mois- 
san, membre de l'Académie des Sciences^ et M. Poin- 
caré, ministre de l'Instruction publique, des beaux-arts 
et des cultes, 1895. 

Inventaire sommaire des Archives départementales anté" 
riéures à 1790, rédigé par M. Jules Finot, archiviste 
(Nord). Archives civiles, série B, Chambre des comptes 
de une, n- 3390 à 3665, t. VIII, 1895. 

— De la part du Préfet de la Seine : 

Épitaphier du vieu^x Paris, Recueils généraux des ins* 
criptions funéraires des églises, couvents, collèges^hos* 
pices, cimetières et charniers depuis le moyen âge jus» 
qu'à la fin du XV III^ siècle, formés et publiés par Em. 
Raunié» T. I. Saint-André-des-Arts, Saint-fiienolt, n" 1 



1893. 

— De^ktpa^t du'Préfèt ^it Pas îrfoCatefs : 

Conseil ^enémL Rapport du Préfet du Pas-de-Calais et 
procès verbaux des délibérations. Session d'avril 18!^. 

— De. la part de la mairie de Saint-Omer : 
yVtemxpviéseniéswi Conseil iVavr0n<iis$tmeHi de^é-Omer 

par M. Louis Vasseur, adjoint au maire de SMBl«^aMr. 
conwltor d*urran(lî89«HieQt, hx lundi 12 Met IfiSâ. 

— De la part des auteurs : 

Ch. Givelet, H. Judart, L. Demaison, membres de TAca- 
demie de Reims. ^ Catalogue du musée Lapidaire lé- 
mois, établi dans la cfiAP^lo basse de Vnrchevéché^ 1865- 
1805. 

"Le comte du Chaste! de la Howarderie-Neuvireuil. — Un 
Cartulaire de la Howarderie, aelcs scabinaiLX, mémO' 
riaux et documents divers, 1880. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

'Amiens (Somme). Mémoires de la Société des Antiquaires 
de Picardie. Monuments religieux de Varchitecture ro- 
mane et de transition dans la région picarde, par M. C. 
'Enlart,ai'chiviste-paléographe,ancifîn membre de TÉcole 
de Rome. Anciens diocèses d'Amiens et de Boulogne, 
-«95. 

~ Société des Antiquaires de Picardie. Album archéolo- 
gique, 10* fascicule, 1895. 

Vùlfort (territoire de). Bulletin de la Société Belfortaise 
id'émulation, n*14, 1895. 

Boulogncsur-Mer (Pas-de Calais). Bulletin de la Société 
d'agriculture de Tarrondissement de Boulogne,!. XXXI, 
n* 3, mai-juin, n» 4, juillet 1895. 

Cam&raî (Nord). Mémoires de la Société d'émulation de 
Cambrai, t. XLIX, 1891. 

Clermont'Ferrand (Puy-de-Dôme). Bulletin histopjqiie et 
scientifique de l'Auvergne, 2? «érie, n- 5-9y maHbitfl 95. 



- 5» - 

Dav (Landes). Sociéié* do Borda^ 20" amftéOr S^irimp \S0b>~ 
DuMkorque (Nord). Bulletin de la Société dunkorquoiee. 

pour l'eDcouragement des sciences, des lettres et dos 

arts, 1892-93-94, 27* volume. 
Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales do la Soeiétô 

historique et archéologique du Gàtinais, 'i* et 4^ triin. 

189i. 
Le Mans (Sarthe). Bulletin de la Société d^agrieulture, 

sciences et arts de la Sarthe, 2* série, t. XXVII. 
Limoges (Haute- Vienne). Cinquantenaire de la Sociélè 

archéologique et historique du Limousin, t. KLIV^l'iP 

livraison, 1S95. 
Mar.icllln (Bouches-du-Rhùne). Répertoire des travaux de 

la Société de statistique de Marseille, t. XLIIl, 3® 8érie> 

1895. 
Nancij (Meurthe-et-Moselle). Mémoires de rAcadômie de 

Stanislas, 1894, 5* série, t. XII. 
Paris (Seine). Annuaire de la Société franç^iise de numis^ 

matique, mai à août 1895. 

— Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. V, 
décembre 1891; t. VI, fascicules 1 et 2, 1895. 

Saintes (Charente-Inférieure). Revue do Saintonge et 
d'Aunis. Bulletin de la Société des archives historiques, 
15* volume, 4* livraison, juillet 1895. 

Salnt'Bricuc (Côtes-du-Nord). Bulletin de la Société 
d*émulation des Côtes-du-Nord, n* 7, 1895. 

Toulouse (Haute-Garonne). Bulletin de la Société archéo- 
logique du Midi de la France, n* 15. 

Tours (Maine-et-Loire). Mémoires de la S^ociété archéolo- 
gique de Rambouillet, 1890-91-92.93, t. X, t895. 

Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 
d'archéologie et de statistique de la Drôme, 1895, lt4» 
livraison. 

Vcr.sae7/es (Seine-et-Oise). Commission des Antiquités et 
des Arts, 15* volume. 

— Mémoires de la Société des sciences morales, des let- 
treret'des ans de Seinc-et-Oise, t. XVIII, 189*. 



— 530 -- 

— De la part des Sociétée savantes étrangères : 

Anvers (Belgique). Bulletin de l'Académie d'archéologie 
de Belgique, 4* série des annales, 2^' partie, XXII, 18^. 

Bruges. Annales de la Société d'émulation pour Tétude 
de l'histoire et des antiquités de la Flandre, 5* série, 
t. VIII, 45« vol. de la collection, livraison 1, 1895. 

Bruxelles. Annales de la Société d'archéologie de Bruxel- 
les, t. IX, livraison 2, avril 1895. 

— Compte-rendu du 3« congrès scientifiqae international 
des caltholiques, tenu à Bruxelles, du 3 au 8 septembre 
189k 

Gand. Bulletin du Cercle historique et archéologique de 

GiBind, n* 4, 1895. 
Liège. Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse 

de Liège, t. IX, 1'* partie, 1895. 
Tournai. Mémoires de la Société historique et littéraire 

de Tournai, t. XXV, 1895. 
Strasbourg. Bulletin de la Société pour la conservation 

des monuments historiques d'Alsace, 11' année, t. XVII. 

1895. 

Abonnements. 

Bibliothèque de l'École des Chartes, LV, 3» et 4" livrai- 
sons, mai-août 1895. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 
populaires, 26' année, juillet et août 1895. 

Journal des Savants, mai à août 1895. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. —Partie 
littéraire, 2* série, t. 42, 7V de la collection, 1»^, 2« et 3« 
livraisons, juillet à septembre. — Partie technique, 2* 
série, t. 21,75* de la collection, 7*, 8* et 9« livraisons, 
juillet à septembre 1895. 

Revue de V Art chrétien, 38* année, 5« série, 1895, t. VI, 
4*liv. 

Revue historique, 20« année, t. 58, juillet-août ; t. 59, sep- 
tembre-octobre 1895. 

Komanta, recueil historique consacré à l'étude des langues 
et des littératures romanes, t. XXIV. 



— 531 — 

Correspondance. 

Accusés de réception : 

1* de M. le Ministre de Flnstruction publique de 91 
exemplaires des Bulletins destinés à être transmis à ' 
diverses Sociétés savantes et à la bibliothèque des Socié- 
tés savantes. 

2' de The Smithsonian Institution de la dernière li- 
vraison du Dulletin, 

3* de The American Philosophical Society de la 173* li- 
vraison du Dulletin. 

— Le comité d'organisation du XI* congrès internatio- 
nal des Américanistes invite la Société à se faire repré- 
senter par un délégué à ce congrès qui se réunira à 
Mexico du 15 au 20 octobre 1895. A cette invitation est 
annexé le programme de la session. 

— Le Président du comité pour Térection d*un monu- 
ment à Peiresc, à Ai x-en- Provence, sollicite Tadhésion de 
la Société à la souscription qui est ouverte à cet effet. La 
Compagnie regrette que ses ressources ne lui permettent 
pas de prendre part à cette manifestation scientifique et 
littéraire. 

— Invitation du Comité flamand à Tinauguration du 
monument de Jacques de Meyere en l'église de Piètre 
(Nord)y le 11 septembre 1895. M. Tabbé Bled ayant été em- 
pêché au dernier moment de se rendre à cette invitation 
comme il en avait le projet, s*est excusé auprès du Comité 
qui a exprimé ses regrets de ne pas avoir vu la Société 
représentée à cette cérémonie. 

— Par lettre du 2S août, M. le Président de la Société 
des Antiquaires de la Morinie est invité à assister le 
1'' septembre à Tinauguration du monument élevé à 
Boulogne-sur-mer à la mémoire do M. le chanoine Hai- 
gneré. M. Tabbé Bled expose qu'il s*est rendu à cette invi- 
tation et qu*il y a reçu un accueil des plus flatteurs, par 
lequel la Société académique de Boulogne a voulu remer- 
cier la Compagnie de la part qu'elle a prise à l'érection dé 
ce monument. 



- 532 - 

Élection d'un membre honoraire. 

L'ordre du jour appelle Télection de M. Aug* Braque- 
hay, de Mon(reuil'Sur-mer,pré8entéà la dernière séiince. 
Le candidat ayant réuni la majorité des suffrages est pro- 
clamé par M. le Président membre honoraire. Avis lui 
sera donné de sa nomination. 

Candidatures, . 

MM. labbéBled, Sturne et Ch. Legrand présententia 
candidature comme membre correspondant de M. le doc- 
teur Carton, médecin-major au 10* chasseurs à Lillo. 
M; le docteur Carton, origihiiiro de Saint-Olner, s'est 
distingué par des fouilles exécutées sous sa direction en 
Tunisie où il a mis à joui* des curiosités archéologiques 
el épi^raphiques qui ont fait Tobjet à plusieurs reprises 
de communications trè^ remarquées aux congrès des St)- 
ciètés savïmtes de la Sorbotino. 

MM. Tabbé Bled, Decroos et J. de Pas présentent ensuite 
la candidature comme membre correspondant de M. Au- 
guste Descamps, licencié en droit, membre de la Société 
dei géographie dé Lille. 

Les votes sur ces deux candidatures sont, conformé- 
ment nu règlement, renvoyés à la prochaine séance. 

Centenaire de V Institut, 

.M. le Secrétaire général absent soumet à la Société le 
projet de la lettre suivante qu'il se propose d'écrire au 
npm de la Société à l'occasion du prochain centenaire de 
l'institut (23 octobre 1895) : 

A Monsieur Ambroise Thomas, Président de l'Institut. 

Monsieur le Président, 

if. 
La Société des Antiquaires de la Morinie, lomlée à St-Omer 

en 1831, au moment où les sciences historiques prenaient le 

merveilleux essor qui, sous rinfluencc do plusieurs membres 

de l'Institut, se continue encore aujourd'hui, s'honore d'avoir 

compté ou de compter encore parmi ses membres honoraii-es 

où correspondants, des membres des diverses Académies : 



— 5»'— 

MM. Anatole de Barthélémy, Caventoa, Daanoa, Jules 
Desnoyers, Duméril, marquis Fortia d'Urban, Gnérard» Gaizot, 
M'aie, O* de Laborde, de Laboulaye, de la Saussaye, Ch. 
Lenormant,JLiouville, de Ijongperrier, Alfred Maury, Mérimée, 
Mîchelet, Mllne-Edwards, Monmerqué, Naudet, Paulin-Paris, 
Raoul Rochette, C. Robert, Reinaud,C^ de Salvandy, de Saulcy, 
Amédéo et Augustin Thierry, Villemain, A. -J. -H. Vincent, Vibt, 
Natalis de Wailly, Wallon, elc. 

Un doses membres, M. Louis Doschamps de Pas, mort en 
1890, était correspondant de TAcadémie des Inscriptions et 
Relies-Lettres. 

Cette dernière Acadétnie,à laquelle la Société des Antfquaîrcs 
delà Morinie se rattache particulièrement, a accordé à ses 
membres diverses distinctions honorifiques en 1856, lfê8, 1862 
011882. 

-A raison de ces titres, la Société tient à ne pas rester étran- 
gère aux mariifestations que fait naître chez tous les savants 
le centenaire de Tlnstitut, et elle sollicite aussi Thonneur de 
féliciter ce grand corps et de le remercier de tous- les travaux 
accomplis par lui depuis un siècle et qui ont placé b France à 
la tèto des nations dans Tordre intellectuel. 

Permettez-moi donc. Monsieur le Président, de vous prier 
de faire parvenir à Tillustre Compagnie Texprossion do nos sen- 
timents de respectueuse gratitude pour tant de services rendus 
et nos féllcîtatioas pour le glorieux centenaire do sa fonda- 
tion. 

Veuillez, etc. 

Congrès de Tpurnai en 1833. 

Plusieurs mcymibres présents qui se sont rendus au 
dernier congrès de Tournai expriment rintôrèt qu'ils ont 
trouvé à suivre les travaux et les excursions de cette 
session. La Société des Antiquaires do la Morinie y était 
représentée par six de ses membres titulaires. L'un 
d'eux, M. Félix do Monnecovc, a pris une part active et 
remarquée aux discussions, spécialement Sui^ la question 
dés voies romaines. 



— 584 — 

Communications. 

M. du Teil, membre ho no r ai re, signale & la Compagnie 
une description intéressante des Iles flottantes de Saint- 
Orner insérée dans les Documents inédits do l'Histoire de 
France : Lettres de Peiresc, publiées par M. Philippe 
Tamizey de Larroque, t. IV, pp. 205-206. (Lettres de Pci- 
lesc et lettres de Gassendi à Peiresc.) 

Revenant sur une lettre qu*il lui avait écrite de Bruxel- 
les le 21 juillet 1629, Gassendi mande à Peiresc, le 28 août 
suivant, de Paris : 

« ... Vous y aurés veo entre autres choses, qno j'estois ailé 
depuis voir ces Isles flottantes de S' Orner dont vous me faites 
souvenir par vostre lettre et parce que prévenant le défaut que 
vous aurés depuis remarqué eo ma narration trop succincte, 
vous désirés que je vous en fasse une plus particulière relation, 
je vous en vay brièvement dire ce que la mémoire m'en sug- 
gérera. 

» Tout au bas de la ville de S* Orner, il y a une plaine ma* 
rescageose entourée de petites colines et qui va aboutissant on 
forme de vallée vers le nord-ouest de la ville du costé de la 
mer. C'est ce que M. Cbifilet veut estre le Portus [Iccins] inte- 
rior. Cette plaine est entrecoupée d'une inGnité des petits ca- 
naux qui servent commodes bornes à diverses propriétés toutes 
presque cultivées et par lesquels les maistres vont avec petits 
bateaux chacun à la sienne. Or aux endroits où ces canaux 
s'élargissent et font comme des plages de 18, 20, 30, 40 toises 
en quarré ou autre flgure, c'est là où sont ces prétendiies isles. 
Je vous décriray seulement celle en laquelle je coupay un ra- 
meau de saule dont je vous vay envoyer un brin par curiosité. 
Elle est presque en quarré long ayant treize de mes pas de lon- 
gueur et sept de largeur. Son épaisseur ne me paraissoit pas 
de plus de trois pieds dont environ l'un estoit eminent sur la 
surface de l'eau. Elle estoit toute couverte d'une herbe fort 
épaisse dont je fis faucher une partie pour en considérer mieux 
le fonds. Je trouvay que ce fonds n'estoit point terreux comme 
celuy de nos prairies, mais qu'avec fort peu de terre c'estoit un 
tissu continuel de racines des susdites herbes, en façon que 



- 585 — 

ce n*estoit là qo*on corps comprimable et spoDgieax, et qui par 
sa laxeté et légèreté poavoit facilement sarnager. Sa pesantear 
estoit neanmoÎDS telle dans la liberté de l'eau, qae tout ce que 
je pouvois faire c*estoit en pressant mon bateau contre le bord 
ferme de la faire remuer bien lentement avec une perche dont 
je la poussois. Un gros goujard qui m*y avoit conduit, plus 
gaillard que moy, la conduisoit par cy par là plus sensiblement 
en -s'en servant comme d'un bateau. Il y avoit une isle voisine 
presque de même grandeur mais plus ronde. Nous les Hsmes 
premièrement baiser et, après, passant entre deux, nous les 
éloignasmes Tune de Tantre d'environ la longueur de nostre 
batteau. Le fonds de l'eau estoit alors d'environ huit pieds et la 
plage estoit de quelques vingt toises de longueur et de quel- 
ques sept ou huit de largeur. La principale herbe qui y estoit, 
estoit de cette aulgue qui est comme une espèce de glayeul et 
les arbrisaux qui y avoient creu et paroissoient d'avoir esté 
fort tronsonnés n'estoient que des petits saules dont le tronc 
n'estoit pas plus gros que deux fois l'épaisseur de mon poulce. 
J'y coupoi un baston et, en l'ébranchant, mis dans un livre que 
j'avois en la pochette quelques bouts de ramaux l'un des- 
quels estoit celuy que vous trouvères dans cette lettre. Si je 
vous jugeois d'une autre humeur, je ne m'exposerois point en 
moquerie pour une si légère curiosité, mais pour vous j'ay creu 
que. vous sériés encore bien ayse, de considérer ce petit feuil- 
lage, ne fut ce parce qu'il vous arrivera de si loin. Je ne vous 
dis point la satisfaction que j'ay eiie de voir à mon ayse cette 
rareté, les méditations que je faisois quand assis sur l'herbe 
je me voyois emporter comme par un charme avec les arbres 
voysins. Ce m'est assés de vous avoir simplement recité cette 
histoire... » 

La suite de la lettre mérite également d'être citée en 
ce qu'elle relate une visite faite à larchiviste de l'abbaye 
de Saint-Bertin, Guillaume Dewhitte, chroniqueur, au- 
teur de nombreux manuscrits. (V. entr'autres à la biblio- 
thèque de la ville de Saint-Omer les manuscrits 479, 805, 
819.) Le traité Vindicias Childerici régis n'est malheu- 
reusement pas parvenu jusqu'à nous* La mention qui en 



— 51»-. 

609' IHi«e>palKQiiiimidi( esi^loiiMeitiétlt inféraMftilf^ à ce* 

p^nt de vue : 

(c II faut que sur le propos de S* Ortier, et tandîs qu'il m*en 
souvient, je vous die qu'après que M' Wittus, moine de Saînt- 
Bertîn, et le fils decoluy dont est Historia Britannica, m'eut fait 
voir i'egtlse et la bibliothèque de celte fameuse abbaye, il me 
mena dans sa chambre où, me faisant voir diverses pièces de 
son travail, il me montra partîcolîerement Vindicias Childerici 
régis. C'est un traitté où il montre tout par pièces authentiques 
tirées de leurs archives que ce dernier Roy de la première race 
fust véritablement renfermé et porta Thabit dans ce monastère 
là où nos historiens, comme vous sçavés trop mieux, en par- 
lent si inconstamment et avec si peu de certitude. Une autre 
pièce qui nous touche, ou pour le moins nos voisins du Langue- 
doc, est l'histoire d'un S* Bernard ' qui a esté en ce païs là un 
vray miroir de penîtence,mais l'histoire en seroit trop longue. » 

M. Ch. de Pas fkit part d'un«î trouvaille qui vierït d'être 
faite à Wallon-Cappel, d'environ soixante-dix pièces d'ar- 
gent dont deux d'Artois, le reste de la Flandre et du Bra- 
bant, aux effigies des comtes de Flandre Philippe II, Al- 
bert et Isabelle et Philippe IV (xvr et xvii* siècles). Los 
deux pièces d'Artois frappées à Arras sont l/BO* de l'écu 
dàelder de Philippe II et 1 Escalin de Philippe IV. Ce 
sont, du reste, les seules intéressantes de tout le lot. 

M. Félix de Monnecove,membre titulaire, communique 
à la Société la description d'un chauffe-mains faisant par- 
tie de sa collection. Deux photographies de cet objet et les 
empreintes des armoiries sont déposées sur la table et 
examinées avec intérêt par les membres présents. La note 
très complète de M. de Monnecove est ainsi conçue : 

* Il s'agit ici du bienheureux Bernard, dit le Pénitent, ori- 
ginaire du diocèse de Maguelonne, qui Onit ses jours à l'abbaye 
de Saînt-Bertin. (V; les notices hagiographiques, et de Laplané, 
lés Aààés de Scmt-Bertin, tome I, p. 250.) 



— «37 — 

LMotéressante commiuiicatiûD.^ae M. l'abbé Bled a faite à 
la Société des AoUqnt^es deia Motiaie^. dana aa séance da 
4inars 1895, m'engage à rapprocher duchauiïe-mainsen brooae, 
qui aété décrit alors (y. Bulletin, t. IX, p. 452), un objet de 
même nature et de même dimension qne je possède. Il a ûpOS 
de diamètre sur 0*05 de hauteur et il contient encore la bille 
.do fer perforée qui servait à le chauffer. Il ne porto aucune 
inscription, mais les armoiries du propriétaire sont gravées 
dans le médaillon central de chacun do ses hémisphères. II 
appartenait à Thomas le Sergeant, prêtre, chanoine de l'église 
cathédrale de Saint-Omer, et il porte son écussèn tel qu'il Iciiit 
enregistrer, à Saint-Omer, en 1698, écartelé, au premier d'azur 
à trois gerbes de blé d'or posées deux et une; aux deuxième. et 
troisième de gueules à l'aigle à deux tètes, le vol abaissé, d!or; 
au quatrième d'azur à une hache et une palme d'argent pas- 
sées en sautoir, à la Champagne d'argent chargée de trois roses 
de gueules. L'écu, de forme ovale, est entouré de lambrequins 
et soutenu ^ar un buste d'ange de face *. 

1. Note sur le$ ehauffè-niain$. — Le chauffs-maing dont le pr.Mrt ta sênrait 

- p t u d an t la oéMWatiofi de 4a mette, en biTer, pour prévenir reoig^arditsemént 

^4*a doigta, ^ail Ktoiraleneol oae bouledeméial retroée de deux Aémiapbèret 

yUlBaoa ajoor4t. On jr maHait det Imûtet enflap imé et, df Teaa «bande,. tiA 

disque de terre caite chauffé. oa une bille de. métal reogie an fea. On .l'fppe* 

' lait aoui pomme, à cause de sa forme et de son volume, et parfois eseaufaillé 

à nains. PHitieurs de cet ustensiles, en cuivre gravé, doré, damasquiné, ont 

été fabriqués dans let ateliers vénitiens, aux xv* et xvi* siècles, et ne portent 

aucun emblème religieux, ce qui permet de croire qu*on s*en servait en dehors 

de Téglise. 

Let chauffe-maint sont mentionnés dana les invenlaiiet de tout let t«étoip : 
tmthédrales d'Yorok, df Angers, de Lyon, de Sens, de Laon ; église de Sainte- 
Marie-Majeure ; musées du Vatican, de Clunj ; inventaires de Charles Y, de 
OharletYI, dn^uo de berry, du duc de Bourgogne, de Tabbaye do la Cou- 
■ voBBo^ ÂC9 oMteaux de Qaitton, de Yincennet, de Pau ; dans les inventaires 
•après déeèt'det «bbét Le 'Coq, Prévost, h Rouen; dana let catalogues des 
-oolleolions de MM. Antiq, Taylor, Leroux. Pi«ULatandrie, Desmottes, Cham- 
py, Spitzor. 

^On en trouve la fabrication et' Tusage décrits de la manière suivante dans 
MObiNii de Villard d'HoBneeourt, architecte du xiii* tiècle (1). 
«r Et se vot veleit faire. I. eacaufhile de maint rot ferelt auti corne une 

(1) |libU.Aatt mi. fonda fraoçsb, n* 19.033, PL XVI. 



- 638^ 

Lectures. 
Un contrat de vente par le chapitre de Thirouanne en 
1550, communiqué par M. Rodière, membre correspon- 
dant, contient la désignation, parmi les contractaiits, de 
vingt des chanoines de l'église de Tbérouanne. AAisi 
est-il proposé, en raison de Tintérét tout particulier de ce 
renseignement, de publier l'acte m extenso dans le But' 
letin. 

M. le Président lit ensuite un document adressé par 
M. F. de Monnecove : Lettre de rémission pour Jehan 
Maistrel (de Renty) d'une série de vols (août 1416). Cette 
pièce peut être rapprochée de celle publiée récemment 
par M. le comte do Qalametz {Dulletin, t. IX, p. 487). 

M* le C** de Loisne envoie à la Société un Règlement du 
12 mars 1358 délimitant Vautorité respective du prévôt, 
des mayeur et des échevinsdeBéthune. M. de Loisne s'est 
fait une spécialité des études sur les institutions de la 
Ville de Béthune ; aussi son travail, comme les précé- 
dents, constitue une source très sûre et très documen- 
tée pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de cette ville. 

Ces trois articles, dont il vient d'être donné lecture, sont, 
conformément au règlement, renvoyés à la commission 
du Dulletin, 

En terminant, M. Decroos présente à la Société un tra- 
vail inédit de M. l'abbé Collet, curé d'Elnes, intitulé : Le 

^tuce àb keovie de. 11. moitiai oWiaae. Par d«deni le punie de kenvre doit 
ftToir. VI. cierdei de keuTrt. Caionne des oierdee a. U. toreUbne, et ens 
enmiliea, doit eetre one paelete a. U. toretllona. Li toreUlon doivent eetre 
oangiet en tel manière que li paelete al ta demeort adee droite. Car U une 
dei toreillont porte laotre ; et se tos le ftdtes adroit et oom U letre le rot 
devise et U portraitore, tomer le poet qœl part qoe voe voleit, ia li fus ne 
sespandera. ds eagiens est bons a vesqne, hardiement pnett eetre a grant 
messe, car ia tant com il tiegne cest engieng entre ses matas, froides nés ara, 
tant com fus pnist dorer. En œt engieng na plus. » 

P. DB BC. 



presbytère primitif de Lumbres, 1722-1752. M. Decroos 
expose une analyse succincte de cette étude que l'auteur 
a fait suivre d'appendices contenant des documents im- 
portants sur la commune et l'église d'Elnes. Dans cette 
église se trouve un caveau, qui n'a pas encore été signalé» 
renfermant des tombeaux de membres de la famille de 
Fienne, châtelains d'Elnes. D'autres documents sont éga- 
lement relevés. 

La Compagnie pense que le travail de M. l'abbé Collet 
pourrait contribuer utilement à la monographie des com- 
munes du canton de Lumbres, restée très Incomplète 
dans le Dichonnatre archéologique du département.Aum 
pourrait-il en être donné lecture dans une prochaine 
réunion, si l'auteur était dans l'intention de l'offï^ir à la 
Société. 

La séance est levée à 9 h. 45. 

Le Secrétaire-général adjoint, 
J. DE PAS. 



— C40 — 

fiappoii $ur les ouvrages offeit$. 



Neêicê histoHqw syr la chapelle du Saint-E^tit de SàinUPol, par 
E. Edroont. Saint-Pol 1895, un vol. 30 p. in-8*. 

La chapelle da faubourg d'Hesdiu, i'uo des rares sanctuaires 
dédiés au Saint-Esprit dans les provinces du Nord de la France, 
est la seule des quatre cliapelles extra-mnros qui ait été res- 
pectée pendant la Révolution. C'est le plus ancien monument 
religieux de la ville de Saini-Pol, et son histoire a paru à 
M. Edmont digne d*une monographie qu'il à su rendre intéres- 
sante dans toutes ses parties. 

Son origine est attribuée à un seigneur de la Viefville qui la 
fît construire au xvi* siècle, mais H. Edmont croit pouvoir en 
attribuer la fondation aux comtes de Saint-Pol, à une époque 
bieq antérieure. Cette chapelle fpt le but de pèlerinages très 
suivis qui servaient d^ prétextes à de nombreuses réjouissances, 
telles que la plantation de (l'arbre du Saint-Esprit), etc. On pou- 
vait aussi y voir naguère des balles d'argent que les vainqueurs 
dans les {eux de balle, fort en honneur à Saint-Pol, venaient y 
déposer Les renseignements sur l'architecture de cette cha^ 
pelle, les vicissitudes qu'elle eut à traverser sont complétés 
par la liste presque ininterrompue des chapelains depuis Tan- 
née 1661. 



LE CONSEIL MUNICIPAL DE CALAlÔ 

ET LE POÈTE DE BELLOT 

(CominaDication de M. Tabbé 0. Bl^, présidente) 



Les belles fêtes que la ville de. Calais a àet- 
nièrement célébrées à l'occasion de Tinaugui^- 
tion du monument consacré h la glorieuse mé- 
moire d'Eustache de Saint-Pierre et de ses com^ 
pagnons, donneront peut-être quelque regain 
d'intérêt à la publication de certaines pièces qui 
reposent aux Archives départementales*. En tous 
cas, ces documents, la plupart inédits, serviront 
à montrer une fois encore que de tous temps les 
Calaisiens ont été fidèles à la mémoire de leurs 
héroïques concitoyens, et que leur reconnaissance 
s'est déjà autrefois manifestée avec une générosité 
que Ton a pu aldf s taxer d'exagération* 

Nous nous intéressons d'autant plus à tout ce 
qui rappelle cette belle page de l'histoire de la cité 
voisine, que notre ville de Saint-Omer peut reven- 
diquer pour elle une part de la renommée que la 
noble action d'Eus tache et de ses compagnons ont 
valu à la ville de Calais. Il devient de plus en plus 
certain que l'un des six héros de 1347, Jehan 
d'Aire, nommé le second par Froissart, fut un fils 
de Saint-Omer. Déjà, en 1865, M. L. Deschampg de 
Pas a publié un document du temps attestant que 
a Jehan d'Ayre de Calais » était venu mourir à 

' Art'li. dép. G. 101. 



-^ 542 - 

Saint-Omer avant l'année 1354. Nous avons trouvé 
dans 4e9 archiver municipales une autre très 
curieuse pièce, de laquelle il résulte que Jehan 
d'Aire, flls de Guillebert, après avoir été banni 
pour trois ans, fit sa réconciliation en 1317, le 
lundi a]>rè6 la Toussaint, et qu'à cette occasion il 
jura de nouveau sa bourgeoisie, perdue par son 
bannissement. Après avoir contribué ù sauver 
Calais, il serait donc, plus fidèle français qu'Eus- 
tôche, revenu mourir dans la ville dont 11 avait été 
et dont n mourut bourgeois *. 
Ce fut, comme chacun le sait, au commence- 

^ Atmo Ikfnim M CGC XV II die lune ftosi festum ommum Stme- 
iùrum fiât recandUains Johames de. Aria, fUiut GiUeàerti supra 
banmchne tmun annorum occashne dofnine Brigheman sub hac forma 
quodpromisU coram scabms quod ntmquam decelero erit castellanus, 
et iterum juravit burgensiam eadem die. (Xrch. mun. Beg, au renou- 
véUentent de la hy E, de 1313 à 1319, fol. vu.) 

Nous le (ronvûns cependant lieutenant du châtelain de S. Oiner 
'rfatrs un acte de réparation en juin 1318. — Ib'ui, fol. xii. 

'Âa même registre, année 1318, une autre mention do Jean 
d*Aire prou\iB qu'il était de bonne lignée : « Jehan d'Ayre fleos 
ségneur Gillebert acata un Gef et le rechut et après che que 
r^hut l*avoit il recognut le dit fiet a sir Giliebert sén père et a 
ëama Florence se mère, etc. » Ibid. fol. xux v*. 

Jean d'Aiie lut écbevin en 1317. Ibid. îol.ui v*. 

Noos croyons devoir rapprocher de ces textes celui publié 
par M. L. Deschamps de Pas : 

(( Jehan Horel le Jouenne et Symon Foulke ont recongnut avoir 
en et recheu xxx couronnes et ii angeles d*or, qui furent en 
depost soubz le seel S. Willanme Sandre, pour convertir en 
'paiement debtes et du testament Jehan d'Ayre de Calais, et 
^tiiidrefit li dit deniers des biens do dit Jehan d'Ayre... Reco- 
'l^t 01) balle le rni' Jour de march, Tan mil occ lui. » (Areti. 
mun. Reg. au renouv. delà loy commençant en 1343. — Bulletin 
historique de la Morinie, t. III, p. 471.) 



ment de Tannée 1765 que de Balloy fit rei>f6seator 
pour la première fois à Paris sa tragédie du Siègt^ 
de Calais. Quelqu'appréciation que l'on porte sur 
la facture du vers ou sur la contexture du drame, 
il faut convenir que la pièce fut accueillie par toute 
la France avec un véritable enthousiasme. L'esprit 
public applaudissait sans doute à une louable ten- 
tative pour délivrer notre théâtre des Grecs et des 
Romains : on savait moins gré au poète des qua* 
lités littéraires de son œuvre que de l'émotion 
ressentie ù la représentation sur la scène fran- 
çaise de l'un des drames les plus touchants de 
notre histoire nationale. Voltaire écrivit alors à 
l'auteur pour le féliciter. Plus tard il oublia cette 
lettre, et cet homme qui fut le plus affecté des 
sceptiques et le plus jaloux des poètes, mit en 
doute à la fois et le dévouement d'Bustache de 
Saint-Pierre, et le talent de de Belloy. 11 écrivit en 
effet, dans une édition postérieure de son Essai 
sur les mœurs, cette peu aimable et peu patrioti** 
que réflexion : 

€ Des hîstorienB et des poètes se sont efforcés de celé- 
» brer les six bourgeois qui vinrent demander pardon, 
» comme des Codrus qui se dévouaient pour la patrie ; 
i> mais il est faux qu'Edouard demanda ces pauvres gens 
» pour les faire pendre... L'idée de réparer les désastres 
» 4e la France par la grandeur d'âme de six habitants de 
» Calais, et de mettre au théâtre d'assez mauvaises rai- 
w sons en assez mauvais vers en faveur de la loi salique 
9 est d'un énorme ridicule. » 

Nulle ville de France ne fut plus émue que Calais 
de l'apparition de la pièce de de Belloy, et cette 
émotion se comprend aisément. Les Bourgeois 
de Calais avaient d'ailleurs provoqué un véritable 



^ 544 - 

enthousiasme à Paris \ Messieurs de Calais furent 
aussitôt informés de ce succès par deux ctiauds 
patriotes, M. Le Sénéchal, receveur des domaines 
et bois de Picardie, et M. de Laplace, calaisien 
de naissance, écrivain de mérite et rédacteur du 
Mercure de France. A la première assemblée mu- 
nicipale qui suivit cette grande nouvelle, M. Blan- 
quart, procureur du roi, prononça le discours 
suivant : 

a Messieurs, nous avons apris avec la joye la plus vive 
» que le Siège de Calais, que M. Dubelloj' vient de mettre 
» au jour, a été couronné du succès le plus éclatant : cet 
» autheur s'est couvert d'une gloire immortelle, et cette 
» ville a l'avantage de la partager avec luy puisqu'elle luy 
» a fourni dans le sujet de sa pièce un de ces grands 
» exemples d'amour, d'attachement et de fidélité dont 
» tout français doit être animé pour son roy et dont cette 
» ville a donné tant de preuves, non seulement lors du 
» siège formé par Edouard trois, mais encore dans celuy 
» de 1596, où 9G0 des principaux babitans perdirent glo- 
» rieusement la vie ; et aussy lorsque les Espagnols ten- 
» tèrent vainement de la surprendre eu 1657, époques 
» mémorables que nous célébrons chaque année, et qui 
» nous rappellent la valeur de nos pères. 

» A l'imago de ces héros (toujours présente à nos yeux) 
» vase joindre pour jamais celle de l'autheur inimitable 
» qui a su si bien les caractériser. Heureux habitans des 
» murs qui ont vu naître Ëustache, si nous formons des 
» vœux, ce seroit de devoir M. Dubelloy à la môme pa- 
» trie. Privés d*une satisfaction qui combleroit nos désirs, 
» nous pouvons nous la procurer par adoption*. » 

* D*aprés les Mémoires secrets de BacliaumoDt, la première 
représentation des Bourgeois de Calais eut lieu à Paris le 13 fé- 
vrier 17B5. La tragédie fut jouée à la cour cinq jours après. 

• Arch. départ. C. 101» p. 173. 



- 645 - 

En terminant son discours, M. le procureur 
posa ses conclusions que le Conseil municipal ac- 
cepta séance tenante parla délibération qui suit : 

« L'assemblée, pénétrée d'uno juste reconnaissance, a 
» arrestée unanimement qu'il sera adressé à M. Dubelloy 

• une lettre de félicitations à laquelle sera jointe une 
» copie de la présente délibération, et qu'il sera prié de 
» trouver bon qu'il luy soit présenté des lettres de citoien 
» de cette ville, et que son portrait soit placé dans la 
» grande salle de cet hôtel ; qu'à l'effet d'exécuter cette 
» délibération. Monsieur le Sénéchal et Monsieur Delà- 
» place, dont le zèle pour celte ville est si connu, seront 
» aussy priés d'accepter la qualité de députés ei les pro- 
» curations nécessaires pour remplir un objet qui fait le 
» vœu de tous les habitans. 

» Ainsy signé : Duteil, curé-doyen do Calais, Mallet, 

• Duflos, Morel, Pigault père, Brédault, Thîn, Pigaultde 

• rEpino3% Audibert Tainé, Audibert-Dupont, Blanquart 
p des Salines, Hache, Carpenticr, Gaddeblé, Gnindin, le 
» C* de St-Martin, brigadier des armées du roy, St- 
» Martin fils, enseigne aux gardes françaises, Coquart, 
» Maury, Bénard, Antoine Tellier, Maressal do Marsilly, 
» MargoUé, Mouron, Lefrancq et Tellier-Laidez, maire et 
» échevins. » 

Voici la lettre envoyée à M. de Belloy par Mes- 
sieurs de Calais : 

A M. Dubelloy, autheur de la tragédie de Calais, 
du 10 mars 1765; 
C'est avec bien de la satisfaction que nous remplissons 
les vœux de nos concitoiens qui nous chargent de vo*Js 
adresser une copie de la délibération que nous venons de 
faire : nous espérons, Monsieur, que vous acquiesserez à 
nos désirs en nous permettant de vous faire présenter des 
lettres de citoien de cette ville. Qui les a jamais mieux 
mérité T Vous venez d'éterniser sa gloire dans le tableau 



le" pltië rrtij[)t:faiit d'àmoof* et de fidélité pour soi tcjs qni 
Tont toujours caractérisé.Le nom d'Euetache de S. Pierre 
est devenu inséparable du vôtre, on ne peut se rappeler 
son héroïsme sans admirer vos talents. Vous avez acquis 
l'un et l'autre un même droit à Timmortalité, vous êtes 
également chers à cotte ville; elle a vu naître Eustache, 
vous en serez citoien, personne ne fut plus patriote que 
lui, personne ne peignit mieux que vous le vray patrio- 
tisme. 

Privés de la satisfaction de vous posséder dans nos 
murs et devons y payer le tribut de notre reconnoissance, 
permettez au moins, Monsieur, qu'en plaçant votre por- 
trait à côté de ceux de nos illustres bienfaiteurs, nous 
laissions à nos neveux un souvenir éternel du juste atta- 
chement que la ville de Calais vous a voué. 

Nous avons l'honneur, etc. ^ 

Mais tout cela ne se peut pas faire sans argent 
comptant, et la ville n'en peut pas prendre, môme 
dans sa caisse, sans l'agrément de M. l'intendant. 
On décide, sans désemparer, que « Mgr l'inten- 
dant sera supplié de nous autoriser à prendre la 
somme de 1800 livres sur les octrois de cette ville 
pour subvenir ù cette dépense ». 

Suit la lettre envoyée à l'intendant de Picardie, 
M. d'Invau : 

« Monseigneur. La tragédie du Siège de Calais, que 
» M. Dubelloy vient de mettre au théâtre, a inspiré à nos 
» concitoiens les sentiments de la plus vivo reconnois- 
» sance pour cet auteur qui a seu faire briller, de la ma- 
% niére la plus éclatante, le zélé patriotique de nosaieux. 

» Notre propre inclination, jointe à la prière de nos 
» principaux habitans, nous a déterminé à convoquer une 
9 as^mblée où nous avons fait inviter les anciens maire 
9 et échdvins et le conseil ordinaire de la ville, il a été 

' Arch. muii. de Calais, œpie de lettres BB, ii* 55, t* 28, 



— 6iT — 

» iétAéé unaoioiemeQt que nous ailranarîofta é, Ife tàm- 
i^tiAtloi des letU*e$ de fél ici taliOQS a vims prière d^ per- 
» lOeUre qu'il lut soit présenté des leUresiie citoien de 
». côtie ville dans une boete d'or et que son portrait soit 
» placé en cot hôtel. 

» Nous avons Thonneur de vous adresser cy joint une 
» copie de la ditte délibération que nous vous saplioos de 
» vouloir bien nous renvoyer avec votre autorisation. 

» Nous ne doutons pas que, pénétré des motifîs do re- 
» connoissanoe qui nous font agir, vous n*ajez la bonté 
»t de satisfaire nos désirs pour cet objet, qui fait le vœu 
» de tous nos habitans. Aussitôt que notre délibération a 
» été connue en ville, un nombre de nos principaux con- 
» citoiens se sont empressé d*y apposer leur signature. 

» Nous somnies, etc. 

» Les maire et échevins, lieutenant général de police 
» delà ville de Calais, 

Maressal de Marsily. B'^ m ARGOLLé. Mouron. 
Le Francq. Tbllier Laidez. 

Calais, 10 mars 1765. ' 

Copie de la délibération est également envoyée 
ù monseigneur le prince, de Croy et de Solre, lieu- 
tenant général dos armées du roi et ù M. le duc de 
Charost, lieutenant général de Picardie et du Bou- 
lonnais, gouverneur de Calais. MM. Delaplace et 
Le Seneschol furent pKés de vouloir bien se char* 
ger de faire (aire & Paris la « boéte d'or » oraée 
ix l'intérieur des armes de la ville avôo une devise 
convenable *. Une somme de 1200 1. fût voMa k- 
cet effet. 

« Arch. départ. C.lOI.p. 173. 

* La devise proposée par les députés et qui.acceptée du Con- 
seil municipal, fut gravée sur la boîte, était celle-ci : Laurea 
dona tulU, civica nmc recijnl, (Mémoires de PiganU de ^Epinoy, 
IV,p.Ul.) 

D*aprés Pierre Yalentin auteur d'une étude sur le poëte de 



Le secrétaire ou le subdélégué de M. rintendaiit 
à Amiens, en lui envoyant îi Paris la communica- 
tion de Messieurs de Calaîs, raccompagna des 
remarques suivantes, où perce sa sympathie pour 
les auteurs de la requête : 

« 13 mars 1765; Lettre et déltdération des habitans de 
» Calais arrivés hier après-midi, par laquelle il paroit 
» qu'ilz veullent signaler leur reconnoissance pour M. Du 
» Belloi, auteur de la tragédie du Siège de Calais. 
i itr 11 paroit que cette attention de leur part est très bien 
» .placée dans ce moment ci où tout le monde est entou- 
» Bîasmé de cette tragédie. Il semble même que le public 
» s!attendoit à cela, car jl y a déjà deux à trois jours qu'on 
» devisoit à Amiens que la ville de Calais avoit fait un 
» présent à l'auteur^ 

» Je n'ai fait aucun projet d'expédition à ce sujet, parce 
•.qu'au 'cas que M. l'intendant se détermine à approuver 
» la délibération, il n'y aura qu'un simple vu ei approiwé 
» pour èire exécuté suivant la for*me et teneur à mettre 
»,çn bas, et que d'ailleurs M. l'intendant jugera peut être 
» à propos d'écrire lui-même une lettre particulière aux 
» maire et escheyins. » ^ 

En effet, M. l'intendant renvoie de Paris la let- 
tre avec la formule désirée : « Vu et approuvé par 
nous, intendant de Picardie, tait Je 14 mars 1765 )». 
Mais le caustique intendant ajoute en post^crîp-- 
tum dans un billet confidentiel à son secrétaire 
subdélégué : 

« 14 mars. Messieurs de Calais ont oublié qu'ils n'ont 
» rien de commun, avec ceux qui habitoient en cette ville 

fielloy la boîte était aux armes de la ville, ornée de feuilles de 
chêne et de lauriers et portait pour devise : Laiiream tuUt, dvi- 
cam redpU. 
* Arch. départ. C. 101. p. 161. 



- 649 - 

» sous Philippe dô Valois, c|ué d'habiter le même lieu, car 
» ils a'en descendent point. Tous les habitans d'alors 
» furent expulsés après la prise de la ville, à l'exception 
» d'un prestre et de deux anciens habitans, et elle fut 
» repeuplée en entier d'Ânglois. Ainsi ils ne peuvent pas 
» dire nos pères, en parlant des habitans avant la prise. 
» Au surplus, tant mieux s*ils se persuadent en descendre 
» et si ils ont les mesmes sentiments, il me reste à savoir 
» ce que c'est que des .... de citoien de Calais, et je 
» serai fort aise que cette aventure ci me l'apprenne. J*ai 
» visé et approuvé la délibération parce que je serois 
» lapidé si je voulois parler raison avec quelqu'autre que 
» vous sur cet événement \ » 

Il y Q assurément plus d'esprit que d'exactitude 
historique dans la piquante réflexion de M. Tln- 
tendant.Le roi d'Angleterre expulsa bien de Calais 
tous les bourgeois *, « sauf un prestre et deux 
autres anciens hommes, bons coustumiers des 
loix et des ordonnances de Calais, et fut pour, 
enseigner les héritages ». Mais il fit le possible, 
quelques années plus tard, pour les y faire ren- 
trer : et, de fait, bon nombre y retournèrent. 
Quand, deux cent dix ans après, en 1558, le duc 
de Guise rendit Calais à la France, tout ce qui 
avait le cœur anglais quitta la ville et y fut rem- 
placé, à ce que la tradition rapporte, par les dé- 
possédés deThérouanne qui n'avaient pas encore 
de séjour définitif. C'était encore un reste de 
population bien française. Et, après tout, la vail- 
lante résistance des habitants de Calais, lors du 
siège de 1596, que rappelle ù propos le procureur 

' Arch. départ. C. 101. p. 161. 

* « La greigneur partie se (ira à S. Omçr. » Froissart, L. I, 

c, m. 



du roi, prouve bien qa'il n'y avait plus rten d'an- 
glais dans ces coeurs. Sinon le sang pour tous,du 
moins la communauté des sentiments,permettait 
aux Calaisiens de 1766, quoi qu'en ait pensé 
M. d'Invau, de dire nos pères, en songeant aux 
héros malheureux de 1347. 

M. de Belloy répondit, le 22 mars, aux flatteuses 
propositions des magistrats de Calais. Sa lettre 
est une véritable effusion de reconnaissance. 
Nous n'en citerons que le début : 

« Messieurs, après les grâces que le souverain a daigné 
répandre sur moi, celle que vous voulez bien m'acoorder 
est la plus chère à mon cœur. Se voir adopté par une 
ville, dont le nom seul est un titre de gloire pour ses 
citoiens, être compté parmi les successeurs d'Bustacho 
de S. Pierre, c'est un honneur dont on aime à s'applau- 
dir, un bonheur si pur, qu'une àme modeste ne peut le 
goûter en paix. Je bénirai longtemps le jour où je conçus 
la première idée d'exposer aux yeux de la France un 
tableau de la magnanimité de vos ancêtres \ » 

Le poète envoyait en même temps ses « noms 
et surnoms » d'après son extrait baptistaire : 
« Pierre Laurent Buirette de Belloy. » 

Pigault de l'Eplnoy écrit en ses Mémoires à la 
date du 16 mai de cette année : 

« Arrivée en cette ville des comédiens du roy à lasuitte 
de la cour, qui ont représenté, avec le plus grand succès 
et le plus vaste concours de citoiens et d'étrangers, la tra- 
gédie le Siège de Calais : les places furent doublées à ces 
représentations dont une Ait gratuitement donnée au 
peuple^. » 

^ Cette lettre a été publiée in extenso dans les (Euvres complètes 
de de Belloy et dans le Journal de Calais du 6 septembre 1826. 

* Mémoires de PigauU de VEspinoy, t. IV, ms. Hibliolhéqne de 
la ville de Calais. 



-6IH - 

Lq municipalité ne voulut pas être en retard de' 
générosité avec M. Beaugrand, directeur de la- 
troupe, et demanda ix M. dTnvau l'autorisation 
de faire aux comédiens une gratification de 600 
livres. 

a Noii^ pensons que celui par les soins duquel une 
» aussi belle leçon d'amour et de fidélité pour nos souvo- 
» rains a été gratuitement retracé aux yeux de notre 
» peuple doit ressentir les effets de notre gratitude. Nous 
t sçavons que Tétat actuel des fonds publics ne permet 
» pas de dépenses extraordinaires : mais il est des évéoe- 
» ments qui exigent des efforts ^ » 

M. rintendant, qui vivait loin de ce chaud cou- 
rant de chauvinisme, trouva sans doute la de- 
mande, pour un pareil objet, assez inopportune 
dans rétat où étaient alors les finances de la ville. 
Il ne fit aucune réponse, et il ne paraît pas que le 
Conseil municipal ait autrement insisté. 

La demande pour gratification aux comédiens 
Qst accompagnée d'une note du secrétaire,avisant 
rintendant que, depuis l'autorisation du présent 
à l'auteur, « les circonstances sont changées pour 
ce qui concerne les acteurs. Je ne sais si M" de 
Calais avoient connoissance de l'édit lorsqu'ils 
ont écrit cette lettre, qui est du 27.S'ils en avoient 
connoissance, je ne vois pas pourquoi ils l'ont 
écrite. » Puisqu'une nouvelle administration va 
être établie chez eux comme partout, il semble 
que, « à cause du projet de leurs canaux, il seroit 
important de ne pas leur mettre si expressément 
la bride sur le col. Il est assez difïicile d'imaginer 
Vin biais pour leur répondre sur cela sans leur 

' Arch. moD. de Calais, BB, 55, f. 38. 



- 562 — 

rién dire. » M. le secrôlaire n'est pas d'avis d'au- 
toriser. 

Cependant l'artiste, chargé de l'exécution do la 
boîte en or, n'avançait pas son travail' au gré de 
l'impatience de Messieurs de Calais. Ils voyaient 
arriver avec inquiétude le terme de leur mandai, 
et ils ne pouvaient se résoudre à laisser h une 
nouvelle municipalité la glorieuse satisfaction de 
délivrer au poète illustre le titre de citoyen de 
Calais qu'eux-mêmes ils lui avaient décerné. Les 
lettres authentiques de citoyen de Calais furent 
rédigées, en bonne et due forme, le 3 juin 1765. 
MM. Tellier-Laidez, Le Francq, Mouron, Margollô 
et Maressal de Marsilly eurent l'honneur de les 
signer. Dans un long préambule. Messieurs de 
Calais expriment, sur un ton lyrique, leur fidélité 
au roi et leur reconnaissance au poète du Siège 
de Calais ; puis, rappelant les décisions des as- 
semblées précédentes, ils concluent : 

(( Désirant consommer une adoption si juste- 
ment méritée, ouye les conclusions du procureur 
du roy et, conformément h icelle, nous avons 
agrégé etaggrégeons, par ces présentes, M. Pierre 
Laurent Buirette de Belloy, né à S^ Flour, en 
Auvergne, le six janvier 1729, aux citoiens de 
cette ville, avec prière d'en prendre la qualité 
dans ses titres. » 

Mais la « boôte d'or » n'est pas faite encore. 
« La négligence de l'ouvrier ayant occasionné un 
retard qui n'est déjà que trop long », Messieurs 
ne peuvent attendre plus longtemps. MM. Dela- 
place et Le Seneschal présenteront quand même 
à M. de Belloy les lettres dans la boîte inachevée ; 
au moins, la remise officielle aura eu lieu, et la 



- 563 - 

boîte reprise à M. de Belloy lui sera ensuite ren- 
due dès que l'ouvrier Taura achevée. 

Les Mémoires de Pigault de TEpinoy nous ont 
conservé la réponse de de Belloy. Nous croyons 
devoir la reproduire ici : 

Paris, 27 juin 1765. 
Messieurs. J'ay reçu hier mes vrais titres d'iionneur, 
mes lettres de citoien de Calais : Messieurs Le Sénéchal 
et de La Place m'ont remis ce gage si précieux de votre 
adoption. Agréez que je vous renouvelle mes actions de 
grâces d*une faveur si précieuse : il s'agit maintenant de 
iustifier Thonneur que vous m'avez fait. Mon nom inscrit 
parmi les vôtres se trouve, dès lors, dans les registres de 
la vertu. Puisse-t-il devenir digne d'occupper cette phice 
respectable! Au défaut de tous les droits qui me man- 
quent, vous compterez, du moins, mon zèle et mon atta- 
chement sans bornes pour ma nouvelle Patrie. C*est par 
là que je tâcherai de me distinguer et de vous prouver la 
respectueuse reconnolssance avec laquelle, etc. 

De Belloy, citoyen de Calais*. 

Ce fut une nouvelle municipalité qui envoya à 
M. de Belloy, le 3 août, la « boôte d'or », enfin 
terminée, en assurant le poète que la reconnais- 
sance des Calaisiens sera aussi étendue que sa 
gloire sera immortelle. 

Restait la peinture. Elle ne fut pas, comme on 
le verra, d'un envoi ni d'un placement aussi facile 
que la « boôte d'or ». A la môme date, le Conseil 
municipal recommande aux députés de Calais, à 
Paris, « le tableau, qui retracera, disent-ils, à la 
postérité la plus reculée, et la gloire de M. de Bel- 
loy et l'héroïsme de nos illustres ayeux.C'esl pour 
rendre ce tableau plus frappant que nous joignons 

^ Mémoires de PigattU de ^Epmoy, t. IV, p. 146. 



icy la vue de notre port, telle que Je prescrit la 
lettre de M. le Sénéchal. » 

C'est chose agréable de se laisser aller à son 
enthousiasme; l'heure vient où il faut solder la 
dépense dans lesquelles il a entraîné. Il advint au 
crédit alloué ce qui arrive à tout budget munici- 
pal : il y eut de l'imprévu. C'est M. Le Seneschal, 
qui avertit ses commettants du quart d'heure de 
Rabelais, qui vient toujours trop vile : 

a Messieurs, quoique je n'aye point eu l'honneur de 
» recevoir de vos nouvelles depuis plus de deux mois et 
» que vous n'ayez point fait de réponse à ma dernière 
» lettre, j'ay toujours pris la liberté d*aller en avant au 
» sujet de la bordure du tableau que votre générosité 
» consacre à la gloire de M. du Belloy. Je viens de voir 
» laditte lK)rdure chez le sculpteur : elle me parolt bien 
» faite. Je vais la faire transporter chez le doreur, qui est 
» sans contredit le meilleur de Paris, et qui me demande 
» six semaines pour le bien finir. Ainsy, Messieurs, je 
» pense que le tout ne pourra guère être en état de vous 
» être envoyé qu'à la fin du mois prochain. J'ay vu le 
» peintre il y a quelques jours : son tableau est tout à 
» fait fini, et n'attend plus que la bordure qu1l désirerdit 
» très fort de voir finir. Nous avons raisonné ensemble de 
» la manière de le faire transporter, il n'y en a que deux : 
» la première par voitures, que vous m'indiqueriés, et 
9 alors il faudroit dénnonter la bordure en quatre parties 
» et rouler la toilo du tableau, ce qui aurait plusieurs 
» inconvénients. Le premier seroit d'avoir quelqu'un à 
» Calais de très intelligent pour bien assembler la bor- 
» dure sans endommager la dorure et sculpture. Le se- 
» cond, qu'il faudrait envoyer le tableau sans être verni, 
» par ce qu'il s'écailleroit en se roulant, et qu'alors il fau- 
» droit qu'il fut verni à Calais, ce qui ne seroit peut être 
» pas aussi bien que le peintre qui le fera luy même. 
» I^ seconde manière de l'envoyer, et sûrement la plus 



• Bùre, wroit pat eau, parceqa'alors on Am>fi fkbe mie 
» calme de la grandeur du tableau, leqoel eeroit piaoè 

• âeum 8on cadre tout verni et en état d*ètre placé à l'ine- 

• tant dam votre hôtel. Cette voye ne seroit peut ôtre 
» tnème pae plue coûteuse. Car il faudra toujours Aui»e 
» une cai.sse de transport de façon ou d'autre, elle sera 
» seulement plus gninde en l'envoyant par eau. Il s'agi- 
» roit donc, messieurs, au cas que vous adoptiés cette 
» dernière manière de vous Taire passer ce tableau, de 
» trouver une occasion pour vous le faire parvenir du 
» Havre à Calais, ce que, je crois, ne vous sera pas difB- 
» ci le. Je me charge de le faire conduire de Paris au 
» Havre. Alors vous m'indiqueriôe à quelles personnes il 
» (endroit Tadresser au Havre. J'ay eu Thooneur, dans 
» une lettre du \\ août, de vous rendre compte de Tem- 
» ploy que je comptois faire des 1800 1. que vous comptiés 
» dépenser dans cette occasion, de même que de 6001. 
» que M** Chauvelin m'adonne. J'attends votre réponse à 
» ce sujet. 11 y a déjà cinquante-cinq louis pour la boette, 
» quarante pour le tableau et, je crois, dix-huit pour la 
» bordure, ce qui fait 113 louis. Vous me trouverez peut 
» être mauvais économe, mais j'ay pourtant fait pour le 
» mieux. J'ay toujours engagé le plus que j'ay pu les ou- 
» vriers à travailler pour la gloire, mais le profit ne s'ou- 
» blie pas tout à fait. » 

Signé : Le Senbschal. 
A Paris, le 12 octobre 1765 \ 

Il fallut de nouveau recourir à M. Tintendant et 
lui rappeler, avec pièces à l'appui, qu'il avait lui- 
môme ordonnancé pour Messieurs de Calais une 
somme de 1800 1. 

« La lettre de M. Le Seneschal (du 10 octobre •) prouve 
Kemploy fait de 1320 1. pour la boette et les 480 1. restant 

• Arch. dép. C. 101. 

* Nons n'avons pas eu cette lettre. 



— 556 — 

' ne suffisant pas pour.ce que la ville doit dans les 58 louis 
' que coûtera le tableau et le cadre, et sur lesquels Ma- 
dame la Présidente Chauvelin * a fourni 25 louis, nous 
vous supplions, Monseigneur, de nous accorder votre or- 
• donnante de la somme de 500 1. nécessaire pour terminer 
.cet objet et acquitter les frais de caisse, de transport, 
etc. • f 

M. rintendant consentit à autoriser les dô- 
. penses, mais il ne semble pas qu'il Tait lait de 
bien bon gré. 

Enfin, le fameux tableau arriva dans les pre- 
miers jours de mars 1766. Mais il ne lut pas lacile 
de lui trouver une place. Messieurs de Calais 
avaient inlormé l'artiste peintre de celle dont 
ils pouvaient disposer pour le tableau : « 9 pieds 
4 pouces de hauteur sur 8 pieds 4 pouces de lar- 
geur ». Celte place était « la devanture de la che- 
minée de la grand'salle de nôtre hôtel de ville : 
elle lait face à la porte d'entrée. » 

Mais la place ainsi indiquée était occupée par 
un assez grand tableau représentant le Christ sur 
la Croix. M., le comte de Saint-Martin,successeur 
de M. Maressal de Marsilly à la mairie de Calais 
n*est pas d'avis d'ôter de là le Christ pour mettre 
en sa place le portrait de M. de Belloy. Il est aussi 
lort empoché pour mettre ailleurs lei nouveau ta- 

* Marie-Renée de Jacomel, née à Calais le 31 août 1708, 
épousa le 25 mars 1729 Louis Chauvelin, qui fut président à 
mortier au parlement de Paris. Veuve dépuis 175^1-, elle mourut 
à Paris en 1772. Elle avait applaudi au projet de ses compa- 
triotes et, dans un dîner qu*elle avait donné aux députés de 
Calais, elle avait porté la santé de sa ville natale. Messieurs de 
Calais lui écrivirent pour l'en remercier. 

• Arch. de Calais, BB, 58, f. 49. 



- 557 — 

bleau. Il écrit son embarras à M. rintendant et 
lui demande son avis. 

Calais, 18 mars 1766. 

L'enthousiasme, Monsieur, de la précédente adminis- 
tration cause à la nouvelle des discussions sur l'empla- 
cement du tableau de M. Dubelloy. Les premiers avoient 
décidé de le placer sur le devant de la cheminée.Ils avoient 
envoyé les dimensions à Paris, ils n'ont pas réfléchy qu'il 
falloit ôter un tableau assez grand portatif d'un Christ 
qui est la véritable place. J'ay dit que je mi oposerois 
autant que je le pourrois, d'autant que celui du roy est 
sur un côté ainsi que les bienfaiteurs gouverneurs de la 
ville ; qu'il ne conviendroit pas que M. Dubelloy eu la 
place la plus honorable. On se propose de mettre celui du 
roy sur la cheminée avec un petit Christ portatif, et 
mettre celui de M. Dubelloy en celle du roy. Ce que je 
n'aprouve pas encore, comme aussi d'ôter une belle carte 
du pays de la grandeur de la moitié de la salle. Les avis 
sont partagés. J'ay proposé de prendre ceux des notables. 
Quelques officiers municipaux si oposent disant que cela 
ne les regarde point. Je penserais. Monsieur, que si vous 
veniez à Calais ce printemps, qu'il faudroit votre avis, ou 
celui de M. le prince de Croy. Comme malgré mes repré- 
sentations, ils pourroient le placer sans égard pour qui que 
ce soit, ne pourriez-vous point. Monsieur, leurs mander 
que vous êtes instruits de la diversité des opinions sur le 
dit emplacement, et qu'il seroit convenable d'attendre 
M. le prince de Croy, ou de prendre les avis des notables. 
C'est un portrait qui coûte 1800 1. et, en oultre^ une taba- 
biére de 1500 1. C'est en vérité assez mal employé. Si on 
avoit payé des pauvres misérables à qui la ville doit, cela 
auroit été mieux, et un portrait de 4 louis auroit suffit. 
Encore si c'eust été celui d'Eustache de S. Pierre, à la 
bonheur. On auroit moins de regret. 

J'ay l'honneur... Saint-Martin \ 

' Arch. dép. C. p. 164. 



— 558 -• 

M- 4^ d'Invau fit à M. le comte de Saint-Martin 
la réponse suivante : 

« A Amiens, le 24 mars 1766. 
« J'écfiç conformément à ce que vous désirez, M% à vous 
» f»t i\^% esclievins de Calais au sujet du portrait du s' 
» du Belloy. Je pense, au surplus, tout à fait comme vous 
» sur les sommes que coûte ce portrait, non à la ville, 
» m4J8 aux pauvres créanciers qu'elle ne paie pas. 

• J*ay rhonneur...^ 

Voici la lettre. qu'il écrivit en même temps au 
maire et aux échevins de Calais : 

A Amiens, le 24 mars 1766. 

J'iM entendu parler, Messieurs, de quelques difficultés 
qui se trouvent au choix de la place que vous donnerez 
au portrait du s. Dubelloy dans la salle de votre hôtel de 
ville et de la diversité qu'il y a eu sur cela dans les avis. 
Gamm^ le portrait du roi est placé dans cette même salle 
igi9«i que ceux de plusieurs gouverneurs de votre ville, 
je crois convenable que vous ne vous décidiez sur les 
ch^ngemens qui peuvent être à faire relativement au 
nouvel portrait, que lorsqu*après y avoir bien réfléchi, 
V0I4S vou$ trouverez tous d'un même avis, ou lorsqu'en 
caç d'avis diiférens, vous aurez consulté quelqu'un d'assez 
grand poids pour que son avis doive devenir le vostre. 
Pier^nne ne pouroit mieux vous éclairer sur ce que vous 
devez faire en cette occasion que M. le Prince de Croy, 
et je ne doute pas qu'il ne veuille bien s'y prester si, lors- 
qu'il sera à Calais, vous luy exposés vos difficultés. 

Je suis...' 

Comment le prince de Croy résolut-il la diffi- 
culté? c'est ce que nous n'avons pu savoir. 
Sur la foi d'un témoignage con trouvé, Pierre 

' Arch. dép. C. 177. 

• Ibid. p. 178. 



— 559 - 

Valenlin a écrit qu*un premier tableau commandé 
par les députés de Calais au peintre Delaplace 
était perdu. Mais les récentes recherches de M. le 
docteur Cuisinier, établissent qu'il n'y eut jamais 
qu'un seul tableau exécuté pour la circonstance, 
et que le tableau conservé sous le n» 119, au 
musée de Calais, à qui il fut donné en 1840 par la 
municipalité, est bien la peinture commandée en 
1765 par MM. Le Seneschal et Delaplace pour le 
compte de la ville de Calais. Le cadre, d'un fort 
riche travail, a seulement perdu, durant la tour- 
mente révolutionnaire, les fleurs de lis qui l'or- 
naient. 

C'est une œuvre du peintre Jollain. 

« Au premier plan, la Renommée présente à la 
France, qui la couronne de lauriers, un médail- 
lon, sur lequel est sculpté le buste du poète : elle 
tient dans sa main droite un rouleau à demi 
déployé, sur lequel on lit le titre du Siège de Ca- 
lais. Aux pieds de la France, un enfant, couché 
sur un lévrier, tient d'une main un trousseau de 
clefs et de l'autre les armes de la ville de Calais : 
au loin on aperçoit le détroit (vue du port de Ca- 
lais et de la mer). Sur l'arrière-plan est dessiné 
une pyramide portant les noms des six bourgeois 
se présentant à Edouard qui fait signe de les 
conduire à la mort. » 

Le tableau a 2"»40 de haut sur ln»9l de large. 

Presque tous les documents, publiés et men- 
tionnés ici, qui complètent si heureusement ceux 
empruntés aux Archives départementales, pro- 
viennent, comme on l'a pu voir, des archives de 
la ville de Calais. Ils nous ont été abondamment 
procurés par M. le docteur Cuisinier, membre 



— 560 - 

correspondant de la Société des Antiquaires de 
la Morinie, à Calais, avec une compétence que 
nous ne saurions assez louer, et une obligeance 
dont nous ne pouvons trop le remercier. Si nous 
étions plus assuré d'en avoir fait le meilleur em- ♦ 

ploi, c'est de son obligeante collaboration que 
nous devrions le remercier et nous féliciter. 



» 



UN CONTRAT DE VENTE 

PAR LE CHAPITRE DETHÉROUANNE 
en 1550 

(GommuDÎcatioD de M. Rodiêre, membre correspondaDt.) 



L'acte de vente communiqué par M. Rodière 
nous lait connaître les noms, parmi les contrac- 
tants,d'un grand nombre des chanoines de Notre- 
Dame de Thérouanne en 1550. Malheureusement, 
vingt prébendes seulement, sur trente-cinq, y 
sont représentées par leurs titulaires. Nous con- 
naissons encore, outre ceux-ci, l'archidiacre de 
Flandre, Guillaume de Poitiers; l'archidiacre 
d'Artois, Philippe Nigri. Mais malgré cela, la liste 
des membres du chapitre reste encore incomplète, 
jusqu'à ce que d'autres documents de celte nature 
puissent nous aider à combler les vides. 

Il est encore intéressant de noter parmi les 
chanoines qui comparaissent dans l'acte ceux que 
nous retrouvons après la destruction de Thé- 
rouanne réunis au chapitre de Saint-Omer, et 
d'autre part ceux qui se sont réfugiés à Boulogne. 
Parmi les premiers : Jehan Feullet, Jehan Cap- 
pron, Guillaume d'Oslrel, Guillaume de Croix, 
Warnier de Listeuille ; parmi les seconds, Jehan 
Godeflroy, Pierre Boullenger, Guillaume Saulty, 
Jehan de Haudricourt, Jaques Dominus, Charles 
Pecquet. Nous n'avons pas d'indication pour les 
autres. 



• — 562 - 

Eq la présence des ' [notaires et auditeurs commis par 
le] Roy nostre sire résidens en [la ville de Therouenne, 
comparurent en] leurs personnes vénérables et discrettes 

[personnes M" ] * d*Auvôrp:ne, chantre, président en 

Tabsence de v[énèrable et discret] M' Jehan Godeffroy, 
doien de Téglise cathédral Nostre [Dame de Therouenne]; 
Eustace d'Ostove, archidiacre ; Pierre Boullenger, esc[o- 
lastre] ; Jehan Feullet Taisné, pénitencier ; Pierre Ansel- ^ 

my, pr[ocureur?]; Pierre Fourcroy ; Guillaume Saulty ; 
Jehan de Haudricourt ; Françoys d[...]; Jehan Capprou ; 
Jaques Dominus; Guillaume d'Osirel; Guillaume de Croix; 
Jehan Domyn ; Charles Pecquet ; Warnier de Llsteuille ; 
Jehan Feullet le jeune ; Philippes de Senlis ; Robert le Bar- 
bier, tous p*"^ chanoines prébeudez de lad. église, estans 
deuement et capitulairement congrégez et assemblez à 
son de cloche à heure deue en leur lieu capitulaire. Los- 
quelz recongnoissans bonne foy ont déclaré que parcy- 
devant ilz ont vendu, ceddé et transporté à feu M* Fran- 
çois de La Barre, en son vyvant chanoine de Soissons, 
trente livres tournois, monnoie d'Arthois, de rente an- 
nuelle et perpétuelle, à eulx vendue et constituée par feu 
messire Jehan de Mailly, en son vyvant chevalier, sei- 
gneur dudit lieu, dès le dernier jour de janvier mil mf 
Lxxv (1475), moiennant le pris et somme de six cens livres 
dicte monnoie d*Arthois ; ensemble les arrérages à eulx 
deubz lors de lad. vendition, moiennant et pour le pris 
contenu et déclaré es lettres de lad. vendition, que lesdits 
recongnoissans en a voient lors receue. Lequel de La 
Barre auroit le jour mesme déclaré lad. acquisition estre 
pour, au profit et des deniers de messire Anne de Mont- 
morency, sieur et baron dudit lieu, chevalier de Tordre, 

^ Une déchirure a fait disparaître une partie des premières 
lignes ; j*ai rétabli comme je Tai pu les passages entre [ ]. 

* Jean — selon l'Obituaire de Thérouanne, qui mentionne, ^ 

au mois de novembre, Tobit de Jean d'Auvergne, chantre et • 

ob{^noine. 



— 563 -- 

tonestable et grant maistre de France. Et dès lors de lad. 
vendition baillèrent les lettres et tlltres qu'ilz avoient de 
lad. rente aud. de La Barre. A ceste cause déclarent iceulx 
président, chanoines et chappitre, que en lad. rente et 
arrérages Hz ne prétendent aulcune chose etc.. (Suivent 
les formules de style). - Faict, passé et recongneut aud. 
lieu capitulaire le seiziesme jour de décembre Tan mil 
cinq cens cincquante. Tesmoing : 

BouDEN. F. Le Votz* 

(avec paraphes.) 

(Archives privées. Minute originale signée.) 



Saint-Omer, Typ. b. d*bomont. 



/ 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DES ANTIOUAIIES DE LA MMINIE 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



Séance du 4 novembre 1895. . 

Président : M. l'abbé BLED. 
Secrétaire : M. Justin de Pas. 

La séance s'ouvre à 8 h. 10 par la lecture du procès- 
verbal de la réunion précédente qui est adopté sans ob- 
servation. 

Dons, hommages, échanges. 

— De la part de l'auteur : 

Les XXXII quartiers généalogiques de S. A. R. Mgr le 
duc de Bragance, par R. Richebé, ancien élève de l'E- 
cole des Chartes. Illustrations de J. Van Driesten. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

i4 miens (Somme). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de Picardie, année 1895, n'I. 
Auxerre (Yonne). Bulletin de la Société des sciences his- 



— 566 — 

toriques et naturelles de TYonne, 1895, 49* volume, 19* 

de la 3* série. 
Compiègne (Oise). Bulletin de la Société historique de 

Compiègne, t. VIII, 1895. 
Douai (Nord) Mémoires de la Société d'agriculture, scien- 
ces et arts du dép* du Nord, t. IV, 1891-92. 
Fontainebleau (Seine-et-Marne). Annales de la Société 

historique et archéologique du Gâtinais, 1" trim. 1895. 
Le Mans (Sarthe). Revue historique et archéologique du 

Maine, t. XXXVII, année 1895, I" semestre. 
Nice (Âlpes-Maritimes). Annales de la Société des lettres, 

sciences et arts des Alpes-Maritimes, t XIII et XIV. 
Orléans (Loiret). Société archéologique et historique de 

rOrléanais, t. XI, 1895. 
Poitiers (Vienne). Bulletin de la Société des Antiquaires 

de rOuest, t. VIÎI, 1895. 
Reims (Marne). Travaux de l'Académie nationale de 

Reims, année 1892-1893, t. II. 
Rennes (Ille-et-Vilaine). Bulletin et Mémoires de la So- 
ciété archéologique du dép* d'Ille-et- Vilaine, t. XXIV. 
Saint- Brieuc (Côtes-du-Nord). Bulletin de la Société 

d'émulation des Côtes-du-Nord, n* 8, 1895. 
Valence (Drôme). Bulletin de la Société départementale 

d archéologie et de statistique de la Drôme, 1895. 

— De la pnrt des Sociétés savantes étrangères : 

Anvers {Belgique), Annales de l'Académie d'archéologie 

de Belgique, 4* série, t. VIII, 3« livraison. 
-- Bulletin de l'Académie d'archéologie de Belgique, 4* 

série, 2* partie, XXIII. 
Bruxelles. Analecta Boliandiana, tomus XIV, fasc. 3. 
Bruges. Annales de la Société d'émulation pour l'étude 

de rhistoire et des antiquités de la Flandre, 4' série, 

t. X, 38" vol. dé la collection. 
Gand, Bulletin du Cercle historique et archéologique de 

Gand,n*5. 

— Messager des sciences historiques ou Archives des arts 
et de la bibliographie de Belgique, 2* livraison, 1895. 



- 567 — 

Namur. Annales de la Société archéologique de Namuri 
t. XXI, !•• livraison. 

Abonnements. 

Bulletin de la Société bibliographique et des publications 

populaires, 26' année, septembre-octobre 1895. 
Polybiblion, Revue bibliographique universelle. Partie 

littéraire, 2' série, t. 42, 74' de la collection, 4* livrais. 

octobre 1895. — Partie technique, 2* série, t. 21, 75* de 

la collection, 10* livraison, octobre 1895. 

— M. le baron J. du Teil, membre honoraire, fait hom- 
mage à la Société d'un exemplaire, dont il vient de faire 
l'acquisition, du Mémoire pour Af. de Vissery de Dois 
Valé, contre le Petit Bailly de S* Orner, dans TafTaire du 
paratonnerre (Arras 1782, 96 p.). — Remerciements. 

Correspondance. 

— 17 octobre. M. Braquehay remercie la Compagnie 
qui l'a élu membre honoraire. 

— 30 octobre. M. R. Richebé, membre honoraire, an- 
cien élève de l'Ecole des Chartes, annonce l'envoi à la 
Société de son dernier travail (v. la liste des dons et hom- 
mages) et demande que trois de ses collègues veuillent 
bien poser la candidature, comme membre correspon- 
dant, de son collaborateur, M. Joseph Van Driesten, ar- 
tiste peintre héraldiste à Paris. 

— Le 4 novembre, M. Pagart d'Hermansart écrit à 
M. le Président qu'ayant été élu secrétaire-général en 
1890, son mandat va expirer, et qu'il n'a point l'intention 
de se représenter aux suffrages de ses collègues. Il a 
déjà exposé en 1892 (séances des 22 février et 28 mars) 
les motifs qui ne lui permettraient pas de continuer ces 
fonctions s'il était réélu, et avant les vacances, il a fait 
auprès de M. le Président une démarche afin de les lui 
renouveler, en ajoutant que d'ailleurs il ne pouvait plus 
assister aux séances pendant une partie de l'année. Il 
exprime ses regrets à ses collègues, les remercie de leur 
bienveillance, et les assure que, comme simple membre 



— 568 — 

titulaire, il sera toujours heureux de partager leurs inté- 
ressants travaux. 

Après la lecture de cette lettre, les membres présents 
votent à l'unanimité une motion tendant à envoyer à 
M. Pagart d'Hermansart Texpression de leurs regrets 
pour cette détermination ainsi que leurs remerciements 
pour les services qu'il a rendus comme secrétaire-général. 
Soit par la gestion des affaires dont il a réglé le fonction- 
nement, soit par les relations qu'il a créées à la Société, 
il a contribué dans une large mesure à lui assurer un 
avenir prospère : aussi ses collègues ressentiront vi- 
vement les conséquences de son départ, et, tout en 
respectant son désir de ne plus faire partie du Bureau, 
ils espèrent pouvoir recourir à son expérience et compter 
sur son active collaboration. 

Élections, 

L'ordre du jour appelle l'élection, comme membre cor- 
respondant, do M. le docteur L. Carton, médecin-major 
au 19* chasseurs. Le candidat ayant obtenu la majorité 
des suffrages, M. le Président le proclame membre cor- 
respondant. 

Un deuxième scrutin s'ouvre pour l'élection, comme 
membre correspondant, de M. Auguste Descamps, mem- 
bre de la Société de géographie de Lille, qui réunit égale- 
ment la majorité des voix et est proclamé membre cor- 
respondant. 

Candidatures, 

— MM. de Noircarme, Decroos et J. de Pas appuient la 
candidature, présentée par M. Richebé, de M. J. Van 
Driesten. 

— MM. l'abbé Bled, Van Kempen et Sturne présentent 
ensuite, comme membre correspondant, M. l'abbé Bour- 
gois, curé de Divion. 

Les votes sur ces deux candidatures sont renvoyés,8ui- 
vant le règlement, à là prochaine réunion. 



~ 569 — 

Logement de la Société, 

M. le Président et M. le Trésorier soumettent à leurs 
collègues le bail qu'ils viennent de contracter pour la 
location d*une maison, rue Cavenlou, n* 5. Ce local est 
suffisamment vaste pour fournir le logement du garçon 
de salle et faire une large place à la bibliothèque.De plus, 
le prix de location ne dépasse pas sensiblement celui du 
logement actuel, devenu insuffisant. Ces dispositions sont 
approuvées par tous les membres, ot Ton décide que Ton 
profitera de la faculté que Ton a de disposer dès à présent 
de la maison pour s'y réunir dès la prochaine séance. 

Communications. 

M. Decroos annonce qu'il a retrouvé, dans des archives 
notariales,le procès- verbal du marché conclu par le sculp- 
teur Antoine Piette, de Douai, pour la construction du 
buffet d'orgues de l'église Saint-Denis. 11 compte donner 
prochainement communication à la Société de cette pièce. 
Une discussion s'engage entre plusieurs membres sur 
l'appréciation que l'on peut donner de la valeur compara- 
tive du buffet d'orgues de Saint-Denis et de celui do 
Notre-Dame qui a été, on le sait, construit aussi par les 
frères Piette, mais en 1715, trente ans avant celui de 
Saint-Denis. On s'accorde à trouver que le style des deux 
œuvres off're beaucoup de rapprochements, mais que les 
détails de sculpture sont beaucoup plus soignés et plus 
artistiques à Notre-Dame qu'à Saint-Denis. Faudrait-il 
conclure de là que le travail entrepris par Antoine Piette 
dans celte dernière église a été confié à des ouvriers tra- 
vaillant sous ses ordres et beaucoup moins habiles que 
Piette lui-même? C'est là un des points nombreux sur 
lesquels pourrait nous éclairer un travail encore à faire 
sur rhistoire des ouvriers d'art et de leurs œuvres à 
Saint-Omer. 

Lectures, 

- Le presbytère primitif de Lumbres, 1722-1752, par 
M. l'abbé Collet, curé d'Elnes. — Sous ce litre, M. l'abbé 



— 570 — 

Collet soumet à la Compagnie le fruit de patientes et mi- 
nutieuses recherches sur Lumbres et le pays avoisinanU 
— Dans une première parti»*, il décrit, avec détails très 
étendus, l'histoire de la construction, en 1752, de ce pres- 
bytère, obtenu à grand'peino par les curés de Lumbres, 
après des démarches, maintes fois renouvelées et contra- 
riées par le mauvais vouloir des habitants et des gros 
décimateurs de Lumbres et de Setques. Ce n*est qu'après 
un long procès et une résistance de plus de trente ans que 
les sollicitations énergiques de M. F. Détourné, nommé 
curé en 1752, firent aboutir Texécution de ce logement, si 
longtemps attendu. 

Cette partie principale est suivie de chapitres addition- 
nels, sous forme d'appendices, contenant des détails intô- 
ressants pour la monographie du canton de Lumbres. 
A propos de la construction du presbytère par des maçons 
d'Elnes, Tauteur a retrouvé les noms et les familles de 
plusieurs do ces artisans renommés dans tout le pays. 
Il relève plusieurs morceaux desculpturedusà leur habile 
ciseau, entr'autres, dans l'église d'Elnes, un socle portant 
les armes de la famille de Tiennes, surmonté d'une statue 
de saint Dlaise ; et, dans le village, plusieurs façades de 
maisons. 

Suit la description de la chapelle dite « des Comtes », 
dans l'église d'Elnes (v. le procès- verbal de la séance d'oc- 
tobre 1895), ainsi que celle du caveau. Malheureusement 
l'absencedlnscriptions a forcé l'auteur à recourir aux seuls 
registres de la paroisse pour rechercher les noms des 
membres des familles de Fiennes et Sandelin, seigneurs 
d'Elnes, qui y ont été enterrés. 

L'inscription dune cloche de l'église de Fruges, due à 
la générosité de membres de la famille de Fiennes, en 
1601; des détails généalogiques sur cette famille, la liste 
complète des cures, des vicaires et dos baillis de Lumbres 
et de Setques, depuis 1654, complètent ces appendices. 

Enfin les pièces justificatives forment une dernière 
partie de l'ouvrage. 



— 571 — 

Le travail de M l'abbô Collet est renvoyé à la com- 
mission du Bulletin. Les membres présents pensent néan- 
moins que, sous cette forme, cette étude pourrait diffici- 
lement prendre place dans les publications de la Société, 
en ce qu'elle est, par son étendue, hors de proportion avec 
rintérôt du sujet. Certains détails, qui ne sont pas inédits, 
pourraient être supprimés et la rédaction, présentée dans 
un cadre plus réduit, ferait mieux ressortir la valeur des 
parties vraiment intéressantes contenues en grande partie 
dans les appendices. 

— M. Decroos lit ensuite un article intitulé : Difficultés 
entre Vabbesse de Sainte- Colombe de Blendecques et le 
curé de la paroisse sur le droit à l'administration du tem- 
porel de règlise. C'est un des nombreux conflits de pré- 
séance que voyait naître l'ancien droit féodal entre le sei- 
gneur, labbaye et le curé de la paroisse. Les différentes 
répliques des parties sont énumérées dans un procès- 
verbal dressé en 1747 par des notaires royaux requis par 
le curé de Blendecques pour assister à la reddition des 
comptes dans Téglise.Ce procès-verbal ne nous renseigne 
malheureusement pas sur la conclusion des contestations; 
mais un intérêt spécial s'attache à la mention que Ton y 
trouve d'un arrêt rendu contre le curé de Serques dans 
un conflit de ce genre. M. Alex. Hermand, dans sa notice 
sur Serques, à laquelle renvoie M. Decroos, avait exposé 
ce différend, et regrettait de n'en pas connaître Tissue défi- 
nitive. Cette lacune se trouve comblée parle procès-verbal 
de 1747. 

Après cette lecture^ la séance est levée à 9 h. 45. 



Séance du 2 décembre 1895. 
Président : M. Tabbé BLED. 
Secrétaire : M. Charles Legrand, secrétaire-archiviste. 
La séance est ouverte à 8 h. 15 dans le nouveau local 
de la Société, rue Caventou, n' 5. M. Justin do Pas, se- 
crétaire général adjoint, s'étant fait excuser par lettre de 



— 572 — 

ne pouvoir assister à la séaDco, M. le Président prie 
M. Charles Legrand, secrétaire-archiviste, de vouloir 
bien prendre sa place. 

Avant de lui donner la parole pour la lecture du der- 
nier procès- verbal, M. le Président demande la permis- 
sion de se faire l'organe de la Société pour prononcer en 
son nom quelques mots de respectueux et sympathiques 
regrets à la mémoire de M. Butor, ancien magistrat, 
décédé depuis la dernière réunion. M. Butor, entré dans 
la Société en 1873, en devint président en 1879, et vit son 
mandat constamment renouvelé par Testime de ses col- 
lègues, sans souffrir d'autres interruptions que celles 
imposées par le règlement. Possesseur d'une très riche 
collection de médailles et numismate apprécié, M. Butor 
a fait à la Société plusieurs intéressantes communications 
concernant cette science difficile de la numismatique. 
Animé d*un véritable zèle pour la Société qu'il était chargé 
de diriger,il en présidait avec une grande assiduité toutes 
les séances et en suivait les travaux avec un vif intérêt. 
Il avait à cœur son organisation et son recrutement; la 
Société lui a l'obligation de quelques innovations heu- 
reuses. 

Toute la Compagnie s'associe aux paroles qu'elle vient 
d'entendre et décide que mention en sera faite au prochain 
procès- verbal en témoignage de lestime et des regrets 
qu'emporte avec lui son ancien président. 

Lecture est ensuite donnée du procès- verbal de la séance 
précédente qui est adopté. Toutefois M. Decroos annonce 
à ses collègues que M. l'abbé Collet a l'intention de con- 
denser et de refondre son travail pour déférer au désir de 
la Société. Il compte notamment on retrancher tout ce 
qui a trait à EInes et spécialement son appendice sur le 
caveau des comtes. Ces diverses annexes, très intéres- 
santes pour la plupart, trouveront leur place dans une 
monographie du village, do l'église et du château d'Elnes 
à laquelle l'auteur travaille actuellement. La famille de 
Fiennes, de qui relevait Elnes, y sera étudiée au point de 



— 573 - 

vue de son influence et de son rôle aux diverses époques. 
Dons, hommages, échanges. 

— De la part du Ministère d'i VInstruction publique : 

Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifi' 
qups, section des sc'cnccs économiques et sociales. — 
Congrès des Sociétés savantes de 1895. 

Bulletin de la Société Dunherquoise, !•' fascicule 1895. 

— Di la part des auteurs : 

Essai historique sur V abbaye royale de Sainto-Austre- 

bcrtlie à Montreuil'Sur-Mer, par M. Aug. Braquehay. 

Abbeville 1895. 
Le livre d'heures d'Hélène des Lyons, par M. le C" A. de 

Loisne, 1894. 
Bibliographie des œuvres de M. le chanoine Haigneré, 

par M. Arthur de Rosny. Boulogne 1895. 
Le livre d'/ieures du président Quenson. — Notice sur 

un manuscrit à miniatures du temps de Louis XII^ par 

M. le C" A. de Loisne, 1895. (Extrait de la Statistique 

monumentale du Pas-de Calais, t. III.) 
Note sur le chœur de l'église d*Ames. — Notice sur les 

fonts baptismaux d'Ames, de Blessy et de Guarbecque. 

— Inscriptions et sépultures des anciennes églises de 

Béthune. Trois publications par M. le C" A. de Loisne, 

1895. 

— De la part des Sociétés savantes françaises : 

Clermont'Ferrand (Puy-de-Dôme). Bulletin historique et 
scientifique de l'Auvergne, 2* série, n" 7-8, juillet août 
1895. 

Châlons-sur-Marne (Marne). Mémoires de la Société 
d'agriculture, commerce, sciences et arts du départe- 
ment de la Marne, année 1891. 

Dajc (Landes). Société de Borda, 20' année, 3' trim. 1895. 

L^ Haure (Seine-Inférieure). Recueil des publications de 
la Société havraise d'études diverses, 4* trim. 189'*. — 
1" et 2* trimestres 1895. 



- 574 — 

— Centenaire de Ancelot le 9 janvier 1894. 

Parts (Seine). Bulletin de la Société d*anthropologio de 
Paris, t. VI, 4« série, fascicules 3 et 4, 1895. 

Salnt'Drieuc (Côtes-du-Nord). Bulletin do la Société d'é- 
mulation des Côtes-du-Nord, n* 9, 1895. 

— De la part de Société savante étrangère : 

Philadelphie (Amérique). Proceedings of the American 
philosopliical society held at Philadelphia for promo- 
ting useful knowledge, vol. XXXIV, january 95, n* H7. 

Abonnements, 

Annuaire de U Société française de numismatique, sep- 
tembre-octobre 1895. 

Bulletin dî la Société bibliographique et des publications 
populaires. 26" année, novembre 1895. 

Journal des Savants, septembre-octobre 1895. 

Polybiblion, Revue bibliographique universelle. — Partie 
littéraire, 2« série, t. 42, 74" de la collection, 5« livraison, 
novembre. — Partie technique, 2* série, t. 21, 75« de la 
collection, 11* livraison, novembre 1895. 

Revue de V Ait chrétien, 5* série, 1895, t. VI, 5* livraison. 

Revue historique, 20' année, t. LIX, novembre-déc. 95. 

Correspondance, 

— 8 novembre. M. le docteur Carton, médecin-major 
au 19<^ chasseurs à Lille, adresse ses remerciements à la 
Société qui Ta nommé membre correspondant dans la 
séance précédente. 

— 25 novembre. M. le Ministre de l'Instruction publi- 
que rappelle que Touvorture de la 20* session des Sociétés 
des Beaux-Arts des départements est fixée au mardu 
7 avril 1896 et que la séance générale aura lieu le 11 avril. 
Les manuscrits seront reçus à la Direction des Beaux- 
Arts, rue de Valois, jusqu*au 31 janvier inclusivement. 
Toutes les pièces justificatives, annexes ou appendices 
devront accompagner les manuscrits. Les mémoires ne 
devront pas exiger plus de 20 pages du format du compte- 



— 575 — 

rendu. Les cartes d'admission et les lettres de parcours 
sur les chemins de fer, qui doivent être demandées avant 
le 1*' février au soir, ne seront envoyées qu'aux personnes 
qui auront exprimé l'intention formelle de prendre part 
à la session. 

Renouve^lexnenl du Bureau. 

— Il est ensuite procéda au vote pour le renouvellement 
de quatre membres du Bureau.Le dépouillement du scru- 
tin a donné les résultats suivants : 

Président : M. Tabbé Bled. 

Vice-Président : M. Revillion. 

Secrétaire général : M Justin de Pas. 

Secrétaire archiviste : M. Charles Legrand. 

M. le Président remercie les membres présents d'avoir 
bien voulu lui accorder une fois de plus la confiance qu'ils 
lui témoignent depuis longtemps et proclame élus les 
autres membres du Bureau. M. Charles Legrand présente 
aussi ses remerciements en donnant l'assurance à la 
Société qu'il apportera tout son zèle à l'aménagement du 
nouveau local et à la réorganisation de la bibliothèque. 

Commission du Bulletin historique. 

— Un second scrutin est ouvert pour la désignation des 
cinq membres de la Commission du Bulletin historique 
pour l'année 1896. Sont élus : MM. Pagart d'Hermansart, 
Van Kempen, Charles de Pas, Marion, Gaston Duquenoy. 

Élection de membres correspondants. 

A l'unanimité des membres présents, M. J. Van Dries- 
ten, artiste peintre héraldiste à Paris, et M. l'abbé Bour- 
gois, curé de Divion, sont élus membres correspondants. 
Avis leur sera donné de leur nomination. 

Lectures et communications diverses. 

— M. l'abbé Bled annonce à la Compagnie qu'il est prêt 
à livrer à l'impression les matériaux du 1" fascicule du 
t. IV des Chai tes de Saint-Bertin. Deux fascicules seront 
suffisants pour les chartes intéressantes qu'il reste à faire 



- 576 - 

connaître. Le troisième fascicule contiendra les tables 
générales dont la mise en état a été confiée à M. Justin de 
Pas. M. le Président a eu l'assurance en haut lieu que le 
Ministère de l'Instruction publique accorderait en 1896 
une nouvelle subvention pour aider la Compagnie à éditer 
le 4* tome des Chartes. 

— M. le Président appelle l'attention de la Société sur 
riiommage que vient de lui faire M. Arthur de Rosny de 
son travail intitulé : U Lbllogi-ap h ie des œuvres de M. le 
chanoine Daniel Haigneré. Celte brochure de 50 pages 
contient un portrait do M Haigneré d'après la belle pho- 
tographie de M. Lormier. Tous les ouvrages imprimés 
ou inédits dûs à la plume du regretté savant qui avait 
assumé la lourde tâche d'entreprendre la publication des 
Chartes de Saint- Berlin, témoignent de son érudition 
aussi profonde que variée. Les livres et brochures comp- 
tent 107 numéros : les articles de revues et de journaux 
sont au nombre de 109. Parmi les manuscrits inédits, il 
faut citer l'Élude philologique sur le patois du Bas- Bou- 
lonnais et le Répertoire général du clergé du Pas-de- 
Calais, qui comprend 5't recueils contenant au moins 
15.000 fiches. 

— M. Sturne fait savoir à ses collègues qu'il est pos- 
sesseur d'un fragment de sculpture en pierre trouvé à 
Saint-Martin-au-Laërt, dans la propriété de M. Crom- 
becke, en exécutant des fouilles. C'est une tète de femme, 
malheureusement assez abîmée, mais qu'il n'hésite pas à 
attribuer au xiii^ siècle. Il signale en même temps la base 
d'une colonne qui se trouve non loin de là à la porte 
d'une ferme. 11 souhaite que ce beau spécimen de lasculp 
turo du XI* siècle soit mis en lieu sûr pour le soustraire 
aux injures du temps et des hommes. 

— M. Tabbé Bled donne ensuite lecture d'un extrait de 
son Histoire des évoques de Saint-Omer, Le passage 
choisi par l'auteur est tiré du pontificat de Jacques Bla- 
zœus, de 1601 à 1618. Cet extrait expose les sages réfor- 
mes introduites dans son diocèse par cet évoque, obser- 



valeur zélé des décisions du concile de Trente. Ce fut 
Blazœus qui établit définitivement dans son diocèse la 
liturgie romaine. Plusieurs de ses décisions synodales 
révèlent, en les réformant, des usages curieux encore 
suivis de son temps dans le diocèse de Saint-Omer. A 
l'occasion du zèle de cet évoque pour la propreté et la 
décence dans les églises, Tauteur le justifie des imputa- 
tions de pieux vandalisme que Ton a faii trop légèrement 
peser sur la mémoire de ce prélat qui fut un homme de 
haut esprit et de grande science. Il rappelle les importants 
travaux que Blazœus fit faire dans sa cathédrale, les dons 
nombreux qu'il fit pour son ornementation et particuliè- 
rement le retable d'autel qu'il donna à la chapelle de 
N.-D. des Miracles et dans lequel fut vénérée jusqu'à nos 
jours la statue de la Vierge si populaire dans toute noire 
région. 

M. Tabbé Bled termine sa lecture par le récit de la 
mésaventure arrivée au valet du coûtre ou gardien de la 
chapelle qui, pour faire croire à un prétendu prodige, 
sonna à toute volée, au milieu de la nuit, la cloche de 
N.-D. des Miracles. 

La séance est levée à 9 h. 1/2. 



Rapptrts sur les ouvrages offerts 



Essai historique sur V abbaye riHf^ale de Sainte- Austreberie à Man- 

treuil'Sttr-Mer, par Auguste Brac|uehay. Abbeville 1895, grand 

in-8 de 84 pages ; plan et 10 gravw^s. 

La ville de Montpeuil-snr-Mer, comme toutes les villes de 
notre région, possédait un certain nombre de communautés 
que la Révolution fit complètement disparaître. lUaut compter 
parmi celles-ci Tabbaye royale de Sainte-Austrebepte qui jouit 
au moyen âge d'une grande lenommée et dont M. Braqii«b&y a 
entrepris aujourd'hui de faire Thistorique ; il nous avait di^à 
donné une monographie très remarquée do Téglise de cette 
abbaye. (Voir Bulletin historique, t. IX, 166* livraison, p. 212.) 

Les patronnes de cette abbaye étaient sainte Austreberte, 
sainte Frémeuse ou Framehilde, sa mère, et sainte Julienne, 
abbesse de Juvilly, dont les précieuses reliques étaient renfer- 
mées dans de magnifiques châsses. 

Après avoir rappelé la vie légendaire de sainte Austreberte, 
née vers 630 à Marconne, M. Braqnehay nous dit que, si l'on 
s'en rapporte à l'opinion généralement admise, les religieuses 
de Marconne, installées dans une dépendance du château pa- 
ternel de sainte Austreberthe, vinrent chercher, vers 880, un 
refuge derrière les murailles élevées sur les hauteurs qu'occupe 
la ville de Montreuil. 

Les débuts de la communauté furent modestes. Mais tour à 
tour les rois de France et les comtes de Boulogne se plurent à 
lui octroyer des privilèges et à la soutenir de leurs largesses. 
Toutes les abbesses, parmi lesquelles figurent les premiers 
noms de la noblesse de la légion et même de France, s'atta- 
chèrent à développer l'importance de leur maison et l'esprit de 
piété parmi les religieuses. 

Cette abbaye de Bénédictines eut à traverser bien des vicis- 
situdes par suite des guerres et des incendies, notamment celui 
de 1733. Elle fut à différentes époques visitée par des person- 
nages célèbres. En 1160, Marie, comtesse de Boulogne, s'y 
réfugia après l'excommunication qu'elle avait encourue pour 
s'être laissé enlever par Mathieu d'Alsace, alors qu'elle était 
abbesse de Ramsay, en Angleterrro. Elle fut inhumée dans 



- Ô79 - 

l*église de Tabbaye. Ëo 1657, Louis XIV, le cardinal Mazarin, 
la reine Anne d'Autriche et le duc d*Anjou y séjournèrent. 

La communauté fut dispersée te 2 septembre 1792 et l'église 
abbatiale devint le siège de la société des Amis de la Constitu- 
tion ; un incendie la consuma en 1804. L'administration de la 
guerre s'empara d'une partie des bâtiments ; une autre partie 
servit successivement de prison, d'hôpital militaire, de collège 
et de caserne. 

Dix belles reproductions de gravures ayant trait à la légende 
des patronnes de l'abbaye de Sainte-Austreberte rehaussent 
l'intérêt du travail de M. Braqueha}*. 

L'abàé Fïrmin PoUei (1662-1183), par M. Aug. Braquehay. Ab- 

beville, imprimerie Foudrinier et C% 1895, grand in-8 de 

61 pages. 

Rien de ce qui intéresse la ville de Montreuil-snr-Mer n'é- 
chappe aux patientes recherches de M. Braquehay. Cette fois, 
il nous entretient d'un saint prêtre, originaire de Montreuil, 
qui eut la réputation d'un grand théologien et qui apporta, 
dans sa longue carrière sacerdotale, autant de zèle religieux 
que de désintéressement. 

L'abbé Firmin Pollet naquit le 10 août 1652 d'une famille 
d'honorables industriels. Après avoir fait ses études au collège 
d'Hesdin, puis à Paris, il entra au séminaire de Saint-Nicolas- 
du-Chardonnet où il s'adonna à l'étude de la théologie avec 
une ardeur peu commune. D'abord préfet des études aux Pères 
de la Mission, il fut nommé vicaire de Saint-Nicolas, fonctions 
qu'il voulut occuper toute sa vie,cequi ne l'empêcha pas d'être 
supérieur des Filles de Sainte-Geneviève, président de confé- 
rences religieuses, supérieur de la communauté de St-Nicolas, 
etc. En 1705, il reçut la délicate mission de faire rentrer dans 
l'obéissance les religieuses de Port-Royal-des-Champs, encore 
imbues des doctrines jansénistes. Sa patience et ses savantes 
exhortations ne purent vaincre leur obstination et la commu- 
nauté fut enfin supprimée par le cardinal de Noailles en 1709. 

Ses négociations avec la célèbre abbaye ainsi que ses confé- 
rences publiques avaient acquis à labbé Pollet une grande 



- feôo -- 

autorité.. Louis XIV voulut lui téofioigner son contcutemeDt de3 
services qu*il avait rendus à la cause derÉglise et de l'Etat en 
lui attribuant une pension de 1500 livres ; mais l'abbé PoUet, 
mû par un profond désintéressement, refusa, de même que plas 
tard il refusa la place de confesseur du roi Louis XV, pour se 
consacrer exclusivement aux nombreuses communautés dont 
il était supérieur, ainsi qu*à ses travaux théologiques et à la 
prédication. 

Il mourut en 1733 et fut inhumé au cimetière do la rued'Ar- 
ras. Presque aucun de ses éci ils n'est parvenu jusqu'à nous. 

Le livre d'heures du Président Quenson, — Notice sur un manuscrit 

à miniatures du temps de Louis XII, par le comte A. de Loisne. 

Arras, Segaud, 1895, in-4* de 24- pages et doux planches. 

M. le comte de Loisne a fait une étude approfondie d'an 
livre d'heures provenant de la collection de son grand-oncle, 
M. Quenson, et qui, au dire dos connaisseurs émînents qui l'ont 
examiné, peut être compté parmi les plus beaux. 

On n'y voit pas moins dé 47 sujets en miniature dont 9 en 
pleine page. C'est d'abord un calendrier dont les signes du 
Zodiaque sont toujours accompagnés de charmants paysages à 
horizons azurés; les petites scènes représentant les occupations 
ou les plaisirs propres à chaque mois sont d'une grande finesse 
et d'un coloris éclatant. Puis viennent de ravissantes scènes 
tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, l'enfer, vrai tableau 
à la Callot; la mort, le jugement dernier, etc., et le portrait du 
possesseur du livre d'heures en prière devant la Vierge. Malgré 
la devise : « cmder decuii » et les armoiries qui accompagnent 
le portrait de ce gentilhomme, M. de Loisne n'a pu arriver à 
savoir quel était celui-ci. Il n'a pu davantage découvrir quel 
était l'artiste qui avait exécuté ces ravissantes miniatures ; 
mais, de l'examen attentif d'autres manuscrits renfermés dans 
la Bibliothèque nationale, il est arrivé à se convaincre qu'il 
devait appartenir à la célèbre école de Rouen qui brilla d'an 
si vif éclat au commencement du xvi* siècle. 

Quatre fac-similé en phototypie accompagnent le travail 
intéressant de M. de Loisne. 



(DE RENTY) 



(Communication de M. Félix Le Sesoeant de Momnecovc, 
membre titalaire.) 



(Trésor des Charles, JJ, 169, folio 2â3, pièce m* ixnii.) 

Remisslo ppo 
Johanne Maistrel. 

Charles, etc. Savoir faisons à tous présents ot à venir. 
Nous avons reçeu humble supplication des amis charnel2 
de Jehan Maistrol, poure homme serrurier, aagiô de 
xxiiii ans ou environ, naguères demourant à Renty et 
chargié de ieune femme, prisonnier es prisons de notre 
amé et féal cousin et conseiller l'évesque de Thérouenne^ 
contenant comme ledit Jehan, environ à six ou sept ans, 
ainsi que il avait joué à la paulme avec plusieurs autres 
en la ville et regardoit jouer autres compaignons, i>ar sa 
povreté et temptacion de Tennemy, véant quil n'avoit i>as 
bien de quoy soy vestir, prist la robe ou houppellande 
d'un clerc d'église, et icelle vesti ot se party atout de 
la place. Et fu après print saisy * d'icelle robe par la jus- 
tice dudit lieu, laquelle justice le rendi comme clerc à 
Tévosque d'icellui lieu d'arras, à la court duquel il fu 
purgié dudit cas. Et certain temps après que il ouvroit 
de sondit mestier à icellui lieu d'arras, ainsi que il estoit 
aie acachier ouvrage en un hostel de ladite ville, par 
temptacion prinst unes heures que il trouva oudit hostel, 
esquelles avoit un cloant * d'argent, et incontinent ou 
assez tost après, la Damoiselle dudit hostel lui mist sus, 
de fait que il avoit cesdites heures, pour ce que Tun de ses 

* nanti. • fermoir. 



- 582 - 

enïànts lui dist que il les lui avoit veu prandre et bouter 
en son saing, et pour ce les lui rendi lors. Et environ ledit 
temps de six ans, véant qu'il n*av6it bonnement de qtioy 
vivre, par un certain jour, ainsi que il estoit en Tostel do 
Guillaume Lonçle, en la ville de Fauf|uemb^rgue, print 
oudit hostel unes heures de notre Dame appartenant à 
Jehan du Maisnil, qui icelles avoit oubliées Ou lessiécs, 
lesquelles il garda long temps et jusques environ à trois 
ans, que il les porta pour vendre oudit lieu de Fauqucm- 
bergue, et demanda oudit Jehan du Maisnil s*il vouloit 
acheter unes heures lesquelles il lui monstra, et icellui 
Jehan du Maisnil lui dist prestement que elles estoient A 
lui, et que on les lui avoit emblées, à quoy ledit Maistrel 
lui confessa lors comment il les avoit prinses oudit hostel 
dudit Guillaume Loncle, et les rendi oudit du Maisnil. Et 
environ à quatre ans et demy ainsi que ledit Maistrel 
estoit logiez à Tostel de renseigne Saint George, à 
Monstereu],ouquel hostel estoit aussi logiez un religieux, 
il print unes heures appartenant à icellui religieux, les- 
quelles il vendi six sols. Et environ à trois ans et demi, 
par diverses Toiz, prinst ou chastel dudit lieu de Renty les 
choses qui sensuivent, c'est assavoir : en la cuisine dudit 
chastel, de six à huit escuelles et un pot d'estain, dont il 
fondi les quatre et le plat pour estamer son ouvrage, et 
les autres vendi quatre solz, et aussi prinst et osta d*un 
tiiblet* qui estoit sur l'ostel où l'on chantoit la messe, 
oudit chastel, un anelet d'argent de la valeur de huit 
d[eniers] ou environ,lequel il donna à une jeune fille nom- 
mée Linette Germaine. Et un autre foiz prinst en ladite 
cuisine un jambon de porc, qui estoit pendu au lardouer 
avec des autres, et à une autre foiz print en l'Une des 
chambres dudit chastel unes heures de notre Dame qui 
estoient à Anthoine de Croy, escuier, lesquelles il vendi 
dix solz, en la ville de S* Omer, et environ ledit temps, 
lui esUint en la ville de Thérouenne, en l'ostel de Boignét 
Doliesces, print en icellui hostel deux chauffrettes que on 

* tableau. 



— 583 — 

nomme au lieu pos lavoii 8,et les vendi huit solz.Ët depuy, 
en Tan un ^ quatorze, print en l'ostel d*un nommé Alexan- 
dre Herniet, cordouannier, demouran ton ladite ville de 
Fauquembergue, une piiire de 80ulliei8 neufe atout les 
fourmes, et en Tostel d'un parmcntierS en la ville de 
Thérouanne, où il gisoit, print un chaperon de noir drup 
qui estoit retourné, lequel il usa; et en I ostel ou maison 
d*un nommé Gamot, clei*c do ladite ville de Renty, prist 
en la bourse dudit Gamot, que il trouva en sa chambre 
où il lavoit laissiée, un escu en or, lequel par les menaces 
que lui flst depuis icellui Gamot il lui rendi. Et environ 
lo noêl derraln passé print en une des chambres dudit 
chastel de Renty une serrure de Ter et l'emporta, laquelle 
povoit valoir trois solz ou environ. Et une autre foiz prinst 
une chemise pendue aux hayes dudit chastel de Renty ou 
environ pour essuer*, laquelle appartenoit au seigneur 
de Rabodengnes, à qui il la rendi depuis, pour ce que on 
lui imposa qu'il Ta voit prinse et emblée. Et une autre foiz 
prist oudit chastel de Renty un petit canon de cuivre et 
un saclet de pouldre de canon et les emporta en son hos- 
tel, et par un certain jour, ainsi que Jehan Du mont et 
aucuns autres jouoient aux boulles en ladite ville do 
Renty, il prist l'espée dudit Du mont et icelle vendi huit 
solz. Et aussi prist en une des chambres dudit chastel de 
Reniy un cuevrechief, et en hiver derrain passé à la de 
nuyt, à plusieurs foiz, quérir ou cimetière dudit lieu de 
Renty six posteaulx de cliesne tailliez et ouvrez, avec 
autre merrien ' pour les ôdiffices dudit chastel, desquelz 
posteaulx il flst du feu en son hostel. Et depuis tousiours 
plain de temptaoion de Tennemy et estant environ la feste 
de S* Pol, qui fu au mois de janvier derrain passé, se 
transporta de nuyt en ladite ville de Renty, en un estable 
appartenant à Jehan Cadet, en laquelle ses bestes à laine 
gisoient et en ioelle prist un mouton vif et l'emporta à sa 
maison,en laquelle il le tua, ei y fu dispensé et appliqué à 

^ tailleur. * sécher. * bois de oonstructioD. 



— 684 -- 

Bon proffîl, lequel mouton povoit valoir doute solz ou en 
viron. Et huit jours après ou environ, après heure de joor 
faillj- et que on ne povoit plus veoir de jour, il se trans- 
porta en la granche dudit Jehan Cadet et en iceHe prist 
et emporta environ un quart de blé, à la mesure dudit 
lieu de Fauquembergue. Et depuis, c'est assavoir environ 
la sepmaine devant caresme prenant derrain passé, prist 
oudit chastel de Renty, ou logis d'un nommé Ernoul de 
Libersart, dit Perdicas, cinq ou six pièces de char de sai- 
son et les emporta en son hostel. Et en la sepmaine dudit 
caresme prenant ou environ prist en la bourse d'un nommé 
Ândriet, serviteur du bastart de Croy, ainsi qu'il s'estoit 
despoulié de nuyt devant le feu pour soy chauffer, qua- 
torze solz dont il acheta deux sommes do charbon. Et le 
dimenche, xxix* jour de mars derrain passé ou environ, 
prist de rechief oudit logis d'icellui Perdicas, que il ouvry 
de la clef de la chambre d'une nommée Ysabel, servite- 
resse de la dame de Croy, un bacinet et un drap de lit et 
les emporta en son hostel, lequel drap il vendi six solz. 
Pour cause et occasion desquelz cas et larrecins ledrt 
Jehan Maistrel a esté pris et emprisonné. Et doubtent 
lesdits suppliants que il n'en fine briefment, vilement et 
misérablement ses derreniers jours, se notre grâce et 
miséricorde ne lui est sur ce extendue et impartie si 
comme ilz dient, en nous humblement requérant que 
actendu ce que dit est que restitution a esté faite d'au- 
cunes des choses dessusdites à ceulx à qui il a appartenu, 
et ne lui en demande personne riens si non justice, et que 
il a jeune femme, laquelle il a espousée depuis un an ença 
ou environ, et que en autres cas il a tousiours esté et est 
bon jeune homme, de bonne vie, renommée et honnesle 
commission et que lesdits cas il a commis par jeunesse 
et temptacion de l'ennemy, nous lui vueillons sur ce im- 
partir nostredite grâce, pourquoy nous, ces choses con- 
sidérées, ayant pitié et compassion do ladite poure femme 
d'icellui Jehan Maistrel, voulant en ceste partie miséri- 
corde cstre préférée à rigueur de justice, audit Jehan 



— 585 — 

Maistrel avons quitté, remis et pardonné, et par ces pré- 
sentes de notre grâce espécial et autorité l*oyal quittons, 
remettons et pardonnons le fait et cas dessusdits, et tous 
procèz s'aucuns s'en sont pour ce ensuivis, faits ou en^ 
commanciéz, avec toute peine, amende et offense corpo- 
rele, criminele et civile, en quoy, pour cause de ce, il est 
ou peut estre eucheu ^ et encouru envers nous et justice, 
et le restituons à sa bonne famé et renommée, au pays, à 
notre royaume et à ses biens non confisquez. Satisfaction 
faite à partie civilement, tant seulement se faite n'est, et 
sur ce imposons silence perpétuel à notre procureur pré- 
sent et à venir, parmy ce que ledit Maistrel sera détenu 
un mois prisonnier, au pain et à Teau. Si donnons en 
mandement par ces présentes au bailly d'Amiens ou à 
son lieutenant à Monstrieul, et à tous nos autres justi- 
ciers et officiers présents et avenir, à leurs lieuxtenants 
présents et à venir et à chacun d*eulx si comme à lui ap- 
partiendra, que de notre présente grâce, rémission et par- 
don facent, seuffrent et laissent ledit Jehan Maistrel joîr 
et user pleinement et paisiblement, sans contre la teneur 
de ces présentes le travailler ou molester, ne souffrir 
estre travaillié ou molesté ores ne pour le temps à venir 
en corps no en biens, en aucune manière au contraire, 
mais sondit corps pour ce prinz et détenu prisonnier et 
ses biens, s*aucuns en avoit, pour ce prins ou empeschiéz, 
lui mectent ou facent mectre tantost et sanz délay à 
pleine délivrance. Et afin que ce soit chose ferme et esta- 
ble à tousiours nous avons fait mettre notre scel à ces 
présentes. Sauf en autre chose notre droit et Tau truy en 
tout. 

Donné à Paris, au moys d'aoust, lan de grâce mil 
cccc et seize, et de notre règne le xxxvi*. 

Par le roy à la relation du conseil. 

J. DE CONPLANS. 



échu. 



DROIT FÉODAL 

Difficultés entre Tabbesse de Sainte-Colombe 
de Blendceques et le vuvé <le In paroisse 
sur le droit à I^ndminlstration du temporel 
de l'éiçllse. 

1747 

(Communication de M. J. Drcroos, membre titulaire.) 



Au siècle dernier, la jouissance des droits féo- 
daux donnait lieu h de nombreuses dlfflcultés. 
Elles s'élevaient souvent entre divers seigneurs ù 
propos des droits honorifiques. Ces droits étaient 
revendiqués avec un soin d'autant plus jaloux 
qu'ils étalent Intimement liés à l'exercice du culte 
religieux. « Ils consistaient dans la préséance à 
l'église, 5 l'offertoire, aux processions, h avoir le 
premier l'eau bénite et le pain bénit, le baiser de 
paix, l'encensement, la recommandation particu- 
lière aux prières publiques, banc, séance et sépul- 
ture au chœur,le droit de litre ou ceinture funèbre 
dedans et dehors Tégliso et renlérinement des 
comptes de la fabrique. » 

En énumérant ces divers droits honorifiques, 
M. P. Decroos ' a donné d'Intéressants détails sur 
un procès suivi entre les seigneurs de Savy et 

* Bulletin des Anliq. de lu Monnie, t. VI, p. 495. 



.— 587 -. 

Berletles relativement à la préséance en Féglise de 
Sçivy qui était alors la seule église paroissiale des 
deux seigneuries. Ce procès, commencé le 18 m^i 
1702, ne prit fin que quatorze ans plus tard à la 
suite de deux arrêts rendus sur appel par le Par- 
lemeqt de Paris les 14 juillet 1714 et 10 juin 1716. 

Il est à présumer que les diverses juridictions 
eurent à régler bon nombre de questions sem- 
J:)lables vers la même époque. 

M. Alex. Hermand, dans sa notice sur Serques', 
s'étend longuen^ent sur le différend soulevé à pro- 
pos du droit de préséance en Téglise entre Tab- 
baye de Licques et le marquis de Lugy : plainte 
au bailliage do Saint-Dmer, enquête du 2 juillet 
1711, et arrêt du 7 février 1714 déboutant Tabbaye 
de Licques de ses prétentions ; puis, h la suite 
de nouvelles hostilités, deuxième plainte et arrêt 
conflrmatil de 1716 \ 

Cependant les religieux de Licques ne se regar- 
dèrent pas comme battus. M. Hermand nous dit 
« qu'en 1739, appelés à assister à la rédaction de 
la coutume de Saint-Omer, ils protestèrent contre 
le titre de seigneur de la vicomte de Serques, que 
prenait Philippe-Alexandre Marcotte, écuyer, sei- 
gneur de Roquetoire », successeur du marquis 
de Lugy. 

En terminant sa notice, M. Hermand, faute de 
documents, déclarait ignorer si des contestations 
nouvelles s'étaient élevées. Or nous verrons plus 
tard qu'un nouveau procès s'engagea, devant le 

* Armoires des Anliq. de la Morink, 1. 1, p. 185. 

* Ce dernier arrêt fut rendu spécialement contre Philippe 
Gugelot, curé de Serques et religieux de Licques. 



- 588 - 

Conseil d'Artois cette fois, et qu'il se ter notina défl- 
nitivement contre le curé de Serques, représen- 
tant l'abbaye de Licques. 

Ce n'était pas seulement l'entérinement des 
comptes de la fabrique qui était revendiqué par 
le seigneur : parfois c*étail l'administration des 
biens et revenus temporels de l'église, et par suite 
le droit exclusif de signer les mandats. 

C'est à ce sujet, du moins, qu'une difficulté 
s'éleva, en 1767, entre l'abbesse de N.-D. de Ste- 
Colombe de Blendecques, Madame Austreberthe 
de Fiennes, d'une part et Jacques-François Du- 
pond, curé de la paroisse de Blendecques, de 
l'autre. L'abbesse avait obtenu sur ce point un 
arrêt contre le seigneur de Blendecques et par 
suite revendiquait l'administration du temporel. 
Le curé prétendait que cet arrêt ne lui était pas 
opposable puisqu'il n'avait pas été partie au pro- 
cès. Il reconnaissait que les curés n'ont pas droit, 
en principe, à l'administration du temporel, mais 
il invoquait un arrêt du Parlement aux termes 
duquel ceux qui avaient été en possession de 
l'administration devaient y être maintenus. 

Il s'agissait de rendre les comptes des années 
1743, 1744, 1745 et 1746 : les hostilités allaient com- 
mencer. Le curé, qui les pressentait, requit les 
notaires royaux de se transporter en Téglise de 
Blendecques aux jour et heure fixés par les publi- 
cations du prône pour tenir procès-verbal des 
comptes. Voici la teneur de ce procès-verbal : 

Uan mil sept cens quarante-sept,le treate d'aoust avant 
midi, en conséquence des publications faittes au prosne 
de l'Eglise de Blendecque et autres affiches misas que ce 
jourd'huy et en lad. Eglise, il seroit procédé à la reddition 



— 589 — 

du compte de la fabricque deladitte Eglise pour les années 
1743, 17U, 1745 et 1746, nous, notaires royaux d*Ârtois 
soussignés, sommes transporté en laditte Eglise à la re- 
queste de M** Jacques François Dupond, prestre curé de 
laditte Eglise et paroisse de Blendecque, où étant il auroit 
requis que la présentation du compte que Ton entend ren- 
dre, soit faitte ainsy et de la manière qu'elle s*est fait dans 
les comptes antérieurs, protestant de non préjudice de 
tout ce qui pourrait être fait au contraire. 

Suivant quoy a signé par devant les notaires royaux 
d'Artois soussignés, protestant au surplus de non préju- 
dice de ce que les mandats qui ont été délivré au receveur 
sans avoir été signé par ledit sieur curé alnsy qu'il s'est 
toujours pratiqué cy devant et a signé : J. F. Dupont 
ptre C. V. Vaneechout J. B. Ducrocq. 

A laquelle réquisition et protestation répondant par 
Madame Austreberte de Fiennes, abbesse de Fabbaie de 
notre dame de S" Colombe de Blendecque présente a dit 
que par arrest du parlement elle étoit déclarée seule 
administHtrice des biens et revenus temporels de cette 
Eglise, qu'ainsy la présentation des comptes devoit estre 
faitte a elle seule et que les mandats ne dévoient être 
signés que par elle seule en la qualité susditte ; qu'ainsy 
son intention étoit quil fut mis dans la présentation des 
comptes dont sagist, M.Jacques François Dupond,prestre 
curé dudit Blendecque a ce appelé intervenant et présent, 
les curé des paroisses n'ayans autre droit que celuy de 
présence suivant la jurisprudence fixée par les arrest du 
parlement et a signé : de Fiennes abbesse C. V. Vaneec- 
hout et J. B. Ducrocq. 

Ce qu'entendu par ledit sieur curé a dit de persister 
dans la protestation cy devant par luy faitte, observant 
que Tarrest que Madame do Blendecque a obtenu contre 
le seigneur comte de Blendecque est une pièce qui luy est 
tout à fait étrangère n'ayant point été partie audit procès; 
que quoy que dans une grande partie des paroisses de 
cette province les curés ne soient point administrateurs 



— 500 — 

des biens et revenus de leur Eglise, oependani ceux qui 
étoient en possession de Tadministration y ont été main- 
tenus par arrest du parlement et notamcnt pour le cur6 
de S* Nicolas en la ville d*Arras. Et a signé : J. F. Dupont 
ptre C. V. Vaneechout J. B. Ducrocq. 

A quoy a été répondu par la ditte Dame abbesse que 
larrest contro le curé de Serques dans Tinstance duquel 
Tarrest de S' Nicolas avoit été produit en sa faveur a dé- 
cidé au contraire que jamais le curé de Blendecques ^ n'a 
eu ni la qualité ny la possession d'administrateur ; que 
quand môme il Tauroit eu il doit se régler sur celuy qui 
a été rendu en faveur de la ditte Dame siiuf à luy à y for- 
mer opposition s'il s'y croit fondé deffences au contraire 
et a signé ainsy signé : deFiennes abbesse C. V. Vaneec- 
hout J. B. Ducrocq. 

Et par led. sieur curé a été dit que larrest Intervenu 
contre le sieur curé de Serques n'a rien décidé de con- 
traire a celuy qu'avoit obtenu le sieur curé de S* Nicolas, 
la possession prétendue par le sieur curé de Serques 
n*ôtoit ny constante ny justifiée ; la possession du sieur 
curé de Blendecquo est justifiée par tous les comptes qui 
se sont rendus Jusques à présent ; la présentation lui on 
ayant toujours été faitte excepté le compte dernier contre 
lequel ledit sieur curé a protesté de vive voix se renfer- 
mant pour le surplus dans ce quil a dit cy devant et a 
signé : J. F. Dupont C. V. Vaneechout J. B. Ducrocq '. 

Ce procès-verbal, du 30 août 1747, fait mention 
d'un arrôl rendu contre le curé de Serques. A n'en 
pas douter, cet arrêt devait avoir été rendu peu do 
temps auparavant et avait dû statuer sur des dif- 
ficultés soulevées îx la suite de la protestation faite 
en 1739 par les religieux de Licques. — Il est re- 
grettable que le procès-verbal de Blendecques ne 
mentionne pas la date de Tarrèt rendu contre le 

* Extrait des minutes du gros de St-Omer, année 1747. 



— 591 — 

curé de Serques : il eût été bien intéressant de lo 
consulter. 

Grûce ù notre procès- verbal, nous avons pu 
compléter au moins dans quelque mesure le tra- 
vail de M. Hermand sur Serques. Espérons que 
quelque jour, quelqu'un plus heureux que nous 
pourra nous renseigner sur le dénoùment de la 
querelle du curé de Blendecques avec TabbessQ 
de Sainte-Colombe, 



TROIS LETTRES 

coocerDant la deslractioDdechâteaDX forts aox eDviroBs 
de SaiDt-Omer an milieu dn XIV^ siècle 

1359-1360 

(CocnmuDicatioD de M. Tabbô 0. Bled, membre titulaire) 



Les trois lettres que nous publions sont tirées 
des archives municipales de Saint-Omer. Elles 
nous reportent à la période la plus malheureuse 
de cette malheureuse guerre de Cent ans. Bien 
d'autres lettres, chargées d'ordres semblables, 
ont pu se perdre, et les châteaux mentionnés 
n'ont assurément pas été les seuls détruits. Car 
les ordres du roi n'ont pas seulement visé les 
forteresses mal gardées et dont l'ennemi, après 
s'en être emparé, pouvait tirer avantage, mais 
aussi les châteaux des félons. Il s'en est trouvé à 
cette époque sur notre terre d'Artois où Anglais et 
Flamands sollicitaient activement toutes les forces 
qu'ils pouvaient tourner contre le roi de France. 

La première est de l'an 1352, sans indication de 
mois. Depuis sa victoire à Crécy en 1346 et la 
prise de Calais en l'année qui suivit, l'Anglais était 
maître de presque tout le littoral. Après plusieurs 
tentatives infructueuses d'Edouard III pour ga- 
gner à sa cause le comte de Flandre, Louis de 
Maie, celui-ci s*était, vers la fin de l'année précé- 
dente,résolumentséparé de l'envahisseur et s'était 



— 5Ô3 — 

retiré auprès du roi de France, Jean II,dil le Bon. 
Cette désertion de leur comte avait exaspéré les 
Flamands dont la grande majorité avait embrassé 
le parti des Anglais. Edouard III s'attendantù une 
attaque prochaine et désespérant de vaincre les 
garnisons de Saint-Omer et d'Aire, s'établissait 
le plus solidement possible dans TArdrésis, en 
Brédenarde et dans le paysdeLangle ; il songeait 
môme à s'emparer d'Ardres dont le gouverneur 
de Calais, Aimery de Pavie, allait faire inutilement 
le siège cette même année. C'est dans ces circon- 
stances que Gefifroi de Charni, commis à la garde 
des frontières de Picardie et de Flandre,donna au 
nom du roi l'ordre de démolir les forteresses de 
Monnechebure et de Saint-Folquin au pays de 
Langle. Dans la lettre publiée ici,Geffroi de Charni 
atteste que c'est bien par son ordre et celui du roi 
que Messire Engherran, chevalier, seigneur de 
Beauloo, alors bailli de Saint-Omer ', a abattu ces 
forteresses, et déclare qu'il décharge de ce fait 
toute responsabilité encourue par ledit bailli et par 
les gens qui ont « labouré » à ladite destruction. 
Gefifroi de Charni, l'auteur de cette lettre, servit 
dans les guerres de Guienne et de Flandre sous 
le connétable de Flandre, Raoul, comte d'Eu. 
Dans une tentative sur la ville de Calais en J348, 
il fut fait prisonnier et le roi Philippe VI donna 
douze mille écus d*or pour sa rançon. Il fut établi 
le âl juillet 1351 capitaine général des guerres de 
Picardie et chargé de l'inspection des forteresses 

* Le roi Jean ordonna le 29 nov. 1,Tj8 la destruction du châ- 
teau de Beauloo jïour crime de félonie commis par le même 
Enguerrand. 



- 594 — 

et frontières d'Artois et de Flandre. Il avait reçu 
Tofflce de porter roriflamme dans les batailles 
et c^est un tenant dans ses bras la bannière do 
France qu'il périt è la bataille de Poitiers au mo- 
ment où l'imprudent roi Jean, trahi par la fortune 
qu'il avait trop tentée, remettait son épée à sire 
Denys de Morbeke,descendantde l'illustre famille 
de Saint-Omer. Ce glorieux souvenir ne peut que 
donner plus de prix h l'autographe que possèdent 
nos archives et que l'on va lire. 

Monnekebure, aujourd'hui MonnequQl>eurre, 
dont il est ici question, est un hameau impor- 
tant de la commune de Salnt-Folquin. 11 est cilé 
dès 1269 dans les nouveaux acquêts de l'abbaye 
de Saint-Bertin qui y avait établi une prévôté. 
Le bailli de la ch&tellenie de l'Angle y tenait ses 
audiences. 

Quanta Saint-Folquin, l'auteur de la notice sur 
cette localité dans le Dictionnaire historique du 
Pas-de-Calais, dit qu'après la prise de Calais Ton 
construisit divers forts sur ce territoire dont 
l'un, appelé le fort Hénuin, a subsisté jusqu'au 
xvin« siècle. Il n'est pas vraisemblable que le fort 
dont Geffroi de Charni ordonna la démolition, 
fut plus tard reb&ti sous le nom de fort Hénuin, 
puisque le fort détruit était au milieu môme du 
village « dans le tour etpourprls de St-Folquin ». 

Lettre de QeEtoj de Ghami, goaTanenr de Picardie et 
de Flandre, déclarant que c'est par son ordt a qu'ont 
été détruites les forteresses de Monnechebnre et de 
St-Folgitln. 1852. 

GefTroy de Charni. clievalier et conseillier du roy mon- 
seigneur estans pour icelli seigneur es parties de Piquar- 



- 595 - 

die et sour les frontières de Flandres, a tous ceulx qui ces 
présentes lettres verront ou oiront, salut et dilection. 
Coniroe nous pour le dit seigneur considérans le malice 
des annemis Englés Pt que de jour en jour il se sont effor* 
chiet dé faire basties et autres forteresches ou pays d*Âr- 
thois et entre les autres lieux, aians intentions de mettre 
une bastie sour un très fort lieu et édifice de machonnorie 
nommé le Monueclieburo appartenant as religieux de 
Saint Bertin et une autre en le tour et pourpris do Saint 
Folquin église et que se ces choses fussent souffert estre 
faites très grans griefs iiiconveniens et destructions en 
peust estre advenu au pays environ si comme il est ap- 
parut à nous et à plusieurs autres bienveillans du roy 
monseigneur, sachent tout que pour obvier as choses dites 
et ad fin que li pays et les subgez du roy monseigneur 
demourassent en gringneurseurté pour le commun prouf- 
ût du pays, nous avons commandé et enjoint de par mon 
dit seigneur à messire Engherran, chevalier, seigneur de 
Beaulo, au jour bail lieu de Saint Âumer, requis à plu- 
sieurs autres que les dis lieux pour nous ei el nom de 
nous et de par mon dit seigneur il allassent sans aucun 
délai abattre et télement appareiller que li dit annemi ni 
poussent prendre ou avoir aucun avantage à la perfection 
de leur entente. Et en tant que à nostre commandement 
et requeste comme dessus les choses ont esté faites à 
rhonneur du roy monseigneur et à le seurté et commun 
pourffit du pays et de ses loyaulx subgez, nous pour le 
roy monseigneur en avons enconneus et promettons à 
estre et porter vrai warant au dit chevalier et à tous les 
autres entièrement qui y labourèrent et les en advouons 
et avons enconues au nom du roy mon dit seigneur à 
tenir quites et des damages envers tous et contre tous. 
En tesmoing des quelles choses nous avons fait mettre 
nostre seel à ces présentes lettres faites et données l'an de 
grâce mil trois cens chincquante deux. 

Arch. mun. B. OXLVL /. Orig.paj chemin. Débris de sceau 
pendant sur double queue. 



- 606 - 

liandement de Robert, tiaur de Fiennat, oonniUUê dm 
France (1856-1 360), ordonnant à Emonl de Cré- 
quy, bailli de St-Omer, de démolir le chAteau d'£e* 
querdes et de Tisiter ceux de Bléqoin et ^Ardin* 
gnehem. 31 janvier 1359 n. st. 

Donné par copie soubz le seel de le baillie de Saint 
Âumer et soubz le seel Thumas de Renti escuier le n* jour 
de février Tan de grâce mil trois cens chincquante et 
wuyt. 

Robers, sires de Fieules, connestable de France, lieu- 
tenant du Roy nostre sire et de monseigneur le régent le 
royalme de France à nos amés Ernoul de Créquy, cheva- 
lier, signeur de Sains, bailleu de Saint Aumer et Thumas 
de Renti, escuier, salut. Par la délibération de toutes les 
gens d*église, noblez et bonnes villes qui assembléez 
ont esté devers nous à Béthune par notre mandement 
pour avoir advis sur la deffence du paîs, entre les autres 
choses il a esté advisé, consillié et ordenné que il a plu- 
sieurs maisons, chastiaux et forterechez el dit pais dont 
les aulcunes sont nécessaires estre abatues, les autres 
estre aflemez et les autres estre ad visées ad ce que elles 
soyent gardées en tout au fruit de cheux à quy elles sont 
sans aucunement emprendre sur autruy, pour la seurté 
et deffence du dit paîs. Si vous mandons et à che faire 
commettons et à cascun de vous que tantost et sans délay 
ces lettres veues sur la foy et loyauté que vous avez au 
roy nostre sire et à la couronne de France vous, accom- 
paignez de gens d'armes, arbalestriers et autres ad che 
appartenant pour ce semement faire et exécuter, alez 
abatre et faire abatre et mettre jus le chastel ou maison 
d'Esquerdes en telle manière que dommages ne s*en puist 
ensievir, et aussi approchiez au castel de Bléquin et à le 
maison de Dardinguehem, yceulx chastel et maison de 
par le roy nostre sire et de par nous visitez se elles sont 
souffisamment gardéez et garnies pour tenir, et si non 
commandez à quy elles sont que souffisamment et à leurs 



— 597 - 

frais les garnissent sans délay en tout che que à garde 
garnison et defïence appartient sans emprendre sour le 
dit païs, à auls segneffîant que se ils ne le font, nous les 
ferons abattre etaraser et de che faire vous donnons pooir 
et donnons en mandement à tous especiamment aulx 
mayeur, escbevins, bourgeois et habitans de la ville de 
Saint Aumer et à tous autres des villes et païs environ, 
nobles non nobles et autres de quelconques conditions ou 
estât que ils soyent, que à vous, à cascun de vous ou à 
vos députez en che faisant vous prestent forche, conseil, 
ayde et obéissance en tout sur quelconquez il sepoeut mef- 
faire envers le roy nostre dit signeur et vers nous, et sur 
estre tenu et reputer ennemis de nostre dit signeur ; et 
che faites si et en telle manière que pour lors ni ait def- 
faut, sachant, se deffaut y avoit, nous vous en pugniries- 
mes griefment et tellement que ce soit examples à tous 
autres, et nous vous avons conneus par Tacord, consen- 
tement et requestes du dit paîs de vous et cascuns de vous 
vos députez et tous autres qui de par vous s'en entremet- 
tront de leur desdommagier et deffendre en tout compte 
ei contre tous. Donné à Bétliune soubz nostre seel le der- 
rain jour du mois de jenvier Tan mil ccc chincquante 
et w^uyt. Ainsy signées pour monsieur le lieutenant. R. 
Barllet. 

Arch. mm, B. CXLVL 2. Orig, parch, 2 sceaux sur simple 
queue. 

Lettre du dauphin Charles, régent du royaume de 
France, à Raoul de Reneval, pour lui ordonner de 
yisiter les ohAteaux-forts entre la Ijyz et la Somme . 
et de détruire ceux qui seraient nuisibles à la sûreté 
du pays. 1860. 

A tous ceulz qui ces lettres verront Jehan le Bâcle de 
Axuden chevalier garde de la prevosté de Paris salut. 
Savoir faisons que nous Tan de grâce mil ccc et soixante 
le lundi xxvm* jour de may vismes unes lettres saines et 



— oyo — 

et entières scellées en double queue du grant scel de 
monseigneur le régent le royaume de France contenant 
ceste forme. 

Charles, aisnô fils du roy de France et régent le royau- 
me, duc de Normandie etdalphin devienne à nostre amé 
et féal chevalier et conseiller messire Raoul de René val, 
salut et dilection. Comme nous aprez la réformation de la 
pais nouvellement faite entre monseigneur nostre sire, 
nos alliez etadhérens et le roy d'Engleterre, ses alliez et 
adhérens, nous par délibération de nostre conseil avons 
ordené que toutes les fortoresches du royaume qui 
ne sont chasteaux royaulx ou anciennes forteresches 
tenables et deffensables pour les pays d'environ et pour 
le royaume et tous moustiers enfortis et emparez fucent 
abattues et arasées ou au moins defforties et mises en tel 
estât que elles ne puissent porter dommage et préjudice 
au royaume ne aus habitans des pays d'environ ycelles, 
nous confians à plain de vos sens, loyauté et diligence, 
nous commettons par ces présentes à veoir et visiter tou- 
tes les forteresches et moustiers de entre les rivières du 
Lis et de Somme, et vous mandons et estroitement vous 
enjoingnons que toutes les forteresches qui ne sont chas- 
teaux royaulx ou forteresches anciennes tenables et def- 
fensables et prouffiiables pour le pays d'environ et pour 
le royaume vous faciez par vous ou vos députés et com- 
mis, abattre, arraser, démolir et defiforcier et mettre en 
tel estât que elles et les dits moustiers ne puissent porter 
préjudice ou dommaige au pays d'environ ne au dit 
royaume, en faisant commandement à ceulx de qui les 
dites forteresches sont ou qui y demeurent et les tiennent 
ou occupent que sur paine de estre réputez et tenus pour 
desobéissans, rebelles et traitres et sur quelconcques il se 
puent meffaire envers monseigneur et nous, il les abat- 
tent ou deffortissent tellement que elles ne puissent nuire 
au pays comme dit est, en les contraignans à ce se mes- 
tiers est par force et main armée et par assamblée et 
convocation des gens du pays d'environ ou autrement par 



- 599 — 

toutes les voies et manières qu'il pourra estre fait. Et au 
cas qu'il en seront contredisans ou refusans preneis ou 
faites prenne, saisir et mettre à la main de monseigneur 
et la nostre les dites forteresches et toutes les terres, 
possessions et biens d'iceulx contredisans et refusans en 
escripvant tantost et sans délay les dites désobéissances 
et rebellions et toulz qui les feront à nos amez et féaulx 
les présidens par nous députez en la chambre du parle- 
ment à Paris ou les gens qui tendront le prochain parle- 
ment afin que d'eulx et de leurs biens puissent ordener 
punicion à ce si comme il appartiendra et que bon leur 
samblera, en faisant cryer publiquement et defifendant à 
tous nos subgietz et bien veuillans que à yceulx contre- 
disans et refusans ne baillent, vendent ou administrent 
vivres ne autres nécessités quelconques, ne les con forcent 
ou aydent en aucune manière sur paine de estre tenus et 
reputez pour désobéissant, rebelles et traitres à monsei- 
gneur et à nous. Et avec ce se vous voez que bon soit ad- 
jorner ou faire adjorner les diz contredisans ou refusans 
à certain jour et compétent par main m